SIEL 2024 : plus de 1,1 million de livres vendus

En réponse à une question orale à la Chambre des représentants, le lundi 3 juin, le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaïd, a affirmé que le chiffre d’affaires réalisé durant cette édition a dépassé les 120 millions de DH. Un chiffre « important pour les éditeurs et les auteurs », qui, selon le ministre, « reflète l’intérêt porté par les Marocains pour le livre et la lecture, à l’ère de la technologie et de l’intelligence artificielle ».

Il a rappelé, dans ce sens, que le nombre de visiteurs du SIEL a dépassé les 316.000, soit une hausse de 32% par rapport à l’édition précédente, notant que depuis son organisation à Rabat, le Salon a adopté « pour la première fois des techniques développées pour le décompte des visiteurs ».

Par ailleurs, Mehdi Bensaïd a affirmé que le 29e SIEL a connu un succès significatif à plusieurs niveaux, notamment en termes de nombre de visiteurs, de qualité des conférences et des rencontres scientifiques, ainsi que de chiffre d’affaires.

En réponse à une autre question autour de la « Problématique de la fermeture des maisons de jeunes dans certaines villes et provinces du Royaume », le ministre a souligné que son département œuvre pour parvenir à une solution adéquate à cette problématique, relevant que des efforts considérables ont été déployés en ce sens par le biais du recrutement de cadres administratifs selon les postes budgétaires consacrés au secteur.

Le ministère s’est associé aux autorités locales et aux organisations de la société civile pour mettre des fonctionnaires à la disposition des maisons de jeunes fermées, a-t-il indiqué. Au cours du mandat du gouvernement actuel, le nombre de maisons de jeunes fermées a été réduit de 146 à 75.

Le ministère a mis en place une application spéciale pour assurer le suivi quotidien des maisons de jeunes afin de trouver des solutions pour les structures fermées, tout en développant des programmes d’animation au sein de ces maisons, en particulier en ce qui concerne l’inclusion économique des jeunes par le biais d’ateliers de formation dans plusieurs domaines, y compris la création de petites entreprises.

Selon les données présentées par Mehdi Bensaïd, le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication compte 762 maisons de jeunes réparties sur les différentes régions et provinces du Royaume, dont 57% sont dans les villes et 43% en milieu rural.

(Avec MAP)

Plus de 316.000 personnes ont visité le SIEL 2024

Cette édition du SIEL a été marquée par la participation de 743 exposants issus de 48 pays, dont 290 exposants ayant participé directement à cet événement et 453 indirectement, précise un communiqué du ministère de la Culture.

Lors de ce Salon international, les exposants ont présenté une offre documentaire variée, comprenant près de 100.000 titres couvrant différents domaines de la connaissance et divers genres créatifs.

Quant à la programmation culturelle, le nombre d’activités a atteint plus de 1.480, dont 320 organisées directement par le ministère ou en partenariat avec des centres de recherche et des institutions gouvernementales participantes.

Le nombre total de participants aux activités culturelles a dépassé les 3.703, dont 885 participants dans le cadre du programme du ministère.

Pour la catégorie des enfants, le SIEL-2024 a proposé une offre éducative et récréative sous le thème « Le bonheur en couleurs », visant à enrichir les connaissances et à développer les compétences à travers un programme comprenant plus de 10.000 ateliers.

Cette édition a consacré un nouvel espace aux créations des célèbres dessinateurs des maisons d’édition Marvel et DC Comics. Plus de 51 activités y ont été organisées, bénéficiant directement à plus de 15.000 personnes tout au long du SIEL-2024 (9-19 mai).

La couverture médiatique de cette édition, organisée en partenariat avec la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra, le Conseil de la région de Rabat-Salé-Kénitra et la commune de Rabat, a été assurée dans le cadre de partenariats avec 68 médias audio-visuels et écrits, classiques et numériques, du Maroc et de l’étranger.

Le SIEL de Hicham Houdaïfa

« Cette année 2024 marque notre deuxième participation au Salon international de l’édition et du livre. L’année dernière a été particulière pour nous ; c’était la première fois que nous rencontrions notre public », déclare à Médias24 Hicham Houdaïfa. Un évènement comme le SIEL a toute son importance pour sa maison d’édition « En Toutes Lettres » car il favorise l’interaction directe, surtout dans le cadre de l’école de la pensée critique qu’elle développe depuis deux ans dans différentes villes du Maroc.

« Le SIEL est la seule occasion d’aller chercher des livres, mais cela ne remplace pas pour autant une politique du livre à grande échelle. Nous avons besoin de dynamiser et de multiplier le nombre de bibliothèques et d’y installer des professionnels formés », estime Hicham Houdaïfa.

« Au sein de notre maison d’édition, nous sommes des militants dans le sens où nous travaillons sur des sujets qui concernent des personnes en situation de précarité, notamment à travers des enquêtes », explique-t-il encore. La ligne éditoriale d’ »En Toutes Lettres » vise à donner la parole aux sans-voix et à utiliser les sciences sociales pour décrypter les réalités du Maroc.

« Nous voulons permettre aux gens d’avoir l’information et de participer au débat public », revendique l’éditeur. « Nous avons aussi besoin d’une politique d’aide à la production et à la promotion du livre dans toutes les langues et de lutter contre le piratage qui affecte les libraires ».

Accessibilité financière

La maison d’édition s’efforce également de rendre ses livres accessibles financièrement : « Nos livres sont à des prix abordables ; certains à 65 DH, d’autres à 95 DH. Nous travaillons également sur des visuels attrayants avec des couvertures et du papier de qualité ».

Quant au défi de la transmission du savoir, Hicham Houdaïfa explique : « En 2018, nous avons créé le programme de formation ‘Open Chabab‘ pour former les jeunes au journalisme d’investigation et à ses valeurs ». Les lauréats de ce programme ont contribué à la rédaction de trois ouvrages : Migrations au Maroc, l’impasse, Justice climatique, urgences sociales et Travailleuses invisibles : les métiers de la discrimination au Maroc.

Pour renforcer leur engagement, « En Toutes Lettres » a ouvert deux sites à Beni Mellal et Fès, où l’équipe organise des formations sur les valeurs universelles, l’éducation à l’information et à l’investigation. « Nous offrons nos livres pour encourager cet esprit critique, qui est capital pour un Maroc meilleur », conclut Hicham Houdaïfa.

Redéfinir la médiation politique à travers le dialogue social, au menu d’une conférence au SIEL

Dans le cadre du Salon international de l’édition et du livre à Rabat, le ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences organise une conférence-débat intitulée « Dialogue social : pour une approche renouvelée de la médiation politique ».

Cet événement se tiendra le samedi 18 mai 2024 à 12h30 à la salle OFOK, OLM Souissi, à Rabat. Il réunira des experts de renom pour discuter des nouvelles perspectives et des stratégies innovantes en matière de médiation politique et de dialogue social.

Parmi les intervenants figurent Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Abdallah Saaf, professeur chercheur et président du Centre d’études et de recherches en sciences sociales, et Mohamed Tozy, professeur chercheur en sciences politiques et sociales. L’animation et la présentation de cette conférence seront assurées par le journaliste Abdallah Tourabi.

SIEL 2024 : don spécial de livres en solidarité avec les enfants d’Al Haouz

Cette action solidaire, qui se poursuit jusqu’à la fin du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), permet à ces enfants d’explorer un univers littéraire grâce aux dons des organisateurs du Salon. Ces livres sont destinés à enrichir leurs perspectives et à leur apporter espoir et promesses pour l’avenir.

Reconnaissant l’importance de la lecture dans le développement culturel, individuel et collectif, les donateurs, visiteurs et exposants ont généreusement contribué à cette initiative. Ils mettent à disposition des ouvrages pour enfants et jeunes, manifestant ainsi un élan de solidarité envers cette catégorie en difficulté.

Les livres couvrent différentes catégories de la littérature d’enfance et de jeunesse, visant à encourager les enfants à la lecture et à les aider à se reconstruire après la tragédie, à l’instar de leurs pairs à travers le Royaume.

Aziz Cherraj, écrivain et éditeur ayant fait don de nombre d’ouvrages en rapport avec l’enfance et la jeunesse, s’est félicité de cette initiative qui permet de montrer la solidarité des citoyens marocains avec ces enfants ayant vécu l’épreuve de cette catastrophe naturelle. « L’avenir prometteur se dessine également à travers une construction culturelle qui formera une génération créative, imprégnée de l’actualité de la scène culturelle et littéraire », a-t-il souligné.

Pour sa part, Brahim Mezzine, également contributeur, a chaleureusement salué l’organisation de cette initiative par le SIEL, notant qu’elle est de nature à apporter un soutien intellectuel et émotionnel à ces jeunes.

En octobre 2023, la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM), en coordination avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité et la Fondation des Œuvres sociales et culturelles de la BNRM, avait lancé une caravane solidaire pour distribuer plus de 7.000 manuels scolaires et contes destinés aux enfants des familles touchées par le séisme d’Al Haouz, rappelle-t-on.

Immersion 360° au Salon international de l’édition et du livre de Rabat

Le livre a toujours été une fenêtre privilégiée par laquelle s’évader vers d’autres univers. Les pages tournées offrent un refuge face au tumulte de la vie quotidienne et à la déferlante d’images de la mondialisation. Bien que longtemps boudé par les Marocains, l’affluence croissante au Salon international de l’édition et du livre (SIEL) et la hausse significative du nombre d’exposants suggèrent une inversion de cette tendance. Cette composition de mots, qui a façonné et défait des civilisations, se fraie progressivement un chemin pour atteindre le cœur du public marocain.

Cette année, le SIEL a transformé l’espace OLM Souissi en un espace vivant et haut en couleur. 743 exposants participent à cette édition, dont 290 exposants directs et 453 exposants indirects. Ils représentent un total de 48 pays et offrent au public du Salon un fonds documentaire riche de plus de 100.000 titres couvrant divers domaines de la pensée et de la littérature. Pour les accueillir, 253 stands ont été installés, couvrant une superficie globale d’exposition de 35.215 m².

Pour les visiteurs, le Salon est une caverne d’Ali Baba littéraire. Les stands présentent une multitude de genres et de styles, des nouveautés aux œuvres classiques, en passant par les essais et la poésie.

Les journées du Salon sont animées par 241 activités culturelles, incluant des conférences, des entretiens et des présentations de nouveaux titres. Ces événements offrent une plateforme dynamique pour la discussion et l’échange, attirant un public hétérogène et passionné.

L’industrie du livre et ses perspectives sont également au cœur des débats et des échanges qui animent cette édition, à travers des rencontres dédiées aux professionnels portant sur des thématiques d’actualité.

Des cérémonies d’hommage sont également organisées pour honorer certaines figures éminentes de la littérature marocaine, célébrant leur contribution au patrimoine culturel et littéraire du pays.

Des soirées de poésie illuminent également le SIEL, offrant à ses visiteurs une symphonie de mots célébrant l’essence même de la création artistique, et où se mêlent harmonieusement la magie des mots et celle des mélodies.

L’espace Jeunesse n’est pas en reste. Dans une ambiance conviviale, les fans de Star Wars et de Comics ont l’occasion de découvrir l’univers des créateurs, à travers des atelier interactifs où ils peuvent suivre de près le processus du dessin et poser toutes les questions autour de la bande dessinée.

L’espace des créateurs des bandes dessinées Marvel et DC offre aux visiteurs du SIEL 2024 la possibilité unique de plonger dans l’univers magique des super héros. Et pour les plus mordus, il s’agit aussi d’un rendez-vous à ne pas manquer avec dix artistes, éditeurs et écrivains présents pour prodiguer leur enseignement lors de plus d’une trentaine de workshops qui ont pour particularité de traiter de tous les aspects de l’industrie des Comics.

Chaque jour, des ateliers, des panels ainsi que des podcasts sont animés par des figures emblématiques et des légendes du monde de l’édition des bandes dessinées, en direct de New York et Los Angeles.

Ci-dessous une visite virtuelle 360° de l’édition 2024 du Salon international de l’édition et du livre :

Le SGG participe aussi à la 29e édition du SIEL avec un stand placé sous le thème « un arsenal juridique renouvelé: pilier de politiques publiques efficientes« .

A travers sa participation, le SSG vise à créer un cadre de réflexion et d’échange de visions autour des questions juridiques d’actualité résultant du développement continu du système législatif national, en réponse, d’une part, aux exigences des politiques générales de l’État sur les plans économique et social, en harmonisation de l’arsenal législatif et réglementaire national avec les engagements internationaux du Maroc, d’autre part.

La Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement est, elle, présente à la 29e édition du SIEL avec au programme un ensemble d’activités éducatives et interactives afin de mettre en avant son engagement concret en faveur de l’environnement.

Son stand est animé pendant la période du salon, par une série d’ateliers spécialement conçus pour engager les visiteurs de tous âges, des plus jeunes aux adultes, dans la compréhension et l’action environnementale.

Les activités comprennent quotidiennement des ateliers de recyclage, des démonstrations de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la protection de l’environnement et des compétitions stimulantes.

Le ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement primaire et du sport a lui aussi profité du SIEL pour mettre en lumière les efforts déployés pour atteindre la transformation souhaitée dans l’école publique à travers la mise en œuvre de la feuille de route 2022-2026.

À cette occasion, le ministère a prévu dans son stand, durant tous les jours du salon, un programme varié axé principalement sur les nouveautés éducatives. Il propose aux visiteurs des concours interactifs, des débats thématiques, des présentations et des ateliers dirigés par les responsables et cadres du ministère, en plus de l’animation d’ateliers de sensibilisation et d’éducation.

Le Salon, qui a ouvert ses portes dans une ambiance festive et bon enfant, continuera à ravir ses visiteurs jusqu’au dimanche 19 mai.

SIEL. Le phénomène Osamah Almuslim, de quoi est-il le nom ?

Une cohue a été déclenchée le samedi 11 mai, deuxième jour du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), grand-messe du livre au Maroc, lors de la séance de dédicaces des romans d’Osamah Almuslim. L’écrivain saoudien, auteur de plus de 30 romans célèbres pour leur style fantasy, semble enthousiasmer la jeunesse marocaine, venue de tout le Maroc pour le rencontrer.

Des adolescents massés pendant des heures avec des livres à la main et des files d’attente interminables pour accueillir l’auteur au SIEL. Soucieuses d’éviter tout risque de bousculade, les autorités ont dû interrompre la séance de dédicaces. Du jamais vu !

Cet écrivain saoudien à succès, surtout connu auprès des jeunes, écrit de la fiction fantastique en arabe. Celui que l’on peut qualifier, toute proportion gardée, de « Rowling arabe », en référence à la romancière britannique auteure de la saga Harry Potter, s’appuie par ailleurs sur les réseaux sociaux pour communiquer et élargir sa communauté. Une sorte d’influenceur-écrivain.

Le phénomène Osamah Almuslim nous amènera-t-il à réexaminer la conviction selon laquelle nos jeunes ne se sont pas réconciliés avec le livre ? Est-ce que nos jeunes ne lisent pas, faute de trouver une lecture qui les intéresse ? Pour Najib Refaïf, journaliste culturel, chroniqueur et auteur, les œuvres déjà existantes ne répondent pas toujours au goût du jeune lectorat.

« Peut-être que ce sont les écrivains qui écrivent des choses qui ne se lisent pas » 

« C’est la question qui se pose effectivement. Pourquoi les jeunes s’intéressent-ils à cet auteur et à ses écrits ? Et on dit que les jeunes ne lisent pas… Peut-être que ce sont finalement les écrivains qui écrivent des choses qui ne se lisent pas« , s’interroge Najib Refaïf.

« On dit que les jeunes sont les grands absents du lectorat marocain. Le phénomène Osamah Almuslim nous montre pourtant tout le contraire. Les jeunes marocains lisent, mais ils privilégient une certaine littérature qui mêle suspens et fantaisie. Au SIEL, nous avons remarqué une forte présence de jeunes filles lors de la séance de dédicaces d’Osamah Almuslim, probablement parce qu’il y a beaucoup de personnages féminins dans ses écrits », souligne le journaliste chroniqueur, grand habitué du SIEL, dont il a été l’un des précurseurs.

Une élite intellectuelle déconnectée de sa jeunesse ?

Sur un ton plus ferme, l’éditeur Hicham Houdaïfa critique la réaction et le regard méprisant porté sur les lecteurs charmés par Osamah Almuslim.

« Ce qui m’a beaucoup déçu, c’est la réaction élitiste des gens qui ont porté un regard vraiment hautain sur cette jeunesse qui s’est déplacée pour cet auteur… Une élite totalement déconnectée de sa jeunesse. J’ai trouvé cela vraiment très triste de la part d’une élite soi-disant intellectuelle qui devrait incarner un modèle pour les jeunes », déplore le co-fondateur de la maison d’édition En Toutes Lettres.

« Certes, Osamah Almuslim écrit de la fantaisie, mais ce n’est pas comme si l’on avait tous commencé à lire Dostoïevski à un âge précoce. Nous nous sommes souvent initiés à la lecture grâce à ‘la petite littérature’, sans parler bien sûr de notre responsabilité de mettre à la disposition de nos jeunes une diversité de lectures. Et d’ailleurs, aucun de nous n’a la légitimité de parler de grandes ou de petites littératures », poursuit-il.

« La diversité de la lecture doit être à la portée de tous »

Hicham Houdaïfa d’ajouter : « Les gens ont le droit de lire ce qu’ils veulent et de trouver leur plaisir dans ce qu’ils aiment réellement. Ce jugement de valeur, de classification, je le trouve encore une fois très hautain et malvenu. La culture est censée susciter de l’empathie ; elle est censée nous amener à fournir plus d’outils à nos jeunes et non à les juger au premier coup et à la première lecture ».

« Donc effectivement, des structures comme les bibliothèques publiques qui n’existent pas dans ce pays, ou quand elles existent sont fermées, ou quand elles sont ouvertes ne possèdent pas de livres, ou lorsqu’il y a quelques livres, la personne censée s’en occuper n’est pas là… Ces structures me semblent pourtant essentielles pour présenter la lecture dans sa diversité, y compris les livres de cet écrivain saoudien ; pour la mettre à disposition des jeunes afin qu’ils puissent s’ouvrir à d’autres auteurs plus tard, comme Balzac ou les grands auteurs arabes ou marocains. Or nous disposons effectivement, et en arabe et en français, d’une diversité littéraire et d’une diversité de lecture qui doit être à la portée de tout le monde« , conclut Hicham Houdaïfa.

Un succès, deux volets

Qu’en est-il désormais du côté de l’écrivain ? En Occident, son succès est influencé par deux volets : le volet littéraire, à travers les différents prix prestigieux, et le volet commercial, par le biais des ventes. Chacun de ces volets a sa place et est reconnu pour son succès.

Néanmoins, dans le monde arabe, on prête moins d’attention à cette notion de succès commercial qui, pourtant, a toute son importance si l’on considère la success story d’Osamah Almuslim. « Son point fort, c’est la communication sur les réseaux sociaux. Il adopte les techniques des grands éditeurs qui font du buzz autour de leur littérature et écrivent des best seller. Un best seller, c’est ça ! Et il y a des conditions pour en écrire. D’abord, il faut écrire des choses captives, addictives, ce que nous appelons les page turner. Tu as envie de tourner la page pour savoir ce qui se passe par la suite. L’autre aspect tout aussi important, c’est la vente. Ecrire, c’est vendre. Si on écrit et que l’on ne vend pas, on n’aura pas de lecteurs », reprend Najib Refaïf.

« Ce sont ces deux aspects-là qu’il faut allier pour produire des écrits à lire : le savoir-faire (techniques d’écriture) et le faire-savoir (communication autour de ce savoir-faire) », insiste l’auteur.

Une bonne littérature ? Tout est question de subjectivité…

« La fantaisie est un genre qui fonctionne partout. En témoignent les séries littéraires fantastiques comme Harry Potter ou Game of Thrones dont des millions d’exemplaires ont été vendus à travers le monde. Elles ont même été adaptées au cinéma ».

« La littérature commerciale, c’est comme le cinéma commercial ! La littérature commerciale, c’est ce que nous appelons aussi la littérature populaire. C’est ce type d’œuvres qui se vend le plus. Un best-seller est-il forcément un bon livre ? Il faudrait d’abord définir ce qu’est un bon livre. Se définit-il par sa conformité à des critères purement littéraires, ou par l’ampleur des ventes qu’il a réalisées ? C’est ça la question à mon sens« , précise-t-il.

« Prenons l’exemple du Comte de Monte-Cristo, considéré à l’époque comme de la littérature populaire. C’est un best seller jusqu’à ce jour ; on en a tiré des films. C’est cependant moins bien écrit si l’on considère encore une fois des critères purement littéraires, notamment les procédés d’écriture (niveau de langue, figures de style, ton employé…) par rapport aux œuvres de Stendal et Flaubert », poursuit Najib Refaïf.

« Il y a également l’exemple de Mustafa Lutfi al-Manfaluti dans le monde arabe, qui écrivait des choses souvent traduites du français mais avec un style simple, facile à lire et à comprendre, à partir de 14 ans, 15 ans. S’il est moins bien écrit par rapport à Najib Mahfoud en Egypte ou à Mohamed Zafzaf chez nous, et à d’autres grands écrivains contemporains du monde arabe, on ne peut pas dire pour autant qu’il est mauvais. Est-ce que parce qu’il y a beaucoup de gens qui lisent un livre que ce dernier est automatiquement moins bon d’un point de vue littéraire ? C’est verser dans l’élitisme qui lie la beauté à la rareté. Difficile donc de dire ce qu’est une bonne littérature qui, à mon avis, reste subjective« , conclut Najib Refaïf.

Qui est Osamah Almuslim ?

Né en 1977, Osamah Almuslim n’a émergé que tardivement en tant qu’écrivain et romancier majeur, en écrivant des romans de fantasy et de fantasy historique, avec pour éléments forts le suspense et une narration cinématographique avec des dialogues solides. Il a poursuivi ses études à l’Université du roi Fayçal où il s’est spécialisé en littérature anglaise, ce qui lui a permis de traduire certaines de ses œuvres en anglais par la suite.

Osamah Almuslim présente les événements de manière fragmentée et emploie des noms uniques et étranges. La plupart de ses romans se distinguent par des fins inattendues. Certains ont été sélectionnés pour être adaptés en films. D’autres ont été traduits en anglais, notamment Khawf (Fear) et Jardins d’Arabestan (Gardens of Arabestan).

Il a publié 32 romans dont les plus célèbres sont Khawf 1, Khawf 2 et Khawf 3 − en cours d’adaptation en une série télévisée saoudienne inspirée du roman −, la saga Jardins d’Arabestan en six parties, Lajj : L’épopée des sept mers en cinq parties et la série de nouvelles Le tumulte de Khaseef en trois parties.

Ouverture du Salon international de l’édition et du livre à Rabat

Organisée jusqu’au 19 mai par le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication en partenariat avec la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra, la région de Rabat-Salé-Kénitra et la Commune de Rabat, cette édition connaît la participation de 743 exposants représentant 48 pays, avec comme invitée d’honneur l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

« Le Salon international de l’édition et du livre joue un rôle essentiel dans l’industrie culturelle et de l’édition, mais aussi dans la sphère économique et sociétale », a déclaré le ministre de la Culture, Mehdi Bensaïd. Les participants à cette manifestation culturelle enregistrent, chaque édition, des ventes considérables de livres et gagnent en visibilité, a-t-il souligné.

Après avoir souligné le soutien constant et direct apporté par son département en faveur de la lecture et du livre, le ministre a rappelé que plusieurs autres salons régionaux, nationaux et internationaux culturels se tiennent à travers les différentes villes du Royaume.

Pour sa part, le directeur du Bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb, Eric Falt, s’est félicité du choix de l’organisation onusienne en tant qu’invitée d’honneur de cette nouvelle édition du SIEL : « Ce choix est une reconnaissance de notre travail et des liens qui nous unissent avec le Maroc. »

L’espace de l’UNESCO abritera plus de 20 conférences durant ces dix jours du SIEL. L’accent sera mis sur deux sujets très importants, à savoir l’intelligence artificielle et la jeunesse, a indiqué Eric Falt.

A l’instar des éditions précédentes, quelque 241 activités culturelles rythmeront les journées du salon, à travers un programme riche et diversifié comprenant des conférences sur des thèmes comme l’Afrique multiple, les profils et les images, l’écriture du genre féminin et masculin, ainsi que les médias et la technologie, avec la participation d’une pléiade d’écrivains, d’intellectuels et de poètes marocains et étrangers.

(Avec MAP)

Le SGG au Salon du livre 2024 sous le signe de la rénovation juridique

Conçu de manière immersive et interactive, le stand du SGG crée un cadre de réflexion et d’échange autour des questions juridiques d’actualité qui résultent du développement continu du système législatif national, en réponse, d’une part, aux exigences des politiques générales de l’État dans le domaine économique et social, et d’autre part, à celles relatives à l’harmonisation de l’arsenal législatif et réglementaire national avec les engagements internationaux du Maroc, indique un communiqué du SGG.

Outre la contribution à l’enrichissement du débat sur un certain nombre de questions relatives à l’amélioration de la qualité du système juridique, à travers l’organisation de conférences et d’ateliers thématiques, le stand du SGG sera consacré à l’exposition des dernières publications dans le domaine juridique et en constituera un espace d’interaction avec les visiteurs du SIEL, poursuit la même source.

Dans ce cadre, le SGG va assurer une traduction en langue des signes pour l’ensemble de ses activités.

Ci-dessous, le programme détaillé du SGG au SIEL 2024.