Barrages : 6,57 milliards de m³ d’eau stockés au 11 juin 2025 (Nizar Baraka)

Au 11 juin 2025, les réserves disponibles au niveau des retenues des barrages sont de l’ordre de 6,57 milliards de m³ (MMm³), a annoncé le ministre lors de cette nouvelle édition des Grands Rendez-Vous de Médias24.

Les apports hydriques en amélioration par rapport à l’an passé

Dans le détail, le bassin de Sebou affiche les apports les plus élevés, de l’ordre de 1,33 MMm³, enregistrés entre le 1ᵉʳ septembre 2024 et le 11 juin 2025, a fait savoir Nizar Baraka lors de l’événement de Médias24 dédié aux défis de l’eau.

Ces apports restent toutefois en deçà de la normale enregistrée durant la même période. L’écart s’élève à -67,9%. Par rapport à l’an passé, les apports de ce bassin se sont améliorés de 14%.

Le bassin de Sebou est suivi de celui de l’Oum Er-Rbia, dont les apports s’élèvent à 747,2 millions de m³ (Mm³) sur la même période. Il est en amélioration de près de 16% par rapport à l’an passé. Ces apports restent toutefois faibles par rapport à la normale enregistrée durant la même période. L’écart s’élève à -74,2%.

En troisième position, l’on retrouve le bassin de la Moulouya avec des apports s’élevant à 532,6 Mm³ (+85,9% par rapport à l’an passé et -46% par rapport à la normale), puis celui du Loukkos avec des apports de 483,6 Mm³ (-28,3% par rapport à l’an passé et -65,2% par rapport à la normale durant la même période).

Le bassin du Tensift a enregistré les apports les plus faibles jusqu’au 11 juin 2025, s’élevant à 86,7 Mm3, en baisse de 75% par rapport à la normale durant la même période et de 12,3% par rapport à l’an passé.

Il s’agit donc du bassin le plus impacté par la succession des années de sécheresse. Les précipitations enregistrées en début d’année n’ont pas été suffisantes pour améliorer sa situation hydrique.

En termes de taux de remplissage, le bassin du Bouregreg-Chaouia affiche un taux de 64,8%, soit le plus élevé du Royaume. Il est suivi de celui du Loukkos (59,51%). Le bassin de Sebou affiche un taux de remplissage de 52,26%, contre 41,57% pour la Moulouya et 51,03% pour le bassin du Tensift. Le taux de remplissage du bassin de Souss-Massa s’élève quant à lui à 20,83%.

Malgré la baisse des réserves, les besoins en eau potable sont satisfaits

Lors de sa présentation, Nizar Baraka a par ailleurs souligné que la période allant de 2018 à 2024 a été marquée par une succession d’années sèches, avec des taux de déficit annuels estimés à 54% (2019), 71% (2020), 59% (2021), 85% (2022), 66% (2023) et 71% (2024) par rapport à la moyenne annuelle des apports en eau.

En effet, les apports en eau sont passés de 10,8 MMm³ en 2017-2018 à 3,8 MMm³ en 2019-2020, puis à 3,37 MMm³ en 2023-2024.

Le remplissage des barrages a également emprunté une tendance baissière, passant de 8,9 en 2017-2018 à 4,4 MMm³ en 2023-2024.

Ces ressources étaient réparties entre l’irrigation et la fourniture de l’eau potable. La part relative à l’eau potable est restée stable depuis 2017-2018, autour de 743 Mm³ (2017-2018) et de 910 Mm³ en 2023-2024. La part de l’irrigation a commencé à baisser depuis 2018-2019, passant de 3,176 MMm³ à environ 1 MMm³ en 2023-2024.

Toutefois, « malgré la diminution des réserves en eau des barrages, les besoins en eau potable sont satisfaits », a déclaré le ministre de l’Eau, et ce à travers :

– le recours au dessalement de l’eau de mer, notamment à Agadir, Al Hoceima, Casablanca-Sud, Settat, El Jadida et Safi, en plus d’autres villes et centres des provinces du Sud dont principalement Laâyoune et Tarfaya, Boujdour et Guerguarat ;

– la mise en service de l’interconnexion du barrage de Garde Sebou au barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah ;

– le renforcement de l’approvisionnement en eau par les eaux souterraines ;

– la priorisation de l’eau potable en fonction de la réserve d’eau disponible et la détermination des programmes des fournitures de l’eau d’irrigation en coordination avec le ministère de l’Agriculture.

 

4 stations de dessalement en cours de construction et 9 autres programmées

En ce qui concerne le dessalement de l’eau de mer, 17 projets de stations existent déjà dans plusieurs régions du pays, avec une capacité de production annuelle de 320,3 Mm³.

Quatre projets sont en cours de réalisation, avec une capacité totale de 532 Mm³/an. Il s’agit de :

La station de Casablanca, qui fournira l’eau potable et l’eau d’irrigation, avec une capacité totale de 300 Mm³/an. La première tranche de cette station est prévue pour être finalisée en 2026, avec une capacité initiale de 200 Mm³/an.

– La station de Dakhla, dont l’eau sera dédiée à l’approvisionnement en eau potable et à l’irrigation, avec une capacité de production de 37 Mm³/an.

L’extension de la station de Jorf Lasfar, qui fournira de l’eau pour l’industrie ainsi que de l’eau potable. Cette station sera dotée d’une capacité supplémentaire de 60 Mm³, dont 25 Mm³ seront dédiés à l’eau potable.

– L’extension de la station de Safi (industrie et eau potable). Une capacité supplémentaire de 135 Mm³ sera ainsi ajoutée à cette station, dont 100 Mm³ dédiés à l’eau potable.

Neuf stations sont par ailleurs programmées, ainsi que l’extension de quatre stations existantes à Agadir, Tarfaya, Safi et El Jadida.

Green Open Lab déploie des solutions d’irrigation intelligente au service des agriculteurs

Le président de la fondation Green Open Lab, Amine Zarrouk, et fondateur de la startup Arwa est intervenu sur le plateau de Médias24 au SIAM pour nous parler du programme de la fondation Green Open Lab. Celle-ci s’attaque à des enjeux de taille, de la gestion optimisée de l’eau, à la démocratisation de l’intelligence artificielle en milieu rural.

La fondation Green Open Lab a choisi d’optimiser l’irrigation et d’aider les agriculteurs à s’adapter aux périodes de sécheresse. L’objectif principal étant d’accompagner l’agriculteur et d’accélérer l’adoption de nouvelles technologies, de lui permettre d’avoir une technologie utile, adaptée à son besoin et accessible. Green Open Lab accompagne également les innovateurs pour obtenir une innovation frugale, adaptée au contexte de l’agriculteur marocain.

Le concept est de transformer le problème chez l’agriculteur en opportunité chez le jeune, qui peut innover. Amine Zarrouk explique que la fondation souhaite devenir « un catalyseur pour booster la créativité des jeunes ».

Rompre l’isolement avec des solutions faciles à utiliser

Amine Zarrouk explique que ce genre de solutions permet “d’atténuer l’isolement des agriculteurs vivant dans des endroits reculés avec aucun accès au conseil agricole, ni la possibilité d’avoir des informations”.

La fondation a développé des solutions digitales pouvant indiquer de manière très précise la quantité d’eau qu’il faut donner, la répartition de cette irrigation sur la journée pour “pouvoir avoir le meilleur retour d’investissement sur chaque goutte d’eau”.

Comment est-ce que ça fonctionne ? Même sans compétences techniques, l’agriculteur peut se munir de son téléphone, poser la question en darija sur le meilleur moment pour irriguer, par exemple.

La fondation est installée dans la région de Sefrou. “L’innovation center et le diving lab se trouvent au milieu des vergers. Nous sommes près des agriculteurs. C’est la clé pour pouvoir proposer des solutions réalistes, adaptées aux besoins pour économiser l’eau.

Le président de la fondation Green Open Lab témoigne que c’est un vrai défi “d’élargir cette couverture et de réduire les zones blanches”.

La problématique des conseillers agricoles

Le modèle IA mis en place par Open Green Lab est une solution IoT based. Il permet de calculer les vapeurs de transpiration. L’intelligence artificielle combine les capteurs IoT et les satellites pour pouvoir réunir le maximum de data et apporter la meilleure réponse à l’agriculture.

“Cela va régler le problème de la pénurie des conseillers agricoles qualifiés”, déclare Amine Zarrouk. Et d’ajouter : “Chaque agriculteur dispose de son propre conseiller agricole, à portée de main.”

La stratégie Generation Green ambitionne d’avoir 5.000 conseillers agricoles à l’horizon 2030. En Afrique, certains pays disposent d’1 conseiller pour 10.000 agriculteurs. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommande d’en avoir 1 pour 500.

“Au Maroc, nous avons quelque chose de l’ordre de 1 conseiller pour 2.000 agriculteurs. Nous sommes mieux lotis que certains pays, mais nous sommes encore loin du compte pour avoir une agriculture efficace et efficiente. »

Réserves hydriques : près de 2 milliards de m³ d’eau gagnés en moins de deux mois

Une augmentation remarquable des réserves hydriques en moins de deux mois

Les réserves hydriques ont progressé de 1,98 milliard de m³, passant de 4,68 MMm³ le 1ᵉʳ mars à 6,67 MMm³ au 17 avril 2025, selon les données du ministère de l’Eau et de l’équipement compilées par Médias24. Il est important de rappeler que le Maroc consomme chaque année 1 milliard de m³ d’eau potable issus des barrages. Le reste de la consommation, soit entre 500 et 700 Mm³, provient des nappes ou du dessalement. La consommation annuelle d’eau potable est en effet estimée entre 1,5 et 1,7 MMm³ par an.

 

Medias24
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Un taux de remplissage en évolution

Le taux de remplissage des barrages marocains a enregistré une hausse au jeudi 17 avril 2025, atteignant 39,8 %, contre 27,8  % au 1er mars 2025. Une progression de près de 12 points en moins de deux mois.

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Les bassins les plus performants

Le bassin du Sebou s’est démarqué avec une augmentation remarquable de 922,12 millions de m³, représentant la plus grande contribution à l’amélioration des réserves nationales.

En seconde position, le bassin du Loukkos a enregistré une augmentation de 328 millions de m³, suivi par celui de l’Oum Er-Rabie avec 315,41 millions de m³.

Performances des autres bassins

Par ailleurs, les bassins de taille moyenne, tels que celui de Bouregreg-Chaouia, ont également connu une hausse appréciable avec une augmentation de 248,05 millions de m³.

D’autres bassins, comme ceux de Souss-Massa et de Guir-Ziz-Rhéris, ont respectivement enregistré des augmentations de 48,88 millions de m³ et de 41,54 millions de m³.

À l’extrémité inférieure de l’échelle, les bassins de Tensift et de Moulouya ont connu des augmentations plus modestes, avec respectivement 13,02 millions de m³ et 6,49 millions de m³.

Ces résultats soulignent la disparité hydrique entre les différentes régions du Maroc.

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Journée mondiale de l’eau : la commune de Casablanca réitère son engagement dans la lutte contre le stress hydrique

Dans un contexte où certains indicateurs restent préoccupants – avec un taux de remplissage de 9,90% pour le bassin d’Oum Rabie et moins de 58% pour le bassin Bouregreg, contre un besoin annuel des Casablancais estimé à plus de 200 millions m³ – la situation reste difficile malgré les précipitations soutenues des deux dernières semaines, souligne le Conseil communal.

Face à ce défi, la commune de Casablanca met en œuvre plusieurs projets et démarches pour optimiser la gestion de l’eau et renforcer la résilience de la ville, fait observer le communiqué, citant notamment la station d’épuration de Médiouna qui récupère actuellement environ 4 200 m³ par jour, permettant l’arrosage de près de 200 hectares d’espaces verts.

Il s’agit aussi de la nouvelle station d’épuration d’El Hank, en cours de réalisation, et qui produira 2.000 m³ par jour pour arroser environ 50 hectares supplémentaires, ainsi que de la source de Sidi Abderrahman, équipée d’une bâche, qui assure une capacité de 300 m³ par jour, garantissant le nettoyage des espaces publics et des grands boulevards.

Malgré ces efforts, relève la commune de Casablanca, il reste primordial que chacun adopte des gestes responsables pour préserver cette ressource vitale qu’est l’eau et consolider l’effort national de lutte contre le stress hydrique.

Maroc-Algérie : « guerre de l’eau » ou guerre médiatique ?

En faisant abstraction des impacts du réchauffement climatique, une nouvelle campagne de désinformation a resurgi, accusant le Maroc de mener une « guerre de l’eau » en construisant des barrages dans le but d’assécher les ressources hydriques de son voisin oriental. L’exemple privilégié est celui du barrage de Keddoussa, prétendument responsable de bloquer le passage de l’eau dans l’oued Guir, empêchant ainsi son arrivée au barrage algérien de Djorf Torba.

En réalité, ces accusations ne résident que dans l’esprit des auteurs de cette désinformation, sans aucun fondement hormis les accusations algériennes. Il s’agit donc d’une guerre médiatique plutôt qu’une guerre de l’eau, et c’est ce que nous allons démontrer.

« Guerre de l’eau », cela sonne bien dans un titre. C’est ce qui est en train de se passer, des médias internationaux étant en train d’amplifier les accusations – infondées – de l’Algérie.

Dans un article précédent, nous avions démontré, preuves à l’appui, que les pénuries algériennes sont des effets du réchauffement climatique touchant l’ensemble du bassin méditerranéen, et non de la construction d’un barrage au Maroc. Étant donné la publication récente de plusieurs articles sur le sujet, dans des médias audibles et/ou influents, nous revenons sur cette question, de manière factuelle.

La situation actuelle du barrage algérien Djorf Torba, le réchauffement climatique et pas la « guerre de l’eau »

D’une capacité de 365 millions de mètres cubes, le barrage de Djorf Torba a été construit en 1973 près de la ville de Béchar, qui compte actuellement 270.000 habitants. Situé en milieu désertique, ce barrage a connu un assèchement en 2022, avant de retrouver sa capacité normale en 2024. Si le Maroc avait volontairement bloqué l’écoulement de l’oued, le barrage serait resté asséché.

Actuellement, le niveau d’eau du barrage est satisfaisant, comme en témoigne la plus récente image satellitaire :

Image satellitaire récente du barrage Djorf Torba révélant une réserve normale d’eau, contrastant avec la sécheresse intense observée entre 2022 et 2024 au niveau de ce barrage et qui résultait de l’intensification du réchauffement climatique dans l’ensemble des pays méditerranéens.

Il est vrai que le barrage de Keddoussa a été construit pour répondre à un besoin urgent : sauver l’agriculture oasienne dans la région de Figuig, qui repose principalement sur la culture des dattes, des maraîchages et des légumes (cultures vivrières et non des cultures à forte valeur ajoutée), face au manque croissant de pluies qui rechargent les nappes. Auparavant, l’agriculture oasienne dépendait de l’épandage des crues, une technique d’irrigation qui est devenue limitée en raison de la sécheresse.

L’idée de construire des barrages dans les régions orientales est plus sage que ne le prétendent nos voisins. Les décideurs estiment qu’il serait opportun d’en bâtir dans cette zone, compte tenu du climat local, caractérisé par des précipitations rares mais très violentes (l’exemple des pluies diluviennes de septembre 2024). Cela permet de remplir rapidement les barrages, sans pour autant bloquer le cours des oueds, souvent asséchés une grande partie de l’année. En somme, il s’agit de transposer le principe de l’épandage des crues à l’échelle des barrages.

D’autre part, un interlocuteur français, présenté en tant qu’expert, mais inconnu dans ce domaine, affirme que le barrage de Keddoussa a bel et bien causé l’assèchement du barrage de Djorf Torba au lieu des changements climatiques, dus à l’augmentation graduelle des émissions de gaz à effet de serre par les grandes nations industrielles.

Cet « expert » estime également qu’il est inacceptable, selon les principes internationaux de partage équitable des eaux transfrontalières, que le Maroc agisse de la sorte. Il tente de tirer cette conclusion pour présager un conflit transfrontalier comme celui opposant l’Éthiopie et l’Égypte, où cette dernière dépend exclusivement de l’eau du Nil, alors que le cas de l’Algérie est très différent, car ce pays ne dépend pas uniquement de cette source et il n’y a pas de blocage des eaux en réalité.

L’analyse de l’historique des images satellitaires du barrage de Djorf Torba révèle clairement l’impact des années de sécheresse sur ses capacités. Les exemples ci-dessous, datant d’années de sécheresse particulièrement sévères, illustrent l’assèchement quasi-total du barrage.

Diminution périodique des niveaux du barrage Djorf Torba bien avant la construction du barrage marocain de Keddoussa, sous l’effet de la sécheresse (exemples d’images satellitaires de 1981, 1984 et 2011).

Loin du barrage de Djarf Torba et loin des frontières marocaines, plusieurs barrages algériens ont connu durant les dernières années une grande diminution de leurs retenues, alors que d’autres ont été totalement asséchés.

C’est le cas du barrage situé près de la ville de Tiaret (au centre de l’Algérie). Nous avons, dans notre précédent article sur le barrage de Djorf Torba, cité un article paru dans le journal Le Monde qui évoquait des protestations des habitants de la ville en raison de la suspension de l’approvisionnement en eau potable. Nous avons également publié des images satellitaires dudit barrage datant d’avant et après cette période.

D’autres barrages algériens connaissent actuellement le même sort. Plusieurs exemples peuvent être cités, comme le barrage de Mefrouch, au sud de Tlemcen, qui est totalement asséché depuis au moins 2019, ou encore le barrage de Sarno, près de Sidi Bel Abbès, dont les réserves ont diminué de plus de 75 % entre 2018 et 2025. De même, le barrage de Sidi Abdelli a non seulement subi une baisse significative de ses réserves, mais a également eu un impact flagrant sur l’agriculture locale.

Barrage de Mefrouch (près de Tlemcen)

Comparaison des images satellitaires entre le 15 février 2017 et le 18 février 2025

Barrage Sarno (environs de Sidi Bel Abbès)

Comparaison des images satellitaires entre le 15 février 2018 et le 15 février 2025

Barrage Sidi Abdelli (entre Tlemcen et Oran)

Comparaison des images satellitaires entre le 05 février 2020 et le 18 février 2025

Finalement, le Maroc subit également des épisodes de sécheresse aigus qui ont affecté les réserves de ses barrages en raison de six années consécutives de faible pluviométrie.

L’Algérie dispose de 80 barrages, qui ne représentent que 33 % des ressources mobilisables, alors qu’un seul de ces barrages dépend d’un oued en provenance du Maroc, en l’occurrence Djorf Torba. L’Algérie se distingue du Maroc par ses immenses ressources souterraines, notamment grâce à la nappe régionale du système aquifère du Sahara septentrional, qui compte 5.000 points de forage répartis sur son territoire.

Il serait donc plus sage d’éviter d’utiliser le terme de « guerre de l’eau », car celui-ci relève davantage de la propagande que de la réalité.

Tout ce qu’il faut savoir sur la situation hydrique actuelle du Royaume (Nizar Baraka)

« Le Maroc est l’un des pays les plus affectés par le changement climatique. Nous sommes dans une zone méditerranéenne, et on peut dire que nous sommes dans la zone rouge, là où l’impact est le plus fort », a tenu à clarifier Nizar Baraka au début de son intervention.

« Lors des accords de Paris, l’objectif était de ne pas dépasser une augmentation de 1,5°C. Au Maroc, l’année dernière, nous avons dépassé les 1,8°C, ce qui montre véritablement que nous sommes dans une situation de réchauffement réel », a-t-il expliqué. Cette hausse des températures a un impact direct sur les ressources en eau : « Nous perdons tous les jours 1,5 million de m³ d’eau dus à l’évaporation ».

Baisse des précipitations et réduction de la surface enneigée

Le ministre a souligné une baisse significative des précipitations : « En moyenne, au cours des six dernières années, nous avons enregistré une baisse des précipitations de l’ordre de 75% par rapport à la moyenne nationale et historique ». Concernant l’enneigement, « l’année dernière, nous n’avons pas dépassé 9.700 km² de surface enneigée, alors que nous atteignons normalement les 54.000 km². » Cependant, les récentes chutes de neige ont permis une amélioration : « Nous sommes à un cumul de 30.000 km², et au cours des trois à quatre derniers jours, nous avons gagné environ 2.000 km² supplémentaires ».

40.000 hectares sont devenus inexploitables à cause de la salinisation des sols par la surexploitation des nappes

« Historiquement, la moyenne des apports en eau était de 22 milliards de m³ par an à partir de 1940. Mais depuis les années 80, ces apports n’ont pas dépassé les 18 milliards de m³ par an, et au cours des dix dernières années, nous n’avons pas dépassé les 5 milliards de m³ », a-t-il précisé. Cette situation est exacerbée par des phénomènes climatiques extrêmes : « Nous avons connu la sécheresse la plus longue de l’histoire du Maroc, avec six années consécutives de sécheresse, alors que par le passé, nous ne dépassions pas 3 ans ».

La surexploitation des nappes phréatiques est un autre problème majeur : « Le niveau de renouvellement des nappes était de 4 milliards de m³, mais l’exploitation a atteint 5 à 6 milliards de m³, ce qui signifie que nous puisons dans les réserves futures, notamment les nappes fossiles ». Cette surexploitation a eu des conséquences dramatiques, comme dans la région du Souss, où « 40.000 hectares sont devenus inexploitables en raison de la salinisation des sols ».

« Nous allons vers une pénurie d’eau. Aujourd’hui, nous sommes à environ 600 m³ d’eau par habitant par an, alors qu’en 1960, nous étions à 2.600 m³. Si cette tendance se poursuit, nous atteindrons les 500 m³ d’ici 2035-2040″, a averti le ministre.

Rôle crucial des barrages

Malgré ces défis, les barrages jouent un rôle essentiel dans la gestion des ressources en eau. « Le Maroc dispose de 154 barrages avec une capacité de mobilisation de 20 milliards de m³, mais jusqu’en 2024, nous n’avons pas dépassé les 4,5 milliards de m³« , a indiqué le responsable gouvernemental. Les barrages ont permis de faire face aux sécheresses et aux inondations, comme lors des crues de septembre et octobre derniers, où « des crues de 3.200 m³ par seconde ont été enregistrées, équivalentes à une semi-crue du Rhône ». Grâce aux barrages, des régions comme Zagora, Errachidia et Guelmim ont pu gagner respectivement deux, trois et un an de consommation d’eau potable.

« Entre le 1er septembre et le 11 mars, nous avons enregistré une nette amélioration des apports en eau, avec 667 millions de m³ supplémentaires, portant le taux de remplissage des barrages à plus de 30%« , a annoncé M. El Baraka. Le bassin d’Oum Rabia, qui était en situation critique, a particulièrement bénéficié de ces précipitations : « Nous sommes passés de 200 à 370 millions de m³, et les écoulements continuent, ce qui nous permettra de doubler ce niveau ».

Les acquis du Maroc en matière de gestion de l’eau, les orientations stratégiques pour l’avenir

Aujourd’hui, le Maroc dispose d’un certain nombre d’acquis importants en matière de gestion des ressources hydriques, qui lui permettent de faire face aux défis posés par le changement climatique. « Notre pays compte 154 barrages, dont 150 petits et moyens barrages, qui jouent un rôle crucial, notamment dans les zones rurales », a rappelé Nizar Baraka. En outre, « nous disposons de 16 stations de dessalement d’eau de mer, dont la première a été inaugurée en 1977 à Boujdour, dans les provinces du Sud. Aujourd’hui, ces stations produisent 277 millions de m³ d’eau par an, et nous avons également 17 ouvrages de transfert d’eau« .

En termes d’accès à l’eau potable, « le Maroc a atteint un taux de 100% en milieu urbain, avec 94% des foyers connectés à des branchements individuels. En milieu rural, le taux d’accès est de 98%, mais seulement 40% des foyers disposent de branchements individuels », a tenu à préciser le ministre.

Concernant l’agriculture, « 2 millions d’hectares sont irrigués, dont 892.000 hectares grâce à l’irrigation localisée, c’est-à-dire le goutte-à-goutte, ce qui permet d’économiser d’importantes quantités d’eau. » Par ailleurs, « 2.120 mégawatts de puissance installée permettent de produire de l’électricité hydraulique, sans oublier le rôle crucial des barrages dans la protection contre les inondations ».

Les orientations royales pour une feuille de route claire

Ces acquis permettent au Maroc d’atténuer les effets du changement climatique, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires. « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, conscient de l’ampleur de la sécheresse, a fixé des objectifs majeurs lors de deux discours clés », a souligné Nizar El Baraka. Le premier, prononcé le 14 octobre 2022 à l’ouverture de la session législative, a dressé une feuille de route pour l’avenir. Le second, lors du discours du Trône, a été entièrement consacré à la question de l’eau, avec des objectifs précis :

– Assurer 100% de l’accès à l’eau potable pour tous les citoyens, où qu’ils se trouvent.

– Garantir 80% des besoins en eau d’irrigation.

– Accélérer la réalisation des projets du Programme National Prioritaire de l’Eau 2022-2027.

– Poursuivre la construction de barrages, en priorisant les régions les plus pluvieuses. « 53% des précipitations tombent sur seulement 7% du territoire, ce qui montre l’inégalité de répartition des ressources en eau », a rappelé le ministre.

– Développer les grands projets de transfert d’eau.

– Mettre l’accent sur le dessalement, avec un objectif de production de 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée d’ici 2030. « Actuellement, nous sommes à 270 millions de m³, et toutes les stations de dessalement fonctionneront grâce aux énergies renouvelables pour réduire les coûts et assurer la durabilité », a-t-il expliqué. Parmi ces 1,7 milliard de m³, 500 millions seront dédiés à l’irrigation pour renforcer la sécurité alimentaire.

– Améliorer la réutilisation des eaux usées.

– Protéger et préserver les nappes souterraines.

– Sensibiliser les citoyens et les industriels à une gestion responsable de l’eau.

Transition vers les eaux non conventionnelles

« Jusqu’à présent, la politique de l’eau au Maroc reposait principalement sur les eaux conventionnelles, c’est-à-dire les barrages et les nappes souterraines. Aujourd’hui, nous nous orientons vers une politique qui intègre davantage les eaux non conventionnelles, comme le dessalement et la réutilisation des eaux usées », a déclaré le ministre. Cette transition permettra de réduire la pression sur les eaux de surface et de garantir une gestion plus durable des ressources.

« À l’horizon 2030, 75% de la population des grandes villes côtières sera alimentée en eau dessalée, ce qui représentera 50% des besoins en eau potable du pays », a-t-il annoncé. Cette ambition est rendue possible grâce à l’utilisation des énergies renouvelables, qui réduisent les coûts de production. « À Casablanca, le coût du mètre cube d’eau dessalée est de 4,40 DH, et nous visons un prix de référence de 4,50 DH pour toutes les futures stations », a précisé le responsable gouvernemental. Cela permettra de garantir l’accès à l’eau sans alourdir la facture pour les citoyens.

Efficacité hydrique et réutilisation des eaux

« OCP joue un rôle essentiel en produisant 560 millions de m³ d’eau pour ses besoins et en développant des projets de réutilisation des eaux usées (REUSE) », a-t-il souligné. Ces initiatives permettent d’économiser des ressources précieuses pour les zones rurales et les villes intérieures. De plus, « dans les nouvelles zones industrielles, nous imposerons des normes d’efficience hydrique, comme le REUSE ou le dessalement, pour réduire la consommation d’eau ».

Pour lutter contre le gaspillage, « nous avons mis en place une gestion intégrée de l’eau, avec des contrats de nappes qui définissent les quotas d’utilisation pour chaque usager », a expliqué Nizar El Baraka. En parallèle, « nous avons élaboré des Plans de Développement Intégré des Ressources en Eau (PDAIRE) à l’horizon 2050, qui identifient les besoins actuels et futurs, ainsi que les actions à entreprendre pour une gestion durable de l’eau ».

Solidarité entre régions et autoroute de l’eau

« Nous avons changé la logique de solidarité en matière d’eau. Auparavant, l’eau des zones rurales était transférée vers les villes côtières. Désormais, grâce au dessalement, les grandes villes côtières pourront s’approvisionner localement, laissant l’eau des campagnes aux zones rurales et aux villes intérieures », a-t-il expliqué. Par exemple, « un projet de canalisation entre Safi et Marrakech permettra d’alimenter Benguerir et Youssoufia en eau dessalée. De même, la ville de El Jadida fournit déjà de l’eau à Berrechid, Settat et Casablanca Sud, et bientôt à Khouribga ».

D’autre part, « l’autoroute de l’eau, qui transfère l’eau du nord vers le sud, a déjà permis de déplacer plus de 700 millions de m³ entre octobre 2023 et aujourd’hui, assurant l’approvisionnement de Rabat, Casablanca et d’autres villes avoisinantes », a-t-il ajouté. Un projet majeur, annoncé par le Roi lors du discours du Trône, vise à transférer l’eau des bassins de Laou et Loukkous vers le Sebou, puis vers le Bouregreg et Oum Rabiaa, pour répondre aux besoins en eau potable et d’irrigation dans les régions déficitaires.

Grâce à ces initiatives, « nous pourrons assurer l’eau potable et l’irrigation dans des régions comme Doukkala, qui n’ont pas reçu d’eau d’irrigation depuis cinq ans, et répondre aux besoins de Tadla et du bassin d’Oum Rabiaa », a ajouté le ministre.

Le dessalement de l’eau pour faire face au déficit

Le dessalement de l’eau de mer est devenu une nécessité incontournable pour faire face aux défis croissants liés à la rareté des ressources en eau auxquels fait face le Royaume. « Nous disposons déjà d’une capacité de production de 277 millions de d’eau dessalée par an, et plusieurs projets sont en cours pour augmenter cette capacité », a rappelé le responsable gouvernemental. Parmi ces projets, le plus important est celui de Casablanca, qui devrait être opérationnel d’ici fin 2026 avec une capacité de 200 millions de m³, suivie d’une extension de 100 millions de en 2028.

Parmi les autres projets en cours, « la station de dessalement de Sid Ifni vient d’être mise en service cette semaine, tandis que celle de Dakhla, alimentée exclusivement par de l’énergie éolienne, représente un modèle d’innovation et de durabilité », a expliqué le ministre. Ce projet, en plus de fournir de l’eau potable, permettra d’irriguer 5.000 hectares de terres agricoles. « Dakhla deviendra une région clé pour la production de tomates, complétant ainsi le rôle du Souss et renforçant la sécurité alimentaire du pays, » a-t-il souligné. Cette initiative contribuera également à réguler l’offre et la demande, ainsi qu’à stabiliser les prix des produits alimentaires.

Plusieurs autres projets de dessalement sont programmés pour répondre aux besoins croissants en eau potable et d’irrigation :

« Tous ces projets sont réalisés dans le cadre de partenariats public-privé, ce qui nous permet de bénéficier des capacités techniques et financières de nos partenaires pour les mener à bien dans des délais record », a précisé M. El Baraka. Cette approche garantit également une gestion durable des ressources et une réponse efficace aux besoins en eau de la population et du monde rural.

Les stations monoblocs : une solution pour les zones rurales

En plus des grandes stations de dessalement, le Maroc a lancé un programme ambitieux de stations monoblocs, de petite capacité mais très efficaces. « Ces stations, qui produisent entre 10 et 100 litres d’eau par seconde, sont déployées dans plusieurs régions du pays, notamment en milieu rural », a précisé le ministre. « Nous prévoyons d’installer 200 stations de ce type, qui permettront de répondre aux besoins en eau potable des villages et des zones reculées, tout en dessalant l’eau près des côtes ».

Développement d’une industrie nationale du dessalement

Une autre priorité du Maroc est d’augmenter le taux d’intégration locale dans la construction et la gestion des stations de dessalement. « Actuellement, ce taux est de 40%, mais notre objectif est d’atteindre 65% à moyen terme », a annoncé Nizar El Baraka. « Cela nous permettra de développer une véritable industrie nationale du dessalement, créatrice d’emplois et de valeur ajoutée, tout en réduisant notre dépendance vis-à-vis des technologies étrangères ».

Grâce à des projets innovants, durables et adaptés aux besoins locaux, le Maroc s’engage à répondre aux défis posés par le changement climatique et la rareté des ressources en eau. « Ces efforts nous permettront non seulement de sécuriser l’approvisionnement en eau pour les générations futures, mais aussi de renforcer notre résilience face aux phénomènes climatiques extrêmes », a conclu le ministre.

RGPH 2024. Le géographe David Goeury analyse les dynamiques territoriales et socio-économiques au Maroc (Interview )

Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2024 a révélé des mutations démographiques significatives au Maroc. Avec une croissance de 8,8% en dix ans, portant la population à 36,8 millions d’habitants, le pays poursuit sa transition démographique et urbaine. Toutefois, derrière ce constat global se cachent des dynamiques territoriales hétérogènes et contrastées.

Alors que certaines communes, notamment en périphérie des grandes villes, connaissent une explosion démographique, d’autres, en particulier dans les zones rurales isolées, enregistrent un déclin marqué. L’attractivité croissante du littoral atlantique et la métropolisation accélérée réorganisent la répartition de la population, tandis que certaines régions, notamment celles soumises à un stress hydrique ou à une faible diversification économique, peinent à retenir leurs habitants.

Si ces constats semblent évidents, ils ne sont en réalité que la conséquence visible de transformations profondes qui s’opèrent sous l’effet de facteurs structurels. Derrière ces évolutions se dessine une recomposition spatiale et socio-économique du pays, influencée par des éléments aussi variés que l’accès à l’eau, le développement des infrastructures, les politiques publiques et les mutations du marché du travail.

La croissance démographique est ainsi portée par des territoires bénéficiant d’investissements en irrigation, en industrie ou en logistique, tandis que le recul de certaines communes reflète une fragilisation due au changement climatique et à l’absence d’opportunités économiques. Cette polarisation croissante pose un défi majeur pour l’aménagement du territoire et la gestion des ressources, notamment face aux nouvelles pressions exercées par l’urbanisation rapide et les transformations du tissu productif.

Dans ce contexte, Médias24 s’est entretenu avec David Goeury, géographe et chercheur à La Sorbonne, dont les recherches portent sur les dynamiques territoriales et les mutations socio-spatiales. À travers cet entretien, Médias24 donne la parole à un expert dont l’analyse offre une nouvelle lecture des chiffres du RGPH 2024, permettant d’appréhender avec finesse les mutations du territoire marocain et leurs implications pour l’avenir.

Médias24 : Pourquoi la population a-t-elle progressé juste de 8,8% en dix ans ? Et qu’est-ce qui explique la concentration de la croissance dans certaines communes seulement ?

David Goeury : Le ralentissement de la croissance démographique vient principalement de deux facteurs. Le premier facteur est la chute de la fécondité, soit du nombre d’enfants par femme. Cette dynamique était en place en 2014. Le Maroc s’achemine vers la fin de sa transition démographique. Le deuxième facteur est le bilan migratoire négatif. Le Maroc reste un pays d’émigration. Il y a plus de Marocains qui quittent le Maroc pour s’installer, durablement ou non, à l’étranger, que d’étrangers qui s’installent au Maroc. Donc, la balance migratoire reste négative. Ce phénomène va se prolonger et assez rapidement la population globale du Maroc va stagner, avec un régime démographique très proche des pays européens.

Derrière cette augmentation de la population à l’échelle nationale se cachent des différences territoriales considérables. C’est pour cette raison que, dans ce travail, nous avons choisi de travailler à l’échelle la plus fine, c’est-à-dire celle de la commune.

La population globale du Maroc va stagner, avec un régime démographique très proche des pays européens

Les différences entre les communes, voire entre communes voisines, sont extrêmement importantes. Par exemple, à Casablanca, on voit la divergence entre une commune comme l’arrondissement d’Anfa, qui va perdre plus de 30% de sa population, et une commune de Bouskoura qui va augmenter de 95% en dix ans, ou de Dar Bouazza qui va doubler.

C’est un élément très important à avoir en tête, les divergences démographiques sont extrêmement fortes entre communes limitrophes, que ce soit dans le monde urbain ou dans le monde rural.

– Quel impact ont l’industrialisation et le développement des plateformes logistiques sur la croissance démographique des périphéries urbaines ?

– Les communes qui connaissent la plus forte croissance sont celles qui concentrent à la fois les infrastructures, les plateformes logistiques, les zones industrielles, mais aussi l’agriculture irriguée. Elles accueillent les nouveaux lotissements dédiés aux logements sociaux. Au Maroc, le découpage communal a amené à avoir de vastes communes considérées comme rurales en périphérie des villes. Elles constituent une importante réserve foncière à proximité des villes. Ces communes périphériques portent et concentrent la croissance démographique et, en même temps, ce sont celles qui sont au cœur de l’internationalisation de l’économie marocaine en accueillant les entreprises tournées vers l’export, que ce soit dans l’industrie ou dans l’agriculture qui profite des mêmes plateformes logistiques. Cette dynamique s’observe à proximité de Casablanca, de Rabat, de Kénitra mais aussi d’Agadir.

– Comment expliquez-vous la poursuite de la littoralisation le long de l’axe Safi-Tétouan ?

– Ce processus de littoralisation se fait avec un épaississement de plusieurs kilomètres vers l’intérieur des terres. Les préfectures et les provinces du littoral atlantique nord ont une croissance démographique plus rapide que le reste du territoire national, puisque cet axe va avoir une croissance démographique de plus de 14% en dix ans, contre 8,8% sur le reste du territoire national.

Quand on observe à l’échelle communale, on se rend compte que les communes qui ont la plus forte croissance au sein de ces provinces et préfectures ne sont pas celles qui sont forcément ouvertes sur la mer, mais les communes qui sont juste au second plan. C’est-à-dire les communes qui sont le long des nouveaux axes de transport puisque, en fait, les infrastructures autoroutières et ferroviaires sont implantées avec un recul de quelques kilomètres. Ces infrastructures jouent un rôle très important pour permettre l’installation des plateformes logistiques et des zones industrielles, et donc vont renforcer cet axe littoral en favorisant le développement des communes qui sont le long de ces axes de transport. La côte est de plus en plus réservée aux activités touristiques qui, par nature, n’amènent pas à une augmentation de la population résidente puisque les logements sont réservés à des personnes qui viennent en vacances.

Ce processus de concentration sur le littoral atlantique est discontinu au sud de Safi où seuls quelques pôles urbains ont une forte croissance démographique comme Agadir ou Dakhla. En revanche, la côte méditerranéenne à l’est de Tétouan connaît un déclin démographique. Ce ne sont pas tous les littoraux qui sont attractifs. Ce qui prédomine est l’importance de l’effet plateforme logistique bien plus que l’effet tourisme.

– Comment expliquez-vous les différences des dynamiques métropolitaines entre les capitales régionales?

– Cette dynamique illustre l’importance du processus de métropolisation. Les centres-villes des grandes capitales régionales connaissent un déclin démographique, notamment à Casablanca, Salé, Rabat et Marrakech. Ce sont en fait les quartiers périphériques de ces grandes villes qui connaissent une très très forte croissance démographique. Les centres-villes concentrent les administrations dans le cadre de la régionalisation avancée, et accueillent les services aux entreprises, surtout à Casablanca, Rabat et, dans une moindre mesure, à Tanger, Marrakech et Agadir. Or, ces centres-villes sont saturés.

En revanche, les communes périphériques, où le foncier est disponible, sont à même de recevoir les zones industrielles et les plateformes logistiques en périphérie des villes. De plus, les centres-villes ont connu un recul très important de leur population du fait des politiques de lutte contre l’habitat insalubre ou non réglementaire. Les ménages les plus précaires ont été poussés à s’installer dans des quartiers périphériques ouverts aux grands projets immobiliers de logements sociaux. Par conséquent, l’attractivité des métropoles s’observe dans la croissance de leurs périphéries avec les nouveaux emplois industriels et l’arrivée des ménages les plus précaires. C’est ce qui explique le recul démographique de Casablanca et la très forte croissance démographique des provinces de Nouaceur, Médiouna et Berrechid par exemple.

Ce phénomène s’observe aussi à des échelles plus petites avec des villes qui sont des chefs-lieux de province. La dynamique démographique n’amène pas à une augmentation de la population du chef-lieu de province, mais dans les communes périphériques, comme c’est le cas à Nador.

Cependant, cette dynamique démographique ne concerne pas toutes les capitales régionales et tous les chefs-lieux de province. Pour les régions peu attractives, la capitale régionale stagne, avec une croissance inférieure à la moyenne nationale comme dans l’Oriental. Oujda est une capitale régionale qui n’arrive pas à créer une dynamique en raison du ralentissement démographique de l’Oriental, seule région qui a perdu de la population en dix ans du fait de la fermeture de la frontière avec l’Algérie. On observe aussi une dynamique faible autour d’Errachidia et de Guelmim. Ces capitales régionales n’arrivent pas à créer de synergies avec leur territoire proche. Dans les provinces rurales subissant un recul démographique généralisé, les chefs-lieux de province sont emportés dans une dynamique de déclin comme Jerada ou Al Hoceima.

– Quelles sont les principales causes du recul de la population dans certains chefs-lieux de province comme Berkane ou Jerada ? Comment pourraient-ils inverser la tendance et redevenir attractifs ?

– Beaucoup de chefs-lieux de province connaissent un ralentissement, voire un déclin démographique.

Ces chefs-lieux jouaient un rôle de refuge pour des ménages ruraux. Sauf que l’absence de diversification économique limite la création d’emplois résidentiels qui sont liés à l’activité de l’administration provinciale et les emplois de services à la personne. Le défi est donc de pouvoir générer une certaine diversification économique.

L’exemple emblématique est celui des villes minières, comme Youssoufia, Benguérir, Jerada ou Khouribga. Le déclin de l’activité minière entraîne un fort déclin démographique, et malgré les politiques publiques de diversification, ce déclin est continu à Jerada.

Pour les chefs-lieux de province véritablement excentrés, comme Al Hoceima, malgré toutes les politiques publiques mises en place et un volontarisme politique marqué, les efforts ne suffisent pas à engendrer une véritable dynamique économique et démographique

62% des communes rurales sont en déclin démographique

– Vous soulignez que l’irrigation est un levier de croissance. Quelles sont les communes à en avoir le plus bénéficié ?

– Les communes rurales sont particulièrement dépendantes de l’accès à l’eau. 62% des communes rurales sont en déclin et, donc, la majorité des communes rurales perd de la population. Cependant, en dix ans, dans l’ensemble des communes rurales, il y a eu un gain de population.  Une minorité de communes rurales attirent de nouveaux habitants. En dehors des communes rurales qui servent de réserve foncière au développement urbain, il faut souligner la polarisation de l’activité agricole la plus intégrée aux marchés internationaux dans des communes rurales qui ont un accès privilégié à l’eau. C’est particulièrement observable dans la région de Souss-Massa où l’on voit bien que les communes rurales de la province de Chtouka-Aït Baha, qui bénéficient d’un accès sécurisé à l’eau, sont en très forte croissance, alors que celles qui en sont exclues sont en déclin.

Par l’investissement continu dans l’irrigation (barrages, nappes, dessalement), on voit une concentration très importante de populations rurales. Cependant, la dernière étape qui est celle du dessalement change complètement l’approche agricole. Car la rentabilité de l’eau dessalée n’est assurée que par des entreprises agro-industrielles extrêmement performantes, très intégrées aux marchés internationaux qui associent serres, unités d’emballage, unités de transformation tournées vers l’export.

Elles organisent des complexes agro-industriels attirant une main-d’œuvre ouvrière qui a les caractéristiques non pas d’une main-d’œuvre rurale, mais bien urbaine, qui réside dans les nouveaux lotissements et qui accède à cette zone par transports collectifs. Il faut donc s’interroger sur la catégorie rurale, et plutôt se demander si on ne voit pas apparaître de nouveaux territoires agri-urbains avec une situation de dépendance démographique à l’eau.

Pour le reste du territoire marocain, du fait de la sécheresse structurelle, les communes qui n’ont pas accès à de nouvelles ressources en eau, qui n’ont pas d’extension de leur périmètre irrigué, connaissent un déclin démographique, même dans des périmètres irrigués historiques comme autour de Béni Mellal et Fqih Ben Salah. Les zones très lourdement impactées par la sécheresse comme l’Anti-Atlas ou le Haut Atlas occidental voient leur population s’effondrer. Les communes rurales entre Essaouira et Agadir ou celles qui sont au sud de Taroudant ont perdu jusqu’à 70% de leur population.

– Vous parlez de « réfugiés climatiques ». Observez-vous déjà des migrations internes marquées vers les zones mieux dotées en ressources hydriques ? Quelle serait la réponse la plus urgente à mettre en place pour ces communes en déclin ?

– La question du réchauffement climatique est une question qui devient vraiment cruciale parce que cela crée des transformations extrêmement profondes. Et on voit bien que les régions de Sous-Massa et de Marrakech-Safi, qui sont en train de basculer d’un régime semi-aride vers un régime beaucoup plus aride, avec l’apparition ou le retour de réfugiés climatiques, comme dans les années 1980. La baisse continue de la pluviométrie, combinée à un effondrement démographique, crée un cercle vicieux conduisant à l’abandon progressif de ces territoires. L’absence d’infrastructures adaptées aggrave la situation.

En effet, lorsqu’il pleut, si aucune infrastructure de collecte de l’eau n’est mise en place et si l’aménagement du territoire n’intègre pas des dispositifs permettant de capter et de stocker cette ressource, l’eau ne s’infiltre pas efficacement. Elle engendre alors principalement des phénomènes d’érosion et de ravinage, rendant les précipitations particulièrement destructrices. Cela entraîne la dégradation des routes, des terrasses agricoles et d’autres infrastructures essentielles, renforçant ainsi ce cercle vicieux. On constate ainsi que les ménages n’ont pratiquement aucune opportunité d’emploi. Les taux d’emploi dans l’Anti-Atlas sont extrêmement faibles, inférieurs à 20%, et parfois à peine de 10%, ce qui est très préoccupant. Tous les actifs finissent par quitter ces territoires pour chercher du travail dans les grandes métropoles.

Les taux d’emploi dans l’Anti-Atlas sont extrêmement faibles, inférieurs à 20%, et parfois à peine de 10%, ce qui est très préoccupant

Dès lors, on peut établir un lien avec le changement climatique en considérant l’émergence de réfugiés climatiques internes. L’élaboration et la reconfiguration des politiques publiques deviennent alors particulièrement complexes, car elles nécessitent une nouvelle approche et d’importants investissements pour adapter ces territoires aux nouvelles conditions climatiques.

Souvent, ce qui est opéré, c’est une logique de l’abandon, parce qu’en fait, on va se dire, pour un État qui a des ressources limitées comme le Maroc, qui a de multiples défis, faut-il véritablement investir dans des territoires qui sont en pleine déprise démographique, alors qu’on a d’énormes besoins dans des territoires périphériques de grandes villes qui restent sous-équipés ? C’est un débat complexe. La deuxième difficulté est que, face au réchauffement climatique, il faut repenser tout le métabolisme territorial. Le manque d’eau change la relation aux végétaux et aux pratiques culturales.

Or, la déprise démographique accentue les logiques opportunistes de pastoralisme, qui ne sont pas du tout régénératives, mais qui vont prendre les ressources qu’il y a, et donc ne pas reconstruire un écosystème, mais tout simplement consommer. Dans les années 2010, plusieurs initiatives ont été mises en place sous l’impulsion du ministère de l’Agriculture. Toutefois, ces projets ont été profondément perturbés par l’intensification du stress hydrique.

Cela soulève une autre question essentielle : faut-il privilégier de grands projets intégratifs ou, au contraire, repenser l’adaptation des cultures en sélectionnant des végétaux capables de résister efficacement à ces conditions climatiques extrêmes ? Ce défi implique également un engagement accru des collectivités territoriales, des associations et des coopératives, qui doivent agir dans un contexte particulièrement contraignant.

Il s’agit donc d’un enjeu majeur qui nécessite une refonte des politiques publiques afin de préserver, autant que possible, une activité économique locale et le maintien des populations sur place. Faute d’une action adaptée, certaines localités risquent d’atteindre un seuil critique de dépopulation, au-delà duquel toute réinstallation devient pratiquement impossible.

– Votre analyse montre une hausse des résidents étrangers (148.152 en 2024). Pourquoi se concentrent-ils dans si peu de communes ? Et comment l’arrivée de travailleurs étrangers dans des zones agro-industrielles (ex. Aït Amira) impacte-t-elle la dynamique locale ?

– Le Maroc n’est pas un pays où il y a une forte immigration. Le Maroc est un pays très touristique, mais ce n’est pas pour autant qu’il va y avoir un afflux de résidents étrangers. L’idée qu’il y aurait peut-être, par des politiques fiscales attractives, un afflux d’étrangers qui s’installeraient au Maroc, n’est pas advenue. À Agadir et à Marrakech, qui sont de grands pôles touristiques et qui connaissent un très fort afflux de visiteurs, la population résidente étrangère reste faible. On a beaucoup d’étrangers qui circulent au Maroc, mais très peu qui s’installent. Beaucoup préfèrent y vivre moins de six mois et rester résidents dans leur pays d’origine.

La population étrangère au Maroc est extrêmement concentrée, puisque vous avez en fait 90% des résidents étrangers dans 63 communes. Donc, cela veut dire qu’on est vraiment dans une situation où vous avez 90% de la population étrangère dans moins de 2% des communes marocaines. La moitié des communes marocaines n’abritent aucun résident étranger. Les étrangers sont concentrés dans les pôles économiques principaux, notamment à Casablanca et Rabat.

On a beaucoup d’étrangers qui circulent au Maroc, mais très peu qui s’installent. Beaucoup préfèrent y vivre moins de six mois et rester résidents dans leur pays d’origine

Maintenant, le nouveau phénomène, et c’est l’une des informations importantes sur les communautés étrangères au Maroc, c’est l’apparition d’une nouvelle catégorie : la main-d’œuvre étrangère, ouvrière, agricole, africaine qui vient s’installer dans les nouveaux périmètres irrigués. On l’observe aussi bien à Dakhla que dans la région de Souss-Massa, dans la province de Chtouka-Aït Baha. Et c’est vrai que c’est extrêmement important de savoir qu’il y a plus d’étrangers résidents dans la commune rurale d’Aït Amira qu’à Agadir.

On voit donc une main-d’œuvre étrangère venir alors que, dans le contexte du taux d’emploi au Maroc et du taux de chômage, on a quand même une population qui a un fort niveau de chômage et un faible taux d’activité, notamment féminin. Cela signifie que ces emplois ne sont pas couverts parce que, peut-être, il y a encore des questions de pénibilité, des questions d’accès au logement. C’est-à-dire qu’on voit bien que beaucoup de Marocains et Marocaines sont quand même à la recherche d’emplois de qualité, et donc des emplois qui sont peut-être moins pénibles, moins exposés aussi aux pesticides et autres produits. Et puis surtout, on est dans une expansion très rapide du périmètre urbain, alors que les infrastructures de logement ne suivent pas forcément.

Donc on reste quand même dans des quartiers réglementaires, mais il n’y a pas du tout des aménités urbaines, il n’y a pas tous les services urbains. Donc, à partir de ce moment-là, les ménages marocains vont privilégier d’être dans des villes plus équipées, où il y a plus de services à la scolarité, à la santé, etc. Alors qu’une communauté qui va pour essentiellement travailler dans l’agriculture n’aura pas les mêmes horizons d’attente.

Cette main-d’œuvre étrangère s’inscrit dans une nouvelle logique. La région était marquée par un fort passage de population étrangère africaine qui avait pour objectif principalement la migration vers l’Europe. Ces personnes allaient travailler de façon temporaire au Maroc pour payer leur passage vers l’Europe. Or, cette population s’est installée. C’est-à-dire qu’elle ne pense plus à un passage immédiat, elle se projette comme une communauté qui s’implante dans la région. Et c’est très nouveau. Surtout quand c’est dans une commune rurale qui n’est pas du tout adaptée. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de services consulaires, même les autorités locales ne sont pas du tout préparées, et il n’y a pas d’organisation communautaire.

Quand vous êtes dans une grande ville, il y a des consulats, des associations de résidents étrangers, donc une organisation communautaire. Se pose alors la question de l’intégration. Du fait de la concentration de ces populations ouvrières agricoles venant d’Afrique centrale ou d’Afrique de l’Ouest, il y a des tensions intracommunautaires, or les autorités sont un peu démunies, parce qu’elles doivent trouver des modalités de discussion, de compréhension des tensions qui traversent ces populations.

– Quelles stratégies concrètes pourraient stabiliser ou revitaliser les communes rurales isolées ? Et comment anticiper l’avenir de ces zones en déclin démographique et éviter la polarisation extrême autour des grandes villes ?

– C’est assez facile de développer et de concentrer des projets dans des pôles dynamiques, il y a beaucoup d’interlocuteurs, beaucoup de parties prenantes et, en plus, ce sont des projets qui sont considérés comme gagnants parce qu’ils permettent une intégration accélérée de l’économie marocaine à l’économie internationale, et ce sont en plus des activités d’export qui permettent aussi de gérer le problème de la balance commerciale qui est structurellement déficitaire. Donc on voit bien qu’il pourrait y avoir cette tentation, dans de nombreuses situations, d’accentuer cette polarisation et, en fait, d’abandonner les zones rurales en misant sur le fait que les gens se déplacent pour accéder aux emplois. Alors, pourquoi est-ce que c’est un problème ?

En premier lieu, la polarisation engendre une compétition entre toutes les activités. Cela crée une forte tension foncière, car il y a une concurrence entre les activités agricoles irriguées, les activités industrielles, les plateformes logistiques et la question du logement. En second lieu, l’intégration économique du Maroc à la mondialisation se fait par des gains de productivité. Autrement dit, lorsque le Maroc bénéficie de son intégration, c’est principalement grâce aux gains de productivité, que ce soit dans l’industrie ou dans l’agriculture. Même les nouveaux périmètres irrigués, mis en place avec le dessalement, sont conçus pour offrir des gains de productivité élevés.

Ils intègrent un haut niveau technologique et nécessitent, bien sûr, toujours une main-d’œuvre, notamment parce que les cultures concernées sont souvent fragiles. Toutefois, ces systèmes s’inscrivent dans une dynamique de très haute productivité avec finalement une faible création d’emplois. C’est ce qui explique pourquoi la création d’emplois reste insuffisante par rapport à la demande et à la jeunesse de la population. La jeunesse périurbaine souffre d’un très fort taux de chômage.

Il faut donc réinventer de nouvelles logiques territoriales, avec de nouveaux métiers qui doivent aussi prendre en compte la question de la transformation climatique du territoire. C’est-à-dire qu’il y avait historiquement dans toutes ces communes rurales qui gardaient la population, des travaux de petite hydraulique, de terrassement et d’aménagement qui permettaient de se saisir de la moindre opportunité de pluviométrie. Et on voit que tous les territoires marocains ont été façonnés dans la moyenne montagne, la haute montagne, par ces travaux qui permettent de se saisir de la moindre opportunité climatique.

Certains choix accélèrent le recul démographique, en privilégiant l’arboriculture par exemple, qui crée peu d’emplois, de surcroît saisonniers

En privilégiant les grands aménagements sur les petits aménagements, les nouvelles technologies sur les technologies historiques qui permettaient de faire face aux aléas climatiques, ces logiques ont été occultées. Certains choix accélèrent le recul démographique, en privilégiant l’arboriculture par exemple qui crée peu d’emplois, de surcroît saisonniers.

Il faut s’inspirer des activités historiques qui étaient des politiques de soins des territoires à long terme. On voit que les rares communes rurales isolées qui ont connu un accroissement démographique sont celles qui ont su concilier ces logiques avec une attractivité touristique. Or, cela nécessite des investissements différents, sans doute en faisant davantage confiance aux logiques coopératives, aux logiques associatives, que par la logique de marché donné à une entreprise. Parce qu’en fait, quand on promeut l’aménagement du territoire par des marchés publics privilégiant des entreprises, celles-ci font leur travail, puis s’en vont ; elles ne créent pas de dynamique d’apprentissage locaux par rapport à cette question environnementale. Elles ne se sentent pas responsables du territoire.

Cette refonte des politiques territoriales rurales nécessite un financement important, et c’est une question cruciale. Pour développer une véritable politique face aux enjeux du réchauffement climatique, de l’adaptation et de la modération, il est essentiel que le Maroc puisse accéder à des financements internationaux. Car, en ce qui concerne les finances publiques, dans une logique d’équité, la priorité doit être accordée aux nouvelles populations périurbaines qui sont elles aussi très vulnérables aux chocs exogènes.

Huile d’olive : une production en recul de 50%, les prix grimpent jusqu’à 120 DH/l

La production nationale d’olives pour la campagne 2024-2025 est estimée à 945.600 tonnes, apprend Médias24 de source autorisée, « soit près de la moitié du rendement d’une année normale ».

Elle reste ainsi loin de la production de 2021, qui avait enregistré un niveau historique de 1,9 million de tonnes. Depuis l’automne de cette année, les oliveraies marocaines sont extrêmement éprouvées par les conditions climatiques.

Arrêt de l’irrigation dans le Tadla et El Haouz

Cette chute est essentiellement due à plusieurs facteurs climatiques et structurels, nous explique-t-on. Le Maroc subit un déficit hydrique sévère depuis au moins six années consécutives, « ce qui a contraint le gouvernement à l’arrêt de l’irrigation dans les zones de Tadla et d’El Haouz, considérées comme les plus grands fournisseurs d’olives au Maroc ».

En effet, la sécheresse qui sévit depuis plusieurs années au Royaume provoque un stress hydrique persistant dans différentes régions de production, à des degrés d’intensité différenciés et selon les types de sources d’irrigations.

Le deuxième facteur expliquant cette situation a trait à la perturbation des températures. Les vagues de chaleur suivies des vagues de froid durant le printemps dernier ont coïncidé avec la floraison de l’olivier. « Les conditions climatiques de la fin du printemps dernier ont ainsi fortement perturbé la floraison et la nouaison des oliviers », nous confie notre source.

La disponibilité de l’huile d’olive affectée, entraînant la hausse des prix

Cette baisse de la production constitue un véritable coup dur pour la filière oléicole marocaine. La campagne 2023 avait déjà montré des signes d’affaiblissement, la production atteignant à peine un million de tonnes. En 2024-2025, la situation ne montre aucun signe d’amélioration et la disponibilité de l’huile d’olive s’en trouve gravement affectée. D’ailleurs, de nombreux oliviers n’ont pas donné de fruits cette année.

Face à cette crise, le marché de l’huile d’olive subit une forte pression, avec des prix qui ont déjà dépassé les 100 DH/l au cours de cette campagne.

Selon nos constats au niveau du marché solidaire de Casablanca, qui regroupe de nombreuses coopératives et dans certaines grandes surfaces, le prix du litre varie entre 109 et 121 DH.

Pour éviter une flambée excessive des prix et assurer un approvisionnement suffisant, le gouvernement a décidé d’autoriser l’importation d’huile d’olive extra vierge en 2025.

Ces importations proviennent principalement des pays européens du pourtour méditerranéen, tels que l‘Espagne, la Grèce et l’Italie, qui sont de grands producteurs.

Fact checking. Non, les barrages marocains ne menacent pas la sécurité hydrique algérienne

En mars 2023, la ville de Bechar en Algérie a subi une rupture d’approvisionnement en eau potable, selon la presse algérienne. Grâce à 11 puits forés dans la nappe alentour, les robinets ont pu être alimentés un jour sur trois ou sur quatre.

Le bouc émissaire de cette situation, vous l’avez deviné, c’est le Maroc. Depuis cette date, le répertoire algérien de propagation de la haine contre le royaume s’est enrichi d’une nouvelle expression, « la guerre de l’eau ».

Il faut dire que l’expression est très médiatique et, de ce fait, elle a été reprise largement en Algérie et dans quelques titres internationaux. Dans des forums internationaux consacrés à l’eau, des délégués algériens se sont relayés régulièrement depuis cette période pour dénoncer le supposé assèchement d’un cours d’eau « commun », l’oued Guir, par le Maroc.

Un article paru récemment dans le journal Orient XXI, rédigé par un ingénieur agronome algérien, a remis une couche sur le sujet, en l’habillant d’objectivité. Une objectivité scientifique ou cosmétique, chacun se fera son idée à l’examen des faits. Seuls les faits comptent.

Les accusations de l’Algérie, catalyseur de tensions et source d’illusions

Lors de la 10ᵉ Réunion des Parties à la Convention sur l’eau, tenue à Ljubljana en Slovénie du 23 au 25 octobre 2024, le ministère algérien des Ressources en eau a saisi l’occasion pour formuler des accusations officielles à l’encontre du Maroc, qui « porte volontairement atteinte à la sécurité hydrique de la région » .

« Les régions occidentales et sud-occidentales de notre pays (l’Algérie) subissent les effets négatifs des pratiques de l’État voisin du Maroc, qui perturbent et détruisent les eaux de surface transfrontalières, entraînant des catastrophes environnementales qui ont conduit, en particulier, à la détérioration de la qualité de l’eau du barrage de Hammam Boughrara dans la wilaya de Tlemcen en raison de la pollution de l’eau qui y arrive depuis le territoire marocain, ainsi qu’à une forte baisse de l’approvisionnement en eau provenant de l’oued Ghir (ou Guir) vers le territoire algérien en raison des barrages construits du côté marocain de la frontière, ce qui a entraîné un assèchement systématique du barrage Djorf Torba pendant une longue période sur le territoire algérien », accuse le ministre algérien.

De son côté, l’auteur de l’article d’Orient XXI, qui se présente comme un ingénieur agronome – et qui, par conséquent, devrait être conscient de l’impact des changements climatiques sur l’ensemble de la région –, estime que le problème réside dans le barrage de Keddousa. Selon lui, ce barrage a réduit le débit de l’Oued Guir après son inauguration en 2021.

Quelle est la réalité de la situation dans le barrage de Djorf Torba?

Si l’on prend en compte la population, malgré la grande superficie de l’Algérie, l’urbanisation est concentrée dans la frange méditerranéenne, contrairement aux zones du sud qui couvrent 89 % de la surface du pays mais qui représentent une densité urbaine de moins de 20 habitants par km².

Mis en service en 1973, le barrage algérien de Djorf Torba, d’une capacité de 365 millions de mètres cubes, est l’unique barrage desservant la région de Béchar. Dans l’ouest algérien, le plus grand barrage est celui de Gargar, avec une capacité de 450 millions de mètres cubes. Quant au barrage de Hammam Boughrara, mentionné par le ministre algérien, il dispose d’une capacité de 177 millions de mètres cubes.

Le barrage de Djorf Torba est alimenté par l’Oued Guir qui prend sa source dans le Jebel Timjnatine dans la région marocaine de l’Oriental. L’assèchement depuis quelques années, avant la mise en service du barrage marocain, a causé la mort de milliers de poissons, provoquant une vraie catastrophe, une information vérifiée et qui date du mois de juillet de l’année 2022.

L’examen des images satellitaires du barrage Djorf Torba montre à différentes dates que son niveau connait périodiquement des années de sécheresse où plus du tiers de sa capacité disparait, notamment dans les années de sécheresse, avant qu’il reprenne rapidement son volume normal.

L’hypothèse d’un impact des barrages marocains sur le volume du barrage de Djorf Torba est à exclure. En effet, si cette cause était avérée, le barrage de Djorf Torba n’aurait jamais retrouvé son volume normal après la construction du barrage de Kedoussa au Maroc.

Une photo satellitaire prise au lendemain du discours du ministre algérien, et la situation maintenue jusqu’à ce jour, démontrent que la réalité est différente. Cette observation réfute clairement l’idée d’une influence des ouvrages marocains et suggère d’autres facteurs potentiels à considérer.

Images satellitaires montrant une évolution oscillante des retenues du barrage algérien Djarf Torba.

La cause la plus évidente de la diminution des ressources hydriques dans les barrages est l’évapotranspiration. Ce phénomène, accentué par le réchauffement climatique, peut rapidement réduire les réserves d’un barrage, et son impact s’est intensifié au cours des dernières années dans l’ensemble du bassin méditerranéen, notamment en Espagne, en Italie, en France et de manière particulièrement marquée au Maroc.

Le barrage Al Massira, au Maroc, est construit sur l’Oum Rabii, un des plus grands fleuves du pays. Bien que le cours d’eau soit toujours actif, les réserves du barrage n’ont pas pu se remplir et ne dépassent pas 2% de sa capacité maximale, même dans des conditions optimales. Peut-on, dans la même logique que l’argument algérien, considérer que le barrage Al Massira est asséché à cause des barrages situés en amont ?

Dans le contexte du bassin de l’Oum Rabii, c’est avant tout le manque de précipitations depuis plusieurs années qui empêche le remplissage des barrages. La dernière année pluvieuse significative au Maroc remonte à 2018, date à laquelle les barrages ont pu dépasser la moitié de leur capacité. Depuis, ce n’est plus le cas.

En revenant au barrage de Djorf Torba, l’auteur de l’article explique que Béchar a besoin d’approvisionnement hydrique  non seulement pour l’eau potable et l’irrigation agricole, mais aussi pour des raisons industrielles liées à la construction d’une grande unité de traitement des minerais de fer provenant de la mine de Gara-Djebilet. Entre parenthèses, cette mine est censée être exploitée par les deux pays à 50/50 selon une convention bilatérale, un accord jamais respecté par Alger. En même temps qu’il revendique de l’eau pour la boisson, l’agriculture et l’industrie de Bechar, l’auteur, de profession agricole, s’oppose aux projets agricoles des habitants des provinces d’Errachidia et de Figuig.

Depuis plus de six années, la situation hydrique au Maroc reste préoccupante, en particulier dans les régions orientales où l’agriculture oasienne constitue en grande partie la principale source de subsistance pour les habitants. Face à cette crise, les autorités marocaines s’efforcent de mettre en place des solutions durables, non pas pour attaquer l’Algérie, mais pour garantir l’accès à l’eau potable pour une population qui dépasse 2,2 millions d’habitants dans la région de l’Oriental seulement.

Le ministre algérien a également mentionné le barrage de Hammam Boughrara, situé près de Maghnia, et construit sur l’Oued Tafna. Contrairement au barrage de Djorf Torba, l’Oued Tafna prend sa source dans le Djebel Merchich, près de Sebdou en Algérie, et non au Maroc. La seule relation avec le Maroc se fait via l’Oued Isly, un petit affluent de l’Oued Tafna. Cette accusation, qui n’est étayée par aucune preuve scientifique, soulève une question : comment l’Oued Isly, qui alimente des centaines de parcelles du côté marocain, pourrait-il être pollué par le Maroc en vue de nuire à l’Algérie ?

Le Maroc est-il vraiment coupable ?

L’Algérie compte environ 81 barrages sur son territoire, capables de retenir jusqu’à 8,3 milliards de m³ d’eau. Si l’on considère uniquement les barrages ayant une relation avec le Maroc, on dénombre deux ouvrages, dont la capacité combinée n’excède pas 500 millions de m³.

Outre le barrage de Djorf Torba, un autre barrage, sans aucun lien hydrique avec le Maroc, a également été asséché jusqu’à la dernière goutte. Il s’agit du barrage Ben Khedda, situé près de la ville de Tiaret et qui était construit par la France en 1936.

Son assèchement a d’abord entraîné une dégradation de la qualité de l’eau potable distribuée, puis la suspension de l’approvisionnement en eau potable, provoquant ainsi des protestations violentes de la part de la population de Tiaret.

Situation du barrage Ben Khedda à Tiaret en Algérie

Dans un article du journal Le Monde consacré à cette « crise » , le journal a recueilli l’avis d’un climatologue spécialisé qui a expliqué que la sécheresse extrême a bel et bien débuté en 2022, et ce en raison du dérèglement climatique :

« Cette sécheresse extrême, qui a débuté vers 2022 et qui n’a jamais connu d’interruption, compromet gravement l’approvisionnement en eau, non seulement en Algérie, mais aussi en Tunisie, au Maroc, en Sardaigne et en Sicile » , explique David Feranda, climatologue au CNRS de France.

Il faut enfin préciser que les ressources en eau mobilisées en Algérie ne sont assurées qu’à 33% par les barrages. La majorité de l’approvisionnement repose sur les eaux souterraines, l’Algérie disposant d’une gigantesque nappe fossile dans le désert, connue sous le nom du « système aquifère du Sahara septentrional » qui compte 5.000 points de forage répartis sur son territoire.

L’existence de différends entre pays voisins est chose naturelle et courante dans le monde. Mais il s’agit de savoir gérer ces différends d’une manière pacifique et en se fondant sur les principes du droit international. La propagation de la haine et de la lutte armée rendent le recours à ces mécanismes extrêmement difficile.

Légère progression des taux de remplissage des barrages agricoles (images satellite et Data)

Après une année 2024 exceptionnellement sèche et chaude, caractérisée par des températures hivernales inhabituellement élevées, la saison agricole actuelle présente des conditions plus modérées par rapport à l’année précédente. Celle-ci avait été marquée par une raréfaction des précipitations et des records de chaleur, avec des températures dépassant 30 degrés même en février. Ces conditions extrêmes avaient entraîné une fonte rapide de la couverture neigeuse, une source importante pour la mobilisation des eaux souterraines et de surface.

Au 15 janvier 2025, les réserves des barrages s’élèvent à 4.750 Mm³, soit un taux de remplissage de 28,21%. Cela représente une augmentation de 5,02 points de pourcentage par rapport au 15 janvier 2024, où le taux de remplissage était de 23,19%, correspondant à une hausse des réserves de 475 Mm³.

Lors de sa dernière intervention au Parlement, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a annoncé l’autorisation d’une dotation hydrique de 713 Mm³ destinée aux grands périmètres irrigués. Cette décision a permis de lancer des opérations d’irrigation, avec des niveaux variables selon les régions : Loukkos, Gharb, Moulouya, Tafilalet et Ouarzazate. En revanche, l’irrigation demeure limitée dans la région de Tadla.

En exploitant les données satellitaires disponibles, nous illustrons les évolutions les plus importantes des niveaux de remplissage des barrages en amont des principaux périmètres d’irrigation, par rapport à l’année dernière.

Barrage Aoulouz

Touché par une sécheresse intense l’année dernière, le barrage d’Aoulouz, essentiel à l’irrigation du périmètre de Souss, a vu ses réserves chuter de manière drastique. Cela a contraint les autorités à suspendre temporairement les prélèvements d’eau du barrage. Au 15 janvier 2024, son taux de remplissage n’atteignait que 15%. Cependant, grâce aux précipitations cumulées, la situation s’est améliorée : le barrage est aujourd’hui rempli à plus de 53% de sa capacité totale.

Comparaison entre le 10 janvier 2025 et le 11 janvier 2024

Barrage Mohammed V

En tant qu’infrastructure essentielle du périmètre de la Moulouya, le barrage Mohammed V a connu une amélioration significative de ses réserves. Les données montrent que le taux de remplissage est passé de 16,2% au 15 janvier 2024 à 46,49% actuellement, soit des réserves cumulées d’environ 111 Mm³.

Comparaison entre le 14 janvier 2025 et le 20 janvier 2024

Barrage Oued El Makhazine

Situé dans le nord du Maroc, en amont du périmètre du Loukkos, le barrage Oued El Makhazine bénéficie d’un climat plus humide que le centre du pays. Les données montrent une légère augmentation des réserves de ce barrage par rapport à l’année précédente, passant de 56,12% à 69,1% de sa capacité totale au 15 janvier. Cette hausse représente un volume total d’environ 464,9 Mm³.

Comparaison entre le 10 janvier 2025 et le 11 janvier 2024

Barrage Hassan Addakhil

Les fortes précipitations de septembre 2024 ont significativement rechargé le barrage Hassan Addakhil. En effet, ses réserves sont passées de 26,75% à 70% de sa capacité totale entre le 15 janvier 2024 et le 15 janvier 2025, soit une augmentation de 83 Mm³.

Comparaison entre le 12 janvier 2025 et le 13 janvier 2024

Barrage Kadoussa

Indispensable à l’irrigation des oasis de la province, le barrage de Kadoussa a vu ses réserves augmenter de manière significative, atteignant désormais 73 Mm³, grâce notamment aux dernières précipitations diluviennes du mois de septembre.

Comparaison entre le 12 janvier 2025 et le 13 janvier 2024

Barrage Bin El Ouidane

Les réserves du barrage Bin El Ouidane, essentiel à l’irrigation de la région de Tadla, sont à un niveau historiquement bas. Ses réserves, qui peinent à dépasser 5%, ont légèrement augmenté pour atteindre 5,7% de sa capacité totale, soit environ 70 Mm³.

Comparaison entre le 12 janvier 2025 et le 13 janvier 2024

Barrage Al Massira

Touché par la sécheresse qui sévit dans le centre du Maroc, le barrage Al Massira connaît une situation plus critique que celle du barrage Bin El Ouidane. Ses réserves, qui étaient inférieures à 0,8 % au 15 janvier 2024, ont légèrement augmenté pour atteindre 1,92%, soit une retenue d’environ 51,05 Mm³.

Comparaison entre le 10 janvier 2025 et le 11 janvier 2024

Météo. Persistance du froid et toujours pas de pluie, ce mardi 24 décembre

– Temps assez froid à froid avec gelée la matinée et la nuit sur les reliefs, le Sud-Est, l’Oriental et les Hauts plateaux.

– Formations brumeuses la matinée et la nuit sur les côtes Nord et Centre.

– Temps stable avec ciel clair à peu nuageux.

– Chasse-poussières sur le Sud.

– Rafales de vent assez fortes sur le Tangérois et le Nord des provinces sahariennes.

– Température minimale de l’ordre de -04/03°C sur les reliefs de l’Atlas et les Hauts plateaux, de 09/15°C sur le Souss, les provinces Sud et près des côtes et de 03/08°C partout ailleurs.

– Température du jour en hausse sur la majeure partie du pays.

– Mer peu agitée à agitée en Méditerranée et sur le Détroit, agitée à forte entre Casablanca et Tan Tan, ainsi que peu agitée à agitée ailleurs.

 

Voici par ailleurs les températures minimales et maximales de ce mardi 24 décembre :

– Oujda 03 16

– Bouarfa 01 14

– Al Hoceima 08 18

– Tétouan 14 16

– Sebta 14 17 –

-Mellilia 12 16

– Tanger 14 17

– Kénitra 08 19

– Rabat 09 19

– Casablanca 09 18

– El Jadida 09 22

– Settat 09 22

– Safi 11 20

– Khouribga 07 20

– Béni Mellal 06 18

– Marrakech 07 21

– Meknès 04 18

– Fès 05 18

– Ifrane 01 15

– Taounate 08 21

– Errachidia 03 16

– Ouarzazate 01 14

– Agadir 17 23

– Essaouira 11 21

– Laâyoune 14 25

– Smara 08 26

– Dakhla 12 22

– Aousserd 12 27

– Lagouira 15 23

– Midelt 00 15

Météo. Un temps froid et stable sans précipitations pour les jours à venir

Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie du lundi 23 décembre 2024 au mercredi 1er janvier 2025 :

Lundi : 

-Temps assez froid à froid avec gelée la matinée et la nuit sur les reliefs, le Sud-Est, l’Oriental et les Hauts plateaux.

-Formations brumeuses la matinée et la nuit sur les côtes Nord et Centre.

-Temps stable avec ciel clair à peu nuageux.

-Chasse-poussières sur le Sud.

-Rafales de vent assez fortes sur le Tangérois et le Nord des provinces sahariennes.

-Température minimale de l’ordre de -04/03°C sur les reliefs de l’Atlas et les Hauts plateaux, de 09/15°C sur le Souss, les provinces Sud et près des côtes et de 03/08°C partout ailleurs.

-Température du jour en hausse sur la majeure partie du pays.

Mardi : 

-Temps assez froid à froid avec gelée la matinée et la nuit sur les reliefs, le Sud-Est, l’Oriental et les Hauts plateaux.

-Nuages bas denses avec risque de bruine locale sur les côtes Sud.

-Temps stable avec ciel clair à peu nuageux.

-Rafales de vent assez fortes sur le Tangérois et le Nord des provinces sahariennes.

-Température du jour en hausse sur la majeure partie du pays.

De jeudi à mercredi :

-Temps assez froid avec gelée les matinées et les nuits sur les reliefs, les versants Sud-Est et les Hauts plateaux.

-Temps devenant passagèrement nuageux avec pluies possibles par endroits sur les régions de l’Anti-Atlas et le Nord des provinces sahariennes jeudi.

-Temps passagèrement nuageux sur les régions Sud du Haut-Atlas à partir de vendredi.

-Rafales de vent assez fortes sur le Tangérois et les provinces Sud.

-Températures journalières variant peu.