Sonasid et la FRMF : une alliance pour « porter haut les couleurs du Maroc »

Le groupe Sonasid annonce la signature d’un partenariat stratégique pluriannuel avec la Fédération royale marocaine de football (FRMF). À travers cette alliance, le sidérurgiste devient partenaire officiel des équipes nationales marocaines de football, accompagnant ainsi les Lionnes et Lions de l’Atlas dans leurs ambitions sportives, tant sur la scène nationale qu’internationale.

Ce partenariat réunit la force d’un acteur industriel national et la dimension fédératrice du football, autour d’un objectif commun : « faire rayonner le Maroc par la performance et l’engagement ».

Sonasid et la FRMF partagent des valeurs fortes telles que l’esprit d’équipe, le dépassement de soi, la rigueur et l’excellence, mais aussi une fierté profonde d’œuvrer pour un Maroc tourné vers l’avenir. En s’associant aux équipes nationales, Sonasid affirme également sa mission sociétale, en faveur de la jeunesse, de l’éducation et de l’inclusion par le sport.

« Ce partenariat va bien au-delà d’une simple collaboration. Il réunit deux forces qui font rayonner le Maroc : une industrie qui construit avec passion, innovation et résilience, et des équipes nationales qui fédèrent toute une nation dans la ferveur, la fierté et l’émotion. Il s’agit d’un engagement fort de Sonasid envers la jeunesse et le football, pour porter haut les couleurs du Royaume  », souligne Ismail Akalay, directeur général de Sonasid.

Depuis plus de cinquante ans, Sonasid accompagne les grandes transformations du tissu industriel marocain. À travers sa signature « Construire le Maroc« , l’entreprise affirme son implication dans les projets structurants du Royaume, notamment les infrastructures sportives, dont plusieurs stades emblématiques.

Nous attendons le démarrage de la construction du Grand Stade de Casablanca. On y sera, bien sûr

« Nous sommes présents aujourd’hui sur tous les terrains qui sont en construction. Le rond à béton de Sonasid et les armatures de Longometal Armatures, notre filiale spécialisée, sont utilisés pour les structures des stades », a indiqué Ismail Akalay. Cette présence concerne notamment les infrastructures prévues pour la Coupe d’Afrique des nations 2025 et la Coupe du monde 2030.

Sonasid se prépare également à accompagner le chantier du futur Grand Stade Hassan II de Casablanca, destiné à accueillir les plus grandes compétitions internationales. « Nous attendons le démarrage de la construction du Grand Stade de Casablanca. On y sera, bien sûr », a affirmé Ismail Akalay.

Il a enfin rappelé que l’histoire du groupe avec les équipements sportifs ne date pas d’hier. « La plupart des stades construits depuis 1980 ont utilisé le rond à béton de Sonasid ».

Youssef Hbabi, directeur financier du groupe, a pour sa part exposé les fondements industriels et sociétaux de cette alliance. Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de transformation plus large portée par l’entreprise, en cohérence avec ses engagements environnementaux, économiques et humains.

Sonasid, qui accompagne les grands chantiers du Royaume depuis plus de cinquante ans, a investi près de 1 milliard de dirhams sur les cinq dernières années. Son résultat net dépasse aujourd’hui les 150 millions de DH, en amélioration continue. Sa capitalisation boursière a récemment franchi le seuil symbolique des 10 milliards de DH, confirmant sa solidité financière.

Le premier axe mis en avant par le directeur financier concerne l’engagement pour un monde plus sûr et plus inclusif. Sur le volet sécurité, l’entreprise déploie des efforts constants pour prévenir les accidents, en investissant dans des dispositifs adaptés et en formant notamment des pompiers volontaires. « Nous avons un objectif permanent de zéro accident, et nous mettons tout en œuvre pour y parvenir », affirme Youssef Hbabi.

Ces pompiers volontaires ont notamment été mobilisés lors du séisme d’Al Haouz. À cela s’ajoutent des initiatives en faveur de l’accès à l’eau dans les zones rurales, du soutien à l’entrepreneuriat féminin, de la rénovation d’espaces publics, ou encore de l’intégration des enfants dans les établissements pénitentiaires.

Sonasid participe également à la construction d’écoles et d’unités préscolaires, notamment à El Jadida, et soutient des structures comme SOS Village. Plusieurs actions sont aussi menées dans le domaine du sport. « Nous croyons au pouvoir fédérateur du sport, et nous voulons l’utiliser pour avoir un impact concret sur nos territoires ».

Nous sommes le premier recycleur au Maroc et notre ambition est claire : éviter chaque année plus d’un million de tonnes d’émissions de CO2

Ce partenariat avec la FRMF vient ainsi renforcer un engagement déjà ancien dans le domaine sportif, à travers des événements comme le Sonasid Trail. Il s’inscrit dans un projet global où le sport devient un vecteur d’impact et de cohésion.

Le deuxième pilier de la stratégie de Sonasid porte sur la décarbonation. Plus de 90% de l’énergie consommée par le groupe est aujourd’hui d’origine renouvelable. Cette performance place Sonasid parmi les acteurs de référence sur le plan international en matière d’acier bas carbone. « Nous sommes le premier recycleur au Maroc, et notre ambition est claire : éviter chaque année plus d’un million de tonnes d’émissions de CO2« , souligne le directeur financier.

La performance industrielle constitue le troisième axe structurant. Dans un environnement fortement concurrentiel, Sonasid renforce sa compétitivité à travers l’innovation et la rigueur opérationnelle. La production a progressé de 23% par rapport à 2024.

Le groupe a également développé un laboratoire de R&D dédié à la sidérurgie et prépare le lancement d’un rond à béton parasismique, conçu pour répondre aux exigences de sécurité dans les zones exposées aux risques sismiques.

« Nous entraînons nos équipes comme dans le sport : battre des records, viser la performance, cultiver l’excellence », explique Youssef Hbabi. Il a également mis en avant le développement de nouveaux produits à haute valeur ajoutée, dont certains à base de cuivre ou d’aluminium, en dehors du cœur de métier historique de l’entreprise.

Nous croyons à un Maroc fort, moderne, fier de son industrie comme de son sport. Ce partenariat incarne cette vision commune

Quant au quatrième pilier, il concerne le leadership et la croissance. Sonasid est présent dans les projets structurants du pays, qu’il s’agisse d’infrastructures portuaires, d’équipements de santé ou de stades. Le groupe participe notamment à la construction des enceintes sportives qui accueilleront la Coupe d’Afrique des nations et, potentiellement, la Coupe du monde.

« Nous sommes fiers d’apporter notre pierre à l’édifice, dans tous les sens du terme, en accompagnant les projets emblématiques du Royaume », déclare-t-il.

À travers ce partenariat, Sonasid entend consolider ses engagements en matière de responsabilité sociale, de promotion de la jeunesse et de rayonnement du Royaume. « Nous croyons à un Maroc fort, moderne, fier de son industrie comme de son sport. Ce partenariat incarne cette vision commune », conclut Youssef Hbabi.

BTP et matériaux de construction : une année record à 3,64 MMDH de bénéfices, grâce aux grands chantiers

Porté par un climat d’investissement exceptionnel, le secteur du BTP et des matériaux de construction a poursuivi sa montée en puissance en 2024. Après un redressement amorcé en 2023, l’année écoulée a confirmé la dynamique, avec une accélération nette de la rentabilité dans tous les maillons de la chaîne.

Le résultat net cumulé de huit groupes cotés à la Bourse de Casablanca à savoir LafargeHolcim Maroc, Ciments du Maroc, TGCC, Jet Contractors, Sonasid, Aluminium du Maroc, Colorado et Afric Industries, a atteint 3,64 MMDH, contre 3,07 milliards en 2023. Soit une hausse globale de +18,4%.

À eux seuls, LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc génèrent 2,76 MMDH, soit 76% du résultat sectoriel total.

Le pôle BTP d’exécution, représenté par TGCC et Jet Contractors, a dégagé un bénéfice cumulé de 655 MDH en 2024, soit 18% du total sectoriel. Ce montant était de 436 MDH en 2023, ce qui correspond à une progression de 50%.

Le reste, près de 225 MDH provient des industriels spécialisés (acier, aluminium, peintures, profilés), dont plusieurs ont connu des progressions spectaculaires. En effet, la quasi-totalité des acteurs ont vu leurs marges progresser et leurs comptes s’améliorer. Certains ont doublé leurs bénéfices, d’autres les ont multipliés par cinq.

Quelles sont alors les conditions économiques et sectorielles qui ont permis cette progression généralisée des bénéfices en 2024 ?

Une conjoncture exceptionnellement porteuse pour les chantiers

Ce sont plusieurs facteurs qui ont concouru à stimuler la demande sur l’ensemble de la chaîne. Le premier levier tient au calendrier sportif international, avec la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et de la Coupe du monde 2030.

Ces deux échéances ont déclenché une vague d’investissements dans les infrastructures, notamment la construction et la rénovation de stades, équipements publics et réseaux de transport. Les appels d’offres se sont multipliés, ce qui a créé un flux régulier d’opportunités pour les entreprises du secteur.

Parallèlement, l’État a poursuivi ses efforts dans des domaines structurants, à travers la construction d’écoles, d’hôpitaux et le déploiement de programmes de logement social. Ce mouvement s’est traduit par un renforcement de la commande publique et semi-publique, qui représente une part significative de l’activité pour plusieurs groupes cotés.

Cette dynamique s’est accompagnée d’une visibilité renforcée sur les carnets de commandes. Certains groupes, comme TGCC, annoncent des niveaux historiquement élevés, soutenus par plus de cent projets actifs au Maroc et à l’international.

Parmi les marchés récents figurent notamment la construction d’un parking souterrain à Hay Riad (quartier Oulad Dlim) à Rabat, attribué à TGCC pour un montant de 206,3 MDH, ainsi que le quatrième lot des travaux de génie civil de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, confié par l’ONCF au même groupe pour un montant de 2,8 MMDH.

Jet Contractors, de son côté, a remporté en décembre 2024 le marché de construction du nouvel hippodrome de Rabat pour un montant de 40,9 MDH.

En avril 2025, le groupe a également été déclaré attributaire de la première tranche de la plateforme régionale de réserves de première nécessité pour la région de Rabat-Salé-Kénitra, pour un montant de 146,8 MDH.

Une amélioration généralisée de la performance opérationnelle

La gestion opérationnelle à travers une meilleure maîtrise des coûts et une organisation plus efficace a joué également un rôle positif.

Pour les grands acteurs du BTP, les marges se sont sensiblement améliorées. TGCC a vu son résultat d’exploitation augmenter à 913 MDH, en hausse de 57%, tandis que sa marge EBITDA s’est établie à 14,6%.

Jet Contractors affiche également une progression marquée, en lien avec un meilleur pilotage des projets et une montée en charge plus structurée.

Dans l’industrie des matériaux, la tendance est similaire. LafargeHolcim Maroc a consolidé ses marges grâce à une discipline renforcée sur les coûts de production. Sonasid, pour sa part, a doublé son résultat net et amélioré significativement son résultat d’exploitation, porté par la hausse des volumes et une meilleure productivité.

Colorado et Aluminium du Maroc ont aussi renforcé leur rentabilité, avec des marges opérationnelles en hausse malgré une croissance modérée de leurs chiffres d’affaires.

Cette dynamique s’est accompagnée d’une contribution plus affirmée des filiales techniques. Chez TGCC, l’intégration de nouvelles entités spécialisées comme TG Steel ou TG Stone permet de sécuriser les approvisionnements et de renforcer la maîtrise des chantiers. Jet Contractors, de son côté, continue de capitaliser sur son savoir-faire intégré dans les enveloppes spéciales.

Quelques effets financiers ponctuels favorables

Afric Industries a bénéficié d’une reprise de provision de 5,17 MDH, liée à une dépréciation passée sur sa participation dans La Roseraie de l’Atlas. Cette écriture comptable a directement contribué à plus que doubler le bénéfice net annuel.

Aluminium du Maroc a également profité d’une reprise de provision sur les titres de participation de sa filiale Belpromo, ce qui a renforcé sa capacité bénéficiaire.

D’autres groupes ont vu leurs résultats s’améliorer en partie grâce à la baisse de leurs charges financières. C’est notamment le cas de Colorado, dont le résultat financier s’est amélioré en raison d’un allègement de l’endettement. Sonasid affiche également un solde financier positif, soutenu par des gains liés à la gestion du risque de change et aux dividendes perçus de sa filiale Longometal Armatures.

À l’inverse, certaines charges non récurrentes ont pesé sur les comptes. Ciments du Maroc a dû enregistrer une charge exceptionnelle liée à un redressement fiscal, ce qui explique la légère baisse de son bénéfice net malgré de solides performances opérationnelles.

Matériaux de construction : un redressement confirmé, des marges solides

Les industriels spécialisés dans les matériaux de construction ont connu en 2024 une amélioration globale de leur rentabilité, portée par une demande soutenue, une meilleure maîtrise des charges et, dans certains cas, un effet prix favorable.

Dans le ciment, le marché national a progressé de 9,4%, selon les chiffres cités par LafargeHolcim Maroc. Ce rythme a permis aux deux principaux producteurs cotés (LafargeHolcim et Ciments du Maroc) de consolider leurs positions.

Le chiffre d’affaires est resté globalement stable, mais les marges ont gagné en robustesse, grâce à des gains de productivité et à une réduction des coûts variables.

LafargeHolcim affiche un bénéfice net en hausse de 18 %, malgré une légère baisse du chiffre d’affaires. Chez Ciments du Maroc, le résultat net recule légèrement, mais uniquement en raison d’une charge exceptionnelle non liée à l’activité opérationnelle.

Le segment de l’acier a également connu une année favorable. Sonasid a profité d’un rebond des volumes de vente et de la bonne dynamique des métaux, d’un positionnement sur des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment le fil précontraint, et d’un contrôle accru des coûts.

Du côté des matériaux de finition, la tendance est similaire. Colorado a amélioré ses marges malgré un contexte concurrentiel, grâce à une gestion plus fine de ses charges commerciales. Aluminium du Maroc, quant à lui, a vu son bénéfice net multiplié par cinq, soutenu par une hausse des volumes et des prix de vente, ainsi que par une gestion financière prudente.

Une dynamique qui s’est prolongée en Bourse

L’évolution des résultats 2024 s’est reflétée en Bourse, où les valeurs du secteur ont globalement bien performé. À partir de la mi-novembre, l’indice sectoriel « Bâtiment et Matériaux de Construction » a clairement pris le dessus sur le MASI, signant une surperformance visible et durable jusqu’à début avril 2025.

Sur l’ensemble de l’année 2024, l’indice sectoriel a progressé de 24,08%, contre +22,16% pour le MASI. Cette performance reflète la confiance retrouvée des investisseurs dans les fondamentaux du secteur et l’anticipation d’une poursuite de la dynamique en 2025.

Certaines valeurs ont enregistré des hausses particulièrement marquantes. TGCC affiche une progression de +155,91% sur l’année, portée par l’explosion de son carnet de commandes et l’amélioration de ses marges. Jet Contractors signe une des meilleures performances de la place avec +641,18%, à la faveur d’un repositionnement stratégique réussi. Sonasid s’adjuge +49,08%, tandis que Colorado progresse de +20,43%. Ciments du Maroc termine l’année avec +11,9%, et Aluminium du Maroc avec +5,33%. Seule Afric Industries affiche une variation annuelle négative, avec -9,26%.

Nador West Med : l’ONCF versera 89 MDH à des expropriés, dont Sonasid

L’Office national des chemins de fer (ONCF) doit verser un total de 89.278.100 DH pour indemniser les propriétaires de 40 terrains situés dans la province de Nador.

Ces montants correspondent aux indemnités à verser à la suite d’une série d’ordonnances rendues le 24 mars 2025 par le tribunal administratif d’Oujda.

Ces décisions, rendues en référé et par défaut, ont autorisé l’ONCF à prendre possession des terrains concernés, après la déclaration d’utilité publique requérant leur expropriation. Chaque terrain concerné a fait l’objet d’une ordonnance distincte, bien que toutes aient été rendues le même jour.

Ces expropriations s’inscrivent dans le cadre du projet de desserte ferroviaire du nouveau port Nador West Med.

Les terrains concernés sont localisés principalement dans les villes de Selouane et d’El Aroui, deux localités de la province de Nador. Les montants varient en fonction des terrains, allant de 54.000 DH pour certains à des sommes plus conséquentes pour d’autres, selon la valeur estimée des terrains expropriés.

Parmi les propriétaires touchés par cette expropriation, Sonasid, le groupe industriel spécialisé dans la production d’acier, se distingue par l’importance des montants associés à ses terrains. Sonasid détient 7 terrains dans cette zone et recevra un total de 51.349.700 dirhams pour ces propriétés.

Voici le détail des indemnités qui lui sont attribuées :

Outre Sonasid, plusieurs autres propriétaires, y compris des institutions financières, sont également concernés par l’expropriation. Parmi eux, le Crédit Agricole doit recevoir un total de 4.186.500 DH pour deux terrains.

La Sonasid atteint en 2024 son RNPG le plus élevé depuis 2009

« Nous avons réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 5,5 MMDH, en croissance de 10% par rapport à l’exercice précédent », a  annoncé Youssef Hbabi, directeur financier du groupe Sonasid, lors de la conférence de présentation des résultats annuels tenue ce 19 mars 2025.

Cette progression, malgré un contexte de marché difficile, a été tirée par une hausse des volumes de ventes de +15%, partiellement contrebalancée par un effet prix défavorable de -5%.

Cette performance repose selon l’orateur sur plusieurs leviers : la qualité des produits, un service client adapté et le développement de Meta Armature, filiale leader des armatures industrielles, capable de livrer des projets complexes avec un haut niveau d’éco-service et des délais courts.

Sonasid a également renforcé sa distribution avec 19 plateformes opérationnelles et 2 en projet et s’est implantée dans de nouveaux marchés comme le Canada et la Mauritanie, où la qualité de la marque est reconnue depuis plus de 50 ans.

Les résultats sociaux suivent : l’EBITDA social s’établit à 327 MDH, soit une hausse de 24%, tandis que le résultat net social bondit de 91% pour atteindre 151 MDH.

Le résultat net consolidé part du groupe atteint quant à lui 141 MDH, il aplus que doublé par rapport à 2023.

Le RNPG consolidé en hausse de 117%, le plus haut niveau depuis 2009

Dans la foulée, le conseil d’administration proposera à l’assemblée générale une distribution de dividendes de 39 DH par action, signal fort envoyé aux actionnaires. « Cela fait maintenant plus de quatre ans que nous distribuons chaque année près de 100% des résultats réalisés ».

Cette performance s’inscrit pourtant dans un environnement mondial difficile, marqué par la crise du secteur de la construction en Chine. « Beaucoup de promoteurs immobiliers en Chine ont fait faillite. La crise de la demande a poussé la Chine à exporter plus de 100 millions de tonnes d’acier, ce qui a impacté les marges dans différentes régions du monde », a expliqué M. Hbabi.

À cela s’ajoute l’effet des taux directeurs élevés pratiqués par les banques centrales internationales, qui ont pesé sur le pouvoir d’achat et donc sur la demande adressée au secteur.

Des initiatives stratégiques qui ont porté leurs fruits

« Les initiatives stratégiques que nous avons mises en œuvre ont contribué à hauteur de 157 MDH à notre résultat et nous ont permis de compenser l’effet exogène de la dégradation des marges, qui a impacté nos résultats à hauteur de 54 MDH », a détaillé le directeur financier.

Parmi ces leviers, l’effet volume a été déterminant, avec une hausse de 92.000 tonnes vendues. En parallèle, la réduction des coûts de production, supérieure à 120 DH par tonne, a permis un gain équivalent de 85 MDH. S’y ajoute l’effort consenti dans le recyclage de la ferraille, notamment pour extraire l’aluminium et le cuivre, qui a rapporté 33 MDH.

Enfin, Sonasid a assuré une hausse maîtrisée de ses charges fixes, indispensable pour soutenir la croissance et répondre aux exigences des marchés adressés.

Les priorités de Sonasid en 2025

« Tout d’abord, renforcer nos capacités de production. C’est un objectif clé parce qu’il va nous permettre justement de capter ces croissances du marché », a-t-il annoncé.

Le contexte est porteur, avec une demande intérieure en croissance, estimée prudemment à +5%. Dans ce cadre, Sonasid entend réduire davantage ses coûts opératoires de plus de 40 DH la tonne grâce aux investissements engagés ces dernières années et à venir.

Un plan d’investissement de 25 millions d’euros, dont 14 millions seront engagés dès 2025.

Un programme de revalorisation industrielle démarrera dès juillet 2025 pour améliorer les performances globales de la société, notamment via la modernisation des équipements et l’intégration de nouvelles technologies.

Ce projet s’inscrit dans un plan d’investissement de 25 millions d’euros, dont 14 millions seront engagés dès 2025.

Objectif phare de ce plan : atteindre une capacité de production d’1 million de tonnes, tout en poursuivant la baisse des coûts de production.

Un autre chantier stratégique est la valorisation des métaux non ferreux, notamment l’aluminium et le cuivre issus du broyage des véhicules hors d’usage. « On arrive à obtenir des alliages, mais l’objectif est d’aller au-delà de ces alliages, et de vendre des produits nouveaux », a-t-il expliqué.

Une unité de valorisation dédiée sera ainsi lancée en 2025, prolongeant la démarche d’économie circulaire déjà amorcée par le groupe.

Assia Barraka, directrice communication et marketing, a évoqué la montée en gamme des produits à haute valeur ajoutée, axe stratégique majeur pour Sonasid. « Le développement de ces nouveaux produits devrait représenter 13% de notre chiffre d’affaires d’ici 2029« , a-t-elle indiqué.

Issus de la production de fil machine, ces produits ciblent deux marchés prioritaires : la construction et l’automobile. Une usine dédiée au fil précontraint pour la construction a été lancée fin 2024, avec une première bobine produite et commercialisée dès décembre. « Nous sommes actuellement en phase de montée en cadence, à la fois industrielle et commerciale ».

Sonasid prévoit déjà de compléter cette gamme avec une nouvelle unité de fabrication de torons précontraints, destinés aux marchés de posttension et pré-tension, avec un démarrage prévu en 2026.

Parallèlement, Sonasid fournit le secteur automobile depuis 2003, notamment un câble spécifique pour un acteur basé à Tanger.

De nouveaux développements sont en cours, dont un fil pour les armatures de sièges, destiné aux constructeurs installés dans les zones franches de Tanger et Kénitra.

« Ces produits à haute valeur ajoutée vont nous permettre de mieux accompagner les nouvelles industries du Royaume et de renforcer notre présence sur ces segments porteurs », a-t-elle conclu.

Yassir Hmiddouch, directeur industriel, a souligné que « l’excellence opérationnelle est au cœur de notre stratégie. Depuis 2019, nos investissements ont été multipliés par quatre, avec une augmentation substantielle des enveloppes dédiées aux matières premières et aux équipements, en hausse de 66% ».

Ces investissements ont permis une réduction significative des coûts, avec une économie de 113 DH par tonne produite. « Cette réduction nous a permis de dégager en moyenne 153 MDH de gains annuels, ce qui traduit concrètement l’efficacité de notre politique industrielle », a-t-il ajouté.

Longometal Armatures : 19% de croissance et un rendement de 20%

« Longometal Armatures est notre filiale qui achète l’acier de Sonasid et qui est en réalité notre interface vis-à-vis des entreprises de grande construction. Elle participe à la construction du Maroc sur les plus grands chantiers d’infrastructure », a précisé le directeur financier.

En 2024, Longometal a affiché un chiffre d’affaires en hausse de 19%, atteignant 888 MDH, pour un excédent brut d’exploitation de 33 MDH (4% du CA) et un résultat net de 17 MDH.

« Ce résultat devient particulièrement intéressant rapporté aux capitaux propres, avec un rendement de 20%, largement supérieur à la moyenne du secteur », a souligné le DG financier.

Bourse : une valorisation multipliée par six depuis 2019

Côté Bourse, Sonasid a vu sa capitalisation passer de moins d’1 milliard de dirhams en 2019 à plus de 6 milliards en 2024. « Quand nous avons lancé notre stratégie en 2019, le titre valait entre 180 et 200 DH. Aujourd’hui, le cours a dépassé 1.700 DH », s’est réjoui le DG financier.

« Le marché intègre désormais notre capacité à créer de la valeur et à maintenir cette trajectoire. C’est pour nous la validation d’un chemin stratégique entamé depuis 2019 et des efforts constants pour franchir des paliers de performance », conclut le DG financier.

Sonasid ambitionne d’implanter une nouvelle unité industrielle chaque année jusqu’en 2030 (Ismail Akalay)

Sonasid poursuit son plan stratégique « Act for Impact », lancé en 2022 avec des objectifs clairs. « Notre feuille de route progresse comme prévu, avec des améliorations significatives des performances opérationnelles« , souligne Ismail Akalay. Cette feuille de route repose sur le développement commercial, l’excellence industrielle et le lancement de nouveaux produits à forte valeur ajoutée.

Dans cette dynamique, des projets stratégiques ont été lancés : la fibre en acier introduite fin 2022, le fil automobile en 2023, et le fil précontraint, dont la production a démarré en décembre 2024.

« Nous avons pu produire et livrer les premières commandes de fil précontraint dès le mois de décembre, conformément à nos prévisions », nous confie-t-il.

Reste à mesurer les performances de ce nouveau produit. « Il est prématuré de dresser un bilan détaillé, mais dès les premières semaines de décembre, nous avons réussi à commercialiser une quantité substantielle de ce produit sur le marché », explique-t-il.

« Les premiers retours des clients sont déjà là, et ils sont positifs. Plusieurs commandes ont été confirmées, et tout indique que les choses évoluent dans la bonne direction ».

Avec cette montée en puissance attendue de la production, Sonasid pourra atteindre rapidement son rythme de croisière et répondre à la demande nationale. « Jusqu’ici, ce produit était totalement importé au Maroc. Désormais, nous sommes les seuls producteurs nationaux et avons les moyens de satisfaire localement les besoins du marché« .

Des nouveaux produits prévus

La diversification est au cœur de la stratégie de l’entreprise, avec pour objectif de réduire progressivement la part des commodités et élargir l’offre avec des solutions innovantes. « Notre objectif est d’implanter une nouvelle unité industrielle chaque année jusqu’en 2030« , indique Ismail Akalay. Un calendrier ambitieux.

Au-delà de l’acier, l’entreprise compte explorer de nouveaux segments. « Nous allons développer des produits à base de cuivre et d’aluminium », nous explique notre source.

Jusqu’à présent, ces métaux non ferreux étaient uniquement triés et revendus bruts. « Nous avons décidé d’aller plus loin en les raffinant et, dès fin 2025, nous produirons nos propres lingots de cuivre et d’aluminium« , annonce-t-il.

Ce choix stratégique répond à un double enjeu. D’une part, il permet de diversifier le portefeuille de produits et de ne plus être entièrement dépendant des fluctuations du prix de l’acier. « Cela nous prémunit contre la volatilité et nous offre une alternative solide ». D’autre part, ces nouveaux produits affichent des marges plus attractives.

« Nous ne cherchons pas seulement à nous protéger, mais aussi à améliorer la rentabilité de notre activité. Les prix de ces matériaux sont intéressants et offrent de bonnes perspectives de rentabilité », explique Ismail Akalay.

Stratégie de l’entreprise

« Nous avons aujourd’hui un plan stratégique novateur, construit pour s’adapter aux réalités du marché et saisir toutes les opportunités qui s’offrent à Sonasid », poursuit notre interlocuteur.

Les investisseurs semblent valider cette trajectoire. « En 2019, notre action était à 250 DH. Aujourd’hui, elle oscille entre 1.100 DH et 1.200 DH. Ce niveau témoigne de la confiance du marché, aussi bien au Maroc qu’à l’international ».

Mais au-delà des performances boursières, c’est l’efficacité opérationnelle qui reste la clé. « Sans une gestion industrielle efficace, il serait difficile de garantir une réalisation optimale de nos projets. Cela constitue le fondement de notre stratégie ».

L’entreprise reste également à l’affût d’opportunités. « Si de nouvelles opportunités intéressantes se présentent, nous les analyserons. Toutefois, nous progressons sereinement, sans pression financière, grâce à notre trésorerie et à l’absence d’endettement, ce qui nous permet de financer nos investissements en toute autonomie« .

Et les investissements ne manquent pas. « Depuis 2021, nous avons investi plus de 800 MDH dans nos projets industriels. Nous prévoyons de continuer à investir pour poursuivre notre expansion« , explique le directeur général.

Et d’ajouter, « sur le plan énergétique, les usines de Sonasid sont alimentées à 90% par des énergies vertes. Les produits à haute valeur ajoutée développés à Nador, tels que la fibre en acier ou le fil précontraint, bénéficient d’une énergie verte à 100% grâce au parc photovoltaïque de Nador de 4 MW, qui passera à 6 MW. Cette capacité énergétique nous permet de produire des aciers verts », se félicite Ismail Akalay.

Un autre projet stratégique prend forme : la production de rond à béton antisismique

Mais l’innovation ne s’arrête pas là. « Sonasid a développé le premier rond à béton antisismique hautement ductile et flexible, fabriqué selon les normes internationales les plus exigeantes. Dès publication de la norme marocaine de ce produit, nous serons en mesure de le commercialiser sur le marché marocain« , annonce Ismail Akalay. « À ce stade, nous serons probablement les seuls sur le marché national à proposer un tel produit« .

L’opérateur cherche également à verdir son énergie. « Nos parts d’énergies vertes ont largement progressé pour dépasser aujourd’hui le seuil des 90%« , déclare-t-il.

« Le gaz naturel représentera une opportunité stratégique pour nous, notamment pour notre site industriel de Nador, à proximité du gisement de Tendrara. Toutefois, cela nécessitera un investissement substantiel afin de mettre en place un laminoir hybride utilisant à la fois du fuel et du gaz. Par ailleurs, si une offre d’hydrogène venait à émerger à l’avenir, il serait possible de remplacer, partiellement ou totalement, le gaz par cet hydrogène« , annonce Ismail Akalay.

Autre axe de développement durable, l’engagement en matière de recyclage est déjà bien avancé. « Nous avons mis en place un programme ambitieux pour valoriser les coproduits issus de nos activités industrielles ». Parmi eux, la scorie, principal résidu de la production sidérurgique. « Elle peut être utilisée dans la construction des routes, et nous avons déjà signé plusieurs contrats pour éviter son stockage inutile et en faire un véritable atout », explique-t-il.

Cette logique d’optimisation s’étend également aux ressources naturelles. « Nous avons réduit notre consommation d’eau de 15% par rapport à 2023« . Même approche pour l’énergie : « Au-delà de notre engagement dans l’énergie verte, nos équipes travaillent activement à limiter la consommation globale ».

Les impératifs pour performer à l’export

Si l’exportation fait partie des ambitions du groupe, elle reste aujourd’hui conditionnée par plusieurs facteurs.  Les exportations restent encore limitées du fait de la réalité du marché international. Certains segments se démarquent néanmoins. « La fibre a trouvé un marché intéressant, avec des expéditions vers le Canada, l’Espagne, la France, le Moyen-Orient et l’Afrique du Sud ».

En Afrique, les exportations restent sporadiques. « Nous exportons régulièrement du rond à béton en Mauritanie, mais pour le moment, les volumes restent modestes ». L’un des principaux freins réside dans les droits de douane. « Le rond à béton marocain est taxé à hauteur de 22% à l’entrée des pays africains, ce qui nous rend moins compétitifs« , explique Ismail Akalay.

Mais la donne pourrait bientôt changer avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). « Ce marché englobe une consommation annuelle de 8 millions de tonnes de rond à béton. Dès lors que cette charge fiscale sera levée, nous pourrons considérablement renforcer notre compétitivité par rapport à nos concurrents internationaux. La mise en place de la ZLECAF représente, de ce fait, une réelle opportunité de croissance de notre secteur ».

Anticiper pour mieux s’adapter

L’entreprise surveille quotidiennement les tendances internationales, en particulier celles du minerai de fer, un indicateur clé pour l’acier.

L’anticipation des tendances du marché est une priorité dans un secteur aussi fluctuant que celui de l’acier. « Nous avons un suivi quotidien de l’évolution des prix des matières premières à l’échelle internationale », explique-t-il.

La Chine, premier producteur et consommateur mondial, joue un rôle déterminant. « Cela fait maintenant deux ans que le pays traverse une crise immobilière, ce qui a fortement impacté sa demande en acier ». Conséquence directe : la Chine, qui exportait peu auparavant, a inondé le marché mondial avec plus de 100 millions de tonnes d’acier entre 2023 et 2024. « Cette dynamique a bouleversé l’équilibre du marché, affectant en premier lieu l’Europe, aujourd’hui en situation délicate ».

« Au Maroc, on observe une forte reprise de la demande en acier soutenue par les grands projets d’infrastructure. Une relance progressive du secteur immobilier sous l’effet des mesures d’aides au logement devrait également se concrétiser à partir de cette année », estime-t-il.

Dans ce contexte de croissance, l’évolution du secteur de la construction va au-delà de la transformation des matériaux, englobant un changement profond des pratiques en faveur de solutions alliant performance, durabilité et respect de l’environnement.

Cela offre des opportunités de développement pour les entreprises innovantes, capables de proposer des produits adaptés à ces nouvelles exigences, ainsi qu’un service de qualité et des capacités de production élevées.

« Le groupe Sonasid, à travers sa filiale Longometal Armatures, leader des armatures industrielles, joue un rôle central dans la concrétisation des chantiers liés aux grands projets d’infrastructure, offrant ainsi des solutions sur mesure adaptées aux besoins de la construction moderne et durable », conclut Ismail Akalay.

Sonasid : baisse de 4% du chiffre d’affaires à fin juin

Le groupe affiche une baisse de 4% de son chiffre d’affaires consolidé au terme du premier semestre à 2.437 MDH.

La forte progression des exportations chinoises depuis 2023, dans un contexte de surcapacité et de ralentissement de la demande en Chine, a entretenu une tendance baissière des prix de l’acier sur le marché international.

Sonasid a pu atténuer l’impact de cet effet prix défavorable par des volumes de vente en croissance de 5% au cours du premier semestre 2024 ainsi que par la bonne exécution de son plan stratégique, axé sur le développement commercial, le renforcement de la compétitivité et le lancement de nouveaux produits à forte valeur ajoutée.

Les investissements réalisés à fin juin 2024 s’établissent à 74 MDH et s’inscrivent dans un programme budgétaire s’élevant à 184 MDH en 2024. À ce titre, des travaux de construction d’une unité de production de fil précontraint sont en cours de réalisation et la commercialisation de ce produit à fort potentiel est prévue pour fin 2024.

Les excédents de trésorerie s’élèvent à 532 MDH à fin juin et s’inscrivent dans une tendance de fond baissière visant à allouer les excédents disponibles à des investissements industriels créateurs de valeur.

Sonasid : voici les impacts de la baisse du prix du minerai de fer

A l’international, le prix du minerai de fer connait une baisse notable. Le cours a accusé une baisse de plus de 32% depuis le début de l’année en passant de 143 dollars à 97 dollars la tonne.

Une chute qui impactera de fait le prix des intrants chez certains acteurs marocains dans le domaine de la sidérurgie, notamment Sonasid.

Une baisse du coût des intrants, un impact prix encore méconnu

En effet, l’intrant principal du groupe côté est la ferraille. « Pour nous, cette baisse du cours du minerai de fer devrait avoir un impact à la baisse sur le prix de la ferraille », nous confie une source autorisée.

Ce recul observé sur le minerai de fer provient du fort ralentissement économique observé en Chine, avec notamment un secteur immobilier en difficulté suite à la déroute du géant sectoriel Evergrande, en liquidation judiciaire, plombé par une dette abyssale de plus de 300 milliards d’euros.

Le ralentissement économique de la Chine impacte également à la baisse la quantité de métal consommée par les industriels et conduisent à une baisse des prix du minerai de fer.

Généralement, quand les prix de la ferraille baissent, les prix de ventes de Sonasid reculent également, mais plusieurs facteurs sont à prendre en compte. D’après notre source autorisée, « le prix de ventes des produits finis dépendra surtout de la demande locale et du comportement des concurrents ».

Une demande sur les projets d’infrastructures qui devrait se maintenir au second semestre

Avec les perspectives de Coupe du Monde 2030 et le plan d’aides aux logements 2024-2028, de nombreux projets d’infrastructures sont à venir et donnent beaucoup d’espoir quant aux entreprises qui prendront part à ces développements. Naturellement, l’industrie sidérurgique qui va de pair avec le BTP bénéficiera de cette dynamique.

Au second semestre 2024, le groupe devrait bénéficier d’une dynamique toujours positive concernant les grands projets d’infrastructures. « La demande au S1 a été intéressante en provenance des projets d’infrastructures. Le logement reste encore faible. Au second semestre, nous nous attendons à une continuité de la demande en provenance des projets et espérons une augmentation de la demande des constructions de logements sociaux et autres », conclut notre source.

Sonasid : la nouvelle licence d’importation des billettes n’impactera pas le groupe

La billette est un matériau utilisé dans l’industrie de la sidérurgie-métallurgie, notamment pour la production de fil machine et de ronds à béton vendus aux acteurs du BTP. Le 14 juin dernier, l’Administration des douanes et impôts indirects a publié une circulaire informant que les importations de billettes seront soumises à une licence d’importation.

Cette décision intervient dans le but de protéger la production locale et d’assurer une certaine traçabilité de l’origine des billettes. Il convient de rappeler que quelques entreprises locales approvisionnent 70% du marché. Les 30% restants sont fournis par des importations. C’est cette part qui fait l’objet de la mesure de protection (licence d’importation). Les conditions de délivrance des licences d’importation n’ont pas été explicitées.

Un meilleur contrôle souhaité sur les origines de la billette

Cette mesure, même si les contours ne sont pas encore totalement explicités, aura pour but d’établir une traçabilité de la billette qui entre au Maroc, et de doper le marché local face aux importations étrangères.

Contacté à ce sujet, Ismaïl Akalay, directeur général de Sonasid, nous explique que « les autorités ont décidé de mettre en place une licence pour importer de la billette, car les importations étaient généralement effectuées depuis des pays non producteurs de billettes. Soumettre l’importation de billette à une autorisation permettra de connaître son origine ainsi que sa qualité. C’est une information importante car ces données étaient inconnues ».

Mais le dirigeant rappelle que « cela devrait notamment avoir un impact en cas de mise en place d’une éventuelle taxe carbone ». Pour le moment, les conditions de délivrance des licences n’ayant pas été détaillées, il est impossible de savoir s’il y aura des interdictions d’importation de certains types de billettes ou en fonction de leur provenance. Le futur le dira.

Côté bourse, quelles sont les implications opérationnelles pour un opérateur côté comme Sonasid ?

Sonasid deviendra producteur de billettes dès cette année

Le groupe côté n’est factuellement pas concerné par la décision douanière et la licence sur l’importation de billette. En effet, le groupe assure la production de ses billettes au niveau de son aciérie depuis des années, et importait une quantité limitée de certaines nuances dont il ne disposait pas. Grâce à son plan d’excellence opérationnelle, visant à optimiser sa production et à réduire ses coûts, Sonasid produira l’intégralité de sa billette à partir de cette année.

« Il existe sur le marché international une nuance spécifique de billettes nécessaire à la production de certains aciers. N’étant pas en mesure de la produire au Maroc, Sonasid importait en moyenne 40 à 60 Kt par an de cette qualité de billette. Dans le cadre de l’exécution de notre plan stratégique portant sur l’excellence opérationnelle, l’optimisation des coûts et le développement de produits à haute valeur ajoutée, nous avions consacré un investissement de 5 millions d’euros afin de permettre à Sonasid de produire pour la première fois au Maroc cette billette », nous explique Ismaïl Akalay.

Le groupe a opté pour ce choix de façon à limiter ses coûts. « Nous prévoyons de démarrer cette année la production de cette billette. Nous attendons également d’importants gains en termes de coûts pour cette nouvelle nuance produite par Sonasid en comparaison avec celle qui était importée. À l’avenir, à l’exception de quelques achats réalisés de manière opportune si le prix se rapproche de celui de la ferraille, nous n’en importerons plus ».

Si une éventuelle taxe carbone est mise en place, le groupe pourrait en revanche en bénéficier du fait de sa production majoritairement alimentée par les énergies renouvelables. « Les billettes produites à partir du minerai en provenance du Moyen-Orient notamment commençaient à rentrer au Maroc de manière importante. Aujourd’hui , nous émettons 400 kilos de CO2 par tonne de billette produite, alors que la billette importée produite à base minerai en émet 2 tonnes », conclut le dirigeant.

Comment Sonasid a maintenu sa rentabilité malgré une conjoncture défavorable

L’année 2023 a été compliquée pour le groupe, mais il a pu faire face à la mauvaise conjoncture en restant dans le vert côté profitabilité. Il a affiché un chiffre d’affaires en légère hausse de 2% à près de 5 MMDH avec une amélioration de 9% de ses volumes de ventes. Une prouesse notable dans un marché de la construction globalement stagnant. En revanche, le résultat d’exploitation consolidé a baissé de 28% à 117 MDH et les bénéfices consolidés ont reculé de 24% à 65 MDH.

Cette baisse de la profitabilité et des marges s’explique principalement par la dégradation des spreads entre la matière première qu’est la ferraille, et le rond à béton sur le marché international. « Cette tendance s’explique par la faible demande en Europe dans un contexte inflationniste et une reprise des exportations chinoises à leur plus haut niveau depuis 2016 », a expliqué durant la conférence sur les résultats financiers du groupe, Assia Baraka, directrice communication et marketing du groupe. De fait, les prix de vente ont naturellement baissé et Sonasid a perdu en marge.

Cependant le groupe a pu compter sur son plan stratégique pour limiter les dégâts.

Sans les initiatives stratégiques, le groupe aurait été déficitaire

Malgré la baisse des marges et des prix de vente, le groupe a maintenu des bénéfices en 2023. Cela est principalement le fruit de plusieurs initiatives stratégiques.

« La dégradation des marges a généré 174 MDH d’impact au niveau des résultats de Sonasid », expliquait Youssef Hbabi, directeur financier du groupe. Cependant, avec un volume en hausse de 54 KT additionnelles en 2023, le groupe a pu partiellement compenser cette baisse. « Cela a engendré un effet positif de 60 MDH sur les résultats du groupe », poursuit le directeur financier.

Le groupe a également pu sauver sa profitabilité grâce à son excellence opérationnelle et ses produits à forte valeur ajoutée.

Peu avant la conférence, le directeur général du groupe, Ismaïl Akalay, confiait à Médias24 : « En 2023, le Groupe Sonasid a pu faire preuve de résilience grâce à la bonne exécution de son plan stratégique créateur de valeur. Ainsi, les coûts variables ont baissé de manière significative de plus de 40 MDH. La commercialisation de la fibre d’acier a contribué à hauteur de 18 MDH à nos résultats. Par ailleurs, nous avons également pu développer de nouveaux produits à haute valeur ajoutée dédiés au marché automobile. » Le groupe vend en effet depuis 2024 une partie de sa fibre d’acier à un sous-traitant allemand de BMW basé à Tanger.

Le groupe a également pu faire contribuer son activité de recyclage avec un impact positif de 14 MDH sur le résultat du groupe. « Cela concerne la valorisation émanant du broyage, avec la valorisation de l’aluminium et de l’alliage de cuivre », poursuit le directeur financier. In fine, les contributions des initiatives stratégiques ont apporté une contribution positive de 95 MDH, sans quoi le groupe aurait été déficitaire durant l’exercice 2023.

Malgré le retrait de ses marges, le groupe parvient à générer plus de cash. Cette capacité a été préservée grâce à la maîtrise du BFR, qui s’est apprécié de 56 MDH par rapport à l’exercice précédent. 86% de ce cash a été dédié aux investissements.

Un dividende de 21 dirhams par action sera proposé, soit un payout de 104% contre 97% l’année précédente.

Cette année, l’optimisme est de mise et la concrétisation de différentes opportunités devrait se faire d’ici le second semestre. Plusieurs annonces laissent entrapercevoir des horizons clairs jusqu’en 2028.

Plusieurs piliers de la demande identifiés à horizon 5 ans

Naturellement, à l’instar des entreprises du BTP, les perspectives pour le groupe semblent favorables, dans le sillage de la CDM 2030 et des projets d’infrastructures d’envergures.

« Au niveau de notre activité, nous devrions observer les effets positifs du lancement du programme des logements sociaux à partir du S2-2024. En termes de perspectives, une reprise devrait être attendue au niveau du marché de la construction en lien avec les grands chantiers en cours, notamment la reconstruction post-séisme et le développement des projets d’infrastructures (ports, barrages, usines de dessalement, stades, giga factories…). La demande devrait donc croître de 3% cette année », explique Ismaïl Akalay.

Le groupe anticipe d’ailleurs une croissance moyenne de 3% par an sur les 5 prochaines années du fait de l’ensemble des programmes annoncés, notamment l’aide aux logements, les milliards de dirhams consacrés à la construction des stades de la CDM 2030, ainsi que les 143 MMDH dans le cadre des infrastructures hydrauliques (usines de dessalement et stations de purifications, ndlr). « Depuis août 2023, nous sentons une accélération de la demande sur la partie infrastructure qui représente 25% du marché. Cela est conduit par les infrastructures sportives et hydrauliques ainsi que par les ports où l’on sent une accélération des volumes. Nous livrons Laayoune, Dakhla et Nador. La deuxième partie qui va renforcer la demande sera la partie logement. Nous verrons l’impact de la demande courant du second semestre », explique Assia Baraka.

Sonasid va également lancer un nouveau produit à forte valeur ajoutée dont la production débutera en octobre de cette année.

Une nouvelle usine en construction à Nador pour le fil précontraint et un acier vert certifié

Après plusieurs mois de travail pour obtenir une certification de son acier en acier vert, c’est finalement chose faite. « En 2023, nous avons obtenu le certificat EPD valable 5 ans qui certifie que notre acier est vert. Cela nous permettra de mieux valoriser notre acier et d’accéder à de nouveaux marchés internationaux, en fournissant des projets d’envergure avec des produits répondant aux plus hautes exigences environnementales. Aujourd’hui, nous économisons en moyenne 300.000 tonnes de CO2 par an », nous apprend Ismaïl Akalay. Une opportunité pour le groupe par la suite lors de futures exportations en Europe. Pour la période transitoire (octobre 2023-fin 2025), seule une déclaration des émissions carbone est requise. En revanche, à la mise en place effective de la taxe carbone en 2026, le groupe bénéficiera d’un avantage de taille pour rentrer sur le marché européen.

Le groupe s’est également lancé sur un autre produit à valeur ajoutée qu’est le précontraint, utilisé dans la construction pour les dalles à longues portées. Une opportunité pour le groupe du fait que le Maroc importe l’intégralité de ses besoins.

« Cette année, un nouveau projet verra le jour au niveau de notre site industriel de Nador. Il s’agit de la construction d’une usine de fil précontraint d’une capacité de 30 KT. Le démarrage de la production est prévu pour fin 2024. Aujourd’hui, le Maroc importe la totalité de ses besoins sur ce produit, qui se chiffrent en moyenne, selon les années, de 25 à 40 KT. Sonasid sera donc en mesure de satisfaire la demande du marché national et pourra éventuellement exporter une partie de sa production », nous détaille le directeur général de Sonasid. L’investissement a démarré l’an dernier avec une enveloppe de plus de 75 MDH.

Le groupe pourra également continuer de capitaliser sur la fibre d’acier qui bénéficie d’un engouement de plus en plus important. « Sur cette première année de la fibre d’acier, les exportations ont représenté 80% de notre volume et nous faisons également un travail de prescription sur le marché marocain. Nous voyons un intérêt grandissant de la part des industriels pour le dallage. Nous sentons une conversion rapide de ce marché vers cette solution qui permet de réduire les coûts et sur laquelle on offre une solution en ingénierie qui permet d’optimiser le chantier », conclut Assia Baraka.

Sonasid : légère progression du chiffre d’affaires consolidé à 3,66 MMDH à fin septembre

Cette évolution comprend un effet volume positif de 4%, porté par la bonne dynamique des ventes de rond à béton ainsi que par la contribution de la fibre, nouveau produit à haute valeur ajoutée, explique un communiqué de Sonasid.

La conjoncture économique internationale a toutefois généré une dégradation des conditions de marché en 2023, induisant une contraction significative des marges des sidérurgistes. Cet effet exogène a impacté l’EBITDA de Sonasid à hauteur de 135 MDH à fin septembre 2023, poursuit la même source.

La bonne exécution du plan stratégique, axé sur le développement commercial, le renforcement de la compétitivité et le lancement de nouveaux produits à forte valeur ajoutée, a néanmoins permis d’atténuer l’effet de ces impacts conjoncturels. Sonasid anticipe ainsi un résultat net social bénéficiaire en 2023, qui devrait s’inscrire en baisse d’environ 40% par rapport à l’exercice précédent

Les investissements réalisés à fin septembre 2023 s’établissent à 90 MDH et s’inscrivent dans un programme budgétaire s’élevant à 230 MDH en 2023.

Enfin, le groupe annonce une trésorerie excédentaire de 702 MDH à fin septembre 2023 contre 878 MDH une année auparavant.

Sonasid : nouveaux produits, opportunités de développement, la stratégie décryptée par le DG

Le groupe Sonasid a affiché un chiffre d’affaires consolidé en légère progression de 3,7% à fin juin à 2,54 MMDH. Néanmoins, il a surtout connu une fonte de ses marges sur cette période par rapport à l’année précédente avec un EBITDA en retrait de 30% à 123 MDH. Cette baisse a notamment été induite par un effet prix défavorable et un contexte marché tendu.

Cela n’inquiète pas outre mesure le management de l’entreprise cotée, puisque le groupe affiche une résilience notable, portée par son plan stratégique visant à améliorer l’efficacité opérationnelle et lancer des produits à forte valeur ajoutée pour compenser la volatilité des cours de l’acier et de la ferraille.

Le contexte dans lequel évolue le groupe est marqué par d’importantes actualités susceptibles d’influer le cours de son développement positivement ou négativement. On peut citer l’atonie du secteur immobilier, la fin de la mesure de sauvegarde depuis ce 15 octobre 2023, ou encore les perspectives d’importants projets de construction à la suite du programme de reconstruction d’Al Haouz et ceux liés à l’annonce de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et de la Coupe du Monde 2030.

Médias24 s’est rendu au siège de Sonasid pour rencontrer son directeur général, Ismaïl Akalay. Il analyse pour nous la situation du marché international et nous confie en primeur de nouvelles stratégies sur le développement de l’entreprise.

Une matière première plus chère et un prix de vente plus bas 

« Au niveau du marché international, nous constatons une stabilisation du cours du minerai de fer allant de 110 à 120 dollars, le cours historique étant de 70 dollars. Sonasid base son processus de production sur le recyclage de la ferraille et non sur le minerai de fer, comme cela pourrait être le cas pour les hauts fourneaux. Aujourd’hui, nous constatons que certains opérateurs abandonnent ce minerai et commencent à s’approvisionner en ferraille pour soutenir leur effort de décarbonation. Par conséquent, ces acteurs siphonnent une partie du marché de la ferraille, ce qui alimente une pression haussière des prix de la ferraille », explique Ismaïl Akalay.

De plus, sur certains segments, Sonasid fait face à une concurrence locale plus féroce avec une hausse des importations observée durant le premier semestre. « Le fil machine et rond à béton ont vu leurs prix baisser du fait de la forte concurrence et des importations. Aujourd’hui, avec la levée des mesures de sauvegarde, le fil machine est fortement concurrencé par les importations en provenance d’Europe du Sud », concède-t-il.

Les mesures de sauvegarde sur le rond à béton, elles, sont arrivées à échéance le 15 octobre. Mais l’impact de cette levée sur Sonasid ne sera pas majeur car « l’amendement de l’accord de libre-échange Maroc-Turquie sera mis en place en imposant 36% de droit de douane sur le rond à béton et le fil à machines turques à partir d’octobre 2023. La durée d’application de ce droit est de cinq ans (renouvelable pour une durée de cinq années) », explique le dirigeant.

Les mesures de sauvegarde se traduisaient par une taxe de 50 euros la tonne importée de rond à béton au-delà des quotas. Le plus grand concurrent sur ce produit est la Turquie, mais à l’expiration des mesures de sauvegarde, les droits de douane seront de 36% sur le produit originaire de ce pays, ce qui est plus élevé que les 50 euros qui étaient appliqués.

Sonasid mettra un pied dans l’automobile dès novembre

Par ailleurs, le groupe essaie d’innover en proposant de nouveaux produits à forte valeur ajoutée. En décembre 2022, il avait lancé sa fibre d’acier avec une capacité de production de 20 KT par an. 80% de cette production était destinée au marché nord-américain ; le reste sur le marché local.

« Pour la fibre d’acier, nous remarquons que la demande est en hausse sur le marché marocain. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de proposer uniquement un produit à la vente. Nous œuvrons au quotidien pour offrir un service adapté aux besoins spécifiques de nos clients. Nous avons décidé de développer un bureau d’études en interne afin de déterminer au mieux les spécificités techniques des fibres d’acier requises dans les constructions de nos clients et proposer une solution optimisée pour leurs projets », explique Ismaïl Akalay.

Le produit est désormais exporté et commercialisé en Afrique du Sud, au Canada et en France dans le cadre de l’élargissement du métro parisien, mais aussi à Dubaï. « Nous venons de renforcer notre présence commerciale pour développer l’export de la fibre marocaine aux Etats-Unis. Parallèlement, nous avons décidé de doubler notre capacité de production pour passer à 40 KT à l’horizon 2025. Cela se fera en deux temps avec une montée en production à 30 KT en 2024 puis à 40 KT en 2025″, précise le dirigeant.

Le sidérurgiste va également lancer un investissement dans le précontraint (fil machine torsadé utilisé par les entreprises faisant du béton prêt à l’emploi, ndlr). Actuellement, l’intégralité du précontraint au Maroc est importée, mais dès le premier trimestre 2024, la réalisation industrielle sera lancée pour ce produit avec une production qui démarrera en fin d’année.

L’annonce notable est surtout le lancement du groupe dans l’industrie automobile. Évoquée il y a plusieurs mois, cette industrie était lorgnée par Sonasid. Désormais, le groupe a mis le pied dans le secteur avec un développement produit dérivé de la fibre d’acier. « Ce produit sera commercialisé à partir du mois de novembre 2023. Notre client fournissant de nombreux constructeurs automobile utilisera le produit Sonasid au niveau des câbles des portes, sièges et coffres des voitures », nous apprend le dirigeant.

Cela sera une arme de plus pour Sonasid de lancer un produit à forte valeur ajoutée pour lutter contre la volatilité des matières premières. L’autre opportunité, c’est bel et bien la conjoncture globale à moyen terme avec le besoin grandissant d’infrastructure dans le pays, notamment suite à l’annonce de la Coupe du Monde.

Le marché va se développer de façon importante

Après le drame d’Al Haouz, la nécessité de reconstruire est présente et certains acteurs marocains, dont Sonasid, vont de fait prendre part à cet épisode de reconstruction et d’accompagnement du développement de la région. Le marché semble d’ailleurs l’anticiper. Une hausse assez notable du cours est affichée depuis le 2 octobre de 23%, passant de 550 dirhams à 680 dirhams le titre.

« Au vu des récents événements, le marché connaîtra certainement une hausse de la demande. Sonasid a développé une expertise technique et opérationnelle qui le positionne en acteur incontournable du marché marocain avec la gamme la plus complète de produits longs de grande qualité, conformes aux exigences des normes nationales du secteur. Par ailleurs, à travers notre filiale Longometal Armatures, nous sommes en capacité de fournir les armatures industrielles. En somme, les signaux sont au vert. Nos équipes commerciales présentes et mobilisées sur l’ensemble du territoire se tiennent prêtes à répondre au développement de la demande nationale », explique le directeur général.

Un rond à béton antisismique prévu pour début 2024

Notons que le pays a une capacité installée de 3,5 MT sur le secteur sidérurgique, pour un marché de 1,2 MT. De fait, si la demande progresse, l’acteur national ne rencontrera aucune difficulté à satisfaire cette demande. « Notre laminoir de Nador tourne à 30% de sa capacité, nous sommes donc en mesure d’augmenter notre production », explique-t-il.

D’ailleurs, le groupe a prévu de lancer en 2024 le rond à béton antisismique sur lequel il travaille en recherche et développement depuis deux ans. Bien que des normes parasismiques soient en vigueur au Maroc dans le cadre des constructions, il n’existe pas de rond à béton antisismique. « Il y a différentes qualités de rond à béton antisismique. L’idée est de développer un rond à béton hautement ductile et flexible. Cela requiert une chimie spéciale qui nécessite un coût de fabrication plus élevé », explique le dirigeant.

De fait, le groupe travaille actuellement à l’obtention de la norme de ce nouveau produit. « L’ensemble de nos produits sont certifiés et répondent aux normes et exigences du marché. En vue de la mise sur le marché de notre rond à béton antisismique, nos équipes ont réalisé, avec l’appui des équipes R&D d’ArcelorMittal, plusieurs essais industriels. Nous travaillons aujourd’hui sur l’obtention des certifications nécessaires », conclut Ismaïl Akalay.

Sonasid : CFG maintient sa recommandation d’acheter le titre

Après la publication des résultats de Sonasid au titre de l’exercice 2022, la société de recherche CFG Bank a revu ses prévisions sur le titre. Malgré le fait qu’elle ait revu à la baisse son cours cible à 694 dirhams, elle maintient sa recommandation d’achat en anticipant un upside de 18,1% par rapport au cours actuel.

Le groupe a surpassé les attentes de la société de recherche en termes de revenus en 2022, et ce, grâce à un effet prix favorable. En effet, les revenus du groupe atteignent 115% de l’objectif projeté par CFG Bank.

Sonasid a affiché un chiffre d’affaires de 4.851 MDH, en hausse de 10% par rapport à 2021. Une amélioration des revenus que CFG Bank impute quasi exclusivement à une augmentation significative des prix par rapport à l’exercice 2021. « L’augmentation des prix de l’acier au cours de l’exercice 2022 a été principalement motivée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a entraîné une augmentation temporaire des prix de l’acier (mars et avril), et la forte hausse des prix de l’énergie et du gaz qui ont fait grimper les coûts de production de l’acier », souligne CFG Bank.

Des marges opérationnelles légèrement inférieures aux attentes, mais un rendement alléchant

La marge d’EBITDA est moindre que celle anticipée par la société de recherche. Cette dernière a subi une contraction particulièrement notable durant le S2-2022. « Cela, en raison de l’impact négatif du resserrement des spreads sur les marges opérationnelles au S2 par rapport au S1. En conséquence, sur l’exercice 2022, la marge d’EBITDA du groupe s’est établie en dessous de nos prévisions à 6,2 % », poursuit CFG Bank.

Le résultat net part du groupe a baissé de 20% sur la période à 86 MDH, soit une marge nette de 1,8% contre 2,4% en 2021. « Cette baisse s’explique par la baisse des volumes qui a impacté négativement la rentabilité du groupe, ainsi que par un résultat financier dégradé et l’impact exceptionnel négatif lié à la réévaluation des impôts différés actifs et passifs, suite à la hausse du taux d’impôt sur les sociétés en Maroc », détaille CFG Bank. CFG Bank anticipait une marge nette de 2,2% sur la période.

Le conseil d’administration a annoncé qu’il proposerait un dividende de 30 dirhams par action. Une volonté pour CFG Bank de se positionner comme valeur de haut rendement en continuant de livrer un payout ratio élevé. « Le payout du groupe devrait s’établir à 136,2%, un niveau similaire à l’année précédente (137,5%), tandis que son rendement devrait s’établir à 5,1% », précise la société de recherche. Le groupe continuera d’offrir un rendement supérieur à la moyenne, grâce à une position de trésorerie très confortable qui devrait lui permettre de continuer à offrir un payout supérieur à 100%. Rappelons que fin 2022, le groupe affichait une trésorerie excédentaire de 852 MDH.

Un niveau prix plus avantageux à l’avenir et une diversification des revenus

Le groupe devrait, dans les années à venir, bénéficier d’un niveau de prix de vente supérieur à la période pré-Covid, ce qui devrait lui permettre d’assurer un niveau élevé de revenus et de marges opérationnelles. « Par ailleurs, les efforts du groupe pour améliorer sa structure de coûts devraient porter leurs fruits et contribuer à améliorer encore les marges », souligne la société de recherche.

Le groupe cherche aussi à diversifier ses sources de revenus à travers le lancement de nouveau projets à forte valeur ajoutée. Notamment à travers la production de fibre d’acier qui a commencé fin 2022, et la fabrication de barre d’armature en acier dans le but de pénétrer le marché automobile. « En effet, une voiture est composée en moyenne de 150 kg à 200 kg d’acier long, et Sonasid envisage de pénétrer ce marché avec le lancement de dérivés d’armatures en acier avant de se diversifier éventuellement vers d’autres produits à vocation automobile », précise CFG Bank.

Le groupe bénéficiera d’un portail d’entrée sur le marché africain quand le Royaume aura intégré la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine, ndlr). Il pourra y exporter sans droits de douane une partie de sa production, alors que le rond à béton est aujourd’hui soumis à des droits de douane allant jusqu’à 22%. Une opportunité importante dans un marché continental qui pèse 8 millions de tonnes d’acier par an.

Selon CFG Bank, le groupe devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 3,3% de ses volumes de barre d’armature et de fil machine sur la période 2022-2027. D’ici là, la société de recherche table sur 15.000 tonnes par an de vente de fibre d’acier. Elle table également sur « la montée en puissance progressive, tant en production qu’en commercialisation, du nouveau produit destiné à l’industrie automobile, le lancement de nouveaux projets, ainsi que la montée en puissance des exportations qui devraient représenter environ 13 % des revenus en 2027″.

 

 

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