Sahara. Ce que dit le plan d’autonomie, seule base pour de futures négociations

C’est un document qui a 18 ans, mais qui n’a pas pris une seule ride. C’est même le contraire, car il est plus que jamais d’actualité et continue d’enchaîner les expressions de soutien partout dans le monde. Les derniers pays en date à s’ajouter à cette longue liste sont la Moldavie et la Croatie.

Pour la Moldavie comme pour la Croatie, où Nasser Bourita était en visite les 15 et 16 avril, le plan proposé par le Royaume est « la base la plus sérieuse et crédible » pour mettre fin à ce conflit vieux d’un demi-siècle.

Bien avant la Moldavie et la Croatie, des dizaines de pays ont exprimé leur soutien à ce plan, dont deux membres permanents du Conseil de sécurité (les États-Unis et la France).

Aujourd’hui, les autres options ayant été abandonnées, il est la seule base possible pour des négociations sérieuses afin de trouver une issue à ce différend.

« Cette initiative de compromis constitue une réponse du Royaume aux appels réitérés du Conseil de sécurité aux parties et aux États de la région à continuer de coopérer pleinement avec l’ONU pour mettre fin à l’impasse actuelle et progresser vers une solution politique ». Vous conviendriez avec moi que l’Initiative marocaine représente, aujourd’hui, la seule dynamique nouvelle et positive, et qu’elle offre les meilleures perspectives pour une solution politique, définitive et mutuellement acceptable à ce différend régional », écrivait feu El Mostapha Sahel, ancien ambassadeur représentant permanent du Maroc à l’ONU, dans une lettre aux membres du Conseil de sécurité, le 11 avril 2007. Des déclarations toujours d’actualité, 18 ans après.

« À cet égard, le Royaume du Maroc exprime sa disposition à s’engager, avec détermination, dans une négociation sérieuse et approfondie, avec les autres parties, en vue de contribuer concrètement à la réalisation de la solution politique, définitive et mutuellement acceptable, tant attendue par la communauté internationale. Le Royaume du Maroc nourrit l’espoir de trouver auprès des autres parties la même volonté politique et engagement de bonne foi, afin d’aboutir à la résolution définitive de ce différend, permettant, ainsi, de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité régionales et de favoriser la relance de la construction maghrébine », lit-on dans le même courrier.

L’autonomie dans le cadre de la souveraineté du Maroc

L’initiative marocaine est une forme d’autodétermination, terme très galvaudé par les parties adverses. Mais à condition de préserver l’unité territoriale tout en transférant une partie des compétences nationales à la population du Sahara. L’autonomie fait partie des options reconnues d’autodétermination.

Ce plan évoque des compétences administratives, législatives et judiciaires. Cela pourra se traduire par la mise en place d’un gouvernement local, dirigé et formé par un chef de gouvernement élu par le Parlement régional et investi par le Roi.

« Des juridictions peuvent être créées par le Parlement régional afin de statuer sur les litiges nés de l’application des normes édictées par les organes compétents de la Région autonome du Sahara. Leurs décisions seront rendues, en toute indépendance, au nom du Roi », lit-on dans le texte du plan proposé par le Maroc. À ces juridictions s’ajoutera un Tribunal régional supérieur qui tranchera les litiges autour de l’interprétation des lois de la région.

En plus des instances régionales, les populations du Sahara gardent le droit d’être représentées dans le Parlement et au sein des institutions nationales.

Un développement de la région pour la région et ses populations

Le plan d’autonomie prévoit aussi des dispositions dans le domaine de la fiscalité à travers des organes compétents pour fixer des impôts, taxes et contributions territoriales dédiés au financement du développement de la région.

La région pourra aussi bénéficier d’autres ressources financières, dont les « revenus de l’exploitation des ressources naturelles affectés à la Région », « la partie des revenus des ressources naturelles situées dans la Région, et perçus par l’État », « les ressources nécessaires allouées dans le cadre de la solidarité nationale » ainsi que « les revenus provenant du patrimoine de la Région ».

Comme dans toutes les formes d’autonomie, l’État conserve des attributs de souveraineté comme la sécurité, la défense, le drapeau et la monnaie, en plus d’autres attributs liés par exemple au statut constitutionnel et religieux du Roi.

Le Maroc disposé à « expliquer et élargir »

La mi-octobre 2024, Staffan De Mistura avait défrayé la chronique en demandant au Maroc « d’expliquer et élargir » le plan d’autonomie qu’il avait proposé. Et c’est justement ce que demande Rabat, mais dans quel cadre ? Le Maroc, en présentant son plan en 2007, n’a jamais fermé la porte à la négociation, mais sur la base exclusive de ce document.

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara a jusqu’à octobre prochain pour ramener l’Algérie à la table des négociations. La balle est dans son camp et dans celui d’Alger.

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Sahara. Le très attendu briefing de De Mistura au conseil de sécurité

Le briefing, qui se déroule à huis clos, n’est suivi d’aucun vote et aucune résolution n’y est examinée. Sur le programme officiel du Conseil de sécurité de l’ONU, il est indiqué « consultations au sujet de la Minurso ».

Le Royaume y va avec plus de soutien international à sa première cause et à la solution qu’il a proposée depuis 2007 pour mettre fin à l’un des plus vieux conflits du monde : le plan d’autonomie sous souveraineté nationale.

Au cours de cette semaine du 7 avril, Nasser Bourita était en déplacement aux États-Unis, où il a rencontré son homologue américain, une première depuis la prise de fonction de Marco Rubio. Une première aussi pour un chef de la diplomatie du Maghreb, et les Américains prennent bien soin de souligner qu’une telle visite intervient sur invitation du Département d’État.

Lors de la rencontre Bourita-Rubio, l’Administration américaine a renouvelé sa reconnaissance de la marocanité du Sahara, comme décidé par Donald Trump le 10 décembre 2020. De quoi mettre fin à une sorte de flou que l’administration américaine avait entretenu durant le mandat de Joe Biden.

En plus de Marco Rubio, Nasser Bourita a multiplié les rencontres avec d’influents membres du Congrès dont certains, en plus d’apporter leur soutien au Maroc, n’hésitent pas à dire haut ce qu’ils pensent vraiment du polisario. C’est le cas de Joe Wilson qui qualifie les séparatistes de « terroristes ».

Le 10 avril, Staffan De Mistura a été reçu à Washington par Lisa Kenna, la sous-secrétaire d’État US. Le bras droit de Marco Rubio avait deux messages à transmettre au diplomate onusien : l’informer du renouvellement de la position de l’administration Trump au sujet du Sahara. « Une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution envisageable », a déclaré la responsable américaine sur son compte X.

Quant au deuxième message, non moins clair, Lisa Kenna a déclaré à De Mistura que « les parties doivent s’asseoir à la table des négociations pour parvenir à un résultat mutuellement acceptable ».

Du côté algérien, la diplomatie du voisin de l’Est a réagi avec un insipide communiqué pour dire qu’elle « prenait note » des récentes déclarations américaines.

Dépité, le régime algérien a dépêché Ahmed Attaf, ministre des Affaires étrangères, à Tunis pour essayer de remettre sur les rails le projet d’un bloc régional composé de l’Algérie, de la Tunisie et d’une partie de la Libye (la partie ouest). Ce bloc, sans le Maroc et auquel n’adhère pas la Mauritanie, viendrait, dans les rêves du régime militaire algérien, supplanter l’Union du Maghreb arabe (UMA).

Entre Paris, Londres et Washington

Les récentes déclarations américaines en faveur de la marocanité du Sahara ont été précédées par de nouvelles réaffirmations de la même position de la part de la France.

« Il y a quelques mois, nous avons exprimé notre vision du présent et de l’avenir du Sahara occidental, qui s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine en conséquence directe du plan d’autonomie marocain » a déclaré le chef de la diplomatie française lors d’une audition, le 2 avril, devant la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale.

« Il n’y a pas aujourd’hui d’autres solutions réalistes et crédibles », a tenu à rappeler Jean-Noël Barrot.

Au Royaume-Uni, l’idée d’un alignement sur les positions françaises et américaines concernant l’affaire du Sahara continue de faire son chemin, y compris au sein des institutions législatives et au sein de beaucoup de cercles de réflexion.

Lundi prochain sera un jour décisif pour Staffan De Mistura. Il sera amené à proposer une fin du statu quo qui dure depuis près de six ans, quand le processus des tables rondes a été rompu après deux rounds à Genève. À moins de déclarer forfait et de rendre le tablier comme l’ont fait plusieurs de ses prédécesseurs.

Un scénario qui pourrait amener la communauté internationale à s’interroger également sur l’utilité du maintien de la Minurso. Certaines voix aux États-Unis ont multiplié les sorties récemment pour demander à mettre fin au mandat de cette mission jugée onéreuse pour le contribuable américain, inutile, et surtout dépassée par l’évolution de la situation.

De Mistura reçu par le président mauritanien

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la tournée qui précède le briefing traditionnel prévu le 14 avril au Conseil de sécurité.

Pour rappel, cette tournée régionale englobe généralement le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. Le 24 mars dernier, Staffan de Mistura avait été reçu à Rabat par Nasser Bourita. Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie marocaine a réaffirmé la position du Royaume : aucune solution au conflit du Sahara ne peut être négociée et acceptée en dehors de l’intégrité territoriale du Maroc et de sa souveraineté.

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Sahara. Le briefing d’adieu de De Mistura au Conseil de sécurité ?

Un petit rappel de faits s’impose d’abord. Le traditionnel briefing du mois d’avril des envoyés personnels du SG de l’ONU pour le Sahara est précédé par une tournée dans la région qui englobe généralement le Maroc, l’Algérie (entre Alger et Rabouni à Tindouf ) et la Mauritanie.

Le 24 mars, Staffan De Mistura était reçu à Rabat par Nasser Bourita. Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie a rappelé la position du Maroc : aucune solution au conflit du Sahara ne peut être négociée et acceptée en dehors de l’intégrité territoriale du Maroc et de sa souveraineté.

Après cette étape à Rabat de la tournée de M. De Mistura, aucune communication officielle ne nous a renseignés sur ses déplacements en Algérie et en Mauritanie ni sur la teneur de ses rencontres avec les autres protagonistes. Que cacherait donc l’émissaire du SG de l’ONU ? On en saura plus après le briefing du 14 avril, mais il ne faut pas s’attendre à un miracle.

Staffan De Mistura, malgré les relances qui lui ont été adressées par M. Guterres, a été dans l’incapacité d’amener les parties au conflit autour de la table de négociations informelles et de redonner vie au processus de Genève interrompu en 2019 après deux rounds seulement.

Au lieu de faire entendre raison à l’Algérie, principale et véritable partie au conflit, le diplomate onusien était allé déterrer une vieille proposition de partition du territoire datant de l’ère de James Baker, soit de plus de deux décennies. Une proposition que le Maroc n’a même pas jugé utile de commenter. « Un non-événement », comme nous le déclarait un ancien diplomate marocain.

Au briefing, les mains vides

Quelle serait alors la teneur du prochain briefing de De Mistura devant le Conseil de sécurité que préside, pour ce mois d’avril, la France, membre permanent qui reconnaît la souveraineté du Maroc sur son Sahara ?

Pas grand-chose, si ce n’est l’appui grandissant, de par le monde, à la position marocaine et au plan d’autonomie comme l’une des formes très évoluées de cette autodétermination très chère aux adeptes d’une idéologie morte et enterrée depuis longtemps. Ou alors faire un round-up des quelques escarmouches, sans lendemain, du polisario sous les yeux des membres de la Minurso.

En parlant de la Minurso, il ne faut pas oublier que cette mission est de plus en plus décriée dans le camp du président américain Donald Trump. Onéreuse pour la communauté internationale, son mandat est devenu caduc : l’option du référendum n’est plus à l’ordre du jour depuis près de 20 ans. Sur le terrain, sa mission de surveiller le cessez-le-feu devient de plus en plus improbable du fait des séparatistes qui empêchent ses membres d’accéder à l’information, voire de disposer de carburant et de denrées alimentaires pour accomplir leur mission. Et cela est consigné noir sur blanc dans les précédents rapports de la Minurso.

Faudrait-il s’attendre alors, et aussi, à la fin de la Minurso quelques mois après le départ de De Mistura ?

Sahara marocain : Nasser Bourita reçoit De Mistura et réitère la position marocaine

Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, s’est entretenu, lundi à Rabat, avec l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara marocain, Staffan de Mistura.

La visite, qui s’inscrit dans le cadre d’une tournée régionale, intervient à la veille des consultations informelles du Conseil de sécurité de l’ONU prévues à la mi-avril 2025, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

Cette rencontre s’est déroulée en présence de l’ambassadeur, représentant permanent du Royaume du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale.

Lors de cet entretien, la délégation marocaine a exposé la dynamique internationale impulsée par le Roi Mohammed VI en faveur de la marocanité du Sahara et en appui à l’Initiative marocaine d’autonomie.

Dans ce contexte, le Souverain avait appelé les Nations unies, à l’occasion du 49ᵉ anniversaire de la glorieuse Marche verte, le 6 novembre 2024, à « prendre leurs responsabilités en mettant en évidence la grande différence entre deux paradigmes : celui qu’incarne le Maroc dans son Sahara, réaliste et légitime, et celui qui repose sur une vision sclérosée, coupée du monde réel et de ses évolutions ».

La délégation marocaine a également réitéré le soutien du Royaume aux efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel, visant à parvenir à une solution politique, réaliste, pragmatique et durable sur la base exclusive de l’Initiative marocaine d’autonomie, dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Maroc.

L’Algérie, De Mistura, les tables rondes…, les petites phrases de Hilale après le vote de la résolution 2756

« Cette nouvelle résolution répond aux attentes du Royaume et elle promeut l’initiative marocaine d’autonomie, demande la reprise du processus politique, interpelle sur les violations des droits de l’Homme et l’enregistrement des populations séquestrées des camps à Tindouf et satisfait aux requêtes marocaines », souligne l’ambassadeur-représentant permanent du Royaume à l’ONU.

Pour le diplomate marocain, cette résolution vient consacrer, pour la 17ème année consécutive « la prééminence de l’initiative marocaine d’autonomie, la qualifiant d’effort sérieux et crédible et la positionnant en tant que seule et unique base pour la négociation d’une solution politique au différend régional dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume ».

« Cette résolution demande au Conseil de sécurité de prendre en considération la dynamique internationale et le momentum au profit de l’initiative marocaine d’autonomie qui jouit du soutien de 20 membres de l’Union européenne, deux membres permanents du Conseil de sécurité (…) et plus d’une centaine de pays, d’organisations internationales et régionales à travers le monde », se félicite Omar Hilale.

De la responsabilité de l’Algérie

« Le Conseil de sécurité demande la reprise du processus politique en exhortant toutes les parties de s’y engager de manière constructive ». Pour Omar Hilale, « cet appel s’adresse plus particulièrement à l’Algérie, qui est citée à cinq reprises en tant que partie prenante, parce qu’elle s’oppose au processus politique et surtout elle s’oppose depuis trois ans à la tenue des tables rondes ».

« Nous l’espérons. Bien que nous ne sommes pas certains. Tout simplement parce que l’Algérie s’arc-boute sur sa position de rejeter les tables rondes alors qu’elle avait participé à ces tables rondes« , répond Omar Hilale à une question concernant la reprise des négociations en présence du voisin de l’Est.

« L’Algérie, depuis pratiquement le départ de l’ex-envoyé personnel, M. Kohler, a refusé de reprendre sa place autour de ces tables. Nous le regrettons amèrement, mais cela n’absout pas l’Algérie de sa responsabilité. Elle est responsable du blocage, elle est responsable de cette situation où l’Envoyé personnel ne peut rien faire, elle est responsable de ce qui se passe dans les camps, elle est responsable également de l’armement du polisario, de son financement, elle est responsable pratiquement de toute cette tragédie du peuple algérien qui s’appauvrit alors qu’on finance à bras ouverts un groupe séparatistes, on finance également les campagnes médiatiques, les campagnes diplomatiques. ou aurions souhaité que l’Algérie reprenne sa place et que ce qu’elle a à dire ici au Conseil, ce qu’elle a à dire à l’Assemblée générale ou à la quatrième commission, qu’elle vienne, qu’elle le dise », explique le diplomate marocain.

De Mistura: « S‘il doit partir, on ne va pas le retenir »

« Nous étions très surpris par ce commentaire et cette affirmation. Pour nous, c’est très clair. L’ambassadeur général a un mandat très clair », répond le diplomate marocain à une question sur De Mistura qui avait déclaré qu’il rendrait le tablier, dans six mois, faute de progrès.

Omar Hilale accuse l’Envoyé personnel du SG de l’ONU de complaisance avec l’Algérie et l’appelle à « agir avec autorité ». Cette autorité que lui confèrent les contours de son mandat. Cette autorité dont avait usé Christopher Ross, par exemple.

« Je voudrais rappeler ici que pour les discussions de Manhasset, l’ancien Envoyé spécial, Christopher Ross, n’a pas demandé l’opinion du Maroc, de l’Algérie ou de la Mauritanie. «Est-ce que vous pourriez venir à Manhasset?». Il a juste décidé de la date et du lieu et il a envoyé l’invitation », argumente l’ambassadeur marocain. Horst Köhler, autre ancien Envoyé spécial, a agi de même quand il a convoqué les tables rondes de Genève.

« Nous lui faisons confiance, mais s’il doit partir, on ne va pas le retenir, parce qu’on doit respecter sa volonté. Mais j’insiste, reposez-lui la question. S’il vous dit quelque chose, tenez-moi informé, s’il vous plaît », ajoute Omar Hilale à propos de De Mistura.

Un menu ? Mais où sont les invités ?!

Quant à l’appel de De Mistura au Maroc pour détailler son Plan d’autonomie, l’ambassadeur marocain a été on ne peut plus clair. Il a répondu que le texte de ce plan était public pour qui voudrait en prendre connaissance. Pour plus de détails, cela ne serait pas faisable faute de tables rondes.

« J’invite le secrétariat qui suit le dossier du Sahara marocain, au département politique ici, à donner le compte rendu à M. de Mistura pour qu’il sache que ça a été déjà discuté, nous avons détaillé. Mais pour détailler encore, nous avons besoin d’un partenaire. Le Maroc a été très clair. Dès qu’ils acceptent l’autonomie en tant que solution définitive dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Maroc, tout devient possible et on détaillera autant qu’ils le voudront et nous serons ouverts à la discussion », précise le diplomate marocain qui réaffirme que le Royaume a présenté une offre négociable.

« Nous n’avons jamais dit que c’est un texte à prendre ou à laisser. Nous avons dit que c’est un texte négociable. Et nous avons dit que nous sommes prêts à faire de ces cinq pages une centaine, cinq cents pages de détails », conclut M. Hilale sur ce volet.

Sahara : le Maroc se félicite de l’adoption de la résolution 2756 du Conseil de sécurité

Cette résolution intervient dans un contexte marqué par la trajectoire irréversible imprimée par le Roi Mohammed VI au dossier de l’intégrité territoriale du Royaume, à travers les soutiens croissants de membres permanents du Conseil de sécurité et de pays influents à la marocanité du Sahara et à l’Initiative Marocaine d’Autonomie et la poursuite des retraits des reconnaissances de la pseudo « rasd », précise le ministère dans un communiqué.

La résolution, adoptée ce jeudi 31 octobre 2024, préserve tous les acquis du Maroc. Elle introduit également de nouveaux éléments importants pour l’évolution future du dossier au sein des Nations Unies, souligne la même source.

En effet, le nouveau texte consacre le cadre, les parties et la finalité du processus politique. Ainsi, le Conseil rappelle de nouveau que les tables rondes constituent le seul et unique cadre pour parvenir à une solution politique au différend régional sur le Sahara marocain.

De plus, la résolution identifie clairement les parties au différend, notamment l’Algérie qui est citée dans la résolution autant de fois que le Maroc. De même, le Conseil de Sécurité réaffirme que la solution politique ne peut être que réaliste, pragmatique, durable, et basée sur le compromis, des éléments cardinaux de l’Initiative Marocaine d’Autonomie, dont la prééminence a été réaffirmée.

Par ailleurs, la résolution 2756 consacre deux évolutions importantes qui confortent la position du Royaume:

Dans le premier ajout, le Conseil « s’est félicité du momentum récent et a demandé instamment à ce que l’on construise autour ».

De ce fait, le Conseil fait sienne la dynamique internationale que connaît le dossier du Sahara marocain sous l’impulsion du Roi Mohammed VI en faveur de la marocanité du Sahara et l’Initiative marocaine d’Autonomie, ajoute le communiqué, notant que désormais, l’action de l’ONU ne peut que s’inscrire dans le cadre de cette dynamique.

Le deuxième ajout concerne l’appel du Conseil de sécurité aux autres parties « d’éviter les actes qui pourraient compromettre le processus politique« , fait observer le ministère, relevant que le Conseil se fait, ainsi, écho de la position officielle claire du Royaume, soulignant qu’il n’y pas de processus politique sans respect du cessez-le-feu.

Notant que la résolution 2756/2024 a été adoptée par 12 voix pour, 2 abstentions et la non-participation du pays voisin, membre non-permanent du Conseil de sécurité, le communiqué souligne que cette non-participation démontre l’isolement de la position de ce pays au sein du Conseil de sécurité et de la communauté internationale en général.

Elle dévoile, également, de manière flagrante ses contradictions: il prétend défendre la légalité internationale, les résolutions du Conseil de sécurité et les efforts de l’ONU, tout en refusant de soutenir ces mêmes efforts et en s’accrochant à une logique obstructionniste.

Comme l’a réaffirmé le Roi Mohammed VI dans son discours, le 11 octobre dernier, à l’occasion de l’ouverture de la session du Parlement: « Cette évolution vient appuyer les efforts déployés dans le cadre des Nations Unies pour asseoir les fondements d’un processus politique devant conduire à un règlement définitif de cette question dans le cadre de la souveraineté marocaine », conclut le communiqué.

 

 

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Staffan de Mistura a perdu la confiance du Maroc (Analyse)

Le 6 octobre 2024, soit à quelques jours de son briefing devant le Conseil de sécurité, Staffan de Mistura a bouclé trois ans au poste d’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara.

Dans son rapport de 2023, Antonio Guterres insistait sur la reprise, dans les plus brefs délais, du processus des tables rondes pour faire progresser la recherche d’une solution à ce conflit régional vieux de près d’un demi-siècle.

Staffan de Mistura a été incapable d’amener les parties à reprendre le chemin des négociations, processus interrompu en mars 2019 après deux rounds. L’Algérie s’y oppose, clamant qu’elle n’était pas partie prenante dans ce différend régional alors qu’elle en est le principal protagoniste et instigateur. Un rôle que semble minimiser le haut diplomate onusien.

Que fait alors de Mistura devant le Conseil de sécurité ? Faute d’un bilan, il exhume une vieille option datant de 22 ans et qui a été enterrée sitôt mise sur le tapis : la partition du Sahara, une idée de feu Abdelaziz Bouteflika relayée par James Baker.

Staffan de Mistura va jusqu’à poser une sorte d’ultimatum aux parties. Faute d’un progrès dans les six mois à venir, il pourrait rendre le tablier.

Pourtant, il sait que le seul progrès possible est que les parties au conflit se retrouvent autour des tables rondes pour trouver une issue et sur la base du plan d’autonomie avancé par le Maroc, en total respect de son intégrité territoriale, et jouissant du soutien d’une grande partie de la communauté internationale, dont deux membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis et la France.

À Rabat, la diplomatie marocaine réagit en réaffirmant que l’intégrité territoriale du Maroc et son unité sont des lignes rouges. Nasser Bourita avait eu une réponse similaire lorsque Staffan de Mistura avait évoqué la question de la partition en avril dernier, lors d’un déplacement au Maroc. Le Royaume n’avait pas réagi de manière officielle à l’époque.

« C’était un non-événement. Il ne faut pas tomber dans le piège et focaliser sur cette histoire de partition au moment où le Royaume engrange soutien après appui à son plan d’autonomie », avertit un ancien diplomate qui suit l’évolution du conflit depuis le début.

Il ne faut pas tomber dans le piège et focaliser sur cette histoire de partition au moment où le Royaume engrange soutien après appui à son plan d’autonomie

En plus de cette vieillotte histoire de partition, Staffan de Mistura a trouvé une autre parade à ses échecs en demandant au Maroc de « développer » son plan d’autonomie.

« Le Maroc développera son plan au moment où les autres parties accepteront de revenir à la table des négociations. Quand il a présenté son plan d’autonomie, le Royaume a affirmé qu’il s’agissait d’une mouture négociable », commente l’ancien diplomate.

D’ici là, et au cas où par miracle Staffan de Mistura arriverait à convaincre l’Algérie de reprendre le chemin des tables rondes, quelle serait l’attitude de Rabat envers l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU?

« Il y aura de la méfiance, mais le Maroc continuera à traiter avec De Mistura comme un haut fonctionnaire onusien. Notre pays respecte les usages diplomatiques à la règle », répond notre interlocuteur qui rappelle comment la page d’un autre incident avec De Mistura avait été tournée, après un ferme rappel à l’ordre de Rabat.

Le Maroc développera son plan au moment où les autres parties accepteront de revenir à la table des négociations

C’était en janvier dernier quand l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU était parti en Afrique du Sud, l’un des principaux et derniers soutiens des séparatistes sur le continent, évoquer le dossier du Sahara. « Qu’il aille sur la planète Mars ! », avait réagi Nasser Bourita en rappelant que l’Afrique du Sud n’avait aucun droit au chapitre concernant ce conflit, dont la solution se trouve entre les mains de l’ONU. Et à Alger.

Document. L’exposé de Staffan de Mistura devant le Conseil de sécurité

Cette position de Staffan de Mistura, le caractère subjectif de son rapport aussi, montrent à quel point il ne connaît pas les fondements de ce différend autour du Sahara marocain, ni la réalité de la région, ni même le véritable rôle de chacun. De Mistura se donne encore six mois pour juger de l’évolution de la situation. En d’autres termes, il va probablement quitter ses fonctions d’ici là.

Ci-dessous, nous publions l’exposé intégral de De Mistura, le mercredi 16 octobre devant le Conseil de sécurité, dans sa version originale (anglais) ainsi que dans une version traduite en langue française par Google. Ce document est publié avec l’aimable autorisation de nos confrères de Maroc Diplomatique qui l’ont diffusé ce vendredi matin (ici et ici)*.

La question de la partition avait déjà été évoquée par James Baker il y a une dizaine d’années. À la même époque, l’ancien président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait écrit une lettre au Secrétaire général de l’ONU pour la proposer.

La partition en question priverait le Maroc de toute la partie sud de son Sahara, l’amputant de ce territoire ancestral qui est le sien. En même temps, cette option n’a que des avantages pour l’Algérie : couper le Maroc de l’Afrique subsaharienne, l’encercler et apporter un débouché atlantique à Alger.

On ne peut s’empêcher de s’interroger sur la pertinence d’exhumer cette option irréaliste et injuste, à quelques jours du vote de la résolution du Conseil de sécurité.

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*Le contenu du briefing a été publié en primeur par Le Desk (ici).

Voici la version traduite en français par Google :

 

 

Voici la version originale en langue anglaise :

Sahara : dans un rapport, Guterres constate l’impasse et rappelle l’importance d’une « solution politique »

En application du paragraphe 7 de la résolution 78/85 concernant la question du Sahara, adoptée sans vote par l’Assemblée générale (AG) le 11 décembre 2023, le Secrétaire général de l’ONU a soumis son rapport à l’AG de l’ONU, couvrant la période du 1er juillet 2023 au 30 juin 2024.

Réalisé à la demande de l’Assemblée générale de l’ONU, le rapport comporte, comme les autres rapports annuels du Secrétaire général destinés au Conseil de sécurité, d’une part, un descriptif des événements et, d’autre part, des conclusions et appréciations.

Sur la partie ‘conclusions, appréciations et perspectives’, le rapport daté du 24 juillet 2024 ne diffère pas du rapport de l’année dernière adressé au Conseil de sécurité. C’est dire qu’il constate l’impasse dans laquelle se trouve le processus onusien et l’absence de progrès de l’envoyé personnel Staffan de Mistura qui n’est pas parvenu à relancer les table rondes.

Pour rappel, la résolution 78/85, dans la lignée des résolutions antérieures du Conseil de sécurité, réitère l’importance d’une solution politique mutuellement acceptable basée sur le compromis.

La situation au Sahara marocain reste inchangée. Le dernier rapport du Secrétaire général, traite brièvement des provocations du polisario, qui se poursuivent, notamment dans la région de Mahbas, sans qu’aucune initiative diplomatique ne vienne apaiser les tensions. L’attaque contre la ville de Smara survenue le 29 octobre 2023, lorsque des roquettes tirées par le polisario ont touché une zone civile, causant la mort d’une personne et en blessant trois autres, est à peine signalée dans le rapport.

Ni le rapport du Secrétaire général ni la résolution 78/85 ne proposent de nouvelles initiatives ou approches pour sortir de l’impasse. Ils se contentent de réitérer des principes et des engagements déjà formulés dans les résolutions antérieures, sans apporter de solutions concrètes.

La nouvelle prise de position française n’est pas citée dans ce rapport qui s’arrête au 30 juin, et qui est lui même daté du 24 juillet 2024.

Voici les liens pour accéder aux documents :

Rapport du Secrétaire général de l’ONU au Conseil de sécurité de l’ONU en octobre 2023

Rapport du Secrétaire général de l’ONU daté du 24 juillet 2024 adressé à l’Assemblée générale de l’ONU

Sergey Lavrov s’entretient avec Staffan de Mistura

Les deux responsables ont échangé leurs points de vues sur les plans de relance du processus politique au Sahara à la suite des dernières discussions de Staffan de Mistura avec toutes les parties intéressées, indique un communiqué de la diplomatie russe. Sergey Lavrov a ainsi souligné l’importance de parvenir à une « solution juste, durable et mutuellement acceptable à cette question, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », poursuit la même source.

Durant leur entretien, les deux parties ont approfondi leurs discussions sur divers enjeux concernant l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, soulignant la nécessité et l’importance des efforts de l’ONU pour préserver et renforcer la paix ainsi que la stabilité dans la région.

L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU a également tenu des consultations avec le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergey Vershinin, conclut le communiqué.

Staffan de Mistura s’est rendu à Moscou à l’invitation des autorités russes, a souligné dans un point de presse le porte-parole du secrétaire général de l’ONU.

Les rencontres de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU sont désormais suivies avec circonspection au Maroc depuis le 31 janvier dernier, lorsque De Mistura avait jugé utile de se rendre en Afrique du Sud pour un échange avec la ministre des Affaires étrangères au sujet du Sahara. La visite à Moscou est plus compréhensible, la Russie étant un membre permanent du conseil de sécurité.

Pour Nasser Bourita, l’Afrique du Sud n’a “ni poids ni influence dans le dossier du Sahara marocain”

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Pour Nasser Bourita, l’Afrique du Sud n’a « ni poids ni influence dans le dossier du Sahara marocain »

Lors d’un point de presse en marge de la Conférence ministérielle de haut niveau sur les pays à revenu intermédiaire à Rabat, Nasser Bourita a déclaré que « le Maroc se concentrait sur trois éléments non sujets à discussion avec les responsables de l’ONU, commençant par les parties au conflit, donc il ne faut surtout pas essayer d’impliquer des parties qui en sont éloignées ».

Il a poursuivi : « Le Maroc met également l’accent sur le mécanisme de travail pour résoudre le conflit, c’est-à-dire les tables rondes, une question déjà résolue pour le Royaume. Vient ensuite le plan d’autonomie, un principe qui ne peut être sujet de discussion ou négociation, que ce soit avec le secrétaire général, l’ONU ou les envoyés de l’ONU. Cette proposition est la seule solution à ce conflit artificiel ».

Le chef de la diplomatie marocaine a également souligné que l’importance de l’Afrique du Sud ne devrait pas être surévaluée dans le conflit du Sahara marocain, notant que depuis vingt ans, l’Afrique du Sud a adopté une position hostile à l’intégrité territoriale du Royaume.

L’envoyé personnel des Nations Unies peut aller jusqu’à Mars… le même traitement sera réservé à l’Afrique du Sud, à sa juste mesure, sans qu’elle ait la capacité ni l’aptitude à influencer le dossier. 

« Ce qui a changé, c’est que 27 pays ont retiré leur reconnaissance de l’entité fantôme, malgré les actions et les positions prises par l’Afrique du Sud », a-t-il fait observer.

« La moitié des pays amis de l’Afrique du Sud ont retiré leur reconnaissance, et un tiers de ces pays ont ouvert des consulats à Dakhla ou Laâyoune », ajoutant que « ces données confirment la taille réelle de cet État ».

En outre, il a minimisé les conséquences de la visite « étrange » effectuée par l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies au Sahara, Staffan de Mistura, en Afrique du Sud, en tentant de « l’impliquer comme partie dans le dossier ».

Si l’Afrique du sud avait pu influencer le cours du dossier, cela aurait été le cas depuis 2004 ou même dans son entourage

« L’envoyé personnel des Nations Unies peut aller jusqu’à Mars… le même traitement sera réservé à l’Afrique du Sud, à sa juste mesure, sans qu’elle ait la capacité ni l’aptitude à influencer le dossier. Si elle avait pu influencer le cours du dossier, cela aurait été le cas depuis 2004 ou même dans son entourage », a-t-il soutenu.

Nasser Bourita a rappelé que « l’Afrique du Sud a été membre non permanent du Conseil de sécurité à trois reprises depuis sa reconnaissance de l’entité fantôme et a accepté de ne s’opposer à aucune décision du Conseil de sécurité concernant le dossier, qui [les décisions] allaient dans le sens de soutenir l’autonomie, de définir les parties au conflit et de confirmer les tables rondes ».

Et d’ajouter : « Si l’Afrique du Sud avait la capacité d’influencer, elle aurait empêché le Maroc d’intégrer l’Union africaine, dont il est membre depuis maintenant six ans », notant qu »‘elle a tenté d’empêcher le Maroc d’entrer dans le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, mais le Maroc est également membre de celui-ci depuis cinq ans, depuis son retour à l’Union africaine, et le préside ce mois-ci malgré l’opposition de l’Afrique du Sud. Même chose pour l’élection du Maroc à la présidence du Conseil des droits de l’Homme en janvier dernier« .

« Pirouettes et excentricités »

Le ministre des Affaires étrangères a conclu qu' »avec ses pirouettes et ses excentricités, l’Afrique du Sud n’affecte pas le dossier et ne sera pas en mesure de l’influencer, parce que sa taille au sein de la communauté internationale et africaine est désormais connue, faisant d’elle un acteur marginal dans le dossier du Sahara marocain ».