Moldiag commence à livrer ses tests de dépistage du Mpox à des pays africains

Après la recommandation de ses tests de dépistage du Mpox par la CDC-Afrique, la start-up marocaine Moldiag a commencé à les développer dans son usine à Tamesna.

Dans une déclaration à l’agence Associated Press, le fondateur et directeur scientifique de Moldiag, Abdeladim Moumen, a déclaré que les tests de Moldiag – vendus 5 dollars la pièce – peuvent « aider à remédier aux pénuries à un prix abordable ».

« Le mois dernier, la société a commencé à accepter des commandes du Burundi, de l’Ouganda et du Congo et a également vendu ses produits au Sénégal et au Nigeria », a-t-il déclaré.

Ce premier test PCR en temps réel pour le Mpox, fabriqué localement au Maroc, avait été recommandé en novembre dernier par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC-Afrique), à travers son Comité consultatif des diagnostics (DAC).

PGPR Technologies, la start-up qui se positionne dans l’agriculture durable grâce à la biotechnologie

PGPR Technologies est une start-up qui développe des biofertilisants et biostimulants. Basée dans le village d’Azla, au nord du Maroc, PGPR Technologies a vu le jour en 2022, avec un objectif clair : promouvoir des pratiques agricoles durables par une approche basée sur la réutilisation des déchets organiques et une absence totale de produits chimiques dans leurs solutions.

L’idée de cette start-up est née lors d’un événement sur les changements climatiques organisé par l’Association pour la conscience et l’action sociale (ACAS) en partenariat avec Atlas for Development. C’est là où Mohamed El Harras, expert en finance, a rencontré Hamza El Kharroubi, entrepreneur polyvalent diplômé des programmes d’entrepreneuriat de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et titulaire d’un master en changement climatique et culture, Abdessadek Aghrinane, spécialiste en génie génétique et en gestion des déchets, et Meryem Hdia, vétérinaire diplômée de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, impliquée dans la protection de l’environnement. Cette dernière est membre du comité du Centre Hassan II de la Fondation Mohammed VI et ambassadrice de l’African Youth Climate Hub.

Unis par leur volonté commune de révolutionner le monde agricole, ces quatre partenaires ont rapidement mis leurs expertises en commun pour développer des biofertilisants et biostimulants « de haute qualité », comme le souligne Mohamed El Harras.

L’approche repose sur l’utilisation de déchets organiques pour produire des biofertilisants et biostimulants respectueux de l’environnement. Cette démarche permet non seulement de réduire l’empreinte écologique de l’agriculture, mais elle offre aussi aux agriculteurs des avantages économiques considérables en optimisant leurs rendements tout en réduisant leurs dépenses. En effet, « nos solutions permettent aux agriculteurs d’améliorer leurs rendements de 30% et de réduire leurs coûts de production de 50% », affirme notre interlocuteur. Des résultats ont été validés à travers « plusieurs tests sur le terrain, notamment dans les champs expérimentaux de l’UM6P, ce qui prouve l’efficacité et la viabilité de ces produits », assure notre interlocuteur.

Une start-up marocaine à la conquête de l’agriculture durable en Afrique

PGPR Technologies s’inscrit dans une vision à long terme où l’agriculture durable devient la norme, et où les solutions basées sur les biotechnologies peuvent répondre aux défis globaux en matière de sécurité alimentaire et de préservation de l’environnement. La start-up espère avoir un impact positif, non seulement au Maroc, mais aussi à l’échelle internationale, en particulier en Afrique « où les pratiques agricoles durables deviennent une nécessité », souligne notre interlocuteur.

En effet, « après des mois d’études et de discussions, la start-up a franchi une nouvelle étape en signant un partenariat stratégique avec un acteur local spécialisé dans l’agriculture biologique. Ce partenariat ouvre à PGPR Technologies l’accès au marché nigérian, un marché clé pour l’agriculture biologique en pleine expansion », affirme-t-il.

Grâce à cet accord, la start-up compte bien renforcer son empreinte à l’international. Mais ce n’est que le début. Avec un laboratoire de recherche et développement en plein essor, PGPR Technologies s’engage à innover continuellement pour répondre aux besoins évolutifs des agriculteurs et des marchés. L’ambition est plus vaste : « Transformer durablement le secteur agricole africain grâce à des solutions biotechnologiques avancées », conclut le jeune entrepreneur.

6 start-up marocaines innovantes accompagnent Glovo dans son parcours au Maroc 

Glovo se distingue par son modèle d’affaires complexe, servant de plateforme intermédiaire et générant des millions en transactions pour son réseau de partenaires et de coursiers à travers le Royaume. Actuellement, de nombreuses start-up marocaines jouent un rôle essentiel dans l’activité de Glovo au Maroc.

En effet, dans un élan visant à renforcer sa présence tout en soutenant l’écosystème entrepreneurial marocain, Glovo intègre plusieurs solutions innovantes pour soutenir son développement, en abordant divers aspects. Ces solutions offrent des réponses créatives et flexibles face aux nombreux défis et opportunités rencontrés par Glovo.

VPS, une gestion des technologies et moyens de paiement adaptés à l’ère du digital

Dans le cadre de sa mission de digitalisation des paiements au Maroc, Glovo gère un volume considérable de transactions mensuelles effectuées par carte bancaire, avec une pénétration remarquable de 56% sur la plateforme jusqu’à présent dans le pays. Pour gérer ce volume considérable de transactions et faciliter le flux de paiements sur sa plateforme, Glovo s’est associé à Vantage Payment Systems (VPS), une fintech marocaine de premier plan qui a su développer une expertise approfondie dans la gestion des technologies et moyens de paiement adaptés à l’ère du digital.

Ali Bettahi, PDG de Vantage Payment Systems : « Ce partenariat avec Glovo illustre parfaitement notre engagement à fournir des solutions de paiement innovantes et sécurisées comme Payzone et Payexpress, répondant aux besoins de digitalisation des entreprises. Ensemble, nous travaillons à simplifier les transactions pour des millions d’utilisateurs au Maroc, en exploitant notre expertise en technologies de paiement pour soutenir l’activité de Glovo. C’est une étape majeure pour VPS dans notre mission de transformer le paysage des paiements digitaux. »

Konta, la solution qui révolutionne la gestion des fournisseurs 

Glovo, en s’imposant comme un acteur émergent dans le domaine de la distribution au Maroc, notamment grâce à l’innovation de ses supermarchés virtuels Glovo Market, souligne l’importance d’une gestion efficace et innovante des fournisseurs et des stocks. Dans ce contexte, le partenariat avec des start-up proposant des solutions avant-gardistes devient crucial pour accompagner Glovo dans l’optimisation de ses opérations.

Parmi ces collaborations stratégiques, celle avec Konta se distingue particulièrement. Fondée en 2019 à Casablanca, Konta propose une solution intégrale pour la gestion des dépenses fournisseurs, répondant ainsi parfaitement aux besoins de Glovo. Mehdi Zirari, CPO (Chief Product Officer) de Konta, témoigne de l’efficacité de cette synergie : « Konta facilite la gestion des factures d’achats pour Glovo. En seulement trois semaines, nous avons mis en place notre service. Les retours constants de l’équipe Glovo nous permettent d’identifier des axes d’amélioration et de trouver rapidement des solutions, optimisant ainsi continuellement notre produit. »

Digishare, fluidifier la communication avec l’écosystème de Glovo 

Confronté au défi de maintenir une communication efficace avec 6.500 partenaires, Glovo a trouvé un allié de taille avec Digishare. Cette plateforme SaaS (Software as a Service), conçue au Maroc, offre une solution clé en main qui centralise toutes les fonctionnalités de communication. Elle se distingue particulièrement par son utilisation de WhatsApp, un outil qui simplifie grandement les interactions avec les partenaires et les coursiers.

« Ce partenariat souligne notre engagement à fournir des solutions de communication innovantes et efficaces. En utilisant notre plateforme, Glovo a pu renforcer ses liens avec ses partenaires au Maroc, garantissant une fluidité et une réactivité accrues dans toutes leurs interactions. C’est une belle preuve de la manière dont la technologie peut transformer les opérations commerciales et contribuer à une croissance mutuelle », déclare Youssef Benmoussa, CEO de Digishare.

Ecopara, une passerelle pour les professionnels de la santé vers le marché digital 

Avec l’essor fulgurant de Glovo dans le domaine du retail, en particulier dans les segments des soins et de la beauté, Ecopara se positionne comme un acteur indispensable. Cette solution 100% made in Morocco facilite l’intégration des pharmacies au sein de l’écosystème numérique, assurant une transition fluide vers le marché digital via la plateforme Glovo.

Omar Sefiani, CEO & Co-founder, précise : « Notre collaboration avec Glovo constitue un véritable pont numérique pour les professionnels de la santé, permettant de rapprocher les produits parapharmaceutiques des consommateurs. Cette initiative marque la rencontre entre santé et bien-être, au carrefour de l’innovation et de la proximité, offrant ainsi une expérience utilisateur enrichie. »

VelyVelo, by Pikaleev, pour une livraison durable au Maroc

Avec plus de 4.500 coursiers utilisant leur propre moyen de transport, Glovo explore des partenariats pour promouvoir une livraison durable à travers le Royaume. VelyVelo, spécialiste de la location, du suivi et de la maintenance de vélos électriques pour les professionnels de la livraison, propose une solution adaptée. Après avoir conquis Paris, cette start-up franco-marocaine s’est implantée à Casablanca sous le nom de Pikaleev, répondant à la demande croissante de livraison à domicile. Les tests de VelyVelo avec les coursiers Glovo au Maroc montrent un potentiel prometteur pour répondre aux défis urbains et environnementaux.

Othmane Razine, cofondateur de Vely Vélo confirme cela : « Pour nous, il était évident de nous associer à Glovo, le numéro 1 de la livraison à domicile au Maroc, dans le cadre d’un partenariat stratégique. Nous offrons ensemble une solution innovante et durable dans le domaine de la livraison urbaine au Maroc. En intégrant des vélos à assistance électrique pour les coursiers Glovo, nous montrons notre engagement envers la réduction de l’empreinte carbone et l’amélioration de la qualité de vie urbaine. En commençant par Casablanca, puis en s’étendant aux autres villes, cette collaboration représente pour nous une courbe d’apprentissage précieuse. »

Cathédis, faciliter la logistique à travers le Royaume

Avec une présence sur 38 villes à travers le Royaume, Glovo est dans l’obligation de maintenir une logistique fluide et efficace, essentielle pour la distribution de divers produits, y compris les emballages recyclés, appareils de gestion de commandes, gants de cuisine, parmi d’autres articles disponibles à la vente pour les partenaires restaurateurs.

Dans cette optique, le partenariat avec Cathédis, une start-up marocaine spécialisée dans la livraison et la e-logistique, s’avère être une solution stratégique. Fondée en 2015 par Imad El Mansour Zekri, Cathédis se distingue par son offre de services innovants, incluant la livraison le jour même, le paiement en ligne ou à la livraison, ainsi que le suivi en temps réel des colis et des livreurs. Cette approche permet à Glovo de bénéficier d’une distribution efficace et adaptée à ses besoins spécifiques, facilitant ainsi la logistique inter-villes.

En conclusion, l’intégration de start-up marocaines innovantes dans l’écosystème de Glovo au Maroc illustre parfaitement la synergie entre la technologie locale et les grandes plateformes internationales. Ces collaborations démontrent l’importance d’adopter des solutions locales pour répondre aux défis spécifiques du marché marocain.

Ces partenariats stratégiques renforcent non seulement la position de Glovo en tant que leader dans le domaine de la livraison à domicile au Maroc, mais contribuent également à l’essor d’un écosystème entrepreneurial dynamique et innovant. De plus, ces collaborations ouvrent des portes significatives pour les start-up marocaines, leur offrant des opportunités d’internationalisation dans les autres pays où Glovo opère. Cette expansion géographique est cruciale pour les start-up en quête de croissance et de diversification de leur marché.

Start-up Week : l’entrepreneuriat étudiant à l’honneur au sein de l’USMBA

La Start-up Week, un évènement qui vise à sensibiliser, à former et à accompagner les étudiants de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah (USMBA), dans le cadre de l’entrepreneuriat, a été clôturée le vendredi 17 mai à la Cité de l’innovation de Fès, avec la cérémonie des pitchs consacrant trois projets sur dix participants.

« Dans le cadre de la mise en œuvre du pacte ESRI 2030, nous mettons tout en œuvre pour développer l’entrepreneuriat au sein de notre université », a déclaré Mustapha Ijjaali, président de l’USMBA lors de la cérémonie d’ouverture.

Portée et organisée par le Student Entrepreneurship Center, l’incubateur interne de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) de Fès, la Start-up Week s’est déroulée sur cinq jours, comprenant un programme intense incluant ateliers de formation, d’idéation et d’accompagnement.

Plus de 50 étudiants représentant diverses facultés de l’USMBA ont pris part à la 1re édition de cette compétition, que les organisateurs veulent consacrer comme un événement annuel. Les participants ont pu rencontrer et échanger avec des entrepreneurs de la région, des alumni de l’université au parcours inspirant, ainsi que divers acteurs de l’écosystème entrepreneurial local et national.

Le projet gagnant dans la catégorie des Projets innovants est celui de BusConnect, application de mobilité urbaine intelligente. Dans la catégorie de l’Entrepreneuriat créatif et culturel, c’est la start-up Tradivibe qui propose des habits artisanaux, alliant mode, tradition et technologie. Quant au projet qui a obtenu le prix de l’Entrepreneuriat féminin, il s’agit de DHF, qui œuvre dans le secteur du healthy food. Une mention spéciale a été décernée au programme EnerTech, qui propose une solution de chauffage basée sur l’énergie solaire.

Le Student Entrepreneurship Center, une initiative qui vise à booster l’entrepreneuriat étudiant au sein de l’université

Tous les projets participants bénéficieront d’une incubation et d’un accompagnement continue au sein du Student Entrepreneurship Center (SEC). Créé en 2019, le SEC est une initiative de la FSJES de Fès qui vise à enrichir et animer l’écosystème entrepreneurial universitaire de l’USMBA en offrant des services de proximité tout au long de l’année au niveau du campus de Dhar el Mehraz. « L’incubateur de notre faculté est ouvert à tous les étudiants de l’USMBA », a précisé le Mohammed Bouzlafa, doyen de la FSJES de Fès.

« Nous remercions tous les partenaires qui ont participé à la réussite de cette 1re édition que l’on compte faire grandir et améliorer au fil des années. Je pense que tous ceux qui étaient présents ont pu constater l’impact que ce genre d’action a sur les étudiants, sur leur personnalité, sur leur motivation et sur leur projet professionnel », a déclaré à Médias24 Asmae Diani, professeure de l’enseignement supérieur à l’USMBA et directrice du SEC.

« Cet évènement a la particularité d’être beaucoup plus riche en formation et accompagnement que les habituels hackathons qui se déroulaient en un week-end. On se donne ainsi plus de temps pour découvrir les talents entrepreneuriaux de nos étudiants. Nous avons l’ambition, au sein du SEC, de multiplier les actions de ce genre qui visent à renforcer l’orientation entrepreneuriale de l’Université », ajoute-t-elle.

« Nous avons l’ultime conviction que l’université publique marocaine a toutes les compétences pour devenir un acteur majeur de la dynamique entrepreneuriale dans notre pays, et que ses étudiants n’ont rien à envier à leurs pairs dans les plus grandes universités du monde. Nous œuvrons à leur offrir un environnement favorable pour qu’ils expriment tout leur talent. Et pour cela nous avons besoin de la contribution de toutes parties prenantes au sein et en dehors de l’université », conclut la directrice du SEC.

Le Gitex 2024 promet convergence et intégration des startups africaines dans l’économie numérique globale

C’est au Sofitel Jardin des Roses à Rabat que le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, l’Agence du développement digital (ADD) et Kaoun International, organisatrice de l’exposition, ont choisi de se réunir ce mercredi 15 mai. Cette rencontre a marqué l’annonce officielle du lancement de la 2e édition du Gitex Africa 2024. Un événement qui, selon Trixie Lohmermand, PDG de la société Kaoun International, « se concentre sur les opportunités d’affaires pour les startups et vise à renforcer les liens avec le continent africain, tout en établissant des passerelles vers les marchés européens et asiatiques ».

Une édition qui promet d’être un succès retentissant, car la demande pour cet événement est encore plus forte que l’année dernière. Cette année, le Gitex Africa voit grand : « Ce sont plus de 1.500 exposants, 800 startups et plus de 50.000 visiteurs qui sont attendus, des espaces d’exposition dédiés à l’intelligence artificielle, à la Health Tech, à la cybersécurité et des investisseurs de tous horizons qui seront présents » sur la place Bab Jdid à Marrakech du 29 au 31 mai, annonce Ghita Mezzour, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration.

Selon Mohamed El Idrissi Meliani, directeur général de l’ADD, « le Maroc est prêt à devenir le catalyseur de la transformation numérique du continent, notamment à travers cet événement inégalé qui rassemble les acteurs de l’écosystème technologique et institutionnel de l’accompagnement et du financement ainsi que de la communauté des startups , qui connaît cette année une forte participation africaine ».

De même, pour Trixie Lohmermand, l’objectif est d’intégrer l’Afrique dans les écosystèmes globaux et de favoriser une convergence avec le reste de l’écosystème technologique mondial. Dans ce contexte, elle affirme que la tournée de sélection des startups à travers l’Afrique a permis d’identifier les startups les plus prometteuses à exposer cette année. Ces jeunes pousses, sélectionnées sur la base de plusieurs critères comme la pertinence de l’idée, l’opportunité de marché, le modèle d’affaires, la traction du marché et l’équipe fondatrice, auront l’opportunité de se faire connaître, de rencontrer des investisseurs potentiels et de se connecter à l’écosystème technologique mondial. « Cette exposition est une occasion en or pour les start-up africaines de se faire connaître et de s’intégrer dans un réseau global d’innovation, de réseauter avec des leaders de l’industrie et de trouver les soutiens nécessaires pour faire passer leurs idées à l’échelle supérieure », a-t-elle souligné.

Intégration des startups africaines et des nouvelles technologies

« Nombreuses sont les startups qui, jusqu’à présent, n’ont pas eu l’opportunité de rencontrer des investisseurs ou de bénéficier d’un mentorat adéquat », a souligné Trixie Lohmermand. En effet, cet isolement les prive d’une chance de se démarquer et de démontrer leur potentiel. Dans ce cadre, elle explique que Gitex Africa 2024 se présente comme l’une réponse à ces défis, en drainant une impressionnante sélection de startups qui proviennent de diverses villes africaines comme Casablanca, Agadir, Tanger et Fès au Maroc, Abidjan en Côte d’Ivoire, Dakar au Sénégal, Cotonou au Bénin, Kinshasa en République démocratique du Congo, ou encore Lomé au Togo.

En rassemblant des startups, des investisseurs et des mentors de tous horizons, le Gitex crée « un cadre unique pour que ces jeunes entreprises non seulement rencontrent des figures clés du financement et de l’innovation, mais aussi apprennent et s’inspirent des meilleures pratiques mondiales, notamment celles relatives à l’IA ainsi qu’à ses applications », un domaine qui reste mystérieux pour beaucoup d’entrepreneurs et d’acteurs du numérique.

En effet, l’engouement pour l’IA sera mis en lumière de manière inédite pour cette 2e édition du Gitex Africa, car perçu comme un catalyseur de transformation profonde pour l’Afrique, dans une ère où se poursuit l’accélération de l’usage des technologies basées sur l’IA. « Une attention particulière sera portée aux innovations en IA et à ses potentialités pour le développement du continent africain », a-t-elle souligné.

Effectivement, l’IA représente une révolution technologique de premier plan, capable de transformer divers secteurs où les défis sont nombreux, mais où les opportunités de croissance sont immenses, comme l’agriculture, la santé, l’éducation et les services financiers.

Gitex Africa 2024 s’annonce donc comme une vitrine des talents technologiques africains, mais aussi comme une plateforme de transformation et de développement pour l’Afrique entière et pour son économie numérique.

Energies renouvelables : appel à projets au profit de 20 startups marocaines

Pour relever le défi d’un développement économique durable à travers la création d’emplois verts, le Cluster EnR et le Moroccan Climate Innovation Center (MCIC) ont lancé en 2014 le Green Business Incubator. Ce dernier a pour mission de soutenir et d’accompagner le développement des startups opérant dans le secteur des énergies renouvelables, des Green Technologies et de l’environnement pour un impact positif et durable sur le développement socio-économique du pays.

Dans ce cadre, les deux parties lancent un appel à projets qui s’adresse aux startups établis au Maroc ayant cinq ans d’ancienneté au maximum démontrant d’un projet avec un caractère innovant et opérant dans le secteur des Energies renouvelables, CleanTech et GreenTech.

Les candidats sélectionnés dans le cadre de cet appel à projets auront accès gratuitement à un programme d’accompagnement d’une durée de 12 mois renouvelable une fois pour le développement de leurs idées et projets comprenant les services suivants :

Hébergement : espace de coworking, salle de réunion, matériel informatiques.

Renforcement des compétences : formations Business & Soft skills, assistance technique en fonction des besoins, coaching individuel.

Financement Tech Start : une contribution financière pouvant atteindre 400.000 DH pour les startups disposant de brevets d’invention et pouvant couvrir jusqu’à 80% des dépenses liées à la réalisation du projet innovant. Seul un maximum de 12 startups pourra éventuellement bénéficier du financement Tech Start.

Mise en relation et Networking : accès à une base de données de plus 300 industriels du secteur des énergies renouvelables, participation à l’ensemble des évènements et séminaires organisés par le Cluster EnR.

La soumission des candidatures se fait en remplissant le formulaire d’inscription disponible sur ce lien avant le 3 juin 2024.

Siham Elmejjad, la femme d’affaires qui transforme le paysage des programmes fidélité et le contenu client au Maroc

Fondée par Siham Elmejjad, sa sœur Wiam et Hicham Amadi, Tookeez est une start-up centrée sur la fidélisation client qui a lancé en début d’année une application d’agrégation des points de fidélité.

Le concept ? Permettre aux utilisateurs de rassembler leurs points de fidélité de différentes enseignes dans un unique portefeuille numérique. Ce système simplifie l’utilisation des points en autorisant les transactions au sein d’un vaste réseau de commerces et de marques. « Les consommateurs peuvent ainsi échanger facilement leurs points contre des réductions ou des services, augmentant l’utilité et la valeur de leur participation aux programmes de fidélité », explique Siham El Mejjad, jointe par Médias24. Cette ingénieure diplômée de l’Institut national des postes et télécommunications en 2002 a collaboré sur un projet avec Alcatel et le laboratoire de recherche de l’INT d’Evry (aujourd’hui Télécom SudParis), parallèlement à un DESS en ingénierie entrepreneuriale, avant de rejoindre Maroc Telecom de 2004 à 2005 dans le domaine du marketing de service à valeur ajoutée.

Fin 2005, Siham Elmejjad met son expertise au service de 2WLS (World Wide Loyalty System), une entreprise qui fournit des solutions complètes dans le domaine du marketing de la fidélisation et qu’elle a lancée avec les mêmes co-fondateurs de Tookeez. Dotée d’un sens inné des affaires, l’ingénieure a pu propulser son entreprise à l’international, principalement à l’échelle africaine. Aujourd’hui, 2WLS est implantée dans plusieurs pays d’Afrique, notamment l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Kenya, le Ghana, le Sénégal, la Guinée, le Burkina et le Mali. 2WLS est par ailleurs devenue en 2011 une filiale du groupe français Bilendi qui, lui, propose des services numériques, de conception et de gestion des programmes de fidélisation, de marketing direct et de gestion de panels en ligne.

Partant de là, Tookeez est l’émanation d’un écosystème robuste en capital-client, qui ouvre la voie à un nouveau système de récompense. Selon sa cofondatrice, Tookeez « est une extension de 2WLS dans sa partie récompense, répondant à un besoin pressant du consommateur ». L’une des problématiques identifiées en priorité est la complexité de convertir les points de fidélité et la fréquente indisponibilité des récompenses. « Cela illustre les difficultés à échanger des points contre les récompenses désirées, ainsi que la lente accumulation de ceux-ci, ce qui a motivé l’élaboration de notre solution », indique Siham Elmejjad.

En effet, l’expérience accumulée chez 2WLS a permis à l’équipe de devenir des experts en ingénierie des programmes de fidélisation, et de comprendre en profondeur les technologies associées ainsi que les problématiques spécifiques rencontrées par les entreprises et les consommateurs dans le secteur de la fidélisation.

« Aujourd’hui, notre principal défi est de mobiliser nos premiers Early Adopters pour enclencher le système. Nous faisons face à ces défis en restant concentrés sur notre vision et en adaptant rapidement notre produit aux retours des utilisateurs de manière agile. Cette approche permet de tester et d’ajuster rapidement les fonctionnalités de l’application en fonction des besoins et des réactions des utilisateurs », poursuit Siham Elmejjad.

Lever des fonds ne fut pas une mince affaire…

Début 2024, Tookeez a levé 15 millions de dirhams auprès d’Azur Innovation Fund, un jalon marquant pour la start-up dans son ambition de redéfinir le paysage de la fidélité. « Le parcours pour arriver jusqu’ici ne fut pas simple », confie Siham Elmejjad. Bien qu’elle soit entrepreneure depuis maintenant vingt ans, « lancer une nouvelle start-up et se démarquer n’est pas une mince affaire », confie notre interlocutrice.

Selon elle, les premiers obstacles ont été principalement liés à la transformation de l’idée en un service fonctionnel et avec un service qui réponde réellement aux attentes du marché. « Développer un service sans faille qui propose également une expérience utilisateur séduisante représente un véritable défi, sans oublier la complexité que représente le fait d’attirer nos premiers utilisateurs. »

Afin de sécuriser cette levée de fonds, l’équipe a dû affiner sa proposition de valeur, analyser en profondeur les tendances de notre marché et développer des relations stratégiques avec ses futurs investisseurs. « L’importance d’une préparation méticuleuse et d’une compréhension claire de nos objectifs stratégiques et financiers a été fondamentale pour réussir », explique Siham Elmejjad.

Analyser les données de comportement d’achat par l’IA

Avec ce nouveau tour de table, Tookeez envisage d’accélérer son expansion au Maroc, en Afrique et dans la région MENA. L’objectif est double : atteindre 4 millions d’utilisateurs d’ici 2028 et lancer leur activité dans un second pays africain d’ici 2026. « Nous prévoyons d’enrichir l’expérience utilisateur en développant de nouvelles fonctionnalités et en intégrant des technologies de pointe comme la blockchain et l’intelligence artificielle pour faire évoluer l’expérience utilisateur et optimiser les interactions entre les marques et les consommateurs au sein de notre écosystème », affirme Siham Elmejjad.

Elle explique que la blockchain sera utilisée pour sécuriser les transactions et assurer une traçabilité transparente des points de fidélité, ce qui renforcera la confiance des utilisateurs. De plus, cette technologie facilitera les échanges de points entre différents programmes et partenaires, rendant le système plus fluide et accessible. Quant à l’IA, elle sera exploitée pour personnaliser l’expérience des utilisateurs. « En analysant les données de comportement d’achat, l’IA pourra proposer des récompenses et des offres sur mesure qui correspondent vraiment aux préférences et aux besoins des clients ».

Enfin, et pour étendre efficacement son écosystème, Tookeez prévoit de se concentrer sur l’intégration de programmes de fidélité existants et de commerçants partenaires. L’objectif étant de créer une plateforme plus robuste et plus engageante qui bénéficie aussi bien aux consommateurs qu’aux commerçants. « Les consommateurs peuvent bénéficier d’une plus grande variété de choix et de flexibilité dans l’utilisation de leurs points de fidélité, tandis que les entreprises peuvent, à travers leur intégration du réseau de Tookeez, acquérir de nouveaux clients et en fidéliser plus encore », conclut Siham Elmejjad.

Amine Raji et Simo Lemhandez dans la liste « 30 Under 30 » de Forbes

Ils se sont illustrés par leur créativité et leur leadership. Leur passion et leur dévouement peuvent mener à une reconnaissance internationale. Amine Raji et Simo Lemhandez, deux Marocains à la tête de start-up à succès, figurent sur la liste 2024 du « Forbes 30 Under 30 Europe », une distinction attribuée par le magazine Forbes à de jeunes talents de moins de 30 ans, qui reconnaît non seulement leur excellence professionnelle, mais aussi leur capacité à influencer profondément leurs secteurs respectifs.

Ils sont nommés aux côtés de personnalités mondiales telles que les attaquants stars du Real Madrid Vinicius Junior et Jude Bellingham, le pilote de Formule 1 Lando Norris ou l’actrice vedette d’Hollywood Bella Ramsey.

Amine Raji a été honoré dans la catégorie « Science & Healthcare », un domaine où l’innovation peut directement améliorer, voire sauver des vies. « Être reconnu par Forbes au niveau mondial est non seulement un honneur, mais aussi une validation de notre mission scientifique chez Spore.bio », réagit Amine Raji auprès de Médias24. Après une carrière industrielle dans l’agroalimentaire, ce diplômé des Arts et Métiers ParisTech a décidé de créer son entreprise dans la biotechnologie.

Sa start-up, fondée sur les technologies avancées de machine learning et d’intelligence artificielle, a mis au point le premier dispositif de détection d’agents pathogènes en temps réel, spécialement conçu pour les industries alimentaire, cosmétique et pharmaceutique.

Fin 2023, Spore.bio a levé 8 millions de dollars et déposé deux brevets pour sa technologie. Elle est la première start-up au monde à développer ces applications de biophotonique, qu’elle déploie déjà dans plusieurs usines dans le monde au sein de groupes industriels de renom dans l’agroalimentaire et la cosmétique.

Quant à Simo Lemhandez, il a été reconnu dans la catégorie « Technology » grâce à sa contribution notable avec Folk, la start-up que ce diplômé de HEC Paris et Polytechnique a cofondée en 2020 avec Jean-Yves Poilleux et Thibaud Elziere. La jeune pousse révolutionne la gestion des relations clients avec un outil tout-en-un qui centralise les données et les interactions clients, permettant une approche commerciale plus personnalisée et humaine.

Plus concrètement, Folk s’appuie sur les principes de l’approche no-code pour offrir une plateforme accessible qui ne nécessite pas de compétences techniques approfondies pour sa mise en place et son utilisation. Cette accessibilité permet aux entreprises de toutes tailles de mettre en œuvre et de personnaliser leur CRM (Customer Relationship Management, ou Gestion de la relation client) selon leurs besoins spécifiques, sans investissement lourd en développement informatique. La plateforme de Folk intègre des fonctionnalités avancées comme l’automatisation des tâches, le suivi des interactions clients en temps réel et des analyses détaillées qui, ensemble, facilitent une prise de décision plus rapide et mieux informée.

« Cette reconnaissance de Forbes souligne l’impact de Folk sur le marché et renforce notre engagement envers nos utilisateurs », a commenté Simo Lemhandez. Avec plus de 9 millions de dollars levés auprès d’Accel et de plus de 80 Business Angel, Folk a rapidement évolué, attirant à ce jour plus de 1.800 clients et plus de 100.000 utilisateurs.

Fonds Innov Invest : les premiers appels à projet lancés

Près de trois mois après la divulgation par Tamwilcom de la liste des douze Structures d’accompagnement partenaires (SAP) pour le démarrage du Fonds Innov Invest (FII), deux SAP lancent leurs premiers appels à projet.

Pour le segment de l’idéation, il s’agit de l’incubateur et accélérateur de start-up dénommé IncuBooster, basé dans la capitale spirituelle du Maroc (Fès) et d’Emerging Business Factory (EBF).

Ce dernier est un incubateur et un espace de coworking situé à Marrakech et spécialisé dans l’accompagnement des start-up numériques et innovantes.

Notons que les initiatives des deux SAP visent la sélection des start-up et des porteurs de projet qui pourront bénéficier d’un accompagnement et du soutien financier du FII.

Le FM6I lance un appel à manifestation pour la gestion de fonds dédiés aux startups

Cet appel à manifestation d’intérêt, préparé en concertation avec le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), proposera des solutions innovantes aux sociétés de gestion en vue d’accélérer leurs levées de fonds à l’échelle nationale et internationale, indique le FM6I dans un communiqué.

La même source précise que la date limite de dépôt des dossiers de candidature par les soumissionnaires en réponse au cahier des charges est fixée au 1er juillet 2024 à 23h59.

Les « Fonds Startups » sont destinés à offrir des solutions de financement adaptées aux différents stades de développement des startups marocaines et à permettre l’émergence de futurs leaders marocains dans l’innovation et les nouvelles technologies.

Ces fonds devront avoir pour objet d’investir, par apport en fonds propres ou quasi-fonds propres, dans des startups, selon la nature des technologies développées ou par le business model retenu.

Par ailleurs, les startups éligibles aux investissements des « Fonds Startups » pourront être soit des entités de droit marocain soit des entités de droit étranger pouvant justifier d’un lien économique ou social substantiel avec le Maroc. Elles pourront être généralistes ou spécialisées dans des secteurs spécifiques (fintech, edtech, agritech..) et pourront couvrir un ou plusieurs stades de financement (Pre-Seed, Seed, Présérie A, Série A..).

Les sociétés de gestion de ces fonds seront quant à elles sélectionnées en fonction notamment de la qualité de leurs équipes, de la robustesse des performances réalisées dans la gestion de fonds similaires et de leur capacité à mobiliser des fonds auprès d’investisseurs locaux ou étrangers. Elles devront également s’engager à adopter les meilleurs standards de l’investissement responsable au sein des startups.

Les modalités de retrait du cahier des charges, régissant le processus de sélection des sociétés de gestion des « Fonds Startups », sont précisées sur le site web du Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Un an après la levée d’un million de dollars, l’heure du bilan pour Sand to Green

Sand to Green a développé une méthode pour transformer des zones désertiques en plantations durables et rentables en cinq ans. En s’inspirant des écosystèmes oasiens, la start-up utilise l’agroforesterie pour créer une agriculture durable et résiliente face au changement climatique.

Il y a un an, la jeune pousse a levé un million de dirhams auprès de Katapult, un fonds d’investissement norvégien qui investit dans des start-up technologiques à fort impact en Afrique, et Catalyst Fund, dont le siège social se situe à Nairobi, d’une taille de 30 millions de dollars et qui soutient les jeunes entreprises technologiques à fort impact, avec comme vecteurs l’amélioration de la résilience des communautés mal desservies et vulnérables au climat en Afrique et l’adaptation au dérèglement climatique.

Des opérations sur le terrain plus diversifiées

Cette levée de fonds a permis de financer plusieurs initiatives clés au sein de Sand to Green, comme l’explique Wissal Benmoussa, cofondatrice et Chief Agricultural Officer de la start-up. « Une part importante de ces fonds a été allouée au développement et à l’amélioration de notre plateforme logicielle d’agroforesterie », indique-t-elle. Cette plateforme est spécifiquement conçue pour faciliter la planification, la gestion et le suivi de projets agricoles dans des environnements arides, en intégrant des données satellitaires et de terrain.

Aussi, ce tour de table a « soutenu nos activités de recherche et développement, notamment dans l’amélioration des méthodes d’agroforesterie adaptées aux environnements arides et l’optimisation des technologies de dessalement d’eau saumâtre utilisées pour l’irrigation, un projet important en cours pour la phase de retraitement de la saumure ».

De même, cette injection de fonds a permis d’étendre les opérations de la start-up sur le terrain. Cela inclut la préparation de nouveaux sites, la plantation d’arbres et le suivi des plantations déjà existantes. « Nous avons également pu recruter de nouveaux talents et offrir des formations à nos équipes pour soutenir notre expansion opérationnelle et notre innovation technologique », souligne la cofondatrice. Ce qui a agrandi l’équipe, qui rassemble aujourd’hui huit personnes.

Renforcer l’autonomie de la communauté locale

Basée principalement à Paris, la start-up compte à ses commandes trois cofondateurs : Benjamin Rombaut, CEO, Gautier de Carcouët, Chief Finance Officer et Wissal Benmoussa. Elle est composée d’une équipe de développeurs techniques et d’innovation et d’une équipe de soutien basée au Maroc, « au plus près des opérations et de la recherche sur le terrain ».

« Nous essayons au maximum de faire venir toutes les personnes de Sand to Green sur le terrain pour qu’elles s’imprègnent au mieux de la réalité du terrain », souligne Wissal Benmoussa. Une approche qui vise à garantir que chaque membre de l’équipe comprenne pleinement les défis auxquels sont confrontés les écosystèmes, les communautés locales et les clients de Sand to Green.

Entre projets et éducation, Sand to Green ambitionne de cultiver un avenir durable. Selon sa cofondatrice, cette année sera consacrée au développement et au déploiement de nouveaux projets chez différents types de clients, et à la hausse significative du chiffre d’affaires, afin de déployer les meilleures conditions pour effectuer un nouveau tour de financement fin 2024 ou début 2025.

Pour l’heure, « chaque projet initié par Sand to Green bénéficie d’un accompagnement personnalisé, adapté aux conditions climatiques et pédoclimatiques les plus exigeantes », affirme Wissal Benmoussa.

En effet, la start-up a mis un point d’honneur à mettre en œuvre des projets de régénération à partir d’écosystèmes qui subissent les effets du dérèglement climatique et du manque d’eau. A ce titre, un partenariat a été noué avec 700’000 Heures Impact, présenté comme un pionnier dans le domaine de l’hospitalité régénérative, et Regenopolis, qui opère dans la régénération des communautés et des écosystèmes, avec lesquels Sand to Green s’engage dans un projet qui vise à revitaliser l’oasis de Tiskmoudine. « Cette initiative vise à renforcer l’autonomie de la communauté locale et à protéger son patrimoine culturel et naturel, ce qui s’aligne probablement avec notre mission globale en matière de durabilité et de responsabilité sociale », commente Wissal Benmoussa.

Éduquer le public sur la désertification

La start-up offre par ailleurs des perspectives nouvelles et durables à plusieurs types d’acteurs. Elle propose des solutions pour régénérer les sols dégradés en milieu aride pour l’industrie minière, accompagne les acteurs agricoles et agro-industriels dans l’adaptation de leurs chaînes de production comme l’agroforesterie, et collabore avec les acteurs de l’énergie, notamment de l’hydrogène vert, pour développer des projets agricoles en synergie avec des projets industriels d’énergie. Mais pas seulement : Sand to Green travaille en collaboration avec les DFI pour le développement de projets intégrés, répondant aux besoins spécifiques des régions touchées par le changement climatique.

Au-delà de son action sur le terrain, Sand to Green s’engage à sensibiliser et à éduquer le public sur la désertification, « un enjeu critique qui menace la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau dans plus de 168 pays », rappelle notre interlocutrice. Dans ce sens, la start-up a lancé un jeu éducatif intitulé « La Fresque de la désertification », en partenariat avec le CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale), la Présidence de la COP15 Désertification, Foxtrot International et l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte.

C’est donc également le rôle de Sand to Green d’évangéliser sur ce marché encore jeune et en pleine structuration. « C’est en effet aussi notre rôle de partager des approches agricoles plus vertueuses et qui prennent en compte le manque d’eau que nous vivons actuellement au Maroc », conclut Wissal Benmoussa.

Start-up Tech : une dynamique positive de financement attendue cette année

Dans un contexte global de resserrement des taux et des conditions de financement, un retournement s’est opéré sur le secteur des start-up technologiques. Après un excédent de liquidité sur le marché post-Covid et des valorisations qui se sont envolées, notamment à l’international, la donne a nettement changé.

L’an dernier, en Afrique, d’après les données de Partech Africa, les investissements dans les start-up ont baissé de 46% par rapport à 2022 avec un total de près de 3,5 milliards de dollars, principalement captés par l’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Égypte. Le Maroc se hisse à la 5e position de ce classement, avec une performance à nuancer car comptant la levée de fond de CashPlus qui n’est pas une start-up.

Alors que les leaders africains ont été fortement frappés par le retournement, le ressenti au Maroc n’est pas le même. Cette année, de bonnes perspectives se dégagent avec un renforcement du continuum d’investissement grâce au FM6I.

Une dynamique de financement épargnée et des perspectives positives

De façon générale, en 2023, le financement s’est corsé. Ce retournement s’est surtout ressenti dans les pays où cette industrie avait une certaine taille critique avec un marché assez développé.

Au Maroc, l’impact a globalement été faible sur les start-up locales. Cependant, les fonds d’investissement ou sociétés de gestion ont observé un certain durcissement des conditions de financement, notamment avec les bailleurs internationaux.

Contactée sur le sujet, Meriem Zairi, directrice générale d’EmergingTech Venture, spécialisé dans le financement des start-up Tech, nous explique : « L’impact se situe surtout au niveau des fonds d’investissement du fait de ce dur retournement outre-Atlantique. La réalité, c’est que nos start-up ont été impactées dans une moindre mesure du fait qu’elles n’étaient pas fortement exposées à ces financements internationaux ».

Et de poursuivre : « Côté fonds d’investissement, nous avons observé une raréfaction des financements et des investisseurs, accompagnée d’un durcissement majeur des conditions de financement, notamment sur le plan juridique et de rémunération des sociétés de gestion. Ils allouent beaucoup moins de fonds à ces activités-là. Il y a des attentes en termes de performances qui sont bien plus exigeantes et une revue du portefeuille qui a changé, passant d’un modèle de croissance vers un modèle de rentabilité ».

Il faut souligner que ces conditions se durcissent si les sociétés de gestion sont en phase de levée de fonds. Si ce n’est pas le cas et que le financement a été sécurisé avant cette période de durcissement, alors il n’y a pas de sujet.

Factuellement, les financements maroco-marocains ne se sont pas raffermis. Pour la dirigeante, les grands institutionnels ont, depuis 2020, maintenu le cap dans leurs investissements dans les start-up technologiques. « Les institutionnels marocains ont vraiment changé leurs visions sur le secteur depuis 2020. Nous voyons de belles choses se profiler ; ça bouge dans le bon sens concernant le financement maroco-marocain. Entre OCP, CDG et Al Mada, ce secteur a été fortement investi. Il y a également un cadre réglementaire qui a évolué, notamment avec les Organismes de placement collectif en capital (OPCC) », explique-t-elle.

De plus, la dynamique d’investissement dans le secteur pourra également bénéficier du rôle de catalyseur qu’aura le Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I). Pour Meriem Zairi, cette initiative pourra permettre un fort renforcement de l’industrie des start-up et un développement du continuum d’investissement grâce à la naissance de nouveaux fonds. « D’un point de vue purement positif côté marocain, ce qui va être un très gros catalyseur, c’est l’annonce de l’appel d’offres pour la partie VC faite par Mohamed Benchaaboun dans le cadre du FM6I. Elle sortira d’ici fin mars. Là aussi, c’est une grande opportunité pour voir des sociétés de gestion naître pour dynamiser l’investissement », explique-t-elle.

In fine, la situation relative au financement en 2024 sera meilleure que l’année dernière pour les start-up Tech. « Il y a des fonds qui arrivent fraîchement sur le marché avec l’impulsion du FM6I. Du coup, de nouvelles générations de fonds naîtront et viendront compléter ce continuum d’investissement », poursuit la DG d’EmergingTech Ventures.

Côté start-up et dealflow, l’impact du retournement global du marché n’a pas beaucoup touché les entrepreneurs nationaux.

Cette année, le dealflow devrait s’améliorer en 2024

Si retournement il y a eu à l’échelle mondiale, il faut lire ce phénomène dépendant des maturités et des tailles de marché. Les jeunes entreprises innovantes marocaines, contrairement à beaucoup de celles de pays africains qui drainent de forts investissements, comme l’Afrique du Sud, le Nigéria ou encore le Kenya, n’ont pas connu d’impact aussi fort lors du retournement du marché.

Cela peut s’expliquer notamment par le fait que le Maroc n’a pas connu une situation de surliquidité comme c’était le cas post-Covid. Un phénomène qui fait que les start-up marocaines n’ont pas été assujetties à des envolées de valorisation via des levées de fonds importantes. « Dans notre marché, le fait que nous n’ayons jamais été en situation de surliquidité a obligé les entrepreneurs à aller vers des modèles économiques globalement sains car ils ne pouvaient pas aller sur des modèles très consommateurs de cash, comme on a pu le voir dans d’autres pays africains. Le fait est que chez nous, le passage à l’échelle est beaucoup plus lent, mais le point positif est que l’on construit sur du dur« , explique Meriem Zairi.

Si le dealflow demeure encore faible au Maroc avec des opportunités d’investissement limitées, ce dernier s’améliore. « Le dealflow se renouvelle de manière régulière et de qualité. Nous sommes exigeants dans les deals que nous concluons. Il y a un fort renouvellement de talents dans l’entrepreneuriat. Le dealflow, il est ce qu’il est aujourd’hui, mais il se renforce de manière notable », conclut-elle.