Dans le secteur privé, hausse du Smig de 20% au cours du mandat gouvernemental (Sekkouri)

S’exprimant à l’occasion du 1er mai, M. Sekkouri a expliqué que le salaire minimum mensuel net est passé de 2.638,05 dirhams en 2021 à environ 3.191,85 en tenant compte de l’augmentation de 5% qui sera effective dès janvier prochain.

Il a ajouté que « le salaire minimum augmentera ainsi de près de 600 dirhams, soit une hausse de 20%, ce qui n’a jamais été réalisé par aucun autre gouvernement ». Il a affirmé que le nombre de salariés concernés par cette mesure, selon les données de la Caisse nationale de sécurité sociale, dépasse les deux millions de personnes.

Quant aux activités agricoles, le ministre a fait état d’une baisse du salaire minimum par rapport aux salaires dans les autres secteurs, soulignant, à cet égard, que le gouvernement est déterminé à unifier le salaire minimum d’ici 2028.

Le gouvernement, a ajouté M. Sekkouri, « augmente le salaire minimum dans le secteur agricole à un rythme plus élevé que celui enregistré pour les autres salaires, afin de réduire l’écart entre les salaires dans les activités non agricoles et les activités agricoles ».

S’agissant du salaire minimum dans le secteur agricole, « on est passé de près de 1.860 dirhams à 2.360 dirhams par mois, en tenant compte de l’augmentation qui sera effective en avril 2026 », a-t-il noté.

En vertu de l’accord d’avril 2024, « nous avons convenu d’augmenter le salaire minimum dans les activités non agricoles et le salaire minimum dans les activités agricoles en deux tranches de 5% entre 2025 et 2026 », a dit le ministre. Ainsi, le salaire minimum dans les activités agricoles augmentera depuis l’entrée en fonction du gouvernement en 2021 et jusqu’en 2026 de 540 dirhams, a indiqué M. Sekkouri.

Par ailleurs, le ministre a évoqué l’injustice subie par un grand nombre de citoyens en matière de retraite dans le secteur privé, puisqu’il fallait auparavant justifier 3.240 jours de cotisations, soit environ dix ans, pour avoir droit à une pension via la Caisse nationale de sécurité sociale. Après des discussions avec les partenaires sociaux, le gouvernement a répondu favorablement à leurs demandes et la décision a été prise de réduire cette période à seulement 1.320 jours de cotisations, soit 4 ans, a-t-il ajouté.

Si l’assuré ne remplit pas la condition relative au nombre minimum de jours déclarés requis pour bénéficier d’une pension (1.320 jours), il pourra récupérer le montant de ses cotisations et de celles de son employeur, a-t-il indiqué.

M. Sekkouri est revenu aussi sur la baisse de l’Impôt sur le revenu, mise en œuvre en janvier 2025 à la demande des partenaires sociaux, notant que cette décision a donné lieu à une augmentation moyenne de 400 dirhams pour les familles à revenu moyen.

S’agissant du projet de loi sur la grève, le ministre a estimé que le gouvernement actuel a eu « le courage politique » d’initier ce chantier délicat et de prendre en considération les propositions des partenaires sociaux dans le plein respect des normes internationales en vigueur en la matière.

Comment les opérateurs textiles ont accueilli la hausse du SMIG

Entrée en vigueur le 1er janvier, l’augmentation du salaire minimum légal de 5% dans les activités non agricoles et agricoles fixe à 17,1 dirhams le salaire minimum horaire dans les activités non agricoles, à partir du début du mois en cours.

Quid de son application dans le secteur textile qui compte, selon les derniers chiffres, quelque 235.000 salariés, l’équivalent de 24% de l’emploi industriel au Maroc ?

« La hausse du SMIG a automatiquement fait son entrée dans le secteur. Certaines entreprises respectent l’application de la hausse, d’autres non. Le non-respect de l’application de la hausse du SMIG crée malheureusement une distorsion de la concurrence« , observe Hammani Amahzoune, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) pour la région de Rabat.

Un important industriel souligne, de son côté, que « le secteur textile, comme tous les autres, est concerné par l’augmentation du SMIG. Le secteur du textile ne vit pas en marge de la loi. S’il y a des opérateurs qui vivent en marge de la loi, il faut les sanctionner« .

Quel impact sur la compétitivité ? 

« Dans un marché qui n’est pas très florissant, la hausse du SMIG va aussi se répercuter directement sur les prix de vente et les prix à l’export« , explique pour sa part Abderrahmane Atfi, ancien président régional pour Casablanca de l’AMITH.

Notre interlocuteur estime que la hausse du salaire minimum aura un impact direct sur la compétitivité.

« Nous ne pourrons pas proposer des prix de vente et des prix à l’export réduits et compétitifs puisque nous n’avons pas la meilleure productivité. Ce n’est pas lié uniquement au SMIG. Le salaire minimum est un élément, mais il y a également d’autres facteurs de coût qui entrent en jeu (logistique, énergie consommée, intrants…) qui font que la composition des prix est compétitive ou pas », explique-t-il.

« L’impact de la hausse du SMIG est énorme parce que les marges du secteur ne sont pas extraordinaires. Nous comptons principalement sur la main-d’œuvre pour produire. Malheureusement, le Maroc ne fabrique pas de produits finis. Il dépend de la façon, voire de la transformation du tissu qui appartient au client, ce qui fait que la valeur ajoutée est vraiment minime. C’est pour cela que l’impact de la hausse du SMIG sur les entreprises est d’une grande importance », reprend Hammani Amahzoune.

Le Maroc désavantagé par rapport à ses concurrents 

« Nous sommes désavantagés par rapport à nos concurrents, notamment la Tunisie, l’Égypte et surtout la Turquie. Non seulement la Turquie garantit à ses salariés du textile un SMIG plus élevé que le nôtre, mais elle a aussi l’avantage d’avoir accès directement à la matière première, ce qui lui permet de gagner en compétitivité, que ce soit au niveau des délais ou des prix. La Turquie entend en outre développer sa présence sur le marché syrien, où elle va transférer sa production à des prix imbattables. Cela rajoute effectivement au problème de la compétitivité nationale et de l’impact du SMIG sur les entreprises ».

Nous sommes désavantagés par rapport à nos concurrents, notamment la Tunisie, l’Égypte et surtout la Turquie

Au-delà de la question de l’impact de la hausse du SMIG, le vrai problème dont souffre aujourd’hui le secteur reste la chute de la production liée à la baisse des commandes d’Inditex, tient à préciser Hammani Amahzoune.

« La majorité des unités à Rabat, Salé et Témara sont aujourd’hui à l’arrêt, en attendant la reprise des commandes d’Inditex, notamment pour sa marque Zara. La situation est observée sur l’ensemble du territoire. L’impact est ressenti essentiellement à Tanger ».

L’augmentation du SMIG doit être corrélée à l’amélioration de la productivité

« Il est clair qu’il n’est pas évident d’augmenter les salaires dans ces phases de tension industrielle et de tension sur la rentabilité. S’il est impératif d’améliorer le pouvoir d’achat, il faut aussi veiller à améliorer, parallèlement, la productivité pour éviter que l’entreprise ne s’endette. Ce qu’il faut donc, c’est indexer l’amélioration de la valeur ajoutée créée par l’emploi sur le SMIG », commente l’industriel du secteur sondé par Médias24.

« Au Maroc, le SMIG augmente plus vite que la valeur ajoutée. Sur les dix dernières années, le salaire a augmenté presque deux fois plus vite que la productivité. Il y a donc un risque de décrochage de nombre de secteurs, hormis ceux de pointe, notamment l’aéronautique et l’automobile, parce qu’ils sont accompagnés par les entreprises, les centres de formation et les centres techniques. Dans les industries classiques, il y a encore des efforts à faire en termes de formation, d’innovation et d’accompagnement des entreprises en ce qui concerne les nouvelles technologies et la robotisation ».

« Il est d’autant plus facile d’augmenter le SMIG si nous disposons des accompagnements en termes de R&D, de productivité, de qualité et de compétences », conclut notre interlocuteur.

Selon des études, une revalorisation de 5% du SMIG accélère le chômage urbain de 2,7 points

Au Maroc, une revalorisation de 5% du SMIG entraîne une hausse de 2,7 points du chômage urbain un trimestre après la mise en œuvre, atteignant un pic de 2,9 points au sixième trimestre. Ainsi, selon une étude de Bank Al-Maghrib intitulée « Salaire minimum au Maroc : faits stylisés et impacts économiques« , une telle augmentation aurait un impact négatif, quoique modéré, sur l’économie marocaine.

Cette perspective souligne que l’augmentation des coûts salariaux pour les entreprises peut les inciter à réduire leurs effectifs, aggravant ainsi le problème du chômage.

Source : BAM

Instauré en 1999 sur une base horaire, le SMIG a été revalorisé douze fois entre 1999 et 2024. Dans le cadre du dialogue social, il est prévu que le SMIG connaisse deux nouvelles revalorisations en 2025 et 2026, pour atteindre respectivement 3.266 DH et 4.422 DH, comme revenu mensuel sur la base d’un travail à plein temps.

Source : BAM – HCP

Depuis 2010, la dynamique du chômage urbain montre une corrélation significative avec le niveau du SMIG. La réaction du chômage urbain aux revalorisations du SMIG est quasiment instantanée, l’effet se manifestant généralement un trimestre après la revalorisation, comme le prouve l’étude de Bank Al-Maghrib. Ainsi, avec les revalorisations prévues en 2025 et 2026, on peut s’attendre à des augmentations du chômage urbain.

Pour aller au-delà des simples observations graphiques, nous avons mené une analyse économétrique visant à explorer cette corrélation. En prenant le chômage urbain comme variable dépendante, nous avons inclus le SMIG, le taux d’intérêt, l’inflation et la croissance économique comme variables explicatives afin d’éliminer d’éventuels biais statistiques.

La hausse du SMIG explique plus de 65% de la dynamique du taux de chômage urbain

Source : Médias24

Les résultats de cette analyse révèlent des conclusions intéressantes sur la relation entre le SMIG et le chômage urbain sur la période 2010-2024. La hausse du SMIG explique plus de 65% de la dynamique du taux de chômage urbain, démontrant ainsi l’impact significatif de la revalorisation du SMIG sur le chômage urbain.

Des études empiriques menées dans plusieurs pays confirment ce constat. Aux États-Unis où le salaire minimum est de 7,5 $/heure, une augmentation à 12 $/heure bénéficierait à 11 millions de travailleurs en augmentant leur salaire. Cependant, cette mesure entraînerait une perte d’emploi pour environ 300.000 employés. En France, une augmentation de 10% du SMIC pourrait détruire à long terme environ 290.000 emplois.

En étudiant l’impact des revalorisations du SMIG sur l’économie marocaine, les chercheurs de Bank Al-Maghrib concluent que « les décisions de revalorisation du SMIG au Maroc peuvent avoir une incidence sur l’exacerbation du taux de chômage des catégories les plus vulnérables, en particulier des jeunes. Ainsi et conformément à la littérature, le chômage des jeunes au Maroc semble s’accélérer en réponse aux mesures de relèvement du salaire minimum ».

Ils ajoutent que la revalorisation à la hausse du SMIG joue en faveur de l’extension du secteur informel ; les entreprises pouvant préférer ne pas déclarer tous leurs employés et utiliser davantage l’argent liquide pour rémunérer les employés non déclarés. « L’examen des liens entre le salaire minimum et l’évolution du nombre des jours déclarés à la CNSS et la dynamique de l’agrégat M0/M1 montre qu’au Maroc, il existerait une dualité du marché du travail en faveur de l’extension du secteur informel chaque fois qu’une augmentation du salaire minimum est décidée ».

Comment fonctionne le marché de l’emploi ?

En principe, selon l’analyse de l’économie mainstream, dans un marché libre, également appelé marché de concurrence pure et parfaite (CPP), le salaire et le niveau d’emploi se déterminent par la confrontation de l’offre et de la demande de travail. Dans ce contexte, l’offre émane des ménages qui sont en recherche active d’emploi, tandis que la demande provient des entreprises à la recherche de main-d’œuvre.

Algébriquement, la demande de travail par les entreprises est décroissante par rapport au salaire (pente négative). Cela signifie que lorsque le salaire d’équilibre augmente, les entreprises se trouvent contraintes d’embaucher, ce qui réduit la demande de travail. De même, l’offre de travail de la part des ménages est croissante (pente positive) par rapport au salaire, c’est-à-dire qu’une fois que les salaires augmentent, les ménages sont incités à offrir davantage de travail.

Cette relation entre l’offre et la demande de travail illustre un principe fondamental de l’économie de marché : lorsque l’offre de travail dépasse la demande, le chômage augmente. À l’inverse, lorsqu’il y a une forte demande de travail et une offre limitée, les salaires tendent à augmenter pour attirer les travailleurs nécessaires. Ainsi, le marché du travail fonctionne selon des principes économiques où l’équilibre entre l’offre et la demande de travail détermine les niveaux de salaire et d’emploi. Toute intervention – comme la fixation d’un salaire minimum – peut perturber cet équilibre, entraînant des effets variés sur le marché de l’emploi.

Le marché de l’emploi peut se trouver en déséquilibre lorsqu’il y a un excès d’offre ou de demande. Parmi les déséquilibres les plus fréquents, la baisse de la demande de main-d’œuvre par les entreprises en raison de plusieurs facteurs : des anticipations de baisse de la demande de biens et services, souvent due à des politiques monétaires restrictives, des perturbations des chaînes d’approvisionnement, ou encore une augmentation des prix des matières premières, ce qui entraîne une hausse des coûts de production. Ces conditions entraînent souvent une diminution de la demande de travail, aboutissant à une situation de chômage dit conjoncturel.

Lorsqu’une contraction des embauches est observée au sein des entreprises, la diminution de la demande de main-d’œuvre de T1 à T2 entraîne une baisse du niveau d’emploi de Q1 à Q2, se traduisant par une hausse du taux de chômage. Par conséquent, les travailleurs licenciés éprouvent souvent des difficultés à retrouver un emploi, particulièrement lorsque cette diminution de la demande de main-d’œuvre est répandue.

Dans un contexte où l’offre de travail dépasse largement la demande, les salaires réels ont tendance à stagner, voire à diminuer de S1 à S2. Les employeurs, bénéficiant d’un excédent de candidats, n’ont pas besoin de proposer des salaires attractifs pour recruter du personnel.

L’instauration et la revalorisation du salaire minimum impose souvent au marché un salaire supérieur au salaire d’équilibre. La situation du marché de l’emploi dans un tel cas peut être illustrée comme suit :

Dans ce contexte, les ménages sont incités à offrir plus de travail, attirés par la perspective d’un salaire plus élevé. Cette augmentation de l’offre de travail est représentée par l’intersection du SMIG avec l’offre de travail, faisant que le niveau d’emploi offert sur le marché est augmenté à (Q ménages). Cependant, les entreprises, confrontées à des coûts salariaux plus élevés, réduisent leur demande de travail pour s’adapter au nouveau salaire minimum, faisant en sorte que le niveau d’emploi baisse pour se situer à (Q SMIG).

Ce déséquilibre se traduit par une augmentation du chômage. En effet, le point d’équilibre initial, où l’offre et la demande de travail se rencontrent à un salaire S1 et un niveau d’emploi Q1, est remplacé par une nouvelle situation où l’offre de travail dépasse largement la demande à ce nouveau salaire minimum. Ainsi, la différence entre la quantité de travail offerte (Q ménages) et la quantité de travail demandée (Q SMIG) représente le niveau de chômage engendré par cette politique.

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Au Maroc, le débat autour de l’instauration et la revalorisation du salaire minimum ne suscite pas de vives discussions. Cependant, la situation peut être analysée à partir de deux perspectives distinctes, chacune étant fondée.

D’une part, il est bien établi que le salaire minimum peut avoir des effets négatifs sur le marché de l’emploi, notamment en augmentant le coût du travail pour les employeurs, ce qui peut conduire à une hausse significative du chômage.

D’autre part, l’augmentation du SMIG est essentielle pour lutter contre les inégalités et protéger le pouvoir d’achat des travailleurs dans un contexte d’inflation croissante. Cette mesure contribue également à la consolidation de l’État social au Maroc, un chantier majeur dans lequel le pays est engagé.

Les diverses écoles économiques divergent sur ce sujet. Cependant, dans le contexte socioéconomique actuel du Maroc, cette mesure apparaît nécessaire pour lutter contre les inégalités et l’inflation. Ainsi, il convient de souligner qu’un marché au sens néoclassique du terme, où les prix et les salaires sont flexibles et s’ajustent instantanément, n’existe pas. Cela justifie donc la nécessité d’établir un salaire minimum. Toutefois, il est crucial de mettre en œuvre des politiques complémentaires visant à soutenir l’emploi et à atténuer les répercussions négatives sur le marché du travail marocain.

Les enjeux du prochain round du dialogue social

La préparation du nouveau round du dialogue social prévu en avril prochain a déjà commencé, comme l’avait laissé entendre le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de son récent passage au Parlement.

Juste après la déclaration du chef du gouvernement, Younes Sekkouri a fait le tour des principaux partenaires sociaux. Il a rencontré Miloudi Moukharik (UMT), Abdelkader Zaïr (CDT), Naam Miyara (UGTM) et également Chakib Alj (CGEM).

Ces rencontres sont importantes pour introduire les prochaines négociations, dans la mesure où la réunion de septembre n’a pas pu être organisée à cause des circonstances du séisme. Par la suite, tout le temps institutionnel du dialogue social a été investi dans la gestion du dossier des enseignants.

Selon les différentes sources contactées par Médias24, les rencontres menées par Sekkouri avaient pour objectif de sonder les partenaires et identifier les sujets importants dans le but d’arrêter un ordre du jour du prochain round.

Et bien évidemment les enjeux sont nombreux. Peut-on parler d’un round sous haute tension au regard du contexte dans lequel il sera mené, notamment une sortie de crise au forceps dans le dossier des enseignants qui a de multiples conséquences ? Si les partenaires évoquent un climat serein et apaisé, il n’en reste pas moins que les sujets chauds ne manquent pas. Cette crise des enseignants jette une lumière crue sur la problématique de la grève dont le projet de loi est bloqué. Deuxième impact sur le dialogue, voici une catégorie sectorielle qui a obtenu une importante revalorisation salariale. L’effet de contagion n’est pas exclu, et même fort probable. Tout cela dans un contexte de hausse des prix et de baisse générale du pouvoir d’achat.

La hausse des salaires omniprésente dans le débat

Dans ce contexte, chaque partenaire a des attentes. De nos différents échanges, nous pouvons résumer ainsi les grands sujets qui feront débat d’ici le 1er mai prochain.

Il y a donc une forte attente d’amélioration des revenus des secteurs qui n’en ont pas bénéficié. La question se pose essentiellement pour la sphère publique. Certes, les hausses ont concerné les secteurs de l’éducation nationale, la santé et l’enseignement supérieur, en plus de la révision à la hausse du SMIG public, mais nos sources s’attendent à ce que le sujet soit au coeur des échanges pour les autres secteurs publics, comme les collectivités territoriales par exemple.

Si la demande d’amélioration de revenus dans le public est évidente, le privé pourrait également être concerné par le débat, malgré la hausse actée en 2023. La question qui se pose actuellement ne concerne pas que la hausse du SMIG, dont l’impact est important, mais insuffisant. Elle concerne les autres catégories au-delà des smigards. Quel outil ou mécanisme actionner pour améliorer leurs revenus ? Sur ce volet, la réforme de l’IR prévue pourrait être une voie potentielle. Car, selon des sources sûres, les discussions sur cette réforme seront menées dans le cadre du Dialogue social.

La loi sur la grève et l’État social

Pour la CGEM, l’enjeu est clair et évident. C’est faire aboutir la loi sur la grève d’abord, puis la réforme du Code du travail. Comme nous l’expliquions précédemment, la loi sur la grève sera au cœur des négociations.

Le gouvernement agit en médiateur pour rapprocher les points de vues entre syndicats et patronats, bien qu’il soit également partie prenante dans le sens où la loi doit comporter un volet relatif aux grèves dans le secteur public.

Nous savons que plusieurs réunions ont été tenues dans ce sens afin d’avancer sur le dossier. Sera-t-il débloqué lors de ce prochain round ? Une question à laquelle il est difficile de répondre au vu de l’historique où plusieurs annonces/promesses ont été faites et non tenues.

Dans les récentes réunions entre Younes Sekkouri et les partenaires sociaux, la réforme du Code du travail a également été évoquée, compte tenu de son importance pour libérer le potentiel de création d’emplois. Un sujet fondamental pour le gouvernement Akhannouch qui compte mettre les bouchées doubles sur ce dossier durant le reste de son mandat.

Enfin, un autre enjeu pour le gouvernement consiste à valoriser et à intégrer dans le dialogue social tout le travail – et notamment l’effort financier – réalisé dans le cadre du chantier de l’Etat social. La généralisation de l’AMO, les aides sociales directes, l’aide au logement, etc. sont pour l’exécutif des mesures concrètes qui vont dans le sens de l’amélioration de  l’environnement social des Marocains, qu’ils soient salariés ou fonctionnaires – ou pas –, qu’il est nécessaire de prendre en compte.

https://medias24.com/2023/04/29/dialogue-social-voici-les-conclusions-du-round-davril-2023/

https://medias24.com/2023/11/23/derriere-le-blocage-de-la-reforme-de-lecole-linquietante-crise-des-syndicats/

Dialogue social : la loi sur la grève, principal sujet du prochain round ?

Le 5 février dernier, lors de son intervention au Parlement, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rappelé la prochaine ouverture d’un nouveau round de dialogue social. Les nouvelles rencontres avec les partenaires sociaux démarreront au mois d’avril.

Un nouveau round à fort enjeu pour les différentes parties et qui intervient après un épisode de tensions sociales qui a affaibli les syndicats et le gouvernement, celui des grèves des enseignants.

Cette expérience, douloureuse par ses multiples conséquences, va certainement peser sur les prochaines discussions surtout que l’un des dossiers chauds attendu est celui de la loi organique sur la grève. 

La loi organique sur la grève était d’abord et avant tout une revendication du patronat. Il semble qu’elle soit devenue, après les évènements des derniers mois, une priorité pour tous les partenaires, y compris les syndicats qui ont perdu du poids et de la légitimité face à des coordinations, légalement et réglementairement non représentatives, mais qui ont fait sur le terrain d’une grande démonstration de force.

Une démonstration de force qui a fait plier gouvernement et syndicats, qui n’ont pas pu mettre un terme aux grèves à cause du vide juridique. La grève est un droit constitutionnel, qui a besoin d’une loi pour l’organiser, le cadrer et définir les règles de son exercice. Elle a fait défaut.

Toujours pas de loi sur la grève

Malgré les promesses faites par le gouvernement en septembre 2023 à ce sujet, le processus de révision de ce projet de loi organique bloqué au parlement depuis des années, n’a pas été entamé.

Selon des sources proches des négociations, « plusieurs réunions bilatérales gouvernement/partenaire social ont été tenues et tous les articles du projet de loi ont été examinés. Le département du ministre Younes Sekkouri a centralisé les propositions d’amendements et la vision de chacun des partenaires sociaux. Maintenant, il reste à savoir ce qui sera fait de ces propositions ».

D’après de précédentes explications fournies à Médias24, le ministère de Younes Sekkouri devait centraliser les différentes propositions et venir au parlement avec des amendements de consensus,  fruit des différentes visions. S’ensuivra alors l’exercice législatif habituel dans les deux chambres du parlement. Discussion des amendements, vote et adoption.

Ce processus permettra, a priori, de changer fondamentalement le contenu du projet de loi déposé au parlement. La balle est donc dans le camp de Younes Sekkouri qui doit faire aboutir ce chantier.

La CGEM mettra certainement le focus sur ce point qu’elle attend depuis l’accord du dialogue social de 2019. Le second dossier porté par le patronat, et déjà inscrit dans l’accord social, est celui de la réforme du code du travail.

Quels seront les dossiers portés par les syndicats pour ce round ? Médias24 a contacté les syndicats représentatifs. Pour l’instant, seul l’UMT a répondu.

Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, indique que l’augmentation des salaires, la revalorisation du SMIG et du SMAG, la revalorisation des pensions de retraite, ainsi que l’augmentation des salaires des enseignants de la formation professionnelle en particulier, sont leurs priorités pour ce nouveau round.

L’augmentation des salaires, priorité de l’UMT

« Pour l’UMT, ce nouveau round doit aboutir à des résultats concrets », déclare Miloudi Moukharik. « Nous avons accepté de reporter le round prévu en septembre dernier à la demande du chef du gouvernement, suite au séisme d’Al Haouz, mais à condition d’aboutir à des résultats concrets durant le round d’avril ».

« En tant qu’organisation syndicale, nous allons continuer à demander des augmentations générales de salaires« , poursuit notre interlocuteur.

« Pour l’UMT, la principale revendication qui va permettre aux salariés du public et du privé d’augmenter leurs revenus est la baisse de l’impôt sur les salaires« , ajoute Miloudi Moukharik, rappelant que « les salariés sont la seule catégorie sociale qui paie ses impôts à la source sans évasion fiscale, et que ces impôts peuvent atteindre jusqu’à 38%. C’est d’ailleurs l’une des recommandations des Assises de la fiscalité de 2019 ».

« Nous espérons atteindre un SMIG de 5.000 DH »

« Nous allons également continuer à demander la revalorisation du SMIG et du SMAG. Le SMIG de 3.140 DH ne permet plus aux gens de survivre. Nous espérons qu’un SMIG de 5.000 DH soit possible et réalisable de la part du patronat privé », indique encore Miloudi Moukharik.

« En outre, l’UMT va revendiquer la revalorisation des pensions de retraite. Les retraites sont gelées depuis 18 ans, et lorsque nous avons obtenu, durant le dialogue du mois d’avril 2022, une augmentation modeste de 5%, celle-ci n’a pas été versée de la manière souhaitée. Nous nous sommes alors retrouvés avec deux catégories de retraités, ce qui est inconcevable pour nous. Ceux qui ont arrêté de travailler avant 2019 ont perçu les 5%, tandis que ceux qui sont sortis après 2019 n’ont pas, à ce jour, perçu cette augmentation ».

« L’accord que l’on avait paraphé avec Aziz Akhannouch était clair et net : une augmentation générale de 5% pour les retraités. Nous allons donc revenir à la charge sur ce point« .

Sur les négociations sectorielles, priorité à la formation professionnelle

« Nous allons également demander au gouvernement d’ouvrir des négociations sectorielles, secteur par secteur. Nous avons néanmoins un secteur prioritaire, celui de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail« , souligne Miloudi Moukharik.

« Les enseignants du public ont reçu des augmentations via l’amendement de leur statut. Les enseignants du supérieur, pour leur part, ont perçu une augmentation de 3.000 DH. En revanche, le secteur de la formation professionnelle n’a bénéficié d’aucune augmentation alors qu’il fournit les enseignants au secteur de l’enseignement supérieur notamment ».

« Pour protester, les enseignants de la formation professionnelle ont récemment tenu une grève générale dans tous les instituts et Cités des métiers et des compétences. Cette action a été suivie par de premiers contacts avec la direction de la Formation professionnelle, le ministre de l’Enseignement supérieur et le ministre délégué chargé des Finances, Fouzi Lekjaâ. Ces contacts doivent toutefois être déclinés en négociations », conclut Miloudi Moukharik.

La Fédération nationale de la formation professionnelle, affiliée à l’UMT, a en effet tenu le 18 janvier dernier une grève nationale de 24 heures en guise d’avertissement dans tous les établissements du secteur. Leur principale revendication est une revalorisation des salaires, à hauteur de 2.000 DH, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail.

SMIG et SMAG : le décret publié au Bulletin officiel

Publié au Bulletin officiel du 19 octobre, le décret 2.23.799 fixe, à compter du 1er septembre 2023 :

– le SMIG : 16,29 DH par heure
– le SMAG : 88,58 DH par jour

Comme expliqué antérieurement, le retard de publication de ce texte au BO s’explique par une erreur dans le calcul de la hausse à appliquer à partir du mois de septembre 2023.

Round up. Tout savoir sur la hausse du SMAG

Dans le cadre du dialogue social, un accord a été signé le samedi 30 avril 2022 entre le gouvernement, la CGEM et les centrales syndicales les plus représentatives. Cet accord prévoit une mesure historique : l’alignement du salaire minimum du secteur agricole sur celui des autres secteurs économiques. Ainsi, une première hausse du SMAG de 10% a été appliquée en 2022 quand le SMIG, lui, a augmenté de 5% à la même date.

Toujours selon ce même accord, une nouvelle hausse doit s’appliquer au cours de ce mois de septembre 2023. Elle entrera en vigueur quand le gouvernement publiera le décret y afférent. Le SMIG augmentera de 5% pour atteindre 3.111 DH. 

Le SMAG augmentera également de 5%. Calculé sur la base d’un tarif journalier, le SMAG évolue comme suit :

– avant augmentation 2022 : 76,70 DH/jour ;
– 1er septembre 2022, après augmentation de 10% : 84,37 DH/jour ;
– septembre 2023 (après augmentation 5% ) : 88,58 DH/jour.

Sur la base d’un nombre théorique de 26 jours travaillés par mois, le salaire mensuel des travailleurs agricoles sera, dès publication du décret de cette année, de 2.303 DH contre 1.994 DH avant septembre 2022.

Après ces deux augmentations, un gap entre les deux salaires minimums persistera. Une différence de 800 DH qui sera comblée par des augmentations annuelles progressives du SMAG jusqu’en 2028 pour l’arrimer avec un salaire mensuel de 3.111 DH.  

Plus d’un million de bénéficiaires

Cette décision, qui doit être officialisée au cours de ce mois de septembre avec la publication du décret d’application au Bulletin officiel, constitue une avancée majeure au Maroc, un pays où le secteur agricole a une place prépondérante sur le marché de l’emploi.

Le secteur agricole au sens large représente 19% du PIB national, réparti entre l’agriculture (15%) et l’agro-industrie (4%), selon les chiffres du haut-commissariat au Plan (HCP).

Dans son rapport sur le paysage de l’emploi au Maroc, le HCP explique que le secteur agricole emploie plus de 4 millions de personnes, dont environ 100.000 dans l’agro-industrie.

Le relèvement du SMAG va sans doute marquer un tournant dans l’évolution du secteur agricole, et plus généralement du monde rural, mais ne touchera malheureusement pas toute la population qui y travaille, car la structure de l’emploi dans ce secteur est complexe. 

Entre l’emploi non rémunéré, l’auto-emploi ou encore le travail saisonnier, le nombre de travailleurs concernés par la révision du SMAG ne représente que le quart des emplois du secteur.

Au total, ce sont un peu plus d’un million de travailleurs agricoles déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) qui profiteront de la revalorisation du salaire agricole minimum. Les agriculteurs concernés se répartissent entre : 

– les salariés agricoles déclarés : 358.000 ;

– les travailleurs non salariés (TNS) : 747.000.

À noter que les travailleurs non salariés (TNS) sont des travailleurs individuels indépendants déclarés en tant que tel au ministère de l’Agriculture. Les autres sont les employés des entreprises agricoles. 

Un secteur où l’informel est omniprésent

Certes, la hausse ne concerne qu’une part des emplois agricoles, mais c’est une part non négligeable. Et il s’agit d’un effort louable dans le contexte économique pour le moins difficile que traverse le secteur agricole, essentiellement en raison de la sécheresse et de la cherté des intrants.

Avec la hausse prévue en cette année 2023, en deux ans, le salaire minimum aura augmenté de 15%, soit 308 DH/mois (11,88 DH x 26 jours/augmentation brute). C’est un effort financier théorique de plus de 330 MDH mensuellement, selon un calcul sommaire, à supposer que cette revalorisation soit totalement appliquée, sans sous-déclaration ni fraude, sur l’ensemble des 1,1 million d’employés concernés. 

Si l’on exclut les travailleurs non salariés du calcul, c’est un effort financier de 110 MDH/mois réalisé par les entreprises agricoles.

Ces revenus supplémentaires déjà consentis ou à venir permettront d’améliorer les conditions des travailleurs du monde agricole. L’esprit même de l’alignement du SMIG et du SMAG a pour objectif de prévenir la tentation que pourraient avoir les travailleurs du monde rural à délaisser ce dernier en quête d’un meilleur revenu en ville et, par ricochet, de réduire l’exode rural.

L’objectif à terme est d’atteindre un salaire minimum de 3.000 DH et que cela profite au plus grand nombre de travailleurs. 

Mais encore faut-il que tout cela ne soit pas freiné par une réalité sectorielle complexe marquée, comme expliqué plus haut, par le travail saisonnier désorganisé et la sous-déclaration, fléau national qui touche tous les secteurs.

Il faut verrouiller les mécanismes qui permettront de s’assurer que les employeurs déclarent l’ensemble de leurs salariés. 

D’après l’article 361 du Code du travail, sont punis d’une amende de 300 à 500 DH : le défaut de paiement du salaire ou le paiement d’un salaire inférieur au salaire minimum légal. L’amende est appliquée autant de fois qu’il y a de salariés à l’égard desquels les dispositions des articles précédents n’ont pas été observées, sans toutefois que le total des amendes ne dépasse le montant de 20.000 DH.

De surcroît, en cas de litige, si le paiement des sommes dues n’a pas été effectué avant l’audience, le tribunal ordonne, à la demande du salarié concerné, la restitution au profit de ce dernier des sommes représentatives du salaire minimum légal, qui ont été, en totalité ou en partie, indûment retenues. En cas de récidive, cette amende est portée au double.

Au Maroc, la distribution salariale est concentrée autour du Smig

Bank Al Maghrib a publié un document de travail étudiant l’incidence des revalorisations de ces salaires sur l’économie marocaine

L’étude, qui repose sur une analyse rétrospective et un benchmark international, revient sur les faits stylisés caractérisant le salaire minimum au Maroc, en examinant ses liens avec la distribution salariale, le chômage et l’informel avant de simuler les effets d’une hausse potentielle de celui-ci sur l’économie nationale.

Au Maroc, le salaire minimum est fixé par les autorités gouvernementales après consultation des partenaires sociaux (représentants des employeurs et employés). 

En 2019, le Smig et le Smag ont été respectivement de l’ordre de 2.698 DH et 1.903 DH

Entre 1999 et 2019, ils ont été revalorisés 10 fois à partir d’un niveau initial de 1.659 DH pour le Smig et de 1.075 DH pour le Smag mensuellement.

L’étude relève que le ratio du salaire minimum sur le salaire moyen est sensiblement élevé et que la distribution salariale est concentrée autour du Smig, particulièrement durant les années marquées par une faible croissance, laissant soupçonner un effet de diffusion des hausses du salaire minimum aux autres catégories de salaires au Maroc.

Par ailleurs, l’analyse indique qu’il existerait un lien négatif avec l’emploi des jeunes et une dualité du marché du travail en faveur de l’extension du secteur informel chaque fois qu’une augmentation du salaire minimum est décidée.

D’autre part, la mise en simulation d’une hausse de 5% du Smig montre que cette dernière aurait un impact négatif modéré, quoique permanent, sur l’économie marocaine.

Pour des décisions de relèvement plus importantes, des effets de non linéarité seraient à prendre en considération. En d’autres termes, la baisse du PIB qui serait induite par une hausse de 10% du Smig serait plus que deux fois plus élevée que la baisse engendrée par une hausse de 5% de ce salaire.

Lire aussi: Le SMIG a augmenté 21 fois en 40 ans… mais pas assez

Conférence internationale Sahel-Maghreb: l’Algérie est bien présente

Les travaux de la deuxième conférence ministérielle régionale sur la sécurité des frontières se sont ouverts jeudi à Rabat avec la participation des ministres des Affaires étrangères, des ministres en charge des questions sécuritaires dans les pays d'Afrique du Nord et de l'espace sahélo-saharien, ainsi que des représentants des partenaires régionaux et internationaux.

L’Algérie participe avec une délégation qui ne comprend pas de ministres mais qui est étoffée: directeurs des départements des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Défense ainsi que l’ambassadeur, a constaté Médias 24 sur place.

Le ministre algérien des AE avait laissé entendre que son pays boycotterait plus ou moins cette réunion.

Participent également à cette conférence plusieurs organisations internationales et régionales, notamment l'ONU, l'UMA, la Ligue Arabe, l'Union Européenne, l'OTAN, la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), l'organisation de la coopération islamique (OCI), la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Représentant Spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Libye et le Chef de la Mission d'Appui des Nations Unies en Libye.

Cette réunion, qui s'inscrit dans le cadre du suivi des travaux du premier congrès ministériel régional sur la sécurité des frontières, vise en particulier à renforcer le contrôle et la sécurisation des frontières dans la région d'Afrique du nord et dans l'espace sahélo-saharien, et à consolider le dialogue et la concertation entre les pays de la région et leurs partenaires internationaux et développer la coopération opérationnelle dans le domaine sécuritaire de la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, y compris le trafic d'armes et des drogues ainsi que la migration illégale.