Bourse de Casablanca. Le MASI termine en hausse de 1,4%

La Bourse de Casablanca a clôturé la première séance de la semaine en hausse. Le MASI a progressé de 1,40% à 19.084,25 points, tandis que le MASI 20 a gagné 1,41% à 1.552,56 points. L’indice MASI ESG s’est également apprécié de 1,50% à 1.301,01 points.

La capitalisation globale s’établit à 1.008,4 MMDH, repassant au-dessus du seuil symbolique des 1.000 milliards de dirhams. Le volume global des échanges a atteint 504,6 MDH, dominé par Vicenne (170,1 MDH), Akdital (69,4 MDH) et CMGP Group (32,7 MDH).

Les plus fortes hausses de la séance reviennent à Ennakl qui clôture à 58,06 DH (+9,98%), Stroc Industrie à 241,90 DH (+9,98%), M2M Group à 489,95 DH (+6,74%), Résidences Dar Saada à 185,00 DH (+6,44%) et Fenie Brossette à 463,90 DH (+6,40%).

À l’inverse, Société des Boissons du Maroc a terminé à 2.202 DH (-3,76%), Microdata à 810,50 DH (-3,50%), Akdital à 1.339 DH (-2,48%), Involys à 156,20 DH (-2,19%) et Immorente Invest à 92,11 DH (-1,47%).

Bourse de Casablanca. Le MASI recule de 0,55%, mais reste au-dessus des 18.000 points

La Bourse de Casablanca a terminé en baisse ce mardi. À la clôture, l’indice MASI cède 0,55% à 18.078,62 points. Le MASI 20 recule de 0,53%, le MASI ESG de 0,38%, et le MASI Mid and Small Cap affiche un repli plus marqué de 0,7%. Malgré ce repli, la performance mensuelle reste positive (+0,57%), et la progression annuelle atteint +22,37%.

Le volume global s’est établi à 292,5 MDH, intégralement réalisé sur le marché central. Attijariwafa bank a été la valeur la plus échangée avec près de 39,6 MDH, suivie de TGCC (59 MDH) et Marsa Maroc (27,9 MDH). En tout, 3.779 contrats ont été enregistrés pour 1,1 million de titres traités.

Sur les 77 actions cotées, 63 ont été échangées : 29 en baisse, 25 en hausse et 9 inchangées.

Parmi les principales baisses du jour, Agma chute de 5,87%, Société des Boissons du Maroc recule de 5,30% et Lesieur Cristal de 2,15%. À l’inverse, Stroc Industrie bondit de 9,97%, Med Paper progresse de 4,85%, et Stokvis Nord Afrique gagne 5,08%.

Du côté des blue chips, Attijariwafa bank recule de 0,68% à 671,50 DH, BCP reste stable à 290 DH, Itissalat Al-Maghrib cède 0,83% à 107,05 DH, tandis que LafargeHolcim Maroc avance légèrement de 0,26% à 1.915 DH.

La capitalisation boursière s’établit à 948,5 MMDH.

Bourse. Stroc Industrie gagne 146% en six semaines, exemple d’une rotation vers les small caps

Le titre de Stroc Industrie a plus que doublé en bourse depuis début mai. Longtemps resté dans l’ombre, le titre s’est apprécié de 146,4% en six semaines, passant de 58 DH à 142,9 DH [niveau atteint en séance ce lundi 16 juin, après clôture, ndlr]. Ce parcours fulgurant s’est accompagné d’une nette reprise des volumes.

Le MASI a franchi un sommet au-delà des 18.600 points début juin, après une séquence haussière depuis le début de l’année. Mais alors que les grandes capitalisations semblent marquer le pas, les investisseurs tournent leur regard vers des valeurs plus discrètes. Stroc fait partie de celles qui, profitant d’un flottant réduit et d’un regain de flux, se sont soudainement invitées au premier plan.

Étant donné la volatilité structurelle de ce type de titres, le moindre signal fondamental peut agir comme un déclencheur. Mais alors, qu’est-ce qui explique que cette petite capitalisation, longtemps restée discrète, suscite soudain autant d’intérêt de la part des investisseurs ?

La rotation vers les small caps s’installe

Plusieurs analystes contactés à ce sujet ont livré une réponse quasi unanime. Stroc Industrie n’est pas couverte dans leurs notes ou recommandations formelles. Cette petite capitalisation, longtemps restée en marge de l’attention du marché, n’apparaît pas dans les radars traditionnels de suivi ou dans les portefeuilles types. Mais cela ne signifie pas qu’elle passe inaperçue.

Leur lecture du mouvement est partagée. « Dans un marché où les grandes capitalisations donnent le sentiment d’avoir déjà largement intégré leur potentiel haussier, de plus en plus d’investisseurs cherchent des relais de performance ailleurs. Leur regard se tourne vers des valeurs longtemps négligées, plus volatiles, mais qu’ils estiment parfois sous-valorisées ».

C’est cette logique qui alimente une rotation tactique vers les small caps

« On arrive à un moment où les valorisations deviennent tendues sur les grandes valeurs. Alors, naturellement, les investisseurs cherchent des points d’entrée ailleurs. Ils vont vers des titres en retard, non pas forcément pour leurs fondamentaux, mais pour le potentiel de rattrapage qu’ils représentent », explique un analyste interrogé.

« Ce raisonnement est renforcé par les conditions de marché. Le PER moyen du marché est projeté à 20,8x en 2025, un niveau jugé élevé par certains investisseurs, même s’il est légèrement en baisse par rapport à 2024. Ce seuil pousse une partie du marché à se détourner des valeurs « pricées », pour se positionner sur des dossiers moins valorisés », explique un autre analyste.

« Il n’y a pas nécessairement un élément fondamental déclencheur dans le cas de Stroc. Il n’y a pas eu d’annonce particulière. Mais dans une dynamique haussière de marché, certains investisseurs sont prêts à aller chercher des profils de valeur plus risqués, simplement parce qu’ils jugent les multiples encore bas ».

« Quand le marché atteint un certain niveau, le trade-off risque/rendement pousse certains à payer un peu plus cher pour une valeur jugée sous-valorisée, même sans catalyseur évident ».

« Même sans événement fondamental majeur, le marché peut réagir fortement dès qu’il perçoit un signal de redressement, aussi limité soit-il. C’est ce qui déclenche souvent le mouvement », ajoute un autre professionnel.

Les analystes reconnaissent qu’aucun élément déclencheur structurant n’a été annoncé à ce jour. Il n’y a ni plan stratégique dévoilé, ni changement d’actionnariat, ni opération financière. Pourtant, la publication d’un chiffre d’affaires trimestriel en forte progression a suffi à raviver l’intérêt.

« Ces valeurs, peu couvertes, présentent souvent des multiples de valorisation très bas, sans pour autant avoir révélé tout leur potentiel opérationnel. Le moindre signal de reprise, même isolé, peut alors suffire à déclencher une vague d’achats, surtout dans un carnet d’ordres étroit, où quelques mouvements concentrés suffisent à propulser le cours ».

Une amélioration opérationnelle réelle, mais encore partielle

Sur le plan fondamental, Stroc Industrie a clos l’exercice 2024 avec un résultat net toujours négatif, à -12,5 MDH, en amélioration toutefois par rapport à l’année précédente (-39,7 MDH). Cette réduction des pertes s’est appuyée sur une forte progression du chiffre d’affaires, qui a atteint 117 MDH (+34,5%), portée par l’exécution d’un projet minier d’envergure et une diversification accrue du portefeuille clients.

Les indicateurs d’exploitation montrent également un redressement progressif. L’excédent brut d’exploitation (EBE) reste négatif à -7,8 MDH, mais s’améliore de 35% par rapport à 2023.

Le résultat d’exploitation, encore déficitaire à -14 MDH, gagne 6 MDH par rapport à l’exercice précédent, malgré le poids des dotations et autres charges d’exploitation. Enfin, le résultat non courant passe de -15,2 MDH à +2,9 MDH, grâce à des reprises sur provisions et des effets exceptionnels.

C’est au premier trimestre 2025 que le changement de rythme devient visible. Le chiffre d’affaires s’établit à 69,5 MDH, en hausse de 173% sur un an. Cette croissance résulte de l’accélération de projets déjà en cours et du lancement de nouvelles opérations dans le cadre d’un portefeuille élargi. Si la société ne communique pas encore de résultat intermédiaire détaillé, ce signal commercial fort a visiblement été interprété comme le début d’un redressement opérationnel.

Dans sa communication institutionnelle, Stroc affirme vouloir capitaliser sur la montée en puissance de ses activités, avec un accent mis sur les secteurs stratégiques, notamment l’ingénierie et l’exploitation minière. Son carnet de commandes diversifié et les premiers signes d’un retour à l’équilibre laissent entrevoir une dynamique favorable pour la suite de l’exercice.

Stroc Industrie : baisse du chiffre d’affaires au terme du premier semestre 2023

« Cet arrêt a ainsi impacté la dynamique de croissance des derniers trimestres et le résultat d’exploitation », explique un communiqué.

Les deux projets concernés redémarreront durant le second semestre 2023 et permettront de retrouver la dynamique de croissance des précédents trimestres, ajoute-t-on.

L’endettement financier a connu une hausse de 3%. Il s’élève à 186,4 millions de dirhams à fin juin contre 180,4 millions de dirhams à fin mars, suite à la baisse de la trésorerie active.
Par ailleurs, Stroc n’a pas fait d’investissements importants durant le premier semestre 2023.

Stroc Industrie officiellement en cessation de paiement

On s’y attendait, on y est. Stroc Industrie n’est plus en sauvegarde judiciaire. La société cotée en bourse vient de basculer en redressement. Le tribunal de commerce de Casablanca s’est prononcé ce jeudi 17 février.

Le redressement survient à la demande de l’entreprise elle-même, transmise via Mohammed Touagani, son syndic judiciaire. Chargé jusqu’à présent de superviser la sauvegarde, cet expert-comptable a été reconduit dans ses fonctions et se chargera aujourd’hui de la nouvelle procédure. Il supervisera le redressement aux côtés du juge-commissaire Mehdi Salem.

Stroc aura quatre mois pour présenter une « solution » à ses difficultés. Son exposé sera appuyé par un rapport du syndic judiciaire, document censé dresser le bilan financier, économique et social de l’entreprise. A l’aune de ces conclusions, le tribunal statuera de nouveau sur le sort de la société : plan de continuation, cession ou… liquidation judiciaire.

Cette mise en redressement n’est pas un événement neutre. Le tribunal a constaté que Stroc Industrie est désormais « en cessation de paiement », c’est-à-dire que son actif disponible ne parvient plus à couvrir son passif exigible. Situation qui, officiellement, n’existait pas au moment de sa mise en sauvegarde en juillet 2018.

Le basculement vers le redressement traduit également les difficultés, pour Stroc, d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers. Ces engagements avaient été contenus dans un plan de sauvegarde sur cinq ans. Au cours des derniers mois, plusieurs créanciers ont saisi le tribunal pour réclamer « la résolution » de ce plan. L’entreprise elle-même avait demandé sa modification, arguant des complications liées au contexte de la pandémie.

Stroc Industrie fait face à une nouvelle demande de résolution du plan de sauvegarde

Stroc Industrie, société cotée à la bourse de Casablanca et acteur majeur du secteur métallurgique, fait l’objet d’une nouvelle demande pour la résolution de son plan de sauvegarde. La deuxième en moins de six mois.

Cette nouvelle demande de résolution a été initiée, début octobre, par Sinpec, fournisseur d’équipements industriels qui, à l’heure où nous écrivons ces lignes, n’a pas encore donné suite à nos sollicitations.

Selon une source proche du dossier, la société cotée en bourse « n’a pas pu respecter son plan de sauvegarde. Aucun des créanciers n’a encore été payé », hormis quelques anciens salariés qui, en mai 2021, ont eu recours à la justice pour demander la résolution du plan de sauvegarde.

Une demande qui a été rejetée par le tribunal de commerce de Casablanca en juillet 2021, puisque Stroc Industrie a finalement versé les sommes dues à ces anciens salariés.

De son côté, Stroc Industrie affirme à Médias24 que « malgré les difficultés qui lui ont valu de bénéficier de la procédure de sauvegarde, et malgré les difficultés additionnelles que constitue le ralentissement économique suite à la pandémie », la société « respecte toutes les décisions du tribunal de commerce ».

A noter que Stroc Industrie est la première entreprise à avoir bénéficié de la procédure de sauvegarde judiciaire au Maroc. Elle dispose d’un délai de cinq ans pour exécuter son plan de sauvegarde, validé par le tribunal de commerce de Casablanca le 9 mai 2019.

Néanmoins, si la société n’exécute pas ses engagements fixés par le plan, le tribunal peut « d’office, ou à la demande d’un créancier et après avoir entendu le chef de l’entreprise et le syndic, prononcer la résolution du plan de sauvegarde et décider, en conséquence, le redressement ou la liquidation judiciaire« . C’est ce que prévoit l’article 573 du livre V du Code de commerce.

« Stroc Industrie a du mal à rebondir »

Selon une source bien informée jointe par Médias24, « Stroc Industrie essaye de faire de son mieux mais elle a du mal à rebondir, notamment à cause de la pandémie et du ralentissement des affaires de ses principaux partenaires ».

La même source affirme que, pour l’instant, les grands créanciers de Stroc Industrie font preuve de « patience », mais n’excluent pas la possibilité de réagir en faisant appel à la justice.

De son côté, Stroc Industrie souligne que « la procédure de sauvegarde nous permet de travailler à la restauration de la confiance de nos créanciers, en leur apportant des solutions concrètes et qui sont de nature à pérenniser l’emploi de tout l’écosystème auquel nous appartenons ».

« Comme avec tous nos créanciers, nous sommes toujours volontaires pour trouver des solutions négociées dans l’intérêt de toutes les parties. Pendant de nombreuses années, nous avons eu la joie de participer au remplissage des carnets de commandes de nos fournisseurs. Depuis que nous éprouvons des difficultés, nous sommes particulièrement reconnaissants envers les entreprises qui s’en souviennent, et œuvrons quotidiennement à restaurer la confiance de tous nos partenaires. Dans tous les cas, nous souhaitons renouveler nos remerciements aux créanciers qui nous apportent leur soutien », ajoute Stroc Industrie.

L’avenir du statut de sauvegarde de la société cotée en bourse est donc incertain, compte tenu de son incapacité à honorer les engagements fixés par le plan. Ce statut risque d’être commué en redressement, comme cela a été le cas pour Delattre Levivier Maroc (DLM).

Également cotée à la bourse de Casablanca, DLM est un autre géant de la métallurgie placé sous sauvegarde judiciaire en décembre 2019, avant que le tribunal de commerce de Casablanca ne constate que la société était en cessation de paiement. Résultat : le statut de sauvegarde a été commué en redressement judiciaire en avril 2021.

LIRE EGALEMENT

https://www.medias24.com/2021/08/31/justice-le-plan-de-sauvegarde-stroc-industrie-reste-valide/

Stroc Industrie: D’anciens salariés demandent la résolution du plan de sauvegarde

Plusieurs anciens salariés de Stroc Industrie, société cotée à la bourse de Casablanca et acteur majeur du secteur métallurgique, ont demandé, fin mai 2021, au tribunal de commerce de Casablanca de procéder à la résolution du plan de sauvegarde, validé deux ans auparavant.

En effet, la société, qui est la première à avoir bénéficié de la procédure de sauvegarde judiciaire au Maroc, a obtenu validation de son plan de sauvegarde le 9 mai 2019, avec un délai de 5 ans (le maximum légal) pour l’exécuter.

Les créanciers, otages des longues procédures de sauvetage des entreprises en difficulté

Placée en sauvegarde judiciaire, Drapor a obtenu la levée de saisies-arrêts appliquées par ses créanciers. Concrètement, ces mesures lui permettront l’accès à des fonds, jusque-là gelés et entre les mains de l’Agence nationale des ports. D’autres décisions similaires sont attendues. Le problème, c’est que ces décisions mettent en difficulté les créanciers. Au prétexte de sauver hypothétiquement une société, on dissémine les difficultés au sein du tissu économique et on contamine les sociétés bien portantes.

Prononcées début avril, ces mainlevées constituent l’un des premiers effets de la sauvegarde. Comme le redressement ou la liquidation, cette procédure entraîne, automatiquement, l’arrêt des poursuites individuelles, empêchant ainsi les actions en paiement ou les voies d’exécution (saisies, entre autres). Les créanciers devront déclarer leurs créances et attendre l’élaboration, la validation et l’exécution d’un plan de sauvegarde.

En attendant, voici là une bouffée d’oxygène pour Drapor, société aux difficultés notoires. Un sursis qui peut, théoriquement, durer 8 mois, le temps que son syndic prépare le bilan de l’entreprise. C’est, au vu de ses conclusions, que sera validé ou non le projet de plan de sauvegarde. Pour les créanciers, cela actera, en revanche, le début d’un long chemin de croix vers le paiement de leurs dus.

Attendre des années pour récupérer moins du tiers de sa créance

Au Maroc, les procédures de traitement des difficultés de l’entreprise sont longues, lentes et coûteuses. Le dernier rapport Doing Business retient une durée moyenne de 3 ans et 5 mois entre l’ouverture et la clôture du dossier. Une estimation recueillie de sources officielles. « Dans la pratique, le processus peut durer 10 ans, comme c’est le cas de General Tire », soupèse notre source.

Au bout du processus, les créanciers sont-ils bien payés ? Le même rapport fait état d’un taux de recouvrement correspondant qui ne dépasse pas 28,7 % !

« L’exécution du plan de sauvegarde peut s’étaler sur 5 ans, sans garanties réelles de paiement. Et si durant ou au terme de ce délai, la procédure est convertie en redressement, on peut encore attendre dix ans, en cas de validation d’un plan de continuation. Entre-temps, des créanciers auront concédé à leurs dépens des rééchelonnements, voire des remises de dettes », explique cet avocat spécialisé en procédures de difficultés.

>> Lire aussi : Difficultés de l’entreprise: Caution sous protection, alerte au défaut de paiement !

Des délais généreux et qui sont de surcroît « rarement respectés », rapporte notre interlocuteur. Pour cause, « leur dépassement n’est assorti d’aucune sanction », ce qui encourage les atermoiements.

Cotée en bourse, Delattre Levivier Maroc a été placée sous sauvegarde en décembre 2019. Dans la foulée, le juge-commissaire lui a accordé plus de 70 mainlevées. Plus d’une année après le jugement, le tribunal n’a toujours pas validé son projet de plan. Le livre V du code de commerce prévoit pourtant un délai maximum de 8 mois.

Dans le cas de DLM, ce délai a, certes, été interrompu pour des raisons légales, liées à l’état d’urgence sanitaire. Soumise à la même procédure, Stroc Industrie n’a pu activer son plan de sauvegarde que 11 mois après la décision du tribunal (juillet 2018).

Mais il y a pire : « A Marrakech, je suis sur un cas où le syndic n’a pas déposé son rapport, 4 ans après l’ouverture de la procédure », déplore un autre avocat.

Manque de maturité juridique et économique

En liquidation, la Samir jouit depuis 5 ans d’un délai de prolongation, permettant la continuité de son activité théorique. Pour le coup, le code de commerce ne pose aucun délai maximum. Ce qui permet au tribunal de repousser sine die la liquidation effective de l’entreprise. Et donc la vente de ses actifs ainsi que la répartition de leur prix entre les créanciers. La dernière prolongation date de ce jeudi 15 avril (3 mois supplémentaires).

Ereintantes pour les créanciers, ces dispositions existent dans les pays les plus développés, mais où on note, en revanche, une grande maturité juridique et économique. « Au Maroc, ces procédures sont le plus souvent activées trop tard et parfois à des fin frauduleuses. Elles permettent à certains chefs d’entreprise de solliciter la protection du tribunal pour se soustraire à leurs obligations vis-à-vis des créanciers », déplore cette praticienne.

La subjectivité des décisions constitue également un sujet de préoccupation. « Dans certains cas, des sociétés sont placées en sauvegarde, alors qu’elles sont clairement en cessation de paiement. Dans d’autres, elles sont mises en redressement alors qu’elles sont en situation irrémédiablement compromises, donc éligibles à la liquidation », soutient notre interlocutrice.

« Parfois, le redressement est étiré au maximum pour protéger l’entreprise, mais élude les intérêts des créanciers », témoigne-t-elle. Pourtant, l’argent du contribuable est, souvent, en jeu. Là où une entreprise est en difficulté, on retrouve toujours des créanciers publics. Les sommes en question sont, parfois, astronomiques, comme c’est le cas de la Samir (entre 16 et 72 milliards de DH). Cinq ans après sa liquidation, la Douane bataille encore pour récupérer la créance de l’Etat qui, pour sa part, ne met pas les gros moyens en ce sens.

Les petits créanciers désarmés

« Les grands créanciers disposent généralement de privilèges et de moyens d’informations pour être alertés sur les défaillances de leurs débiteurs et ainsi pour assurer le suivi des procédures. Ce n’est pas le cas des petits créanciers désarmés. Informés tardivement sur l’ouverture d’une procédure, certains déclarent leurs créances en dehors du délai de 4 mois. Leurs droits se trouvent ainsi frappés par la forclusion », rapporte cette avocate. Elle s’interroge alors : « Pourquoi les éditions d’annonces légales et judiciaires ne sont pas publiées sur internet ? »

Des procédures longues, préjudiciables pour les créanciers et souvent vaines pour l’entreprise en difficulté. Au Royaume, l’inefficacité de ces mécanismes n’est un secret pour personne. Datés de 2017, les derniers chiffres démontrent que sur 10 procédures de redressement, 9 sont finalement converties en liquidation. Au point que des sources judiciaires évoquent un mouroir pour entreprises. Il reste à évaluer l’efficacité de la sauvegarde, procédure nouvellement introduite dans le livre V.

Stroc Industrie en sauvegarde: remarques sur la procédure

Top chrono ! Stroc Industrie a 5 ans pour exécuter son plan de sauvegarde, validé le 9 mai par le tribunal de commerce. Au Maroc, cette société est la première à avoir bénéficié de « la sauvegarde judiciaire », procédure introduite avec la dernière refonde du livre V du Code de commerce. D’autres entreprises ont suivi. Mais de par sa taille, son statut (société cotée en bourse) et ses enjeux, Stroc reste un cas d’école.

Homologué par le tribunal, le plan de sauvegarde a une portée obligatoire. Il engage Stroc Industrie, qui doit l’exécuter dans les délais. A défaut, le plan est annulé. La sauvegarde pourrait alors glisser vers le redressement ou la liquidation. Du sauvetage à la coercition, il n’y a qu’un pas. Pour Stroc, tout reste à faire.

La sauvegarde a été prononcée le 12 juillet 2018. 10 mois plus tard, peut-on tirer des conclusions sur la nouvelle procédure, son efficacité et son utilité ? « Il est encore tôt pour une évaluation. La période d’observation est à peine achevée », répond Me Hicham Adsaoui, avocat de Stroc. Cela étant, pour ce juriste, cette période appelle en elle-même quelques remarques.

La « période d’observation » est l’étape qui s’étend du jugement de sauvegarde à la validation du plan. Elle permet au syndic de préparer son rapport détaillé sur l’entreprise, au vu duquel il propose une solution à ses difficultés (approbation du projet du plan de sauvegarde ou sa modification soit le redressement de l’entreprise ou la liquidation judiciaire etc.). Pour Stroc Industrie, cette période a duré 8 mois, soit 4 mois prorogés une seule fois. C’est le délai maximum accordé par le législateur. Trop court ?

« Pour une société de la taille de Stroc, ce n’est pas suffisant », regrette Me Adsaoui. Une petite comparaison s’impose : « En France, la période d’observation est d’un minimum de six mois. Ce délai est prolongeable de six mois supplémentaires, puis de six autres mois sur demande du parquet. Soit un total de 18 mois », rappelle le juriste.

Théoriquement, donc, une entreprise française sous sauvegarde dispose de 10 mois de plus que l’entreprise marocaine. La différence est sans appel. Face à cette situation, les entreprises ont tendance à s’accorder quelques libertés avec les délais : Le syndic de Stroc, Mohamed Tougani, n’a déposé son rapport qu’au bout de 9 mois, au lieu des 8 exigés par la loi.   

La brièveté de la période d’observation implique quelques réaménagements au niveau de la stratégie initiale. Avec un certain nombre de créanciers (il y en a plus de 180 déclarés pour un montant total de 970 MDH), Stroc avait entamé des négociations amiables en vue de revoir les créances à la baisse. Or, « les négociations de remises doivent de préférence avoir lieu durant la période d’observation », dit Me Adsaoui.

Une fois le plan arrêté, les tractations deviennent plus compliquées et empiètent sur les vérifications de créances, qui se déroulent essentiellement devant le juge-commissaire. Les négociations amiables pourraient alors se muer en contestations devant ce magistrat.

Quelques points positifs dans le cas Stroc : « le plan de sauvegarde a été adopté sans impliquer une réorganisation de l’entreprise. Il n’y a eu aucune cession de branches », rapporte Me Adsaoui. Deuxième point positif: L’implication permanente des créanciers, notamment à travers les contrôleurs (BCP, Air Liquid et le représentant des salariés).

Malgré sa fluidité relative, la procédure n’en a pas moins connu des écueils. Dans son plan de sauvegarde, Stroc a réclamé la restitution de toutes les sommes exécutées dans ces conditions. De même, le syndic a obtenu au forceps la levée de plusieurs ATD diligentés par des créanciers ou des fournisseurs sur les fonds de Stroc auprès du groupe OCP.

« Tout en sachant que c’est interdit, des créanciers se sont empressés d’exécuter leurs créances alors qu’elles sont nées antérieurement au jugement de sauvegarde », note Me Adsaoui. Dans ce comportement, Me Adsaoui décèle l’absence d’une « culture de sauvetage de l’entreprise, de l’économique et de l’emploi », commente-t-il. Ici, on questionne « l’esprit » même de cette nouvelle procédure.

Stroc Industrie: Le plan de sauvegarde validé par le tribunal

Le plan devra être exécuté dans un délai n’excédant pas 5 ans. A défaut, Stroc Industrie risquerait de voir la sauvegarde reconvertie en redressement ou en liquidation.

Par ailleurs, le tribunal a ordonné le maintien des organes de la procédure. Il s’agit de Mohamed Tougani, syndic désigné lors du jugement de sauvegarde en juillet 2018 et des contrôleurs (BCP, Air Liquide et le représentant des salariés).

Le verdict du tribunal s’est essentiellement basé sur un rapport déposé début avril par le syndic chargé de la procédure. Ce rapport détaillait le bilan financier, économique et social de l’entreprise. Au vu de ce bilan, le syndic avait proposé d’approuver le plan de sauvegarde, tout en surveillant de près l’évolution de l’entreprise.

Appelés à formuler leurs avis, le parquet et le juge-commissaire Mehdi Salem s’était également positionnés pour l’adoption du plan. Idem pour les contrôleurs, qui ont formulé des observations favorables.

Selon nos informations, le plan de Stroc englobe des rééchelonnements et des remises partielles ou totales de dettes. Stroc veut réduire à moitié certaines dettes fiscales (IS, taxe professionnelle et taxe d’habitation).

Le plan tend aussi à l’annulation des pénalités et des amendes et des intérêts de retards, qu’elles concernent des dettes fiscales, bancaires ou sociales. Par ailleurs, la société veut accéder aux fonds aujourd’hui gelés auprès de certaines banques (20 MDH chez BMCI).

Selon nos informations, le montant des créances déclarées dépasse actuellement les 900 MDH. Certaines créances sont reconnues par Stroc Industrie, d’autres sont contestées et beaucoup sont en cours d’analyse. Mais le montant définitif ne sera arrêté qu’au terme de la procédure de vérification des créances.

Stroc s’engage à régler ses paiements annuellement à partir de 2020 et jusqu’à 2024. Pour y parvenir, l’entreprise table sur une croissance de son chiffre d’affaires. Selon les prévisions de son management, ce chiffre s’établira à 320 MDH en 2020 et grimperait à plus de 700 MDH durant les deux années suivantes. La société fait valoir des engagements contractuels pour la réalisation de grands projets, notamment avec le groupe OCP.

>>Lire aussi: Stroc Industrie: l’avenir de l’entreprise se jouera ce jeudi 9 mai

Stroc Industrie: Vers un plan de sauvegarde sur 5 ans

Au tribunal de commerce de Casablanca, les voyants sont au vert pour Stroc Industrie. Plus de 9 mois après le jugement de sauvegarde, le syndic Mohamed Tougani a enfin déposé son rapport sur « le bilan financier, économique et social » de l’entreprise. Et selon les différents protagonistes, tout semble annoncer une issue positive au dossier.

Premier facteur d’optimisme : « Au vu du bilan, le syndic a proposé et défendu un plan de sauvegarde étalé sur 5 ans », nous annonce une source judiciaire en marge d’une audience tenue (à huis clos) ce mardi 18 avril. Nabil Ziyatt et Ronan Le Guellek, respectivement PDG et directeur financier de l’entreprise y ont pris part, au même titre que le syndic et les contrôleurs.

Au sortir de l’audience, mines détendues et échanges de sourires laissent augurer un satisfecit général chez les parties prenantes. « Sauf surprise, on se dirige vers une décision favorable », pronostique Me Hamid Adsaoui, confiant.

Pour l’instant, « le dossier a été transmis au juge-commissaire Mehdi Salem, qui devra formuler son avis sur la viabilité du plan de sauvegarde », précise l’avocat de Stroc Industrie. Ce magistrat supervise la procédure de sauvegarde. Mais c’est à la chambre de conseil, instance présidée par Abderrafii Bouhamria, que reviendra la décision de retenir ou non la solution proposée par le syndic.

Plus de 700 MDH de dette à fin 2017

Tougani est un habitué des dossiers sensibles. Au tribunal de commerce, cet expert-comptable est connu pour ses positions tranchées, parfois radicales. En 2018, son rapport négatif sur le cas Buzichelli a conduit les juges à convertir la procédure de redressement (initialement prononcée) en liquidation judiciaire.

Dans le cas de Stroc, le syndic avait pour options soit de proposer l’approbation du plan de sauvegarde, soit la mise en redressement voire la liquidation. « Au vu de la situation remédiable de l’entreprise, il a opté pour la solution la plus soft », nous dit l’une des parties. En attendant la décision du tribunal, les sources se gardent de dévoiler les détails du plan qui prévoit un rééchelonnement de la dette de Stroc, évaluée à plus de 700 MDH à fin 2017. A-t-elle évolué ? La société cotée en bourse n’a toujours pas publié ses comptes 2018.

La procédure de sauvegarde est ouverte « sur demande d’une entreprise qui, sans être en cessation de paiement, fait face à des difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter et qui pourraient entraîner dans un proche délai la cessation de paiement », selon la définition du code de commerce.

Présente à l’audience en tant que contrôleur, la Banque centrale populaire n’a pas encore livré sa position. Le tribunal lui a accordé un délai de 15 jours pour ce faire. Mais là aussi, les premiers signaux sont positifs : « En tant que principal financeur de Stroc Industrie, BCP a formulé son approbation de principe. Reste à l’étayer et la formaliser d’ici deux semaines », rapporte son avocat Me Driss Laraqui, collaborateur du cabinet Bassamat & Laraqui. Sa cliente se positionne avec une créance de 100 MDH, correspondant à prêt couvert par une garantie.

« Stroc Industrie tient à impliquer tous les protagonistes à la recherche d’une solution », nous dit Me Adsaoui, «’d’où la présence, à l’audience, d’Air Liquid et du délégué du personnel », deux autres contrôleurs à la sauvegarde. Ces derniers ont appuyé le plan du syndic.

Seul bémol, « le représentant du ministère public a fait savoir que deux mois de salaires n’ont pas encore été payés », affirme une source proche du dossier.  Un air de déjà vu : L’affaire Stroc n’a-t-elle pas sa genèse dans une requête initiée par un salarié ?

Le Maroc, première destination pour les vacances d’hiver des Français

Avec 144.540 clients attirés par la formule des voyages à forfaits sur cette destination, en hausse de 6,9%, le Maroc domine ce Top 10, loin devant les Canaries (-3,8%), la Tunisie (-33%), l'Espagne continentale (-9,9%) ou encore la Turquie, en dernière place avec une baisse de 17,2%, selon le bilan d'activités des TO français pour la période 1er novembre 2012-30 avril 2013, révélé cette semaine à Paris.

Les chiffres positifs réalisés sur la destination Maroc font figure d'exception, car la saison d'hiver a été globalement calamiteuse pour les TO français, avec un trafic en repli de 11,9% par rapport à la même période de l'année précédente.

Le Maroc occupe la 1ère place

Alors que le trafic des vols secs a enregistré un recul encore plus accru que vers les destinations moyen-courrier (-17,4%), le Maroc occupe la première place en volume avec plus de 115.000 clients.

Sur un marché global et moyen-courrier en net baisse, le Maroc a su préserver sa position de leader sur le marché CETO, tout en gagnant des parts de marché avec plus de 260.000 clients pour la saison hiver 2012-2013.

S'agissant des tendances des réservations voyages à forfait pour l'été 2013, la saison estivale s'annonce positive pour le Maroc avec +1,1% de réservations, contre -6% pour les Canaries, -43% pour Tunisie, +7% pour l'Espagne continental et + 32% pour la Turquie.