Figues de Barbarie. Dans le Souss, la lutte contre la cochenille porte ses fruits

Depuis son apparition en 2014, la cochenille ne cesse de ravager les champs de cactus, menaçant les productions de figues de barbarie. En marge de la 17ᵉ édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), Médias24 s’est entretenu avec un collectif d’agriculteurs du Souss, qui réussissent non seulement à combattre ce ravageur, mais aussi à produire quasiment toute l’année.

La genèse de ce projet s’inscrit dans les difficultés d’approvisionnement en matière première de ces producteurs dont l’activité principale reposait sur l’extraction d’huile à partir des graines de figues de barbarie. « Nous avons décidé de réaliser notre propre plantation pour produire notre matière première », explique Lahcen Ajebbour, agriculteur membre de l’agrégation Moroccan Cactus.

Après avoir hésité entre différentes variétés, ils ont sélectionné celles offrant les meilleurs résultats en termes de production, de calibre et de graines. Grâce à des conduites culturales adaptées, ils ont découvert que les cactus pouvaient produire quasiment toute l’année. « Excepté les mois de décembre et de janvier », ajoute notre interlocuteur.

Preuve en est, les fruits exposés à l’occasion du SIAM, au cœur du printemps, pour un fruit plus souvent disponible en été. Une véritable aubaine, car dans la culture du cactus, tout est valorisé : les graines, les fruits, les raquettes, et même les déchets pour la consommation animale.

Mais, pour en bénéficier, il a fallu s’atteler à une conduite culturale dès la plantation, au mètre près. « Lors de la plantation, un espacement de 2 mètres entre les plantes et de 5 mètres entre les lignes est respecté, selon les meilleures pratiques issues de plusieurs expérimentations », explique notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « La taille des cactus est essentielle également. Les parties taillées sont utilisées soit pour la replantation, soit pour l’alimentation du cheptel ». En outre, pour lutter contre la cochenille, qui reste un fléau persistant, « un contrôle journalier est instauré, avec des rondes continues. Dès l’apparition des premiers signes, un traitement à l’eau est appliqué avec une brosse ».

Résultat : des rendements en constante progression, avec, dès la deuxième année, une récolte de 5 à 6 tonnes par hectare. « La troisième année, nous avons atteint 10 tonnes par hectare. Et, à partir de la quatrième, le rendement atteint entre 30 et 50 tonnes par hectare », conclut Lahcen Ajebbour.

Green Open Lab déploie des solutions d’irrigation intelligente au service des agriculteurs

Le président de la fondation Green Open Lab, Amine Zarrouk, et fondateur de la startup Arwa est intervenu sur le plateau de Médias24 au SIAM pour nous parler du programme de la fondation Green Open Lab. Celle-ci s’attaque à des enjeux de taille, de la gestion optimisée de l’eau, à la démocratisation de l’intelligence artificielle en milieu rural.

La fondation Green Open Lab a choisi d’optimiser l’irrigation et d’aider les agriculteurs à s’adapter aux périodes de sécheresse. L’objectif principal étant d’accompagner l’agriculteur et d’accélérer l’adoption de nouvelles technologies, de lui permettre d’avoir une technologie utile, adaptée à son besoin et accessible. Green Open Lab accompagne également les innovateurs pour obtenir une innovation frugale, adaptée au contexte de l’agriculteur marocain.

Le concept est de transformer le problème chez l’agriculteur en opportunité chez le jeune, qui peut innover. Amine Zarrouk explique que la fondation souhaite devenir « un catalyseur pour booster la créativité des jeunes ».

Rompre l’isolement avec des solutions faciles à utiliser

Amine Zarrouk explique que ce genre de solutions permet “d’atténuer l’isolement des agriculteurs vivant dans des endroits reculés avec aucun accès au conseil agricole, ni la possibilité d’avoir des informations”.

La fondation a développé des solutions digitales pouvant indiquer de manière très précise la quantité d’eau qu’il faut donner, la répartition de cette irrigation sur la journée pour “pouvoir avoir le meilleur retour d’investissement sur chaque goutte d’eau”.

Comment est-ce que ça fonctionne ? Même sans compétences techniques, l’agriculteur peut se munir de son téléphone, poser la question en darija sur le meilleur moment pour irriguer, par exemple.

La fondation est installée dans la région de Sefrou. “L’innovation center et le diving lab se trouvent au milieu des vergers. Nous sommes près des agriculteurs. C’est la clé pour pouvoir proposer des solutions réalistes, adaptées aux besoins pour économiser l’eau.

Le président de la fondation Green Open Lab témoigne que c’est un vrai défi “d’élargir cette couverture et de réduire les zones blanches”.

La problématique des conseillers agricoles

Le modèle IA mis en place par Open Green Lab est une solution IoT based. Il permet de calculer les vapeurs de transpiration. L’intelligence artificielle combine les capteurs IoT et les satellites pour pouvoir réunir le maximum de data et apporter la meilleure réponse à l’agriculture.

“Cela va régler le problème de la pénurie des conseillers agricoles qualifiés”, déclare Amine Zarrouk. Et d’ajouter : “Chaque agriculteur dispose de son propre conseiller agricole, à portée de main.”

La stratégie Generation Green ambitionne d’avoir 5.000 conseillers agricoles à l’horizon 2030. En Afrique, certains pays disposent d’1 conseiller pour 10.000 agriculteurs. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommande d’en avoir 1 pour 500.

“Au Maroc, nous avons quelque chose de l’ordre de 1 conseiller pour 2.000 agriculteurs. Nous sommes mieux lotis que certains pays, mais nous sommes encore loin du compte pour avoir une agriculture efficace et efficiente. »

Grand Prix national de la presse agricole : les lauréats de la 9e édition dévoilés au SIAM

Les lauréats de la 9e édition du Grand Prix national de la presse agricole et rurale ont été dévoilés lors d’une cérémonie présidée par Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM).

Voici le palmarès complet de cette édition :

Catégorie Télévision

Catégorie Radio

Catégorie Presse écrite

Catégorie Presse électronique

Prix coup de cœur

Au total, 71 travaux ont été examinés par un jury pluridisciplinaire, composé de personnalités issues du monde des médias, de la formation en journalisme et des secteurs agricoles. Le jury était présidé par Mokhtar Laghzioui, secrétaire général de l’Association nationale des médias et des éditeurs, et directeur de publication d’Al Ahdath Al Maghribia et Ahdath Info.

Parmi les autres membres du jury figuraient notamment :

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités officielles, dont Mustapha Baitas, ministre chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, le gouverneur de la province de Fès, le président de l’Association du SIAM, Mohammed Fikrat, un représentant de la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA), et le commissaire du Salon.

Le Roi Mohammed VI offre un dîner en l’honneur des invités et des participants au SIAM

Ont notamment assisté à ce dîner le président de la Chambre des représentants, des membres du gouvernement, des ministres et responsables africains chargés du secteur agricole, des représentants du corps diplomatique accrédité au Maroc, le wali de la région de Fès-Meknès, gouverneur de la préfecture de Fès, le gouverneur de la préfecture de Meknès, ainsi que d’autres personnalités.

À cette occasion, le chef du gouvernement a remis des trophées aux 12 meilleures unités de production par région, aux 12 meilleures unités de production par filière, ainsi qu’aux 16 meilleures contributions aux pôles du SIAM, en reconnaissance de leurs efforts pour le développement du secteur agricole et le renforcement de la sécurité alimentaire.

(Avec MAP)

Fruits rouges : “Les agriculteurs veulent plus de volume d’eau dessalée et ils sont prêts à investir » (Amine Bennani)

Amine Bennani. Pour cette campagne agricole, la filière des fruits rouges marocaine représente plus de 14.000 hectares, répartis plus ou moins sur tout le territoire marocain. Il existe des plantations de fruits rouges à Dakhla, à Agadir, à Larache, à Berkane, de même que dans la région de Meknès. En chiffres, les myrtilles représentent 7.000 hectares, les framboises 4600 hectares et, pour les fraises, ce sont 2800 hectares. Nous avons également environ 200 hectares de mûres, principalement dans la zone d’Agadir.

La production de fruits rouges est principalement concentrée entre deux grands pôles. Dans la région de Larache, nous avons presque 100% de la production de fraises et 40% de la production de framboises et de myrtilles. Quant à la région Souss Massa, c’est 40% de framboises et 40% de myrtilles.

Le reliquat est dispatché entre les nouvelles zones de production qui sont Drâa, l’Oriental et l’Atlas de Meknès.

– Les fruits rouges sont délicats pour la manipulation de l’homme. Principalement, la framboise qui a une durée de vie très courte. Il faut arriver à desservir nos clients européens, principalement en frais, dans les 4 à 5 jours. La manipulation exige beaucoup de main-d’œuvre.

La culture de la myrtille, contrairement aux autres cultures normales, demande un sol acide, des exigences édaphiques et fertilisantes très spécifiques. Les événements climatiques extrêmes ont perturbé les calendriers agricoles.

– Nous faisons face aux dérèglements climatiques, qui est un phénomène international. Il y a un an et demi, nous avons eu une journée avec plus de 54 degrés dans le périmètre de Souss Massa, qui a brulé des parcelles et généré des pertes très importantes dans la myrtille.

Dans la région de Larache, l’année dernière, nous avons eu des vents de plus de 100km/h. Cela a généré la destruction de centaines d’hectares de parcelles.

Cette année, nous avons eu des mois d’octobre, de septembre, de novembre, de décembre avec des températures légèrement élevées et pas de pluviométrie.

En janvier, février, nous avons eu des températures basses qui ont complètement déréglé les cultures. Cela a généré un décalage des fenêtres de production et a perturbé la production de la myrtille et l’export.

– En 2024, nous avons exporté plus de 200.000 tonnes de fruits rouges vers plus de 54 destinations mondiales. L’origine Maroc est reconnue par sa qualité et par le respect des engagements. Tous les opérateurs marocains respectent les engagements envers leurs clients autant qu’ils le peuvent. Nous sommes connus pour fournir un produit de qualité qui respecte toutes les normes internationales de production. Nous faisons tout notre possible pour limiter et diminuer notre impact sur l’environnement.

Le changement climatique n’affecte pas le Maroc seulement, mais affecte aussi nos principaux concurrents. Pour la myrtille, c’est l’Amérique du Sud et l’Espagne ; pour la fraise, c’est l’Égypte.

Même nos fournisseurs prennent ce qui vient, comme tous les calendriers de production sont chamboulés. Cela influence les prix. Les Marocains le sentent sur la tomate parce que c’est un fruit qui est toujours souvent consommé. Ces changements et ces variations de prix et d’offres, nous les subissons. Ce sont des choses que nous ne pouvons pas contrôler. Ce que nous pouvons faire, c’est tenir et gérer nos parcelles du mieux que nous pouvons et répondre le plus tôt en cas d’accident climatique.

– Nos agriculteurs vivent l’expérience de l’eau dessalée sur le périmètre de Souss Massa. La seule problématique, c’est que la myrtille est une culture à part. Elle a besoin d’un sol acide avec une sensibilité au bord. Lors de la conception et de la création de la station de dessalement d’Agadir, le secteur des fruits rouges n’existait pas encore avec l’envergure actuelle. Donc, les eaux qui sont traitées dans la station de dessalement d’Agadir obligent les agriculteurs à retraiter cette eau avant de l’utiliser sur leurs parcelles.

Les agriculteurs veulent plus de volume et plus de quantité d’eau et ils sont prêts à investir encore plus parce qu’il y a un marché potentiel. Il y a une reconnaissance internationale du savoir-faire et de la qualité du travail marocain. Nous aimerions avoir d’autres stations et que lors de la conception, ils prennent en considération les exigences de la qualité de l’eau nécessaire pour les fruits rouges.

– Le principal frein au développement de la filière, c’est la main-d’œuvre. Dans ces mois de mars, d’avril, nous sommes en pleine campagne et nous n’arrivons pas à trouver assez de personnes pour cueillir les fruits. Nous payons environ 250 dirhams la journée et nous ne trouvons pas assez de personnes. Dans le Nord, des ouvrières arrivent à avoir des journées à 400 dirhams, 500 dirhams. Elles travaillent avec un rendement kilo par jour et elles finissent leur objectif à 10 heures du matin. Donc, il y a celles qui doublent, il y a celles qui triplent la journée. C’est un savoir-faire, une technique de récolte et un intéressement. Elles font des efforts et beaucoup d’entre elles dépassent les 400 dirhams de recettes par jour.

À Meknès, le ministre de l’Agriculture fait le point sur les préparatifs du SIAM 2025

Le ministre a suivi des explications sur l’état d’avancement des travaux d’aménagement du site et sur les différents aspects organisationnels liés aux préparatifs du SIAM 2025, un rendez-vous annuel devenu un événement incontournable du calendrier agricole marocain.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la visite, Ahmed El Bouari a relevé que cette édition connaît une large participation des acteurs du secteur agricole, aussi bien au niveau national qu’international, soulignant qu’elle constitue une plateforme unique de rencontres et d’échanges commerciaux dans le domaine agricole et crée de nouvelles opportunités de coopération dans un esprit d’innovation et de partage.

M. El Bouari a également mis en avant la vocation du salon à mettre en lumière les évolutions et les défis du secteur et à encourager les pratiques durables, tout en donnant la priorité à l’agriculteur et au monde rural.

Et d’ajouter que cette édition mettra particulièrement l’accent sur la bonne gouvernance de l’eau pour la durabilité du secteur agricole, précisant que cette thématique reflète un fort engagement du ministère face aux défis climatiques, ainsi que la volonté de renforcer le rôle de l’agriculture et du monde rural dans le processus de développement du Royaume.

Chantier du SIAM 2025

Le président de l’Association du SIAM, Mohammed Fikrat a, de son côté, mis en avant les nombreuses nouveautés de cette 17e édition, précisant que l’objectif est d’offrir un bon environnement pour tous les visiteurs, aussi bien les professionnels que le grand public.

Dans ce sens, plusieurs aménagements ont été réalisés au niveau du site du salon afin de garantir des conditions optimales de visite, a-t-il poursuivi, citant notamment la « mise en place de plusieurs espaces dédiés, dont des parkings goudronnés et un nouveau parcours mieux adapté aux différents profils de visiteurs, dont les enfants, familles, étudiants et professionnels ».

Il a fait savoir aussi que des efforts ont été déployés pour assurer une bonne gestion des flux afin que l’événement se déroule dans les meilleures conditions.

La 17e édition du SIAM connaitra l’organisation de plus de 40 conférences scientifiques, la participation de 70 pays et 1 500 exposants, ainsi que plus d’un million de visiteurs attendus.

Le thème de cette édition, « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable », consacre le rôle central de la gouvernance de l’eau, qui sera au cœur des échanges scientifiques attendus au salon. Les débats porteront sur des solutions concrètes permettant au secteur agricole de s’adapter aux effets du changement climatique, de garantir la durabilité des ressources hydriques et de préserver un équilibre environnemental dans le milieu rural.

L’édition 2025 aura pour invitée d’honneur, la France, symbolisant une relation bilatérale solide, en particulier dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la pêche maritime et des forêts.

Emmanuel Macron inaugure le SIA de Paris en présence d’Aziz Akhannouch

À cette occasion, le président français et M. Akhannouch ont coupé le ruban symbolisant l’inauguration officielle du Salon, auquel le Maroc est le premier pays étranger invité d’honneur, en présence d’une grande délégation marocaine, composée notamment du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, de l’ambassadeure du Roi à Paris, Samira Sitail, de nombreux opérateurs du secteur agricole national, ainsi que de membres du gouvernement français.

M. Akhannouch a, par la suite, signé le livre d’or du SIA.

S’inscrivant dans un contexte de relations exceptionnelles entre les deux pays, la mise à l’honneur du Maroc lors de l’édition 2025 du SIA (22 février-2 mars) met en lumière la singularité du partenariat franco-marocain.

Elle constitue aussi un hommage exceptionnel au Royaume, devenu aujourd’hui un modèle régional et continental de l’agriculture intelligente et durable.

Au cœur du salon, le Royaume disposera d’un grand pavillon de 476 m², vitrine de la richesse et de la diversité de son agriculture.

Organisée sous le signe « Une fierté française », la 61ᵉ édition du SIA accueillera plus de 600.000 visiteurs. Quelque 4.000 animaux y seront exposés et 1.000 exposants seront présents sur une superficie de 16 hectares où seront installés 9 pavillons.

La mise à l’honneur du Royaume au SIA trouve aussi un écho dans un événement à venir : en avril prochain, la France sera, à son tour, le pays invité d’honneur du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) de Meknès.

Il s’agit là d’un symbole fort de la complémentarité entre les deux pays, qui dépasse le cadre des échanges commerciaux pour s’étendre aux défis majeurs du secteur, tels que la sécurité alimentaire, la gestion des ressources hydriques et l’innovation agricole.

Le SIAM revient pour sa 17e édition du 21 au 27 avril 2025

Organisé sous le haut patronage royal, la ville de Meknès se prépare à accueillir la 17ᵉ édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) du 21 au 27 avril 2025 sur le thème « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable », annonce un communiqué du commissariat du Salon.

Le choix du thème de cette édition intervient dans un contexte marqué par les défis liés aux changements climatiques et la forte tension sur les ressources en eau, confrontant l’agriculture au défi de produire plus avec moins d’eau et de manière durable et compétitive, poursuit la même source.

Et d’ajouter que la bonne gouvernance de l’eau, facteur essentiel à l’équilibre des filières agricoles et des territoires ruraux, sera au cœur des conférences scientifiques qui seront organisées, avec pour objectif de croiser les expertises et d’explorer des pistes et alternatives concrètes pour une agriculture plus résiliente, capable de répondre aux défis climatiques et de préserver l’équilibre de l’écosystème agricole, à même d’assurer une souveraineté alimentaire durable du pays.

L’édition 2025 du SIAM accueillera la France en tant que pays à l’honneur.

Installé sur une superficie couverte de 12,4 hectares, le SIAM sera structuré autour de douze pôles thématiques consacrés aux produits du terroir, à l’élevage et intrants d’élevage, au machinisme agricole, à l’agro-alimentaire, à l’agrofourniture, à l’agri-digital, à la nature et environnement, à l’international, aux régions du Royaume, aux institutionnels et sponsors, et abritera un espace dédié aux conférences.

Agroalimentaire : la compétitivité, principal « driver » d’un secteur appelé à augmenter sa valeur ajoutée

Le secteur agroalimentaire, qui représente un pan crucial de l’économie nationale, n’a pas été épargné par la hausse généralisée des prix au cours des dernières années. De plus, l’amont de cette branche industrielle, à savoir le secteur agricole, fait face aux enjeux liés à la durabilité et aux conséquences du réchauffement climatique (sécheresse, manque d’eau, etc.). Lors du SIAM qui s’est tenu du 22 au 28 avril à Meknès, Médias24 est allé à la rencontre de Eyad Sobh, président de la Commission du commerce extérieur de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri) regroupant une vingtaine d’associations sectorielles..

Selon notre interlocuteur, en 2023, le secteur, qui représente le quart de la production industrielle nationale, a généré un chiffre d’affaires de plus de 160 MMDH dont 40 MMDH à l’export. « Le premier défi de notre industrie est celui de la compétitivité », fait-il savoir. Et d’expliquer en substance : « Le marché marocain est ouvert. Il abrite une concurrence âpre. Beaucoup d’acteurs étrangers sont présents à la fois sur le marché domestique et dans les autres marchés internationaux où les opérateurs marocains sont également présents. » Selon Eyad Sobh, pour qui le prix et les capacités de production sont déterminants en matière de compétitivité, les produits agroalimentaires fabriqués au Maroc doivent être de meilleure qualité.

Dans l’optique de doper la compétitivité de ses membres, la Fenagri s’évertue à lever plusieurs obstacles. Pour ce faire, un contrat-programme a été mis en place grâce à l’étroite collaboration entre la Fenagri et le ministère de l’Industrie. Selon notre interlocuteur, la stratégie découlant du contrat-programme dénombre plusieurs piliers importants que sont l’export, la promotion du « made in Morocco », les compétences et les ressources humaines.

« Nous devons avoir des ressources humaines compétentes, capables de renforcer la compétitivité du secteur ainsi que les parts de marché à l’international », soutient-il. Et de conclure: « Au cours des prochaines années, notre industrie doit augmenter sa valeur ajoutée. »

 

Le Blue Panicum, une plante fourragère résistante à la sécheresse et qui réalise jusqu’à 150 t/ha

La sécheresse devenue récurrente au Maroc au cours des dernières années, en raison du réchauffement climatique et de la réduction drastique des ressources hydriques, a poussé plusieurs acteurs à poser des actes forts en matière d’adaptation en vue de permettre au Maroc de garantir sa sécurité alimentaire.

C’est le cas de la Fondation Phosboucraâ qui a dévoilé récemment, à l’occasion de la 16e édition du SIAM qui s’est tenu à Meknès du 22 au 28 avril, les résultats d’une recherche sur le Blue Panicum. Au micro de Médias24, Abdel Ghandi Yatribi, directeur des programmes de la Fondation Phosboucraâ-Laâyoune, a présenté cette plante fourragère destinée à l’alimentation animale comme étant résistante aux conditions climatiques défavorables (chaleur, forte salinité des sols, etc.) et rentable pour les agriculteurs. « La production peut atteindre 150 tonnes à l’hectare ».

Une réflexion importante a d’ailleurs été menée par la Fondation Phosboucraâ, qui a réalisé un Atlas Book des plantes existantes dans les régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Sakia El Hamra. L’objectif est de bâtir des passerelles entre la recherche appliquée sur le Blue Panicum et l’entrepreneuriat.

Des performances agronomiques inégalées

Au-delà de son caractère rentable, Abdelaziz Hirich, enseignant-chercheur à l’UM6P a exposé le grand potentiel de développement de cette culture alternative à l’échelle nationale. Et ce, en raison de sa résistance à la salinité, à la sécheresse, aux attaques des ravageurs et aux maladies. Concrètement, il ressort des études et des  travaux de recherche, réalisés au nord et au sud du Maroc, qu’en dépit des conditions de salinité très élevées, le rendement du Blue Panicum peut atteindre jusqu’à 90 tonnes à l’hectare.

« Le Blue Panicum contient une valeur fourragère très importante, comparée à celle de la luzerne, pouvant atteindre 16% en termes de protéines », a indiqué l’enseignant-chercheur.

À titre illustratif, dans des conditions de salinité élevée, les deux cultures fourragères répandues au Maroc que sont la luzerne et le maïs ne dépassent guère un rendement de 20 tonnes à l’hectare. D’où la pertinence, selon Abdelaziz Hirich d’adopter la culture du Blue Panicum, d’autant que les recherches menées sur l’alimentation du bétail ont démontré qu’il est possible de  stabiliser la production laitière. De plus, selon les recherches présentées lors du SIAM, le Blue Panicum n’altère pas la qualité du lait de vache.

La prochaine étape, selon notre source, est la diffusion de cette nouvelle culture alternative dans les différentes régions du Maroc, notamment celles concernées par les problèmes de salinité des sols, tels l’Oriental, le Tadla et le Gharb.

Abdelaziz Hirich, qui souligne l’importance de la diversité des cultures alternatives, est formel : les recherches montrent que le Blue Panicum a de meilleures performances agronomiques que d’autres cultures fourragères alternatives, entre autres le Sesbania, le sorgo et la betterave fourragère. En conséquence, force est d’admettre qu’il est amplement justifié que le Blue Panicum concentre, à l’avenir, les efforts et l’attention de la Fondation Phosboucraâ et ses partenaires pour sa culture à grande échelle dans différentes zones du Maroc.

Agriculture : zoom sur quatre solutions développées par AgriEdge

Les effets du changement climatique, notamment la sécheresse, et son corollaire, le tarissement des ressources hydriques, impactent négativement la production agricole. Et ce, dans un contexte où la sécurité alimentaire et la réduction des gaz à effet de serre sont érigées en priorité par plusieurs Etats, dont le Maroc.

Lors du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), qui s’est déroulé du 22 au 28 avril à Meknès, Médias24 est allé à la rencontre de Faissal Sehbaoui, directeur général d’AgriEdge, filiale d’Innovx, pourvoyeuse de solutions digitales adaptées aux enjeux actuels inhérents à l’agriculture. Un secteur qui, rappelons-le, fait face à une équation pour le moins complexe : celle de la nécessité de produire plus tout en tenant compte des exigences climatiques, avec des ressources hydriques qui ont fortement diminué depuis 2020 au niveau national.

Quatre solutions présentées au SIAM

Quatre solutions étaient les vedettes du stand d’AgriEdge lors de la 16e édition du SIAM placée sous le thème : « Climat et agriculture ». Il s’agit des plateformes dénommées CarboEdge, PhytoEdge, AquaEdge et FertiEdge.

Dans le détail, CarboEdge permet à l’agriculteur de calculer son empreinte carbone, tout en tenant compte de son activité. La solution présente aussi l’avantage de mesurer le carbone séquestré via l’utilisation des images satellites et de l’intelligence artificielle (IA).

« Au-delà de la mesure de l’empreinte carbone, la solution offre la possibilité de simuler des stratégies pour aider l’agriculteur à trouver la meilleure formule de décarbonation de son activité », explique le patron d’AgriEdge.

Concrètement, la solution PhytoEdge envoie des alertes inhérentes aux maladies phytosanitaires des cultures, tout en tenant compte des conditions météorologiques.

« La plateforme, accessible aux agriculteurs, communique aussi avec eux par sms et par l’application WhatsApp », précise notre interlocuteur.

Pour ce qui est de la solution AquaEdge, Faissal Sehbaoui indique qu’il s’agit d’une solution d’irrigation de précision. « Au SIAM, AgriEdge et CMGP.CAS ont lancé une offre conjointe permettant à l’agriculteur de gérer son irrigation par l’entremise du digital. Et ce, sans les contraintes de maintenance, de disponibilité de data et de complexité de la plateforme ».

En clair, à travers AquaEdge, AgriEdge et CMGP.CAS garantissent à l’agriculteur la disponibilité de la data mais aussi des recommandations 24h/24.

Last but not least, FertiEdge, adoptée aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, est une solution de recommandations pour l’utilisation des engrais. Selon le directeur général d’AgriEdge, « l’outil digital a déjà permis aux agriculteurs d’économiser près de 25% de leur consommation d’engrais azotés et daméliorer de près de 20% leur production agricole ».

Au-delà des solutions et de ces plateformes, Faissal Sehbaoui a révélé à Médias24 d’autres nouveautés ayant trait à l’essor d’AgriEdge.

Création de deux nouvelles filiales

« Au registre des nouveautés, AgriEdge a créé une filiale au Canada, dénommée AgriculturiX. La nouvelle structure a pour vocation de développer des solutions digitales dédiées à l’agriculture en Amérique du Nord, tout en tenant compte des contraintes locales », renseigne le patron d’AgriEdge.

Une autre filiale, dénommée Daumtech, a vu le jour au Maroc. La nouvelle structure, créée en partenariat avec la société Domseeds S.A., vise l’accélération de la digitalisation dans le pays tout en s’appuyant sur l’expertise agronomique de Domseeds S.A., une entreprise évoluant dans l’agro-industrie au Maroc.

Sur le registre des projets en cours, notons qu’AgriEdge, en collaboration avec un département de l’UM6P, se penche aussi sur le développement d’un Chatbot utilisant l’IA et pouvant communiquer vocalement des recommandations à l’agriculteur en darija et en amazighe.

En définitive, AgriEdge, qui a déjà déployé ses solutions digitales dans huit régions du Maroc, est présente via ses solutions dans dix pays dont le Sénégal, la Tunisie, le Pakistan, la Suisse, la Roumanie et le Canada.

OCP: bonne moisson du Programme Al Moutmir depuis janvier 2024

Le Programme Al Moutmir, lancé en 2018 par le groupe a, à son actif, plusieurs initiatives et actions avec à la clef des résultats probants en 6 six ans. Lors du SIAM qui s’est déroulé à Meknès du 22 au 28 avril, Médias24 a échangé avec Jamila Adani, directrice du Développement agricole du programme Al Moutmir. La responsable est revenue sur plusieurs points de l’initiative phare portée par le groupe OCP.

Lancement de trois communautés de pratique

Définies comme une plateforme d’échange de connaissances, dédiée à l’agriculture, par notre interlocutrice, les communautés de pratique, s’inscrivent dans la dynamique de construction d’expertise agricole, initiée par Al Moutmir, à travers le collège de l’agriculture de l’UM6P.

Concrètement, selon Mme Jamila Adani, une communauté de pratique est un groupement de personnes qui partagent les mêmes intérêts et s’intéressant à une problématique donnée. Elles interagissent par le biais du partage d’expérience sur les défis à relever au quotidien, tout en explorant des pistes de développement et d’innovation leur permettant de relevant les différents challenges.

« Depuis janvier 2024, nous avons lancé trois communautés de pratique. La première est dédiée à l’agriculture de conservation, la seconde est relative à la transformation des produits agricoles et la troisième a trait au renforcement des capacités des femmes dans le milieu rural », explique la responsable qui a indiqué que d’autres communautés de pratique en lien avec les céréales, les légumineuses, l’olivier, le maraichage et les cultures oléagineuses sont en cours de lancement.

Il importe de préciser qu’une plateforme digitale verra incessamment le jour. Elle permettra aux initiateurs de capitaliser sur les connaissances collectées au niveau des différents membres des communautés qui bénéficieront de celles-ci. Ceci dit, Jamila Adani a apporté un éclairage édifiant sur l’initiative portant sur la mécanisation agricole durable du Programme Al Moutmir.

5 prototypes mis au point depuis janvier 2024

L’initiative de la mécanisation agricole durable vise à développer l’innovation frugale qui sert la petite paysannerie. Son principe de base est le développement des prototypes d’équipements de mécanisation agricole durable, adaptés aux besoins de l’agriculteur et à la portée de tous les producteurs.

Selon notre source, grâce à la mobilisation et aux efforts de plusieurs partenaires, 5 prototypes ont été développés depuis janvier 2024. Ils concernent l’adaptation d’un semoir conventionnel en semoir de semis direct, la réalisation d’une tarière multifonction, la fabrication d’une collecteuse d’olive et de petites baies, la mise au point d’un semoir de petites graines ainsi que le développement d’un planteur manuel.

« L’idée de départ était de réaliser les rêves de nos agriculteurs en  prototypant leurs idées. Ce qui s’est matérialisé avec le développement des cinq prototypes exposés lors du SIA », rappelle en substance Jamila Adani. La responsable a aussi indiqué que la deuxième phase est l’industrialisation pour la production des prototypes en série. Pour ce faire, un appel est lancé aux industriels et aux start-ups pour le développement et la production d’équipements -à la portée de tous les agriculteurs-et à même d’aider les producteurs agricoles à accroître le rendement de leur exploitation. Dans le même ordre d’idées de la mécanisation agricole durable, notons qu’un hackathon se tiendra, en fin juillet 2024 à l’UM6P de Benguerir. L’évènement visant à développer l’innovation en la matière est ouvert à tous les porteurs d’idées, issus du Maroc et des pays africains.

Au final, les équipes du Programme Al Moutmir se penchent également sur plusieurs projets en cours de réalisation en lien, entre autres avec la customisation des fertilisants, le carbone farming, et le lancement du Centre de formation de l’agriculture en Afrique, destiné au middle management de la ferme.