L’UM6P s’installe à Station F pour soutenir l’innovation entre l’Europe et l’Afrique

Ce programme, intitulé NextAfrica, vise à soutenir et accélérer le développement des startups internationales intéressées par le marché africain dans des secteurs tels que la Greentech, l’Agritech, la Healthtech, relevant du positionnement stratégique de l’UM6P, indique l’Université dans un communiqué.

À travers ce partenariat, l’UM6P aura un espace dédié de plus de 40 postes de travail à Station F. Ce partenariat offre aux startups des opportunités uniques combinant mentorat, possibilités de financement, accompagnement technique et accès privilégié aux marchés africains.

Il mettra à profit l’expertise scientifique et la richesse des laboratoires de l’UM6P, en favorisant les échanges avec ses chercheurs et experts, apportant une perspective locale et africaine précieuse pour les startups, ajoute le communiqué.

Au-delà du soutien opérationnel, les startups bénéficieront de connexions stratégiques avec des acteurs clés au Maroc et en Afrique, ainsi que d’opportunités de partenariats technologiques et business.

En parallèle, l’intégration à l’écosystème dynamique de Station F leur offrira un levier unique pour accélérer leur croissance et consolider leur positionnement sur les marchés européens et africains.

Le programme d’accélération NextAfrica offrira à une vingtaine de startups Greentech et Healthtech par an un accompagnement international unique, combinant une immersion au sein de l’écosystème entrepreneurial de Station F à Paris et un accès direct aux infrastructures et aux ressources du campus de l’UM6P au Maroc.

« Cette alliance avec Station F reflète notre ambition de connecter les talents africains et européens autour d’un environnement entrepreneurial innovant. En unissant nos forces, nous mettons à disposition des startups les outils leur permettant de relever les défis technologiques, économiques et environnementaux de l’Afrique, tout en renforçant ce pont entre les deux continents. À travers ce positionnement, l’UM6P entend approfondir son rôle clé dans la création d’un écosystème d’excellence », a déclaré Hicham El Habti, président de l’UM6P, cité dans le communiqué.

« Nous sommes très fiers d’accueillir l’UM6P à Station F. Ce partenariat ne fera que renforcer des secteurs clés et stratégiques pour nous, notamment la GreenTech et le HealthTech, ainsi que notre lien avec le Maroc –qui est le troisième pays le mieux représenté à Station F aujourd’hui », a souligné, de son côté, Roxanne Varza, directrice de Station F qui accompagne plus de 1000 startups par an à travers 30 différents programmes.

Popcard, la carte de visite numérique marocaine sur le marché européen

Lancée sur le marché marocain en juillet 2022, la carte de visite numérique Popcard a signé son entrée sur le marché européen six mois plus tard, et s’installe désormais à Paris, à la Station F, l’un des plus grands incubateurs de startups au monde. « Nous avons associé à notre entité française le talentueux Ayman Lahouiry, que l’on appelle dans le jargon startups, un launcher. Il nous accompagne dans l’exploration et le déploiement de nos solutions en France », affirme à Médias24 le cofondateur de Popcard, Otman Harrak.

Popcard est une carte de visite numérique et personnalisable qui permet de transmettre son profil et ses coordonnées grâce à la technologie NFC, en l’approchant d’un smartphone en mode sans contact. La réception est redirigée vers un profil numérique sur lequel apparaissent différentes informations, comme le nom du titulaire, le poste occupé, le nom de l’entreprise, le lien vers les réseaux sociaux et le site web.

Des possibilités d’expansion prometteuses

S’implanter en France répond à des objectifs multiples. Il s’agit d’abord de prouver que « la technologie développée au Maroc est à la hauteur des standards internationaux« . Qui plus est, la startup se rapproche de sources de financement variées, grâce aux nombreux programmes de recherche et de développement ainsi qu’aux dispositifs d’accompagnement régionaux présents dans le pays. Last but not least, la France représente une porte d’entrée vers le marché européen, offrant ainsi des possibilités d’expansion prometteuses pour Popcard, soutient Otman Harrak.

Aujourd’hui, Popcard a déjà réussi à acquérir ses premiers clients dans l’Hexagone. Toutefois, le coût d’acquisition par client reste élevé, ce qui impacte les marges de la startup. « Malgré ce défi, on est déterminé à persévérer en matière de marketing ; on cherche activement à lever des fonds pour soutenir sa croissance sur le marché français. »

Dans ce même esprit de croissance, la startup a entrepris une série d’actions stratégiques, en commençant par une approche dite de Growth Hack. Par exemple, « nous avons fait appel à Youssef Koutari, une véritable légende de LinkedIn en France, qui publie des posts sur Popcard avec une communauté de plus de 300.000 membres sur ce réseau social », souligne le jeune entrepreneur, qui précise avoir initié des partenariats avec différents réseaux de restaurateurs afin de renforcer sa présence sur le marché.

A la recherche de financements pour développer des services FinTech

La startup, qui compte aujourd’hui huit collaborateurs, a intégré en mars le programme d’investissement et d’accélération 212 Founders dans son batch Winter 2023. Selon l’entrepreneur, la startup a pu valider un modèle d’affaires qui lui a permis d’autofinancer sa croissance. « Les signaux du marché sont positifs. Nous sommes confortables quant au choix de nos investisseurs », assure Otman Harrak.

Si aujourd’hui, le modèle d’affaire de Popcard repose entièrement sur la conception et la commercialisation de cartes de visite digitale, à partir de 390 dirhams, son cofondateur affirme qu’il compte pivoter son modèle économique pour y intégrer le paiement par carte.

« Notre vision, c’est de nous ouvrir à d’autres types de fonctionnalités, pour devenir éventuellement une Fintech », indique-t-il, soulignant la possibilité d’intégrer des services comme Employee benefits ou la possibilité de paiement dans des réseaux de commerces partenaires. « C’est une approche verticale que l’on est en train d’adopter. Lorsque l’on débloquera du financement, on mettra l’argent dans le recrutement, dans le développement de ses verticales et vers le renforcement de l’existant », affirme Otman Harrak.

Popcard a l’ambition de devenir une Super Card, à l’image des Super Apps qui font fureur actuellement dans le paysage des applications mobiles. L’objectif est de développer une carte polyvalente qui permettra aux utilisateurs d’accomplir une multitude de tâches, de réduire le nombre de cartes que nous utilisons au quotidien et regrouper différents services au sein d’une seule et même carte . Il explique : « Imaginez pouvoir non seulement vous présenter ou ouvrir une porte de bureau grâce à cette carte, mais également l’utiliser comme moyen de paiement auprès de nos partenaires restaurateurs, tout en accumulant des points sur celle-ci. »

De grandes entreprises marocaines intéressées

La startup ambitionne de devenir un véritable laboratoire de recherche dans l’exploitation des technologies NFC, en tirant parti de cette technologie pour offrir une solution pratique qui simplifie la vie des utilisateurs et transforme leur expérience quotidienne. A ce jour, Popcard affirme avoir suscité un fort engouement de la part de la cible professionnelle et revendique un peu plus de 4.000 professionnels issus de différents secteurs.

De même, son offre B2B séduit de plus en plus de grands groupes au Maroc, comptant à ce jour une dizaine de clients, notamment dans le secteur bancaire. « Des entreprises marocaines renommées telles que la CDG, Société Générale ou Maroc Telecom se sont montrées intéressées par la solution de carte numérique de Popcard », affirme le fondateur.

En effet, la carte numérique offre des fonctionnalités avancées telles que le contrôle de l’image de marque et l’analyse des statistiques d’utilisation sur le terrain, ce qui permet aux entreprises, non seulement de représenter la marque de l’entreprise, mais aussi d’exploiter les données collectées via le back office « Popcard Metrics » pour lancer des campagnes d’acquisition basées sur des informations précises.

Qui est Marwan Elfitesse, à la tête des programmes de Station F ?

Du haut de ses 36 ans, Marwan Elfitesse a intégré sa touche personnelle à la conception du plus grand campus de startups au monde, baptisé Station F, imaginé par Xavier Niel et dirigé par Roxanne Varza. En 2016, alors que le projet n’en était qu’à ses balbutiements, le jeune homme faisait déjà partie de l’équipe de réflexion, d’itération et de mise en place de Station F. Aujourd’hui, il est responsable des programmes de startups et des services d’investissement.

Né en France d’un père marocain et d’une mère française, Marwan Elfitesse a rejoint le monde de la Tech après des études de management et de marketing à l’EDHEC Business School.

Avant de rejoindre Station F, il s’occupait de la génération de leads dans une start-up spécialisée dans le cloud, installée dans la Silicon Valley. « Cette jeune pousse a pu lever 20 millions de dollars auprès d’Accel Partners et Sequoia Capital avant d’être rachetée par le géant Oracle », nous dit-il. Il rejoint ensuite Microsoft à Paris en tant que chef de produit Microsoft Azure. C’est là qu’il fait la connaissance de Roxanne Varza, qui dirige aujourd’hui Station F. Dès qu’elle a eu la clé du projet « Station F », elle l’a embarqué dans l’aventure. Lui choisit de s’investir dans des projets à impact dans l’écosystème des startups en France.

« Xavier Niel avait une vision : rassembler l’écosystème des startups dans un seul espace, répondre à leurs besoins de croissance et épouser la diversité et l’inclusion », le tout avec un budget de 250 millions d’euros, résume Marwan Elfitesse. L’enjeu était « d’exécuter cette vision ». Pari réalisé : l’annonce du lancement de Station F a été faite en décembre 2016 à Londres pour signer l’ambition internationale de ce campus avec une ouverture en juin 2017. « Un écosystème complet pour les startups a été créé. Il regroupe en un seul espace des programmes d’accompagnement, des fonds d’investissement, des fablab, des grandes entreprises et des services publics. »

Aujourd’hui, Station F est l’un des principaux acteurs d’accompagnement des startups. Depuis sa création en juin 2017, il a abrité plus de 5.000 startups et 27.200 entrepreneurs sur une superficie de 51.000 m².

Tech et inclusion, deux facettes d’une même pièce

Une trentaine de programmes y sont gérés, scindés en deux catégories : ceux chapeautés par des partenaires et les programmes dits « maison ».

Les premiers sont sélectionnés sur la base de problématiques sectorielles identifiées par des grands groupes désireux de collaborer avec des startups innovantes, comme le programme d’accélération du groupe LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe, ou de la chaîne de télévision française TF1.

« Nos équipes s’assurent de la pertinence et de la qualité du programme, de la satisfaction des entrepreneurs et de l’impact sur les startups », indique Marwan Elfitesse. Pour la démarche, « c’est soit l’entreprise qui nous contacte pour évaluer le programme, soit nous identifions des partenariats pertinents et les contactons pour co-développer des programmes dédiés », précise-t-il.

Quant aux programmes « maison », ils entendent être un accélérateur de diversité et accueillir les dernières tendances. « L’un des objectifs majeurs de Station F est de mettre à disposition des ressources clés (réseaux, relations de pair à pair, services logiciels, programmes d’accompagnement, etc.) pour des startups en amorçage », indique notre interlocuteur.

Trois programmes sont pilotés et mis en œuvre directement par Station F : « Founders Program cible les jeunes startups de tout secteur au stade du prototypage ; Fighters Program est destiné aux profils en marge des réseaux traditionnels, notamment issus de milieux défavorisés et n’ayant pas accès aux mêmes ressources que les autres (originaires de quartiers défavorisés ou de zones rurales), ainsi qu’aux migrants et réfugiés ; Femtech Program, quant à lui, cible la santé et le bien-être des femmes sans tabous. »

Station F évolue constamment avec ces cohortes qui suivent ses 30 programmes différents. « On a récemment lancé un programme sur la blockchain avec Binance et le Future of Work avec Slack », annonce Marwan Elfitesse. Binance est une plateforme d’échange de cryptomonnaies mondiale, tandis que Slack est une plateforme de communication collaborative.

Composé d’une quarantaine de personnes, l’équipe permanente de Station F assure également un accompagnement transverse à tous ses entrepreneurs, comme l’organisation de workshops thématiques, la négociation d’offres de services préférentiels et la visibilité dans le cadre de l’initiative « Future 40 », tout en ayant l’oreille bienveillante des principaux investisseurs en capital-risque. « Notre promesse est de satisfaire les entrepreneurs. Nous déployons tous les moyens pour qu’ils réussissent », assure le trentenaire.

Travailler à Station F, c’est comme courir un marathon

A l’heure actuelle, plus de 1.000 startups et 3.000 personnes sont en train d’imaginer le futur. « La crème de la crème », nous glisse Marwan Elfitesse les yeux rieurs. Un tiers des startups proviennent de l’étranger. « Sur ce tiers, le Maroc représente la troisième communauté de startups étrangères après les Etats-Unis et le Royaume-Uni. »

Depuis son lancement, Marwan Elfitesse est à cheval entre la gestion des programmes et les rencontres avec les entrepreneurs. En plus d’attirer les talents de tous horizons, d’aider les startups à changer d’échelle et de les soutenir dans leur levée de fonds, il dit être impressionné par les entrepreneurs et leur soif d’innover et de changer le monde.

Petit déjeuner avec une start-up dans l’Agritech, déjeuner avec un développeur de solution logicielle pour la création de places de marché en ligne, pause-café avec le fondateur d’une plateforme de vente de vêtements de seconde main… Aucune journée ne ressemble à la précédente. Ces rencontres avec des personnes « tellement intelligentes, avec des parcours assez atypiques », imposent un rythme de travail quotidien riche et passionnant. Travailler à Station F, c’est comme courir un marathon.

Marwan Elfitesse est d’ailleurs un passionné de semi-marathons. Il explore également ses talents d’artiste à l’Ecole des Beaux-Arts, où il traduit sa créativité avec émotion une fois par semaine, en cours du soir. Ce qui reflète un peu son quotidien à Station F.

Sa soif d’apprendre ne s’arrête pas là. Il s’est inscrit à des cours du soir pour apprendre l’arabe classique et pimente ses week-ends par la lecture des romans de Naguib Mahfouz et Amin Maalouf.