Bank Al-Maghrib : baisse des taux débiteurs au T4-2024

La Banque centrale a publié son enquête sur l’évolution des taux débiteurs pour le quatrième trimestre 2024. Le taux débiteur global a reculé de 13 points de base pour s’établir à 5,08%, contre 5,21% au trimestre précédent.

Cette baisse intervient dans un contexte de détente monétaire amorcée après une période de stabilité des taux directeurs.

Toutefois, la transmission de cette baisse aux taux débiteurs ne se fait pas immédiatement. Plusieurs facteurs influencent la rapidité et l’ampleur de cet ajustement, notamment la structure du refinancement des banques, les anticipations du marché et la perception du risque par les établissements de crédit.

« L’impact de la baisse du taux directeur a été direct sur les taux créditeurs, les dépôts à terme ayant enregistré une baisse avoisinant les 50 points de base. Cette évolution reflète l’intégration des deux ajustements qu’a connus le marché en juin et décembre 2024, de respectivement 25 points de base chacun », nous précise un responsable du secteur bancaire.

« Pour les taux débiteurs, il est logique que les banques opèrent également une réduction. Toutefois, l’impact est plus modéré, car ces taux prennent en compte, en plus de l’effet taux directeur, le niveau de risque propre à chaque type de crédit ainsi que les garanties qui y sont adossées », ajoute-t-il.

« L’approche diffère donc entre taux créditeurs et débiteurs. Par conséquent, la répercussion est plus marquée sur les premiers que sur les seconds », conclut-il.

Les banques adoptent une approche prudente dans l’ajustement de leurs conditions de crédit. Lorsque les anticipations de marché indiquent une possible poursuite de la baisse des taux directeurs, elles évitent des modifications trop brusques qui pourraient s’avérer rapidement obsolètes.

Crédits aux entreprises 

Le taux moyen appliqué aux crédits aux entreprises non financières s’est établi à 5% au T4-2024, avec des disparités selon la taille des emprunteurs.

Les grandes entreprises bénéficient d’un taux moyen de 5,08%, tandis que les TPME doivent faire face à un coût du crédit plus élevé, à 5,7%.

Cette différenciation traduit la perception du risque par les banques. Les petites structures, jugées plus vulnérables, se voient appliquer des conditions plus strictes, avec des garanties souvent plus exigeantes.

La dynamique des crédits reste contrastée. Les crédits à l’équipement, qui financent l’investissement productif, ont enregistré une baisse du taux moyen à 4,99%, soutenant une progression annuelle de +9%, particulièrement auprès des sociétés privées (+10,7%).

En revanche, les facilités de trésorerie, bien que leur taux ait reculé à 5%, connaissent un accès plus restreint, avec une contraction de -3,9% des volumes accordés aux entreprises privées.

Parallèlement, les sociétés publiques ont bénéficié d’un soutien bancaire important, avec une augmentation des facilités de trésorerie de 30,9%.

Ce contraste illustre la prudence des banques à l’égard des entreprises privées, qui doivent justifier une solvabilité solide avant d’accéder au financement. Les grandes entreprises, grâce à leur capacité de négociation, parviennent plus aisément à tirer parti de la baisse des taux, tandis que les TPME restent confrontées à des conditions plus rigides.

Même si le coût de l’emprunt diminue, l’accès au crédit demeure un défi pour les plus petites structures. Leurs difficultés à fournir des garanties adaptées et à démontrer une stabilité financière freinent leur capacité à bénéficier pleinement de la détente monétaire.

Crédits immobiliers 

Les crédits immobiliers affichent la plus forte baisse des taux débiteurs, avec un recul de 22 points de base à 5,02% au T4-2024. Cette évolution résulte à la fois de la concurrence entre les banques et du contexte spécifique au marché immobilier.

L’attente des aides publiques a conduit de nombreux ménages à différer leur décision d’achat jusqu’en 2025, espérant bénéficier d’éventuelles subventions. Cette situation a pesé sur la demande de crédits immobiliers, incitant les banques à ajuster leurs offres pour attirer les emprunteurs.

Dans le même temps, les crédits aux promoteurs immobiliers ont progressé de 5,7%, traduisant un regain d’activité du côté de l’offre.

Les opérateurs du secteur anticipent une hausse de la demande et cherchent à sécuriser des financements dans un environnement encore favorable avant d’éventuelles évolutions réglementaires ou économiques.

Crédits de trésorerie 

Contrairement aux crédits immobiliers et aux crédits à l’équipement, les crédits de trésorerie ont connu une baisse plus limitée de leur taux, à 5%. Ce segment du marché du crédit est marqué par une forte demande de la part des entreprises en difficulté de liquidités, ce qui incite les banques à maintenir une certaine prudence.

Ces financements sont souvent sollicités en urgence, ce qui réduit la marge de négociation des emprunteurs et limite leur capacité à faire jouer la concurrence entre établissements bancaires.

Cette spécificité explique pourquoi, malgré la baisse des taux directeurs, les banques restent sélectives et ajustent ces taux de manière plus mesurée.

Une transmission encore incomplète, mais qui suit la logique monétaire

L’évolution des taux débiteurs au T4-2024 montre que la transmission de la politique monétaire suit un schéma différencié selon les segments du marché du crédit.

Les crédits à l’équipement et les crédits immobiliers bénéficient pleinement de la baisse des taux, favorisés par la concurrence entre banques et par un environnement propice aux investissements. En revanche, les facilités de trésorerie, plus exposées aux risques, restent soumises à des critères de sélection plus stricts.

De leur côté, les TPME continuent de faire face à des coûts d’emprunt plus élevés que les grandes entreprises. Si le mouvement de détente monétaire se poursuit, une amélioration des conditions de financement pourrait se matérialiser progressivement, mais les écarts entre catégories d’emprunteurs devraient persister.

Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si cette dynamique se renforce et si elle se traduit par une relance plus généralisée du crédit à l’économie.

Évolution des taux débiteurs

Source : Bank Al-Maghrib

Taux. Légère hausse à fin mars, la transmission du taux directeur aux taux réels se poursuit

La Banque centrale a publié l’évolution des taux débiteurs au premier trimestre 2024. Il ressort qu’après un trimestre de stagnation durant le T4-23, le taux débiteur moyen global a légèrement progressé de 4 pbs à 5,40%.

Depuis la première hausse du taux directeur en septembre 2022, le taux débiteur global moyen s’est apprécié de 116 pbs. Parallèlement, le taux directeur de Bank Al-Maghrib (BAM) s’est bonifié de 150 pbs. De fait, la transmission n’est pas terminée, et cette légère hausse est le fruit normal d’une poursuite lente de la transmission.

« La hausse du taux directeur n’a pas été entièrement répercutée sur les taux débiteurs. C’est que la transmission se concrétise dans le temps. Maintenant que le taux directeur est maintenu stable et que le pivot monétaire n’est pas encore actionné, ce à quoi on pourrait s’attendre, c’est normal que l’on observe une très légère hausse du taux débiteur moyen global », explique une source du marché.

Les taux des crédits à l’équipement progressent le plus

D’après les données de BAM, le taux débiteur des crédits à l’équipement est celui qui affiche la plus forte progression depuis le trimestre dernier, passant de 4,91% à 5,13%. Depuis le resserrement monétaire effectué au T3-22, le taux débiteur s’est apprécié de 57 pbs.

« Les taux débiteurs des crédits à l’équipement ont évolué d’un trimestre à l’autre. C’est le principal driver vis-à-vis de l’économie réelle. Nous sommes dans une phase d’investissements massifs, marquée par les différents plans de relance, notamment la reconstruction d’Al Haouz, le plan de relance économique de 120 MMDH, et et cela est consommateur de biens d’équipements et d’investissements », explique notre interlocuteur.

En somme, une forte demande intervient sur ce type de crédit, et cela induit une légère hausse au niveau des taux. Cette dernière n’est cependant pas surprenante, dans le cadre d’une poursuite de transmission naturelle et d’une forte demande.

Cette hausse du taux débiteur global moyen devrait se poursuivre lentement si la Banque centrale décide de ne pas opérer de pivot monétaire. « Si ce dernier est effectué, il faut noter que les taux débiteurs ne seront pas impactés rapidement. Il y a toujours, à la hausse ou à la baisse, ce délai important dans la transmission aux taux réels », rappelle notre source.

Correction sur les taux débiteurs immobiliers et de trésorerie

À la fin du premier trimestre, on aperçoit également une accalmie sur certains taux débiteurs, notamment immobiliers et de trésorerie qui ont timidement reculé de respectivement 9 pbs et 4 pbs, à 5,05% et 5,33%.

Il s’agit de simples corrections et non pas d’une tendance amenée à durer dans le temps.

« Il faut revenir plus en arrière et remarquer que les taux immobiliers ont assez fortement évolué. Il s’agit d’une légère correction puisque la hausse a été plus importante sur certains segments par rapport à d’autres. Il ne faut pas voir cela comme étant lié à une conjoncture ponctuelle », souligne notre interlocuteur.

Notre source rappelle d’ailleurs que « c’est le même phénomène que les crédits de trésorerie qui ont très légèrement baissé. En raison d’une anticipation de normalisation des taux, on peut assister à de légères corrections sur certains segments ».

Cette typologie de crédit est celle dont le taux débiteur a le plus augmenté depuis le début du resserrement monétaire de BAM, avec une hausse de 136 pbs, passant de 3,97% au T3-22 à 5,33% au T1-24.

Taux débiteurs au T4-2023 : le taux global reste stable, celui des crédits immobiliers baisse

La Banque centrale a publié son enquête sur l’évolution des taux débiteurs concernant le dernier trimestre 2023.

Il ressort stable par rapport au T3-2023 à 5,36%. In fine, depuis le début du cycle de resserrement monétaire de BAM de 150 pbs, le taux débiteur global a progressé de 102 pbs. Cela veut dire que la transmission n’est pas encore terminée.

Par secteur institutionnel, le taux appliqué aux crédits aux particuliers s’est situé à 5,94% et celui des prêts aux entreprises non financières à 5,30%. Pour les crédits aux entreprises non financières privées, le taux les assortissant s’est établi à 5,42%, avec un taux de 5,25% pour les grandes entreprises (GE) et de 5,70% pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).

Source : BAM

La stagnation du taux débiteur moyen global était attendue

Alors que le taux directeur a progressé de 150 pbs depuis fin 2022, le taux débiteur global a connu une hausse bien moindre. Malgré un effet de transmission qui s’est matérialisé à hauteur de 102 pbs, la stagnation au T4 était attendue.

Contactée, une source bancaire explique que la situation était attendue sur les taux débiteurs. « Comme il n’y a pas eu de mouvements sur le taux directeur depuis quelque temps, cela paraît normal qu’il n’évolue pas à la hausse. La transmission ne peut pas être à l’identique. Le taux directeur intervient pour essentiellement assurer le refinancement des banques. Le financement de l’actif de la banque, ce n’est pas uniquement le refinancement auprès de Bank Al-Maghrib », explique-t-il.

L’absence de hausse du taux depuis plusieurs mois et les anticipations de baisse à terme, jouent en faveur d’un léger ralentissement. « Les banques et les particuliers anticipent une baisse des taux directeurs, ou au moins une stagnation. Quand il y a une hausse du taux directeur et ensuite une prévision de baisse, il y a une partie de la hausse qui ne se répercute pas sur les taux débiteurs. La décision d’augmenter et de rebaisser prend du temps, donc cela ne sert à rien d’augmenter s’il y a une anticipation de baisse », poursuit-il.

Un ralentissement du taux débiteur sur les crédits immobiliers du fait de la concurrence

Par rapport au T3-2024, le taux débiteur moyen appliqué aux crédits immobilier a reculé de 20 pbs au dernier trimestre 2023.

Notre interlocuteur du secteur bancaire explique : « Il n’y a pas de raisons pour que ça baisse. Je ne vois pas pourquoi. La seule explication pourrait être le fait que la production de crédit immobilier a baissé depuis le cycle de resserrement, donc il se peut que la concurrence joue et se répercute sur les taux ».

Une version corroborée par un autre professionnel de la place. Pour lui, le ralentissement des octrois de crédits immobiliers a fait jouer la concurrence. Mais il y a aussi le contexte national autour de l’immobilier qui joue un rôle. « Concernant l’immobilier, il y a un ralentissement de l’octroi des crédits et donc une concurrence qui joue. Et ce, surtout au niveau du T4. Il y a eu beaucoup de communication autours des aides aux logements. De ce fait, beaucoup de ménages ont décalé leurs décisions d’achat à 2024 pour pouvoir bénéficier d’une aide si leurs prêts concernent l’acquisition d’un bien éligible à l’aide d’État », explique-t-il.

La seule hausse observable est celle concernant les comptes créditeurs et crédits de trésorerie, avec une légère appréciation de 5 pbs. Pour notre interlocuteur, cette hausse qui va à contre-courant provient de la nature même du crédit. « La hausse du taux débiteur sur les crédits de trésorerie vient probablement du fait que c’est la catégorie où l’entrepreneur est le plus vulnérable. Il y a peu de pouvoir de négociation avec la banque, car la personne a besoin de liquidité pour pérenniser son activité. Parfois, il n’y a ni besoin ni envie de faire jouer la concurrence, mais juste d’obtenir son crédit », conclut-il.

Le taux débiteur global moyen poursuit sa hausse au T3, voici les points saillants

Selon les derniers chiffres publiés par Bank Al-Maghrib (BAM), les taux débiteurs à fin T3 2023 ont poursuivi leur hausse.

Le taux débiteur moyen global au troisième trimestre s’affiche à 5,36% en progression de 10 pbs par rapport au trimestre dernier. Notons que depuis le début du resserrement monétaire opéré en septembre 2022 (T3-2022), où le taux directeur de BAM a progressé de 150 pbs, le taux débiteur moyen global a progressé de 112 pbs, passant de 4,24% à 5,36%.

La transmission se poursuivra lentement

À l’instar de ce qui est observé depuis plusieurs trimestres, les banques continuent de répercuter la hausse du taux directeur sur les taux débiteurs. Cette dernière prend donc beaucoup de temps à se faire.

Comme nous le confiait une source de la place au trimestre dernier, ce processus prend du temps du fait que dans les banques marocaines, les dépôts bancaires sont principalement non rémunérés. Ce ne sont pas des ressources qui sont d’origine monétaire. « On remarque qu’avec la hausse des taux débiteurs, on a des dépôts à vue qui augmentent. Du coup, la hausse du taux directeur de 150 pbs ne devrait pas se refléter complètement sur les taux débiteurs. Il y a un temps de latence, probablement d’ici la fin de l’année ou début 2024. »

Une évolution notable des taux immobiliers et à l’équipement

Les taux débiteurs concernant les crédits à l’équipement et les crédits immobiliers ont affiché une progression significative, respectivement de 39 et 23 pbs, pour atteindre 5,12% et 5,21%.

Ces hausses se consolident du fait du renforcement de l’exigence des banques, avec une recherche de clients solvables. Une source du secteur nous explique « que cette situation est également liée à la progression des créances en souffrance ». À fin septembre 2023, ces dernières affichaient une hausse de 6,57 MMDH sur une année glissante, à 95,1 MMDH. De fait, le risque client est plus élevé et les banques rehaussent leurs taux.

La seule catégorie qui affiche un retrait de son taux débiteur est celle des crédits à la consommation. Sur cet aspect, notre interlocuteur souligne que, « dans cette catégorie, les crédits sont principalement portés par l’automobile qui est un marché très concurrentiel. De ce fait, il y a un nivellement par le bas du taux qui s’effectue pour être plus compétitif ». Le tout s’inscrit dans un contexte automobile national en berne avec des ventes automobiles en retrait de 2,92% à fin septembre avec 117.375 unités, selon les chiffres de l’Association des Importateurs de Véhicules au Maroc (AIVAM). Sur l’unique mois de septembre, les ventes de véhicules particuliers ont chuté de 15,19% par rapport au même mois en 2022.

Immobilier : les taux ont augmenté de 55 pbs par rapport à janvier

Le site de comparaison en ligne de crédits immobiliers au Maroc, Afdal.ma, a publié une note le 22 mars concernant l’évolution des taux immobiliers en mars 2023.

Selon le baromètre de février d’Afdal, « les banques ont ajusté leurs tarifs de 55 points de base par rapport à janvier 2023 et 75 points de base comparé à la même période en 2022. Au rythme actuel, la hausse des taux immobiliers pourrait absorber la baisse des prix immobiliers au cours des trois dernières années ».

Une hausse entre 20 et 50 pbs observée durant le premier trimestre

Alors que les deux premières hausses du taux directeur, d’un total de 100 pbs, ont été effectuées en 2022, les répercussions sur les taux débiteurs, notamment immobiliers, n’ont pas été perceptibles au T4-2022.

Cependant, en cette quasi-fin de premier trimestre 2023, la hausse est bel et bien présente. Précédemment sollicitée dans un article début février, une source de la place témoignait : « Si vous souhaitez contracter demain un prêt immobilier, le taux qui vous sera proposé ne sera pas le même que celui qui vous aurait été proposé le mois dernier. » Cette hausse s’est donc encore accélérée courant février et mars.

Une autre source de la place nous confirme : « Les taux immobiliers ont progressé entre 20 à 50 pbs pour les acquéreurs durant le premier trimestre. C’est en fonction des durées. Les courtes durées étaient globalement à 4% ou 4,1%. Désormais, elles sont plutôt de l’ordre de 4,2%. Les longues durées, qui étaient au niveau de 4,3% ou 4,4%, sont plutôt vers 4,75%. »

Une donnée globalement en accord avec ce qu’annonce le baromètre d’Afdal, qui explique que « les taux s’affichent à 4,75% pour un prêt allant jusqu’à 800.000 DH sur 25 ans en février, selon son baromètre mensuel ».

Cette flambée des taux a été le résultat direct des hausses du taux directeur opérées durant le T4-2022. Le conseil de Bank Al-Maghrib ayant décidé le 21 mars d’une nouvelle hausse de 50 pbs, quid de l’impact sur les taux immobiliers dans les mois à venir ?

Les banques attendent de voir les répercussions sur le marché des BDT

Logiquement, cette dernière hausse du taux directeur de Bank Al Maghrib devrait entraîner un renchérissement supplémentaire des taux d’intérêts appliqués à l’immobilier. « Mais tout dépendra du comportement de l’inflation au cours des prochains mois. Au rythme actuel, la hausse des taux immobiliers pourrait absorber la baisse des prix immobiliers au cours des trois dernières années. Ce qui pourrait compliquer davantage les projets des candidats à l’accession », souligne Afdal.

Notre interlocuteur de la place, lui, explique que tout cela dépendra des réactions du marché des BDT. « In fine, le taux directeur de BAM est un taux court terme qui va agir sur une centaine de milliards de dirhams de refinancement des banques. Le véritable taux qui conditionne le taux des crédits est celui auquel l’État emprunte, à savoir les BDT. Il représente le meilleur risque ; vous ne pouvez donc pas prêter à l’État à un taux supérieur à celui du particulier ou de l’entreprise. Cela est aussi basé sur les besoins de financement de l’État. Si l’État a de forts besoins de financement, les taux des BDT vont augmenter, et naturellement, les taux des crédits vont augmenter également, car une grosse partie des liquidités vont aller vers les BDT », explique notre source.

Difficile de dire de combien de points de base les crédits vont se renchérir pour le moment, mais une hausse sera observée, une fois de plus. Un autre interlocuteur de la place anticipait quant à lui, dans le cadre d’une nouvelle hausse de 50 pbs du taux directeur, « un renchérissement du coût du crédit de probablement de 30 pbs ou 40 pbs ».

 

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