Hackathon AIWA : YouCode Safi place les jeunes talents marocains au cœur de l’innovation en IA

Déjà aujourd’hui, et plus encore demain, l’intelligence artificielle déploie sa puissance et transforme le monde. Si notre pays ne cherche pas à se positionner dans l’innovation en intelligence artificielle, il risque de manquer le train d’une révolution qui façonnera le monde de demain, et plus particulièrement son avenir technologique et économique.

Consciente de l’imminence du sujet et de l’importance de faire émerger une innovation locale dans ce segment technologique, l’école YouCode, affiliée à l’UM6P, a organisé du 20 au 22 juin 2025 à Safi la première édition du hackathon AIWA (Artificial Intelligence Workshop & Arena) afin d’imaginer des solutions concrètes pour la société grâce à l’IA.

« Nous organisons ce type d’initiatives à YouCode, car nous croyons que notre jeunesse marocaine n’est pas seulement consommatrice de technologie. Nous formons des bâtisseurs, des contributeurs et des créateurs de solutions essentielles à la digitalisation de notre pays et de notre continent », a déclaré Adil Belkhadir, directeur des écoles YouCode.

48h chrono : qui seront les élus ?

La compétition AIWA a été précédée d’un rigoureux processus de sélection : seuls 20 projets ont été retenus parmi les 300 candidatures soumises par des écoles et universités marocaines.

La sélection s’est appuyée sur la pertinence des solutions d’IA proposées, leur originalité ainsi que leur capacité à répondre à un problème concret ou à exploiter une opportunité commerciale.

Pendant 48 heures, plus de 70 jeunes talents se sont réunis sur le campus de Safi pour concevoir des solutions d’intelligence artificielle en lien avec des problématiques actuelles.

Les projets en compétition s’articulent autour de quatre axes principaux : vie personnelle et épanouissement, business, tech et opérations, secteurs économiques clés, ainsi que planète et durabilité.

Bien qu’aucune thématique n’ait été imposée, toutes les propositions avaient un point commun : une utilité sociale concrète et tangible. Parmi les solutions retenues par le jury figurent notamment :

Un jury de haut niveau, composé de chefs d’entreprise, d’ingénieurs, de chercheurs et de fondateurs de startups, était présent, aux côtés de représentants du groupe OCP, de son cabinet de conseil OCP Solutions, de NBS Consulting et de HEM Business School.

« Nous avons des talents et des esprits brillants au Maroc. Nous aimerions être parmi les premiers à surfer sur la vague, à faire émerger des innovations et à mettre en valeur les compétences marocaines dans le domaine de l’intelligence artificielle… », a précisé Sophia Koukab, managing partner chez NBS-Consulting.

Au-delà du succès de l’événement, la présence de partenaires issus des secteurs industriel (notamment OCP), de l’enseignement du codage (YouCode/1337), de l’entrepreneuriat et de l’IT vise à consolider les retours d’expérience et à détecter les talents susceptibles de briller lors de telles initiatives.

Parallèlement, un bootcamp a été organisé au bénéfice de tous les participants. Il a couvert l’ensemble des outils d’IA, des chatbots et modèles de langage (LLM) comme ChatGPT aux modules de vision par ordinateur et d’apprentissage automatique, ainsi qu’un atelier consacré à la construction de la proposition de valeur et aux aspects marketing et financiers d’un projet.

Transformer l’innovation en startup

« Cette initiative n’est pas simplement un événement de 48 heures, mais un mouvement qui démarre avec cette première édition, et auquel nous souhaitons voir d’autres partenaires s’associer. Ce mouvement ne se limite pas aux hackathons, mais inclut aussi des sessions et des startups qui naîtront de cette dynamique », a conclu Sophia Koukab.

Bien que cette compétition prévoit des prix financiers, son principal atout stratégique réside dans l’accompagnement du vainqueur pour créer une startup au sein du campus de Safi, où un espace dédié offrira une incubation permanente ainsi qu’un soutien constant pour l’accompagner vers un succès retentissant.

De son côté, le groupe OCP s’ouvre davantage sur les voies des startups. Il considère l’innovation dans des secteurs tels que l’intelligence artificielle, la maintenance prédictive, la digitalisation et la durabilité comme un levier stratégique pour dynamiser sa propre croissance et montrer la voie du développement, non seulement pour la chaîne de valeur des phosphates, mais aussi pour tout le pays.

Cet événement, certes plus simple dans sa forme, est néanmoins plus challengeant : il vise à dénicher une pépite parmi les jeunes talents marocains, porteurs d’intelligence, d’énergie et de passion.

Une deuxième édition est prévue pour 2026, avec l’ambition de créer une communauté AIWA capable de fédérer les jeunes talents marocains en intelligence artificielle, d’autant plus que le Royaume figure parmi les plus grands utilisateurs de ces technologies. Il est donc temps d’en tirer pleinement parti grâce à un encouragement efficace de la recherche et de l’innovation.

En effet, le modèle chinois DeepSeek a démontré qu’il est tout à fait possible pour les pays émergents d’innover en IA sans repartir de zéro. Une stratégie d’innovation agile, alliant adaptation et créativité, ouvrirait la voie à une intelligence collective capable de transformer le Maroc de demain.

Casablanca : un incubateur de start-up numériques sera construit à Hay Hassani

Un projet d’incubateur pour les start-up numériques verra bientôt le jour à Hay Hassani, à Casablanca. La SDL Casa Aménagement a lancé un marché pour la maîtrise d’œuvre ingénierie de cette future infrastructure, dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

Le marché couvre l’ensemble des phases de conception et de suivi, allant de l’étude d’avant-projet détaillée à l’assistance aux opérations de réception provisoire et définitive des travaux, en passant par la réalisation du projet d’exécution, la préparation du dossier de consultation des entreprises, la passation des marchés et la direction des travaux.

Le coût prévisionnel des prestations de maîtrise d’œuvre est estimé à 336.000 DH, pour un délai d’exécution global fixé à 18 mois.

Un espace de 1.400 m² dédié à l’innovation numérique

Prévu dans la préfecture d’arrondissement de Hay Hassani, le futur bâtiment s’étendra sur une surface de plancher totale d’environ 1.406 m². Le budget des travaux est estimé à 11,5 millions de DH.

Un incubateur dédié aux startups numériques bientôt construit à Hay Hassani
Site du futur incubateur dédié aux start-up numériques à Hay Hassani.

Le rez-de-chaussée comprendra un espace d’accueil, des bureaux administratifs, un bureau pour le directeur avec sanitaires, une salle de réunion, une salle de conférence, une cafétéria, des espaces de coworking, des box, un studio d’enregistrement multimédia ainsi qu’un espace récréatif.

Le premier et le deuxième étage accueilleront principalement des espaces collaboratifs et de travail, avec des bureaux, des salles de réunion, des salles de classe et des box. Chaque étage sera également équipé de blocs sanitaires accessibles, y compris pour les personnes à mobilité réduite. Une guérite d’accès et des zones de circulation complèteront l’ensemble.

Maintenance prédictive, IA, hydrogène : ce que l’InnovateX Day révèle du futur industriel d’OCP

35 startups sélectionnées par le groupe OCP ont présenté leurs solutions industrielles, en lien avec les besoins et défis du groupe, lors de la première édition d’InnovateX Day ce mardi 29 avril 2025.

OCP a adopté une nouvelle organisation en six Strategic Business Units (SBU) pour booster sa transformation stratégique dans un marché où la concurrence s’intensifie et les technologies évoluent rapidement : Mining, Rock solution, Specialty Products & Solutions, Nutricrops, UM6P, SP2M et Manufacturing. Chacun est autonome, mais avec une approche de responsabilisation complète sur ses gains et pertes.

Portée par la plateforme ManufacturiX, relevant de la Strategic Business Unit Manufacturing du groupe OCP, InnovateX s’inscrit dans une démarche à long terme visant à rapprocher les besoins industriels du groupe des solutions technologiques les plus avancées.

« Mettre 5 millions de dollars dans une startup qui va peut-être faire quelque chose est en fait beaucoup moins cher que d’essayer de réduire les coûts, ou d’augmenter les marges opérationnelles d’une entreprise mondiale », a expliqué Abdellah Cherkaoui en marge d’un panel sur l’avenir du manufacturing en Afrique dans le cadre de l’InnovateX Day.

Abdellah Cherkaoui est l’exemple de l’entrepreneur marocain qui a auparavant développé deux startups jusqu’au stade de licorne, dont Volta, achetée par Shell après une introduction en bourse de 1,4 milliard de dollars. Il développe désormais une startup, Aqualith visant à réduire les coûts des batteries de véhicules électriques.

Les startups sélectionnées par ManufacturiX parmi 2.500 candidatures présentent un stade de maturité technologique entre 7 et 9, qui signifie qu’elles sont à un stade très avancé garantissant des solutions technologiques plus concrètes et capables de répondre efficacement aux besoins du groupe dans des domaines connexes à la chaine (eau et énergie, digitalisation, maintenance industrielle, performance des unités de production, santé et sécurité au travail, développement durable, optimisation logistique et maritime).

OCP ambitionne de dominer le futur de la chaîne de production des phosphates

Afin de soutenir son objectif d’accroître sa production et d’accélérer sa croissance, OCP a actuellement besoin de solutions technologiques adaptées aux enjeux futurs de l’industrie. Avec l’émergence de l’intelligence artificielle et de la robotique, les solutions envisagées devraient permettre d’améliorer sa performance industrielle et la durabilité de ses unités de production, d’optimiser le rendement de ses opérations, de réduire ses coûts et de maîtriser la qualité.

D’autre part, OCP veut également s’attaquer aux défis actuels en misant sur les nouvelles technologies pour trouver des alternatives de matières premières et en concevant des unités de production modulaires pour une flexibilité accrue et la valorisation des coproduits. L’automatisation des activités à haut risque est essentielle, comme la mise en place de systèmes d’alerte précoce pour anticiper les incidents industriels. La gestion durable des déchets, qu’ils soient liquides ou solides (métalliques et non métalliques), ainsi que l’élimination des déchets gazeux représentent un axe majeur. Enfin, une visibilité accrue sur la chaîne logistique par l’IA et la blockchain est un impératif pour la compétitivité du groupe.

Lors de son intervention au cours de cette journée, Abdenour Jbili, CEO d’OCP Maintenance Solutions et de la Manufacturix Platform, a montré comment l’innovation peut transformer un rêve en réalité : « En 2010, avec un petit groupe de collègues, nous avions imaginé une nouvelle façon de faire la maintenance industrielle. Nous voulions utiliser les données, les capteurs, les outils numériques pour prédire les pannes des machines avant qu’elles ne surviennent. Mais à l’époque, la digitalisation était un mot peu familier, presque menaçant pour le monde industriel. Mais nous y croyions. Et plus que cela, nous avions un but. Nous voulions transformer la maintenance en quelque chose de valorisant et c’est devenu le premier pilote pour quelque chose de plus grand, la première solution de maintenance prédictive à l’OCP ».

Pour les startups, un partenariat avec un groupe tel qu’OCP, leader mondial dans la production de phosphates, représente une opportunité stratégique. Au-delà du soutien financier, cette collaboration offre un levier de croissance significatif, avec des retombées potentiellement généralisables à l’ensemble du secteur minier.

Des solutions de pointe issues des 35 startups sélectionnées

Durant les sessions de pitch, les startups réparties sur les sept thèmes de projets ont présenté des solutions très avancées et déjà testées sur le terrain. L’enjeu crucial discuté est comment ces solutions peuvent être adaptées efficacement aux demandes industrielles du groupe.

Pour illustrer la maturité des solutions sélectionnées, prenons l’exemple de la startup Zededa, fondée par Said Ouissal. Spécialisée dans la digitalisation, elle propose des solutions permettant d’automatiser et de coordonner des tâches complexes entre différents systèmes. Depuis sa création, Zededa a levé plus de 127 millions de dollars et compte parmi ses clients des géants du secteur énergétique, dont 12 entreprises du Global Fortune 500.

Dans le domaine de l’eau, une autre startup a présenté une solution innovante de dessalement thermique sans rejets liquide et une alimentation 100% en énergie renouvelable. Du côté des énergies renouvelables, où l’intermittence reste un défi, une startup américaine propose un système de stockage d’énergie par batterie intégré à des micro-réseaux, combinant diverses sources comme le solaire, l’éolien, les groupes électrogènes et même l’hydrogène.

Enfin, dans le secteur de la durabilité, une autre entreprise a exposé un système de dépollution des gaz d’échappement, capable d’éliminer le méthane et autres émissions nocives. De même, une startup a présenté ses modèles d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène, avec des contrats de réservation atteignant 600 MW de capacité, dont 100 MW en partenariat avec Shell.

La première édition de l’Innovate X Day ne s’est pas achevée avec la clôture de l’événement. En effet, un processus de sélection a débuté mercredi 30 avril, réunissant des représentants d’OCP et d’autres experts internationaux. Il se conclura dans deux semaines, lorsque les startups sélectionnées entameront une nouvelle étape de partenariat avec le groupe, avec accompagnement et financement.

Parmi les projets qui permettront au groupe de se projeter dans le futur, citons le nouveau programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M) qui permettra de concrétiser la vision future d’OCP visant à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2040, avec des premiers objectifs atteints dès 2030. La première pièce du puzzle est celle du nouveau Phosphate Hub Mzinda, lancé en 2024, et qui permettra dès 2026 une production additionnelle de 4,5 millions de tonnes d’engrais et 9 millions de tonnes dès 2029, en plus de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique.

En plus des nouvelles technologies intégrées, le site Mzinda abritera un centre d’opérations à distance intégré (IROC) de nouvelle génération. Il permettra de surveiller et de contrôler l’ensemble des opérations de la roche à la valorisation, une concrétisation pionnière de l’industrie minière 5.0 au Maroc.

L’UM6P crée UM6P Foundry pour accompagner les start-up Deep Tech

UM6P Foundry a pour objet la prise de participation directe ou indirecte dans des start-up marocaines ou étrangères, en phase de création ou déjà établies, qui développent des projets innovants basés sur des technologies avancées (Deep Tech). Les secteurs ciblés incluent notamment l’industrie, l’agriculture et la santé, avec un accent mis sur les innovations de rupture.

Le conseil d’administration de UM6P Foundry est composé exclusivement de représentants de l’UM6P ou de personnalités liées à son réseau. La direction générale de la société a été confiée à Driss Lahlou Kitane, désigné par le conseil d’administration.

L’Université y siège en tant qu’actionnaire majoritaire, représentée par Hicham El Habti, président de l’UM6P. Il est accompagné de :

Dotée d’un capital social de 50 MDH, cette société anonyme a été officiellement constituée le 24 janvier 2025 et enregistrée à Benguérir.

La mission de commissariat aux comptes est assurée par Deloitte Audit. Le dépôt légal a été effectué le 8 avril 2025 auprès du tribunal de première instance de Benguérir.

À Station F, l’UM6P lance NextAfrica, un accélérateur de start-up Europe-Afrique

NextAfrica propose une approche hybride, combinant immersion à Station F et accès aux infrastructures de l’UM6P au Maroc, afin d’aider les start-up à développer, tester et structurer leurs innovations, indique un communiqué de l’Université.

Avec cette implantation, sur le thème « Innover ensemble : un pont entre l’Europe et l’Afrique pour transformer le futur », l’UM6P renforce son rôle de passerelle entre l’Afrique et l’Europe en matière d’innovation et d’entrepreneuriat, poursuit la même source. Bien plus qu’une présence institutionnelle, elle vise à créer un écosystème de collaboration, de partage de savoir et de co-création.

Pendant six mois, les start-up sélectionnées bénéficieront d’un environnement unique : un accompagnement à Station F et l’accès aux infrastructures de l’UM6P via StartGate, son campus dédié aux start-up, ajoute le communiqué. Elles seront soutenues par un réseau de mentors africains et européens, ainsi que par des connexions stratégiques avec investisseurs et industriels.

« Grâce à notre présence à Station F et à l’ancrage de l’UM6P en Afrique, nous offrons aux entrepreneurs un cadre unique pour accélérer leur développement et relever les défis technologiques et sociétaux de demain. Bien plus qu’un programme d’accélération, NextAfrica est un levier de transformation qui connecte talents, investisseurs et industriels pour bâtir des solutions durables et impactantes », déclare Fahd Benkirane, directeur général de l’UM6P France, cité dans le communiqué.

Dans cette dynamique, UM6P Ventures s’implante aussi à Station F pour faciliter l’accès au financement et créer des synergies entre les écosystèmes de capital-risque européens et africains.

« En alternant entre Station F et StartGate, les start-up bénéficieront d’une double immersion : ouverture sur l’Europe et ancrage dans un hub d’innovation africain. L’objectif est de valider leur technologie, accélérer leur mise sur le marché et lever les fonds nécessaires pour grandir rapidement », explique Yassine Laghzioui, directeur de l’Entrepreneuriat et Venturing UM6P et CEO d’UM6P Ventures.

L’événement a permis de présenter la première cohorte NextAfrica, composée de douze startups prometteuses réparties en deux domaines :

– HealthTech : Pelican Health, SenseBiotek, VG2D Pharma, Inn’Pulse, NeuralTeks, BlocReg Solutions, iAvicenne et Rosetta Omics.

– AgriTech : Sand to Green, ISTYA, AgroSfer et IrWise.

La start-up marocaine ToumAI lève 10,5 MDH

L’opérateur télécom Orange Maroc a accompagné la jeune entreprise marocaine ToumAI avec une levée de fonds qui a permis d’engranger 10,5 millions de DH. Ce tour de financement, qui a été mené avec la participation d’Orange Ventures, Digital Africa, Launch Africa ou encore Madica ventures, va permettre de propulser ToumAI vers de nouveaux sommets, indique un communiqué d’Orange Maroc.

Concrètement, en s’appuyant sur une architecture d’IA composite unique, HolistiCX est capable d’analyser les conversations, de détecter les émotions et d’adapter les réponses en temps réel, et ce, dans de multiples langues et cultures.

Intégré au sein des Orange Digital Center au Maroc, le programme d’accélération Orange Fab a permis à ToumAI de bénéficier du soutien d’un écosystème d’innovation dynamique et d’un accès à un réseau international d’experts, poursuit la même source.

« Nous sommes ravis d’accompagner ToumAI dans cette nouvelle étape de son développement », a déclaré Hendrik Kasteel, CEO d’Orange Maroc. L’expertise de ToumAI en matière d’intelligence artificielle et sa vision de l’expérience client s’alignent parfaitement avec notre stratégie d’investissement dans les technologies de pointe. Par ailleurs, l’émergence de cette start-up constitue une nouvelle preuve du potentiel des projets aussi innovants que disruptifs qui sont développés au sein des Orange Digital Centers au Maroc », a -t-il ajouté.

Cette levée de fonds marque donc une étape clé dans le développement de ToumAI. Elle va permettre notamment à la jeune entreprise de recruter de nouveaux talents, d’investir dans la recherche et le développement pour rester à la pointe de l’innovation en matière d’intelligence artificielle, mais aussi de conquérir de nouveaux marchés à travers le monde, en s’appuyant sur son succès en Afrique, poursuit le communiqué.

La région de l’Oriental se rêve en pôle national de l’IA (Vidéos)

La région de l’Oriental connaît une effervescence dans le secteur de la formation et de la recherche dans le domaine du digital et de l’intelligence artificielle (IA). Après la création de l’Ecole nationale de l’intelligence artificielle et du digital à Berkane, le vice-président du conseil régional de l’Oriental, Alae Berkaoui, annonce la création d’un Centre de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé, dans le cadre d’une convention qui lie la région à celle du Grand-Est en France.

Celle-ci s’ajoute à d’autres projets qui ont été initiés dans le domaine du digital, à l’instar de l’Ecole de codage YouCode qui a ouvert ses portes cette année à Nador dans le cadre d’une convention qui lie la région au ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, au ministère de la Transition numérique ainsi qu’à l’UM6P, et qui vise à moderniser les Maisons de jeunes.

Considérant le capital humain comme « le principal moteur d’une société numérique, innovante et inclusive », Alae Berkaoui a exprimé la volonté de positionner la région comme un pôle d’excellence numérique au niveau national et international, lors de son intervention au Symposium africo-européen sur la gouvernance responsable de l’IA (SAE’IA 2024), le 28 novembre dernier à Oujda. Cela passe, d’après lui, par la création des conditions nécessaires à cette transition, notamment à travers la signature de plusieurs conventions qui soutiennent la recherche, l’innovation, la formation et l’intégration professionnelle dans les métiers du digital.

L’Université Mohammed Premier renforce son engagement envers l’IA et le digital

Au sein du Campus du savoir, relevant de l’Université Mohammed Premier (UMP) d’Oujda, une école de codage baptisée Zone01 a été inaugurée début 2024. D’après ses responsables, elle est portée par la même équipe qui est à l’origine de la pédagogie « Peer to Peer » adoptée par les écoles 42 (France), 1337 ou encore YouCode.

Zone01 se distingue par le fait d’enchaîner avec un stage professionnel, rémunéré 7.500 DH/mois pendant un an, pour déboucher sur un CDI avec un salaire mensuel de 20.000 DH. La formation est gratuite, et l’insertion professionnelle à ces conditions est garantie grâce à des conventions avec le secteur privé.

Dans ce Campus du savoir, l’école de codage côtoie un fablab équipé de machines et matériels variés qui servent au prototypage et au développement de produits technologiques. À proximité, la Maison de l’IA fait office d’espace de découverte et d’apprentissage des applications et usages divers de l’intelligence artificielle. Elle organise également le Miathon qui incite les étudiants et les jeunes de la région à lancer leur start-up dans les domaines variés de l’IA.

Organisé par l’Université Mohammed Premier (UMP) d’Oujda en partenariat avec l’UNESCO, le SAE’IA 2024 a permis à l’université de renforcer son positionnement dans les domaines de l’IA et du digital, à travers de nouvelles conventions qui visent à enrichir son offre de formation et de recherche.

Les jeunes de la région innovent et créent des start-up dans l’IA

Le symposium comprenait également un espace d’exposition où des start-up présentaient leurs innovations. Médias24 en a rencontré quelques-unes.

LSTA Technologie est une start-up créée par des étudiants représentant plusieurs établissements de l’UMP d’Oujda. Elle développe des produits et services basés sur l’IA. Après avoir conçu des lunettes intelligentes pour malvoyants, elle a créé une solution qui permet aux entreprises de gérer intelligemment leur stock. Grâce à un système de capteurs RFID, les espaces de stockage sont optimisés, et la gestion des flux de marchandises est facilitée et sécurisée.

Mr Genius est une autre start-up oujdie qui produit localement des robots programmables, dans un objectif éducatif, à l’intention des élèves et des étudiants. Au Maroc, c’est un marché en pleine expansion, tirant parti de la volonté des parents de préparer leurs enfants à cette transition vers les métiers de l’IA. Aujourd’hui, c’est un marché dominé par deux multinationales étrangères. Mohammed Bouziani, fondateur de la start-up, développe une solution purement marocaine, produite actuellement grâce à des imprimantes 3D.

D’autre part, il a conçu un robot avatar prenant la forme d’un homme vêtu d’habits traditionnels locaux, à même d’accueillir les touristes et de leur fournir toutes les informations liées à la région de l’Oriental. Son ambition est de développer davantage ce concept afin que chaque région puisse disposer de son propre avatar pour accueillir et guider les touristes lors de la Coupe du monde 2030 au Maroc.

Des start-up venant d’autres régions du Maroc ont également exposé leurs solutions. Comme DoctorIA de Jad Tounsi, qui a développé une IA qui assiste les radiologues lors de la détection d’anomalies dans les images radiologiques, permettant ainsi de mieux prévenir et soigner les patients.

Zynerator est une autre start-up innovante et fort prometteuse. Son cofondateur Khalid Zouan nous explique comment elle facilite la vie aux développeurs en faisant de la conception d’applications un jeu d’enfant. Zynerator revendique de meilleures performances que celles des leaders internationaux.

Éduquer et communiquer pour garder l’humain au centre du développement de l’IA

L’institut Afriq’IA, fondé par Saïda Belouali, professeur à l’UMP d’Oujda, est un autre établissement qui s’ajoute à cet écosystème. À l’image de son grand frère, l’institut EuropIA, il aura pour mission de fédérer et de communiquer autour de l’IA en mettant l’accent sur l’humain et l’utilisation éthique de ces nouvelles technologies.

Une autre mission de cette nouvelle entité, comme nous l’explique Marco Landi, fondateur d’EuropIA, sera de superviser la création de nouvelles Maisons de l’IA partout en Afrique, avec l’objectif d’éduquer et de stimuler l’apprentissage chez les jeunes autour de l’IA, dans un objectif de développement inclusif.

Il faut dire que le thème principal du SAE’IA 2024 concernait principalement la gouvernance responsable de l’IA, afin de rassurer autour des risques et d’éviter les dérives qui peuvent venir d’une utilisation malsaine de l’IA. Plusieurs sujets ont été abordés comme l’inclusion, la santé, l’éducation et la créativité à l’ère de l’IA.

Dans une discussion avec Hakim Boulouiz, directeur de l’Ecole nationale d’architecture (ENA) d’Oujda, nous abordons quelques-uns de ces enjeux dans les secteurs de l’enseignement et de l’architecture. Des domaines où l’IA prend du terrain et où des questions légitimes se posent sur la créativité et la responsabilité à l’ère de l’IA. La machine va-t-elle remplacer l’architecte ? Où s’arrête l’assistance et où commence le plagiat ?

SAE’IA 2024 a été organisé et soutenu par plusieurs organisations nationales et internationales, dont l’UNESCO, la Commission européenne, la Fondation Anna Lindh et le conseil régional de l’Oriental. Il contribue, selon ses organisateurs, à mettre la ville d’Oujda et la région de l’Oriental dans les radars de la communauté internationale de l’IA et à renforcer ce positionnement.

Moldiag commence à livrer ses tests de dépistage du Mpox à des pays africains

Après la recommandation de ses tests de dépistage du Mpox par la CDC-Afrique, la start-up marocaine Moldiag a commencé à les développer dans son usine à Tamesna.

Dans une déclaration à l’agence Associated Press, le fondateur et directeur scientifique de Moldiag, Abdeladim Moumen, a déclaré que les tests de Moldiag – vendus 5 dollars la pièce – peuvent « aider à remédier aux pénuries à un prix abordable ».

« Le mois dernier, la société a commencé à accepter des commandes du Burundi, de l’Ouganda et du Congo et a également vendu ses produits au Sénégal et au Nigeria », a-t-il déclaré.

Ce premier test PCR en temps réel pour le Mpox, fabriqué localement au Maroc, avait été recommandé en novembre dernier par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC-Afrique), à travers son Comité consultatif des diagnostics (DAC).

La startup Enakl lève 1,4 million de dollars

Avec cette levée de fonds en financement pre-seed, menée par Catalyst Fund, accompagnée de Renew Capital, Digital Africa, Station F ainsi que des business angels, Enakl s’appuie sur la technologie pour répondre durablement aux besoins de mobilité urbaine, peut-on lire sur un communiqué de la startup.

« Nous avons choisi d’investir dans Enakl pour leur capacité à transformer le transport urbain en Afrique grâce à une solution durable et scalable », a déclaré Maxime Bayen, associé chez Catalyst Fund, cité dans le communiqué. « En réduisant les émissions carbone et la congestion des villes grâce à des solutions de transport partagé basées sur la technologie, Enakl répond aux défis liés à l’urbanisation tout en améliorant l’accessibilité. Dans un monde de plus en plus conscient des enjeux climatiques, le modèle d’Enakl montre la voie vers une mobilité durable et inclusive pour les villes africaines », ajoute-t-il.

Renew Capital partage cet enthousiasme : « Nous reconnaissons l’importance du problème qu’Enakl cherche à résoudre dans de nombreuses villes où nous intervenons en Afrique. Les solutions de transport collectif développées par Enakl sont essentielles pour relever ces défis. L’équipe d’Enakl a démontré une compréhension approfondie, une vision stratégique claire et une forte capacité d’exécution. Nous sommes fiers de les accompagner dans cette aventure », a déclaré Adam Abate, CEO de Renew Capital.

Enakl se focalise sur les trajets domicile-travail en collaborant avec des entreprises et des opérateurs locaux afin de garantir des solutions de transport abordables et accessibles, souligne le communiqué. Ce modèle simplifie non seulement les déplacements des salariés, mais aide aussi les employeurs à réduire leur empreinte carbone tout en renforçant la satisfaction de leurs collaborateurs, poursuit la même source.

Avec une phase pilote déjà bien engagée, Enakl enregistre actuellement plus de 15.000 réservations par mois à Casablanca, avec un taux de croissance mensuel de 20%, note le communiqué. L’entreprise prévoit de s’étendre à d’autres villes africaines pour établir une nouvelle référence en matière de transport sûr, abordable et écologique, au bénéfice des entreprises, des communautés et des gouvernements.

« Ce financement nous offre l’opportunité de renforcer notre impact à Casablanca et d’accélérer le développement de notre technologie. En travaillant à intégrer l’IA, nous optimisons les itinéraires, améliorons l’expérience des usagers et promouvons des solutions de mobilité urbaine durable », expliquent Samir Bennani et Charles Pommarède, cofondateurs d’Enakl, cités dans le même communiqué.

PGPR Technologies, la start-up qui se positionne dans l’agriculture durable grâce à la biotechnologie

PGPR Technologies est une start-up qui développe des biofertilisants et biostimulants. Basée dans le village d’Azla, au nord du Maroc, PGPR Technologies a vu le jour en 2022, avec un objectif clair : promouvoir des pratiques agricoles durables par une approche basée sur la réutilisation des déchets organiques et une absence totale de produits chimiques dans leurs solutions.

L’idée de cette start-up est née lors d’un événement sur les changements climatiques organisé par l’Association pour la conscience et l’action sociale (ACAS) en partenariat avec Atlas for Development. C’est là où Mohamed El Harras, expert en finance, a rencontré Hamza El Kharroubi, entrepreneur polyvalent diplômé des programmes d’entrepreneuriat de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et titulaire d’un master en changement climatique et culture, Abdessadek Aghrinane, spécialiste en génie génétique et en gestion des déchets, et Meryem Hdia, vétérinaire diplômée de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, impliquée dans la protection de l’environnement. Cette dernière est membre du comité du Centre Hassan II de la Fondation Mohammed VI et ambassadrice de l’African Youth Climate Hub.

Unis par leur volonté commune de révolutionner le monde agricole, ces quatre partenaires ont rapidement mis leurs expertises en commun pour développer des biofertilisants et biostimulants « de haute qualité », comme le souligne Mohamed El Harras.

L’approche repose sur l’utilisation de déchets organiques pour produire des biofertilisants et biostimulants respectueux de l’environnement. Cette démarche permet non seulement de réduire l’empreinte écologique de l’agriculture, mais elle offre aussi aux agriculteurs des avantages économiques considérables en optimisant leurs rendements tout en réduisant leurs dépenses. En effet, « nos solutions permettent aux agriculteurs d’améliorer leurs rendements de 30% et de réduire leurs coûts de production de 50% », affirme notre interlocuteur. Des résultats ont été validés à travers « plusieurs tests sur le terrain, notamment dans les champs expérimentaux de l’UM6P, ce qui prouve l’efficacité et la viabilité de ces produits », assure notre interlocuteur.

Une start-up marocaine à la conquête de l’agriculture durable en Afrique

PGPR Technologies s’inscrit dans une vision à long terme où l’agriculture durable devient la norme, et où les solutions basées sur les biotechnologies peuvent répondre aux défis globaux en matière de sécurité alimentaire et de préservation de l’environnement. La start-up espère avoir un impact positif, non seulement au Maroc, mais aussi à l’échelle internationale, en particulier en Afrique « où les pratiques agricoles durables deviennent une nécessité », souligne notre interlocuteur.

En effet, « après des mois d’études et de discussions, la start-up a franchi une nouvelle étape en signant un partenariat stratégique avec un acteur local spécialisé dans l’agriculture biologique. Ce partenariat ouvre à PGPR Technologies l’accès au marché nigérian, un marché clé pour l’agriculture biologique en pleine expansion », affirme-t-il.

Grâce à cet accord, la start-up compte bien renforcer son empreinte à l’international. Mais ce n’est que le début. Avec un laboratoire de recherche et développement en plein essor, PGPR Technologies s’engage à innover continuellement pour répondre aux besoins évolutifs des agriculteurs et des marchés. L’ambition est plus vaste : « Transformer durablement le secteur agricole africain grâce à des solutions biotechnologiques avancées », conclut le jeune entrepreneur.

Le célèbre Founder Institute lance son programme au Maroc pour soutenir l’innovation et l’entrepreneuriat

En s’implantant au Maroc, le Founder Institute vise à dynamiser l’écosystème entrepreneurial local en offrant aux fondateurs d’entreprises l’opportunité de bénéficier d’un programme structuré, éprouvé à l’international, et adapté aux spécificités du marché marocain, explique Founder Institute dans un communiqué.

Les participants auront accès à un réseau de mentors locaux et internationaux, d’investisseurs et d’alumnis, favorisant ainsi le partage de connaissances et l’accès à des ressources cruciales pour le développement de leurs projets, ajoute la même source.

Le programme se déroulera sous un format digital en majeure partie; les sessions incluront des ateliers pratiques, des études de cas, ainsi que des sessions de mentorat individuel avec des experts locaux et internationaux.

Cité dans le communiqué, Hicham Sentissi, Omar Layachi et Youssef Koun, leaders du Founder Institute Morocco, soulignent : « Ce programme est une opportunité exceptionnelle pour les entrepreneurs marocains de passer du stade de l’idée à celui de la réalisation avec l’appui d’une communauté mondiale de leaders du secteur technologique et entrepreneurial. Nous avons beaucoup d’espoir que ce programme ait un fort impact au sein de l’écosystème avec une volonté d’inclure les corporates de toutes tailles dans notre approche ».

Les candidatures pour la première cohorte sont ouvertes depuis le 29 août. Les entrepreneurs en herbe ou les fondateurs ayant déjà une entreprise en phase d’accélération sont invités à postuler.

Le premier événement de présentation du Founder Institute Morocco est prévu pour le 10 septembre
prochain sous le thème de la levée de fonds au Maroc. A noter que le programme d’accélération débutera en février 2025.

Lancement du programme « Boost Up Lab » pour soutenir les startups technologiques à Tanger

Lancé avec le soutien du ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, ce programme permettra aux entrepreneurs et jeunes startups de développer leurs projets technologiques grâce à un accompagnement intensif et personnalisé, a indiqué le Technopark de Tanger dans un communiqué.

Le programme se penchera sur le renforcement de la maturité des projets à travers l’organisation de hackathons et de bootcamps de travail intensif pour aider les participants à développer des compétences essentielles et à faire progresser leurs projets.

Il offrira également des sessions de mentoring et d’inspiration permettant aux porteurs de projets de bénéficier de conseils et de l’expertise de mentors et d’experts de l’industrie, en plus de permettre aux participants de bénéficier de formations, ateliers, évènements de networking et programmes d’accompagnement afin de se connecter à l’écosystème entrepreneurial même après la fin du programme.

Le Technopark de Tanger appelle ainsi les startups et porteurs de projets intéressées à soumettre leur candidature avant le 15 septembre 2024 sur le site web, a noté le communiqué.

Il est à rappeler que la dernière édition du “Boost Up Lab Casablanca”, conclue en juillet, a réuni 45 participants, accompagnés par 11 formateurs et formatrices intervenant tout au long du parcours d’incubation. Le programme a permis aux projets de connaître une évolution de leur chiffre d’affaires, atteignant une croissance de 59.14%, ainsi qu’une augmentation du nombre de postes créés, qui a triplé en 5 mois.

Fruit d’un partenariat public-privé, le Technopark a accompagné plus de 3.000 startups, renforçant ainsi son rôle de catalyseur pour l’innovation et l’entrepreneuriat au niveau national.

Le Technopark, acteur majeur de l’innovation au Maroc depuis plus de 20 ans, soutient les jeunes entrepreneurs dans les nouvelles technologies, les Green Tech, les industries culturelles, et les nouveaux métiers porteurs. Implanté dans cinq villes, à savoir Casablanca, Rabat, Tanger, Agadir et Essaouira, il étend également son développement à d’autres villes telles que Fès, Oujda et Tiznit.