Predator Oil & Gas manifeste son intérêt pour le développement du terminal LNG de Nador
Predator Oil & Gas a annoncé ce mardi 6 mai 2025 son intention de déposer une expression d’intérêt en réponse à l’appel à manifestation d’intérêt international récemment lancé par le ministère de la Transition énergétique et du développement durable pour la construction de la première phase du nouveau projet de développement de l’infrastructure gazière nationale.
Annoncé en avril dernier, l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) vise à sélectionner les porteurs de projets en vue du lancement d’appels d’offres pour la première infrastructure intégrée dédiée à la réception, au stockage, à la regazéification et au transport de gaz naturel. Cet AMI couvre trois composantes clés, devant être opérationnelles d’ici 2027 au plus tard :
la construction d’un terminal LNG au port Nador West Med ;
la réalisation d’une centrale électrique à turbine à gaz à cycle combiné (CCGT) à Nador ;
le prolongement du gazoduc Maghreb-Europe (GME) jusqu’à la ville de Mohammedia.
Outre ses activités d’exploration et de production d’hydrocarbures, Predator Oil & Gas développe depuis 2020 un projet sous le nom de Mag Mell au large des côtes sud de l’Irlande. Celui-ci repose sur l’installation de deux FSRU (unités flottantes de stockage et de regazéification) à faible impact environnemental, connectées aux pipelines du champ de Kinsale. Le GNL importé sera directement regazéifié à bord des FSRU, puis acheminé via le gazoduc de Kinsale et raccordé au réseau national irlandais.
La société ambitionne d’utiliser le modèle technique, réglementaire, environnemental et commercial du projet Mag Mell afin de soumettre une expression d’intérêt avant le 23 juillet 2025 pour le développement du futur projet de terminal LNG de Nador, qui devrait être opérationnel à partir de 2027.
Rappelons que la compagnie Predator Oil & Gas détient une licence d’exploration de gaz naturel aux environs de Guercif qui a montré précédemment la présence de gaz naturel, en faibles quantités, adapté seulement pour être commercialisé sous forme de gaz naturel comprimé (CNG), alors que d’autres potentialités sont en cours de développement, notamment l’hélium.
Le Maroc vise une capacité additionnelle de 15 GW d’énergies renouvelables d’ici 2030
En marge de sa participation au sommet international sur la sécurité énergétique organisé par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) à Londres, Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD), a accordé un entretien à l’émission The Pulse with Francine Lacqua sur Bloomberg TV, une émission qui reçoit les grands décideurs mondiaux au centre des enjeux économiques, financiers et géopolitiques.
Ce passage suit de près la publication d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI), ouvert aux investisseurs nationaux et internationaux, pour le développement de la première phase de l’infrastructure gazière prévue dans la feuille de route de gaz naturel actualisée (2024-2030).
Les objectifs à court terme de cette feuille de route (horizon 2027) sont la mise en production du champ de Tendrarapour l’électricité, la construction d’un terminal d’importation de GNL dans le port Nador West Med, l’extension du gazoduc Maghreb-Europe (GME) dans trois directions (Tendrara, Nador West Med, Mohammedia). Ces projets qui devront développer l’offre en gaz produit localement, s’accordent avec le nouveau plan d’investissement de l’ONEE (2025-2030), qui prévoit l’augmentation de la part du gaz naturel avec l’installation d’une capacité additionnelle de 1.400 MW.
Ce choix de substitution au gaz naturel s’explique par son bilan environnemental plus favorable que celui des autres énergies fossiles, telles que le charbon et le fioul, ainsi que par sa flexibilité, un atout clé pour facilement intégrer les énergies vertes, encore dans un stade précoce de R&D, et par la position avant-gardiste du Maroc qui, via son initiative offre Maroc Hydrogène Vert, capitalise dès aujourd’hui sur une filière promise à un fort potentiel de croissance et qui atteindra sa pleine maturité technique et économique dans les années à venir.
Leila Benali a rappelé que la stratégie énergétique, stable depuis 2009, repose sur trois piliers : les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’intégration régionale.
Dans le domaine des énergies renouvelables, Leila Benali a précisé que les efforts engagés permettront d’atteindre une capacité installée de 52 % dès 2026 (contre 42 % actuellement), soit quatre ans avant l’échéance initialement prévue pour 2030. Les investissements dans les énergies renouvelables se poursuivront, car le Maroc a revu ses ambitions à la hausse : le pays vise désormais une capacité de 15 GW supplémentaires, soutenue par un investissement de 12 milliards de dollars d’ici 2030.
« En octobre 2021, nous étions tous réunis à Glasgow, seulement quatre mois avant la guerre Russie-Ukraine, j’étais la seule sur scène à dire : si vous voulez que nous investissions dans les renouvelables, nous avons besoin de gaz pour l’intermittence. À ce moment-là, nous avions déjà entamé les discussions et sécurisé un contrat de 10 ans, tout en assurant l’inversion du flux du gazoduc existant avec l’Espagne », a précisé Leila Benali.
En parallèle à un investissement massif dans les énergies renouvelables, le Maroc a stratégiquement choisi le gaz naturel comme énergie de transition, une solution flexible qui anticipe la rentabilité de ses projets hydrogène engagés tout en réduisant ses émissions. Le développement des infrastructures gazières nationales représente un investissement de 6 milliards de dollars, a indiqué la ministre de la Transition énergétique. À moyen terme, ce réseau sera connecté au futur gazoduc atlantique africain, projet structurant nécessitant un investissement initial de 25 milliards de dollars qui reliera, dans une première phase dès 2029, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal.
Prévu être opérationnel au plus tard en 2027, le terminal d’importation LNG du port Nador West Med (NWM) sera formé d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU), ou bien une unité flottante de stockage (FSU) avec système de regazéification déporté à quai ainsi que d’un pipeline vers la station de réception à terre et point d’interconnexion avec le gazoduc de transport principal à la limite du port de NWM, qui à son tour, devrait se raccorder au gazoduc Maghreb-Europe.
En revanche, Leila Benali a indiqué que le second terminal prévu dans la façade atlantique, dans un souci de diversification et d’agilité, sera une installation à terre et qui sera connectée via un nouveau gazoduc traversant Mohammedia vers Dakhla. D’après la feuille de route gazière, le second terminal serait probablement à Mohammedia ou bien à un troisième port en cours d’étude.
À la tête de la délégation marocaine au Sommet de l’avenir énergétique à Londres, Leila Benali a souligné que 2025 serait une année charnière pour le futur de la transition énergétique du Maroc, avec de nouveaux plans pour quadrupler les investissements annuels dans les énergies renouvelables et multiplier par cinq ceux dédiés aux infrastructures de réseau.