Le polisario, vivier de jihadistes et menace pour la sécurité au Sahel et en Europe (média)

Citant des sources du contre-terrorisme espagnol, le quotidien espagnol La Vanguardia rapporte que des séparatistes, nés dans les camps de Tindouf et aujourd’hui intégrés à la filiale de Daech en Afrique de l’Ouest (ISWAP), ont séjourné en Espagne durant leur enfance dans le cadre du programme « Vacances en paix ».

Ce programme, financé en grande partie par l’Algérie, visait à accueillir chaque été des enfants des camps de Tindouf dans des familles espagnoles.

Mais, pour les services de renseignement ibériques, ces séjours ont permis de créer des connexions profondes avec le territoire espagnol, à la fois humaines et logistiques, ouvrant ainsi une « brèche sécuritaire ». Ces profils, formés dans les camps et radicalisés au contact des cellules jihadistes sahéliennes, « pourraient aujourd’hui servir d’agents dormants ou de facilitateurs d’attentats en Europe », précise la même source.

Les filiales d’Al-Qaïda (JNIM) et de Daech (ISWAP) cherchent désormais à étendre leur présence vers le Maghreb, se rapprochant dangereusement des côtes européennes. Toujours selon les mêmes sources, ces groupes sont confrontés à une crise de leadership, laissant la voie libre à des éléments plus jeunes, plus radicaux, multilingues et mieux connectés à l’Europe.

Dans ce contexte, le polisario apparaît de plus en plus comme un vivier ou une passerelle pour ces organisations terroristes. Ce constat, longtemps ignoré ou minimisé, n’est plus de l’ordre de la spéculation. Les liens du polisario avec des groupes terroristes ne sont plus à démontrer.

Adnan Abou Walid al-Sahraoui, ancien membre du mouvement, a, rappelons-le, dirigé l’État islamique au Grand Sahel (EIGS) avant d’être neutralisé par les forces françaises en 2021.

Les services de renseignement allemands ont alerté sur le fait que « Daech et Al-Qaïda opèrent librement dans les camps de Tindouf et dans la région sahélo-saharienne au sens large ».

Plus récemment, The Washington Post a révélé une collusion entre l’Algérie et l’Iran, via le Hezbollah libanais. Des éléments du polisario ont été formés par le Hezbollah pour combattre aux côtés du régime de Bachar al-Assad contre l’opposition syrienne. En contrepartie, le polisario bénéficiait d’un soutien militaire et financier.

Face à l’accumulation des éléments accablant les séparatistes, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une requalification officielle du polisario en tant qu’organisation terroriste.

Terrorisme. À Moscou, Hammouchi fait le point sur les combattants marocains en Syrie

Selon Abdellatif Hammouchi, plusieurs centaines de Marocains se trouvent actuellement en détention dans les camps sous le contrôle des Forces de la Syrie démocratique. Pour les détails, le directeur général du pôle DGSN-DGST a révélé, lors de son intervention, qu’il s’agit de plus de 200 anciens combattants, de 130 femmes et de 300 mineurs.

Ces groupes de ressortissants marocains font partie d’un total de 45.000 à 50.000 étrangers issus de 50 nationalités. L’écrasante majorité se trouve en détention dans deux principaux camps, Al-Hol et Al-Roj.

Le responsable sécuritaire marocain a également révélé que les services de sécurité du Royaume ont recensé le départ de 132 éléments marocains radicalisés pour rallier des groupes terroristes actifs en Somalie et dans la région du Sahel et ce, depuis la fin de l’année 2022.

Abdellatif Hammouchi, pour faire face aux groupes terroristes et à l’évolution de leurs actions, a plaidé pour un front sécuritaire commun pour une coopération équitable et un meilleur partage de l’information.

62 étrangers arrêtés au Maroc en 15 mois

Pour donner une idée de la forte implication du Royaume dans la coopération internationale contre le crime organisé et la criminalité transfrontalière, M. Hammouchi a révélé que les services de sécurité du Maroc ont arrêté 62 ressortissants étrangers de 25 nationalités disséminées sur 4 continents. Ces arrestations sont intervenues en 2024 et lors des 3 premiers mois de 2025.

Ces individus, recherchés par les autorités judiciaires de leurs pays et par Interpol, sont impliqués dans de graves crimes, dont des homicides, des crimes financiers, l’appartenance à des réseaux organisés de trafic de drogues, la pédophilie…

Combattre à l’étranger : ce que dit la loi marocaine

Lorsque le phénomène des Marocains qui rallient les zones de conflit, surtout en Syrie et en Irak, avait commencé, le législateur a introduit des amendements au Code pénal pour sanctionner toute personne qui se porte volontaire pour combattre à l’étranger et toute personne ou organisation qui l’y aident.

« Constituent des infractions de terrorisme les actes suivants : le fait de se rallier ou de tenter de se rallier individuellement ou collectivement, dans un cadre organisé ou non, à des entités, organisations, bandes ou groupes terroristes, quelle que soit leur forme, leur objet, ou le lieu où ils se trouvent situés, même si les actes terroristes ne visent pas à porter préjudice au Royaume du Maroc ou à ses intérêts », lit-on dans cet amendement introduit en 2016 par la loi 86-04.

Les sanctions prévues dans ce cas sont la réclusion de 5 à 15 ans en plus d’une amende de 50.000 à 500.000 DH.

« Les Marocains qui partent combattre à l’étranger dans les rangs de mouvements terroristes ont été et seront toujours un défi pour l’appareil sécuritaire marocain. L’approche juridique ne suffit toujours pas pour les combattre », commente Ihsane El Hafidi, spécialiste en gouvernance sécuritaire.

« Le plus important reste le renseignement, la collecte des informations sur ces combattants et sur leurs relations familiales au Royaume. N’oublions pas que ce travail a permis de déjouer des actes terroristes au Maroc planifiés depuis le Sahel », ajoute notre interlocuteur qui fait appel aux chiffres officiels.

« En 2024, et sur les cinq cellules terroristes démantelées au Maroc, quatre avaient des liens directs avec des groupes extrémistes dans la région du Sahel », conclut Ihsane El Hafidi.

Pour ce qui concerne la région du Sahel, Abdellatif Hammouchi a dévoilé à Moscou des statistiques qui renseignent sur l’ampleur des défis sécuritaires que posent les groupes terroristes. Il a indiqué qu’en l’espace de trois années, des pays de cette région ont compté 51% des victimes des actes de terrorisme commis dans le monde entier, soit 3.585 sur 7.555.

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Espagne : arrestation d’un membre présumé de Daech en collaboration avec la DGST marocaine

« Grâce à la coopération étroite entre les deux services de sécurité, la présence de l’individu sur le territoire espagnol a pu être confirmée, ce qui a permis de relancer la procédure judiciaire engagée contre lui au Maroc pour des faits liés au terrorisme », indique la Garde civile dans un communiqué.

À la suite de son arrestation, le suspect a été déféré devant le juge de l’Audience nationale, juridiction compétente en matière de mandats d’arrêt internationaux, précise la même source.

La Garde civile a fait savoir que la lutte contre les menaces terroristes constitue une priorité pour les différents services antiterroristes nationaux et internationaux.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de la coopération continue entre l’Espagne et le Maroc en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, et des efforts des deux pays en faveur de la sécurité régionale et internationale.

Abdellatif Hammouchi à Vienne pour renforcer la coopération antiterroriste

Le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) et de la Surveillance du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi, a effectué, les 6 et 7 mai courant, une visite de travail à Vienne à la tête d’une délégation sécuritaire représentant le pôle de la DGSN et de la DGST.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la participation de la délégation de la DGSN et de la DGST aux travaux de la 22e réunion des chefs des services des renseignements et de sécurité dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), en plus de la Turquie et du Pakistan, organisée par l’équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions de l’ONU au Centre international de Vienne, indique un communiqué du Pôle DGSN-DGST.

La participation du directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire à ce forum sécuritaire multilatéral reflète l’engagement du Royaume du Maroc à renforcer la coopération sécuritaire régionale et internationale, ainsi que sa ferme volonté de partager son expertise et son expérience pionnière en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale avec les pays amis et alliés, ainsi que l’ensemble des partenaires internationaux, ajoute la même source.

Les discussions tenues dans le cadre de cette rencontre ont porté sur l’évolution des structures de commandement au sein de “Daech” et “Al Qaïda”, notamment à la lumière de la perte des bastions traditionnels et de l’émergence de nouvelles branches et sections régionales, ainsi que sur l’évaluation générale des menaces et des risques posés par ces organisations au niveau régional et international à court, moyen et long termes, poursuit-on.

Par ailleurs, ces discussions ont également permis d’analyser les nouvelles tendances en matière de ressources financières, d’armes et d’équipements logistiques adoptés par “Daech” et “Al Qaïda”, y compris les mécanismes de dissimulation et de cryptage des fonds. Elles ont aussi porté sur les dernières évolutions de la propagande, de la stratégie médiatique et de la communication organisationnelle au sein de ces organisations terroristes.

Parallèlement à ces activités organisées à la lumière de la coopération multilatérale, le directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire a eu d’intenses entretiens dans le cadre des relations de coopération sécuritaire bilatérale, avec les chefs des délégations des services de sécurité et de renseignement de plusieurs pays amis participants, dont le Qatar, la Turquie, le Royaume d’Arabie saoudite, le Pakistan et les Émirats arabes unis.

Ces entretiens bilatéraux ont été l’occasion de passer en revue les divers défis et menaces sécuritaires qui nécessitent de renforcer l’action commune en vue d’y faire face et de contrer les risques qu’elles posent, ainsi que d’examiner les moyens de promouvoir la coopération en matière de sécurité et de renseignements de manière à garantir la consolidation de la sécurité et la préservation de la stabilité.

Cette visite réaffirme la place de choix et le rôle déterminant du Maroc en matière de coopération sécuritaire internationale et traduit la crédibilité dont jouissent les services marocains de sûreté auprès de leurs partenaires régionaux et internationaux, en tant qu’acteurs majeurs dans les efforts conjoints destinés à préserver la sécurité et la stabilité mondiales, conclut le communiqué.

Grâce royale pour le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj

Abdelkader Belliraj fait partie d’un groupe de 31 détenus condamnés « dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme », graciés le lundi 31 mars par le Roi Mohammed VI, à l’occasion de la fête de Aïd al-Fitr.

Ils ont été graciés après avoir « revu leurs orientations idéologiques et rejeté l’extrémisme et le terrorisme », a expliqué un communiqué du ministère de la Justice.

Arrêté en 2008, le Belgo-Marocain avait été condamné à la réclusion à perpétuité l’année suivante après avoir été accusé d’être le chef d’un réseau d’islamistes radicaux et d’avoir commis six meurtres en Belgique à la fin des années 1980 et au début des années 1990, ce qu’il a nié catégoriquement. Sa peine avait été confirmée en appel en 2010.

(Avec AFP)

Cellule liée à Daech : voici le commentaire d’Alain juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE

Réagissant, dans une déclaration à la MAP, à la mise en échec d’un plan terroriste d’une extrême gravité visant le Maroc, à l’instigation et sur incitation directe d’un haut dirigeant de Daech au Sahel, ainsi qu’aux recherches et investigations menées par le BCIJ qui ont permis de recueillir des informations de terrain étayées par des données techniques sur l’existence d’une zone montagneuse, suspectée d’être utilisée comme l’arrière-base de soutien logistique en armes et munitions destinées aux membres de cette cellule pour l’exécution de ses plans terroristes, Alain Juillet a mis en avant « le professionnalisme, l’efficacité et l’anticipation des services de sécurité marocains ».

Évoquant l’existence de foyers radicaux islamistes au Sahel, il a fait remarquer que la capacité d’anticipation des services de sécurité est « extrêmement importante » pour empêcher ces individus de passer à l’acte.

Dans ce cadre, a-t-il précisé, le Maroc est connu pour être « un des pays les plus efficaces dans la lutte antiterroriste, grâce aux capacités d’anticipation de ses services et à leur maîtrise et bonne connaissance de ces milieux qui lui permettent d’identifier rapidement les risques et les menaces terroristes ».

L’ancien directeur à la DGSE a rappelé, dans ce contexte, l’ »excellent » niveau de coopération entre la France et le Maroc dans ce domaine.

« Les services de sécurité marocains obtiennent de très bons résultats. Ils sont bien informés. La dernière opération prouve qu’ils ont su agir efficacement avant que l’on soit arrivé au stade des attaques. Et ça, c’est très important dans le domaine de la lutte antiterroriste », a estimé Alain Juillet.

Et d’ajouter que « l’exploitation des résultats des investigations et enquêtes diligentées dans ce cadre va permettre non seulement d’éclaircir les tenants et aboutissants de cette affaire, mais de mettre au grand jour des ramifications dans d’autres pays, parce que le terrorisme islamiste a une vocation internationale ».

(Avec MAP)

Cellule terroriste liée à Daech : le film des événements et des interrogations légitimes

Les habitants des quartiers de neuf villes (Casablanca, Tanger, Tamesna, Azemmour, Tanger, Laâyoune, Fès, Guercif, Ouled Teïma) se sont réveillés, le mercredi 19 février, sur un scénario peu habituel.

Les services de la DGST et de la DGSN quadrillent le quartier que survolent des hélicoptères, alors que des snipers sont postés sur les toits pour ne rien laisser au hasard.

Des policiers (hommes et femmes) mettent à l’abri les habitants par mesure de sécurité avant l’intervention des éléments de la Force spéciale. Armés de béliers, ils enfoncent des portes blindées, lâchent des grenades assourdissantes et prennent d’assaut les lieux. D’autres membres de la même force interviennent depuis les terrasses à l’aide de cordages. En un clin d’œil, les cibles sont neutralisées : 12 individus au total, âgés entre 18 et 40 ans.

Les enquêteurs, accompagnés de chiens renifleurs, passent les lieux au peigne fin. Était-il nécessaire de procéder au déploiement d’un dispositif aussi imposant ? La réponse est oui, et les rebondissements qui suivront nous confortent dans cette conviction.

Les enquêteurs ont saisi des charges explosives prêtes à l’emploi sous forme de bonbonnes de gaz bourrées de clous pour faire le maximum de dégâts. Cela rappelle le mode opératoire des terroristes du 16 mai 2003. Mais aussi une cocotte-minute piégée, et cela nous renvoie à l’attentat du café Argana à Marrakech, le 28 avril 2011.

Plus tard dans cette journée du mercredi, les enquêteurs déterrent un autre engin explosif caché par les prévenus à Aïn Aouda, non loin de Rabat.

De Tamesna au Sahel et du Sahel à Boudnib

Le jeudi 20 février, l’enquête menée par la DGST débouche sur une autre découverte qui fait froid dans le dos. Un arsenal d’armes à feu est découvert dans la commune Oued Naâm dans la région de Boudnib, près de la frontière orientale du Royaume. Et il y avait de quoi perpétrer des massacres : deux Kalachnikov (fusils d’assaut), deux carabines, dix pistolets et des munitions de divers calibres.

Selon le pôle DGSN-DGST, ces armes avaient été introduites avec la complicité de réseaux de contrebande et déposées dans une cache dans une zone au relief accidenté et très difficile d’accès. Les coordonnées géographiques avaient été envoyées à certains prévenus qui formaient le noyau dur de la cellule (nous y reviendrons). Détail intéressant à retenir : certaines armes étaient emballées dans des journaux maliens datés du 27 janvier. Autrement dit, ces armes avaient été acheminées au Maroc après cette date.

Dans sa communication officielle, le pôle DGSN-DGST ne mentionne à aucun moment l’Algérie limitrophe du lieu où la cache a été découverte et par où avaient peut-être transité les armes. Un deuxième itinéraire est possible : la voie mauritanienne, mais elle aurait été beaucoup plus longue, et le mur de sécurité rend la tâche presque impossible. Quel rôle aurait alors joué le voisin de l’Est, sachant que lesdites armes ont peut-être traversé des centaines de kilomètres sur son territoire ? Difficile pour nous d’avancer une réponse, à ce stade de l’enquête.

« Qui nous dit que l’Algérie ne cherche pas à envenimer les relations entre le Maroc et le Mali, voire d’autres pays de la région, pour faire capoter les initiatives du Royaume en faveur de ces pays, et surtout l’Initiative atlantique lancée par le Roi Mohammed VI ? », s’interroge Ihssane El Hafidi, docteur spécialiste en gouvernance sécuritaire.

« Plusieurs pays du Sahel et surtout le Mali ont ouvertement accusé l’Algérie d’encourager les groupes terroristes dans la région, et ce n’est pas moi qui le dis. C’est officiel et écrit noir sur blanc ! », poursuit l’expert.

Sur ce dernier point, notre interlocuteur n’a pas tort. Début janvier, Bamako avait vivement protesté contre Alger à ce sujet. Dans un communiqué officiel, la diplomatie malienne avait dénoncé « la proximité et la complicité de l’Algérie avec les groupes terroristes, qui déstabilisent le Mali et à qui elle a offert le gîte et le couvert ».

L’enquête en cours nous apportera plus de lumière sur cet aspect.

Des lieutenants et des seconds couteaux

Le mode de fonctionnement de cette cellule est assez particulier. Il y a d’abord un noyau dur, dont les deux individus arrêtés à Tamesna, selon nos sources.

Ce noyau dur, formé de « coordonnateurs » était en contact direct avec Daech dans la région du Sahel. Les autres membres seraient des exécutants embrigadés pour passer à l’acte le moment venu. Mais tous, selon les autorités, ont prêté allégeance à Daech.

Et pour coordonner avec Daech au Sahel, la cellule traitait avec un haut responsable chargé des relations extérieures. Selon nos sources, ledit responsable serait marocain et frère de l’un des douze prévenus.

« Actuellement, près de 120 Marocains combattent dans les rangs de Daech au Sahel, et certains sont bien placés dans la hiérarchie de ce groupe terroriste. La plupart d’entre eux sont d’anciens détenus pour terrorisme au Maroc ou d’anciens combattants du groupe terroriste en Irak et en Syrie », souligne une source qui connaît bien le dossier.

Le démantèlement de cette cellule vient témoigner encore une fois du professionnalisme des services de sécurité marocains qui jouissent d’une grande réputation dans le monde entier en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

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Cellule terroriste liée à Daech : une cache d’armes découverte près de la frontière orientale du Maroc

Les investigations menées par le BCIJ, relevant de la DGST, dans le cadre de l’enquête en cours sur le démantèlement d’une cellule terroriste affiliée à l’organisation Daech opérant dans la région du Sahel, ont permis de recueillir des informations de terrain, corroborées par des données techniques, sur l’existence d’une zone montagneuse suspectée d’être utilisée comme base arrière pour le soutien logistique en armes et en munitions destinées aux membres de cette cellule en vue de l’exécution de leurs projets terroristes, annonce un communiqué de la DGSN-DGST.

La même source précise que « l’expertise technique et le processus de géolocalisation par satellite, réalisés à l’aide des coordonnées et des données géographiques saisies dans le cadre de l’enquête, ont permis d’identifier la zone suspecte dans la province d’Errachidia, précisément sur la rive est de l’Oued Guir, au niveau de « Tel Mzayel », relevant de la commune et du caïdat de « Oued N’aam », dans la région de Boudenib, à la frontière orientale du Royaume ».

« Les inspections sur le terrain et les opérations de cartographie ont révélé que la zone en question se trouve au pied d’une formation rocheuse escarpée, caractérisée par des accès difficiles et non aménagés. Cela a nécessité le déploiement de moyens logistiques afin de faciliter l’accès au site d’intervention pour mener les inspections requises et les investigations préliminaires nécessaires », poursuit le communiqué.

« En application du protocole de sécurité et de sûreté relatif aux menaces terroristes, notamment dans les zones suspectées de contenir des armes et des explosifs, le BCIJ a mobilisé des unités cynophiles spécialisées dans la détection d’explosifs, des équipements de détection de métaux, un dispositif de reconnaissance et d’identification des substances suspectes, ainsi que des robots spécialisés dans l’analyse des engins explosifs et un scanner à rayons X ».

« Les opérations de perquisition et de ratissage, qui ont duré près de trois heures, ont permis la découverte d’une cargaison d’armes et de munitions enterrée dans un endroit isolé au pied de la formation rocheuse. Ces armes étaient emballées dans des sacs plastiques et des journaux imprimés au Mali, notamment des hebdomadaires datés du 27 janvier 2025″.

« Les armes saisies dans le cadre de cette opération comprennent deux fusils d’assaut de type Kalachnikov avec deux chargeurs de munitions, deux fusils de chasse, dix pistolets de différents calibres, et une importante quantité de cartouches et de munitions de divers calibres ».

« L’ensemble des armes et des munitions saisies ont été placées sous scellés et inventoriées de manière détaillée avant d’être transférées au laboratoire national de la police scientifique pour les analyses balistiques et techniques nécessaires ».

« Les investigations menées jusqu’à présent indiquent que les armes et l’équipement saisis ont été fournis et expédiés par un haut responsable de Daech dans la région du Sahel, chargé des relations extérieures de l’organisation, via des circuits de contrebande illégaux ».

« Après avoir sécurisé l’acheminement et la dissimulation des armes et des munitions dans cette base logistique, ce dirigeant de Daech a transmis les coordonnées du site à l’équipe des « coordinateurs » au sein de la cellule terroriste démantelée hier, mercredi, en vue de leur récupération et de leur utilisation pour exécuter leurs projets terroristes ».

« Parallèlement à ces opérations de terrain, les enquêtes et investigations menées par le BCIJ se poursuivent sous la supervision du parquet compétent, afin d’identifier toutes les ramifications de cette cellule terroriste et de déterminer ses liens avec la branche africaine de Daech opérant dans la région du Sahel ».

 

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En images, la vaste opération antiterroriste menée dans 9 villes marocaines

Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), relevant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a mis en échec un dangereux projet terroriste fomenté par Daech. Une intervention de grande envergure, menée simultanément dans neuf villes du Maroc, a conduit à l’arrestation de 12 extrémistes liés à l’organisation terroriste Daech.

Les images révèlent le déroulement de cette opération spectaculaire : unités spéciales, équipes de tireurs d’élite, assaut coordonné, évacuation des habitants et perquisitions minutieuses ayant permis la saisie d’explosifs en cours de montage, en plus d’armes blanches, de cartes de repérages, de sommes d’argent (dont certaines en dollars) et de matériaux de propagande extrémiste.

 

Mise en échec d’un plan terroriste extrêmement dangereux visant le Maroc, 12 arrestations

Cette opération a été menée sur la base de renseignements précis fournis par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Selon la même source, ce projet terroriste avait été planifié et coordonné sous l’impulsion directe d’un haut responsable de Daech opérant dans la région du Sahel.

Une intervention simultanée a été effectuée dans plusieurs villes du Royaume, notamment Laâyoune, Casablanca, Fès, Taounate, Tanger, Azemmour, Guercif, Oulad Teïma et Tamesna.

Cette opération a conduit à l’arrestation de 12 individus âgés de 18 à 40 ans, ayant prêté allégeance à Daech et activement impliqués dans la préparation et la coordination d’actions terroristes majeures.

L’intervention a été supervisée par les forces spéciales de la DGST, qui ont appliqué un protocole de sécurité strict en raison de la menace terroriste élevée. Des tireurs d’élite ont été déployés aux points d’intervention et des équipes spécialisées ont été mobilisées pour la détection d’explosifs et l’inspection des lieux suspects. Par ailleurs, des policiers ont procédé à l’évacuation préventive des habitants des logements situés à proximité des zones ciblées, afin de garantir leur sécurité.

Afin d’éviter toute résistance violente de la part des membres de la cellule terroriste, les forces spéciales ont utilisé des grenades assourdissantes à titre préventif.

Les perquisitions menées dans les domiciles des suspects ont permis la saisie d’engins explosifs en cours d’assemblage à Tamesna. Parmi les objets retrouvés figurent quatre bonbonnes de gaz modifiées contenant des clous et des substances chimiques, reliées par des fils électriques à des téléphones portables servant de détonateurs à distance.

Une cocotte-minute suspecte, remplie de clous et de substances chimiques explosives, a également été découverte, en plus d’un important arsenal d’armes blanches, d’une somme en dollars américains et de divers produits chimiques suspects.

D’autres éléments saisis dans les logements des suspects incluent un dispositif de vision à distance, des répliques d’armes à feu, des supports numériques, des masques destinés à dissimuler leur identité ainsi qu’une fresque murale arborant le logo de Daech. Des documents manuscrits détaillant les repérages de plusieurs sites et infrastructures ciblés ont également été retrouvés.

L’enquête en cours révèle que les membres de cette cellule étaient directement liés à un haut dirigeant de Daech opérant au Sahel. Ce dernier, membre de la « commission des opérations extérieures » de l’organisation, était chargé de coordonner les financements et le soutien logistique des cellules affiliées en dehors de la région sahélienne. Il avait également fourni aux membres arrêtés des contenus numériques expliquant les modalités pratiques de mise en œuvre des attentats.

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Le Maroc compte 3.067 anciens détenus pour terrorisme

Ces statistiques ont été dévoilées par Boubker Sabik, porte-parole du pôle DGSN-DGST, lors de sa participation le dimanche 9 février à une rencontre organisée par le Conseil supérieur des Oulémas.

Selon le responsable sécuritaire, sur les 3.067 individus ayant été condamnés pour terrorisme, 168 sont d’anciens combattants en Syrie et en Irak, sachant que la législation nationale interdit aux Marocains de se rendre dans les zones de conflits et d’y combattre.

Pour Boubker Sabik, la réinsertion de cette catégorie d’anciens détenus pose un « grand défi » au Maroc, surtout avec la crainte de la récidive. Le responsable sécuritaire cite dans ce sens le cas du terroriste récidiviste qui avait pris part au crime commis en décembre 2018 à Imlil, coûtant la vie à deux jeunes touristes scandinaves.

Plus loin dans le temps, Abdellatif Amrine avait été arrêté une deuxième fois en tant que membre de la cellule ayant commis les attentats du 11 mars 2007 à Casablanca. Kamikaze réserviste des attentats du 16 mai 2003, il avait été condamné à 30 ans de réclusion avant de bénéficier d’une grâce royale pour raisons humanitaires (il était atteint d’un grave cancer) et de récidiver.

Boubker Sabik a évoqué un autre nouveau phénomène qui pourrait générer de nombreux problèmes : ceux que l’on surnomme « Achbal Al Khilafa » (Les lionceaux du califat), une nouvelle génération de combattants mineurs marocains en Syrie. Ces combattants ont reçu une formation militaire et ont surtout été préparés à mener des attentats kamikazes.

Le responsable sécuritaire a révélé que 382 d’entre ces combattants se trouvent actuellement dans les prisons syriennes.

En collaboration avec la DGST, arrestation de 7 membres présumés de Daech en Espagne

Trois suspects ont ainsi été interpellés dans la province de Tolède grâce à des renseignements fournis par la DGST sur un groupe d’individus dans un stade avancé de radicalisation, indique la Garde civile dans un communiqué.

Selon les données de l’enquête, l’un des mis en cause exerçait une influence sur son entourage et tenait un discours de propagande à caractère djihadiste, relayé sur les réseaux sociaux par plusieurs de ses partisans, dont un mineur qui a été également arrêté dans le cadre de cette opération.

Les perquisitions effectuées lors de cette opération, dont la DGST a joué un rôle clé, ont permis la saisie de matériel multimédia dont le contenu fait l’apologie d’organisations terroristes et d’actes de violence, notamment des attaques suicides, ajoute la même source.

Par ailleurs, les opérations menées dans les provinces de Pontevedra et Madrid ont permis l’arrestation de plusieurs suspects dissimulant des contenus de propagande djihadiste dans des vidéos prétendant promouvoir l’activité physique et les techniques de défense personnelle.

Appuyées par la DGST, ces opérations ont été menées sous la supervision du tribunal central d’instruction, en coordination avec le ministère public de l’Audience nationale espagnole et avec le soutien d’Europol en vue de démanteler les réseaux de radicalisation et de prévenir de potentielles menaces terroristes.