Tourisme : plus d’un milliard de dirhams pour relancer la destination Ouarzazate

« La stratégie de relance mise en place par les autorités de tutelle vise à faire renaître Ouarzazate de son atonie et à la positionner comme une destination de référence du tourisme culturel autour du cinéma », nous déclare une source à la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) avant de dérouler les actions qui ont été programmées.

Un plan Marshall pour stimuler l’investissement hôtelier

Selon notre interlocuteur, ce plan s’imposait en effet après la déconfiture de plusieurs établissements depuis 2008, aggravée par la crise sanitaire qui a durement frappé la région, en lui faisant perdre plus de 2.000 lits, soit 15% de sa capacité, et en contraignant de nombreux hôtels à fermer leurs portes.

Et d’ajouter qu’après les premiers signes de reprise, la SMIT s’est mobilisée pour relancer son activité et lui redonner toute son attractivité touristique, tant sur le plan de l’hébergement que de l’animation. Elle a donc mené une action proactive de stimulation de l’investissement hôtelier, assimilée à un véritable plan Marshall de relance qui a permis de favoriser une montée en gamme significative de l’offre et des services au sein des établissements d’hébergement touristique (EHT).

Des milliers de lits réhabilités pour plus de 400 MDH

Une dynamique d’amélioration qui a consisté dans la mise à niveau de 50 établissements d’hébergement touristique d’une capacité de 4.500 lits. Sachant que l’investissement global pour cette opération était de 25,5 MDH, 78% de ce budget, soit 20 MDH, concernaient les catégories haut standing (4 et 5 étoiles) pour une capacité de 2.600 lits.

Dans le même temps, les catégories « middle range » ont généré des investissements de l’ordre de 5 MDH pour une capacité de 1.700 lits, sans compter les autres petites catégories qui ont aussi initié un programme de mise à niveau, avec un investissement de 0,5 MDH pour une capacité de 200 lits.

Afin de dynamiser l’investissement touristique dans la région, dix grands EHT ont aussi lancé des projets de rénovation avec un investissement de 354 MDH qui a permis de réhabiliter 2.000 lits.

700 MDH d’ici à 2026 pour réintégrer les hôtels fermés

Par ailleurs, une attention particulière a été portée par la SMIT pour accompagner de nouveaux investisseurs désirant racheter les principaux hôtels fermés de la région comme le Mercure, le Farah Al Janoub, le Riad Essalam, le Tichka Salam, la Palmeraie, le Azghor, le Karam, le Zat et le Fint Oscar.

Soutenus par des dispositifs d’appui mis en place pour faciliter l’accès au financement, notamment à travers des prêts bancaires sans intérêt accordés dans le cadre du programme Cap Hospitality, ces opérations de reprise, qui ont permis une montée en gamme de plusieurs hôtels de catégorie moyenne, ont ainsi contribué à renforcer l’attractivité et la compétitivité de son offre d’hébergement.

Cette action va permettre à ces établissements de réintégrer sur le marché, entre 2025 et 2026, une capacité hôtelière de près de 2.200 lits, principalement dans les segments haut et moyen standing.

« Au total, ce sont plus de 700 MDH qui ont été injectés pour revigorer la destination », révèle notre interlocuteur. Cet investissement va permettre à Ouarzazate de renaître et d’améliorer l’expérience culturelle de ses visiteurs avec de nouvelles animations.

100 MDH pour développer une offre d’animation

À cet effet, plusieurs projets d’animation ont été lancés pour rendre plus attrayante la destination, notamment un investissement de 100 MDH qui a été injecté par la SMIT et par les partenaires locaux.

Parmi les projets les plus attractifs, la place Jamaa Al Fan avec ses centres d’interprétation du cinéma, la place de la Kasbah de Taourirt avec son Walk of Kasbahs, l’esplanade du Ksar Aït Ben Haddou qui se transformera en un espace vivant d’événements culturels, le studio Mystère qui permettra de découvrir un produit en réalité augmentée et virtuelle autour du cinéma dans un parc indoor gamifié.

Ces lieux emblématiques devraient accueillir des spectacles cinématographiques, ainsi que des carnavals en préparation pour 2025 et 2026 qui permettront de fédérer résidents et visiteurs autour des arts vivants, des traditions locales et du cinéma avec une multitude d’événements festifs.

Une plateforme digitale pour améliorer la lisibilité du territoire

Pour sceller ce renouveau, un dispositif d’interprétation, d’orientation et d’information est actuellement mis en œuvre en vue d’améliorer la lisibilité de la destination centrée sur le cinéma.

De plus, des outils numériques de pilotage et un suivi territorial seront mis en place pour accompagner le tourisme oasien avec une plateforme digitale de géolocalisation des offres touristiques qui permettra, dès 2025, de suivre en temps réel les circuits, hébergements, nuitées et flux de visiteurs.

Alimentée par les services territoriaux et supervisée par la SMIT, cette plateforme numérique renforcera la coordination entre les acteurs publics et privés tout en offrant un espace de marketplace local pour mieux soutenir la mise en relation entre opérateurs et investisseurs.

Grâce à ce plan de relance, notre interlocuteur estime que ce territoire en renaissance est désormais prêt à rayonner sur la scène nationale et internationale avec une offre touristique plus compétitive et attrayante.

La SMIT va se doter d’un outil analytique décisionnel pour le secteur touristique

La Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) s’apprête à doter le secteur du tourisme d’un dispositif stratégique d’aide à la décision. Il s’agit d’un outil analytique décisionnel destiné à renforcer la compétitivité de l’industrie touristique nationale, en s’appuyant sur une exploitation avancée des données.

Ce nouvel outil analytique vise à centraliser, structurer et analyser les données touristiques issues de multiples sources, internes comme externes. L’objectif : offrir une lecture fine des dynamiques du marché, du comportement des touristes et des performances des différentes destinations du Royaume.

Dans un contexte où la feuille de route nationale pour le tourisme place la donnée au cœur du pilotage stratégique, cet outil analytique se veut un levier de modernisation. Il permettra notamment de générer des tableaux de bord dynamiques, adaptés aux besoins du secteur, ainsi que des indicateurs clés pour guider les politiques publiques.

Outre la visualisation avancée et le reporting automatisé, la solution attendue devra renforcer les capacités d’anticipation, de suivi et d’analyse des acteurs du secteur. Elle s’inscrit ainsi dans une logique de veille et d’intelligence économique à l’échelle nationale.

L’ensemble du projet, qui mobilise une enveloppe estimée à 1,6 MDH, sera déployé sur une période de 13 mois. Il s’inscrit pleinement dans la nouvelle approche sectorielle du tourisme, axée sur la performance, la réactivité et l’orientation stratégique fondée sur les données.

Tourisme : La croissance de la fréquentation d’Agadir en bonne voie après la rénovation du palais des roses

« S’inscrivant dans le cadre de la feuille de route qui a pris en considération les nombreuses fermetures de grands hôtels, la croissance des investissements hôteliers dans la station balnéaire intra-muros de la ville d’Agadir commence désormais à dépasser celle de Marrakech », nous révèle une source de la SMIT qui accompagne les candidats à la reprise des établissements en difficulté.

« Une croissance à deux chiffres »

Confrontée à une baisse de l’offre hôtelière avec 21 hôtels fermés entre 2013 et 2023 à cause de la baisse des vols directs avec les marchés d’Europe du nord, Agadir vit actuellement une remontada qui fait d’elle une destination incontournable aussi bien pour les touristes que pour les investisseurs.

La perle du sud a en effet réalisé en 2024 une croissance de 14% de sa fréquentation avec 1,4 million d’arrivées et de 18 % de ses nuitées pour un total de 6,6 millions et un taux moyen d’occupation hôtelier qui a atteint 69 %, soit 8 points de plus par rapport à l’année précédente.

Avec une capacité litière de 49.800 lits pour 296 hôtels classés, la capitale du Souss caractérisée par un positionnement quasi exclusivement balnéaire a pu consolider sa fréquentation en développant des zones compétitives intérieures (marina, zone Founty…) et en périphérie à Taghazout.

« Des investissements ciblés pour mettre fin à la saisonnalité balnéaire »

Afin de rehausser son attractivité touristique, Agadir a attiré plusieurs investisseurs privés qui ont initié des projets hôteliers d’envergure ayant permis de relancer sa fréquentation avec des produits ciblés qui ont eu pour effet de la faire passer d’une station uniquement balnéaire à une destination cosmopolite à fort pouvoir attractif en toutes saisons et de dynamiser la création de l’emploi local.

« L’objectif est de driver l’essor d’un mix-produit et de la faire évoluer d’une logique de station mono-produit à une destination annuelle de marque pluri-expériences, tout en capitalisant sur son image de marque déjà établie », nous explique notre interlocuteur en ajoutant qu’un nouveau visage est en train d’être esquissé qui s’intitulera « Agadir Baie des 4 saisons, destination cosmopolite« .

« Améliorer l’expérience-client et diversifier l’offre de produits »

Pour atteindre cet objectif, la restructuration initiée dans le cadre de la feuille de route table surtout sur l’amélioration de l’expérience des clients en quête d’un produit balnéaire désaisonnalisé ainsi que sur la diversification des produits proposés afin d’attirer de nouveaux segments de visiteurs.

Elle passera par une modernisation de l’image touristique d’Agadir (circulation, attractivité, éclairage, animation nocturne …), la thématisation des séquences qui constituent le front de mer afin de diversifier les offres touristiques et les ambiances des lieux autour du cœur du produit balnéaire et par la mise en place de nouveaux services pour compléter l’expérience touristique balnéaire.

En dernier lieu, une vie nocturne et une ambiance urbaine dynamique seront développées grâce à l’amélioration croissante du standing de l’offre proposée par les restaurateurs et les commerçants ainsi que par la densification des activités de loisirs aussi bien diurne que nocturne.

« Un rebranding de 600 millions de dirhams qui générera 100.000 visiteurs allemands supplémentaires »

« Inauguré le vendredi 23 mai, l’hôtel Palais des Roses qui a été totalement rénové après cinq ans de fermeture participe à cette dynamique qui a mobilisé un grand investisseur privé et les autorités », estime notre source en citant le groupe égyptien Pickalbatros qui a injecté plus de 600 millions de dirhams dans le rebranding de cet énorme complexe hôtelier qui compte 430 chambres.

Et d’ajouter que la réouverture de cet hôtel 5 étoiles devrait relancer la fréquentation d’une clientèle familiale essentiellement issue du marché allemand, avec un minimum de 100.000 visiteurs supplémentaires fin 2026, soit presque 10% des 1,4 million d’arrivées qui ont été réalisées en 2024.

Un objectif rendu possible par l’expertise allemande de l’investisseur égyptien qui accueille plusieurs centaines de milliers de touristes par an dans ses hôtels de la station balnéaire de Charm El Cheikh.

La cérémonie de réouverture de l’hôtel Palais des roses

« Un investissement hôtelier en amène un autre »

En outre, notre interlocuteur pense que cette réouverture devrait entrainer une dynamique positive qui encouragera les investisseurs nationaux ou étrangers à reprendre les (trop) nombreux autres hôtels encore fermés à l’instar de l’ancien Club Med qui a été acquis par le groupe allemand TUI.

Prévoyant sa réouverture dans moins d’un an, notre source tient à rappeler que la rénovation complète du Palais des roses n’a nécessité que 8 mois de travaux effectués par des sociétés marocaines après le lancement d’un appel à reprise qui a suscité l’intérêt de nombreux investisseurs.

Et de conclure que la dynamique globale de réouverture de tous les grands hôtels fermés qui devrait se conclure à l’horizon 2026 s’inscrit dans la promotion des initiatives privées pour développer l’écosystème touristique d’Agadir qui commence à détrôner Marrakech en termes d’investissements

Tourisme : 8 MMDH d’investissements programmés en 2025

« D’importants chantiers d’investissements touristiques ont été lancés en 2025 pour améliorer l’attractivité des destinations du Royaume, avec des panneaux de signalétique, des centres d’interprétation, des villages touristiques et de l’animation, mais aussi celle des produits en créant de nouveaux établissements hôteliers et en mettant à niveau ceux existants », nous déclare le directeur général de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) qui parle de véritable course contre la montre pour développer l’investissement touristique.

 « 1,5 milliard de dirhams investis durant les quatre premiers mois de 2025 »

Rappelant que la SMIT joue un rôle clé de structuration des investissements, Imad Barrakad souligne que la préparation du Mondial nécessite de diversifier l’offre et de renforcer l’attractivité des destinations.

S’inscrivant dans une dynamique de développement touristique, il nous révèle qu’un volume de plus de 1,5 milliard de dirhams (MMDH) d’investissement a été injecté dans le secteur de l’hébergement et dans celui de l’animation au cours des quatre premiers mois de 2025.

Et de préciser que 329 propriétaires d’hôtels ont investi 500 MDH pour améliorer la qualité de leur offre, et qu’une cinquantaine d’unités d’hébergements classés ont été mises sur le marché pour un total de plus de 2.500 lits et pour un investissement cumulé de plus de 600 MDH.

« 5.453 nouveaux lits d’ici décembre prochain »

Ainsi, les grandes réalisations passées et celles en cours, liées aux rénovations ou aux ouvertures, ont concerné l’Eurostar Anfa à Casablanca (250 lits), l’Oriental Invest Palace à Taza (158 lits), le Sahara Beach à Tan-Tan (48 lits) et, enfin, le Jardin des sports Californie à Casablanca (108 lits).

« Au total, les six prochains mois connaîtront l’ouverture de plusieurs enseignes internationales et locales qui vont créer une capacité additionnelle de 54.53 lits ».

L’occasion de citer les hôtels Waldorf Astoria, Balima et Caroussel situés à Rabat, auxquels s’ajouteront l’ancien hôtel Lincoln qui deviendra Radisson et le Hilton Anfa à Casablanca, sans compter d’autres établissements urbains de catégorie 3 ou 4 étoiles, ainsi que des résidences hôtelières, des maisons d’hôtes, des gites ruraux…

« 6 MMDH du programme Cap Hospitality pour rénover 15.000 chambres »

Afin de préparer les hébergements additionnels nécessaires pour le Mondial 2030, notre interlocuteur affirme que 90 hôtels classés ont investi un montant global de six MMDH pour mettre à niveau leurs 15.000 chambres dans le cadre du programme Cap Hospitality.

Après d’importants travaux de rénovation, les six prochains mois verront la réouverture de plusieurs grands hôtels, dont une dizaine étaient fermés, tandis qu’une vingtaine connaîtront des extensions de superficie pour renforcer l’appareil de production.

Ce sera notamment le cas des hôtels Kenzi Europa et Tikida situés à Agadir, du Solazur de Tanger, du Sofitel Jardins des roses et du Barcelo de Rabat.

« Réouverture d’une trentaine d’unités hôtelières à Agadir et Ouarzazate »

« Une attention particulière a été accordée pour rénover les hôtels vétustes et rouvrir ceux qui étaient fermés ou en difficulté, comme le Palais des roses ou l’ancien Club Med d’Agadir », ajoute Imad Barrakad.

Le directeur général précise que 17 mises à niveau concernent la région d’Agadir, où 9 hôtels seront prêts fin 2025, alors que 5 établissements fermés, d’une capacité de 600 chambres, à Ouarzazate rouvriront au même horizon après des travaux ayant nécessité un investissement de 230 MDH.

Pour renforcer l’attractivité de la station touristique d’Agadir, la cité balnéaire de Founty va mettre en service un palais des congrès et un centre d’exposition de 5.000 places, qui coûteront près de 800 MDH.

« Une centaine de projets d’animation verront le jour dans les six prochains mois »

Le premier trimestre 2025 a également vu la création de plus d’une quarantaine de projets d’animations qui permettront à Agadir de renforcer son offre d’animation et de loisirs.

D’autres destinations ont vu la création de nouvelles activités d’animation qui vont enrichir le portefeuille de l’offre touristique, avec l’émergence d’une offre muséale et d’un centre d’interprétation du patrimoine.

Imad Barrakad cite notamment la réouverture du Musée Batha à Fès, le Musée de la reconstruction d’Agadir, le Centre d’interprétation du patrimoine (CIP) de Sefrou, et d’autres équipements culturels, ainsi qu’un espace d’animation touristique dans la Kasbah de Taourirt à Ouarzazate.

Afin de développer le secteur de l’animation, une centaine de projets autour du gaming de loisirs et de digitalisation des services touristiques comme les projets escape games, la chasse au trésor, la réalité augmentée, de création d’assistants virtuels pour les services hôteliers, seront développés dans les six prochains mois au niveau des principales villes qui accueilleront la Coupe du monde de 2030.

« Les six villes du Mondial abriteront une nouvelle génération de produits touristiques »

« La SMIT a également engagé des efforts pour promouvoir des investissements dans la gastronomie marocaine et dans plusieurs projets innovants comme des pop-up stores qui verront le jour en 2025 au niveau de ces différentes villes », déclare le directeur général de la SMIT, en ajoutant que les six villes du Mondial (Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir, Fès et Tanger) abriteront une nouvelle génération de produits.

Dans un premier temps, des bus touristiques feront leur apparition à Rabat, Fès et Casablanca avant d’être généralisés à toutes les grandes destinations du Royaume,.

En outre seront aussi mis en place des panneaux de signalétique et plusieurs sites patrimoniaux seront valorisés comme la grotte d’Hercule à Tanger, la Kasbah des Oudayas à Rabat et d’autres projets à forte charge patrimoniale.

Plusieurs appels d’offres pour valoriser le patrimoine existant

Lors du deuxième semestre 2025, la SMIT va lancer plusieurs appels d’offres pour réaliser de nombreux projets qui auront pour vocation d’enrichir et de valoriser le patrimoine culturel touristique existant.

Dans le détail, les sites des gorges de Toudgha à Tinghir et l’esplanade devant le Ksar Ait Ben Haddou feront l’objet de travaux de valorisation, une galerie du cinéma intitulée « Mysterie Studios » sera créée à Ouarzazate, des téléphériques aux cascades d’Ouzoud et des remontées mécaniques à la station verte d’Oukaimden seront mises en service ainsi que plusieurs autres produits d’animation qui permettront de renforcer l’offre des destinations à fort potentiel de développement.

Une plateforme digitale pour stimuler l’investissement sectoriel des jeunes

Développée par la SMIT, une plateforme digitale, qui se veut complémentaire aux incitations déjà mises en place, permettra également de stimuler l’investissement touristique, en particulier auprès des jeunes.

Visité par des milliers d’investisseurs potentiels, ce site, qui permet d’accéder à une banque de projets et de présenter de nombreuses opportunités sectorielles, contribuera à renforcer l’attractivité de toutes les destinations du Maroc, en mettant en avant les potentialités de chaque région.

L’intelligence artificielle au service des investisseurs

Pour renforcer l’attractivité territoriale, la SMIT va élargir, à partir de septembre 2025, les offres de service de son portail en mettant à disposition des investisseurs plusieurs outils d’accompagnement.

Et de citer une carte géolocalisée qui permettra de visualiser les opportunités d’investissements, une marketplace pour faciliter les contacts entre investisseurs et gestionnaires, ainsi qu’une plateforme de market intelligence pour mieux appréhender le secteur avec des outils d’intelligence artificielle.

À terme, cette approche globale devrait, selon notre interlocuteur, accompagner la volonté du Maroc de devenir une destination touristique de premier plan en atteignant a l’horizon 2026, voire en dépassant, 26 millions de touristes conformément aux prévisions de la feuille de route du tourisme.

Tourisme : 4,7 milliards d’euros d’investissements nécessaires d’ici 2030, les détails

« La coorganisation du Mondial 2030 par le Maroc servira d’accélérateur pour concrétiser tous les objectifs de la feuille de route qui table sur 26 millions d’arrivées à cette échéance », estime le directeur général de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) qui sera le catalyseur de tous les projets lancés.

1 milliard d’euros pour développer l’attractivité de la destination

Sujet stratégique pour l’avenir du secteur, l’investissement touristique constitue, selon Imad Barrakad, une priorité pour plusieurs départements ministériels (Tourisme, Intérieur, Équipement, Transport) qui se mobilisent ensemble pour activer son développement jusqu’au Mondial.

Afin d’accélérer les transformations structurelles d’ici 2030, le directeur général de la SMIT explique qu’un volume d’un milliard d’euros d’investissements touristiques sera consacré pour développer l’attractivité de la destination avec des bus touristiques, de la signalétique et des centres d’interprétation de patrimoine qui mettront en avant les différents produits et les thématiques qui intéresseront les visiteurs.

 Création de petites animations pour un budget de 200 millions d’euros

La deuxième priorité en termes d’investissement concernera la multiplication de structures en rapport avec la création de petites animations et d’activités ludiques dans les différents territoires.

De petits investissements permettront de mettre à la disposition des visiteurs des terrains de paddle ou de mini-parcs d’attractions.

Ne dépassant pas chacun 50 millions de dirhams, les projets de ce type seront financés par des investisseurs privés qui pourront s’appuyer sur les mécanismes prévus par la Charte de l’investissement pour un total d’environ 200 millions d’euros.

 2,5 milliards d’euros pour créer 100.000 nouveaux lits 

La partie la plus énergisante du plan d’investissements en termes de capitaux concernera, selon lui, les 500 à 700 nouveaux hôtels qui ouvriront leurs portes avant l’échéance du Mondial.

Mobilisant une enveloppe estimée à 2,5 milliards d’euros, ces projets accompagnés par la Charte de l’investissement, ou via des mécanismes régionaux qui pourront contribuer à leur montage financier, permettront de créer 50.000 chambres et 100.000 lits. La capacité litière actuelle s’élève à 300.000.

Et d’ajouter que 70% de ces projets seront réalisés par des investissements nationaux, et le reste par des capitaux étrangers, alors que la ventilation habituelle est de 80-20. La hausse de la part des investisseurs internationaux confirme l’attractivité croissante de la destination Maroc.

Des projets public-privé qui mobiliseront 1 milliard d’euros

En dernier lieu, le plan prévoit d’autres projets centrés sur l’animation comme de grands parcs d’attraction qui seront financés par des partenariats public-privé à hauteur de 1 milliard d’euros.

Au total, les investissements prévus d’ici 2030 en termes d’hôtellerie et d’animations devraient par conséquent mobiliser 4,7 milliards d’euros pour atteindre les 26 millions d’arrivées étrangères.

À la question de savoir si les objectifs de la feuille de route – dont l’objectif de 2024 a été dépassé avec 17,4 millions d’arrivées – allaient être revus à la hausse, le directeur général de la SMIT conclut qu’il est trop tôt pour se prononcer, mais qu’avec le trend haussier actuel, cette éventualité n’est pas à exclure.

Le Maroc mobilisera 3 à 4 milliards d’euros d’investissements touristiques d’ici 2030 (Imad Barrakad)

Pilier majeur de l’attractivité territoriale du Maroc, le secteur du tourisme représente une opportunité unique pour renforcer les dynamiques de partenariat avec les entreprises françaises, a déclaré le directeur général de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) lors de son intervention dans un panel du forum d’affaires Maroc-France consacré au Mondial 2030.

« Le développement du secteur touristique avant le Mondial est une priorité du gouvernement »

Imad Barrakad a ainsi affirmé que cette échéance allait permettre d’accélérer les transformations structurelles du Maroc d’ici 2030 grâce à un volume exceptionnel d’investissements touristiques.

« Ce secteur est prioritaire pour le gouvernement, qui a établi une feuille de route précise pour développer les investissements, la demande et la connexion aérienne », a déclaré le directeur général de la SMIT en ajoutant que la récente accélération des fruits de cette stratégie avait permis d’aboutir à 17,4 millions de visiteurs en 2024, alors que les prévisions tablent sur 17,5 millions en 2026.

Optimiste, il a tenu à préciser que le Mondial 2030 devrait permettre de dépasser l’objectif de 26 millions de touristes initialement prévu en 2030 par la feuille de route.

Les quatre axes prioritaires qui mobiliseront entre 3 et 4 milliards d’euros

Sur la partie investissement, la SMIT travaille sur l’amélioration de l’expérience touristique en mettant l’accent sur le développement de tous les éléments d’attractivité du territoire, qui font l’objet d’une collaboration avec les collectivités locales pour faire émerger de nouvelles locomotives touristiques comme c’est le cas pour la ville de Rabat.

Selon Imad Barrakad, le deuxième élément à développer a trait à la « petite animation » qui fait l’objet d’un travail avec BPI-France et d’une collaboration entre des start-up marocaines et françaises.

Tertio, les établissements hôteliers et leurs moyens de production font actuellement l’objet d’une mobilisation d’un demi-milliard d’euros par le gouvernement pour une mise à niveau et l’amélioration de la qualité de service des 62.000 lits existants qui sont en cours de rénovation.

En dernier lieu, la création de capacité hôtelière avec des projets structurants dont des parcs d’attractions, qui devraient mobiliser au total entre 3 et 4 milliards d’euros, avec un impact certain sur le tissu industriel et la qualité des visiteurs, notamment français.

Une annonce importante et inédite qui permet de mesurer avec davantage de précision les efforts financiers qui seront consentis durant les cinq prochaines années par le Maroc pour développer le secteur touristique avant l’événement planétaire que le Royaume accueillera en 2030.

En images, l’intervention du directeur général de la SMIT lors du panel du forum Maroc-France consacré à l’organisation du Mondial 2030 (à partir de 50:00)

 

Ouarzazate : les doléances des opérateurs pour rouvrir 10 hôtels vieillissants et fermés

La fermeture des plus grands établissements d’hébergement de la ville de Ouarzazate et sa faible couverture aérienne ont complètement sinistré l’activité touristique de la destination, qui a un taux d’occupation qui ne dépasse pas 23% contre 71% à Marrakech et 49% au niveau national, nous déclarent plusieurs sources qui réclament l’aide de l’État pour les rénover dans la perspective d’une réouverture.

Les banques font de la résistance

Sollicité par Médias24, le président de l’Association régionale de l’industrie hôtelière (ARIH) rappelle qu’une réunion, tenue le 19 février avec le directeur de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), a porté sur l’activation par l’État de subventions d’investissement à hauteur de 30%, ainsi que sur les moyens de convaincre les banques d’accorder des prêts aux professionnels qui désirent reprendre et rénover ces établissements dans le cadre du programme public Cap Hospitality qui prend en charge les intérêts des crédits bancaires.

« Notre interlocuteur a promis d’activer immédiatement ces subventions pour les dossiers complets et d’intervenir auprès des services bancaires pour les hôteliers qui ont eu l’accord de principe de Cap Hospitality pour rénover leur établissement et qui se sont heurtés à un refus des banques qui arguent que Ouarzazate ne fait pas partie des villes organisatrices du Mondial 2030 », révèle le président Soufiane Bachar en ajoutant que les banquiers considèrent que le secteur hôtelier sinistré de Ouarzazate comporte des risques trop importants, pour eux, de non-remboursement des traites.

En effet, les fermetures et l’état de délabrement avancé de certains hôtels affectent le niveau de réservation, avec plusieurs tour-opérateurs qui refusent désormais de programmer cette destination.

Les autorités de tutelle appelées à la rescousse

Tout en réclamant un versement rapide des subventions initialement accordées à un taux de 30%, puis réduites pour les hôtels fermés, le président espère que la prochaine visite de la ministre du Tourisme et du directeur de la SMIT, prévue à Ouarzazate le 20 mars prochain, permettra d’annoncer le déblocage des crédits bancaires nécessaires aux rénovations du parc vieillissant de Ouarzazate.

« Notre souhait est en effet que le ministère de tutelle et la SMIT puissent faire vraiment pression sur les banquiers réticents à nous accorder des prêts pour que nous soyons en mesure de rouvrir rapidement les hôtels fermés », déclare Soufiane Bachar en rappelant que le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) a signé la convention du programme Cap Hospitality.

 « 5.000 lits en attente de rénovation » 

Selon un grand hôtelier de la ville, sur les 116 établissements touristiques de Ouarzazate, une dizaine classés 4 à 5 étoiles sont fermés, et leurs repreneurs n’ont pas pu obtenir de crédits pour les rénover.

Parmi ces établissements, on recense l’hôtel de la Palmeraie qui compte 130 chambres, les hôtels mitoyens, Riad Salam et Tichka Salam (170 clés), la résidence Karam (100), l’hôtel Belere (265), fermé depuis 2011 faute de repreneur et, enfin, l’hôtel Le Zat (100), propriété de la CDG et n’ayant pas trouvé acquéreur.

D’autres hôtels sont ouverts, mais connaissent de grandes difficultés à cause de l’obsolescence de leur offre et du refus des banques de financer les travaux de rénovation, à l’instar du Club Hanane (128 chambres), de l’hôtel Karam Palace (120), qui n’a pas obtenu de crédits, et de l’hôtel Fint (74) qui ne peut pas bénéficier de Cap Hospitality, ayant déjà obtenu une aide à l’issue de la crise sanitaire.

Et d’ajouter que la capacité litière manquante de 5.000 lits, en attente de rénovation urgente, représente près de 20% de la capacité totale de la région de Ouarzazate qui s’élève à 23.000 lits.

En conclusion, il avance que leur réouverture et leur rénovation dans la ville-étape de Ouarzazate est une nécessité pour relancer le flux touristique et sauver toute la région, car le circuit qui démarre à Marrakech englobe les provinces d’Errachidia, de Midelt et de Zagora qui totalisent 416 hôtels classés.

Tourisme. Tout ce qu’il faut savoir sur les 50 projets touristiques soutenus par l’État

Selon un récent rapport du ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, dont Médias24 détient copie, le tourisme a eu droit à la part du lion des projets d’investissements depuis le lancement de la charte afférente qui a permis aux investisseurs de bénéficier d’un dispositif de soutien principal ou d’un autre spécifique aux projets stratégiques.

5% du total des investissements génèrent 20% des recrutements

Sur les 179 projets approuvés par la Commission nationale des investissements (CNI) depuis mars 2023, correspondant à un investissement total de 248 MMDH et 91.700 emplois, 50 d’entre eux étaient liés directement au secteur touristique, soit près d’un tiers (28%) des dossiers retenus.

Mobilisant un investissement de 12,5 milliards de DH, soit 5% du montant total des investissements sectoriels, ces projets touristiques sont destinés à créer 20.000 emplois, soit 21% des embauches globales.

En termes de capacité litière, ces investissements vont permettre, à terme, de créer 6.582 lits supplémentaires, mais aussi de mettre à niveau 8.600 lits déjà existants.

Marrakech-Safi attire 30% des investissements régionaux

Selon le rapport, qui se base sur les données recueillies lors des dernières commissions nationales chargées d’examiner les projets d’investissements, Marrakech-Safi a attiré 30% de l’investissement touristique global (3,75 MMDH), ce qui confirme sa position de destination locomotive du Maroc.

La région de Rabat-Salé-Kénitra représente quant à elle 20,3% de l’investissement (2,53 MMDH), confortant ainsi les efforts de promotion de cette destination de plus en plus attractive pour l’investissement.

Avec un flux d’investissement de 2,4 MMDH, soit 20,1% de l’investissement global approuvé lors des dernières commissions, Casablanca-Settat a capitalisé sur ses avantages compétitifs et ses infrastructures pour consolider son positionnement en tant que destination de tourisme d’affaires.

Plus au nord, la région balnéaire de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a mobilisé 9% de l’investissement global (1,125 MMDH) grâce au lancement de plusieurs projets hôteliers, notamment à Tamuda Bay et à Tanger.

Répartition des investissements par région. (MICEPP)

L’hôtellerie vampirise la grande majorité des investissements touristiques

La répartition très inégale des investissements touristiques montre que l’hôtellerie constitue encore le secteur le plus porteur en termes de choix pour les investisseurs nationaux ou étrangers.

En effet, l’hébergement enregistre 88% des investissements conventionnés approuvés, soit un montant de 11 MMDH, alors que le segment de l’animation et des loisirs a injecté 1,5 MMDH, à savoir 12% du total des projets approuvés de l’investissement touristique global.

Précisons que l’augmentation des investissements dans le secteur de l’animation et des loisirs est, depuis le lancement en 2022 de la feuille de route du ministère du Tourisme et de la CNT, une priorité absolue de la SMIT.

L’hébergement représente 88% des investissements conventionnés approuvés. (MICEPP)

Les Marocains sont les plus gros investisseurs du secteur

Concernant les nationalités des investisseurs, on constate une prédominance des Marocains qui représentent 75% des projets d’investissements touristiques approuvés par les commissions nationales.

Pour le reste, les investissements étrangers originaires de la région MENA représentent 13% du total des investissements approuvés, tandis que 9% viennent d’Europe et 4% du continent africain.

 

Répartition des investissements par nationalité. (MICEPP)

Pour conclure, il convient de rappeler que, lors de la 7e Commission nationale des investissements, tenue le 29 janvier, 20 projets d’investissement ont été approuvés pour un montant total de 17,3 MMDH.

Parmi eux, 17 projets relèvent du dispositif principal de la nouvelle Charte de l’investissement et couvrent divers secteurs comme le tourisme, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, l’automobile, l’industrie de l’emballage, l’industrie de l’éclairage et l’outsourcing.

188 MDH pour la valorisation de 16 villages touristiques au Maroc

Le ministère du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire pilote, en partenariat avec la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), un projet visant à valoriser 16 villages touristiques répartis dans plusieurs régions du Maroc pour un montant total de 188 millions de DH.

Ce projet, réalisé dans le cadre de la feuille de route 2023-2026 du tourisme, vise à promouvoir le tourisme rural, à créer des emplois durables et à affirmer son rôle en tant que levier pour le développement socio-économique local, indique le ministère dans un communiqué.

Ce programme, qui s’étend jusqu’en 2026, permet une mise en œuvre des projets de développement touristique dans les 16 villages sélectionnés, précise le communiqué. Chaque village bénéficiera d’un accompagnement pour l’amélioration des infrastructures existantes et la création de nouvelles infrastructures touristiques adaptées, que ce soit en termes d’hébergements inédits, ou encore d’infrastructures culturelles et de loisirs.

La SMIT supervisera la mise en œuvre des projets pour garantir leur conformité avec les objectifs et principes du tourisme durable, ajoute la même source.

Afin de garantir le succès de ce programme, 4 partenariats stratégiques ont été initiés avec des acteurs nationaux et internationaux clés pour apporter leur expertise. Il s’agit de : Club Med, Marriott, Experiencia et Madaef.

Les 16 villages seront répartis en quatre lots géographiques, reflétant la diversité des paysages marocains :

Premier lot :

Dar El Hamra (Fès-Meknès) : un village au charme rustique, connu pour ses maisons traditionnelles et ses paysages agricoles. Les visiteurs peuvent découvrir l’artisanat local et les traditions ancestrales de la région.

Ain Leuh (Fès-Meknès) : niché au cœur d’une forêt de cèdres, non loin d’Azrou et d’Ifrane, ce village est un point de départ idéal pour les randonnées en pleine nature et les activités en plein air. Il est également réputé pour ses festivals culturels.

Zaouiat Oued Ifrane (Fès-Meknès) : un lieu paisible entouré de montagnes, célèbre pour ses cascades et ses sentiers de trekking qui séduisent les amateurs de nature et de tranquillité.

Ain Tizgha (Casablanca-Settat) : ce village est reconnu pour ses paysages pittoresques et ses pratiques agricoles traditionnelles. Les visiteurs y découvrent une cuisine locale riche et authentique.

Deuxième lot :

Imi Ouaddar (Souss-Massa) : un petit village côtier offrant des plages magnifiques et des eaux cristallines. Parfait pour les amateurs de surf et de détente.

Imsouane (Souss-Massa) : une destination prisée des surfeurs, avec une ambiance authentique et des paysages marins spectaculaires. La gastronomie locale, notamment les fruits de mer, est incontournable.

Ksar Aït Benhaddou (Drâa-Tafilalet) : classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce ksar est un joyau d’architecture en pisé et un lieu emblématique pour le cinéma et la culture marocaine.

Ksar Tizgui (Drâa-Tafilalet) : un charmant village fortifié offrant une vue imprenable sur l’oasis environnante. Idéal pour explorer l’histoire et les traditions locales.

Troisième lot :

Imlil (Marrakech-Safi) : point de départ des randonnées vers le mont Toubkal, ce village de montagne est réputé pour son hospitalité et ses paysages spectaculaires.

Oukaïmeden (Marrakech-Safi) : la principale station de ski du Maroc, située dans les montagnes de l’Atlas. Un lieu parfait pour les amateurs de sports d’hiver et de nature.

Ouzoud (Béni Mellal-Khénifra) : renommé pour ses impressionnantes cascades, ce village offre une expérience unique mêlant nature et découverte de la culture berbère.

Zaouiat Ahensal (Béni Mellal-Khénifra) : un village montagneux isolé, apprécié pour ses paysages majestueux et ses itinéraires de trekking exceptionnels.

Quatrième lot :

Icherriten (Tanger-Tétouan-Al Hoceïma) : situé au cœur des montagnes du Rif, ce village offre des vues panoramiques et une ambiance authentique, idéale pour se ressourcer.

Jajouka (Tanger-Tétouan-Al Hoceïma) : connu pour sa tradition musicale ancestrale, ce village est une destination unique pour les amateurs de culture et de patrimoine.

Tafoughalt (Oriental) : niché dans les montagnes de Béni Snassen, ce village est réputé pour sa nature préservée et ses grottes historiques. Parfait pour les amateurs de géologie et de randonnées.

Oulmès (Rabat-Salé-Kénitra) : fier de ses sources thermales, ce village est une destination bien-être prisée, offrant également un aperçu de l’artisanat et des traditions locales.

Pour accroître l’attractivité de ces villages, une stratégie marketing ciblée sera mise en place via des partenariats avec des opérateurs touristiques. Ces collaborations transformeront ces villages en destinations authentiques et différenciées, à même de répondre aux attentes des touristes en quête d’expériences immersives et exclusives.

Ce programme s’inscrit, selon le ministère de tutelle, dans une dynamique plus large de diversification de l’offre touristique dans les zones rurales, à travers la création de circuits de découverte de la cuisine locale, la mise en valeur et la création de festivals culturels, et le développement de plateformes de vente pour l’artisanat local et les produits du terroir.

Cap Hospitality : un succès confirmé, des révélations prometteuses pour le tourisme marocain

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à fin octobre, 14,6 millions de touristes avaient visité le Maroc depuis le début de l’année 2024, un nouveau record qui impose des exigences accrues en termes de qualité d’accueil et de service. Le programme Cap Hospitality, avec des financements allant jusqu’à 100 millions de dirhams, dont les intérêts sont intégralement couverts par l’État, apparaît comme un levier stratégique pour transformer l’offre hôtelière nationale.

Lors de cette nouvelle édition de l’émission « Zone Franche », organisée sous forme d’une table ronde dans le studio de Médias24 à Casablanca, en partenariat avec BANK OF AFRICA, Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme, a salué cette tendance exceptionnelle. « Chaque mois, on constate des performances record. On vient de dépasser les performances de l’année dernière sur 12 mois, lors des 10 premiers mois de l’année. Donc, c’est quelque chose d’exceptionnel ».

Cap Hospitality, un premier bilan très prometteur

Les premiers chiffres confirment l’efficacité du programme. Salma Bellamine, directrice exécutive du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, a indiqué que près de 100 demandes ont déjà été déposées, avec 30 projets approuvés en deux mois seulement. Cette rapidité témoigne de l’engouement des hôteliers à moderniser leurs établissements pour répondre aux exigences du marché.

L’impact régional est également significatif. Imad Barrakad, directeur général de la SMIT, a insisté sur la diversité géographique des projets soutenus : « Près de 40 établissements à Marrakech, 20 à Casablanca-Settat, et un nombre important à Souss-Massa et Drâa-Tafilalet. Ces régions, parfois touchées par des fermetures d’hôtels, profitent d’une attention particulière pour revitaliser leur activité touristique ».

Pour renforcer son impact et garantir une large adoption, BANK OF AFRICA s’est mobilisée en organisant une tournée régionale de sensibilisation. Des étapes dans des villes clés telles que Marrakech, Tanger, Fès et Agadir ont permis de présenter les opportunités du programme, d’accompagner les hôteliers dans leurs démarches et de répondre à leurs interrogations sur ce mécanisme inédit.

Dans ce cadre, Imane Berrada Rhzioual, responsable Financement de la promotion immobilière et de l’hôtellerie au sein de BANK OF AFRICA, a également souligné que ce soutien s’accompagne d’une démarche de proximité, avec des focus groupes régionaux pour sensibiliser les professionnels et adapter les projets aux spécificités locales.

Pour garantir son efficacité, le programme repose sur des critères exigeants. Parmi eux, l’obligation d’ouvrir les établissements dans un délai de 18 mois après le déblocage des fonds. La responsable Financement de la promotion immobilière et de l’hôtellerie à BANK OF AFRICA a expliqué l’importance de cette mesure : « Si cette condition peut sembler contraignante, elle est indispensable pour une mise en œuvre rapide et efficace des rénovations ».

Ce mécanisme ne se limite pas à la rénovation. Il permet également l’extension des infrastructures, avec des projets incluant des chambres supplémentaires, des espaces de restauration ou des installations d’animation. Ces évolutions visent à répondre à la demande croissante et à améliorer la compétitivité des établissements marocains.

Un cap vers l’excellence hôtelière

Avec près de 25.000 chambres concernées à terme, Cap Hospitality s’annonce comme un pilier de la réinvention du tourisme marocain. Ce programme accompagne la stratégie nationale qui a pour ambition de renforcer l’attractivité touristique du Maroc et de se préparer aux échéances majeures de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et de la Coupe du monde 2030.

Pour Othmane Cherif Alami, président du Conseil régional du tourisme Casablanca-Settat, « le tourisme est un secteur d’opportunités capable d’apporter prospérité et espoir dans toutes les régions du Maroc. Cap Hospitality est une première étape pour ancrer durablement l’excellence de notre destination ».

Il a également souligné le rôle déterminant du Conseil régional du tourisme dans cet écosystème. « Nous accompagnons les destinations, particulièrement sur l’expertise produit, en veillant à ce que l’hôtellerie soit revue et améliorée, pour répondre aux attentes des visiteurs et maintenir l’attractivité de nos régions ».

Par ailleurs et malgré son succès, Cap Hospitality ne prétend pas résoudre tous les défis du secteur. Comme l’a rappelé Hamid Bentahar, « Cap Hospitality est une excellente solution pour la rénovation, mais elle s’inscrit dans une stratégie globale. Il reste d’autres mécanismes à développer pour répondre aux besoins des petites structures et des projets émergents ». En effet, alors que les premiers résultats confirment le potentiel du programme, les discussions ont également mis en lumière des ajustements nécessaires, notamment pour élargir l’accès aux petites structures et renforcer l’accompagnement sur le terrain.

En conclusion, cette table ronde a confirmé que le Maroc est prêt à relever les défis du tourisme de demain, avec un secteur hôtelier rénové, inclusif et tourné vers l’excellence.

 

Comment le Morocco Showcase Summit va contribuer à développer l’investissement touristique (Imad Barrakad)

Co-organisé par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) et API Events, le Morocco Showcase Summit s’est tenu les 19 et 20 novembre à Casablanca. Il a réuni 300 investisseurs étrangers et experts qui ont débattu des opportunités d’investissement dans ce secteur qui connaît une croissance exceptionnelle en termes d’arrivées. L’occasion d’interroger le directeur général de la SMIT sur les objectifs de cet événement censé développer le financement des infrastructures touristiques avant la tenue de la Coupe d’Afrique 2025 et le Mondial de 2030.

Une attractivité des investissements renforcée par le rush des arrivées

« Sachant que la livraison de nouvelles infrastructures touristiques requiert une moyenne de 4 ans de travaux, nous avons commencé à travailler en amont pour être prêts en 2030 », résume Imad Barrakad en précisant que l’accélération de l’investissement dans l’hôtellerie et l’animation est essentielle pour atteindre les objectifs de la feuille de route qui prévoit d’accueillir 26 millions de touristes d’ici six ans.

Et d’ajouter que la SMIT a convié durant deux jours 40% d’investisseurs étrangers et 60% de nationaux qui devraient renforcer le développement de l’écosystème du tourisme, en abordant toutes les questions relatives aux opportunités d’investissement au Maroc.

Une ambition dont la concrétisation sera rendue possible par « le momentum exceptionnel » du Maroc qui ne cesse de se confirmer avec un nouveau record d’arrivées au cours des dix premiers mois de 2024, proche de l’objectif de 17,5 millions de touristes en 2026, mais encore loin des 26 millions prévus à l’horizon 2030.

À la question de savoir comment le Maroc pourrait arriver à générer 8,5 millions de touristes supplémentaires entre 2026 et 2030, le dirigeant de la SMIT se veut très optimiste en citant le taux actuel de croissance des arrivées (20%) et la perspective de l’organisation de la Coupe du monde de football qui constituera une opportunité unique pour le secteur du tourisme.

8 MMDH investis en 2024 contre 10 MMDH entre 2026 et 2030

Grâce à la dynamique actuelle, notre interlocuteur révèle que l’année en cours devrait générer 8 milliards de dirhams d’investissement dans l’hôtellerie et l’animation contre une moyenne de 7 MMDH durant les années précédentes.

« Notre objectif est de promouvoir toutes les destinations, à l’image de Ouarzazate et Agadir qui avaient été marquées par une stagnation des arrivées et où l’on enregistre aujourd’hui des réalisations qui dépassent 30% de croissance par rapport à 2019 », précise le directeur général en ajoutant que l’élargissement actuel du marché marocain, classé premier en Afrique, devrait générer une moyenne annuelle de 10 MMDH d’investissements touristiques entre 2026 et 2030.

100 à 150.000 lits supplémentaires seront nécessaires d’ici 2030

Rappelant que le niveau d’investissement est étroitement lié au taux d’occupation hôtelier, passé de 48% à 52% et visant le taux idéal de 70%, Imad Barrakad estime que la hausse de la capacité litière sera aussi essentielle pour atteindre l’objectif de 26 millions d’arrivées d’ici 2030.

Pour cela, il est prévu d’augmenter la capacité litière du Maroc en créant à cet horizon 100 à 150.000 nouveaux lits, pour passer de 295.000 lits actuellement à un total compris entre 395.000 et 445.000 lits, soit une moyenne annuelle de 10.000 à 15.000 lits supplémentaires contre 7.000 actuellement.

Cette dynamique, rendue possible grâce à la multiplication actuelle des ouvertures et des extensions de structures hôtelières, est générée par 80% d’investisseurs nationaux et 20% d’étrangers.

Confiant sur l’évolution du secteur qui sera boosté par les nombreuses infrastructures de transport (extension du trafic aéroportuaire et du réseau autoroutier et ferroviaire avec le TGV jusqu’à Marrakech), le directeur général de la SMIT estime que le développement touristique post-2030 passera par une nouvelle feuille de route pour inscrire, à terme, le Maroc parmi les 15 premières destinations mondiales du tourisme.

Hôtellerie : un taux d’occupation de 70% aurait permis de créer 250.000 lits au lieu de 110.000 depuis 2013 (investisseur)

Combien de nouveaux lits ont été créés depuis dix ans et que faut-il faire pour attirer davantage d’investisseurs hôteliers pour satisfaire la demande en 2026, puis en 2030 au terme de la feuille de route? Avant de recueillir les réponses d’un gros investisseur dans le secteur de l’hôtellerie, il est utile d’exposer les chiffres des créations litières depuis 2013.

Les prévisions de la SMIT pour 2026

Lors d’une conférence de presse au mois de mars, le directeur général de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), Imad Barrakad, a affirmé que la capacité litière actuelle du Maroc, qui est de 289.000 lits, passera à 302.000 lits en 2024, à 317.000 en 2025 et à 329.000 en 2026, soit 40.000 lits supplémentaires dans les deux années à venir.

En 2026, 50% du parc hôtelier sera le fruit d’investissements privés marocains, 30% d’enseignes internationales et 20% de chaînes institutionnelles hôtelières marocaines.

 « Un taux d’occupation hôtelier de 70% ferait exploser le niveau des investissements »

Tout en saluant ces créations qui ont permis d’augmenter sensiblement la capacité litière du Maroc depuis 2013, un investisseur estime nécessaire de tempérer l’enthousiasme généré par ces chiffres en expliquant que la croissance des investissements aurait pu être beaucoup plus importante.

« Tout ce que nous demandons, c’est de rentabiliser rapidement notre investissement et, pour cela, il convient d’augmenter le taux d’occupation hôtelier qui stagne à 48% depuis 2019, alors que la vision 2010 prévoyait d’arriver à 70% en 2020 », explique notre source en ajoutant que les investissements exploseront le jour où l’on atteindra un taux de 65% à 70%.

En effet, les investisseurs raisonnent chiffres et rentabilité ; or celle d’un hôtel dépend mécaniquement de son taux d’occupation.

« Sans accompagnement public, les investisseurs se désintéresseront du Maroc »

La feuille de route 2023-2030 a prévu d’injecter davantage de lignes aériennes et de renforcer la promotion internationale pour parvenir à un niveau d’occupation suffisant, à même d’accélérer les investissements hôteliers et d’augmenter leur rentabilité.

En dehors de ces mesures, il faut accélérer la création de produits structurants comme les palais des congrès ou les méga parcs de loisirs.

Et d’insister sur la nécessité d’accompagner les investisseurs pour augmenter le taux d’occupation et s’inscrire dans une dynamique de développement durable et vertueuse, sans quoi le Maroc se retrouvera avec une capacité hôtelière non rentable qui fera fuir les futurs investisseurs.

« Si on n’augmente pas les taux d’occupation et que la rentabilité n’est pas au rendez-vous, les investisseurs seront freinés et ils cesseront de s’intéresser au Maroc qui se retrouvera avec un parc hôtelier vieillissant », estime notre interlocuteur. Ce dernier ajoute que si le secteur privé a été capable de créer 110.000 lits depuis 2013, il aurait pu en créer au moins 250.000 avec un taux d’occupation de 70% ; à l’instar des nouvelles destinations touristiques concurrentes du Moyen-Orient, comme Dubaï ou Doha.

« Ne pas construire pour construire »

À la question de savoir quel segment d’hébergement doit être créé d’ici 2030, notre source déclare qu’il ne faut surtout pas construire des hôtels juste pour la Coupe du monde, mais des unités qui s’avéreront utiles après 2030 pour répondre à une demande durable du marché.

Selon notre source, plusieurs pays, comme l’Afrique du Sud, ont en effet fait l’erreur de créer des infrastructures hôtelières qui n’ont jamais été remplies ni rentabilisées, et ce malgré le Mondial.

« En réalité, il ne faut pas construire des hôtels éphémères pour un seul événement, mais plutôt les inscrire dans une démarche de développement durable afin de répondre aux besoins du marché national et des tour-opérateurs internationaux », précise l’opérateur pour qui le segment importe peu, sachant que le Maroc dispose d’une offre de produits capable de satisfaire tous les marchés existants et de toucher tous les types de clientèle nationale ou étrangère.

Et d’ajouter qu’ »il faudra continuer à miser sur la diversification des marchés et ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier pour rester attractif, car c’est la diversité qui fait la force du Maroc ».

« Les segments de prédilection des investisseurs »

En effet, la grande majorité des investisseurs s’intéressent surtout aux hôtels de luxe et aux 4 étoiles (50%), aux clubs de vacances et aux hébergements atypiques dans des sites naturels.

« La majorité des tour-opérateurs étrangers sont demandeurs de produits de qualité très appréciés par leurs clients, mais il y a aussi le segment MICE qui nécessite de créer des infrastructures dédiées au tourisme d’affaires », avance notre interlocuteur. Celui-ci déplore l’absence de véritable palais des congrès pour accueillir des événements internationaux à Marrakech et Casablanca.

Pour le marché domestique, il conviendra de développer davantage de produits d’hébergement comme des appart-hôtels qui soient adaptés au pouvoir d’achat des Marocains, avec animation familiale et prise en charge des enfants.

Qui sont les investisseurs et gestionnaires touristiques du Maroc ?

La destination marocaine étant élaborée autour de plusieurs offres d’hébergement axées sur le désert, la montagne, le balnéaire, la nature et la culture, l’objectif des investisseurs est de mettre en place un mix hôtelier. L’idée est en effet de proposer une offre touristique diversifiée qui réponde aux attentes de toutes les typologies de clientèle étrangère ou nationale.

Rappelons que 70% des investisseurs hôteliers sont des groupes publics et privés marocains, et 30% des étrangers. Parmi ces derniers, 80% sont issus du Moyen-Orient.

Parmi les investisseurs nationaux figurent CDG, Risma, Ithmar Capital, Tikida (également gestionnaire), Someo, T Capital, ONCF, Akwa, CIMR, OCP, Ynna Holding, Attijariwafa bank, Onapar, SGTM, Banque Populaire, Bank of Africa, Interedec…

Sur le front des investisseurs étrangers, on retrouve surtout des sociétés privées du Moyen-Orient comme Aabar, Al Ajlal, Inveravante, Imkan, Al Qudar, Orascom Development, Eagle Hills, CMKD, Qatar Holding…

Les gestionnaires des grands hôtels sont principalement des enseignes internationales : Accor Hôtel, Barcelo, Melia, Marriott, Four Seasons, Radisson, Hyatt, Hilton Louvre Hôtels, Oberoi, Ritz Carlton, Beach Comber, Be Live Hôtel, Movenpick, Six Senses, Vichy Célestin.

Quant aux gestionnaires marocains de chaînes hôtelières, ils se composent des groupes Tikida, Atlas Hospitality, Royal Palm Marrakech, Kenzi Hôtel Group, La Mamounia, Mogador HRM.