Urbanisme. Tanger prépare un nouveau schéma directeur d’aménagement urbain

L’Agence urbaine de Tanger a lancé, ce vendredi 17 octobre 2025, un appel d’offres international pour l’élaboration du schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de Tanger couvrant la préfecture de Tanger-Assilah et la province de Fahs Anjra.

Ce projet d’aménagement s’étendra sur une superficie de 171.000 hectares et concernera une population de 1.595.000 habitants. Son importance réside dans la définition des grandes règles d’urbanisme pour les vingt-cinq prochaines années (cf. article 4 de la loi 12.90 relative à l’urbanisme).

Il se distingue notamment par la décision des nouvelles zones ouvertes à l’urbanisation, la vocation générale des sols (zones agricoles, zones industrielles, zones de grands équipements…) et le système de transports et de mobilité pour l’ensemble du territoire.

délimitation en vert du périmètre du projet d’aménagement urbain.

Avec un coût global de 5 millions de dirhams, la préparation du SDAU devra intervenir dans un délai total de 14 mois suivant l’attribution du projet. Ce délai comprendra une analyse territoriale du périmètre du SDAU précédent la préparation du projet du plan, qui sera ensuite examiné par la commission centrale de suivi et la commission locale de suivi, avant que la version finale ne soit statuée et soumise à la consultation des conseils communaux concernés.

Le territoire du SDAU fait face à plusieurs dysfonctionnements actuels interdépendants qui nécessitent une intervention efficace. Parmi eux, le cahier de prescription spéciale a identifié un ensemble de points tels que la métropolisation déséquilibrée qui exerce une pression croissante sur les ressources et les infrastructures, tandis qu’une crise du logement persistante, alimentée par la spéculation foncière et la hausse des prix, conduit au développement de quartiers informels en périphérie de Tanger.

Parallèlement, les villes nouvelles de Chrafate et Ibn Battouta, bien que représentant des opportunités de désengorgement, souffrent d’un isolement fonctionnel et d’une intégration incomplète dans le tissu urbain. Ces défis sont accentués par des systèmes de mobilité urbaine et interurbaine insuffisants pour répondre aux besoins d’une population croissante et d’une économie en expansion.

Par conséquent, le projet du nouveau SDAU de la préfecture de Tanger-Assilah et de la province de Fahs-Anjra doit définir une stratégie d’intervention claire pour apporter des réponses précises à ces problématiques territoriales, incluant les principales actions nécessaires pour permettre à ce territoire d’atteindre le niveau de développement attendu.

De son côté, le diagnostic territorial devra intégrer une analyse approfondie du volet socioéconomique, incluant l’impact d’événements majeurs passés et futurs tels que la pandémie de COVID-19 et l’organisation de la Coupe du monde 2030, les résultats du dernier recensement de la population de 2024, les nouvelles tendances démographiques, les dynamiques du marché du travail et les disparités territoriales…

Sur le plan spatial, il devra prendre en compte les tendances d’urbanisation, les usages du sol et les contraintes physiques, ainsi que la dynamique foncière et immobilière, en portant une attention particulière à la disponibilité des réserves foncières, aux coûts de mobilisation des terrains et à leurs implications en milieu urbain et rural.

Afin d’apporter les meilleures solutions, le nouveau projet doit privilégier des approches novatrices fortement axées sur les nouvelles technologies, notamment la data science pour l’analyse des données, l’intelligence territoriale pour une meilleure compréhension des dynamiques locales, ainsi que l’intelligence collective afin d’intégrer les contributions de l’ensemble des acteurs.

Sur le plan régional, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima est encadrée par un schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) valable jusqu’en 2046, dont les plans d’action sont révisés tous les cinq ans. Ce nouveau projet de SDAU du Grand Tanger devrait renforcer l’action urbaine de la région, faisant suite aux deux autres SDAU homologués en 2004, celui d’Assilah et sa côte touristique ainsi que celui du littoral méditerranéen.

À Tanger, la Villa Harris, entre mémoire tangéroise et musée vivant

Le musée Villa Harris est impossible à rater. La bâtisse blanche se hisse, imposante et gardienne de secrets. Elle trône au milieu des arbres, en plein cœur de Tanger. Le musée se trouve au centre d’un domaine de 9 hectares où sont cultivées plantes et espèces rares. Le lieu témoigne d’une période historique riche, comme lors des crises diplomatiques internationales en marge de la conférence d’Algésiras et de la visite de Guillaume II (ancien empereur allemand) à Tanger.

Walter Harris découvre Tanger

Ce lieu appartenait à Walter Harris, un journaliste britannique, correspondant spécial du Times, qui s’est installé au Maroc à la fin du 19ᵉ siècle. Il est arrivé en compagnie d’une délégation officielle britannique. “Le reporter a écrit plusieurs articles sur le Maroc, surtout sur la période du protectorat”, déclare à Médias24, Majda Amellal, conservatrice du musée Villa Harris. Walter Harris était le témoin de l’entrée en vigueur de deux protectorats français et espagnol au Maroc.

Walter Harris, un journaliste britannique, correspondant spécial du Times, amoureux du Maroc. Ph : DR

La ville du Détroit était alors la capitale diplomatique du pays, une zone internationale. Dans sa demeure, Walter Harris prenait le temps de recevoir les grands noms du monde politique et intellectuel, comme les diplomates, les décideurs, les religieux et même les espions.

La villa devenait un lieu incontournable pour les discussions des grands événements, d’alliances et de négociations… Et pour cause, le journaliste fréquentait les puissants du Maroc. “Il était très proche des sultans du Maroc, notamment Hassan Iᵉʳ et Moulay Abdelaziz”, poursuit notre interlocutrice.

Tombé dans l’oubli pendant 20 ans

Walter Harris croulait sous les dettes. Il a dû céder la villa Harris à Onfre Zapata, un citoyen espagnol. Le nouveau propriétaire l’a transformé en casino.

Après l’indépendance du Maroc, le lieu est devenu un Club Med, ces fameux villages touristiques très connus des années 70/80. Majda Amellal raconte : “Lorsque le Club Med a fait faillite. Ils ont tout simplement quitté le domaine en 1992. Depuis ce jour, la villa a été abandonnée, pendant près de 20 ans. Le lieu ne ressemblait plus à rien, que des tas de ruines, dans un état catastrophique.”

entrée du musée villa Harris tanger
L’entrée majestueuse du musée Villa Harris. Ph : FNM

En 2007, la Villa Harris obtient un précieux sésame en étant classée patrimoine national. La Fondation nationale des musées a alors œuvré pour restaurer le bâtiment “à l’identique”. Ce lieu reste “un témoin d’une période importante de l’histoire de Tanger et a même joué un rôle diplomatique dans l’histoire de la ville”, décrit Majda Amellal.

Vue intérieure du musée Villa Harris
L’endroit est sublime. Ph : FNM

Une offre muséale renforcée

Le musée représente une vraie valeur ajoutée à l’offre muséale de Tanger et du Maroc. “Nous avons presque la totalité des œuvres d’artistes marocains à Villa Harris”, précise Majda Amellal. Les tableaux jalonnent l’histoire de l’art plastique au Maroc.

Vous pourrez naviguer entre les tableaux des peintres voyageurs, les débuts de la modernité arabe (depuis les moments fondateurs marqués par les essais picturaux de Mohammed Ben Al R’bati).

Frise chronologique au sein du musée Villa Harris
L’exposition permanente se déploie sur un parcours de quatre grandes sections. Ph : FNM

La troisième période se concentre sur les enjeux de l’identité culturelle, soit les années 50, 60 et 70. C’est la période des grands maîtres de la peinture marocaine avec Jilali Gharbaoui et Ahmed Cherkaoui, le groupe de Casablanca Melehi, Belkahia, Chabâa, auxquels s’ajoute par la suite une deuxième vague d’artistes comme Miloud Labied, Fouad Bellamine, Mohamed Kacimi.

Pour la période après les années 90, c’est la quête de la singularité : les artistes marocains s’affirment et ne cherchent plus à s’écarter des modèles occidentaux pour montrer ce qui les rassemble et les identifie à une culture commune et à une communauté. Ces personnes décident de mettre en valeur ce qui les distingue.

Tableaux dans villa Harris
Une exposition riche entre les murs du musée Villa Harris

Dans les dédales du musée, vous pourrez apprécier l’extrême variété des productions artistiques autour de thèmes communs.

“La particularité du musée Villa Harris, c’est que l’exposition couvre toute la période de l’histoire de l’art au Maroc, depuis les artistes voyageurs qui ont initié les peintres marocains à la peinture”, raconte la conservatrice.

Le parcours est complet, couvrant le début de l’art marocain jusqu’à la période contemporaine. La seule exception est liée aux peintres voyageurs.

Toiles exposées dans le musée Villa Harris
Dans les dédales du musée, vous pourrez apprécier l’extrême variété des productions artistiques autour de thèmes communs. Ph : FNM

Sur place, des œuvres de plusieurs artistes qui se sont inspirés de Tanger, comme Josep Tapiro, Mariano Bertuchi, Maria Fortuny, Claudio Bravo. “Ils se sont inspirés de la ville, de sa couleur, de ses visages pour faire des œuvres”, explique la responsable du musée. Du côté des Marocains, le premier peintre marocain Mohammed Ben Al R’bati est exposé. “Nous avons des œuvres de l’école de Tétouan, que nous appelons école du Nord, l’école de Casablanca et la série contemporaine”, ajoute Majda Amellal.

Toiles exposées au musée Villa Harris
Du côté des Marocains, le premier peintre marocain Mohammed Ben Al R’bati est exposé. Ph : FNM

Et pour la région ?

Une maman et sa fille devant une toile du musée Villa Harris
Le musée est adapté à toutes les tranches d’âge. Ph : FNM

Le musée Villa Harris est un atout pour la ville de Tanger et la région du Nord, puisqu’il enrichit l’offre culturelle de la ville, tout en mettant en “valeur nos artistes du nord”. D’autant plus que le musée est très riche, adapté à toutes les tranches d’âge, même aux enfants, et adapté pour les Marocains et les touristes internationaux.

Henri Matisse et Tanger : une étreinte nimbée de lumière

Quand le peintre arrive à Tanger en janvier 1912, il ne cherchait pas à fuir le monde, mais à en retrouver une version plus ancienne. Fatigué de l’agitation parisienne, il veut revivre l’excursion marocaine et orientaliste d’Eugène Delacroix. À son arrivée, c’est une ville en pleine expansion, traversée par les chantiers coloniaux et les frictions modernes qui lui tendent les bras.

Il séjourne à la Villa de France, l’un des rares hôtels encore debout à avoir accueilli l’artiste. De sa chambre, la vue sur le jardin de l’église anglicane Saint Andrew le rassérène. Il en fera une célèbre toile. L’église est toujours là, modeste et abritée par des cyprès. En la visitant, on comprend ce qui a dû émouvoir Henri Matisse : l’alliance de deux cultures que tout oppose.

Tableau de Matisse durant la période Tanger

Ce qu’il découvre derrière les murs du lieu de culte est tout aussi puissant. L’artiste est reçu dans plusieurs maisons de familles juives marocaines. Là, il s’imprègne des tissus, des objets, de la disposition des pièces, de la manière dont la lumière s’infiltre et d’autres détails. Ce sont ces intérieurs, loin du pittoresque, qui nourriront son travail.

Peinture de Matisse d'une fille marocaine
Une toile de Matisse datant de la période Tanger. Ph : DR

Une immersion prolifique

Le peintre aime déambuler dans le quartier du Marshan, plus résidentiel et moins chaotique que la médina. Là-bas, il a coutume de s’attarder dans les jardins publics et note des combinaisons de couleurs dans ses carnets. Le jardin de la Mendoubia, avec ses figuiers et ses allées lumineuses, est d’ailleurs l’un de ses préférés.

Sa promenade quasi quotidienne se poursuit jusqu’à la place de France, aujourd’hui rebaptisée place du 9 avril 1947. Centre vivant de la ville à l’époque, la place de France arbore les bistrots et brasseries qu’il a pourtant fuis à Paris. Le Grand Café de Paris ou celui de la Poste permettent encore d’imaginer l’ambiance feutrée où l’on croise diplomates, journalistes et rêveurs en train de refaire le monde.

Vue de nuit de Tanger
Les hauteurs de la Kasbah, source d’inspiration pour Matisse. Ph : DR

Mais c’est peut-être dans les hauteurs de la kasbah que se révèle le mieux la marque laissée par ce chercheur de lumière. Cette façon dont les portes peintes vibrent sous le soleil, dont chaque détour offre un théâtre silencieux. On peut encore se rendre au musée, pour renouer avec ce Tanger sublime.

Une toile de Matisse de la période Tanger
Une des toiles de Matisse inspirée de la ville du Détroit. Ph : DR

Il reviendra en 1913 pour un second séjour. Il peindra moins, privilégiant la contemplation. Il est conscient d’être le témoin d’une ville à cheval entre deux époques : celle des fastes orientaux rêvés et celle des mutations sociopolitiques bien réelles. Cependant, ce qu’il emportera avec lui, au-delà des toiles, c’est un rapport renouvelé à la couleur, à la simplicité et à la composition.

Tanger, la mystérieuse muse de Paul Bowles

Dans la perle du détroit, certaines présences demeurent. Invisibles mais tenaces, elles contribuent à son aura. Celle de Paul Bowles est assurément l’une d’elles. L’écrivain américain, installé au nord du Maroc dès la fin des années 1940, a marqué l’endroit de son empreinte. Suivre ses traces, c’est s’offrir une traversée ponctuée d’art de vivre, de littérature et de sensualité.

À ses yeux, la ville était un lieu d’ancrage unique dans un Maroc en mutation. Elle fut pour lui un terrain de liberté autant qu’un espace de solitude choisie. Place à un voyage initiatique fait d’Histoire et d’émotions.

Paul Bowles à Tanger
Paul Bowles durant sa période Tangéroise. Ph : Cédric Hustinx

Les mille facettes d’une passion

Bowles découvre Tanger en 1931. Il y revient plus tard avec son épouse Jane, tous deux happés par l’étrange alchimie qui s’offre à eux. Ce mélange de lumière, de rythme, d’odeurs et de liberté diffuse a tout pour séduire le couple atypique. Ce n’est pas seulement la beauté du lieu qui les retient, mais la possibilité d’y vivre à contre-courant. Sur place, ils lient connaissance avec une petite société d’esprits libres. Des figures marginales qui trouvent là un refuge contre les normes, une forme d’asile pour exister autrement. En parfaits outsiders, les Bowles s’y sentent d’emblée chez eux.

Paul Bowles en compagnie de Tangérois.
Paul Bowles se sent comme chez lui à Tanger. Ph : DR

Pour approcher Tanger à l’instar de l’auteur à succès, il faut se perdre dans la médina, longer les ruelles du Petit Socco, pousser la porte des cafés comme le Tingis ou le Central, où flottent encore les timbres des voix d’antan. On imagine les confidences échangées, les paroles données ou reprises, peut-être quelques conversations enflammées sur l’actualité. Les lieux ont gardé la mémoire d’une époque révolue et sa délicieuse rugosité. Qui s’en plaindrait ?

Une vue de l'intérieur de l'église Saint Andrews.
L’église Saint Andrews à Tanger, un endroit riche en histoire. Ph : DR

Regarder de haut depuis la kasbah

Notre homme a vécu dans une demeure discrète, en surplomb de la médina. La vue depuis ces hauteurs est vertigineuse : la Méditerranée, les toits, le silence. Non loin de là, le palais Dar el Makhzen, aujourd’hui musée, reflète cette richesse qui caractérise la ville. On y assiste parfois à des expositions en hommage à Bowles, avant d’être introduit à son autre passion : la collecte de musiques traditionnelles marocaines. Il avait coutume d’enregistrer ces chants pour les préserver, porté par une curiosité sincère envers les cultures locales.

Une vue de la facade du palais Dar El Makhzen
le palais Dar el Makhzen, aujourd’hui musée, reflète cette richesse qui caractérise la ville. Ph : DR

El Minzah, refuge de misfits

Plus bas, l’hôtel El Minzah évoque un exil doré. Bowles y rencontrait voyageurs nostalgiques, écrivains en transit, artistes en quête de souffle. L’ambiance feutrée des salons, les notes échappées d’un piano, un verre posé sur le marbre (…), tout rappelle l’élégance un peu élimée d’un monde disparu.

Une vue de la face de l'hôtel Minzah
L’hôtel El Minzah évoque un exil doré. Ph : DR

Le café Hafa, face à l’immensité de la mer

L’établissement n’a pas bougé d’un iota. Accroché à la falaise, face au détroit, il semble hors du temps. Bowles venait y écrire ou simplement regarder les va-et-vient des bateaux en humant la brise salée. Le café évoque à lui seul son lien avec Tanger, un mélange de retrait, d’attention extrême et d’étrangeté familière.

Le café Hafa, un endroit incontournable de Tanger. Ph : DR

En définitive, suivre Bowles, c’est se délecter de ce que la ville a gardé d’une période émouvante. Certaines librairies, galeries ou maisons d’hôtes, comme la librairie des Colonnes ou le Nord-Pinus, perpétuent l’élan cosmopolite qui l’avait séduit. On y retrouve le goût du détail, une lenteur habitée et une porosité au monde chers à sa sensibilité.

Incendie de la forêt Houara à Tanger : un suspect arrêté (Parquet)

Selon un communiqué du procureur général du Roi près la cour d’appel de Tanger, dont une copie est parvenue à Médias24, un individu a été interpellé par la Gendarmerie royale dans les environs de la forêt de Houara, située près du parc éolien de Tahaddart entre Tanger et Asilah, où un incendie fait des ravages depuis le début de l’après-midi du lundi 26 mai.

Selon la même source, le prévenu était en possession d’une besace contenant une dizaine de briquets, un calumet (sebsi) servant à fumer du kif moulu et une petite arme blanche.

Ce mercredi, explique le représentant du ministère public, il a été déféré devant le parquet, qui l’a déféré, à son tour, devant un juge d’instruction.

Le magistrat chargé de l’instruction a décidé de le poursuivre pour « incendie de forêt avec préméditation », « consommation de drogues » et « possession d’une arme blanche sans raison valable ».

Le prévenu a été placé en détention à la prison civile Tanger II.

L’incendie déclenché dans la forêt de Houara est l’un des pires enregistrés en ce début de saison estivale.

Il a ravagé plus de 40 hectares de couvert forestier. Ce qui a mobilisé quatre Canadair des FAR, des centaines d’éléments de la Protection civile, des agents de l’ANEF, des éléments des forces de sécurité et des personnels relevant des autorités locales.

Avec l’IA, l’artiste Monsieur G réinvente les voyages d’Ibn Battouta

Des personnages aux costumes extravagants, entre turban-nid d’oiseau et fès couronné d’une boîte d’œufs, des regards qui flottent entre rêve et réalité… À Tanger, l’exposition « Ibn Battouta, le voyage imaginaire« , signée par Monsieur G, convie les visiteurs à une traversée inédite des mondes de l’explorateur tangérois. Une traversée qui ne cherche pas à retracer l’itinéraire d’Ibn Battouta, mais à en réinventer l’esprit.

Organisée dans le cadre du Festival Ibn Battouta, tenu du 8 au 10 mai, l’exposition se déploie dans deux lieux emblématiques de la ville : l’Espace d’exposition de la mémoire d’Ibn Battouta, situé à Borj En-Naam, et la galerie Conil Volubilis. Visible durant tout l’été, elle invite à une relecture contemporaine et onirique des récits de voyage du célèbre explorateur.

Un récit visuel réinventé à l’ère de l’IA

Dès l’entrée, le ton est donné : ici, l’histoire se raconte autrement. Les murs sont peuplés de portraits de personnages inventés, aux allures irréelles et foisonnantes, que Monsieur G imagine comme autant de rencontres possibles d’Ibn Battouta au fil de ses périples. Certains portent des bijoux clinquants, d’autres des légumes ou des miroirs, en écho à des cultures croisées ou rêvées. Le résultat est déroutant, captivant, presque hypnotique.

« Ce qui m’inspirait, c’était le flou du récit d’Ibn Battouta, entre réalité et légende. J’ai voulu créer des personnages qu’il aurait pu rencontrer, avec une part d’exubérance, de merveilleux », explique l’artiste, interrogé par Médias24 lors du vernissage.

Photographe de formation, Monsieur G s’est tourné vers les outils d’intelligence artificielle générative pour explorer cette esthétique du fantasme. Pour lui, l’IA n’est pas une fin, mais un moyen : « C’est un outil créatif comme un autre, qui ouvre des possibilités nouvelles. Elle ne remplace pas l’artiste, elle le stimule ».

Un univers visuel foisonnant

Chaque portrait, réalisé à l’aide de l’IA, est minutieusement composé : matières textiles, textures, symboles issus des cultures marocaines, arabes, africaines ou asiatiques… L’ensemble forme une galerie de figures inventées, à mi-chemin entre conte oriental, peinture surréaliste et art numérique.

À Borj En-Naam, le contraste entre le bâtiment historique et les œuvres numériques accentue la tension entre passé et futur. À la galerie Conil Volubilis, plus contemporaine, l’exposition prend une autre dimension, plus installative, plus libre. Ce dialogue entre les deux espaces accompagne celui entre tradition et modernité, que le festival souhaite mettre au cœur de sa programmation.

Une exposition pensée aussi pour les plus jeunes

Pensée comme un voyage sensoriel, l’exposition vise aussi un jeune public. Des visites scolaires sont programmées, et Monsieur G prévoit de concevoir des affiches et des supports pédagogiques adaptés aux enfants. L’objectif : éveiller leur curiosité pour les cultures du monde, leur transmettre autrement l’héritage du grand voyageur tangérois et leur faire découvrir le potentiel créatif de l’intelligence artificielle.

En marge de l’exposition, le Festival Ibn Battouta propose également conférences, performances, rencontres artistiques et échanges autour du voyage, réel ou symbolique. L’ensemble compose une proposition culturelle ambitieuse, qui vise à ancrer durablement ce rendez-vous à Tanger.

À Tanger, retrait des panneaux publicitaires et des antennes paraboliques en prévision de la CAN 2025

Tanger se prépare aux grands événements sportifs prévus au Maroc. Après Casablanca et Rabat, la ville du détroit entame une vaste opération de nettoyage visuel et réglementaire.

Les autorités locales ont lancé une campagne d’envergure de retrait des affiches publicitaires illégales et autres installations anarchiques telles que les antennes paraboliques, qui enlaidissent les façades. L’objectif est d’offrir un visage renouvelé à la ville, qui s’apprête à accueillir en fin d’année les matchs de la CAN 2025.

Contactées par nos soins, des sources informées nous confient que cette campagne a débuté le samedi 3 mai au centre-ville de Tanger.

Harmoniser l’apparence des bâtiments et préserver l’architecture de la ville

Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’harmoniser l’apparence des bâtiments de la ville du détroit, souvent altérée par des installations anarchiques, et de préserver son architecture, nous expliquent nos interlocuteurs.

L’objectif de cette campagne est de redonner à Tanger son cachet architectural et de réguler les pratiques publicitaires non conformes aux lois en vigueur.

Selon nos informations, cette opération concerne différents panneaux publicitaires, notamment de cabinets médicaux, d’entreprises d’assurance ou encore d’enseignes de commerces, installés sans autorisation préalable. Ces affiches ont proliféré pendant des années, dénaturant ainsi les façades et l’harmonie visuelle des principaux axes de la ville.

Rappelons que le décret n° 2-17-354, définissant le règlement de copropriété (dont la mise en œuvre relève du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville), qui vient en application de la loi n° 18-00 relative au statut de la copropriété des immeubles bâtis, tel que modifiée et complétée par la loi 12.106, interdit l’installation des antennes paraboliques sur les façades et les balcons des bâtiments. Son article 13 interdit également l’installation de divers appareils altérant l’esthétique des façades. Ce texte est entré en vigueur en 2018.

Les antennes paraboliques également concernées

Cette campagne a démarré dans les grandes avenues du centre-ville, où des dizaines de panneaux illégaux ont été démontés grâce notamment à des équipements lourds, comme les grues et les camions mobilisés par les autorités locales. Selon nos informations, elle devrait se poursuivre au cours de la semaine dans d’autres artères de Tanger. 

Toutefois, elle ne se limite pas aux seuls panneaux publicitaires, ajoutent nos sources. Elle est également étendue à d’autres dispositifs encombrant les façades, tels que les antennes paraboliques installées depuis plusieurs années dans plusieurs villes du Royaume sans respect des règlements d’urbanisme.

Les autorités locales sont également en train de libérer le domaine public exploité de manière illégale au niveau de la ville, nous apprennent par ailleurs nos interlocuteurs.

Préparer Tanger à la CAN 2025

Au-delà de la dimension esthétique, cette campagne s’inscrit dans un contexte plus large, visant à mettre à niveau la ville à l’approche de grands événements.

Selon nos interlocuteurs, la ville du détroit se prépare à accueillir des matchs de la CAN 2025, laquelle aura lieu au Maroc vers la fin de l’année en cours. Cette opération devrait alors être finalisée d’ici là.

Cette dynamique, déjà initiée à Rabat, témoigne de la volonté des grandes villes du Royaume de renforcer la réglementation sur l’occupation de l’espace public, tout en valorisant leur patrimoine architectural. Selon nos sources, d’autres villes sont concernées, où des opérations similaires seront lancées.

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Falcon Energy Materials et Shanshan annoncent un partenariat pour commercialiser les anodes du projet de Tanger

Après avoir réussi à lever 6 millions de dollars canadiens par placement privé, la compagnie Falcon Energy Materials et le chinois Shanghai Shanshan New Material ont signé une feuille de route pour un partenariat stratégique visant à développer la future clientèle de l’usine de production d’anodes en graphite purifié sphérique enrobé de Falcon à Tanger.

Pour Falcon, s’associer à Shanghai Shanshan New Material représente un atout majeur, étant donné que cette entreprise est le premier producteur mondial de matériaux d’anode en graphite synthétique, avec une part de marché de 21% en 2024. Le groupe chinois dispose d’une base de production de divers matériaux d’anode, avec une capacité de production actuelle de 700.000 tonnes par an en Chine et un projet de développement de 100.000 tonnes par an en Finlande.

En tant que futur partenaire commercial, Shanshan sera responsable de l’intégration de Falcon dans la chaîne d’approvisionnement complexe des batteries. Il collaborera étroitement avec Falcon pour qualifier son produit de graphite sphérique purifié et enrobé selon les spécifications des utilisateurs finaux.

« Nous sommes ravis d’accueillir Shanshan au sein de notre consortium. Suite à notre redomiciliation à Abu Dhabi l’année dernière, nous avons créé une plateforme unique, basée aux Émirats arabes unis, tout en restant ouverts à des partenariats avec des leaders du secteur tels que Shanshan », a commenté Matthieu Bos, PDG de Falcon.

Les modalités de cet accord de cinq ans, renouvelable et débutant au lancement de la production de l’usine de Tanger, stipulent notamment le versement d’une redevance sur le revenu brut à Shanshan pour la phase initiale, suivie d’une redevance réduite pour les phases ultérieures.

Outre cet accord avec Shanshan, axé sur la commercialisation des produits de son usine d’anodes à Tanger, Falcon a précédemment établi un partenariat stratégique avec Hensen. Cette collaboration porte sur une dimension technique, permettant à Falcon de bénéficier de son expertise en ingénierie, approvisionnement, qualification et construction d’usine de fabrication d’anodes.

Durant le deuxième trimestre de l’année 2025, Falcon et Hensen lanceront la construction d’une usine pilote qui aura une capacité de production quotidienne d’environ 100 kilogrammes de graphite purifié sphérique enrobé.

Sa mise en service durant le deuxième semestre de l’année 2025 permettra de partager ses produits avec les clients de Shanshan et de nouveaux prospects, servant ainsi deux objectifs majeurs : développer la clientèle de l’usine d’anodes de Tanger et qualifier les produits de Falcon auprès des utilisateurs finaux.

Une fois réussie la qualification du graphite sphérique purifié et enrobé issu de l’usine pilote, Shanshan s’engagera à aider Falcon à conclure un accord d’achat contraignant avec un acheteur international utilisant la marque Shanshan. En contrepartie de cette assistance, Shanshan et Falcon concluront un accord de commercialisation.

« L’intégration de Shanshan au cadre de partenariat de Falcon nous permettra de nous ancrer solidement dans la chaîne d’approvisionnement CSPG à ce moment crucial de notre histoire. La stratégie et la structure de Falcon sont véritablement uniques et ne peuvent être reproduites par personne à court ou moyen terme », a déclaré Matthieu Bos, PDG de Falcon.

Rappelons que le projet Falcon est une initiative de la société canadienne SRG Mining, placée sous la présidence de Benoît LaSalle, qui dirige également AYA Gold & Silver. Le projet bénéficie du soutien stratégique et financier de La Mancha Resources, détenue à 19,9% par Naguib Sawiris. Les prévisions financières du projet estiment sa rentabilité future à 1,1 milliard de dollars (avec un taux d’actualisation de 8%), ce qui montre sa viabilité économique. À pleine capacité, le projet vise une production annuelle de 26.000 tonnes de graphite sphérique purifié et enrobé, 18.000 tonnes de particules fines recyclables de l’usine de Tanger, et 42.000 tonnes de flocons grossiers extraits de Guinée.

Tanger : arrestation d’un Franco-Malien muni d’un faux passeport et recherché par Interpol

Le mis en cause (40 ans) a été appréhendé dans un quartier de Tanger en flagrant délit de possession et d’usage d’un faux passeport étranger contenant ses données d’identité, précise la même source.

Le pointage dans la base de données de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) a révélé que le suspect était recherché à l’échelle internationale en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires françaises. Il est soupçonné de liens avec une bande criminelle impliquée dans une tentative d’homicide, d’extorsion et de violence à l’aide d’armes à feu.

Le suspect a été placé en garde à vue dans le cadre de la procédure d’extradition, ajoute la même source, notant que les autorités judiciaires françaises ont été notifiées de son interpellation, dans l’attente de l’envoi du dossier d’extradition.

Cette interpellation s’inscrit dans le cadre des relations de coopération internationale dans les domaines sécuritaires, et des efforts des services sécuritaires marocains pour traquer les personnes recherchées au niveau international dans des affaires de crime transfrontalier, conclut-on.

Un nouveau parking en hauteur bientôt à Tanger

Un nouveau projet d’infrastructure verra bientôt le jour à Tanger avec la construction d’un parking en hauteur, intégrant une galerie commerciale. Ce projet d’envergure vise à renforcer les capacités de stationnement dans la ville, tout en proposant un espace commercial moderne et fonctionnel.

D’un budget estimé à 95 millions de DH, les travaux du parking s’étaleront sur une période de cinq mois. Ils couvriront divers corps d’état, notamment le gros œuvre, l’étanchéité, les revêtements, les menuiseries en bois, métal et aluminium, ainsi que les installations électriques et sanitaires.

Parmi les interventions prévues, on retrouve les travaux d’étaiement, la démolition partielle ou totale, l’assainissement, la mise en place de faux plafonds et revêtements, la peinture, ainsi que l’installation de systèmes de ventilation, de désenfumage et de protection incendie.

Perturbation du trafic maritime entre Tarifa et Tanger en raison du mauvais temps

Tous les départs programmés depuis Tarifa ont été annulés, à l’exception de celui de 20h, dont le maintien dépendra de l’évolution des conditions météorologiques, précise la même source.

De plus, les liaisons depuis Algésiras vers Tanger Med subissent des retards, bien qu’aucune annulation n’ait été signalée pour le moment, ont assuré les autorités portuaires d’Algésiras.

L’Agence météorologique nationale espagnole (Aemet) a émis une alerte jaune en vigueur jusqu’à midi pour le détroit de Gibraltar et plusieurs zones de la province de Cadix, où des précipitations allant jusqu’à 40 litres par mètre carré sont attendues dans certaines localités.

Le littoral du détroit reste également placé sous vigilance météorologique pour fortes vagues, avec des rafales de vent de sud-ouest atteignant 80 km/h et une houle pouvant atteindre quatre mètres, selon Aemet.

Le groupe hôtelier Ascott annonce plusieurs ouvertures au Maroc

Avec ses 61 appartements, Citadines Almaz Casablanca s’adresse à une clientèle variée, allant des voyageurs d’affaires aux touristes en quête de séjours prolongés, indique un communiqué du groupe hôtelier.

Situé à une trentaine de minutes de l’aéroport Mohammed V, cet appart’hôtel bénéficie d’un accès privilégié aux sites emblématiques de la capitale économique, de la mosquée Hassan II à l’ancienne médina, en passant par la corniche. Son offre comprend une salle de sport, un restaurant et des espaces de réunion, pour une expérience conjuguant travail, détente et vie urbaine, décrit la même source.

Dans la foulée de cette ouverture, Ascott annonce la signature du Citadines Bab Tangier, dont l’inauguration est prévue en 2027. Ce nouvel établissement de 130 appartements viendra compléter l’offre hôtelière de la ville. Implanté à proximité immédiate de l’aéroport international de Tanger, de la zone franche et de la zone industrielle, ce complexe ambitionne de séduire aussi bien les voyageurs d’affaires que les touristes.

Le groupe hôtelier prépare plusieurs ouvertures dans les années à venir ;

« Nous constatons une demande croissante pour les appart’hôtels et les établissements lifestyle, des segments où Ascott excelle grâce à son savoir-faire en matière d’hébergement flexible, adapté aux courts et longs séjours. L’ouverture du Citadines Almaz Casablanca et la signature du Citadines Bab Tangier sont des étapes clés de notre ambitieuse stratégie de croissance, visant à offrir des expériences uniques aux voyageurs dans cette région dynamique », déclare Vincent Miccolis, directeur général pour le Moyen-Orient, l’Afrique et la Turquie chez Ascott Limited, cité dans le communiqué.

Avec désormais six établissements et plus de 600 chambres en Afrique du Nord, soit une croissance de 30% par rapport à 2023, le portefeuille global d’Ascott atteint 40 établissements et plus de 5.800 unités en exploitation ou en développement au Moyen-Orient, en Afrique et en Turquie.