Sport-études. Plus de 8.000 élèves-athlètes combinent scolarité et entraînements (Berrada)

L’organisation conjointe de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et de la Coupe du monde 2030 constitue un véritable levier de transformation pour le Maroc. C’est le message qu’a tenu à faire passer Mohamed Saâd Berrada, ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, lors d’une réunion organisée le mercredi 21 mai à Rabat par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF), consacrée aux projets structurants liés à ces deux événements majeurs.

« C’est presque 20 milliards de DH avant la CAN, et 10 autres milliards de DH par la suite« , a révélé le ministre, insistant sur l’ampleur des investissements publics pour mettre à niveau les infrastructures sportives, en particulier les stades.

Il a précisé que le ministère, en tant que maître d’ouvrage, supervise directement la réalisation de ces infrastructures, en étroite collaboration avec la Sonarges, chargée de leur gestion et de leur maintenance à long terme. Il a également tenu à remercier l’ANEP, qui assure les équipements et les travaux de gros œuvre des stades, sous la direction de Zineb Benmoussa.

Une vision au-delà du sport : un projet de société

Mais au-delà de la logistique et des infrastructures, l’État veut faire de la CAN 2025 et du Mondial 2030 un véritable projet de société. En tant que ministre de l’Éducation, Berrada insiste sur l’importance d’impliquer les élèves et de renforcer le rôle du sport à l’école.

Il cite notamment le chantier du sport-études, aujourd’hui en plein essor, avec plus de 8000 élèves-athlètes combinant scolarité le matin et entraînements l’après-midi. « Ce sont nos meilleurs élèves », souligne-t-il, en insistant sur les vertus éducatives du sport et la nécessité de former les futurs champions dès l’école.

Le sport pour tous, partout

Le ministre a également mis l’accent sur la démocratisation du sport, à travers le réaménagement des terrains scolaires et la création d’infrastructures de proximité, même dans les zones rurales les plus reculées. « On veut que nos installations sportives soient ouvertes sur leur environnement », a-t-il affirmé, évoquant l’objectif d’ouvrir des terrains dans toutes les communes, pour permettre à tous les jeunes de pratiquer le sport, indépendamment de leur lieu de résidence.

Sport et arbitrage : les praticiens débattent des spécificités d’un domaine fermé

“Arbitre”, un terme appartenant aussi bien au lexique sportif que juridique et qui désigne le rôle joué par une personne neutre et indépendante pour trancher une situation donnée. Ces deux métiers, bien que différents à plusieurs niveaux, se rejoignent lorsque l’arbitre (sur le plan juridique) vient trancher un conflit sportif, ce qui nécessite une expertise particulière, surtout lorsque ce conflit s’étend à l’international.

Ce souci de garantir l’expertise de l’arbitre (entre autres critères cruciaux), expliquerait la mise en place de listes fermées d’arbitres par certains centres d’arbitrage. C’est le cas du Tribunal arbitral du sport (TAS).

Un choix que certains praticiens critiquent et déplorent. C’est le cas de l’avocat Thibaud Dales, partner chez Clifford Chance, qui intervient à l’occasion de la 8ème édition des “Casablanca Arbitration Days 2024” (les 13 et 14 décembre), un événement co-organisé par Casa Finance City (CFC) et le Casablanca International Mediation and Arbitration Centre (CIMAC).

Les discussions, dans le cadre de ce même panel, ont également fait réagir les intervenants au sujet d’autres volets importants de l’arbitrage dans le sport, dont les particularités sont nombreuses, notamment en matière d’évaluation de l’impartialité, ou encore du choix de la nationalité de l’arbitre.

“Par définition, l’arbitre est neutre et impartial”

Selon Me Thibaud Dales, il existe trois centres d’arbitrage dans le monde qui pratiquent “les listes fermées”. Ce qui n’offre, selon lui, aucun intérêt en matière de garanties de la neutralité de l’arbitre puisque “par définition, l’arbitre est neutre et impartial”.

“En revanche, ce que génère la liste fermée pour le TAS, c’est la perception du manque d’indépendance de la part des utilisateurs, voire des clients, puisque certains considèrent même qu’il y a une relation commerciale entre le centre et les parties. Le problème de la liste fermée, c’est qu’elle va au rebours d’un principe fondamental du droit de l’arbitrage qui est celui de la liberté”, explique-t-il.

“Si l’on se dirige vers l’arbitrage plutôt que les juridictions étatiques, c’est parce qu’il y a un consentement à l’arbitrage. C’est-à-dire, la possibilité de choisir son propre arbitre et de considérer, pour une partie, qu’un arbitre est le mieux à même d’entendre les arguments car, par exemple, il connaît le sujet, a un recul, une expérience, ou encore une certaine sagesse”.

Me Thibaud Dales souligne que “la méthode de conception de la liste des arbitres du TAS met en lumière une forte implication d’un certain nombre d’institutions qui, dans un deuxième temps, pourront se retrouver impliquées dans l’arbitrage en question. Donc on se retrouve avec des institutions qui ont fabriqué la liste d’arbitres et qui vont, ensuite, se retrouver dans des dossiers à devoir désigner ces mêmes arbitres. Cela pose un problème de perception d’un risque d’atteinte à la neutralité”.

Par ailleurs, il explique “la justification qui est donnée par les centres qui pratiquent les listes fermées” et qui, selon lui, “est double”. Le premier argument est celui de “la spécificité de la matière”.

“Je l’entends, pour le dopage par exemple, puisqu’il faut une vraie expertise et qu’il faut uniformiser un certain nombre de pratiques. Mais pour le reste des arbitrages qui sont soumis au TAS, je suis plus sceptique”.

“Le deuxième argument est celui de l’harmonisation de la jurisprudence”, poursuit l’intervenant. Il explique que l’objectif derrière est d’“éviter une sentence qui ne serait pas conforme à ce que le centre attend”. Ce qui constitue, pour cet expert, l’argumentaire le plus “choquant”. Car il estime qu’une “jurisprudence n’a pas à être harmonisée”.

De ce fait, “les deux arguments donnés par les centres qui pratiquent les listes fermées sont”, pour Me Thibaud Dales, “d’assez peu de poids”.

Mais pour l’avocat João Nogueira da Rocha, la liste fermée du TAS, en matière de dopage ou encore en matière de football, est un moyen de “spécialiser l’arbitrage”. Il fait le parallèle avec la profession de médecin qui offre plusieurs spécialités. Pour lui, ces listes fermées spécialisées rendent “l’arbitrage plus juste”.

Des critères particuliers

Une autre spécificité de l’arbitrage dans le sport a été relevée par les intervenants de ce panel. Il s’agit des critères d’impartialité des arbitres. Me Monia Karmass, avocate en droit des affaires et du sport chez Libra Law, explique qu’il est plus difficile de statuer sur l’impartialité de l’arbitre que sur son indépendance. Cette dernière constitue un critère “plus objectif”.

“En matière d’indépendance, on peut faire des recherches, puisque nous avons même un devoir de curiosité à travers lequel on doit s’assurer que l’arbitre que l’on veut nommer et celui nommé par la partie adverse présentent la nécessaire indépendance pour traiter le cas en question. Mais en matière d’impartialité, c’est quand même plus subjectif, car cela a une relation avec le comportement de l’arbitre, sa vision subjective de l’affaire, etc. qui ne peuvent, parfois, être relevés qu’en cours de procédure”, distingue-t-elle.

Cette experte précise également que certains outils sont mis en place pour aider davantage à apprécier l’indépendance et l’impartialité de l’arbitre, sachant que certains critères, déterminés par ces outils, peuvent ne pas s’appliquer lorsqu’il s’agit du droit du sport.

“Dans la jurisprudence du Tribunal fédéral suisse, il y a une reconnaissance à l’égard de ce qu’on appelle les ‘ABA guidelines’ [sur les conflits d’intérêts en arbitrage international, ndlr]. Il s’agit d’un instrument permettant de guider l’appréciation de l’indépendance et de l’impartialité de l’arbitre grâce à des catégories des différents risques de conflits d’intérêts”.

Cela dit, Me Monia Karmass précise que “la jurisprudence du Tribunal fédéral suisse relève que le droit du sport est particulier, et que certains éléments qui sont dégagés par ces guidelines ne s’appliquent pas exactement de la même manière pour le droit du sport. C’est le cas des nominations répétées, puisque dans le milieu du sport, étant donné qu’il existe cette liste fermée, il est très courant que des arbitres se fassent élire de manière soutenue”. Autrement dit, la nomination récurrente d’un arbitre ne constitue pas, dans ce domaine en particulier, un critère d’inquiétude qui peut pousser à douter de l’impartialité de l’arbitre, voire à demander sa récusation.

Nationalité de l’arbitre : un critère non critique mais considérable

D’autres éléments ont également fait débat entre les différents intervenants. C’est le cas du choix de l’arbitre en fonction de sa nationalité puisque, comme dans le football par exemple, la nationalité de l’arbitre d’un match entre deux équipes nationales doit être différente de celles représentées par les équipes.

Pour Me Monia Karmass, la nationalité ne constitue pas un “critère critique” lorsqu’il s’agit de choisir un arbitre dans le cadre de ce mode alternatif de résolution des conflits.

“Je vais plutôt m’intéresser au choix de la partie adverse pour voir si j’ai une raison de contester le choix qui est fait. Mais de mon côté, ce n’est jamais un critère”, explique-t-elle.

Pour Me Thibaud Dales, il s’agit de voir plus loin. “La nationalité en elle-même n’est sans doute pas le critère principal. En revanche, le critère de proximité de la langue peut être important. C’est plus large que la nationalité”.

L’avocat précise que le fait de “pouvoir s’exprimer dans la langue que comprend l’arbitre, ou encore de pouvoir lui soumettre des documents dans sa langue maternelle et d’avoir ainsi ce dénominateur culturel commun, peut quand même accorder davantage de confort à l’une des parties”. Pour lui, “même si la nationalité n’est sans doute pas le premier critère, la culture et la langue ne sont pas étrangères au choix d’un arbitre”.

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Carte des stades : le seul et unique document autorisant les journalistes à accéder aux enceintes sportives

La Ligue nationale de football professionnel (LNFP) et l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) renforcent leur engagement envers les professionnels des médias sportifs en lançant une initiative majeure : la « Carte des Stades ». Cet outil a pour objectif d’améliorer les conditions de travail des journalistes et photographes professionnels dans les stades marocains, indique un communiqué conjoint.

Avec la « Carte des Stades », la LNFP cherche à garantir un environnement de travail adapté aux besoins des professionnels des médias. Cet outil leur permettra d’exercer leurs missions dans des conditions optimales, facilitant ainsi la couverture des compétitions sportives, ajoute la même source.

L’instauration de cette mesure est déjà en vigueur, d’après les deux organisations.

Une nouvelle « carte des stades » délivrée aux journalistes pour couvrir les matchs de la Botola

À partir de la prochaine journée de la Botola, les journalistes et correspondants des institutions médiatiques, détenteurs de la carte professionnelle délivrée par le Conseil national de la presse, pourront couvrir les rencontres du championnat national, munis de leur « carte des stades ».

Cette carte, personnelle et à usage unique, est dotée d’une puce RFID et est impossible à falsifier. Elle vise essentiellement à mieux organiser la couverture médiatique des matchs de la Botola et à améliorer les conditions de travail des journalistes sportifs.

« Nous vivons aujourd’hui un moment historique et décisif pour unifier les rangs dans le secteur du journalisme sportif et organiser le secteur », a déclaré Driss Chahtane, président de l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME), lors de la cérémonie marquant le lancement officiel de la carte des stades.

Selon ce dernier, le secteur de la presse en général est en proie à un « chaos généralisé », et le domaine du journalisme sportif est infiltré par des personnes n’ayant aucun lien avec la profession. « Nous devons mettre fin à toute forme de désordre, de laisser-aller, et aux intrus qui profitent de ce secteur ».

Le président de l’ANME a rappelé que « la carte des stades » est délivrée uniquement aux journalistes détenteurs de la carte professionnelle de la presse, afin d’assurer une couverture médiatique professionnelle des matchs de la Botola et lutter contre des pratiques qui nuisent à la profession.

De son côté, Youness Bassour, chef de la cellule organisant l’entrée des journalistes dans les stades, a indiqué que l’association a reçu plus de 1.308 demandes provenant de différentes villes marocaines, et que la carte des stades a été accordée à 249 journalistes professionnels, dont 27 femmes et 222 hommes. De plus, 134 cartes ont été attribuées aux photographes professionnels.

Le président de la Commission provisoire de gestion des affaires de la presse et de l’édition, Younes Mjahed, a quant à lui affirmé que cette initiative mérite d’être encouragée pour organiser le secteur du journalisme sportif, ajoutant que la question de l’organisation a été soulevée à de nombreuses reprises.

Au terme de cette rencontre, les « cartes des stades » ont été remises à leurs détenteurs qui pourront s’en servir dès la prochaine journée de la Botola.

Lancement du premier diplôme universitaire en « Pathologies du Football au Maroc »

Le diplôme universitaire en « Pathologies du football au Maroc » vise à former des professionnels de santé spécialisés, capables d’identifier et de traiter les pathologies spécifiques aux footballeurs. Le coup d’envoi de la formation a été donné ce mardi 22 octobre dans les locaux de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), à Rabat. Ce diplôme fait partie du premier axe de formation qui découle d’un partenariat-cadre entre la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé.

Lors de cette formation, des experts de haut niveau, reconnus dans le domaine du football, partagent leurs connaissances avec les participants. Ces spécialistes proviennent d’établissements prestigieux en Europe. La formation est destinée aux médecins du sport et ceux du football. D’ailleurs, des médecins impliqués dans le suivi des clubs de la Botola (la compétition nationale de football) sont sur place pour en bénéficier également.

Lancement du premier diplôme universitaire en “Pathologies du football au Maroc” par la FM6SS et la FRMF. Crédit : Médias24

 

Un des objectifs annoncés est “d’améliorer les soins sur la traumatologie du sport”, nous indique le Dr Christophe Baudot, directeur médical de la Fédération royale marocaine de football et directeur médical pôle santé et sport de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé.

“Le lancement de ce diplôme renforcera non seulement les compétences des professionnels de santé, mais également la culture de prévention, et permettra d’offrir des soins adaptés aux spécificités du football. Grâce à cette initiative, nous créons un cadre propice à l’excellence médicale dans le football”.

Ambiance studieuse lors du 1er module du diplôme universitaire en “Pathologies du football au Maroc” dans les locaux de la FM6SS. Crédit : Médias24

 

Bientôt une clinique du sport accréditée par la FIFA

Le Dr Christophe Baudot souligne la nécessité de “développer des axes dédiés à la chirurgie et à la traumatologie du sport, non pas uniquement pour les footballeurs professionnels, mais aussi pour les sportifs de façon générale et même les amateurs”. Le spécialiste nous en dit davantage sur les projets d’offres de soin à venir. “D’ici un an et demi maximum, la première clinique du sport, accréditée par la FIFA, verra le jour”, annonce le directeur médical pôle santé et sport de la FM6SS.

La structure de santé sera adossée au Complexe Mohammed VI de Football, à Maâmora. Elle permettra une prise en charge globale, complète, des sportifs, des footballeurs et des amateurs, dans le cadre de la médecine et de la chirurgie de rééducation.

Concernant le laboratoire Mohammed VI anti-dopage, les démarches ont été lancées, il y a plusieurs mois, pour recevoir une accréditation de l’Agence mondiale anti-dopage (AMA). Une “démarche longue et difficile” mais nécessaire, selon le responsable.

L’objectif global est de mettre en place une meilleure prise en charge des sportifs, dans un souci de performance. “Ce n’est pas uniquement pour les grands événements footballistiques à venir, mais dans un cadre plus large, celui de la bonne prise en charge de nos sportifs, amateurs ou professionnels. Tout un chacun mérite une prise en charge optimale, que ce soit dans de petites ou de grandes villes”, conclut le Dr Christophe Baudot.

Jeux Paralympiques (Paris-2024): Ayoub Sadni à l’assaut d’une nouvelle médaille d’or

Habitué à hisser le drapeau national dans les différentes échéances mondiales, en signant des records au passage, le champion marocain sera très attendu pour récidiver son exploit « japonais ».

A cette fin, l’athlète marocain, de retour d’une blessure, poursuit ses préparatifs, selon un programme qu’il a défini avec son coach.

« Les préparatifs se déroulent d’une manière ordonnée. A cause d’une blessure, j’étais contraint de changer mon programme d’entraînement. Après mon rétablissement, j’essaie, crescendo, de hisser la cadence pour retrouver mon rythme habituel », a fait savoir Ayoub Sadni.

Dans une déclaration à la MAP, il a souligné qu’il est parvenu à se rétablir d’une blessure au genou, qui l’a contraint à marquer un arrêt de 3 mois, grâce, notamment aux efforts du staff médical. « Je me sens, désormais, pleinement en forme pour viser une nouvelle médaille paralympique et un nouveau record », a-t-il dit.

Néanmoins, Ayoub Sadni a relevé que la concurrence sera féroce, en l’occurrence avec les athlètes brésiliens.

De son côté, Mohamed Sandaoui, technicien national et encadrant de Ayoub Sadni, a noté que cette année était difficile pour l’athlète marocain à cause de la blessure, faisant savoir que le champion paralympique a repris ses entraînements et aspire à conserver sa médaille d’or.

Il a, dans ce sens, mis en avant le rôle du staff technique de la Fédération Royale Marocaine des Sports pour Personnes en situation de Handicap (FRMSPSH) qui a permis à Ayoub Sadni de renouer avec les pistes, notamment en Espagne, en Allemagne et en Belgique.

Ayoub Sadni avait battu le record du monde lors des JO de Tokyo-2020. En 2023, il a participé aux Championnats du monde à Paris. Sa détermination l’a conduit à accomplir un remarquable chrono de 46.78, surpassant ainsi son propre record du monde.

Il avait, entretemps, battu le record du monde en 2022 lors du Grand Prix qui a eu lieu en France également.

Le Maroc prend part aux 17ès Jeux paralympiques (Paris-2024) avec 38 sportifs. Ils participeront aux épreuves de para athlétisme (déficience motrice et visuelle), de tennis en fauteuil roulant, de para powerlifting, de para taekwondo, de para cyclisme sur route et de cécifoot.

Entre 2020 et 2022, les 55 fédérations sportives ont reçu 2,9 milliards de DH de subventions étatiques

Sur les 60 athlètes marocains qui participent aux Jeux olympiques de Paris dans 19 disciplines sportives, le Maroc n’a encore remporté que 2 médailles.

L’État marocain consacre des budgets financiers substantiels au soutien du sport à travers le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et des Sports, en collaboration avec le Comité national olympique marocain. Chaque fédération est chargée de la réglementation et du développement de la discipline sportive dont elle est responsable, en veillant à sa gestion sur l’ensemble du territoire marocain.

Ce financement étatique est garanti par l’article 26 de la Constitution : « Les pouvoirs publics apportent, par des moyens appropriés, leur appui au développement de la création culturelle et artistique, et de la recherche scientifique et technique, et à la promotion du sport. Ils favorisent le développement et l’organisation de ces secteurs de manière indépendante et sur des bases démocratiques et professionnelles précises ».

En se référant aux dernières lois de finances, on constate que le ministère de tutelle a budgétisé 2,9 milliards de DH de subventions aux entre 2020 et 2022 aux 55 fédérations sportives nationales existant au Maroc, dont 846,13 MDH en 2020 et 727,19 MDH en 2021 et 1,32 MMDH en 2022.

Les fédérations sportives reçoivent également des subventions du Fonds de développement national du sport (FNDS), alimenté par la Marocaine des jeux et des sports à hauteur de 800 millions de DH en 2024. Ceci sans compter les divers apports du sponsoring, des publicité et du ticketting.

Malgré les investissements considérables dans le sport, les résultats olympiques du Maroc restent modestes. Lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020, le Maroc n’avait remporté qu’une seule médaille d’or grâce à Soufiane El Bakkali dans l’épreuve du 3.000 mètres steeple. Aux Jeux olympiques de Paris 2024, le Maroc n’a encore remporté que 2 médailles.

La fédérations et leurs présidents

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont vu la participation de 19 fédérations marocaines:

– La Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme, présidée par Abdeslam Ahizoune, a aligné 13 athlètes.

– L’aviron, présidé par Abderrahman Mouadden, et le golf, sous la direction du Prince Moulay Rachid, ont chacun présenté un représentant.

– Le football, présidé par Fouzi Lekjaa, a participé avec 18 joueurs,

– le volleyball, sous Bouchra Hajij, a aligné deux athlètes en beach-volley.

– La boxe, dirigée par Abdeljaouad Belhaj, a présenté trois boxeurs.

– Le breakdance et le canoë-kayak, sous la présidence de Selma Bennani et El Mamoun Belabbas, ont chacun envoyé deux athlètes, tout comme le cyclisme, présidé par Mohamed Benlmahi.

– L’escrime, dirigée par Youssef Fathi, a compté deux participants.

– Le judo, sous Chafik El Kettani, a vu trois judokas concourir,

– La natation, dirigée par Driss Hassa, a envoyé deux nageurs,

– la lutte, le skateboard et le surf, dirigés respectivement par Fouad Meskout, Jaouad Aouatif, et Mohamed Kadmiri, ont chacun eu un participant.

– Les sports équestres, présidés par Moulay Abdellah Alaoui, et le taekwondo, sous Driss Hilali, ont chacun aligné deux athlètes.

– Le tir sportif, dirigé par Abdeladim Lhafi, et le triathlon, sous Mjid Amehroq, ont chacun présenté un représentant.

Une gouvernance éclairée, clé du succès

Outre l’investissement, d’autres éléments jouent un rôle crucial dans le succès olympique, tels que la qualité des programmes d’entraînement, la sélection et le développement des talents, la création d’un environnement compétitif adéquat, ainsi qu’une surveillance stricte de la gestion des fédérations sportives avec une responsabilisation accrue.

Pour relever les défis auxquels le Maroc est confronté, il semble être nécessaire de redistribuer les ressources de manière plus efficace pour garantir un soutien accru aux sports ayant un potentiel de succès international.

Le développement des talents dès le plus jeune âge et l’investissement dans des sports qui ont un historique solide au Maroc, comme l’athlétisme, discipline reine des jeux olympiques, pourraient contribuer à de meilleurs résultats.

L’investissement dans l’amélioration et la modernisation des infrastructures sportives sont elle aussi essentielles pour améliorer le niveau de formation et préparer les athlètes aux compétitions internationales.

Alors que le Maroc reste déterminé à développer le sport dans le cadre de sa stratégie nationale, les résultats olympiques modestes suggèrent qu’il est nécessaire de repenser la gestion et l’orientation des budgets sportifs. Se concentrer sur de nouvelles stratégies pour le développement des talents et une meilleure gestion des ressources pourrait être la clé pour atteindre les résultats souhaités lors des prochains Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, mais cela nécessitera une réforme structurelle courageuse au sein des fédérations sportives qui peinent à produire des champions olympiques.

La gouvernance sportive au Maroc, un obstacle plutôt qu’un catalyseur de performance ? (Étude)

La performance sportive est-elle le fruit d’un don, donc de l’inné? Ou de la gouvernance du sport, de la formation, de l’innovation… ? Qu’en est-il dans le cas des Jeux olympiques?

Pendant des décennies, le Maroc a brillé sur les scènes internationales en athlétisme, football, boxe et tennis. Cependant, depuis 2004, une érosion lente mais constante des performances nationales s’est installée, laissant place à une situation préoccupante. Le Maroc, présent aux Jeux olympiques depuis sa première participation en 1960, n’a cumulé que 26 médailles : 8 d’or, 5 d’argent et 13 de bronze, sur 17 éditions, soit une moyenne inférieure à deux médailles par édition. Selon la morasse budgétaire 2024, le budget de fonctionnement alloué au programme du sport de haut niveau s’élève à 23,9 MDH, tandis que le budget d’investissement est de 2,1 MMDH.

Dans le même sens, un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) publié en 2020 indique que la part du financement externe du sport de haut niveau (sponsoring, publicité, dons, etc.) dans le budget annuel des fédérations sportives était de 20% en 2018 et 2019, de 30% en 2020, et devrait atteindre 45% en 2022, selon les prévisions. Si l’on suppose que cette part est restée stable à 45% de 2022 à 2024, le financement total du sport de haut niveau en 2024 devrait avoisiner 3,8 MMDH. Un montant qui, paradoxalement, n’est pas reflété par l’état actuel du sport marocain, en particulier aux Jeux olympiques.

Cette dégradation, bien que multifactorielle, semble directement imputable à des failles profondes dans la gestion des fédérations sportives, appelant à une refonte du modèle de gouvernance actuel.

Des dysfonctionnements structurels, étroitement liés à des carences en gouvernance, continuent de handicaper le développement du sport national. Les deux piliers principaux, le ministère des Sports et le Comité national olympique marocain (CNOM), s’emploient à créer une « valeur sportive » par le biais de subventions. Cependant, la création de cette valeur par la formation et l’innovation est souvent reléguée au second plan, réduisant ainsi l’impact des interventions. La gouvernance, souvent désignée comme le bouc émissaire des contre-performances, devrait pourtant être perçue comme le levier fondamental pour identifier et corriger les causes profondes de l’échec sportif.

La gouvernance du sport de haut niveau au Maroc s’articule autour de contrats d’objectifs qui, en théorie, devraient définir les engagements des fédérations sportives vis-à-vis du ministère. Pourtant, ces contrats, souvent perçus comme de simples formalités administratives pour accéder aux subventions, manquent cruellement de substance en termes de suivi et d’évaluation. Ils laissent de côté des éléments cruciaux tels que la formation continue et l’innovation, pourtant essentiels pour un succès durable.

Ainsi, l’absence de suivi rigoureux a des répercussions directes sur les performances sportives. Lorsqu’il n’y a aucune incitation à atteindre ou dépasser des objectifs concrets, la motivation pour innover ou améliorer la gestion des talents s’étiole. Ce cadre de gouvernance, où la discipline administrative prime sur une gestion orientée vers les résultats, crée un terreau propice à la stagnation.

Cependant, l’efficacité des fédérations sportives est désormais mesurée par le nombre de médailles, tandis que leur efficience est évaluée par le ratio médailles/dépenses.

Dans ce contexte, une étude menée par Sanaa Boukhari et Mohamed Ouaddaadaaa de l’Université Mohammed V de Rabat, publiée en novembre 2022 dans la revue internationale des sciences de gestion, vient confirmer ce constat. Elle révèle que le déclin du sport de haut niveau au Maroc est intrinsèquement lié à la nature des interactions entre les principaux acteurs institutionnels : le ministère des Sports, le Comité national olympique marocain et les Fédérations royales sportives marocaines.

En analysant de près les dynamiques relationnelles entre ces entités, l’étude met en lumière plusieurs mécanismes de gouvernance qui non seulement influencent mais, dans certains cas, freinent directement la performance sportive du pays. Seul le football a pris une trajectoire différente et autonome en élaborant sa propre stratégie, comme révélé par Médias24.

Voici les principaux constats de l’étude :

Un aspect clé de cette gouvernance est le rôle des « acteurs relais », ces intermédiaires qui facilitent les interactions entre le MS et les FRSM. Ces fonctionnaires ou cadres intermédiaires, grâce à leurs relations personnelles et à leur connaissance du système, jouent un rôle central dans l’octroi des subventions. Leur influence dépasse parfois les structures officielles, créant un système parallèle où les décisions reposent davantage sur des liens informels que sur des critères de performance clairement définis. « Certains responsables du MS peuvent être considérés comme des « relais », avec qui les fédérations nouent des relations pour en tirer des informations nécessaires à l’obtention de leurs subventions ou la négociation d’une majoration de celles-ci« .

Cette personnalisation des relations au sein des institutions sportives pose un sérieux problème de transparence. Les décisions basées sur ces relations manquent souvent d’objectivité, favorisant certaines fédérations indépendamment de leurs résultats. Cela conduit à une distribution inégale des ressources, se traduisant par une fragmentation des performances sportives au niveau national.

Dans une autre étude, Abderrazak El Akari et Mohamed Ouaddaadaa constatent une grande concentration des subventions.

Dans cette étude intitulée « la gouvernance financière du sport au Maroc : Cas des subventions publiques octroyées aux Fédérations sportives nationales« , les deux auteurs mettent en évidence une répartition disproportionnée des subventions : « cinq fédérations (football, athlétisme, golf, sports équestres, judo) ont perçu 60% du montant global des subventions en 2017, 74% en 2018, et environ 80% en 2019. Alors que 20% des fédérations n’ont pas perçu de subvention en 2017 et en 2019, pendant que la moitié des fédérations ont perçu moins de 2MDH en 2017 et en 2018″.

Le rôle du Comité national olympique marocain (CNOM) dans la gouvernance du sport de haut niveau au Maroc est également remis en question. Les relations entre le CNOM et les FRSM se limitent souvent à des échanges financiers, notamment pour l’attribution de bourses aux athlètes participant à des compétitions internationales. Cependant, cette approche, focalisée sur le soutien financier, manque cruellement de vision stratégique à long terme.

L’absence de soutien continu et d’accompagnement stratégique entrave la progression des athlètes et des fédérations. Le CNOM, qui devrait être un catalyseur de la performance sportive en soutenant le développement des compétences et la planification à long terme, se cantonne trop souvent à un rôle de simple financeur. Cette lacune empêche la création de synergies efficaces entre les institutions, indispensables pour élever le sport marocain à un niveau compétitif sur la scène internationale.

« Les relations CNOM/FRSM sont caractérisées par l’absence d’un réel accompagnement de la part aussi bien du MS que du CNOM dans le processus de production d’une meilleure « valeur sportive ». Cette dernière n’est pas appréhendée comme le résultat d’une synergie de contribution de ces acteurs. Elle est plutôt conçue comme une conséquence exclusive de l’apport d’un capital financier. »

Quelles conséquences sur la performance sportive ?

Les répercussions de cette gouvernance défaillante sont palpables : les résultats sportifs stagnent, voire régressent, sur la scène internationale. Les athlètes marocains, qui devraient bénéficier d’un soutien institutionnel fort pour maximiser leur potentiel, se retrouvent souvent démunis, faute de ressources, de suivi et d’encadrement. Cette situation dépasse le cadre des performances individuelles, ternissant également l’image du Maroc dans les compétitions mondiales.

De surcroît, la dépendance excessive aux relations personnelles pour l’octroi de subventions et le soutien aux fédérations crée un système où l’efficacité et l’équité sont compromises. Les fédérations les mieux connectées sont favorisées, au détriment d’autres, ce qui diminue les chances de voir émerger des talents issus de fédérations moins privilégiées, affaiblissant ainsi le potentiel global du sport marocain.

Pour une réforme de la gouvernance sportive

Les conclusions de l’étude sont claires : une réforme de la gouvernance du sport de haut niveau au Maroc est impérative. Pour améliorer les performances, il est essentiel de renforcer les mécanismes d’évaluation des résultats, tant au niveau des fédérations que des acteurs institutionnels. Les subventions devraient être conditionnées à l’atteinte d’objectifs mesurables, avec un suivi régulier permettant d’ajuster les stratégies en fonction des performances réelles.

Il est également crucial de promouvoir une culture de la transparence et de la reddition de comptes au sein des institutions sportives. Les décisions doivent être basées sur des critères objectifs de succès, non sur des relations personnelles ou des réseaux informels. Cela nécessite la mise en place de mécanismes de gouvernance inclusifs, où les fédérations et les athlètes sont activement impliqués dans les processus décisionnels.

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Pour cultiver le talent et obtenir un rendement sportif optimal, le financement, bien que nécessaire, reste insuffisant. Il ne suffit pas de distribuer des primes et d’allouer des fonds pour créer un champion. La véritable clé réside dans l’investissement massif dans les infrastructures sportives et dans leur mise à disposition pour les jeunes talents.

L’accès facilité à ces infrastructures dès le plus jeune âge est essentiel, car la plupart des champions se révèlent dans la jeunesse et l’enfance, lorsque le potentiel est le plus malléable. C’est un suivi rigoureux, un engagement continu et des infrastructures de qualité qui forment la colonne vertébrale d’une carrière sportive réussie. Sans cet environnement propice, le talent reste à l’état latent, et les médailles se font rares.

La MDJS retrace les exploits du sport marocain dans un livre

« Cet ouvrage rend hommage à la vision éclairée en matière de sport de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, et à la dynamique exceptionnelle que connaît ce domaine », a déclaré Younes El Mechrafi, directeur général de la MDJS, cité dans un communiqué.

Le livre de 320 pages retrace les exploits des athlètes marocains qui ont marqué l’histoire du sport aux niveaux olympique, paralympique, mondial, continental et régional. Il reconnaît également la contribution des dirigeants et figures sportives marocaines au patrimoine national.

Outre les performances sportives, le livre met en avant les grands événements sportifs internationaux accueillis ou organisés par le Royaume, consolidant ainsi le statut du Maroc en tant que « carrefour mondial et terre de champions ».

« Nous sommes très fiers de cet ouvrage sur lequel nous avons travaillé pendant plus d’une année. La prochaine édition inclura les exploits de nos championnes et champions participant aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 », a ajouté Younes El Mechrafi.

Pour rendre le livre accessible à tous, la MDJS a décidé de publier une version digitale gratuite, téléchargeable sur son site web officiel. « Il s’agit d’un hommage à un patrimoine matériel et immatériel qui appartient à toutes et à tous », a conclu le directeur général de la MDJS.

L’ouvrage Le sport au Maroc, palmarès et légendes est disponible via les canaux de distribution des Éditions Economiques du Maroc, et la version digitale est accessible gratuitement sur le portail de la MDJS.

Réunion de préparation de la participation marocaine aux JO 2024 de Paris

Lors de cette réunion, Benmoussa a mis l’accent sur les efforts consentis par son département, en coopération avec le Comité national olympique marocain (CNOM) et les autres partenaires, en vue de promouvoir le sport national et de consolider la présence du Maroc sur la scène sportive internationale.

Le ministère, en concertation avec le CNOM, les autres partenaires et acteurs, et dans le cadre du programme de préparation des sélections nationales lancé en 2022, a pris une « batterie de mesures visant à appuyer et accompagner les sportifs marocains participant aux JO, en les encourageant et leur fournissant les moyens nécessaires, et en les préparant à réaliser de nouveaux exploits pour le sport national, l’objectif étant de garantir la meilleure participation possible des délégations sportives marocaines à ces Jeux ».

Le ministère s’est également engagé à fournir au CNOM et aux différentes fédérations royales marocaines les moyens financiers nécessaires pour préparer, comme il se doit, la participation du Royaume aux JO, tout en mettant à leur disposition les ressources humaines, techniques, administratives et médicales, à même de permettre l’accompagnement des athlètes, en plus des dépendances sportives du ministère.

Le ministre a également mis en avant les efforts fournis par le CNOM en vue de promouvoir le sport national et garantir son rayonnement à l’international. Il a appelé à la conjugaison des efforts en vue d’améliorer les performances des sportifs marocains et de réaliser des exploits honorables lors de cet évènement planétaire.

A ce jour, le Maroc représenté dans 13 disciplines

A ce jour, le Maroc est qualifié aux Jeux Olympiques de Paris 2024 dans 13 disciplines sportives, avec un total de 47 sportifs, alors que d’autres athlètes pourront encore décrocher leur billet pour le rendez-vous olympique.

Dans une déclaration à la presse, Chakib Benmoussa a souligné que cette séance de travail a été l’occasion de faire le point sur les derniers préparatifs de la participation marocaine aux prochains JO. Le ministère aspire à voir les athlètes marocains signer une participation « honorable » lors de ce grand rendez-vous.

Il a également noté que la réunion a été l’occasion de passer en revue les différents aspects de la participation des athlètes marocains, tant sur le plan physique, mental ou logistique, mettant l’accent sur le rôle d’accompagnement que joue le ministère vis-à-vis des fédérations royales marocaines et du CNOM.

De son côté, le secrétaire général du CNOM, Abdellatif Idmahamma, a souligné que la réunion de coordination tenue entre le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et du sport et le CNOM a été l’occasion de débattre des différentes dispositions prises en vue de la participation marocaine aux JO.

Il a en outre relevé que la réunion a permis de discuter des moyens de renforcer la coordination entre le ministère et le CNOM afin de promouvoir la pratique sportive au Maroc. A l’issue de cette réunion, une convention de partenariat a été signée par Benmoussa et le président du CNOM, Faïçal Laraïchi, visant la construction d’un nouveau siège du CNOM, dont l’ancien connaît des travaux de réfection en prévision de la Coupe d’Afrique des nations de football en 2025 et du Mondial de 2030.

(Avec MAP)

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Des travaux d’aménagement et une piste d’athlétisme à la Casablancaise des sports pour 14 MDH

Le ministère a lancé un appel d’offres qui a pour objet l’achèvement des travaux des aménagements extérieurs de la Casablancaise des sports, en lot unique. La consistance des travaux d’aménagement porte sur :

– les terrassements généraux,
– les aménagements extérieurs,
– les travaux de plantation.

Le prestataire devra réaliser ces travaux objet du marché dans un délai de trois mois et pour un budget estimé de 3.768.144 dirhams.

Un second appel d’offres concerne les travaux d’aménagement d’une piste d’athlétisme et d’une aire centrale en gazon pour 10.413.468 dirhams. La consistance des travaux d’aménagement porte sur :

– la réalisation d’une piste d’athlétisme couleur bleue,
– l’engazonnement d’une aire centrale.

Le prestataire devra réaliser ces travaux objet du marché dans un délai de trois mois également.

Le plan de la piste d’athlétisme. Source : appel d’offres du ministère

 

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L’industrie du sport au Maroc a généré plus de 19 MMDH en 2022

Considérée comme un baromètre de l’industrie du sport au Maroc, cette étude de la filière du sport marocain englobe non seulement des éléments essentiels tels que le sport scolaire, l’administration du sport et le monde associatif, mais également toutes les structures supportant la pratique sportive : équipementiers, fournisseurs de matériels, infrastructures telles que les stades, et tous les acteurs du « spectacle sportif« .

La Fédération marocaine des professionnels du sport (FMPS) souligne un défi majeur dans la réalisation de son étude : l’absence de données exhaustives couvrant tous les segments de cette industrie. Pour pallier ce manque, la FMPS a concentré ses recherches sur les activités de ses membres, fournissant un aperçu initial mais significatif de l’impact du sport au Maroc.

Pour approfondir cette analyse et élargir son horizon, la FMPS a enrichi son étude avec des extrapolations d’études internationales.

Un échantillon de 321 acteurs privés

Entrepreneurs individuels, micro-entreprises, sociétés, succursales, filiales de groupes internationaux… Les 321 entités interrogées dans le cadre de la réalisation de cette étude font du sport l’essentiel de leur activité.

A ce jour, le retail et les salles de sport sont les deux segments présentant le plus d’entreprises dans le domaine du sport marocain, à hauteur de 31% et 34% respectivement. La professionnalisation du football a conduit à intégrer les 16 clubs de la Botola 1 dans le périmètre de l’étude.

Le commerce et le football en guise de locomotives économiques

D’après l’étude, le chiffre d’affaires cumulé des entités étudiées a atteint 19,04 milliards de DH en 2022, ce qui a représenté 1,56% du PIB contre 1,45% en 2021. En y ajoutant le chiffre d’affaires du reste de la filière (hors BTP & tourisme sportif), on peut estimer à 21,18 milliards de DH le chiffre d’affaires du seul secteur privé du sport.

Concernant le commerce d’articles de sport, qu’il soit effectué en boutique ou en ligne, ce segment représente une part importante de l’économie sportive avec un chiffre d’affaires de 3,77 milliards de DH en 2022.

L’étude révèle également que la somme des budgets des 16 clubs de la Botola 1 s’élève à 879 millions de DH.

Le segment des clubs et salles de sport se distingue particulièrement, avec un chiffre d’affaires de 604,4 millions de DH, marquant une croissance impressionnante de 25% par rapport à 2021.

Enfin, avec 347,7 millions de DH, le secteur des équipements et infrastructures sportives se positionne comme le quatrième segment du secteur privé du sport au Maroc.

L’industrie du sport comme vivier d’emplois

Selon l’étude, les points de vente indépendants ou faisant partie de réseaux d’enseignes spécialisés dans la vente de matériels et d’équipements de sport, représentaient un total de 31% des emplois dans le secteur sportif en 2022.

En ce qui concerne les clubs et les salles de sport, bénéficiant d’un fort maillage territorial, ce segment arrive en deuxième position en termes de création d’emplois, atteignant 25% en 2022.

Finalement, les clubs de la Botola 1 s’imposent comme le troisième employeur dans le secteur sportif, avec 12% des emplois.

Un secteur qui se féminise toujours plus

L’étude souligne également que le secteur privé du sport affichait un taux moyen de 24% de femmes employées en 2022, démontrant ainsi l’évolution vers une plus grande égalité des genres dans ce domaine traditionnellement dominé par les hommes.

Le commerce du sport, qu’il soit physique ou digital, ainsi que les agences de voyage, se distinguent particulièrement, avec respectivement 41% et 49% de féminisation de leurs effectifs. Ces chiffres positionnent ces segments comme de véritables précurseurs en matière d’intégration des femmes dans le milieu du sport.

Les start-up et les entreprises de solutions sportives ne sont pas en reste, occupant la troisième position avec 37% de féminisation de leurs effectifs.

11.500 emplois dans le privé

Selon l’étude, le nombre d’emplois dans le secteur privé du sport est estimé à environ 11.500, en prenant en compte l’ensemble des acteurs de la filière.

Par ailleurs, l’étude fait état d’une progression notable du nombre d’emplois dans ce secteur en 2022, avec une augmentation de 17% par rapport à 2021 et de 20% par rapport à 2019, période pré-Covid.

Très peu de licenciés

En l’absence d’une publication officielle regroupant l’ensemble des fédérations sportives, l’étude estime l’existence d’au moins 350.000 licenciés répartis sur 5.000 associations sportives dans le Royaume.

Le football représente environ un tiers de ces licenciés, tandis que les sports de combat, notamment la boxe, le karaté et le taekwondo, en rassemblent un autre tiers.

Toutefois, l’étude souligne que ce chiffre, représentant moins de 1% de la population marocaine, est nettement inférieur à ceux enregistrés dans d’autres pays. À titre de comparaison, la Turquie compte 3,2 millions de licenciés, soit environ 4,1% de sa population. De son côté, la France a enregistré un nombre total de licenciés s’élevant à 15.776.123 en 2020, soit 23,5% de la population française.

Une population sportive

Quel que soit le nombre réel de licenciés au Maroc, il reste nettement inférieur à celui de la pratique sportive libre.

En s’appuyant sur des données tirées d’études internationales, l’étude estime qu’environ 10 millions de Marocains participent régulièrement à des activités sportives informelles.

Pour fournir un contexte international, l’étude indique qu’en France, on prévoit que 70% de la population sera engagée dans une activité sportive d’ici 2022. En Tunisie, ce pourcentage était de 29% en 2020.

La pratique du sport est génératrice d’emplois

L’étude a exploré les besoins en termes d’encadrement pour les 10 millions de pratiquants du sport au Maroc. En se basant sur des ratios internationaux, l’étude estime que le nombre d’emplois dans le milieu associatif sportif marocain est d’au moins 50.000.

« Cette vision ambitieuse offre une perspective prometteuse pour le Maroc, où l’encadrement des pratiquants de sport devient un moteur essentiel de croissance, favorisant à la fois le bien-être de la population et le dynamisme économique du pays », fait-on observer.

Le secteur public, employeur incontournable du sport

Le projet de finances 2023 prévoyait un budget de 68,95 milliards de DH pour le ministère de l’Éducation, du préscolaire et des sports, avec une enveloppe spécifique de 2 milliards de DH consacrée au sport, rappelle l’étude.

En prenant en compte les différents services du ministère, ainsi que les établissements publics comme les instituts de formation des cadres et les centres socio-sportifs (CSP), l’étude estime à au moins 5.000 le nombre de fonctionnaires travaillant dans le secteur sportif.

Côté enseignement, pour assumer l’enseignement de l’éducation physique et sportive au sein des 2.100 collèges, 1.300 lycées et 12 universités, les travaux de l’étude font apparaître une estimation de 20.000 emplois dédiés au sport, toutes fonctions confondues.

Plus de sport pour moins de dépenses de santé

L’étude cite un rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) selon lequel la hausse de l’activité physique pourrait générer des économies de plusieurs milliards d’euros chaque année pour l’Union européenne.

En France, une étude spécifique a révélé qu’un euro investi dans l’activité physique rapporte 1,7 euro de bénéfices économiques. Cette efficacité économique est attribuée à plusieurs facteurs, notamment à une réduction des arrêts de travail, des besoins en soins médicaux et des coûts de remboursement. En 2014, l’économie potentielle liée à ces aspects a été chiffrée à 4,8 milliards d’euros.

De plus, ce rapport souligne que le bien-être physique et mental des employés, renforcé par une activité physique régulière, se traduit également par un gain de productivité estimé à 4,5 milliards d’euros.

140.000 emplois pour 1,56% du PIB

Le seul secteur privé du sport au Maroc pèse a minima 1,56% du PIB et emploie plus de 11.500 personnes, récapitule l’étude. Si l’on y ajoute les 25.000 emplois du secteur public et les 50.000 du monde associatif, l’industrie du sport dépasse au minimum la barre des 85.000 à 110.000 emplois en prenant en compte la part de l’informel.

Des travaux complémentaires sur la contribution de segments tels que le voyage sportif et le BTP dédié aux enceintes sportives permettront à l’avenir de démontrer qu’une contribution à 30.000 emplois reste une estimation sous-évaluée.

Sur la base des projections des données françaises, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avance le chiffre de 240.000 emplois dans le sport au Maroc, ce que l’on peut considérer comme le potentiel de toute l’industrie du sport marocain, indique l’étude.

Enfin, concernant le montant des financements publics, il faudra chiffrer le budget des collectivités territoriales investi dans le sport (équipements, soutien aux associations, aux évènements sportifs et au sport scolaire), à l’image du budget de l’Etat et de celui de la sécurité sociale.