Alerte aux orques : l’Espagne déconseille aux plaisanciers de naviguer entre Cadix et Gibraltar

Le gouvernement espagnol lance une alerte à destination des plaisanciers : entre le golfe de Cadix et le détroit de Gibraltar, la navigation est désormais fortement déconseillée en raison d’une recrudescence d’interactions entre orques et embarcations. Le ministère des Transports espagnol appelle à la prudence et recommande d’éviter cette zone jusqu’à la fin de l’été.

Chaque année, entre avril et août, des portions de mer deviennent le théâtre de contacts fréquents, parfois violents, entre orques et embarcations, en particulier les voiliers. Des incidents ont déjà été recensés cette saison, dont l’attaque récente d’un voilier italien près de Tarifa, contraint à appeler les secours.

Dans un communiqué conjoint, le ministère des Transports, via sa Direction générale de la marine marchande, et le ministère de la Transition écologique appellent les marins à suivre des itinéraires côtiers, dans la mesure du possible, et à éviter strictement la zone identifiée comme à risque.

Cette zone est représentée sur cette carte, élaborée à partir de données de marquage satellite et d’observations recueillies au cours des cinq dernières années, indiquant une forte probabilité de présence d’orques durant les mois d’avril à août.

Alerte aux orques entre Cadix et le détroit de Gibraltar
Carte officielle de la zone à risque de présence d’orques, publiée par les autorités espagnoles.

Comportement à adopter en cas de rencontre avec des orques

Le communiqué énumère également une série de recommandations en cas d’interaction avec des orques, applicables à tous types de navires :

Ces recommandations s’inscrivent dans le cadre d’une campagne de prévention active menée jusqu’en août, visant à limiter les incidents et à protéger à la fois les humains et les orques, qui sont une espèce protégée.

Un phénomène qui s’intensifie

Depuis 2020, les interactions entre orques et voiliers se sont multipliées au large des côtes espagnoles et portugaises. Les scientifiques évoquent un changement de comportement de certains groupes d’orques, sans explication définitive à ce jour. Certains cétacés viseraient délibérément les safrans, causant des dégâts matériels importants.

En l’absence de solution durable à court terme, les autorités privilégient la prévention et la sensibilisation, misant sur une coopération étroite entre les navigateurs, les biologistes marins et les services de l’État.

Perturbation du trafic maritime entre Tarifa et Tanger en raison du mauvais temps

Tous les départs programmés depuis Tarifa ont été annulés, à l’exception de celui de 20h, dont le maintien dépendra de l’évolution des conditions météorologiques, précise la même source.

De plus, les liaisons depuis Algésiras vers Tanger Med subissent des retards, bien qu’aucune annulation n’ait été signalée pour le moment, ont assuré les autorités portuaires d’Algésiras.

L’Agence météorologique nationale espagnole (Aemet) a émis une alerte jaune en vigueur jusqu’à midi pour le détroit de Gibraltar et plusieurs zones de la province de Cadix, où des précipitations allant jusqu’à 40 litres par mètre carré sont attendues dans certaines localités.

Le littoral du détroit reste également placé sous vigilance météorologique pour fortes vagues, avec des rafales de vent de sud-ouest atteignant 80 km/h et une houle pouvant atteindre quatre mètres, selon Aemet.

Concession maritime Tarifa-Tanger : DFDS conteste l’annonce prématurée de Baleària

La compagnie de transport maritime entre le Maroc et l’Espagne FRS Iberia Maroc/DFDS « a appris qu’une des compagnies maritimes participantes s’est autoproclamée gagnante de cet appel d’offres, bien que la procédure d’attribution ne soit pas encore officiellement finalisée ».

« Nous considérons que cette attitude constitue un manque de respect tant envers l’autorité portuaire chargée de superviser le processus qu’envers les travailleurs potentiellement affectés, lesquels méritent que cet appel d’offres soit mené de manière transparente et conforme à la légalité », poursuit FRS Iberia Maroc/DFDS dans un communiqué.

Par ailleurs, la compagnie en question a présenté une offre que FRS Iberia Maroc/DFDS juge « manifestement téméraire, reposant sur des prévisions irréalistes et des estimations de trafic minimum fictives, clairement impossibles à atteindre ».

Certains éléments avancés par cette compagnie, « tels que le prétendu approvisionnement en électricité au Maroc pour opérer un navire à propulsion électrique, manquent de fondement technique et de coordination réaliste ». Aucune consultation n’a semble-t-il été effectuée auprès de l’Autorité portuaire de Tanger Ville, bien que sa participation soit cruciale pour garantir les infrastructures et l’approvisionnement énergétique nécessaires, poursuit FRS Iberia Maroc/DFDS.

Cette absence de coordination souligne « l’incohérence du projet, qui paraît davantage orienté vers l’obtention de points lors de l’évaluation technique que vers une mise en œuvre concrète ».

FRS Iberia Maroc/DFDS a rappelé qu’elle a obtenu la meilleure note technique, « étant la seule participante à avoir scrupuleusement respecté les termes du cahier des charges tout en présentant un plan de trafic minimum réaliste et viable ».

D’après le cahier des charges, poursuit la même source, notamment la « Règle 19 », le non-respect des trafics minimums convenus pendant deux années consécutives peut entraîner la « caducité de la concession », compromettant ainsi la stabilité opérationnelle du port.

« Les promesses de trafic minimum faites par cette compagnie semblent basées sur des prévisions fantaisistes, dont l’échec paraît prévisible dès le départ ». Cela repose sur la conviction que « si j’obtiens la concession, il sera impossible de me déloger« .

FRS Iberia Maroc/DFDS « exhorte donc l’autorité portuaire [l’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras, ndlr] à réévaluer la note technique attribuée aux propositions basées sur des projets irréalisables ou sans support technique suffisant, notamment ceux qui n’ont pas été explicitement validés par les autorités compétentes au Maroc ».

La compagnie demande également que l’attribution de la concession soit effectuée en conformité avec les exigences du cahier des charges, en ne retenant que les offres viables, tant sur le plan technique qu’opérationnel. En outre, elle insiste sur la nécessité d’un « processus transparent, impartial et conforme aux normes d’intégrité imposées par la réglementation européenne et nationale ».

FRS Iberia Maroc/DFDS se dit confiante que « les autorités compétentes prendront les mesures nécessaires pour attribuer ce marché à une compagnie maritime qui a rigoureusement respecté les conditions du cahier des charges ». La compagnie réaffirme sa volonté de collaborer avec les autorités pour garantir un « processus juste, transparent et défendable devant toute instance judiciaire ou administrative, tant au niveau national qu’européen », conclut-on.

Ce communiqué vient en réponse à un article publié par le journal espagnol La Vangardia, dans lequel il est annoncé que l’entreprise de transport maritime Baleària a remporté l’adjudication de l’exploitation de la ligne maritime intercontinentale entre Tarifa et Tanger Ville, à la suite de l’ouverture des offres économiques et de l’évaluation des propositions techniques vendredi dernier.

Selon l’article, Baleària a présenté au concours l’offre « la plus durable et innovante » avec un investissement de 135 millions d’euros dans la construction de deux ferries rapides électriques à zéro émission, d’une capacité de 800 passagers, ainsi que dans l’électrification des ports et le système de recharge des batteries. « La construction de ces deux catamarans électriques se fera aux chantiers navals Astilleros Armon de Gijón et durera deux ans et demi ».

La même source poursuit que l’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras (APBA) a annoncé vendredi 16 novembre les résultats numériques des offres techniques et d’exploitation du quai 3 du port de Tarifa. » Sur les trois volets du concours, Baleària a remporté les deux qui reposent sur des critères objectifs (le technique et l’économique), tandis que dans la partie basée sur des critères subjectifs (exploitation), la compagnie a obtenu un score légèrement inférieur à celui des deux autres entreprises en compétition. L’offre économique présentée est, en outre, la plus avantageuse pour l’APBA », conclut-on.

Ce que l’on sait des finances d’Africa Morocco Links, bientôt contrôlée par la CTM

La semaine dernière, le groupe CTM annonçait un projet de prise de contrôle de la société maritime Africa Morocco Link (AML). Mais que sait-on de cette société, de ses états financiers et de sa stratégie de développement ?

AML, société anonyme établie à Tanger, a été créée en 2016 pour assurer une liaison ferries entre le Maroc et l’Europe. Elle est le fruit d’un accord signé entre Bank of Africa qui la détient à 51% et l’armateur grec Attica Holdings S.A., filiale de Marfin Investment Group, le plus grand groupe d’investissement en Europe du Sud-Est. La compagnie de ferries opère sur la voie Tanger Med-Algésiras. Son capital social actuel de 460 MDH.

Une situation financière fluctuante

Médias24 a pu consulter les procès-verbaux des délibérations de plusieurs assemblées générales ou conseils de la société AML, ainsi que des informations complémentaires auprès du groupe grec Attica.

Il s’avère que le groupe était déficitaire en 2017 avec une perte de 160 MDH environ.

Par la suite, la compagnie a commencé à générer des bénéfices. Au global, en 2018, elle a généré un bénéfice de près de 11 MDH, puis d’environ 9 MDH en 2019. Puis, la société a essuyé deux années de perte du fait de la crise du Covid, avec un déficit global en 2020 de près de 27 millions de DH et une perte de 30 millions de DH en 2021.

Cette même année 2021, AML a réalisé une augmentation de capital de 140 MDH en numéraire, par émission de 1,4 million d’actions au prix de 100 dirhams l’action. Le capital social est ainsi passé de 320 MDH à 460 MDH.

La société a renoué avec les bénéfices en 2022 en dégageant un résultat de 45 millions de DH (4,2 millions d’euros à l’époque). Au cours du conseil d’administration tenu le 16 janvier 2023, le management a souligné cette bonne progression, malgré une activité sur 9 mois uniquement dans le transport de passagers et véhicules privés. Une performance poussée notamment par la hausse des prix des billets qui ont plus que compensé la hausse des prix du carburant.

Une stratégie d’expansion des routes est envisagée par ALM

Au cours du conseil du 16 janvier 2023, il est également souligné par le management que la société AML a quasiment atteint la pleine capacité avec les ressources actuelles et ne peut pas capter la croissance du marché (développement du fret). L’entreprise doit se positionner pour éviter l’entrée de capacités supplémentaires par des concurrents existants ou nouveaux. Pour le management, la croissance ne pourra se faire qu’avec de nouveaux investissements et autorisations des autorités marocaines.

AML dispose cependant de plusieurs opportunités de croissance, notamment avec l’acquisition et l’exploitation d’un troisième navire mixte [transport de passagers et marchandises, ndlr], au vu de la détérioration de la situation de la compagnie Intershipping qui œuvrait sur le secteur et qui est en proie à de grandes difficultés.

Le management souhaite également obtenir l’autorisation d’opérer sur Tanger-Ville-Tarifa. « En raison des limitations du port de Tarifa, cette route est exploitée par deux compagnies, et une concurrence saine est attendue », avait-on souligné au cours de cette réunion.

Le groupe cherche également a récupérer la licence Ro-Ro qui, dans le langage maritime, signifie un navire roulier spécialisé dans le chargement, déchargement et transport de marchandises. Une telle licence permettrait à AML de capter la croissance du fret et de pallier les difficultés d’Intershipping. Deux navires seulement font du Ro-Ro dans le détroit, et AML est en dehors de ce segment.

La prochaine étape sera la réunion d’une assemblée généréale extraordinaire de la CTM pour autoriser une levée obligataire de 300 MDH par les actionnaires. Si cette opération est validée, on attendra avec intérêt de connaître la valorisation d’ALM.

https://medias24.com/2024/04/08/le-grec-attica-signe-un-accord-avec-stena-line-pour-ceder-ses-49-daml/

La ligne maritime Tarifa-Tanger Ville rétablie

Ainsi, la ligne Tarifa-Tanger Ville a été rétablie.

Le port avait fermé le mardi 12 juillet en raison d’une tempête.