À Tata, 19 projets de protection contre les inondations pour un coût de 250 MDH
Ces projets sont le fruit de nombreux accords signés par plusieurs partenaires, dont le ministère de l’Intérieur (Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles), le ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, le Conseil de la région de Souss Massa et l’Agence du bassin du Drâa Oued Noun, outre les collectivités territoriales concernées.
Il s’agit de 19 projets, dont une part réalisée, une autre en cours de réalisation et une troisième part programmée.
Ainsi, les travaux pour la réalisation de projets d’une valeur de 4 MDH ont été achevés dans la collectivité territoriale de Tata, ainsi que la commune Akka, qui a connu l’exécution de la première tranche du projet de protection du centre d’Agadir Ouzrou pour un coût de 7,85 MDH.
Concernant la commune Foum Zguid, un projet de protection de la commune et des douars avoisinants contre les inondations a été réalisé pour un coût de 18,3 MDH, tandis que la commune territoriale de Fam El Hisn a connu la réalisation de la première tranche d’un projet similaire pour un coût de 3,7 MDH, alors qu’un troisième projet a été achevé dans le centre de la commune territoriale Akka Ighane et les douars avoisinants pour un coût de 14 MDH.
La commune territoriale Allougoum a connu aussi le lancement des travaux de réalisation d’un projet de protection contre les inondations pour un coût global de 16 MDH, tandis que le lancement d’autres projets est prévu dans les communes de Ben Yaacoub, Tissint, Foum El Hisn, Aguinane, Adis, Ait Ouabelli, Tigzmert, Tata et Tizaghte.
Dans une déclaration à la MAP, le directeur de l’Agence du bassin hydraulique de Drâa-Oued Noun, Youssef Benhamou, a souligné que sept nouveaux projets sont programmés au titre de 2025 afin de protéger des communes territoriales de la province, pour un coût global de 74 MDH.
(Avec MAP)
Une délégation marocaine en visite au site de Tata Advanced Systems en Inde
« Nous avons eu l’honneur d’accueillir l’ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc et l’attaché militaire du Maroc en Inde dans les installations de Tata Advanced Systems à Pune ! », a indiqué Tata dans un post sur la plateforme X (ex-Twitter).
We were honoured to host the Ambassador of His Majesty the King of Morocco and the Defence Attaché of Morocco to India at the Tata Advanced Systems’ facility in Pune! pic.twitter.com/IilVuByvbf
— Tata Advanced Systems Limited (@tataadvanced) December 2, 2024
Cette visite a permis aux deux diplomates marocains de découvrir les installations et les capacités technologiques de cette entreprise indienne spécialisée dans les secteurs de la défense et de l’aéronautique.
En septembre dernier, l’Administration de la Défense nationale marocaine et la société Tata Advanced Systems Limited (TASL), filiale du conglomérat international Tata Group, avaient conclu un partenariat stratégique visant la production au Maroc du véhicule de combat terrestre WhAP 8×8, au sein de l’usine baptisée Tata Advanced Systems Maroc (TASM).
Projet de cuivre de Tata : Aterian annonce des ressources additionnelles en cuivre
La société minière britannique Aterian a publié, le 2 décembre 2024, les résultats de sa récente campagne d’exploration dans la région de Tata, aux environs de la mine de Tizert exploitée par Managem. Ce projet, qui s’étend sur 138,6 km² et est constitué de dix permis miniers, représente pour l’entreprise une excellente opportunité pour le développement de ressources en cuivre.
Les cuivres prospectés sont principalement localisés dans les roches sédimentaires au contact du socle. De nouvelles analyses, basées sur une cartographie détaillée d’un linéaire de 20 km, ont révélé des teneurs en cuivre pouvant atteindre 1,5%. Les échantillons ont également mis en évidence des concentrations maximales en argent (jusqu’à 9,73 g/t), en or (0,12 g/t) et en cobalt (0,19%).
Statistiquement, près de 37% des échantillons analysés contiennent plus de 0,2% de cuivre et 14% dépassent 0,5%. Ces résultats s’ajoutent aux teneurs précédemment rapportées où jusqu’à 7,02% Cu ont été identifiés dans ce projet.
Dans la formation basale d’Adoudou, les analyses géochimiques ont mis en évidence des découvertes supplémentaires de cuivre sur des épaisseurs importantes entre 8.5 et 6 mètres de roches carbonatées au sud et au nord du projet. Les analyses géochimiques effectuées sur un de ces niveaux ont révélé des teneurs en cuivre élevées, avec des valeurs maximales de 1,50 % observées sur une série de 8 mètres de carbonates.
localisation des principaux cibles cuprifères identifiés par Aterian.
Dans les sédiments plus récents, cette campagne a également permis d’identifier dans la partie sud du projet une zone cible de dimension 4,5 km sur 0,8 km. Les analyses géochimiques ont révélé des teneurs en cuivre comprises entre 0,1% et 0,94% dans des couches de dolomite et de marne atteignant 1,7 mètre d’épaisseur. En se basant sur les travaux de terrain, une interprétation structurale par télédétection a permis de définir 15 zones cibles supplémentaires dans les zones de charnière de plis où un épaississement structural des horizons minéralisés a pu probablement se produire.
Tout comme à Azrar, les teneurs en cuivre identifiées sont considérées par l’entreprise comme économiquement viables et parfaitement cohérentes avec le développement d’un projet à grande échelle. Ces résultats, ainsi que les similitudes avec les projets miniers voisins, renforcent le potentiel d’Azrar et Tata et justifient pour la compagnie la mise en œuvre de travaux d’exploration complémentaires.
Après la finalisation des travaux cartographiques, la prochaine étape consistera à définir les cibles de forage au sein des structures les plus prometteuses. Ces cibles seront déterminées à l’issue de tranchées d’exploration et d’une campagne géophysique magnétique au sol.
« La prochaine phase d’exploration à Tata se concentrera sur une cartographie supplémentaire des traverses, un échantillonnage de roches le long de la direction des horizons minéralisés et un échantillonnage de roches sur des cibles encore à explorer. Des levés géophysiques au sol seront mis en œuvre pour aider à la planification des forages en fonction des résultats de la cartographie de surface et de l’échantillonnage et soutenus par la réinterprétation des données géophysiques aéroportées. Nous procéderons de manière disciplinée, mais compte tenu de l’ampleur du projet, nous prévoyons que ce projet nécessitera plus de temps », a déclaré Charles Bray, président d’Aterian.
Rappelons que la mine de Tizert, située à 50 km au nord de ce projet et actuellement en développement par le groupe Managem, abrite des ressources en cuivre estimées à 57 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 1,03 %.
Modernisation logistique : les FAR misent sur les camions Tata
Selon le site spécialisé en actualités militaires IDRW, les Forces Armées Royales (FAR) prévoient d’acquérir de nouveaux exemplaires de camions multi-essieux Tata (LPTA 2245 6 × 6) afin de moderniser davantage leur flotte logistique militaire. Les FAR avaient reçu un lot de 92 camions de ce type au début de l’année 2023.
« Le Maroc est un partenaire solide du groupe Tata », affirme l’expert militaire Abdelhamid Harifi, contacté par Médias24. Un constat qui se vérifie sur le terrain où les camions Tata sont déployés par les FAR dans divers secteurs, sous des conditions climatiques et géographiques souvent exigeantes. Selon notre interlocuteur, « Les FAR ont reçu plus de 500 camions de ce type, et leur robustesse a été clairement démontrée lors des opérations de secours consécutives au tragique tremblement de terre d’Al Haouz« .
La logistique est le centre névralgique d’une armée aussi opérationnelle que les FAR
Ces camions, conçus pour répondre aux conditions climatiques similaires à celles du Maroc, sont équipés d’une motorisation occidentale puissante et fiable. « La capacité de ces véhicules à répondre aux besoins sur le terrain s’est révélée essentielle », explique M. Harifi, en rappelant l’importance cruciale de la logistique dans les opérations militaires. « La logistique est le centre névralgique d’une armée aussi opérationnelle que les FAR », souligne-t-il.
En conséquence à ces résultats satisfaisants, les FAR ont choisi de donner une nouvelle dimension à leur collaboration avec Tata, « ce qui a abouti à la signature d’un partenariat industriel pour la production de véhicules blindés 8×8″, rappelle Abdelhamid Harifi, et cette dynamique se poursuit avec cette nouvelle commande de camions 6×6.
La qualité du soutien logistique des FAR lors des récentes opérations de secours, notamment au lendemain du séisme d’Al Haouz, illustre parfaitement la pertinence de ce choix. « La performance logistique des unités des FAR est un élément déterminant qui reflète la valeur de notre collaboration avec Tata », conclut l’expert militaire.
Inondations dans la province de Tata : les habitants se souviennent et témoignent
Le 20 septembre 2024, de violentes crues ont frappé la commune de Tighmert, causant des destructions massives et un lourd bilan humain. Ces inondations, provoquées par des pluies torrentielles, ont tout emporté sur leur passage, transformant des cours d’eau en de véritables fleuves en furie. Le bilan est tragique : 20 personnes ont perdu la vie et plusieurs habitations ont été détruites.
Usain, créateur de contenu dont le compte sur X (ex-twitter) compte plus de 140.000 followers, a exprimé son désarroi en arrivant sur les lieux de la catastrophe. Il a interrogé les résidents sur leur connaissance des risques liés aux crues. « Ils m’ont dit que les crues étaient fréquentes ici, mais jamais ils n’auraient imaginé qu’elles atteindraient une telle ampleur », a-t-il rapporté en ligne, visiblement ému.
« Cela fait 27 ans que je vis ici, et je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi dévastateur. L’eau a tout emporté, même notre mobilier », a confié un habitant.
La puissance des eaux a également touché la route nationale menant à Tata, où les flots ont submergé la chaussée, causant le renversement tragique d’un autocar. Cet accident a fait plus de 20 victimes, ajoutant à l’ampleur de la catastrophe.
Usain s’est ensuite rendu dans le village voisin d’Aoukerda qui a également subi les conséquences des crues du 7 septembre. Là encore, les conséquences ont été dramatiques : 12 personnes ont trouvé la mort et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.
Dans ce village, les inondations ont ravagé les routes, détruit des maisons et des infrastructures essentielles, notamment une école. Un habitant a précisé que ce n’était pas la première fois que le village faisait face à de tels événements. « En 2014, nous avions déjà connu des inondations, mais cette fois-ci, l’ampleur des dégâts est sans précédent ».
Ces catastrophes ont bouleversé la vie des habitants de cette région, soulignant la vulnérabilité des zones rurales face aux événements climatiques extrêmes.
Inondations du sud-est du Maroc : des aides financières de 80.000 à 140.000 DH pour réhabiliter les habitations affectées
Cette réunion a été consacrée à l’examen des axes majeurs de ce programme, des projets qu’il prévoit, des mécanismes et moyens de les mettre en œuvre de manière rapide et efficace, ainsi qu’à la programmation des crédits nécessaires, arrêtés à 2,5 milliards de DH, enveloppe qui sera déposée auprès du Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles, indique un communiqué du Département du chef de gouvernement.
En application des instructions du Roi Mohammed VI, et dans le volet de la réhabilitation des habitations sinistrées, le gouvernement accordera des aides financières directes pour la réhabilitation de 1.121 habitations, dont 269 habitations ont été détruites totalement et 852 partiellement, souligne la même source.
Le montant de ces aides sera de 80.000 DH pour le financement des travaux de réhabilitation des habitations effondrées partiellement, et 140.000 DH pour les habitations effondrées totalement.
Le programme de réhabilitation des zones sinistrées par les inondations dans le sud-est du Royaume comprend également des volets relatifs à la réhabilitation de l’infrastructure routière, des réseaux de télécommunications, de distribution d’électricité et d’eau potable et des réseaux d’assainissement.
Le programme prévoit, par ailleurs, un soutien aux activités agricoles, notamment à travers la réfection des ouvrages de petite et moyenne hydraulique et le soutien aux éleveurs afin de permettre une reconstitution du cheptel dans les régions sinistrées, ainsi que la reconstruction et la réhabilitation des édifices publics sinistrés, relève-t-on.
Ont pris part à cette réunion, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, la ministre de l’Economie et des finances, Nadia Fettah, le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, et le ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.
L’industrie de défense marocaine entame une nouvelle ère avec la production du WhAP 8×8
Le projet d’usine, livrable dans un délai de 36 mois, débutera avec un taux d’intégration locale de 35%, qui devrait atteindre 50% à mesure que le programme progressera. Il devrait créer environ 90 emplois directs et 250 emplois indirects et aura une capacité de production de 100 véhicules par an.
L’unité produira la WhAP « Wheeled Armored Amphibious Platform« , connue également sous le nom de Kestrel, un véhicule de combat d’infanterie amphibie capable d’évoluer sur tous types de terrains.
Conçu pour une survivabilité optimisée, des performances tout-terrain et une puissance de feu accrue, le WhAP a été développé en collaboration avec l’Organisation de recherche et développement pour la défense (DRDO). Il est doté d’un groupe motopropulseur intégré avec transmission automatique, capacités de flottaison et de propulsion, le rendant particulièrement adapté aux missions amphibies et aux terrains difficiles.
« Ces véhicules sont déjà en service au sein de l’armée indienne en nombre limité et ont été déployés à la frontière du Ladakh, une zone d’importance stratégique pour TASL », a déclaré Sukaran Singh, directeur général de TASL (Tata Advanced Systems Ltd), cité dans un article du site indien The Hindu Business Line.
Un remplacement stratégique des anciens blindés
Selon l’expert militaire Abdelhamid Harifi, contacté par Médias24, le choix de ce véhicule vise plusieurs objectifs. « Le WhAP 8×8 est un véhicule blindé capable d’opérer dans tout type de terrain et sera appelé à servir au sein de plusieurs corps de l’armée et des instances sécuritaires. On parle d’une commande marocaine de 150 véhicules qui aura pour objectif de préparer la sortie de service des VAB VCI équipant les brigades mécanisées, de remplacer les RATEL 60 et 90mm, et de renforcer les unités blindées composées d’Abrams ».
Le WhAP 8×8 se distingue par sa modularité. « Cela nécessite que le concept du 8×8 choisi soit modulable pour pouvoir être équipé d’armements et d’équipements adéquats pour chaque mission. Le WhAP offre bien cet aspect avec des capacités à opérer avec différents types de tourelles et d’armements, allant du 12,7mm pour le transport de troupes, jusqu’à 105 mm pour le soutien-feu, sans oublier les tourelles de 30, 60 et 90mm pour le combat d’infanterie, idéal pour les unités mécanisées », ajoute Abdelhamid Harifi.
Selon le site spécialisé Army Recognition, des essais du WhAP ont eu lieu au Maroc au cours des derniers mois, et les véhicules devraient être livrés aux forces marocaines sur une période de trois ans. « La collaboration avec le DRDO et TASL permettra également des améliorations des véhicules en fonction des retours opérationnels, garantissant ainsi leur efficacité à long terme.
Un choix stratégique après des discussions internationales
Le choix du WhAP 8×8, développé par Tata, ne résulte pas du hasard. Le Maroc a longuement négocié avec plusieurs pays, notamment la Turquie, la République tchèque, la Serbie, le Brésil et l’Indonésie, avant de finalement opter pour la solution indienne. « Le choix indien trouve sa pertinence dans plusieurs aspects », explique l’expert.
Tout d’abord, la relation diplomatique entre le Maroc et l’Inde est particulièrement solide. « L’Inde a une position très positive sur la question du Sahara et a montré un soutien inconditionnel lors de la crise du Covid, notamment en matière de céréales et de vaccins. Les échanges commerciaux entre les deux pays ne cessent de croître et l’Inde figure désormais parmi les trois principaux clients du Maroc pour les phosphates et leurs dérivés », souligne Abdelhamid Harifi.
Ensuite, l’Inde a toujours manifesté une volonté d’accompagner le Maroc dans la création d’un écosystème industriel militaire, notamment par le biais de transferts technologiques. « L’Inde est prête à transférer totalement ses technologies et à bénéficier de l’offre marocaine pour écouler sa production vers les marchés africains », précise-t-il.
Une modularité et une adaptabilité sans précédent
Le WhAP 8×8 présente un avantage indéniable par rapport à ses concurrents : il peut être équipé d’armes non indiennes, selon les préférences de l’opérateur, ce qui n’est pas possible avec d’autres offres internationales. « Cette modularité et cette flexibilité sont des atouts majeurs pour le Maroc », souligne l’expert.
Par ailleurs, Tata entretient déjà des liens étroits avec les Forces armées royales, notamment à travers l’achat récent de plusieurs camions et équipements. « Le WhAP a été développé pour opérer dans des environnements climatiques similaires à ceux du Maroc, ce qui explique les achats répétés de véhicules auprès de Tata Group ».
Interrogé sur le type de profils qui formeront la main-d’œuvre de la future usine, Abdelhamid Harifi répond que l’expérience du Maroc dans le secteur de la construction automobile a créé une main-d’œuvre compétente qui sera renforcée par l’apport de spécialistes en électronique et optronique (sûrement des militaires). « Ce personnel devrait avoir des contrats de travail contenant de sévères clauses de confidentialité », conclut-il.
Inondations dans le sud-est du Maroc : 2,5 MMDH pour la réhabilitation des zones sinistrées
Selon un communiqué des services du chef du gouvernement, ce programme vise la réhabilitation des zones sinistrées dans les provinces d’Errachidia, Midelt, Ouarzazate, Tinghir, Zagora, Figuig, Jerada, Taroudant, Tata, Tiznit, Guelmim et Assa Zag, pour un budget prévisionnel d’environ 2,5 milliards de DH.
La même source indique que « le gouvernement a mobilisé tous les moyens humains et logistiques pour répondre de manière rapide et efficace aux besoins de la population sinistrée, et mis à contribution les différentsdépartements ministériels concernés afin d’assurer la bonne mise en œuvre de ce programme ambitieux ».
« Conformément à ce programme, un soutien et un accompagnement seront mis en place pour la reconstruction et la réhabilitation des édifices et habitations sinistrés, ainsi que la réhabilitation de l’infrastructure routière et des réseaux de télécommunications, de distribution d’électricité et d’eau potable, et des réseaux d’assainissement« , poursuit le communiqué.
Ce programme vise également à soutenir les activités agricoles dans les zones sinistrées, notamment à travers la réfection des ouvrages de petite et moyenne hydraulique et le soutien aux éleveurs qui ont perdu leurs troupeaux du fait des inondations, afin de permettre une reconstitution du cheptel dans ces régions.
« Le lancement du programme de réhabilitation des zones sinistrées par les inondations dans le sud-est du Royaume consacre l’esprit d’engagement et de responsabilité qui fonde l’action du gouvernement et son attachement à la proximité et à l’écoute permanente des besoins de la population », conclut la même source.
Orages et précipitations dans le Sud : vers un déplacement des phénomènes météorologiques ?
Selon les explications fournies par la Direction générale de la météorologie (DGM), les événements météorologiques ayant touché ces régions entre le 19 et le 22 septembre 2024 s’expliquent par la montée de masses d’air tropicales, chaudes et instables, en provenance du Sud, qui ont rencontré des masses d’air froides venant du nord du Maroc. Cette confrontation a provoqué une forte instabilité atmosphérique, entraînant des averses orageuses intenses, avec des précipitations variant de 30 à 130 mm en 24 heures.
Dans certaines zones, comme à Aqqa (province de Tata), des niveaux de pluie atteignant 127 mm en une journée ont été enregistrés, provoquant des crues importantes et des dégâts. La province de Tata, notamment en raison de son relief accidenté, s’est transformée en une zone de collecte des eaux, contribuant à l’augmentation rapide du niveau des cours d’eau locaux.
Entre le 14 septembre 2024 et le 24 septembre 2024, les données cumulées des précipitations indiquent que certaines stations auxiliaires du sud du Maroc ont enregistré des valeurs remarquables. Par exemple, Tata-TATA a reçu 105,2 mm, tandis que Tata-AKKA a reçu 77,5 mm. D’autres stations auxiliaires comme Zagora-NKOB et Zagora-TANSIFTE ont enregistré respectivement 63 mm et 60,5 mm. Ces chiffres illustrent bien l’intensité des précipitations dans ces régions traditionnellement arides.
Selon les données cumulées des précipitations sur la même période, les résultats des stations principales sont les suivants :
Ouarzazate – Zagora : 42,2 mm
Ouarzazate : 29,3 mm
Meknès : 17,2 mm
Errachidia : 16 mm
Figuig – Bouarfa : 1 mm
Midelt : 15.,8 mm
Taourirt : 14,2 mm
Nador : 11 mm
Ifrane : 9,2 mm
Tétouan : 5 mm
Es-Semara – Smara : 5 mm
Taza (Aéro) : 4 mm
Oukaimeden : 3,8 mm
Fès-Saïss : 3 mm
Oujda-Angad : 2,4 mm
Al Hoceima : 2,2 mm
Larache : 2 mm
Kénitra : 0,6 mm
Benslimane : 0,4 mm
Béni Mellal : 0,4 mm
Rabat : 0,2 mm
Les stations auxiliaires ont également enregistré des valeurs remarquables :
Tata – TATA : 105,2 mm
Tata – AKKA : 77,5 mm
Tata – TAMANARTE : 49,8 mm
Tata – TAGMOUT : 50 mm
Tinghir – TINGHIR : 54,5 mm
Guercif – BARKINE : 53 mm
Ouarzazate – SIROUA : 58 mm
Zagora – NKOB : 63 mm
Zagora – TANSIFTE : 60,5 mm
Zagora – TINZOULINE : 58,1 mm
Errachidia – AGHBALOU N KERDOUS : 57 mm
Zagora – AGDZ : 55 mm
Zagora – BNI ZOLI : 52 mm
Zagora – TAMEZMOUTE : 50 mm
Zagora – TAZARINE : 49 mm
Midelt – ER-RICH : 49,5 mm
Tinghir – SOUK LAKHMIS DADES : 45,5 mm
Tata – AGUINANE : 34 mm
Ouarzazate – TAZNAKHT : 51,5 mm
Figuig – TALSINT : 51 mm
Tinghir – BOUMALNE DADES : 43,5 mm
Ouarzazate – IDELSANE : 43 mm
Guercif – ASSEBBAB : 44 mm
Tinghir – KALAAT MGOUNA : 35,5 mm
Boulemane – BOULEMANE : 35 mm
Errachidia – TADIGHOUST : 36,9 mm
Le rôle du changement climatique
Selon Mohamed Benabou, expert en climat et développement durable, joint par Médias24, ces précipitations abondantes ont eu un effet bénéfique sur les réserves en eau du pays, contribuant à remplir les barrages dans les zones touchées. Il souligne toutefois que les orages observés sont des phénomènes météorologiques extrêmes, responsables de pertes matérielles importantes dans plusieurs régions.
Pour Mohamed Benabou, ces phénomènes ne sont pas simplement le fruit du hasard. Ils sont directement influencés par le changement climatique qui modifie progressivement les régimes climatiques mondiaux. Les événements météorologiques deviennent ainsi plus violents et imprévisibles. « Le changement climatique rend les phénomènes météorologiques plus extrêmes, ce qui explique l’intensité de ces orages« , explique-t-il.
Interrogée sur la manière dont ces changements de précipitations pourraient influencer les régimes climatiques à long terme, la DGM nous indique qu’elle utilise des modèles climatiques pour anticiper l’évolution du climat. Ces modèles montrent une réduction pluviométrique qui s’accentue avec le réchauffement global, accompagnée d’une augmentation des phénomènes extrêmes tels que les inondations.
« Le Maroc pourrait connaître une diminution des précipitations annuelles de 10% à 30%, avec un impact particulièrement marqué dans les régions arides », précise la DGM. « Cela engendrera des précipitations de plus en plus irrégulières, avec des périodes de sécheresse plus longues, ponctuées d’épisodes de fortes pluies. Cette occurrence des événements extrêmes a déjà été observée avec les récentes inondations dans le sud et le sud-est du pays, entrecoupant une longue période de sécheresse. »
Bien que ces événements soient locaux et concernent des régions habituellement caractérisées par un climat aride, leur impact à long terme sur les régimes de précipitations reste difficile à prédire avec précision.
Un glissement des fronts pluvieux vers le Sud ?
Ces récentes vagues de précipitations soulèvent la question d’un changement durable dans la répartition des pluies au Maroc. Si ces événements restent pour l’instant ponctuels, certaines tendances semblent émerger : un glissement des fronts pluvieux vers les régions sud du Maroc, autrefois réputées pour leur aridité. Bien qu’il soit encore trop tôt pour affirmer avec certitude que le Sahara marocain et les zones sud-est atlassiques deviendront des zones pluvieuses permanentes, les experts estiment que ces précipitations, dues à des masses d’air tropicales, pourraient devenir plus fréquentes à l’avenir, sous l’influence du changement climatique. Ce déplacement des précipitations pourrait également avoir des implications importantes pour la gestion de l’eau et l’agriculture dans ces régions.
10 morts et 8 portés disparus dans les crues de l’oued Tata
Selon un nouveau bilan fourni par la délégation provinciale de la Santé et de la protection sociale, 10 personnes ont trouvé la mort, 13 autres ont été secourues et 7 sont toujours portées disparues.
Le délégué provincial de la Santé et de la protection sociale, Lahbib Aznag, a affirmé que l’ensemble des intervenants et parties prenantes ont mobilisé « tous les moyens logistiques et humains pour poursuivre l’opération de recherche des personnes portées disparues ».
Ces crues exceptionnelles ont également touché d’autres zones de la province. Une habitante du douar Ighourten, dans la commune de Tagzmirt, est portée disparue.
L’oued Tata a enregistré un débit record de 2.300 m3/s, tandis que l’oued Zguid a atteint 1.900 m3/s, provoquant des dégâts matériels considérables : effondrement total ou partiel de certaines habitations et installations techniques, ainsi que des dommages aux infrastructures routières, perturbant la circulation sur plusieurs axes.
Les efforts se poursuivent pour retrouver les disparus et rétablir le fonctionnement des réseaux routiers et de services dans la province.
Inondations à Tata : le Club 6 Days, affilié à l’ENCG de Settat, organise une caravane humanitaire
Dans un communiqué, le Club 6 Days a annoncé l’organisation d’une caravane humanitaire prévue pour le 28 septembre, qui vise à répondre à la situation catastrophique causée par des inondations dévastatrices ayant entraîné des pertes humaines et matérielles importantes.
La même source rappelle que cette initiative s’inscrit dans les objectifs du Club 6 Days, fondé en 2011, qui se concentre sur l’organisation d’activités caritatives pour soutenir les populations vulnérables.
À travers cette caravane, le club prévoit de fournir des produits de première nécessité aux sinistrés, tels que des couvertures, des denrées alimentaires et des médicaments, tout en contribuant à la reconstruction de certaines zones endommagées, ajoute la même source.
Actuellement, les membres du club sont en pleine collecte de fonds, sollicitant des dons de la part de diverses couches de la société, y compris les particuliers, les entreprises et les institutions, afin de maximiser l’aide apportée aux habitants touchés par cette catastrophe, conclut le communiqué.
Pourquoi la région de Tata est si exposée aux risques d’inondations
Fin août et au cours de ce mois de septembre 2024, les provinces du Sud-Est atlassique ont été durement touchées par des pluies diluviennes dépassant parfois les 100 mm, provoquant d’importantes inondations. Ces dernières ont causé la mort d’au moins 20 personnes et entraîné la destruction de nombreuses infrastructures, notamment les routes, les parcelles agricoles et les habitations. Les provinces d’Errachidia, Figuig, Zagora, Tinghir, Ouarzazate et Tata ont été particulièrement affectées. La province de Tata a été la plus sinistrée, avec un bilan de plus d’une dizaine de morts.
Ces intempéries, d’une intensité et d’une fréquence inhabituelles, témoignent d’un contexte climatique exceptionnel. Plusieurs pays africains, notamment ceux du Sahel comme le Niger, le Mali et le Tchad, ont subi des inondations d’une ampleur similaire, soulignant ainsi les impacts du changement climatique sur la région.
Selon CNN, les analyses climatiques prédisent que ce temps orageux connu sous le nom de Zone de convergence intertropicale, se déplace de l’hémisphère nord au nord de l’Equateur pendant les mois d’été. Mais depuis la mi-juillet au moins, cette zone s’est déplacée plus au nord qu’elle ne le faisait normalement, provoquant des tempêtes dans le Grand Sahara.
En conséquence, des parties du Sahara sont de deux à plus de six fois plus humides qu’elles ne le sont habituellement et des zones ont reçu plus de 400% de leurs précipitations habituelles.
Tata, zone à haut risque d’inondations
Si ces phénomènes à l’échelle du grand Sahara sont rares, la province de Tata est régulièrement confrontée à des inondations qui surviennent presque chaque année. Ces crues dévastatrices, dont les derniers épisodes ont été enregistrés en février 2023, février 2021 et août 2019, témoignent de la vulnérabilité de la région face aux aléas météorologiques.
Les crues dévastatrices de 2019 ont contraint près de 200 habitants de la province de Tata à quitter leurs foyers. Les autorités locales avaient rapidement mis en place un dispositif d’hébergement d’urgence au centre Tagmout. Les sinistrés y ont trouvé refuge pendant plusieurs semaines, le temps que les eaux se retirent et que les équipes de secours évaluent les dégâts.
Située dans une zone à haut risque d’inondations, l’efficacité des stratégies de prévention mises en place et la capacité de la région à y faire face doivent être remises en question de façon permanente.
La lecture de la carte de vulnérabilité aux inondations (cf ci-dessous) au niveau des communes de la province de Tata indique que la majorité du territoire présente un risque d’inondations moyen à élevé. La commune de Tamanarte, située dans une zone à risque très important (zone rouge), a subi les conséquences les plus graves des dernières intempéries, avec un bilan humain dépassant les 8 décès.
Carte de la vulnérabilité aux inondations (modifiée, d’après Géoparc Jbel Bani)
L’emplacement des villages de Tata n’est pas aléatoire
Se basant sur l’agriculture, la région de Tata est réputée pour ses oasis qui constituent l’essentiel de son tissu. Bien qu’ayant un caractère urbain, la ville de Tata abrite l’une des plus grandes oasis du pays, où l’on distingue aisément sur les rives de l’Oued Tata d’importantes et denses palmeraies contrastant avec les quelques palmiers isolés sur le fond clair du désert.
Image satellitaire de l’oasis de Tata.
La localisation des villages de la province révèle une répartition géographique non aléatoire où la plupart sont implantés soit sur la rive de l’Oued Draa (comme c’est le cas de M’hamid El Ghizlane), soit à proximité immédiate des oueds affluents de sa rive droite, tels que l’Oued Tata, l’Oued Akka ou encore l’Oued Aït Oubelli. Cette localisation, fruit d’une longue culture ancestrale remontant au moins au XIIe siècle, est vitale dans un climat pré-saharien et d’une région où l’eau est de plus en plus rare.
Contrairement à une certaine idée reçue, les oasis de Tata ne sont pas uniquement le jeu de la nature. Elles sont également le résultat d’une ingénieuse gestion de l’eau par les populations locales depuis des siècles.
Dans un contexte pré-désertique et des ressources hydriques rares, l’épandage des crues, technique ancestrale, est la solution qui est utilisé afin de mobiliser d’importants volumes d’eau nécessaire pour développer l’agriculture. Elle permet de capter l’eau lors des périodes de crues pour l’utiliser tout au long de l’année dans ces zones arides en attente d’une nouvelle crue.
Extrait de la carte topographique de Tissint.
Si la construction de quelques barrages de retenue, canaux de dérivation et autres séguias ont favorisé la préservation de l’eau pour une longue durée et obligatoirement l’extension des zones cultivées de Tata, le développement parallèle de l’irrigation privée, reposant sur le pompage des nappes phréatiques, a permis une expansion encore plus rapide des périmètres irrigués. Toutefois, cette croissance s’est faite au détriment de la durabilité de ces agro-systèmes. Aggravée par la récurrence des années de sécheresse, cette situation a dégradé les périmètres irrigués et compromis l’efficacité des opérations d’épandage des crues.
Entre une sécheresse aiguë et des crues dévastatrices, la région a besoin de solutions durables pour gérer ses ressources en eau. Le projet de barrage de Msalit, parmi d’autres projets hydrauliques, illustre cette volonté de concilier recharge des nappes phréatiques et protection contre les inondations. Avec une capacité de stockage de 30 millions de mètres cubes, ce barrage contribuera également à sécuriser l’approvisionnement en eau pour la région de Tata.
Une géomorphologie bien particulière
Situées aux piémonts de l’Anti-Atlas, les plaines de Tata se trouvent à une altitude d’environ 600 mètres, entourées de crêtes culminant entre 800 et 2.151 mètres (Adrar-n-Aklim). Le relief, caractérisé par une pente générale du nord vers le sud, est parcouru par de nombreux oueds qui, lors de précipitations importantes, connaissent des crues soudaines avant de rejoindre le Draa.
Bloc diagramme schématisant l’hydrographie de Tata (D’après l’étude du CNEARC).
Les fortes précipitations des 6 au 9 septembre 2024 ont entraîné un apport d’eau considérable dans l’Oued Draa, provoquant une crue exceptionnelle de ce fleuve, le plus long du Maroc. L’intensité des intempéries, couplée à un relief propice aux crues, a rapidement fait monter les niveaux d’eau des oueds affluents de l’Oued Draa.
Les zones riveraines des oueds sont particulièrement vulnérables aux inondations. Lors des crues, les parcelles agricoles en bordure des oueds sont les premières inondées, tout comme les habitations qui subissent d’importants dégâts. L’examen des images satellites révèlent que de nombreuses maisons sont construites à quelques mètres de l’Oued, comme à Douar Indfiane, près de Tata. En cas de crue, le côté concave du cours d’eau, où se trouve le douar, est plus exposé à l’érosion et aux inondations.
Image satellite du douar Indfiane (environs de la ville de Tata).
De nombreuses autres habitations sont implantées dans d’autres zones à risque, à proximité immédiate de l’oued et en contrebas d’une crête. Leur position géographique les rend notamment vulnérables aux inondations causées par les torrents lors des épisodes de fortes précipitations.
Vue satellitaire du douar Timoula Smouguen.
Le douar Aoukerda, situé dans la commune de Tamanarte, a été le plus durement touché par les récentes crues. Les fortes pluies et les glissements de terrain ont causé d’importants dégâts, détruisant de nombreux logements et isolant le village. Les images satellite révèlent que le douar est bâti dans un canyon étroit et sinueux, traversé par l’oued, ce qui le rend extrêmement vulnérable aux inondations.
Vue satellitaire du douar Aoukerda, commune Tammanarte.
Les principales villes de la province de Tata – Foum El Hissn, Foum Zguid et Akka, sont implantées dans des gorges montagneuses. Lors des crues normales, les eaux inondent naturellement les zones agricoles, favorisant ainsi l’épandage des alluvions, l’irrigation des cultures et la recharge des nappes phréatiques. Toutefois, en cas de crues dévastatrices, ces mêmes zones deviennent une menace sérieuse pour les populations.
Foum Zguid, une municipalité batie après une gorge d’Oued traversant les hautes altitudes de Jbel Bani.
Dans un contexte de changement climatique marqué par la multiplication des événements extrêmes, il est urgent de mettre en place un système d’alerte précoce et de prévision performant pour la région de Tata, à l’instar de celui mis en œuvre dans la vallée de l’Ourika. Ce dispositif permettrait de déclencher des plans d’évacuation efficaces et de réduire ainsi de manière significative les dégâts d’inondations qui pourraient se reproduire à une plus grande fréquence dans un avenir proche.
Image satellitaire des environs de Tata montrant l’Oued Tata serpenté les différents reliefs.