Groupe Binladin : Sama Marina réduit sa condamnation face à AVM

Une décision réformée, mais pas infirmée. Sama Marina devra bien payer la créance due à Advanced Vision Morocco (AVM). La cour d’appel de commerce de Casablanca vient de rendre son verdict dans ce dossier opposant deux entreprises du même écosystème de construction et d’ingénierie : elle ramène le montant dû à 41,23 millions de DH, au lieu des 47,3 MDH prononcés en première instance, tout en confirmant le principe de la condamnation.

L’arrêt a été rendu le 24 novembre 2025. Il confirme l’essentiel du jugement prononcé fin mai au profit d’AVM, société actuellement en redressement judiciaire, tout en rognant légèrement sur le montant litigieux. Cette confirmation en appel rend la créance exigible à l’encontre de Sama Marina, maître d’ouvrage de plusieurs chantiers stratégiques.

Pour AVM, cette décision représente une bouffée d’oxygène financière. L’entreprise, spécialisée dans les travaux électromécaniques (climatisation, plomberie, protection incendie, courants forts et faibles), est en cessation de paiements et cherche depuis 2022 une issue viable à sa procédure de redressement.

Cette nouvelle décision intervient quelques mois après un précédent revers judiciaire pour Sama Marina. Le 21 mai 2025, la cour d’appel de commerce avait confirmé une condamnation de 44 MDH en faveur de TGCC, dans un dossier lié aux travaux du Marriott de Tétouan. Cette affaire fait aujourd’hui l’objet d’un pourvoi en cassation introduit par Sama Marina, assistée par Me Hamid Andaloussi.

Les deux contentieux ne sont pas sans connexion. Sama Marina est défenderesse dans les deux procédures ; AVM, pour sa part, appartient au périmètre de sociétés opérant autour des projets Binladin au Maroc, tandis que TGCC avait signé en 2021 une lettre d’intention en vue de racheter AVM avant de renoncer à l’opération après diligences.

Les croisements apparaissent aussi dans le document de référence 2024 de TGCC. La société y déclare deux expositions distinctes concernant Sama Marina et AVM, chacune inscrite comme contentieux actif : dans un cas, le jugement condamnant Sama Marina à verser 47,3 MDH ; dans l’autre, une condamnation de 44 MDH issue d’une procédure parallèle. TGCC y figure dans les deux cas comme demanderesse.

BTP marocain : un marché qui a changé d’échelle sous l’effet des investissements publics et privés

Le secteur du BTP marocain évolue dans un paysage particulièrement concurrentiel, porté par plusieurs acteurs de référence aux profils complémentaires.

Six groupes structurent aujourd’hui le marché. TGCC, SGTM, Jet Contractors, Somagec, Sogea Maroc et Bymaro concentrent aujourd’hui l’essentiel des grands chantiers du Royaume et interviennent sur des projets variés, qu’il s’agisse d’infrastructures, d’ouvrages d’art, de bâtiments ou d’équipements stratégiques.

Deux d’entre eux, TGCC et Jet Contractors, sont déjà présents en bourse, tandis que SGTM s’apprête à les rejoindre à travers son introduction. Le reste n’est pas coté.

Et comme 2025 est une année dynamisée par les chantiers de la CAN et les premiers travaux liés à la Coupe du monde 2030, l’ensemble du secteur bénéficie d’une visibilité accrue, ce qui a naturellement ravivé l’intérêt des investisseurs pour les valeurs du BTP.

SGTM ressort comme l’acteur le plus important du trio coté, avec un chiffre d’affaires de 7,12 milliards de DH, un carnet de commandes de 34,5 MMDH et un RNPG de 738,9 MDH, c’est un niveau d’activité nettement supérieur.

TGCC suit avec un chiffre d’affaires de 5,07 MMDH, un carnet de 19,1 MMDH et un RNPG de 416 MDH, position qui reflète un périmètre intermédiaire. Jet Contractors affiche des volumes plus contenus, avec une production de 1,69 MMDH, un carnet de 9,2 MMDH et un RNPG de 126 MDH, ce qui correspond à une échelle plus réduite. L’ensemble met en évidence trois positions clairement différenciées, structurées autour des niveaux de chiffre d’affaires, de carnet de commandes et de résultat net.

Tableau : comparatif S1 2025 des trois acteurs cotés du BTP

Une accélération marquée sur la décennie 2014-2024

Il faut rappeler que l’évolution du BTP au Maroc entre 2014 et 2024 s’appuie sur une dynamique très solide, marquée par une montée en puissance continue du marché et par une contribution croissante à la richesse nationale.

Entre 2014 et 2019, la valeur absolue du secteur progresse de 53,6 MMDH à 66,7 MMDH, soit un taux de croissance annuel moyen de 4,5%, porté par une vague d’investissements dans les infrastructures, les projets hydrauliques, le transport et l’urbanisation.

Le secteur avance ainsi plus rapidement que le PIB national, ce qui traduit un rôle moteur dans la transformation économique du pays.

La pandémie interrompt cette progression en 2020, avec une activité ramenée à 64,2 MMDH. Dès 2021, l’ensemble du secteur retrouve un rythme ascendant grâce à la relance des chantiers structurants et au maintien d’une demande soutenue.

L’année 2024 marque une véritable rupture d’échelle : la valeur ajoutée atteint 89,8 MMDH, soit une progression de 24% par rapport à 2023.

Cette hausse exceptionnelle reflète l’intensification des investissements dans les infrastructures stratégiques (transport, énergie, équipements sportifs), l’accélération des programmes d’habitat et les opérations liées à la reconstruction post-sismique dans la région d’Al Haouz. La nouvelle Charte de l’investissement contribue également à stimuler les initiatives privées, ce qui renforce la dynamique générale.

Sur le plan social, l’impact du secteur se confirme. Le BTP représente 12,3% de l’emploi national en 2024, avec 13.000 nouveaux postes créés au cours de l’année, après 19.000 en 2023. Sur la période 2022-2024, le secteur génère plus de 30.000 emplois, ce qui illustre sa capacité à absorber une main-d’œuvre nombreuse et à accompagner l’expansion économique du pays.

L’année 2025 prolonge cette tendance, avec une trajectoire proche de la barre symbolique des 100 MMDH de valeur ajoutée, soutenue par un environnement porteur : taux d’intérêt plus favorables, politiques incitatives pour le logement, montée en puissance des programmes d’eau et d’énergie.

L’ensemble de ces paramètres dessine une perspective de croissance régulière, qui pourrait conduire le marché à 122 MMDH à l’horizon 2030, soit une progression annuelle moyenne de 5,8% sur la période 2024-2030.

Les perspectives 2024-2030 : un marché structuré autour de trois moteurs

La trajectoire du BTP pour la période 2024-2030 s’appuie sur une dynamique d’investissement qui dépasse tout ce que le secteur a connu au cours des dernières décennies. Depuis plus de dix ans, le marché avance à un rythme soutenu, avec une croissance cumulée de 61% entre 2014 et 2024.

L’année 2024 illustre cette tendance, car la valeur ajoutée atteint près de 90 MMDH et confirme l’ancrage du BTP au cœur de la Formation brute du capital fixe, dont il capte plus de la moitié. Cette progression s’organise autour de trois moteurs complémentaires qui structurent l’ensemble du marché.

Le premier levier repose sur l’investissement public, qui concentre plus de 75% de la demande adressée au secteur.

À l’horizon 2030, les programmes publics prévoient près de 1.000 milliards de DH d’investissements dans des chantiers d’envergure nationale

L’eau constitue l’un des blocs les plus significatifs, avec environ 285 MMDH consacrés aux barrages, aux stations de traitement et aux infrastructures de sécurisation hydrique. L’industrie suit la même logique, car le programme d’investissement du groupe OCP mobilise près de 260 MMDH pour l’extension des unités, le renforcement des chaînes logistiques et les infrastructures énergétiques associées.

L’énergie représente elle aussi un axe stratégique, avec environ 167 MMDH destinés aux projets solaires, éoliens, gaziers et aux réseaux de transport électrique.

Enfin, la mobilité et les transports s’inscrivent dans un effort significatif, avec près de 189 MMDH qui alimentent les chantiers routiers, ferroviaires, métropolitains et le plan « Aéroports 2030 », destiné à porter la capacité nationale à 80 millions de passagers. La préparation de la Coupe du monde 2030 accentue encore cette dynamique et accélère la modernisation des infrastructures sportives, urbaines et touristiques.

Le deuxième moteur renvoie à l’investissement privé productif, qui entre dans un cycle de transformation profond. Le ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques fixe une ambition claire à l’horizon 2026, avec 550 MMDH d’investissements privés et 500.000 emplois pérennes. Cette stratégie vise également une part de 50% de l’investissement total portée par le privé, portée par une nouvelle génération de mesures qui modernisent l’écosystème.

La Charte de l’investissement joue un rôle décisif à travers des mécanismes de soutien territorialisés, une simplification du climat des affaires et une gouvernance unifiée incarnée par la réforme des Centres régionaux d’investissement. Cette dynamique se traduit par un volume annuel d’investissement privé compris entre 110 et 130 MMDH entre 2023 et 2025, enrichi par 377 MMDH d’investissements approuvés par la Commission nationale de l’investissement sur une période de deux ans.

Le Nouveau modèle de développement projette même une montée progressive vers une part de 65% d’investissement privé à l’horizon 2035, ce qui place le secteur productif au centre de la transformation économique du pays.

Le troisième pilier s’observe du côté du résidentiel, fortement influencé par les tendances démographiques et l’urbanisation. Le Maroc pourrait atteindre 39,3 millions d’habitants en 2030, avec un taux d’urbanisation qui progresserait de 65,2% actuellement à près de 67,8%. Cette dynamique crée une demande soutenue en logements, en infrastructures de proximité et en équipements collectifs. Les dispositifs incitatifs, tels que « Daam Sakane », accompagnent cette évolution et soutiennent l’accès à la propriété, tandis que la modernisation des villes renforce la place du résidentiel comme composante essentielle du marché.

L’ensemble de ces moteurs dessine une trajectoire de croissance durable pour la période 2024-2030. La valeur ajoutée du BTP pourrait croître à un rythme annuel proche de 5,8%, pour atteindre environ 122 MMDH d’ici 2030. Cette accélération confirme le rôle structurant du secteur dans le développement économique du Royaume, tout en offrant une visibilité longue aux entreprises et aux investisseurs qui accompagnent cette nouvelle phase d’expansion.

https://medias24.com/2025/11/20/deux-ipo-6-mmdh-cash-plus-sgtm-bachir-tazi/

TGCC baisse en bourse de 16% en deux mois et demi : les raisons de la correction

TGCC reste l’un des grands gagnants de l’année boursière 2025, avec une performance de plus de +87% en YTD. Pourtant, le titre connaît depuis la fin de l’été une phase de repli notable : entre fin août et le 17 novembre, l’action est passée de 1.061 DH à 895 DH, soit une baisse d’environ 16%.

Une correction d’ampleur pour une valeur qui avait enchaîné les records, ce qui interroge aujourd’hui les investisseurs, notamment les petits porteurs. Pourquoi ce mouvement s’accentue-t-il alors que les fondamentaux restent solides ? Quels paramètres expliquent cette évolution du cours ? Et surtout, jusqu’où cette phase de consolidation peut-elle aller ?

Pourquoi TGCC corrige : un rallye exceptionnel suivi d’un retour à l’équilibre

Le recul récent de TGCC intervient après une période exceptionnelle, portée par un narratif très favorable au secteur du BTP : grands chantiers de la CAN, premières projections liées à la Coupe du monde 2030, relance des projets publics et appels d’offres d’infrastructures.

« Le marché avait intégré cette dynamique à pleine puissance, ce qui a fortement profité à TGCC. Sa forte augmentation de capital, réalisée dans un contexte d’appétit intense pour la valeur, avait d’ailleurs été absorbée sans difficulté, renforçant encore la conviction des investisseurs », explique un analyste de la place.

Cette euphorie ne s’est pas limitée à TGCC. L’ensemble du segment lié aux grands chantiers a surperformé, y compris Jet Contractors, qui a également bénéficié de l’embellie sectorielle et des anticipations élevées des marchés. « Le titre TGCC évoluait donc dans un environnement très porteur, presque idéal, où chaque annonce liée aux projets structurants renforçait le momentum« .

Au-delà de l’enthousiasme qui a porté tout le secteur du BTP et de la correction technique observée après plusieurs mois de hausse, d’autres facteurs plus structurels expliquent la pression actuelle sur le titre.

Plusieurs analystes sondés par Médias24 évoquent des mouvements d’allocation qui se sont intensifiés depuis septembre, dans un marché devenu plus sensible aux arbitrages sectoriels.

« La correction actuelle n’est pas seulement technique. On voit clairement des arbitrages : certains investisseurs considèrent que les valeurs du BTP sont arrivées à des niveaux un peu tendus et que la majorité des bonnes nouvelles, y compris les résultats attendus sur les prochains trimestres, est déjà dans les prix ».

« Le facteur nouveau, c’est la future IPO de SGTM. Beaucoup se disent : ‘On sécurise les gains sur TGCC et on se prépare pour l’entrée de SGTM pour en profiter aussi’. C’est un comportement classique quand un secteur devient très recherché et qu’un nouvel acteur arrive avec un fort potentiel ».

TGCC fait partie des valeurs momentum. Elles sont les premières à monter, mais aussi les premières à corriger dès que le marché respire. C’est un cycle naturel, pas un signal négatif sur la société

« Quand on regarde la valorisation actuelle, on comprend pourquoi certains investisseurs deviennent prudents. Un P/E autour de 45,9 veut dire que le marché paie presque 46 années de bénéfices, ce qui est très élevé pour une valeur du BTP ».

« Un P/B proche de 17,5 montre que le titre vaut plus de 17 fois ses fonds propres, ce qui n’est normalement réservé qu’aux sociétés à très forte croissance. Et un Price to Sales d’environ 3,4 signifie que l’action se traite à plus de trois fois son chiffre d’affaires. Avec des niveaux pareils, certains estiment que beaucoup de bonnes nouvelles sont déjà dans le cours, et qu’il faudra des résultats irréprochables pour continuer à les justifier ».

Arbitrages, valorisations tendues et fin de l’effet « surprise » : ce qui pèse aujourd’hui sur TGCC

TGCC va continuer à croître, mais sur un rythme plus normal. Le chiffre d’affaires passerait de près de 11,8 milliards de DH en 2024 à 12,5 MMDH en 2025 puis à 13,2 MMDH en 2026, soit environ 6% de hausse par an, selon les prévisions disponibles de BKGR.

Le résultat d’exploitation, lui, resterait quasiment stable en 2025 autour de 1,96 MMDH, avant de repartir vers 2,06 MMDH en 2026. Le bénéfice net progresse fortement de 681 millions de DH en 2024 à 896 MDH en 2025, puis 961 MDH en 2026, ce qui confirme la qualité du dossier.

Même les dividendes montent régulièrement, de 11,5 DH à 15 DH, puis 18 DH. Le point clé, c’est que toutes ces données sont déjà connues et intégrées dans les cours. TGCC reste une belle valeur de croissance, mais le marché n’a plus l’effet de surprise, et c’est pour cela que l’on voit aujourd’hui des arbitrages et des prises de bénéfices après la flambée des derniers mois.

« Il y a des volumes importants sur la valeur, ce qui traduit des flux soutenus d’achats et de ventes. Le gros aller-retour qu’on a vu récemment sur TGCC, avec un volume très élevé, n’a rien d’un signal fondamental. C’est typiquement une opération technique : un investisseur réalise une plus-value, sort, puis revient quasiment au même niveau pour repositionner son portefeuille. Cela arrive quand un titre a beaucoup monté et que les gérants veulent « verrouiller » une performance avant de repartir. Ça crée de la volatilité sur quelques séances, mais ça ne remet pas en cause le dossier. C’est un comportement classique en fin d’année, surtout sur des valeurs très liquides et très recherchées comme TGCC ».

Pour rappel, au premier semestre 2025, TGCC a réalisé un chiffre d’affaires de 5,6 MMDH, en hausse de 43,6% sur un an. Le carnet de commandes atteint un niveau record de 19,1 MMDH, soit une hausse de 122% par rapport à fin juin 2024. Ce carnet de commandes historique, dont 71% sont liés au secteur public et semi-public, permet au groupe de sécuriser une part significative de son chiffre d’affaires futur.

Sur la fin 2025, on s’attend à une trajectoire plus calme pour TGCC

« Le marché a déjà intégré les grands leviers de croissance et regarde maintenant la capacité du groupe à livrer ce qui est prévu. Les prévisions restent bonnes, mais plus linéaires : environ 6% de hausse du chiffre d’affaires par an, un résultat d’exploitation qui repart légèrement en 2026, et un bénéfice net qui devrait dépasser les 960 MDH l’an prochain. On n’est plus dans la phase d’accélération qui a porté le rallye de 2024-2025, on est dans une phase de normalisation où les investisseurs veulent voir la confirmation opérationnelle avant de recharger la position », estime un analyste de la place. Tandis que MSIN avait recommandé de renforcer le titre en fin d’octobre pour un objectif de 1.020 DH.

https://medias24.com/2025/10/04/tgcc-et-jet-contractors-deux-valeurs-du-btp-au-coeur-des-attentes-en-bourse/

TGCC : un volume exceptionnel de 398 millions de DH

Au total, 448.213 actions de TGCC ont été échangées à un cours de 888,1 DH, avant une clôture à 900 DH, en hausse de 1,35%.

Ce volume représente environ 1% du capital de la société, dont la capitalisation boursière atteint 31,2 MMDH.

Selon un analyste de marché contacté par Médias24, ce mouvement correspondrait à une opération technique de type aller-retour, permettant à un investisseur de constater une plus-value sur le titre sans modifier l’actionnariat effectif.

TGCC : M.S.IN recommande de renforcer le titre avec un objectif de 1.020 DH

« Nous recommandons de renforcer le titre TGCC dans les portefeuilles », souligne M.S. IN dans sa dernière note de recherche. L’évaluation repose sur un modèle d’actualisation des flux de trésorerie futurs (DCF) et traduit, selon la société de Bourse, « une décote de 12% sur la base des hypothèses retenues ».

Le groupe TGCC continue de profiter d’un contexte porteur pour le secteur de la construction, stimulé par la relance de l’investissement public et le lancement de grands projets d’infrastructure.

« Après trois années difficiles pour le BTP, le secteur se redresse fortement depuis 2024 et 2025, tirant profit des efforts importants en matière d’investissement public », observe M.S.IN.

Au premier semestre 2025, TGCC a réalisé un chiffre d’affaires de 5,6 milliards de dirhams, en hausse de 43,6% sur un an. Le carnet de commandes atteint un niveau record de 19,1 milliards de dirhams, soit une hausse de 122% par rapport à fin juin 2024.

« Ce carnet de commandes historique, dont 71% sont liés au secteur public et semi-public, permet au groupe de sécuriser une part significative de son chiffre d’affaires futur », précise M.S.IN.

Structure financière solide et désendettement maîtrisé

TGCC affiche une situation financière solide, avec un fonds de roulement de 1,8 milliard de dirhams et une trésorerie nette excédentaire de 14 millions de dirhams à fin 2024.

« Le taux d’endettement s’est fortement amélioré, passant de 67,5% en 2023 à 38,1% en 2024 », indique la note. L’endettement a atteint 3 milliards de dirhams à fin juin 2025, en lien avec l’acquisition de STAM VIAS, mais cette dette a été remboursée après une augmentation de capital de 2,2 milliards de dirhams réalisée en août 2025.

« Cette opération renforce la présence du groupe dans les métiers liés aux infrastructures et à la construction routière, tout en offrant des perspectives de synergies et de croissance rentable », analyse M.S.IN.

Dividendes généreux et visibilité à moyen terme

Entre 2021 et 2024, TGCC a versé un dividende ordinaire compris entre 5,5 et 11,5 DH, soit un taux de distribution moyen de 71,6% et un rendement moyen de 3,5%.

« Nous anticipons la poursuite d’une politique de distribution attractive, avec un dividende moyen projeté de 27,2 dirhams sur la période 2025-2029 », indique M.S.IN, qui table sur un taux de croissance annuel moyen de 16% et un payout moyen de 70,9%.

Valorisation : un potentiel de +12%

Pour sa valorisation, la société de Bourse retient un TCAM du chiffre d’affaires consolidé de 9,9% sur 2025–2029, un coût moyen pondéré du capital (CMPC) de 7,6% et un gearing de 38,1%.

« Sur cette base, la valeur théorique du titre ressort à 1.020 DH », conclut M.S.IN, ajoutant que « la solidité financière de TGCC, la visibilité sur ses flux futurs et sa position dominante dans les grands projets d’infrastructure justifient de renforcer le titre ».

TGCC renverse Sienna Invest à la cour d’appel

Sienna Invest, promotrice des Ritz-Carlton au Maroc, vient d’essuyer un revers judiciaire face à TGCC, en charge des travaux de construction. La cour d’appel de commerce de Casablanca a condamné la société dirigée par Samir Zenagui à verser à TGCC 6,47 millions de dirhams, assortis des intérêts légaux dans la limite de 4,16 MDH.

L’arrêt, rendu le 21 octobre 2025, annule un jugement de première instance datant de 2019, qui avait débouté le groupe de BTP de sa demande de paiement.

Le contentieux s’inscrit dans la série de litiges entourant les chantiers liés à la marque internationale Ritz-Carlton au Maroc, pour lesquels TGCC intervenait comme entreprise réalisatrice.

Selon le document de référence 2024 du groupe déposé à l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), Mohammed Bouzoubaa et ses équipes réclament à leurs maîtres d’ouvrage le règlement de décomptes impayés et des intérêts moratoires pour des montants de 5,89 MDH dans le dossier du Ritz M’diq.

Sienna est également évoquée dans un conflit autour de son hôtel Marriott, TGCC invoquant une créance de 50 MDH sur ce volet. Le même document cite aussi le cas de RCGR, filiale du même groupe qui compte Sienna Invest dans son tour de table. TGCC évoque un jugement contre cette entité pour un montant de 25 MDH autour du Ritz Rabat.

Les soubresauts judiciaires de Sienna Invest ont été amorcés bien avant son conflit actuel avec TGCC. Le premier front s’est ouvert autour du foncier du Ritz-Carlton M’diq, à la suite de la décision du ministère des Finances, en octobre 2022, de résilier les contrats de cession et de location conclus plus d’une décennie plus tôt avec la société. Ces contrats portaient sur plus de 130 hectares acquis et loués par Sienna dans le cadre d’une convention d’investissement signée avec l’État en 2011, pour la réalisation d’un complexe hôtelier, d’un golf et de résidences de luxe.

La société avait contesté cette décision devant la juridiction administrative, soutenant que la résiliation était injustifiée et réclamant la restitution des terrains ou, à défaut, un dédommagement financier. Le litige était allé jusqu’en cassation, où Sienna Invest avait finalement été déboutée, confirmant la reprise du foncier par le domaine privé de l’État.

Dans le sillage de ce revers, d’autres partenaires liés au projet Ritz-Carlton avaient, à leur tour, engagé des poursuites. Parmi eux figure Novec, filiale du groupe CDG, qui réclamait à Sienna Invest le paiement de créances totalisant plus de 33 millions de dirhams au titre de prestations techniques et d’études.

En 2024, Novec était même allée jusqu’à solliciter la liquidation judiciaire de son débiteur. Le tribunal de commerce de Rabat avait accédé à cette demande, estimant que la société se trouvait dans une situation financière irrémédiablement compromise. Mais cette procédure avait été annulée en appel. La juridiction de deuxième degré avait considéré qu’à cette époque, la situation de Sienna Invest n’était pas irrémédiablement compromise, et qu’elle ne se trouvait pas en cessation de paiements au sens du Code de commerce.

Pour convaincre les juges, la défense de l’entreprise avait fait valoir que sa trésorerie dépendait d’un cycle d’investissement long, propre au secteur immobilier, et que la commercialisation de ses villas et appartements pouvait générer à terme près de 1,4 milliard de dirhams de recettes. Elle avait aussi souligné que, dans l’hypothèse où l’État reprendrait définitivement le foncier, la société pourrait revendiquer un droit à indemnisation en vertu des stipulations contractuelles.

TGCC et Jet Contractors : deux valeurs du BTP au cœur des attentes en bourse

Le BTP se comporte bien en bourse, porté par plusieurs facteurs, en particulier les investissements massifs liés aux préparatifs de la Coupe du monde 2030 et de la CAN.

Les carnets de commandes des entreprises du secteur se sont renforcés, ce qui a entraîné une vague d’optimisme et un engouement marqué pour les valeurs du BTP. Depuis le début de l’année 2025, le secteur affiche une progression de plus de 20%.

La capitalisation totale des sociétés qui constituent l’indice « Matériaux de construction et bâtiment » avoisine désormais 124 MMDH. À elles seules, TGCC et Jet Contractors représentent près de 32% de ce total.

Dans le détail, TGCC s’est appréciée de 92% depuis le début de l’année, tandis que Jet Contractors a progressé de 27%.

Mais comme l’ensemble du marché, les deux titres n’ont pas échappé à la correction observée en septembre. TGCC a reculé de 13,3% sur le mois, alors que Jet Contractors a mieux résisté avec une très légère hausse de 0,03%.

TGCC a d’abord connu une belle envolée cet été, atteignant un sommet à 1.082 DH le 27 août. Mais dès le 12 septembre, le titre est passé sous les 1.000 DH, et la correction a commencé avant même celle du marché. Le repli s’est accentué jusqu’à un point bas à 885 DH le 29 septembre, puis l’action a terminé le mois à 910 DH.

Jet Contractors a suivi un chemin différent. Partie de 1.951 DH en juillet, il a atteint 2.610 DH le 25 août. Contrairement à TGCC, il est resté solide la première moitié de septembre au-dessus de 2.500 DH. Ce n’est qu’à partir du 23 septembre qu’il a commencé à reculer, pour finir le mois à 2.390 DH.

Alors que peut-on dire sur ces évolutions ? Y a-t-il encore une marge de progression pour ces deux titres en bourse ?

Ce que disent les analystes

« En matière de valorisation, les deux sociétés affichent des niveaux très élevés par rapport au marché. Le PER de Jet Contractors est passé de 22,5x en septembre 2024 à 44,1x à fin 2024, puis à 55,1x début octobre 2025″, indique un analyste de la place.

« L’écart est net avec TGCC, qui reste un peu en retrait mais suit la même tendance. Son PER est passé de 26,3x en septembre 2024 à 28,9x fin 2024, puis 36,9x au premier trimestre 2025, 40,1x au deuxième trimestre, et 45,5x début octobre », précise-t-il.

« Le PER moyen du MASI s’élève en 2025 à 22,6x. Cela signifie que TGCC et Jet Contractors se négocient à près du double de la moyenne, ce qui illustre l’anticipation des investisseurs sur la croissance du secteur et l’effet d’attraction lié aux grands chantiers attendus ».

Les investisseurs ont payé à l’avance la dynamique portée par les chantiers de la Coupe du monde et de la CAN, ainsi que l’optimisme général sur le secteur

Par ailleurs, « Jet Contractors et TGCC ne sont plus de simples cycliques du BTP. Ce sont désormais des valeurs de croissance, qui attirent les investisseurs grâce à leur diversification ».

Un autre analyste estime que, malgré la valorisation exigeante des deux titres, ils représentent toujours des profils intéressants pour renforcer les portefeuilles, et qu’il reste une marge de progression en bourse.

Analyse technique

Techniquement parlant, « le titre de TGCC évolue désormais sous ses moyennes de 20 et 50 jours, situées autour de 960 DH et 1.000 DH, ce qui montre une perte de vitesse par rapport à la tendance estivale », explique notre analyste.

« La zone 880-900 DH constitue un premier niveau d’appui, alors que la zone des 1.000 DH reste la résistance à surveiller pour valider un retour de tendance haussière. Les indicateurs de momentum signalent une situation de survente, ce qui peut favoriser un mouvement de reprise technique à court terme ».

Concernant Jet Contractors, « au début octobre, le titre évolue autour de 2.360 DH, en dessous de sa moyenne de 20 jours (2.482 DH), mais toujours au-dessus de sa moyenne de 50 jours (2.386 DH) ».

« La zone des 2.350-2.400 DH constitue un premier support de court terme, tandis que la zone des 2.500 DH reste la résistance immédiate à franchir pour relancer la dynamique haussière ».

« Les indicateurs de momentum montrent un affaiblissement progressif, avec un passage récent en zone de survente, ce qui peut favoriser un rebond technique. Pour autant, la tendance de fond reste encore constructive, tant que le titre se maintient au-dessus de ses niveaux de 50 jours ».

Les résultats financiers des deux entreprises au S1-2025

Le premier semestre 2025 de Jet Contractors confirme la solidité de sa trajectoire. La production s’est élevée à 1,69 MMDH, en progression de 21% par rapport à S1 2024. Le résultat net consolidé atteint 128 MDH, en hausse de 38%, ce qui montre que la rentabilité suit la croissance de l’activité.

D’ailleurs, le groupe dispose d’un carnet de commandes de 9,2 MMDH, dont 31% à l’international

Le groupe a acquis un lot important de matériel de travaux publics pour accompagner le lancement de son activité barrages, ouvrages d’art et ferroviaire, financée en grande partie par l’émission obligataire. Cette opération alourdit la dette, mais elle renforce l’outil industriel et la capacité à exécuter de grands projets.

Les dettes de financements de Jet Contractors sont passées de 268 MDH à fin 2024 à plus de 1,2 MMDH au 30 juin 2025.

Cela représente une hausse de près de 1 milliard de DH en six mois, soit plus de 360%. L’essentiel provient de l’émission obligataire lancée pour financer le matériel destiné à la nouvelle activité barrages et ouvrages d’art.

Jet Contractors met en avant le développement de Jet Energy, sa filiale dédiée aux projets solaires et énergétiques, présentée comme un relais de croissance majeur. Le groupe veut en faire un champion régional, capable de profiter de la demande énergétique croissante au Maroc et en Afrique.

Pour TGCC, le premier semestre 2025 montre une vraie montée en puissance. Le produit d’exploitation s’élève à 5,6 MMDH, en progression de 43,6%. Cette hausse est en grande partie liée à l’intégration de STAM VIAS, qui représente 26% du chiffre d’affaires. En base comparable, la croissance reste modeste, autour de 2%, ce qui reflète une phase de transition.

La rentabilité s’améliore nettement. L’EBITDA a plus que doublé pour atteindre 1,18 MMDH, avec une marge qui passe de 13,5% à 21,1%. Le résultat net  s’établit à 416 MDH, en hausse de plus de 60%. Ces chiffres montrent bien l’effet d’échelle et l’intégration de STAM VIAS.

Le carnet de commandes est un autre point fort. Il atteint 19,1 MMDH, en hausse de 122% sur un an. C’est un record pour TGCC, avec une répartition équilibrée : 45% infrastructures, 23% barrages, 11% résidentiel et bureaux. Cela donne une visibilité pluriannuelle sur l’activité.

Mais cette croissance a un coût financier. L’endettement net est passé de 673 MDH fin 2024 à 2,99 MMDH fin juin 2025, soit une hausse de plus de 344%. L’acquisition de STAM VIAS et les investissements lourds expliquent cette envolée. La recapitalisation de 2,2 MMDH en juillet vient corriger le tir, mais la discipline financière restera clé.

Bourse de Casablanca. Belle reprise en clôture, le MASI repasse au-dessus de 19.000 points

La Bourse de Casablanca a rebondi au fil des échanges ce mardi 30 septembre. Après un début de séance marqué par une chute de près de 2,5% et un passage sous les 18.600 points.

À la clôture, le MASI gagne 0,23% à 19.024,82 points. La capitalisation globale se rétablit à 1.003 MMDH, repassant au-dessus du seuil symbolique des 1.000 MMDH.

Le MASI 20 progresse de 0,4% à 1.548,13 points et le MASI ESG s’adjuge 0,91% à 1.303,94 points. Le volume global s’élève à 857 MDH, dominé par Marsa Maroc (122 MDH), TGCC (103 MDH), Attijariwafa bank (80 MDH) et Akdital (61 MDH).

Plus fortes variations

AtlantaSanad signe la meilleure performance du jour (+7,41% à 145 DH), suivie d’Auto Nejma (+5,99%), Promopharm (+4,79%), S.M. Monétique (+4,72%) et Vicenne (+3,69%).

À l’inverse, M2M Group recule de 7,16% à 453 DH, Maghreb Oxygène cède 6,45%, tandis que Zellidja, Balima et Maroc Leasing perdent chacune près de 6%.

La future gare LGV Casa Sud trace sa voie pour devenir un nouveau hub ferroviaire

Dans le cadre de l’augmentation de la capacité ferroviaire entre Kénitra et Marrakech au niveau du hub de Casablanca, l’ONCF prévoit la réalisation de la gare Casa Sud ainsi que l’aménagement des différentes voies y amenant.

 

Les travaux de terrassement, d’ouvrage d’art et de rétablissement des raccordements pour la LGV Kénitra-Marrakech sur un parcours d’une distance de 51 km au niveau du hub de Casablanca, et notamment de la gare Casa Sud, sont en cours, sous la houlette de TGCC.

 

Pour accompagner la mise en place de la nouvelle gare, la SRM Casablanca-Settat vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation des travaux de déviation des ouvrages impactés par la LGV, ainsi que la réalisation des travaux de déplacement de la conduite d’eau potable DN800.

Le marché concerne la déviation des ouvrages impactés au niveau du boulevard Al Qods.

Le tracé des conduites projetées et les limites de chaque lot.

Les travaux sont répartis en 2 lots distincts :

– Lot 01 : réalisation des travaux de déviation de la conduite DN 800 d’eau potable ;

– Lot 02 : réalisation des travaux de déplacement de la station de pompage et de ses conduites d’arrivée et de refoulement.

Le coût des prestations est estimé à 5,2 millions de DH.

Un nouveau quartier nommé « Casa Sud »

Au-delà de la gare, un projet plus ambitieux a trait à la création d’une nouvelle centralité ou quartier, portée particulièrement par la ligne LGV et les aménagements urbains avoisinants à l’horizon 2030.

Cette nouvelle centralité portera le nom de Casa Sud. La naissance de ce nouveau quartier trouve ses origines dans « deux principaux projets » : le projet Nassim : un lieu de rattachement qui « assure la liaison entre Lissasfa et Sidi Maârouf et constitue avec eux l’expression spatiale des mutations de la banlieue sud-ouest de la capitale économique » ; et le projet de la nouvelle gare LGV de Casablanca, Casa Sud.

Qui dit nouveau quartier dit mobilité. Surtout quand ce nouveau quartier abritera la gare principale de la LGV. Donc, il est nécessaire d’avoir une desserte efficace en transports en commun qui, selon le plan directeur de mobilité du nouveau quartier Casa Sud à l’étude, permettra de :

Le nouveau quartier de la gare Casa Sud « constitue une véritable plateforme qui va générer et attirer des flux importants, notamment routiers ». Elle nécessitera une extension du réseau de tramway de Casablanca et un plan de circulation.

TGCC finalise l’acquisition de STAM

La société TGCC (Travaux Généraux de Construction de Casablanca), conformément au contrat de cession et d’acquisition conclu le 18 février 2025, a procédé à l’acquisition de 60% du capital social et des droits de vote de la société de travaux agricoles marocains (STAM).

« L’acquisition a été réalisée le 30 mai 2025 à l’issue de la levée de l’ensemble des conditions suspensives auxquelles elle était soumise (notamment l’obtention de l’autorisation du Conseil de la concurrence) », indique TGCC dans un communiqué, faisant savoir que le reste du capital demeure détenu par la famille Baudrand.

Cette opération a été réalisée pour un prix global d’environ 2,5 milliards de DH, précise la même source, ajoutant que Louis Raymond Baudrand continuera d’assumer les fonctions de président-directeur général et que le management de STAM demeurera inchangé.

A l’issue de la réalisation de l’opération, le conseil d’administration de STAM a été recomposé comme suit :

– Louis Raymond Baudrand (président directeur général),

– Mohammed Bouzoubâa (administrateur),

– Mustapha Raji (administrateur),

– Reda Senoussi (administrateur),

– Hatim Ben Ahmed (administrateur).

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https://medias24.com/2025/04/01/tgcc-boucle-son-financement-pour-lacquisition-de-stam-vias/

Au Maroc, le saoudien Samaa Marina perd deux procès en moins d’une semaine

Au Maroc, la société Samaa Marina, affiliée au groupe saoudien Binladin, vient de subir deux revers judiciaires en l’espace de cinq jours.

La première décision est tombée le 21 mai 2025. La Cour d’appel de commerce de Casablanca a confirmé la condamnation de cette société de promotion immobilière à verser 44 millions de dirhams à TGCC, l’entreprise de Mohammed Bouzoubaa. Cet arrêt confirme un jugement de première instance rendu en juillet 2023.

Ce litige, révélé et documenté par Médias24, concerne la réalisation de l’hôtel Marriott de Tétouan. TGCC, chargée des travaux, réclamait le paiement du reliquat d’une créance contractée dans le cadre de ce projet pour le compte de Samaa Marina, maître d’ouvrage.

La seconde décision judiciaire date du 26 mai 2025. Et c’est un jugement de première instance. Le tribunal de commerce de Casablanca a condamné Samaa Marina à verser 47,3 millions de dirhams à la société Advanced Vision Morocco (AVM), actuellement en redressement judiciaire depuis 2022.

Le contexte et les faits précis de ce contentieux, introduit en décembre 2024, ne sont pas encore connus. AVM est une entreprise marocaine spécialisée dans les travaux électromécaniques, notamment les installations de climatisation, de ventilation, de plomberie, de protection incendie, de courants forts et faibles, ainsi que les énergies renouvelables. Elle est intervenue sur plusieurs projets d’envergure au Maroc, dont l’hôtel Marriott de Tétouan et l’hôpital Samaa Marina, tous deux portés par la filiale du groupe saoudien.

Fait notable : AVM est contrôlée par Construction Products Holding Company (CPC), une filiale du groupe Binladin. Samaa Marina relève du même groupe.

En 2013, le groupe Binladin avait annoncé un investissement de 727 millions de dirhams au Maroc à travers la création d’une joint-venture, –le Groupe Arabe de Réalisation d’Afrique du Nord (GARAN) – contrôlée à 79% via la société Majmouaat Bakr Binladin Saoudia. AVM figure parmi les sociétés impliquées dans cette stratégie de développement.

TGCC a également été liée à AVM dans un passé récent. En mars 2021, elle avait signé une lettre d’intention avec CPC en vue d’acquérir le contrôle exclusif d’AVM pour un montant de 110 millions de dirhams. Le projet avait été autorisé par le Conseil de la concurrence en octobre de la même année. L’opération a finalement été abandonnée après la réalisation de diligences comptables et techniques, qui ont mis en évidence l’ampleur des difficultés financières de l’entreprise cible.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine dans le rouge

À la clôture du 29 mai, le MASI recule de 0,42% à 17.920,91 points. La capitalisation ressort à 940,07 MMDH, pour un volume global de 306,4 MDH.

Le MASI 20 perd 0,39% pour s’établir à 1.461,64 points, tandis que le MASI ESG recule de 0,56% à 1.218,33 points. Sur l’année, les performances restent largement positives, avec une progression de 21,31% pour le MASI, de 22,52% pour le MASI 20 et de 17,74% pour le MASI ESG.

Le volume global atteint 306,47 MDH. Les valeurs les plus échangées sont TGCC (35,02 MDH), LabelVie (34,78 MDH), Alliances Développement Immobilier (31,72 MDH), Douja Promotion Addoha (26,53 MDH), et Attijariwafa bank (21,53 MDH).

Côté performances, Douja Prom Addoha enregistre la meilleure hausse du jour avec une progression de 7,44% à 36,53 DH. Elle est suivie de IB Maroc.com qui avance de 6,1% à 37,91 DH, puis d’AGMA qui gagne 4,25% à 6.990 DH. Résidences Dar Saada progresse de 2,81% à 98,7 DH, et Taqa Morocco clôture à 2.939 DH, en hausse de 2,76%.

Quant à Delta Holding, elle chute de 8,05% à 80 DH. Sanlam Maroc perd 5,26% à 1.800 DH, Med Paper recule de 4,61% à 20,5  DH, Involys abandonne 3,39% à 96,51 DH, et HPS termine à 550 DH en baisse de 2,48%.