Société Générale Maroc : le résultat net augmente de 17% au 1er trimestre 2025

Société Générale Maroc a enregistré, au 31 mars 2025, un produit net bancaire consolidé de 1.467 MDH, en hausse de 3,4% par rapport au 1er trimestre 2024. Cette progression reflète la bonne tenue des activités commerciales.

Le résultat d’exploitation consolidé bondit de 21,7% à 677 MDH, grâce à une stricte maîtrise des charges générales et un coût du risque en nette amélioration (–61%).

Au terme du 1er trimestre, le groupe Société Générale Maroc présente une hausse de son résultat net de 16,97% à 420 MDH, tandis que le résultat net part du groupe a atteint 409 MDH contre 340 MDH un an plus tôt.

Une structure de bilan équilibrée

Au niveau consolidé, les crédits à la clientèle atteignent 93,4 MMDH, quasi stables sur trois mois, tandis que les dépôts s’établissent à 79 MMDH. Le groupe continue de privilégier une gestion prudente de la liquidité, avec des titres de créance et des placements qui progressent à 7,8 MMDH.

Résultat social en hausse de 19,9%

En social, le résultat net augmente à 416 MDH (+19,9%), avec une hausse du produit net bancaire à 1.314 MDH et un résultat d’exploitation à 661 MDH (+14,09%). Le coût du risque recule de près de 32%.

Ratios prudentiels solides

Les ratios réglementaires de solvabilité demeurent largement au-dessus des exigences minimales, avec un ratio global de 14,68% et un ratio Tier 1 de 13,08%, témoignant de la solidité bilancielle du groupe.

Transition stratégique post-rachat

Le trimestre a été marqué par la poursuite du programme d’autonomisation de SGMB, amorcé après le rachat par le groupe Saham. Les équipes ont engagé la déconnexion progressive des systèmes d’information du groupe français, avec un accent mis sur la continuité et la qualité de service pour la clientèle.

« Les travaux menés sont mis à profit pour améliorer les offres et les parcours clients, en tendant vers plus de digitalisation, de fluidité et de rapidité de traitement des opérations », précise la banque dans son communiqué.

Société Générale Maroc lance une refonte de son système informatique avec IBM et Power Maroc

Société Générale Marocaine de Banques a entamé une transformation numérique de son infrastructure informatique en partenariat avec Power Maroc (Power M), membre de l’écosystème IBM, indique un communiqué de la SGM.

Cette initiative vise à remplacer les applications monolithiques par une architecture basée sur les microservices, plus adaptée aux enjeux actuels en matière d’efficacité, de sécurité et d’innovation.

Alors que les usages numériques se généralisent, les attentes des clients en matière de services bancaires évoluent rapidement. Dans ce contexte, la banque a jugé nécessaire de moderniser ses systèmes pour accompagner les exigences d’un environnement bancaire ouvert, plus agile et connecté, ajoute la même source.

Les applications existantes, bien que stables, présentaient des limites en matière d’évolutivité et d’intégration avec des services externes, freinant le déploiement rapide de nouvelles offres digitales. Pour y remédier, une refonte progressive de l’architecture a été engagée avec l’appui d’IBM Cloud Pak, une solution modulaire qui permet d’optimiser les performances, de renforcer la sécurité et d’ouvrir la voie à de nouveaux usages, notamment en intelligence artificielle.

Selon Adil El Kourri, directeur des systèmes d’information et directeur d’exploitation du pôle Technologie de la banque, cette transition vise à établir une infrastructure plus solide et plus flexible, en adéquation avec les objectifs de performance et d’innovation de l’établissement. « Cette transformation, appuyée par des partenaires comme IBM, positionne la Société Générale Maroc comme une banque innovante et avant-gardiste, préparant le terrain pour une stratégie qui combine robustesse technologique, excellence opérationnelle et innovation », souligne-t-il.

Dans une première phase, Power Maroc et IBM Expert Labs ont mené un audit approfondi des applications de la banque. Ce travail a permis d’identifier des leviers d’amélioration en matière de rendement et de sécurité, explique la SGMB.

Plusieurs mises à jour ont été réalisées, notamment celles des solutions IBM Guardium et IBM MQ, destinées à protéger les données sensibles et à assurer la continuité de service, y compris pendant les périodes de forte activité. Par ailleurs, l’adoption d’IBM Instana a amélioré la capacité de l’équipe informatique à surveiller en temps réel l’état de l’infrastructure, facilitant ainsi l’anticipation des incidents.

La modernisation se poursuit actuellement avec le déploiement d’IBM Cloud Pak for Integration et IBM Cloud Pak for Applications, ainsi qu’avec l’adoption de la plateforme de conteneurisation rKube de Power Maroc, fondée sur IBM Red Hat OpenShift. L’objectif est de rationaliser les services, d’accélérer les développements et de mieux répondre aux exigences du marché.

Pour Walid Largou, directeur technique de Power Maroc, cité dans le communiqué, ce type de transformation dépasse les seules considérations techniques. Il s’agit également, selon lui, de créer les conditions propices à l’émergence de nouvelles opportunités et à l’amélioration de l’expérience client.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale qui voit les banques renforcer leur stratégie de digitalisation pour s’adapter aux mutations du secteur. Un rapport d’IBM sur les perspectives du secteur bancaire d’ici 2025 souligne d’ailleurs que l’adoption d’une digitalisation complète est désormais un levier essentiel pour rester compétitif, souligne le communiqué.

« Cette collaboration avec Société Générale Maroc s’inscrit dans notre volonté de contribuer à l’évolution du secteur bancaire au Maroc », a déclaré Mimoun Ouchaou, directeur général et responsable du pôle Technologie chez IBM Maroc.

Le changement d’identité de Société Générale Maroc est imminent

Selon nos informations, le changement de logo et l’annonce du nouveau nom et de la marque de Société Générale Maroc sont prévus pour ce mois d’avril.

Nous n’avons pas d’informations supplémentaires concernant le nouveau nom que la banque adoptera. Certains observateurs pronostiquent un retour du nom de Saham. Cependant, cela reste pour l’instant de la spéculation.

Dans sa récente communication financière, la première de Société Générale après son intégration au groupe Saham, la banque a confirmé que l’étape de déconnexion des systèmes et processus hérités du groupe français a été franchie sans incidence. Elle a été conduite dans le cadre d’un plan d’intégration défini à l’avance.

La banque a également affirmé « aborder l’avenir avec sérénité ». Elle précise que sa stratégie n’est pas fondée sur la recherche de taille, mais sur l’efficience et la qualité de service.

Comme nous l’expliquions dans un précédent article, la transformation de la banque est engagée dans le cadre du programme « Boost » qui a trait à la conduite du changement tourné vers les ressources humaines.

Parmi ces axes figure le changement de l’identité visuelle, la mise en place d’une structure de décision plus agile et autonome, avec les meilleurs standards de gouvernance, ainsi que le renforcement des capacités technologiques. 

Société Générale Maroc : un exercice 2024 marqué par la transition et des charges exceptionnelles

Première communication financière de la Société générale après son intégration au groupe Saham. L’exercice 2024 a donc été marqué par un tournant stratégique pour la banque qui se marocanise.

Dans sa publication, Société Générale Maroc rappelle que cette opération a été conduite dans le cadre d’un plan d’intégration défini à l’avance. L’objectif de ce plan était d’assurer une transition fluide et progressive, notamment à travers la déconnexion des systèmes et processus hérités du groupe français. Cette étape majeure a été franchie sans incidence sur la qualité des services rendus aux clients.

Une vision axée sur l’efficience et la proximité client

La banque affirme aborder l’avenir avec sérénité. Elle met en avant l’engagement de ses équipes, la transformation des processus internes et l’adaptation de ses modèles relationnels comme autant de leviers de performance durable.

Elle précise que sa stratégie n’est pas fondée sur la recherche de taille, mais sur l’efficience et la qualité de service. Ce positionnement doit lui permettre de consolider sa place parmi les partenaires de confiance de la clientèle marocaine.

Une activité commerciale dynamique malgré la transition

Dans un contexte de transformation interne, la banque a enregistré une performance commerciale solide.

Un résultat net affecté par des charges exceptionnelles

Les résultats financiers ont été significativement affectés par deux éléments non récurrents : une provision relative à un programme d’autonomisation ainsi qu’un redressement fiscal. L’impact global de ces éléments sur le résultat social s’élève à près de 800 MDH.

En leur absence, le résultat net social aurait atteint 1,2 MMDH, et le résultat net consolidé se serait approché de 1,4 MMDH.

Après prise en compte de ces éléments, le résultat net consolidé ressort à 795 MDH en baisse de 41,61% par rapport à l’exercice 2023.

Des indicateurs prudentiels robustes

Malgré le repli du résultat net, la solidité financière de la banque demeure intacte. Les fonds propres atteignent 15,5 MMDH à fin 2024.

Le ratio de solvabilité et le ratio Core Tier 1 s’élèvent respectivement à 14,61% et 13,86%, des niveaux nettement supérieurs aux exigences réglementaires. Ces indicateurs placent Société Générale Maroc parmi les établissements les plus solides du marché bancaire national.

 

Société Générale Maroc et la Marocaine Vie lancent la souscription 100% en ligne

Depuis l’application mobile de Société Générale Maroc, les clients peuvent désormais, en toute autonomie et sécurité, souscrire un contrat d’épargne Vital Éducation, Vital Projet et Vital Retraite pour assurer l’avenir de leurs enfants, concrétiser leurs projets et préparer leur retraite, à tout moment et depuis n’importe quel endroit, précise un communiqué de Société Générale Maroc.

Ils sont guidés tout au long d’un parcours simplifié et 100% automatisé, réalisant leur(s) simulation(s) en temps réel, désignant les bénéficiaires de leur contrat, choisissant le montant et la fréquence de leurs cotisations, signant en ligne leur bulletin d’adhésion et effectuant le versement de la première prime, actant l’ouverture immédiate du contrat, fait savoir la même source.

Renforçant leur modèle de distribution omnicanal via la mise en place de la distribution digitale de produits d’épargne, Société Générale Maroc et la Marocaine Vie ambitionnent de « simplifier et d’élargir l’accès à l’épargne, au service du plus grand nombre », conclut le communiqué.

Voici la nouvelle gouvernance de Société Générale Maroc après son rachat par Saham

Après la finalisation de l’opération de cession conclue entre le groupe Société Générale et le groupe Saham, une nouvelle gouvernance est mise en place, entérinée par une réunion du conseil de surveillance de Société Générale Maroc, ce 3 décembre.

Lors de cette réunion, Société Générale Maroc a renouvelé ses instances de gouvernance et de gestion.

La composition du nouveau conseil de surveillance est la suivante :

Par ailleurs, le nouveau conseil de surveillance confirme et renouvelle les mandats des membres du directoire. Sa composition est la suivante :

Sur proposition du président Moulay Hafid Elalamy, le conseil de surveillance a nommé Jérôme Brun en tant que directeur général adjoint et nouveau membre du directoire en charge de la supervision et du pilotage des Risques et de la Finance.

Moulay Hafid Elalamy : « Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

Disparu des radars médiatiques et plus discret depuis qu’il a quitté la politique, Moulay Hafid Elalamy signe un retour sous les projecteurs en acceptant l’invitation, le 12 juin, de l’association ESSEC Maroc pour un échange à bâtons rompus et sans langue de bois, qui s’est déroulé à Paris, avec Saad Lemseffer et Anouar Azelmat, respectivement secrétaire général et président de l’association.

« Comme je ne suis plus responsable donc je peux y aller », déclare-t-il devant le parterre d’étudiants annonçant déjà la couleur.

Deux heures durant, MHE discutera avec les étudiants de multiples sujets commentant tantôt l’actualité ou passant en revue son parcours depuis ses débuts à aujourd’hui.

Celui qui est en passe de signer un important deal en reprenant la Société générale Maroc réalisant ainsi un vieux rêve, a naturellement été interrogé sur le sujet. Une question qu’il n’a pas éludée. Et de sa réponse, MHE révèle que la filiale marocaine de la SG n’était pas sur la liste des actifs à céder.

« Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

« La Sogé Maroc est une pépite du groupe Société Générale. C’est une très belle banque qui n’était pas sur la liste des sociétés à vendre. Donc, j’ai fabriqué l’opportunité », confie le président du Groupe Saham qui est allé voir les dirigeants de la SG pour dire: « si je comprends bien la logique, un jour, vous allez devoir vous séparer (de plusieurs filiales, ndlr) parce que vous allez vendre l’ensemble de l’Afrique. Vous allez garder le Maroc et la Côte d’Ivoire. Ça fait très bizarre. Un groupe français qui est européen, qui est présent en Europe et dans deux pays africains. Ça n’a pas de sens. Donc, l’opportunité s’est créée comme ça ».

Mais si Moulay Hafid Elalamy a pu créer cette opportunité, c’est qu’il y avait un contexte favorable qu’il détaille. « Le secteur bancaire dans le monde, vous le savez bien, vit des moments compliqués. Et donc, les recentrages se font. Les fusions vont se faire davantage », avance-t-il.

Et d’ajouter: « la raison pour laquelle certaines banques européennes quittent certains marchés, c’est que le secteur bancaire est un secteur hyper complexe (…) et extrêmement contrôlé. Il se trouve que des banques européennes ou des banques françaises subissent des doubles peines. Elles sont sous le contrôle de la BCE et elles sont sous le contrôle des banques centrales locales ».

« Avec les contraintes BCE qui sont parfois exagérées d’après les experts (…) vous devenez non compétitif. Donc on vous met des menottes et on vous demande de monter sur des rings pour vous battre avec des concurrents qui, eux, n’ont pas ces menottes-là. Au fil du temps, il y a ce problème qui s’est imposé. Le deuxième, c’est que certaines banques, avec les crises qui se sont succédées, les problématiques d’inflation et les problèmes de leur clientèle qui sont parfois défaillants,… ont des besoins de fonds propres ».

Ces banques vont donc préférer « se séparer d’activités qui sont moins centrées par rapport à leurs business pour qu’elles aient une cohérence de business. Les banques qui ont des actifs en Afrique et en Asie et ailleurs, se sont séparés de ses actifs. Ce n’est pas propre au secteur bancaire, le secteur des assurances l’a fait avant. (…) Donc, la cession de la Société Générale s’est faite dans ce cadre-là », conclut-il.

L’affaire Agma racontée par MHE

Dans cet échange, MHE revient aussi sur ses débuts dans l’entrepreneuriat et comment il est passé de haut cadre, il était à l’époque secrétaire général de l’ONA, l’ancêtre du Holding royal Al Mada, à homme d’affaires.

Et c’est tout naturellement qu’il évoque, non sans humour, l’emblématique affaire Agma qui a marqué dans sa carrière ce passage du « salariat » à l’entrepreneuriat.

« Il y a un deal emblématique qui avait fait beaucoup de bruit et qui m’avait mis en avant, où j’avais ma tête sur tous les journaux comme étant presque un trafiquant, pas loin, qui s’appelait le deal Agma », explique-t-il. 

« J’étais secrétaire général du groupe ONA et j’ai réalisé qu’après plusieurs années de travail acharné, j’avais un salaire mirobolant et qu’à la fin du mois, j’avais exactement le même solde dans mon compte bancaire que celui que j’avais quand j’avais démarré au bas de l’échelle, alors que mon salaire avait été multiplié par je ne sais quoi. Ça veut dire que mes besoins ont progressé souvent légèrement plus vite que mes revenus ».

« Je voulais absolument entreprendre, donc j’ai décidé de quitter pour entreprendre. Dans le temps, le président avait refusé l’idée, en me disant pas du tout, mais c’était une décision ferme, je voulais entreprendre ».

« En quittant, j’ai acheté une participation dans une affaire qu’ils avaient, que j’avais achetée moi-même avant à 20 millions de dirhams, et qu’on m’a revendue deux ans plus tard sur une valeur d’un peu plus de 60 millions de dirhams pour une petite participation ».

Quid du financement ? Il est pris « à 100% à la banque » (AWB, ndlr), répond MHE.  « A partir de là, j’ai développé l’affaire, j’ai acheté une deuxième affaire, une troisième, et c’est devenu le premier courtier d’assurance au Maroc. J’ai été aux Etats-Unis voir la carte Marsh McLennan, qui est le premier courtier au monde, et j’ai réalisé une introduction en bourse. Une fois que j’ai réalisé une introduction en bourse, j’ai revendu une partie au même vendeur qui me l’avait vendue au départ, qui était coté en bourse, etc »,  raconte le président de Saham. 

« Et dans le temps, dans toute cette opération-là, j’ai réalisé 12 millions d’euros de bénéfices. Aujourd’hui, ça ne fait sourciller personne, mais à l’époque, c’était des montants qui ne rentraient pas dans le cerveau. Donc je suis devenu l’homme le plus riche du globe, pratiquement, pour les médias », avance-t-il. 

« Et on a tiré sur cette affaire en disant que ce n’était pas possible d’avoir vendu, revendu, etc. Mais je vous écrirai un jour cette histoire, elle est très intéressante psychologiquement. Et les gens qui avaient le plus tiré sur cette affaire-là, c’étaient mes confrères. Les gens qui étaient au même niveau que moi dans la boîte. (…) Voir quelqu’un qui, du jour au lendemain, réalise un capital, ça ne pouvait être qu’un trafic », commente-t-il. 

Il poursuit : « le dénigrement en fait partie. Vous allez le croiser de temps en temps dans votre carrière. Il faut savoir le déceler et dénigrer ce dénigrement pour pouvoir avancer dans sa carrière. Quand on n’arrive pas à vous battre, il y a une technique, c’est de vous dénigrer. Donc, surtout ne répondez jamais à cela par le dépôt du sac. Foncez quand vous êtes droit dans vos bottes, quand vous êtes sûrs de ce que vous faites ». 

Le capital qui a été réalisé dans l’affaire AGMA, explique MHE, c’est ce qui lui a permis « d’acheter une compagnie d’assurance malade qui s’appelait CNIA et une compagnie d’assurance morte (Saada). Et donc on a fusionné un cadavre avec un estropié. Et on en a fait un athlète. (…) On a travaillé d’arrache-pied en prenant des affaires qui étaient vraiment moribondes pour en faire des boîtes cotées en bourse, propres, … qui ont fini par devenir leader panafricain dans 27 pays, etc. Mais l’origine, c’est une affaire où j’ai démarré en prenant 100% d’endettement à la banque et où les embûches étaient monstrueuses et complexes ». (NDLR, la banque AWB).

Revenir à la politique : »Jamais mon capitaine »

Est-ce qu’un retour sur la scène politique est envisageable ? La question est posée à MHE par les étudiants. « Vous allez me dire que la première chose que font les politiques, c’est qu’ils mentent. Si je vous dis oui, ça va s’écrire dans les journaux (…) et si je vous dis non … La réponse est je ne peux dire que ce qui me concerne. Donc de mon côté je vous dis : ‘Jamais mon capitaine' ».

« J’ai donné à la CGEM. J’ai passé un mandat et j’ai décidé de ne pas faire un deuxième. J’étais ministre huit ans. Cela fait 11 ans, c’est une tranche de vie importante. J’ai travaillé un peu dans le business, mes aspirations sont encore dans le business, il y a des choses à faire, ça m’amuse », répond-il. 

Par ailleurs, l’ex-ministre est également revenu avec plusieurs d’anecdotes sur son mandat de ministre qui a été marqué par la crise Covid. Il commence par confier qu’il a appris sa nomination en tant que ministre « la veille de la constitution du gouvernement ».

« Ça s’appelle une douche froide, je crois. Vous savez, quand vous êtes sur une trajectoire… Je ne suis pas le seul à avoir eu cette douche froide. Mais sur le moment, c’était un drame familial parce que c’est une trajectoire qui change. Moi, je me voyais dans le business, etc. Et on avait proposé mon nom comme ministre (…) Donc vous êtes déstabilisés », avance-t-il. C’était en octobre 2013.

« Ça m’a pris quelques semaines, voire un petit mois et demi pour réaliser que j’étais en responsabilité. Puis après, c’était de dire bon, j’y suis. Il y a une vraie responsabilité. Je fais le tour du propriétaire. Il y a des briques merveilleuses qui ont été faites par mes prédécesseurs. Je peux ajouter des briques aux briques. (…) Donc j’ai réfléchi : est-ce qu’on peut passer à une accélération de ce qui a été fait ? »

« De là est venu le nom de cette stratégie qui s’appelle l’accélération industrielle. C’est comment peut-on prendre le Maroc tel qu’il est et décréter que nous allons être présents dans des secteurs et pas tous. Je n’ai pas mené tous les combats parce que c’est énorme, c’est très large. Donc j’ai choisi quelques combats », explique-t-il. Parmi ces combats, il cite l’automobile et l’aéronautique. 

« Et à partir de là, on a fait cette stratégie. Résultat de la stratégie, nous sommes passés à 62% de taux d’intégration. Ce taux est maintenant à 69% dans le secteur automobile. C’est-à-dire que 69% des composants de la voiture sont fabriqués au Maroc. Ce sont 252 usines au Maroc qui fabriquent ces voitures. Ces voitures sont passées d’une compétitivité numéro 8 au deuxième mondial et aujourd’hui, ils s’approchent du million de voitures fabriquées au Maroc avec ce taux d’intégration », se félicite-t-il. 

Et d’ajouter, « dans le secteur aéronautique, nous sommes aujourd’hui à 42% de taux d’intégration, c’est-à-dire que 42% de cet avion-là est fabriqué au Maroc. Vous avez des parties de réacteurs faites par Safran au Maroc. C’est la partie la plus complexe dans le secteur industriel ».

Sur la période de la gestion de la crise Covid, MHE fait quelques révélations

« On était en contact direct avec le Roi qui, dès le premier jour, est monté sur le pont. Je ne sais même pas si je suis censé en parler, mais je prends le risque de vous faire des révélations », dit-il. 

« Bien avant la fermeture des frontières, le Roi m’a appelé au téléphone pour me parler de la situation en disant : ‘j’ai l’intention de fermer les frontières parce qu’il faut qu’on protège les Marocains’. J’ai fait partie des gens qui n’étaient pas convaincus. Je l’avoue humblement parce que mon job, c’était ministre de l’Industrie. Et pour moi, fermer les frontières, mettre les gens chez eux à la maison, c’est tuer le pays et l’industrie du pays. J’ai fait un peu de résistance à ma façon. (…) Il était d’une fermeté totale, c’est qu’il n’y a pas d’économie qui vaille la vie d’un Marocain (…) On va protéger les Marocains. Il faut que leur vie soit sauve à tout moment ».

« Donc il a été sur le pont tous les jours (…) il a veillé au grain au quotidien. Et tout ce qui a été fait en toute sincérité, en toute transparence a été piloté par lui. Il écoutait, il prenait les avis des uns et des autres et il tranchait à la fin. (…) On a passé une période extrêmement complexe avec un contact permanent, une équipe extrêmement restreinte qui est montée au créneau ». 

Ce que pense MHE de la course pour les véhicules électriques

Le secteur automobile qui est en pleine transformation, que pense MHE des changements qui s’y opèrent?

« Le monde a changé et pour des raisons d’écologie pour lesquelles je ne suis pas certain parce que les études ne sont pas faites totalement. Il y a un grand point d’interrogation qui se pose encore sur le bilan carbone complet de l’électrique. Je ferme la parenthèse », avance-t-il.

« La décision est prise, nous allons au niveau de l’électrique dans le monde entier. Eh bien aujourd’hui, les gigafactories sont à la mode et si vous n’avez pas de gigafactory vous n’existez plus dans le secteur automobile ».

« En 2035, l’Europe aura arrêté d’accepter et de produire les véhicules thermiques et donc le véhicule électrique est en vogue et prend de l’ampleur. Il se trouve que la partie des batteries aujourd’hui n’est maîtrisée en très grande partie que par l’Asie. Je dis à mes amis européens, qui sont brillants et qui font de belles erreurs, ça s’en est une. C’est la mort progressive de l’automobile en Europe parce que l’Europe ne possède pas de technologies aujourd’hui éprouvées sur le secteur électrique et en particulier sur la batterie qui est l’élément essentiel de l’automobile », explique l’ex-ministre.

« Donc nous sommes en train d’assister à une tectonique des plaques où les Etats-Unis et l’Europe perdent du terrain alors qu’ils avaient une part importante dans le secteur automobile de par leurs décisions qui sont un peu hâtives, pas très brillantes en termes d’approche. Parce que les subventions sont données au client final, ce qui est une imbécillité profonde parce que cet argent là se retrouve dans les poches du constructeur. Il se trouve que le constructeur aujourd’hui est en majeure partie chinois », argumente MHE.

« Donc on est dans une logique où on pleure parce que les Chinois nous attaquent et on les engraisse au quotidien en donnant des subventions à l’acheteur qui achète le véhicule chinois », poursuit-il.

Le deal Saham-Société Générale signé pour 745 millions d’euros

Le Groupe Saham signe un contrat d’acquisition portant sur la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) et ses filiales pour 745 millions d’euros, annonce un communiqué du groupe diffusé ce vendredi 12 avril tôt le matin.

Le contrat d’acquisition, signé le 11 avril 2024, porte sur 57,67% du capital social et des droits de vote de Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) et ses filiales.

« Un nouveau groupe financier marocain »

« Le Groupe Saham s’est forgé la conviction que SGMB et ses filiales, de par leur positionnement, leur solidité financière et la qualité de leurs effectifs, constituent une plateforme aux fondamentaux solides, permettant de doter le Maroc d’un nouveau groupe financier marocain, et au Groupe Saham de mieux servir l’économie du Royaume. »

« Conformément à la réglementation en vigueur, cette opération est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires, à savoir notamment, les accords préalables de Bank Al-Maghrib (BAM), du Conseil de la Concurrence, de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) et de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) », rappelle le groupe Saham.

« La finalisation de ce projet d’acquisition est prévue d’ici fin 2024 et donnera lieu au lancement d’une offre publique d’achat obligatoire sur les titres d’EQDOM, société cotée à la bourse de Casablanca. »

Saham prendra les parts de Société Générale France (57,65%) lorsque l’opération sera finalisée d’ici la fin de l’année

S’exprimant à cette occasion, le président du groupe Saham, Moulay Hafid Elalamy, a affirmé : « Nous sommes heureux d’envisager cette acquisition, destinée à rejoindre les actifs très long terme du Groupe Saham. Saham s’inscrit dans la direction tracée par Notre Auguste Roi, Que Dieu l’Assiste, dont les stratégies successives mises en œuvre invitent les entrepreneurs marocains à s’investir davantage dans l’économie du Royaume. » MHE précise que cette acquisition sera financée par les capitaux propres du Groupe Saham, comme l’avait déjà révélé Médias24, « issus de bénéfices d’investissements réalisés à l’international ».

Cité par le communiqué, MHE ajoute : « Nous avons eu le plaisir, avec Société Générale, représentée par Slawomir Krupa, de tracer les contours d’un partenariat solide et de long terme entre nos deux Groupes et d’envisager l’avenir dans la sérénité, pour la SGMB, ses clients et ses ressources humaines. »

Slawomir Krupa, Directeur général du groupe Société Générale, commente : « Société Générale poursuit la mise en œuvre de sa feuille de route stratégique à travers ce projet de cession. Société Générale a bâti au fil des décennies une banque solide et reconnue au Maroc au service de plus d’un million de clients. Nous sommes convaincus que la qualité du projet de reprise par le Groupe Saham offrira de nouvelles perspectives de développement à ces activités et sera créatrice de valeur pour les clients et les collaborateurs. Société Générale est pleinement engagée à accompagner la transition et ravie de nouer un partenariat de long terme avec le Groupe Saham. »

Ci-dessous, les deux communiqués, de Saham et du groupe Société Générale.

https://medias24.com/2024/03/07/societe-generale-maroc-sogelease-eqdom-la-marocaine-vie-le-coup-de-maitre-de-moulay-hafid-elalamy/

https://medias24.com/2024/03/07/mhe-va-prendre-le-controle-de-societe-generale-maroc-deal-en-cours/

 

Analyse. Sogé-Saham, les raisons d’un deal

L’opération en cours de MHE sur la Sogé Maroc ouvre une fois encore le débat sur la présence des banques françaises au Maroc. Alors que la plupart de celles-ci niaient fermement toutes velléités de retrait depuis des années, voilà que les annonces de cessions et les rumeurs sont plus fortes que jamais.

La dynamique de retrait des banques françaises en particulier et européennes de manière générale du continent africain n’est pas nouvelle. Certaines des banques marocaines en ont d’ailleurs bien profité, en achetant des parties de réseaux ou des banques à capitaux hexagonaux ou européens individuellement dans les pays depuis le début des années 2000.

Mouvement de retrait

On se souviens du méga deal réalisé par Attijariwafa bank en 2008. En effet, la banque du groupe Al Mada a mis la main sur toutes les participations de Crédit Agricole S.A. dans son réseau de banques de détail en Afrique : Crédit du Congo (81% du capital), Société Ivoirienne de Banque (51% du capital), Société Camerounaise de Banque (65% du capital), Union Gabonaise de Banque (59% du capital) et Crédit du Sénégal (95% du capital), pour un montant global de 250 millions d’euros, soit 2,8 milliards de dirhams.

À l’époque, le groupe hexagonal justifiait son désengagement en expliquant que sa stratégie internationale « privilégie les activités de banque de proximité en Europe, ainsi que dans le Bassin méditerranéen ». Il a donc, au cours de ce même deal avec Attijariwafa bank, renforcé ces participations dans Crédit du Maroc, passant de 53% à 77% au vu du « potentiel de développement du royaume », en affichant même l’objectif de figurer parmi les cinq premières banques du pays. Durant le même deal, le groupe tricolore avait affiché son ambition de prendre une part du gâteau des crédits à la consommation à l’époque, en augmentant sa participation dans Wafasalaf, leader du marché, de 15 à 49% du capital.

Entretemps, donc, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et les rumeurs de retrait des banques françaises du Maroc se sont faites de plus en plus pressantes, avec leurs lots de démentis de circonstance, que ce soit d’une manière officielle ou officieuse.

Mais la suite de l’histoire, tout le monde la connaît : Crédit du Maroc n’a pas réussi à se hisser au rang de 5e banque du pays, du moins en termes de chiffre d’affaires (PNB). Cette même participation renforcée en 2008, ou du moins une grosse tranche (63,7%), a été revendue au groupe Holmarcom fin 2022, avec un délai de 18 mois pour racheter le reste. Aujourd’hui, c’est au tour de la Société Générale de se désengager, et tout monde parie sur BMCI dans un avenir plus ou moins proche.

Une banque juteuse à vendre

Si toutes les opérations ne sont pas identiques et que chaque banque a ses propres logique et contraintes, il n’en demeure pas moins que c’est une tendance de fond qui se dessine.

Revenons tout d’abord à l’opération annoncée et confirmée de sources officieuses entre la SGMB et le Groupe Saham. Selon les divers analystes et acteurs du secteur bancaire et financier contactés par Médias24, cette opération répond à plusieurs impératifs de la part de la banque hexagonale. Selon un éminent représentant de la communauté financière nationale, ayant entre autres dirigé une grande banque de la place, trois principaux facteurs expliquent la décision de la Sogé.

Premièrement, la contribution aux chiffres et résultats de la filière marocaine sont relativement faibles, alors même que cette filiale est la plus importante et la plus rentable du groupe en Afrique. Sur un PNB africain estimé à 1,9 milliard d’euros, soit moins de 7,6% de son produit net bancaire (PNB) mondial, la filiale marocaine représente 484 millions d’euros, soit près de 26% du PNB africain, mais seulement 1,9% du PNB du groupe présent dans 17 pays du continent. Cette faible participation est, selon notre source, génératrice de surcoûts pour la banque puisque les exigences de fonds propres que nécessitent les crédits octroyés deviennent contraignantes et requièrent d’établir des priorités.

« Les participations dans des juridictions non OCDE entraînent des provisions sur les fonds propres alloués et sur les expositions-clients qui sont très pénalisantes », décrypte-t-il. Une position largement partagée par tous les experts consultés. Le troisième point soulevé est celui de la compliance. Les banques européennes sont soumises à certaines règles comme celle du KYC (Know Your Custmer), de la lutte contre le blanchiment d’argent (anti money laundering, AML) et le financement du terrorisme (FT).

« Les sujets compliance (KYC, AML, FT) peuvent devenir préoccupants car toutes ces banques sont suivies de près, y compris aux Etats-Unis. Le suivi de tout cela en Afrique exige des moyens humains et techniques disproportionnés avec la taille et la rentabilité des filiales africaines », souligne notre source. Tout en insistant sur le fait que « le désengagement des banques européennes d’Afrique, et plus particulièrement les françaises, obéit à des impératifs de gestion, de risque et de rentabilité. Ils ne sont nullement politiques ».

Des raisons financières, de compliance, et non politiques

Un point que partage un expert financier contacté par Médias24 ayant plus de 30 ans de métier au niveau national et international. « Concernant la Société Générale, il s’agit essentiellement d’un calcul financier, notamment de la valorisation relative (local/extérieur) très favorable, de la stagnation du marché et de la part de marché, de l’optimisation de la réallocation des fonds propres chers et très rares au niveau du groupe, ainsi que du peu d’appétit par rapport à la banque de détail en raison de la réglementation à laquelle ils sont soumis au niveau mondial et peut-être du risque réel des actifs localement. C’est aussi une réflexion stratégique défavorable à long terme sur la distribution/réseau physique, notamment avec le développement des e-canaux », explique-t-il.

« Ils jugent que les fonds propres sont très bien valorisés au prix proposé pour la reprise et qu’il vaudrait mieux vendre avec une plus-value pour soigner le résultat du groupe immédiatement et réallouer le capital ailleurs sur d’autres activités », ajoute notre expert.

D’ailleurs, le plan stratégique 2026 de la Société Générale présenté fin septembre dernier affirme que celui-ci est « articulé autour d’une feuille de route qui a deux objectifs : être une banque robuste et promouvoir les activités performantes et durables ». Un plan qui avait été mal reçu par la place financière, qui a sanctionné la banque. En effet, juste après l’annonce, son cours boursier a sévèrement dévissé sur la place parisienne.

Les contraintes du marché africain

Par ailleurs, les déconvenues africaines du groupe, notamment sur le segment du mobile banking, a bien échaudé la banque et restreint sa capacité de distribution. En effet, dès 2022, la Sogé s’est vu contrainte d’abandonner son portefeuille de monnaie électronique Yup, déployé à l’époque dans sept pays africains, seulement cinq ans après son lancement sur le continent. Une perte sèche par la banque qui n’a pas pu faire le poids face aux opérateurs de téléphonie, notamment l’application Orange Money, ni ceux de la Fintech.

L’arrivée de Slawomir Krupa, le nouveau directeur général de la Sogé, qui vient de la banque d’investissement, a donc accéléré les choses. « Il semble que pour le banquier d’affaires, faire un bon deal sur le Maroc était plus alléchant qu’attendre de solder les cinq banques initialement mises en vente », conjecture notre source.

En effet, des discussions étaient déjà engagées sur la cession d’actifs au Congo, en Guinée équatoriale, en Mauritanie et au Tchad. La cession de la filiale tunisienne était, elle, jusqu’à fin 2023, « en réflexion stratégique », selon la communication du groupe.

Une réflexion confirmée par un banquier d’affaires spécialisé en MNA (fusions et acquisitions) basé à Paris. Pour lui, « la valorisation de près de 8 milliards de dirhams qui circule dans la presse marocaine est assez élevée, ce qui répond aux attentes d’un groupe comme la Sogé. Un montant qui reste à confirmer car souvent, les fuites sur les enveloppes financières se révèlent approximatives. Mais en général, ce genre de deal et proposé à quelques personnes. Le groupe Saham, qui cherchait depuis un certain temps une grosse opération à la hauteur de son cash disponible, n’a pas raté l’occasion, ce qui convient à tout le monde ».

Vers une seconde consolidation bancaire ?

Aujourd’hui, tous les regards se tournent donc vers la dernière banque française présente au Maroc, la BMCI, filiale de BNP Paribas. En plus de la participation de référence du Crédit mutuel au sein de BOA-Groupe BMCE. En effet, bien que comme signalé plus haut, la situation de chaque banque est unique, les contraintes règlementaires et prudentielles sont les mêmes pour toutes les banques issues des anciennes puissances coloniales en Afrique. On l’a bien vu avec les françaises, mais aussi avec les banques anglaises qui ont entamé depuis un certain temps leurs processus de désengagement du continent.

En 2022, Barclays avait déjà clos son engagement en Afrique en se délestant des 7,4% restants de sa participation au capital de la banque sud-africaine Absa. Après elle, en 2023, sa concurrente, Standard Chartered, a vendu cinq de ses filiales africaines et prévoit de se retirer de son ultime marché en Afrique, la Côte d’Ivoire.

Côté marocain, ce mouvement de capital entamé par les banques françaises en faveur de patrons marocains ouvre un nouveau chapitre de la finance nationale. Et des voix de plus en plus audibles parlent d’une deuxième phase de consolidation du secteur au Maroc. C’est le cas de notre ancien dirigeant de banque, qui n’hésite pas à partager sa réflexion dans ce sens : « Le sujet de consolidation bancaire va se poser. Avoir 3% de part de marché quand les deux leaders sont à plus de 25% n’a pas de sens. En revanche, la loi sur la concurrence devra exclure de facto ATW et BCP de ce mouvement. Ce qui ne laisse pas trop de choix. Les nouveaux acteurs pourraient jouer un rôle. Mais ont-ils l’expérience bancaire, l’assise institutionnelle, et dans certains cas l’assise financière, pour légitimer ce rôle ? Quant aux cibles, il n’y en a que deux : BMCI et CIH. Le Crédit Agricole, compte tenu de son capital et de son rôle, est hors champ de consolidation ».

Toutefois, précise-t-il, « la deuxième vague de consolidation ne semble pas imminente. En revanche, un changement de contrôle de la BMCI est très plausible ».

En attendant, le landernau économique et financier attend avec impatience le closing de l’opération Sogé-Saham pour mieux comprendre ce deal et ses implications.

Lire aussi : 

Saham / Société Générale Maroc : le passage par la case Conseil de la concurrence obligatoire

Société Générale Maroc, Sogelease, Eqdom, La Marocaine Vie… Le coup de maître de Moulay Hafid Elalamy

MHE va prendre le contrôle de Société Générale Maroc, deal en cours

Ce qu'a dit Abdellatif Jouahri sur la cession de Société générale Maroc

Saham / Société Générale Maroc : le passage par la case Conseil de la concurrence obligatoire

Saham s’apprête à prendre le contrôle de la Société Générale Maroc. Annoncée il y a deux jours, cette acquisition ne sera effective qu’après la validation du Conseil de la concurrence, indiquent plusieurs praticiens sondés par Médias24.

Le groupe dirigé par Moulay Hafid Elalamy doit ainsi notifier le Régulateur de cette opération de concentration et ce, avant sa réalisation définitive. C’est une obligation prévue par la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Le rapprochement entre Saham et SGMB a ceci de particulier qu’il implique trois autorités de régulation, dont deux sectorielles, à savoir Bank Al-Maghrib sur le volet bancaire, et l’ACAPS sur le volet assurance (la cession touche également La Marocaine vie, filiale de SGMB).

Cela étant, « l’autorisation de Bank Al-Maghrib ne dispense pas les parties de la notification au Conseil de la concurrence », explique ce praticien. L’institution d’Ahmed Rahhou dispose d’une compétence « générale » en matière de contrôle des concentrations.

Notre interlocuteur fait le parallèle avec le rachat de Crédit du Maroc par le groupe Holmarcom, autre opération touchant les secteurs bancaires et financiers. Ce rapprochement, qui a eu lieu en 2022, avait fait l’objet d’une notification au Conseil et n’a été officiellement consommé qu’après autorisation de ce dernier.

Pourquoi le contrôle des concentrations ? « Il s’agit de permettre au Conseil de veiller à ce que certaines de ces opérations n’entravent pas la concurrence sur les marchés concernés et d’identifier celles susceptibles de restreindre la concurrence sur le marché national, d’imposer des conditions pour atténuer les effets anticoncurrentiels lorsque cela est possible, ou de les interdire lorsque cela n’est pas possible », lit-on dans les lignes directrices diffusée par le Régulateur.

En somme, la notification n’est pas une fin en soi. Il faut que l’opération soit validée par le Conseil.

Quand est-ce que la notification est obligatoire ?

Pour rappel, les concentrations économiques ne sont pas toutes soumises à l’obligation de notification. Les opérations notifiables sont celles qui remplissent certaines conditions, tenant notamment au chiffre d’affaires des entités concernées.

Ainsi, la notification est obligatoire :

• Si le chiffre d’affaires total mondial, hors taxes, de l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 1,2 milliard de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins une des entreprises ou un groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si le chiffre d’affaires total, hors taxes, réalisé au Maroc par l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 400 millions de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins deux des entreprises ou groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si les entreprises qui sont parties à l’acte, ou qui en sont l’objet, ou qui lui sont économiquement liées ont réalisé ensemble, durant l’année civile précédente, plus de 40% des ventes, achats ou autres transactions sur un marché national de biens, produits ou services de même nature ou substituables, ou sur une partie substantielle de celui-ci.

Société Générale Maroc, Sogelease, Eqdom, La Marocaine Vie… Le coup de maître de Moulay Hafid Elalamy

Le groupe français Société Générale est en train de finaliser une opération de cession de ses parts dans sa filiale marocaine Société Générale Maroc avec Saham, holding de Moulay Hafid Elalamy (MHE).

Le deal porte sur la cession à Saham des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut également les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance).

Voici également à quoi ressemble l’actuel actionnariat de Société Générale Maroc, d’après les données de l’AMMC :

Notons qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, le cours de Société Générale à Euronext prenait 1,65% à 23,16 euros.

Cotée à la bourse de Casablanca, Eqdom affiche, à la fin de la séance de ce 7 mars, la plus forte hausse à 4,18 % et un cours de 1.096 DH.

Un désengagement continental

Cette cession de la maison-mère française Société Générale marquerait une stratégie de désengagement progressive du continent africain. A la mi-2023, le groupe bancaire français publiait un communiqué indiquant son désengagement de plusieurs pays africains, à travers la cession de la totalité de ses participations dans ses filiales en Mauritanie, au Congo, au Tchad et en Guinée équatoriale.

La raison ? L’étroitesse des marchés locaux et la difficulté de faire jouer les autres activités du groupe, comme la banque de financement ou la bancassurance. Pourtant, contacté à ce moment-là, la Société Générale nous avait indiqué qu’elle ne quitterait pas le Maroc. Huit mois plus tard, force est de constater que la donne a changé.

Pourtant, le Royaume reste, de loin, le plus grand marché africain du groupe français. Après son désengagement de quatre pays d’Afrique subsaharienne en juin dernier, le groupe demeurait alors présent dans 13 pays du continent.

SG Maroc, Eqdom, Sogelease… Voici sur quoi MHE mettra la main

La filiale marocaine de la banque française est de loin la plus importante en termes de Produit Net Bancaire (PNB). A fin 2023, le PNB consolidé de Société Générale Maroc était de 5,57 milliards de dirhams, en hausse de 7,3% par rapport à 2022. L’encours crédit, lui, reculait légèrement de 1,23% en 2023 pour atteindre 94,3 milliards de dirhams.

Il convient de rappeler que d’après les données disponibles auprès du groupe Société Générale, à fin 2023, le Maroc comptait pour près de 25,4% du PNB continental du groupe français, avec un PNB de 484 millions d’euros pour un PNB continental de 1.904 millions d’euros. Cependant, il faut noter que le PNB africain du groupe compte pour moins de 8% du PNB global du groupe.

Pour placer la banque à l’échelle des autres banques nationales, il faut noter que son PNB est supérieur à de nombreuses banques cotées comme CDM, CIH, CFG Bank ou encore BMCI. En somme, parmi les banques cotées, seules les trois banques principales (Attijariwafa Bank, BCP, BOA) la dépassent en PNB.

Notons également que MHE mettrait la main, indirectement, sur une autre entreprise cotée, filiale de la Société Générale Maroc et détenue par cette dernière à hauteur de 52,21%. Il s’agit d’Eqdom, qui a affiché à fin 2023 un PNB de 547 MDH et une production nette de crédit à 2,4 MMDH, en hausse de 26% par rapport à 2022.

Sogelease, de son côté, a affiché des revenus sociaux de 198 MDH en 2023, en hausse de 22% par rapport à l’année précédente. Concernant la production de crédit, Sogelease a pu préserver sa 4e position sur le marché. Sa production a augmenté de 2%, passant de 2.114 MDH fin 2022 à 2.166 MDH en décembre 2023.

L’opération est donc d’envergure et représente une opération à fort impact pour MHE qui détiendra une banque, une compagnie d’assurances, une entreprise de leasing et une société cotée de crédit à la consommation.

Précisons que cette acquisition demeure non définitivement conclue et nécessite notamment l’approbation de Bank Al-Maghrib.

https://medias24.com/2024/03/07/mhe-va-prendre-le-controle-de-societe-generale-maroc-deal-en-cours/

MHE va prendre le contrôle de Société Générale Maroc, deal en cours

A travers sa holding Saham, Moulay Hafid Elalamy est en train de finaliser l’opération de prise de contrôle de la Société Générale Maroc. Après le rachat de la part française, il deviendra actionnaire majoritaire de cette banque.

Le processus d’acquisition n’est pas finalisé mais les formalités, qui sont longues, sont en cours, et les deux parties se sont mises d’accord.

Le deal porte sur la cession, par Société Générale à Saham, des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance). 

Le prix de cession sera environ de 8 milliards de DH, qui seront totalement décaissés par Saham sans endettement.

L’actionnariat actuel de la Société Générale Maroc se compose comme suit (source : AMMC / SGMB) :

En quelques mois, avec CDM, deux des trois banques françaises installées au Maroc passent donc sous giron marocain.

Notons que notre confrère Maroc Hebdo a été le premier à révéler cette information. Ci-dessus, nous apportons des précisions importantes qui complètent cet article.

https://medias24.com/2023/06/08/le-groupe-societe-generale-cede-4-de-ses-filiales-sub-sahariennes/