Palais Salam de Taroudant : série de sanctions contre les dirigeants dont karim Belghmi
La faillite du mythique Palais Salam de Taroudant, propriété de la famille Belghmi, est en train de rattraper ses dirigeants. Depuis le début de l’année, ces derniers sont la cible de multiples sanctions patrimoniales.
La dernière décision date de ce lundi 23 septembre. Rendue par le tribunal de commerce d’Agadir, elle étend la liquidation au patrimoine personnel de Abdelouahad Ammouri, dirigeant de la société immobilière exploitant l’établissement (Société immobilière d’exploitation de l’hôtel Salam de Taroudant).
Un autre dirigeant est également visé : Karim Belghmi, membre de la famille fondatrice. Son dossier a été mis en délibéré, et le jugement est attendu pour le 30 septembre.
Des dirigeant déchus
On n’en est pas aux premières mesures. En janvier 2025, le même tribunal avait déjà prononcé un jugement de comblement de passif à l’encontre de trois dirigeants : Karim Belghmi, Abdelouahad Ammouri et Kamal Belghmi. Ils avaient été condamnés solidairement à couvrir le déficit des actifs de la société, provisoirement fixé à 20,55 millions de dirhams.
Selon nos informations, Abdelouahad Ammouri a interjeté appel de cette décision. Son recours est en cours d’examen, avec une audience prévue fin octobre.
Au printemps, la justice commerciale a en outre prononcé des déchéances commerciales visant les trois dirigeants. En avril, Abdelouahad Ammouri et Kamal Belghmi ont été frappés d’une interdiction de gérer pour une durée de cinq ans. Deux mois plus tard, en juin, une mesure identique a été décidée contre Karim Belghmi. Ces sanctions, qui privent les intéressés de la qualité de commerçant, s’ajoutent aux mesures patrimoniales déjà prononcées.
Comme nous le signalent des praticiens à Agadir, cet exemple traduit une tendance croissante dans cette juridiction à imposer des sanctions aux dirigeants épinglés pour fautes de gestion.
Le phénomène s’est renforcé depuis la circulaire diffusée fin juin par le président du ministère public. Hicham Baloui y appelle les procureurs à davantage d’implication dans les dossiers d’entreprises en difficulté.
L’hôtel en attente d’un repreneur
À Taroudant, la société exploitante du Palais Salam est en liquidation depuis plusieurs années. Ses biens, dont l’hôtel, ont été mis en vente judiciaire pour environ 40 millions de dirhams. Pour l’heure, il n’a pas encore trouvé preneur.
Installé au cœur des remparts, dans une ancienne kasbah ayant servi de résidence au pacha, l’établissement transformé en hôtel dans les années 1940 est devenu une institution de la ville. Longtemps considéré comme un palace mythique, il incarne encore aujourd’hui une part de l’histoire touristique et architecturale de Taroudant.
Le palace est lié au groupe Salam Hôtels. Initiée par feu Mohamed Belghmi, figure pionnière de l’hôtellerie au Maroc, cette chaîne avait essaimé dans plusieurs villes marocaines, à l’instar du Riad Salam à Casablanca (Lido), El Médina Palace et Club Salam à Agadir, Tichka Salam à Ouarzazate, Tichka à Marrakech, Salam à Zagora et Palais Salam à Taroudant.
Cette trajectoire s’est heurtée à un lourd endettement et à un long contentieux avec le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), acteur historique du financement hôtelier. Dès la fin des années 1990, plusieurs unités de la chaîne avaient été placées sous sa possession pour défaut de règlement. Dans certains cas, des protocoles de redressement ou de conversion de dettes en capital avaient été envisagés, sans toujours aboutir.
Au cours des années 2000, des établissements liés à l’enseigne Salam, notamment à Casablanca, Agadir, Erfoud et Zagora, ont progressivement basculé vers d’autres structures, certaines étant reprises dans le périmètre de la CDG et de sa filiale Madaëf, à la suite d’opérations de cession ou de recapitalisation conclues avec le CIH.
Pour le Palais Salam de Taroudant, aucune source publique ne permet d’établir un transfert formel de propriété au profit du CIH ou de la CDG. L’hôtel est resté longtemps exploité par la société immobilière de Taroudant, avant d’être emporté par la liquidation.
Transport urbain par bus : Taroudant prépare la gestion déléguée du service
Taroudant cherche à faire l’expérience de la gestion déléguée du transport urbain par bus. La commune de cette ville du Souss vient de lancer un appel d’offres pour une étude de faisabilité dans ce sens et le marché est estimé à un coût de 400.000 dirhams, alors que l’ouverture des plis est prévue pour le 24 mars 2025.
La ville de Taroudant figure parmi les cités concernées par une stratégie lancée par le ministère de l’Intérieur, budgétisée à 10 milliards de dirhams d’ici 2029 pour aider au développement du transport urbain par bus.
L’action du ministère passera par l’accompagnement des institutions de coopération entre collectivités ou les groupements de collectivités territoriales qui superviseront ce chantier.
Gazelle d’or vs BOA : le dossier part en cassation
Condamnée dans une action en paiement au profit de Bank of Africa, la Gazelle d’Or a déposé un pourvoi en cassation. La banque a été notifiée de ce recours déposé en décembre 2024. Le dossier entame ses premiers pas à la plus haute juridiction du Royaume.
Ghita Bennis, gérante du palace situé à Taroudant, souhaite annuler une condamnation à plus de 27 MDH, une somme réclamée par BOA qui invoque un crédit impayé. La demanderesse conteste ce prêt et en demande la « nullité » ainsi que les garanties qui en découlent.
Ces demandes avaient été refusées en appel, confortant ainsi la créance de la banque. L’hôtel souhaite renverser la tendance en cassation, en faisant valoir la « responsabilité bancaire » de son adversaire.
La Gazelle d’Or compte s’appuyer sur une expertise judiciaire qui, tout en validant une créance de 21 MDH, pointe quelques irrégularités lors de l’octroi du crédit en 2016.
À l’époque, le palace était en situation d’arrêt total d’activité, la faute à un épineux litige entre actionnaires. L’expertise, dont nous détenons copie, estime que le prêt a été souscrit sans tenir compte de la situation de l’entreprise, ni de l’absence des états de synthèse de la société au titre des années 2015. Le rapport y voit une violation des règles prudentielles dictées dans plusieurs circulaires de Bank Al-Maghrib.
L’expert relève aussi des « violations du contrat » liées notamment à la libération des crédits par BOA sans recueillir, auprès de la Gazelle d’Or, des justificatifs des dépenses sur la base desquelles le prêt d’investissement a été octroyé.
L’expert avait également constaté l’octroi par la banque de « facilités de caisse » sans « études préalables de faisabilité », et ce, « en dehors des normes bancaires habituelles », lit-on dans le rapport.
Malgré cette expertise versée au procès, la Cour d’appel avait débouté Ghita Bennis de son action en responsabilité bancaire. Cette demande avait été déclarée irrecevable.
En attendant l’issue du dossier en cassation, Bank Of Africa a déjà diligenté des saisies sur l’hôtel, qui a été placé aux enchères judiciaires pour un montant de 47 MDH. Le pourvoi de la Gazelle d’or ne suspend pas cette mesure, l’arrêt d’appel étant exécutoire.
Explosion mortelle au chantier du barrage Mokhtar Soussi : Nizar Baraka diligente une enquête
« À la suite du tragique accident survenu le dimanche 26 janvier sur le chantier de construction du barrage Mokhtar Soussi dans la province de Taroudant, qui a entraîné la mort de cinq ouvriers à la suite de l’explosion d’une bonbonne de gaz », le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a dépêché une commission pour enquêter sur les circonstances et les causes de cet accident, précise le ministère dans un communiqué.
Parallèlement, M. Baraka a donné des instructions aux services compétents du ministère pour mener une inspection immédiate visant à évaluer les mesures de sécurité mises en œuvre sur tous les chantiers de construction de barrages en cours à travers le Royaume.
Le ministre, qui a exprimé « ses sincères condoléances aux familles des victimes”, a affirmé que « la sécurité sur les chantiers est une priorité absolue dans notre pays ». Il a relevé que la mission d’inspection lancée par le ministère vise à s’assurer de l’application stricte des lois et des normes relatives à la sécurité sur tous les nouveaux chantiers de barrages.
Le ministère rappelle que « la législation marocaine oblige les entreprises contractantes à garantir les conditions de sécurité des travailleurs et des autres personnes présentes sur les chantiers. Cela inclut l’élaboration de plans de prévention des risques professionnels et l’application rigoureuse des mesures de sécurité », conclut le communiqué.
Explosion sur le chantier du barrage Mokhtar Soussi à Taroudant, cinq morts
Les cinq victimes avaient été piégées à l’intérieur du tunnel suite à une explosion et à une fuite de gaz qui sont survenues le dimanche 26 janvier à 11 h du matin, a appris Médias24 sur place.
Après de nombreuses tentatives pour atteindre les victimes, qui ont duré de longues heures, mobilisant les autorités locales, des éléments de la Gendarmerie royale, de la Protection civile, des Forces auxiliaires, une équipe de sauvetage de la mine de Zgounder, ainsi que des bénévoles et des ouvriers, les corps de trois victimes piégées à l’intérieur du tunnel du chantier d’élévation du barrage Mokhtar Soussi ont été extraits aux alentours de 4 h du matin. Les corps des deux autres ont été extraits dans la matinée de ce lundi 27 janvier.
Les informations disponibles indiquent que l’équipe, composée de cinq personnes, s’était enfoncée sur une distance estimée à plusieurs centaines de mètres à l’intérieur du tunnel, munie de bonbonnes de gaz avant qu’une violente explosion ne soit entendue, rompant par la suite tout contact avec eux.
Selon nos sources, le chantier de l’élévation du barrage était envahi par la boue, rendant difficile le bon déroulement des travaux d’élévation du barrage.
Pour remédier à cette situation, les responsables du projet, piloté par l’entreprise Somagec, ont demandé aux cinq ouvriers, deux employés de Somagec et trois de l’Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa, de pénétrer dans le tunnel afin de tenter de débloquer la situation.
L’explosion au chantier du barrage Mokhtar Soussi a fait cinq morts.
Projet cuivre et or d’Azrar : Aterian annonce des résultats satisfaisants
La société minière britannique Aterian a publié, le 20 novembre 2024, les résultats de ses récentes campagnes d’exploration dans la région d’Azrar, à proximité de la mine de Tizert exploitée par Managem. Ce projet, qui s’étend sur 76,9 km² et est constitué de six permis miniers, offre de nouvelles perspectives pour la découverte de gisements de cuivre et d’or.
Ces résultats proviennent de travaux de terrain, comprenant une cartographie sur 8 kilomètres et une campagne d’échantillonnage en éclats/rainures ciblant plusieurs structures prometteuses. Ils ont confirmé et étendu les zones minéralisées en cuivre, révélant également des indices très encourageant d’argent et d’or au sein des cibles prioritaires du projet. Ces minéralisations se retrouvent sous différentes formes, notamment des veines de quartz, à des sédiments profonds ou contrôlées par des structures tectoniques telles que des charnières de pli ou des failles.
Dans la cible de Tifrit, on relève une moyenne de 0.82 g/t d’or et 0,63% de cuivre sur une surface d’échantillonnage de 9 m ciblant des veines de quartz.
Dans les sédiments hôtes de cuivre d’Ougri, un échantillonnage en éclats sur 800 m d’une cible de 1,4 km a révélé des teneurs en cuivre atteignant 2,92% et des teneurs moyennes de 16 g/t en argent.
Dans la cible d’Izarzar, les minéralisations, contrôlées par les failles, ont livré des teneurs allant jusqu’à 1,37 % de cuivre et 6 g/t d’argent sur une largeur atteignant 13,25 m.
Une veine de quartz dans la cible de Tifrit avec les principales teneurs des minéralisations aurifères et cuprifères rencontrées (source : Aterian)
S’agissant du cuivre, la société Aterian estime que les teneurs en cuivre explorées sont considérées comme économiques, compte tenu des prix actuels des métaux, et correspondent aux attentes pour faire avancer un projet à grande échelle qui exige une production et un forage plus ciblés. Selon Aterian, les minéralisations en argent et en or, présentes en sous-produits, seraient liées à un système de failles plus étendu, nécessitant des recherches approfondies.
Bien qu’il soit le plus récent, le projet d’Azrar, reposant en principe sur la prospection du cuivre, fait partie des quatre principaux projets sur lesquels se concentre actuellement cette compagnie. Les résultats obtenus renforcent la conviction d’Aterian que le projet Azrar offre plus de chance de trouver un partenaire, dans le cadre d’une éventuelle joint-venture, capable de faire avancer le projet Azrar à un coût minimal, d’autant que le projet est situé dans un endroit stratégique, près de la mine de cuivre de Tizert de Managem dont les ressources en cuivre sont estimées à 57 Mt à une teneur de 1.03%.
Après la finalisation des travaux cartographiques, la prochaine étape consistera à définir les cibles de forage au sein des structures les plus prometteuses. Ces cibles seront déterminées à l’issue de tranchées d’exploration et d’une campagne géophysique magnétique au sol. Par ailleurs, les similitudes mises en évidence avec les projets miniers voisins confortent le potentiel d’Azrar et justifient la mise en œuvre de ces travaux complémentaires.
Afin de concentrer ses ressources, Aterian a procédé à une rationalisation de son portefeuille minier. La société a donc renoncé à plusieurs permis de recherche, réduisant ainsi la superficie totale de son foncier minier de 897,7 km² à 663,6 km².
Cette décision stratégique permettra à Aterian de se focaliser notamment sur les projets les plus prometteurs. Parmi eux, le projet de Jebilet Est (entre Rehamna et Kelâat Sraghna), où des résultats d’analyses ont révélé des teneurs en cuivre exceptionnelles, pouvant atteindre 9,25% dans certaines veines de quartz.
Souss-Massa : mise en service de 32 établissements de santé
Ce lancement concerne 29 centres de santé dont les travaux de réhabilitation et de mise à niveau ont été achevés, ainsi que deux espaces de santé pour les jeunes et un centre de rééducation et de réhabilitation à Agadir, indique un communiqué du département du Chef de gouvernement.
Dotés par le gouvernement de ressources humaines qualifiées et d’équipements médicaux de haute qualité, ces centres de santé visent à renforcer l’offre de soins dans les provinces de la région pour répondre à la demande croissante des plus de 1,66 million d’habitants de la région, explique la même source.
Elle précise que les établissements concernés incluent 10 centres de santé urbains et ruraux de premier et deuxième niveaux et 4 dispensaires ruraux dans la préfecture d’Agadir Ida-Outanane, un centre de diagnostic de la tuberculose et des maladies respiratoires, deux centres de santé ruraux de deuxième niveau et deux dispensaires ruraux dans la province de Tiznit, ainsi que 8 centres de santé ruraux de premier niveau et deux dispensaires ruraux dans la province de Taroudant.
Concernant les deux espaces de santé pour les jeunes, situés dans les quartiers Talborjt et Taddart d’Agadir, ils visent à renforcer l’offre de soins destinée à la catégorie des jeunes entre 10 et 24 ans et à offrir des prestations médicales et infirmières, comprenant des consultations médicales générales et spécialisées en ophtalmologie, psychiatrie, chirurgie dentaire, dermatologie, entre autres.
Le Chef du gouvernement a enfin procédé au lancement d’un centre de rééducation et de réhabilitation, qui figure parmi les plus grands centres du pays dans cette spécialité. Il offre un environnement intégré et des équipements et dispositifs médicaux de pointe, qui permettent de répondre à la demande croissante en matière de rééducation et de réhabilitation fonctionnelle des sportifs et des personnes en situation de handicap, ce qui contribuera à améliorer la qualité de vie de ces catégories et renforcera le développement durable.
Lors de cette visite, M. Akhannouch a souligné que ces projets s’inscrivent dans le cadre du parachèvement de la politique gouvernementale relative à la mise à niveau de l’offre de soins dans toutes les régions du Royaume, conformément aux Hautes Directives Royales visant à opérer une réforme radicale dans le système national de la santé, en consécration des fondements de l’Etat social, conclut le communiqué.
(Avec MAP)
Agadir. Au pays du soleil éternel
C’est la destination de ceux pour qui la splendeur dorée de l’été ne se mue jamais en un automne mal éclairé augurant déjà le long froid hivernal. Ici, à Agadir, on est au pays de l’été éternel. Salah Benhammane, président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Souss-Massa, ne dira pas le contraire. « La région du Souss-Massa est une destination touristique par excellence grâce à la douceur de son climat et à ses 360 jours de soleil, avec des hivers doux et des étés chauds, ce qui fait d’elle une destination idéale pour les voyageurs à la recherche d’un temps clément pour explorer la région. »
La baie d’Imsouane figure dans le top 10 des spots mondiaux de longboard.
Slow life
Le soleil n’est pas le seul allié en puissance de la région. « Du littoral atlantique aux montagnes de l’Anti-Atlas, la région du Souss-Massa offre une diversité de paysages, où les visiteurs peuvent profiter de plages magnifiques, explorer des oasis verdoyantes et admirer les montagnes pittoresques, la variété et la beauté de ses paysages naturels et sa richesse patrimoniale. Cette région est imprégnée d’une riche histoire et d’une culture amazighe authentique », décortique notre interlocuteur.
À la beauté paysagère s’ajoutent « les traditions, les festivals colorés et l’artisanat local [qui] offrent aux visiteurs une expérience culturelle immersive. La gastronomie du Souss, réputée pour sa délicatesse, les plats locaux tels que le tajine du Souss et les plats à base de poissons frais, offrent pour leur part une expérience gastronomique savoureuse couplée à une hospitalité chaleureuse. Les visiteurs ont souvent l’occasion de rencontrer des familles locales, de partager un thé à la menthe et d’en apprendre davantage sur le mode de vie de la culture du Souss », détaille Salah Benhammane. Autrement dit, la région du Souss offre une expérience complète qui mêle culture, nature, histoire et hospitalité. Des atouts qui font d’Agadir et de ses alentours une destination attrayante pour ceux qui cherchent à explorer le Maroc, au-delà des destinations touristiques les plus connues.
La Kasbah Agadir-Oufella.
Du littoral atlantique aux montagnes de l’Anti-Atlas, le Souss est imprégné d’une riche histoire et d’une culture amazighe authentique
Le paradis des surfers
Autant dire que les potentialités touristiques de la région sont légion. D’abord, le microclimat. Il joue un rôle prépondérant dans l’attrait ininterrompu des visiteurs tout au long de l’année. La station balnéaire tire profit de multiples atouts, dont ses plages exceptionnelles qui s’étirent sur six kilomètres le long de la corniche d’Agadir. La région offre ainsi une multitude d’activités sportives aquatiques, attirant les amateurs de sports nautiques de tous bords.
La baie d’Agadir.
Il faut dire que « les plages de l’Atlantique sont propices à la pratique du surf, offrant des vagues idéales pour les riders de tous niveaux. Que l’on soit débutant ou surfeur chevronné, le littoral du Souss-Massa propose une expérience unique pour les passionnés de glisse. Les eaux claires et les conditions météorologiques favorables font de cette région un lieu privilégié pour s’adonner au surf et à d’autres sports nautiques », argue Salah Benhammane.
Anchor point à Taghazout-Agadir. Crédit photo Travelsurfmorocco
Crédit photo Talah Photographe
Les plages de l’Atlantique sont propices à la pratique du surf, offrant des vagues idéales pour les riders de tous niveaux
La renommée d’Agadir en tant que paradis mondial du surf s’explique − s’il fallait encore le rappeler − par la présence, sur ses côtes atlantiques, de quelques-uns des meilleurs spots de surf au monde. Selon Salah Benhammane, les spots les plus prisés par les riders sont AnchorPoint, la Source, BananaBeach, Taghazout, Tamri et Panoramas.
En plus du surf, « il y a aussi le sandboarding qu’on ne doit pas oublier − le surf sur sable − et qui fait aujourd’hui l’objet d’une forte demande. La région offre également des possibilités de randonnées en montagne, de trekking dans les oasis et d’autres sports aquatiques. La diversité des activités attire un large éventail de touristes en quête d’aventures », ajoute le président du CRT de cette région.
La région offre une palette d’opportunités pour le tourisme d’aventure, avec ses montagnes majestueuses et ses oasis pittoresques
Creuset culturel
Au-delà de ses attraits balnéaires, Agadir séduit également par son riche patrimoine historique, à l’instar de la Kasbah d’Agadir-Oufella. S’y ajoute sa diversité culturelle, mettant en lumière une gastronomie amazighe ancestrale.
« La région offre une palette d’opportunités pour le tourisme d’aventure, avec ses montagnes majestueuses, ses oasis pittoresques et des activités imprégnées de la culture amazighe, caractéristique de l’arrière-pays des provinces étendues de Taroudant à Tata, en passant par Tiznit, Inzegan et Chtouka Aït-Baha. Agadir se révèle ainsi comme une destination incontournable, offrant une expérience touristique complète et diversifiée tout au long de l’année », confirme Salah Benhammane.
La mosquée de Tiznit.
Dans l’arrière-pays, la région du Souss présente, au-delà de la ville d’Agadir, d’autres pépites touristiques. Il s’agit notamment de la ville de Tiznit qui charme ses visiteurs avec son histoire, sa culture et son artisanat : ses savoir-faire dans les filières du tapis et du bijou en argent sont un argument de taille. Le président du Conseil régional du tourisme confirme que « la ville de Tiznit est une perle touristique de la région du Souss. Elle est célèbre pour le savoir-faire de ses artisans orfèvres et joailliers. La médina de Tiznit est un site que nous recommandons à visiter aux Marocains et aux touristes [étrangers] ».
Une musicienne chanteuse de Tiznit. Photo d’archives Besancenot
La médina de Tiznit est un site que nous recommandons à visiter aux Marocains et aux touristes étrangers
Au-delà des sentiers battus
Aux côtés de Tiznit, la ville de Tata vaut elle aussi le détour, en raison de son emplacement dans la partie désertique et montagneuse de la région, offrant ainsi une richesse touristique particulière, axée sur la découverte des paysages naturels, de la culture locale et des traditions.
N’oublions pas Taroudant, située à quelques kilomètres du centre d’Agadir, une ville célèbre aussi par son atmosphère authentique, son artisanat traditionnel et ses sites historiques bien préservés. « La région d’Agadir Souss-Massa est riche par son arrière-pays et ses provinces qui lui permettent d’offrir une palette variée d’expériences aux visiteurs », résume notre interlocuteur.
En combinant ainsi tous ces éléments, le Souss propose à ses visiteurs locaux et internationaux une expérience complète qui mêle culture, nature, histoire, hospitalité et des activités sportives aquatiques.
Des flamants dans l’Oued Souss au Parc national de Souss-Massa.
Flamant rose
L’Ibis chauve, fierté du Parc national de Souss-Massa.
Des Ibis chauves dans le Parc national de Souss-Massa.
Des addax dans le Parc national de Souss-Massa.
Des gazelles dorcas dans le Parc national de Souss-Massa.
Des autruches dans le Parc national de Souss-Massa.
La région s’apprête d’ailleurs à lancer un grand projet d’attraction et de camping, dont l’inauguration est prévue pour juillet 2024
Terre de camping
Les spécificités paysagères et culturelles du Souss créent au cœur de la région un cadre idéal pour les amoureux du camping. La région s’apprête d’ailleurs à lancer un grand projet d’attraction et de camping, dont l’inauguration est prévue en juillet 2024. « Ce projet ambitieux promet d’enrichir l’expérience des visiteurs et de contribuer significativement au développement touristique de la région », assure Salah Benhammane. Car pour de nombreux touristes étrangers, le camping est très apprécié dans le Souss. La popularité du camping dans cette région peut être attribuée, selon le président du CRT d’Agadir, « à ses plages pittoresques, ses paysages variés, son climat agréable, la sécurité de la région et l’hospitalité de ses locaux ».
Cette région dispose déjà de dix stations de camping : trois stations entre Taghazout et Imi Ouaddar avec une capacité de 2.492 lits, six stations dans la province de Tata avec une capacité de 144 lits et une station dans la province de Chtouka Aït-Baha.
L’ancrage historique et culturel de la capitale du Souss ne l’a pas empêchée de lancer, ces dernières années, plusieurs chantiers d’infrastructures. De grands projets sont en construction pour le « Nouveau Agadir ». Il s’agit, par exemple, du « Plan d’aménagement du nouveau pôle urbain d’Agadir, qui s’étend sur 1.176 hectares et a été homologué. Ce nouveau pôle comprend trois composantes : santé-formation, sport et une zone d’urbanisation différée. De plus, le programme de développement urbain d’Agadir 2020-2024 a déjà achevé plusieurs projets, dont l’aménagement de la voirie, la mise à niveau de l’éclairage public de l’avenue Mohammed V et la réhabilitation de deux salles couvertes », liste Salah Benhammane.
Le téléphérique d’Agadir.
Tous ces projets et d’autres encore auront indéniablement un impact sur l’avenir touristique de cette destination, à même de consolider son rang sur l’échiquier touristique du Royaume.
Pour soutenir cette position privilégiée et faciliter l’arrivée des visiteurs, Agadir est reliée à d’autres villes du pays et à l’international par plusieurs compagnies aériennes. « Par exemple − et en exclusivité −, la compagnie Ryanair a lancé trois nouvelles lignes de départ d’Agadir pour Tanger, Oujda et Fès afin de compléter l’offre d’Air Arabia et de Royal Air Maroc. De plus, six compagnies aériennes proposent des vols directs de Paris pour Agadir. Plusieurs villes ont été reliées à Agadir en 2023, notamment par des compagnies telles que Ryanair, EasyJet et Condon. Ces connexions ont été établies grâce aux efforts déployés par l’Office national marocain du tourisme (ONMT), qui continue inlassablement à œuvrer pour renforcer les liaisons d’Agadir avec l’Europe », conclut le président du CRT de Souss-Massa.
Distribution de 25.000 têtes d’ovins et caprins dans les zones sinistrées à Taroudant
« Au niveau de la commune territoriale Talgjount, le ministre a pris connaissance de l’état d’avancement du programme de reconstitution du capital de production agricole et relance des filières animales. Ce programme comprend la reconstitution du cheptel à travers la distribution d’animaux d’élevage aux sinistrés et la distribution de l’orge gratuite », lit-on dans un communiqué du ministère de l’Agriculture.
A cette occasion, le ministre a lancé l’opération de distribution d’animaux d’élevage (ovins et caprins) au profit des éleveurs sinistrés de la province de Taroudant. Cette opération comprend la distribution de 25.000 têtes d’ovins et caprins au profit de 2.500 éleveurs relevant des zones sinistrées.
Réhabilitation de plus de 50 km de pistes agricoles
Au niveau de la commune territoriale de Talgjount, le ministre a également pris connaissance de l’état d’avancement du programme de l’infrastructure agricole qui vise à désenclaver les exploitations et les parcelles agricoles à travers la réhabilitation et la construction de pistes. Cet axe consiste à réhabiliter plus de 50 km de pistes agricoles pour un montant d’environ 53 MDH.
A cette occasion, le ministre a donné le coup d’envoi des travaux de construction de la liaison routière reliant le douar Tawgnism et le douar Tozomatane sur une longueur de 2,4 km. D’un coût de plus de 3 MDH, ce projet devrait permettre le désenclavement des bénéficiaires de cinq douars. Le ministre a également visité le chantier des travaux d’aménagement et de réhabilitation de la liaison routière reliant le douar Trinitrine au douar Addaya sur une longueur de 8 km. D’un coût de 3,2 MDH, le projet permettra de désenclaver plusieurs douars sinistrés.
Au niveau de la commune territoriale de Sidi Ouaaziz, le ministre a visité le chantier des travaux d’aménagement et de réhabilitation de la liaison routière reliant le douar Starte au douar Tagadirte N’idlane sur une longueur de 2,3 km. D’un coût de 1,2 MDH, le projet permettra à son tour de désenclaver plusieurs douars sinistrés.
Réhabilitation des périmètres de la petite et moyenne hydraulique
Au niveau de la commune territoriale Talgjount, le ministre a pris connaissance de l’état d’avancement de l’axe relatif à l’infrastructure agricole. Ce dernier vise à garantir l’accès et à désenclaver les exploitations et les parcelles à travers la mise en place des ouvrages antiérosifs pour lutter contre l’érosion, l’éboulement et les phénomènes de glissement ainsi que la réhabilitation des périmètres de la petite et moyenne hydraulique et la réhabilitation des seguias.
Le programme prévoit la réhabilitation de plus de 25 périmètres de la petite et moyenne hydraulique (PMH) et la réhabilitation de séguias sur un linéaire de 13,2 km pour un investissement global de 14 MDH. Le ministre a également visité les chantiers de travaux d’aménagement et de réhabilitation des dégâts enregistrés au niveau du périmètre de la petite et moyenne hydraulique de Talgjount, et qui portent sur un réseau d’irrigation de séguias sur un linéaire de 1.500 Ml.
Lancement de la première reconstruction à Tizi N’Test après le séisme d’Al Haouz
La cérémonie de lancement a eu lieu vendredi en présence des autorités publiques. Ces efforts visent à assurer que les habitants bénéficient d’une assistance technique et architecturale de qualité, respectant le patrimoine culturel et les caractéristiques architecturales uniques de la région, apprend-on de source autorisée.
Reportage. À Tighitcht, les femmes sont les locomotives de la vie post-séisme
En ce mercredi 13 septembre, malgré notre gêne apparente, les femmes du douar Tighitcht, dans la commune de Ouneine, insistent pour nous offrir un verre de thé à l’ombre d’un bâti dont les fondations et les murs ont été fragilisés par le séisme de magnitude 7 qui a frappé la région cinq jours auparavant.
Dans cette vallée cernée par les arbres fruitiers, les dégâts sont avant tout matériels. Le paysage s’est métamorphosé. En témoigne l’assif (cours d’eau) en contrebas du douar. Avant le séisme, c’était un sentier pédestre où l’on pratiquait des randonnées. Désormais, il est alimenté par de l’eau de roche, s’écoulant de failles créées par le violent mouvement terrestre.
Les femmes, elles, n’ont pas changé. Véritables locomotives familiales, elles sont garantes d’une certaine continuité de la vie, qu’il vente ou qu’il neige, et même quand la terre tremble.
« Elles sont résilientes et acceptent leur sort. C’est une société dépourvue de personnes qui se plaignent à longueur de journée », assure Mohamed Mahdi, anthropologue et spécialiste du monde rural. Il ne croit pas si bien dire. Dans ces zones montagneuses, le rôle de la femme est central. Elle se réveille la première et ferme l’œil après tout le monde.
La femme rurale, une figure de proue
Au détour d’un sentier, une femme fait la lessive à mains nues. Seule la maison en pisé fissurée sur sa gauche trahit le séisme. « En plus des activités qui incombent à toutes les femmes, dont l’éducation des enfants, elles participent à l’ensemble des activités agricoles, surtout depuis que les hommes quittent le village pour travailler en ville en vue de gagner des revenus complémentaires », explique Mohamed Mahdi.
Il y a encore des zones où « elles récoltent également du bois et approvisionnent la maison en eau. Elles sont spécialistes de l’élevage en étant chargées d’entretenir le bétail, traire les vaches et préparer du beurre », poursuit-il.
L’économie du village, perché à 10 kilomètre de l’épicentre du séisme, est en effet « dépendante de l’agriculture, de l’élevage et de l’émigration qui permet aux familles d’avoir des revenus complémentaires », complète Mohamed Tamime, enseignant d’urbanisme à Rabat et natif de ce douar où il vient de vivre la peur de sa vie.
Autrement dit, les femmes sont la clé de voûte des familles rurales, qui plus est dans ces régions en haute altitude. Une force de caractère décisive après une telle catastrophe naturelle. Et si des dissensions peuvent parfois exister entre les hommes ou les femmes du village, elles sont mises de côté au nom d’une solidarité sans faille, facilitée par les différents liens de parenté dans cette communauté.
« Les femmes se mettent ensemble. Partagent leurs soucis en commun. Elles souffrent, elles se consolent et arrivent à surmonter le choc », précise Mohamed Mahdi. « Le fait d’être réuni est une thérapie au même titre que de vaquer aux tâches quotidiennes », assure Mohamed Tamim.
« Nous ressentons un sentiment de sécurité quand nous sommes réunis. On se dit que même si on meurt, au moins on mourra ensemble et on ne laissera personne derrière nous”, avoue l’une d’entre elles avec une émotion non dissimulée.
Une peur surmontée par un quotidien chargé
Pour l’heure, les femmes du village s’activent afin de contenir la peur qui leur noue l’estomac. Elles se sont d’abord organisées pour installer une cuisine collective en plein air. De petites butanes de gaz sont protégées du vent par un cadre en bois. Et les ustensiles sont entreposés sur une table en plastique.
Les repas se prennent en petits groupes, « car chaque famille à son rythme de vie, selon ses occupations. Certaines femmes ont du bétail ou des champs à entretenir. Sans oublier les enfants », nous explique une mère encore sous le choc. « Mais le soir », reprend-elle, « tout le monde se réunit sur un terrain en hauteur, où nous nous couvrons avec des couvertures ou parfois du plastique car il fait très froid ».
« Les femmes ont peur d’entrer dans leur maison, mais certaines prennent le risque de s’y aventurer pour récupérer les ustensiles dont elles ont besoin pour faire la cuisine. D’autres envoient leurs maris », nous explique Mohamed Tamime qui ne quitte pas son casque de vélo, par peur des effondrements.
Et pour cause, « la terre tremble encore de temps en temps. Et nous remarquons qu’à chaque nouvelle secousse, les fissures s’agrandissent. Les maisons sont vraiment inhabitables », déplore une femme du village.
« Nous sursautons à chaque fois qu’on entend une voiture ou une moto passer. D’ailleurs, plusieurs femmes refusent de descendre et de s’aventurer ne serait-ce que sur le palier des habitations », poursuit-elle. Une situation qui n’est pas tenable sur la durée et qui fait craindre un exode massif.
« L’exode rural ne risque pas de s’accentuer à cause de cette catastrophe naturelle », estime Mohamed Tamime. « Je n’appellerai pas ça de la migration mais plutôt une circulation. » Et d’ajouter : « Il est nécessaire de quitter un jour le village puis d’y revenir. C’est un schéma qui se perpétue. Si les villageois migrent en ville, c’est pour améliorer leur niveau de vie. Et ils reviennent tôt ou tard car ils ont des attaches familiales et un ancrage solide. »
Et ce n’est pas un séisme, aussi puissant soit-il, qui modifiera la nature profonde d’une société où les femmes donnent le la et impulsent la marche à suivre.
Images. Un hôpital de campagne des FAR à Tafingoult
Mobilisant des équipes médicales constituées de médecins, d’infirmiers et d’assistants sociaux des FAR, cet hôpital multidisciplinaire, qui vient s’ajouter à celui installé dans la commune d’Issni (province d’Al Haouz), offre des prestations médicales et chirurgicales au profit des populations sinistrées.
Opérationnel depuis dimanche 10 septembre, l’hôpital de Tafingoult dispose de plusieurs spécialités médicales et chirurgicales, outre une unité de soins psychiatriques dédiée à l’accompagnement moral des victimes de ce tremblement de terre et de leurs familles.