Une excellente campagne agricole s’annonce dans le Souss-Massa

Alors que la moyenne régionale à Souss-Massa plafonnait autour de 40 mm ces dernières années, les cumuls de pluies enregistrés cette saison oscillent désormais entre 160 et 180 mm, avec des pics historiques dans certaines zones. « À Agadir Ida-Outanane, notamment à Imouzzer, les précipitations ont dépassé 446 mm, un record jamais atteint depuis plus d’une décennie », nous confie le directeur régional d’agriculture, Nor-Eddine Kessa, joint par nos soins.

« À cela s’ajoutent les chutes de neige dans la province de Taroudant, qui joueront un rôle stratégique dans la région, en sécurisant les ressources en eau de montagne et en alimentant progressivement les barrages, notamment Mokhtar Soussi et Aoulouz, grâce à la fonte lorsqu’il fera un peu plus chaud ».

« Ces précipitations sont particulièrement bénéfiques pour la campagne agricole en cours. Nous sommes optimistes quant à son déroulement, qui s’annonce très favorable. Si les pluies se poursuivent, elles auront également un impact positif sur les prochaines campagnes », estime Nor-Eddine Kessa.

Les barrages de la région Souss-Massa remplis à 46%

Les précipitations se poursuivent au Maroc depuis la fin du mois d’octobre, avec des épisodes intenses dans plusieurs régions du Royaume, notamment dans le Souss-Massa ces dernières semaines.

« Les apports enregistrés depuis le 1er janvier sont particulièrement significatifs », affirme le DRA de la région. « En quelques jours seulement, 186 millions de m3 (Mm3) d’eau ont été mobilisés dans les bassins de la région », précise-t-il, rappelant que la capacité globale des barrages du Souss-Massa est estimée à 746 Mm3.

« Avant ces précipitations, les barrages ne contenaient qu’environ 160 Mm³, soit moins de 20% de leur capacité. Aujourd’hui, avec ces nouveaux apports, le taux de remplissage atteint près de 46%, un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2014. Cette amélioration permettra de sécuriser à la fois l’irrigation agricole et l’alimentation en eau potable ».

Le maraîchage devrait dépasser les 28.000 ha

Ces pluies auront un impact très positif sur la campagne agricole en cours. « La vocation agricole du Souss-Massa reste fortement orientée vers le maraîchage et les agrumes », nous rappelle Nor-Eddine Kessa. « Pour ces filières, la campagne en cours s’annonce particulièrement favorable ».

« Les agrumes poursuivent leur saison dans de bonnes conditions, et les pluies récentes devraient améliorer la qualité des fruits encore sur les arbres », notamment en termes de calibre et de teneur en jus.

« Côté maraîchage, la dynamique est très positive. Les superficies devraient dépasser les 28.000 hectares habituels. La disponibilité en eau et la baisse des charges d’irrigation encouragent aussi bien les petits que les moyens agriculteurs à diversifier leurs cultures ».

Les 120.000 ha de céréales prévus d’être achevés d’ici fin janvier

Par ailleurs, « la région compte environ 120.000 hectares de céréales. Jusqu’à récemment, moins de 8% de cette superficie avaient été mis en valeur. Mais grâce aux précipitations, les labours et semis devraient s’accélérer, avec une finalisation prévue d’ici fin janvier. Les petits et moyens agriculteurs sont particulièrement concernés ».

Dans ce sens, le DRA de Souss-Massa souligne que « la SONACOS (Société nationale de commercialisation des semences) a mis à disposition les semences nécessaires en blé dur, blé tendre et orge, facilitant la relance de la céréaliculture ».

L’arboriculture s’annonce également très prometteuse, selon notre interlocuteur, « notamment pour l’olivier, le caroubier, le grenadier, l’arganier et l’amandier, qui bénéficieront pleinement de l’humidité des sols et de la recharge hydrique ».

Vers la réduction des charges des agriculteurs

Au-delà des cultures, « cette pluviométrie exceptionnelle profitera aussi à la nappe phréatique, essentielle à la sécurisation du maraîchage et des agrumes », poursuit notre source. « Les parcours pastoraux ont également été largement arrosés, annonçant une année riche en pâturages ».

« Cette situation favorisera la reconstitution du cheptel, les éleveurs pouvant privilégier le pâturage naturel au détriment de l’achat d’aliments, réduisant ainsi leurs charges ». L’impact sur l’élevage est donc jugé très positif.

Nor-Eddine Kessa rappelle que « même durant les années les plus difficiles, la région a su faire preuve d’une forte résilience, portée par les orientations du Plan Maroc vert. Près de 90% des exploitations agricoles sont aujourd’hui équipées en irrigation goutte-à-goutte, et de nombreux agriculteurs ont recours à des systèmes d’irrigation performants permettant d’importantes économies d’eau, y compris l’utilisation d’eaux non conventionnelles et du dessalement ».

« Cependant, cette adaptation avait un coût élevé, notamment pour le pompage à grande profondeur, parfois jusqu’à 300 mètres, alourdissant les charges de production. Les pluies actuelles viennent ainsi soulager significativement les agriculteurs ».

Reprise de l’irrigation dans la région

Autre point majeur relevé par le DRA de la région, « la reprise de l’irrigation dans les périmètres irrigués par les barrages, après une période d’arrêt. Tous les barrages de la région devraient reprendre leur rôle d’alimentation », un facteur déterminant pour les petits agriculteurs, souvent les plus vulnérables face au stress hydrique.

« Avec des parcelles déjà bien irriguées, certains agriculteurs pourront suspendre l’irrigation pendant un mois à un mois et demi, réduisant significativement leurs coûts et améliorant leurs marges ».

« La campagne agricole 2025-2026 s’annonce donc comme une année exceptionnelle pour le Souss-Massa« , estime Nor-Eddine Kessa. « Les agriculteurs affichent un réel optimisme. La production devrait être au rendez-vous, avec des charges en baisse et des perspectives de diversification accrues, notamment dans le maraîchage ».

« Le taux de remplissage actuel des barrages constitue également un acquis stratégique susceptible d’impacter positivement non seulement la campagne en cours, mais aussi les prochaines saisons agricoles« , conclut-il.

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Tourisme et formation. L’ISITT de Tanger aura des annexes à Marrakech et à Agadir

Cette décision, approuvée conjointement par le ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire ainsi que par le ministre délégué chargé du Budget, vise à renforcer l’offre de formation touristique dans les régions concernées.

Les deux nouvelles annexes sont :

Ces annexes ambitionnent de répondre aux besoins en formation professionnelle et académique dans le secteur touristique, essentiel pour le développement économique et social des deux régions et du secteur du tourisme national en général.

Tomates fraîches : le Maroc 2ᵉ fournisseur de l’UE et 3ᵉ exportateur mondial

Le Maroc est le troisième exportateur mondial de tomates fraîches, avec 11% de part de marché et un taux de croissance annuel moyen de 11%, supérieur à la moyenne mondiale (3%). Il figure derrière le Mexique et les Pays-Bas. L’Union européenne (les 27 pays + Royaume-Uni) reste le premier marché importateur mondial, représentant 42% des volumes et 54% de la valeur.

Ces chiffres, annoncés par l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (Morocco Foodex) à l’occasion de la Morocco Tomato Conference, qui s’est tenue le mercredi 21 mai à Agadir, classent le Maroc comme deuxième fournisseur de l’UE avec 24% de part de marché, derrière les Pays-Bas.

Il est également le deuxième fournisseur du Royaume-Uni, qui a importé 396.000 tonnes en 2024, dont 27,1% en provenance du Maroc.

La tomate marocaine est également présente sur d’autres marchés :

– Afrique subsaharienne : 31.000 t exportées (+23%), 2e fournisseur ; 

– Pays du Golfe : 3.000 t exportées (+39%), 6ᵉ  fournisseur.

À fin avril 2025, les exportations marocaines de tomates fraîches affichent une dynamique croissante avec un volume total de 621.000 t, soit une hausse de 9% par rapport à la campagne 2023-2024 (570.000 t). L’Union européenne, incluant le Royaume-Uni, demeure le principal marché de destination, absorbant à elle seule 570.000 t, en progression de 8%. 

La région Souss-Massa, véritable pôle de production, continue de jouer un rôle central en assurant à elle seule 609.000 t des exportations nationales. Le Maroc se spécialise également dans les tomates de segmentation (cerise, allongées, etc.), avec 350.000 t exportées en 2024-2025 (+35%). L’UE en a absorbé 239.000 t. 

Un marché en croissance mais fortement concurrentiel

Le Maroc fait face à une concurrence internationale soutenue sur le marché de la tomate fraîche. Parmi ses principaux concurrents, la Turquie se distingue par une dynamique exportatrice forte, bien que largement dépendante du marché européen. L’Espagne, malgré un recul de sa production de 21% en 2024, demeure un acteur historique influent.

Les Pays-Bas, quant à eux, dominent la production sous serre haut de gamme, tandis que le Mexique règne en Amérique du Nord. Des pays comme l’Italie, la France et le Portugal enregistrent une croissance plus modérée, mais régulière.

Le Maroc doit également relever plusieurs défis de taille. Sur le plan phytosanitaire, le virus ToBRFV représente une menace persistante pour la production.

Les conditions climatiques extrêmes, à l’instar de la sécheresse, des vagues de chaleur et des pluies excessives, compliquent davantage la donne. À cela s’ajoutent les exigences environnementales croissantes, notamment celles imposées par le Green Deal européen, ainsi que la hausse des coûts logistiques liée à la réorganisation des alliances maritimes.

Enfin, la compétition s’intensifie, en particulier avec la Turquie, dans un contexte mondial marqué par des barrières non tarifaires et des tensions géopolitiques, comme celles liées à l’accord UE-Mercosur [traité de libre-échange critiqué pour ses impacts sur l’agriculture et l’environnement, ndlr].

La taille du marché mondial de la tomate fraîche en 2024 est estimée à 207 milliards de dollars et, à l’horizon 2029, elle atteindra une valeur de 261,41 milliards de dollars. Les facteurs de croissance reposent notamment sur l’utilisation accrue de la tomate dans différents secteurs et aussi sur les initiatives des différents gouvernements pour améliorer la productivité. D’ailleurs, la production mondiale s’élève actuellement à 197 millions de t, avec une progression attendue jusqu’à 205 millions de t en 2028, soit un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 1%.

Une autre tendance notable réside dans l’augmentation de la demande pour les petites variétés de tomates, particulièrement marquée sur le marché européen. En Europe, la production de tomates fraîches devrait reculer, passant de 17 millions de t en 2024 à 16,5 millions en 2028. Cette baisse s’explique notamment par la réduction des surfaces cultivées, qui passeraient de 86.615 hectares en 2024 à 76.000 hectares en 2028.

Ce contexte offre une véritable opportunité pour les pays exportateurs comme le Maroc, surtout en réponse à une demande européenne toujours soutenue, en particulier au Royaume-Uni, où les consommateurs montrent une nette préférence pour les tomates en vrac, biologiques et premium.

Figues de Barbarie. Dans le Souss, la lutte contre la cochenille porte ses fruits

Depuis son apparition en 2014, la cochenille ne cesse de ravager les champs de cactus, menaçant les productions de figues de barbarie. En marge de la 17ᵉ édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), Médias24 s’est entretenu avec un collectif d’agriculteurs du Souss, qui réussissent non seulement à combattre ce ravageur, mais aussi à produire quasiment toute l’année.

La genèse de ce projet s’inscrit dans les difficultés d’approvisionnement en matière première de ces producteurs dont l’activité principale reposait sur l’extraction d’huile à partir des graines de figues de barbarie. « Nous avons décidé de réaliser notre propre plantation pour produire notre matière première », explique Lahcen Ajebbour, agriculteur membre de l’agrégation Moroccan Cactus.

Après avoir hésité entre différentes variétés, ils ont sélectionné celles offrant les meilleurs résultats en termes de production, de calibre et de graines. Grâce à des conduites culturales adaptées, ils ont découvert que les cactus pouvaient produire quasiment toute l’année. « Excepté les mois de décembre et de janvier », ajoute notre interlocuteur.

Preuve en est, les fruits exposés à l’occasion du SIAM, au cœur du printemps, pour un fruit plus souvent disponible en été. Une véritable aubaine, car dans la culture du cactus, tout est valorisé : les graines, les fruits, les raquettes, et même les déchets pour la consommation animale.

Mais, pour en bénéficier, il a fallu s’atteler à une conduite culturale dès la plantation, au mètre près. « Lors de la plantation, un espacement de 2 mètres entre les plantes et de 5 mètres entre les lignes est respecté, selon les meilleures pratiques issues de plusieurs expérimentations », explique notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « La taille des cactus est essentielle également. Les parties taillées sont utilisées soit pour la replantation, soit pour l’alimentation du cheptel ». En outre, pour lutter contre la cochenille, qui reste un fléau persistant, « un contrôle journalier est instauré, avec des rondes continues. Dès l’apparition des premiers signes, un traitement à l’eau est appliqué avec une brosse ».

Résultat : des rendements en constante progression, avec, dès la deuxième année, une récolte de 5 à 6 tonnes par hectare. « La troisième année, nous avons atteint 10 tonnes par hectare. Et, à partir de la quatrième, le rendement atteint entre 30 et 50 tonnes par hectare », conclut Lahcen Ajebbour.

Souss-Massa. Le démarrage de la deuxième station de dessalement espéré d’ici la fin d’année (Noureddine Kessa)

“La région Souss-Massa présente un modèle de résilience par rapport au changement climatique”, annonce d’emblée Noureddine Kessa, directeur régional de l’Agriculture (DRA) de Souss Massa.

La région a connu 7 ans consécutifs de stress hydrique soutenu. “Nous sommes à 40% de pluviométrie par rapport à la moyenne de la région qui est de 250 millimètres”, précise notre interlocuteur.

Deuxième station de dessalement

La première station de dessalement a pu résoudre le problème pour le maraîchage. Le DRA Souss-Massa affirme qu’une deuxième station verra le jour. Il explique : « Cette station sera la plus grande au niveau national et de l’Afrique. Elle pourra produire plus de 350 millions de m³ de production d’eau dessalée et 250 millions pour l’irrigation ».

« Nous espérons le démarrage de la station en fin d’année, ce qui donnera beaucoup d’espoir aux gens », nous déclare-t-il.

Dessalement

Le grand projet de dessalement de Souss-Massa a pu « soulager l’irrigation et préserver l’activité agricole ». Cela a permis de donner un nouvel élan à l’agriculture dans la région.

« Aujourd’hui, la région Souss-Massa est pratiquement à 90% reconvertie en goutte à goutte, ce qui résulte en une économie d’eau par hectare qui dépasse les 2000 mètres cube », abonde le DRA de la région.

Mais est-ce que ce projet de dessalement suffit à satisfaire les besoins en eau agricole ? Nourredine Kessa affirme qu’il existe une forte demande sur l’eau dessalée, même si elle coûte 5 dirhams.

Première région à bénéficier de dessalement pour l’irrigation et l’eau potable

La station de dessalement produit « 275 000 mètres cubes, 150 000 pour l’eau potable et 125 000 pour l’irrigation ». La région de Souss Massa a été la première à bénéficier de dessalement pour l’irrigation et l’eau potable.

« Dans quelques semaines, une extension va voir le jour pour durer 18 mois afin d’atteindre 400.000 mètres cubes en production, la moitié pour l’irrigation et l’autre moitié pour l’eau potable », précise notre interlocuteur.

Afin de réussir dans les projets de dessalement, il faut préserver la nappe. Le programme national d’économie d’eau a des projets au niveau de la plaine. La région Souss-Massa a pu bénéficier de 50.000 ha reconvertis, 138.000 ha ont été équipés en goutte-à-goutte.

Une convention à 60 MDH pour réhabiliter la zone industrielle d’Aït Melloul

La zone industrielle d’Aït Melloul est l’une des toutes premières du genre au Maroc. Créée en 1988 dans la préfecture d’Inezgane-Aït Melloul sur une superficie de 354 hectares, elle n’a jamais pu décoller pour diverses raisons, de gestion, entre autres.

Aujourd’hui, la région de Souss-Massa et ses partenaires tentent de revenir à la charge pour donner une nouvelle vie à cette zone industrielle.

Une convention dans ce sens a reçu le feu vert du conseil régional après amendement. Cette convention lie deux collectivités territoriales (la région et la commune), deux départements concernés (Commerce et industrie et Économie et finances) en plus de la tutelle (wilaya de la région et préfecture d’Inezgane-Aït Melloul).

Ses objectifs se déclinent comme suit :

La réhabilitation de la zone industrielle d’Aït Melloul devra coûter un peu plus de 60 MDH supportés à parts égales par le Fonds national des zones industrielles (FONZID-II), la commune d’Aït Melloul et la région de Souss-Massa.

Ce budget servira aux prestations suivantes :

Infrastructures. 466 MDH pour la réhabilitation du port d’Agadir

Le port d’Agadir sera réhabilité afin de consolider la compétitivité régionale de ce port à travers des programmes communs visant à maximiser l’impact socio-économique de ses activités.

Les parties prenantes à cette convention comprennent le conseil de la région, l’Agence nationale des ports (ANP) ainsi que plusieurs départements ministériels concernés (Intérieur, Industrie et Commerce, Transition énergétique et Équipement). Mais ce sont la région et l’ANP qui supporteront le coût des travaux à raison, respectivement, de 220 et de 246 MDH, soit un total de 466 MDH.

Selon les données que nous avons pu collecter auprès du conseil régional que préside Karim Achengli, ce projet ambitionne d’accélérer le développement des infrastructures du port d’Agadir pour accompagner le Programme de développement régional (PDR) de Souss-Massa sur la période 2022-2027.

Il s’agit aussi, selon la même source, de mettre en œuvre les différents projets dudit port dans le cadre d’une vision intégrée entre cette infrastructure portuaire et son hinterland (arrière-pays).

Plus concrètement, la mise en œuvre de cette réalisation s’articulera autour de quatre axes :

>>> Un troisième accès au port : (Les travaux devaient commencer en février 2025).

>>> Un nouveau terminal pétrolier : (Les études techniques ont été réalisées à 80%).

>>> Aménagement du nouveau terminal polyvalent : (Début des travaux en ce mois de mars 2025).

>>> Approfondissement des bassins du port : (Études techniques achevées).

La forme et la validité de l’acte notarié au centre d’une journée d’étude à Agadir

L’organisation de cette journée d’étude, en collaboration avec la Cour d’appel d’Agadir, fait suite à une série de rencontres scientifiques précédemment organisées à Marrakech et Béni Mellal, dans le cadre du renforcement du jumelage et du partenariat professionnel et scientifique entre ces conseils régionaux.

Cette initiative vise à améliorer la performance professionnelle des notaires et à promouvoir le niveau de la formation à travers une discussion des principaux défis et problèmes liés à la pratique notariale, qu’ils soient juridiques, judiciaires ou pratiques, explique un communiqué conjoint.

Cet événement constitue une opportunité pour explorer les moyens d’élaborer un acte notarié efficace, garantissant pleinement ses effets juridiques et assurant ainsi les droits des contractants d’une part, et ceux de l’État d’autre part. Il vise également à permettre aux notaires de produire un acte authentique valide et conforme à toutes les conditions de forme et de fond stipulées dans la loi n° 32-09 régissant la profession du notariat au Maroc, ainsi qu’aux textes spécifiques relatifs à cette profession.

Le respect des conditions de forme et de fond par le notaire, ainsi que le respect des règles éthiques stipulées à l’article 2 de la loi n° 32-09 régissant la profession et le principe d’unification de la pratique notariale, contribuera de manière significative à réduire les risques associés à ce que la doctrine juridique appelle « la crise du contrat ». Cela aidera à protéger le notaire contre toute responsabilité légale éventuelle, tout en garantissant la validité de l’acte authentique contre toute perturbation pouvant le conduire à des litiges judiciaires.

À cette fin, un certain nombre de thèmes liés à ce sujet seront discutés et analysés d’un point de vue juridique et pratique par un groupe d’experts dans le domaine du notariat et de la justice. Parmi les principaux thèmes, on trouve notamment :

• Les conditions de forme et de fond de validité de l’acte notarié ;
• Les lacunes de la loi n° 32-09 entravant la rédaction des actes notariés ;
• Le contrôle conjoint des offices notariaux : entre limitations et efficacité ;
• Les actes notariés face aux défis de la digitalisation rapide et de la lenteur législative ;
• L’importance du devoir de conseil et du secret professionnel, et leurs limites ;
• La responsabilité civile et pénale du notaire à travers l’authentification des actes notariés ;
• La responsabilité du notaire concernant la formalisation des actes et accords : entre le texte juridique et la réalité pratique ;
• La force probante et exécutoire de l’acte notarié : du passé à l’avenir ;
• La mise en œuvre de l’assurance et du fonds de garantie des notaires : entre exigences professionnelles et textes juridiques.

Lancement imminent des travaux du port sec Agadir Atlantic Hub

Ce document a été signé par le président du Conseil régional de Souss-Massa, Karim Achengli, le directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), Khalid Safir, le directeur général de l’Agence marocaine de développement de la logistique, Ghassane El Machrafi, le directeur général de l’Agence nationale des ports, Mustapha Farès et le président du Conseil de surveillance de l’Agence spéciale Tanger-Méditerranée, Fouad Brini.

S’étendant sur une superficie de 100 Ha, au sein de la zone franche d’exportation dans la commune de Drarga, le futur port sec d’Agadir, qui est le plus grand projet logistique de la région Souss-Massa, sera composé de zones de stockage et de conditionnement, d’un espace pour conteneurs vides et pleins et d’une zone réservée aux services administratifs et douaniers.

Un port sec pour désengorger les infrastructures maritimes 

Contacté par Médias24, Driss Boutti, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) pour la région Souss-Massa, a précisé que ce projet, en préparation depuis trois ans, incarne une solution moderne pour pallier la saturation des ports maritimes du Royaume.

« Un port sec est une infrastructure logistique située à l’intérieur des terres, dotée de toutes les fonctionnalités d’un port maritime, mais sans accès direct à la mer », a expliqué Driss Boutti. Conçu pour répondre aux limites d’expansion des ports maritimes, ce type d’infrastructure vise à optimiser les flux d’importation et d’exportation, tout en réduisant la pression sur les ports côtiers. « Ils permettent de désengorger les ports tout en améliorant l’organisation des opérations logistiques », a-t-il ajouté.

Doté d’un budget prévisionnel de 1,4 milliard de DH, ce port sec devrait générer à terme 10.000 emplois directs et indirects. Selon Driss Boutti, « ce projet n’est pas seulement une réponse aux défis logistiques, mais aussi un levier de développement économique pour la région et le pays ».

Le futur port sec comprendra plusieurs composantes essentielles :

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Leoni ouvre sa nouvelle usine à Agadir

La nouvelle unité de production de Leoni à Agadir, d’un investissement de 230 millions de DH, est implantée au cœur de la Zone d’accélération industrielle (ZAI) Souss-Massa. S’étendant sur 7,6 hectares, dont plus de 19.000 m² sont dédiés à la production, cette unité permettra, selon le groupe, la création de plus de 3.000 emplois directs d’ici 2027, portant ainsi à 19.000 le nombre total d’emplois au sein de Leoni au Maroc. Cette implantation fera passer le nombre d’unités de production du groupe dans le Royaume à 11.

Cette inauguration représente une étape clé dans la mise en œuvre du protocole d’accord conclu entre le groupe Leoni et le gouvernement marocain, visant la réalisation de six projets capitaux dans le secteur automobile. Ces investissements, d’un montant global de plus de 932 millions de DH, sont répartis sur plusieurs régions du Royaume, avec un impact significatif attendu sur l’économie locale, indique un communiqué de Leoni. À terme, ces projets généreront la création de 7.100 nouveaux emplois directs d’ici 2027.

« Un tel investissement est de nature à conforter la position de notre pays sur la carte mondiale de l’industrie automobile, et la confiance du groupe allemand Leoni vient confirmer le dynamisme et l’essor que connaît ce secteur au Maroc, grâce à la vision éclairée du Roi Mohammed VI, faisant désormais du Royaume une destination de choix pour les leaders mondiaux du secteur de l’automobile », a déclaré le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui présidait la cérémonie d’inauguration.

« Ce projet renforcera, par ailleurs, la position d’Agadir en tant que nouveau pôle industriel, au regard du potentiel dont dispose cette ville en termes d’infrastructures industrielles et logistiques modernes, en plus d’un système de formation professionnelle qui s’adapte aux besoins des entreprises », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de son expansion, Leoni a mis en place des programmes de formation sur mesure pour accompagner ses employés dans le développement de leurs compétences, souligne le communiqué de Leoni. Ces initiatives comprennent des formations techniques spécifiquement conçues pour répondre aux exigences de production, ainsi que des séminaires axés sur le leadership d’équipe.

Ce site de production est dédié à la fabrication de câblages pour véhicules commerciaux, y compris les poids lourds, les chaînes cinématiques et les véhicules tout-terrain. Conçu pour répondre aux normes strictes des marchés internationaux tels que l’Allemagne, la France, l’Italie et le Japon, il se distingue par sa capacité à produire des séries limitées de câblages hautement complexes, parfaitement adaptés au segment des véhicules utilitaires, indique la même source.

« Notre implantation à Agadir reflète une décision stratégique qui témoigne de notre engagement à long terme envers le Maroc et sa région en pleine croissance. Cette démarche illustre notre conviction dans le potentiel du pays ainsi que dans le dynamisme du continent africain et confirme notre capacité à transformer nos engagements en actions concrètes. Elle nous permet de renforcer notre compétitivité dans le secteur des véhicules utilitaires, tout en déployant des processus intelligents au sein de notre réseau de production mondial », a déclaré Ingo Spengler, member of the Executive Board & COO of Leoni.

« Leoni Operating Systems (LOS), véritable colonne vertébrale de notre production, est utilisé sur notre site de Leoni Agadir comme site pilote pour les applications automobiles et industrielles. Il offre une gamme étendue de fonctionnalités pour la gestion des données et des processus liés à la production de faisceaux de câbles, parmi d’autres applications. LOS s’intègre harmonieusement aux processus industriels de Leoni afin d’améliorer la productivité, d’optimiser les flux de production et de soutenir la gestion de systèmes de fabrication complexes. Il inclut des modules avancés pour la surveillance en temps réel, les rapports et d’autres outils essentiels aux opérations de Leoni », a-t-il expliqué.

« Grâce à cette nouvelle orientation axée sur l’innovation technologique de nos processus de production, nous visons à améliorer durablement notre flexibilité. Nous sommes déterminés à croître plus rapidement que le marché dans le segment des véhicules utilitaires au cours des années à venir, en mettant l’accent sur une stratégie orientée vers l’excellence en qualité, le coût optimal et la livraison conforme », a conclu Ingo Spengler.

« L’inauguration de notre nouveau site à Agadir marque une étape clé dans notre stratégie de développement au Maroc, symbolisant notre engagement à long terme dans le Royaume. En choisissant de nous installer dans cette région, nous participons activement au dynamisme économique local tout en renforçant l’innovation et l’excellence dans le secteur des technologies automobiles », a déclaré, pour sa part, Fakhri Bouguerra, directeur général de Leoni Maroc.

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Le décret de la création de la zone franche d’exportation Souss-Massa publié au Bulletin officiel

Le Conseil de gouvernement avait adopté le 13 décembre dernier le projet de décret n° 2.23.725 modifiant et complétant le décret n° 2.18.738 du 22 Rabii I 1440 (30 novembre 2018) portant création de la zone franche d’exportation Souss-Massa.

Ce décret, signé par Aziz Akhannouch et publié au Bulletin officiel du 6 janvier 2025, autorise la création de la zone franche d’exportation Souss-Massa.

Conformément à l’article premier de ce décret, la dénomination de « zone d’exportation libre » est désormais remplacée par « zone d’accélération industrielle » dans toutes les références du décret n°2.18.738.

L’article 2 du décret initial a été entièrement reformulé. La nouvelle version précise que la zone d’accélération industrielle Souss-Massa sera aménagée sur un terrain de 305 hectares situé dans la commune de Drarga, préfecture d’Agadir-Ida Outanane. Cette zone fait partie intégrante du pôle urbain de Tikadirt et comprend les références cadastrales suivantes :

La zone est bordée au nord par la route nationale n°11 reliant Agadir à Marrakech, à l’est par le pôle agricole de Souss, à l’ouest par Tikadirt, et au sud par Tadoart.

La nouvelle version de l’article 3 définit, quant à elle, les secteurs d’activité éligibles au sein de la ZAI Souss-Massa que sont les industries agroalimentaires, plastiques, logistiques et port sec, et prestations en lien direct avec ces secteurs.

Port sec d’Agadir : l’achèvement des premières installations attendu pour début 2026 (Driss Boutti)

Coup d’accélérateur au projet du port sec d’Agadir, une infrastructure qui se fait attendre depuis un moment, en particulier par les investisseurs qui voient en elle une opportunité à même de donner un essor industriel et commercial sans précédent à la région.

Réuni le jeudi dernier, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de décret n° 2.23.725 modifiant et complétant le décret n° 2.18.738 portant création de la zone franche d’exportation Souss-Massa. Ce projet de décret vise concrètement à modifier la délimitation des périmètres de la Zone d’accélération industrielle de Souss-Massa, créée en 2018, afin de l’adapter au plan d’aménagement de la commune de Drarga, ainsi qu’à inclure la logistique et les activités liées au port sec parmi celles pouvant être exercées au sein de cette zone.

Officialisation du lancement des travaux fin janvier 2025

« L’espace où sera érigé le port sec, projet que nous avons intitulé Agadir Atlantic Hub, sera extrait d’une assiette foncière (100 ha) de la zone franche (305 ha). Pour extraire ces 100 ha, il a fallu un projet de décret. Après plusieurs allers-retours entre les administrations, ce texte a été enfin adopté. Il s’agit effectivement d’un coup d’accélérateur« , explique à Médias24, Driss Boutti, président de la CGEM Souss-Massa.

La région de Souss-Massa, l’Agence nationale des ports (ANP), la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) et Tanger Med (TMSA) les cinq parties portant ce projet, officialiseront bientôt le lancement des travaux, maintenant que le décret est adopté.

« Une signature officielle pour entamer le lancement des travaux doit se faire vers fin janvier. La société Agadir Atlantic Hub qui sera chargée de la gestion, la commercialisation et l’exploitation du futur port sec, est en train d’installer ses locaux à Agadir. Toutes les études techniques sont par ailleurs prêtes, que ce soit sur site ou hors site », fait savoir le président de la CGEM Souss-Massa.

Les premières installations devront être livrées début 2026 

Quand est-ce que ce projet stratégique va-t-il prendre forme? Selon notre interlocuteur, le projet ne peut pas être livré, entièrement, d’un seul coup. « Les premières installations seront probablement livrées début 2026. Quant à la livraison de l’intégralité du projet, celle-ci doit avoir lieu en 2028« , répond notre interlocuteur.

Plus vite le port sec d’Agadir verra le jour, mieux se portera l’investissement dans la région. Autour d’une table ronde organisée à Agadir dans le cadre de notre Tour des régions en action, deux grands investisseurs dans la région, Leoni et Meditech Gloves Morocco, nous soulignaient que l’installation dans la région était notamment décidée grâce à cette promesse de port sec.

Dans la même lignée, Driss Boutti affirme : « Le port sec d’Agadir est le projet qui peut changer la donne, logistiquement parlant, étant donné que le port maritime n’est pas extensible. Le port sec d’Agadir viendra donc renforcer le port maritime qui demeure saisonnier. L’activité des conteneurs s’y chiffre à 30% pendant la campagne agricole. Hormis cette période, l’essentiel de l’activité repose sur quelques petites opérations« .

« L’idée de lancer un projet pareil a émergé suite aux suggestions des investisseurs qui insistent aujourd’hui sur la nécessité d’avoir un grand port avec des espaces logistiques et des espaces de stockage importants pour développer de grandes industries à l’instar de l’automobile et de l’aéronautique. En effet, le port sec d’Agadir permettra d’asseoir une ligne de cabotage qui va relier le port d’Agadir aux ports de Casablanca et à Tanger-Med », conclut notre source.