Sonasid : CFG maintient sa recommandation d’acheter le titre

Après la publication des résultats de Sonasid au titre de l’exercice 2022, la société de recherche CFG Bank a revu ses prévisions sur le titre. Malgré le fait qu’elle ait revu à la baisse son cours cible à 694 dirhams, elle maintient sa recommandation d’achat en anticipant un upside de 18,1% par rapport au cours actuel.

Le groupe a surpassé les attentes de la société de recherche en termes de revenus en 2022, et ce, grâce à un effet prix favorable. En effet, les revenus du groupe atteignent 115% de l’objectif projeté par CFG Bank.

Sonasid a affiché un chiffre d’affaires de 4.851 MDH, en hausse de 10% par rapport à 2021. Une amélioration des revenus que CFG Bank impute quasi exclusivement à une augmentation significative des prix par rapport à l’exercice 2021. « L’augmentation des prix de l’acier au cours de l’exercice 2022 a été principalement motivée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a entraîné une augmentation temporaire des prix de l’acier (mars et avril), et la forte hausse des prix de l’énergie et du gaz qui ont fait grimper les coûts de production de l’acier », souligne CFG Bank.

Des marges opérationnelles légèrement inférieures aux attentes, mais un rendement alléchant

La marge d’EBITDA est moindre que celle anticipée par la société de recherche. Cette dernière a subi une contraction particulièrement notable durant le S2-2022. « Cela, en raison de l’impact négatif du resserrement des spreads sur les marges opérationnelles au S2 par rapport au S1. En conséquence, sur l’exercice 2022, la marge d’EBITDA du groupe s’est établie en dessous de nos prévisions à 6,2 % », poursuit CFG Bank.

Le résultat net part du groupe a baissé de 20% sur la période à 86 MDH, soit une marge nette de 1,8% contre 2,4% en 2021. « Cette baisse s’explique par la baisse des volumes qui a impacté négativement la rentabilité du groupe, ainsi que par un résultat financier dégradé et l’impact exceptionnel négatif lié à la réévaluation des impôts différés actifs et passifs, suite à la hausse du taux d’impôt sur les sociétés en Maroc », détaille CFG Bank. CFG Bank anticipait une marge nette de 2,2% sur la période.

Le conseil d’administration a annoncé qu’il proposerait un dividende de 30 dirhams par action. Une volonté pour CFG Bank de se positionner comme valeur de haut rendement en continuant de livrer un payout ratio élevé. « Le payout du groupe devrait s’établir à 136,2%, un niveau similaire à l’année précédente (137,5%), tandis que son rendement devrait s’établir à 5,1% », précise la société de recherche. Le groupe continuera d’offrir un rendement supérieur à la moyenne, grâce à une position de trésorerie très confortable qui devrait lui permettre de continuer à offrir un payout supérieur à 100%. Rappelons que fin 2022, le groupe affichait une trésorerie excédentaire de 852 MDH.

Un niveau prix plus avantageux à l’avenir et une diversification des revenus

Le groupe devrait, dans les années à venir, bénéficier d’un niveau de prix de vente supérieur à la période pré-Covid, ce qui devrait lui permettre d’assurer un niveau élevé de revenus et de marges opérationnelles. « Par ailleurs, les efforts du groupe pour améliorer sa structure de coûts devraient porter leurs fruits et contribuer à améliorer encore les marges », souligne la société de recherche.

Le groupe cherche aussi à diversifier ses sources de revenus à travers le lancement de nouveau projets à forte valeur ajoutée. Notamment à travers la production de fibre d’acier qui a commencé fin 2022, et la fabrication de barre d’armature en acier dans le but de pénétrer le marché automobile. « En effet, une voiture est composée en moyenne de 150 kg à 200 kg d’acier long, et Sonasid envisage de pénétrer ce marché avec le lancement de dérivés d’armatures en acier avant de se diversifier éventuellement vers d’autres produits à vocation automobile », précise CFG Bank.

Le groupe bénéficiera d’un portail d’entrée sur le marché africain quand le Royaume aura intégré la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine, ndlr). Il pourra y exporter sans droits de douane une partie de sa production, alors que le rond à béton est aujourd’hui soumis à des droits de douane allant jusqu’à 22%. Une opportunité importante dans un marché continental qui pèse 8 millions de tonnes d’acier par an.

Selon CFG Bank, le groupe devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 3,3% de ses volumes de barre d’armature et de fil machine sur la période 2022-2027. D’ici là, la société de recherche table sur 15.000 tonnes par an de vente de fibre d’acier. Elle table également sur « la montée en puissance progressive, tant en production qu’en commercialisation, du nouveau produit destiné à l’industrie automobile, le lancement de nouveaux projets, ainsi que la montée en puissance des exportations qui devraient représenter environ 13 % des revenus en 2027″.

 

 

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Maroc Telecom : BKGR recommande d’alléger le titre dans les portefeuilles

A la suite de la publication des résultats annuels de Maroc Telecom, la société de recherche BKGR a revu le cours cible de la valeur. Elle recommande aux investisseurs d’alléger le titre dans les portefeuilles et anticipe un cours cible de 88 dirhams, soit un downside de 3,3% par rapport au cours actuel.

Un ralentissement des activités Mobile au Maroc

Le groupe a affiché des performances en quasi-stagnation, par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires a affiché une légère baisse de 0,2% à 35,7 MMDH. La société de recherche note que l’opérateur poursuit sa perte de vitesse sur le marché national.

En effet, le chiffre d’affaires des activités Maroc a baissé de 1,8% par rapport à 2021 à 19,5 MMDH. Une baisse « imputable au repli des revenus Mobile de 3,9% à 11.789 MDH et en particulier de la Data Mobile de 5,6% », précise BKGR. Le ralentissement se fait également ressentir sur le parc client national, avec un repli de 3,3% en glissement annuel à 19,3 millions d’abonnés « consécutivement à une contraction de 4% sur le prépayé Mobile vraisemblablement attribuable aux offres agressives des concurrents, qui a été atténuée par une progression de +2,3% du parc Mobile postpayé », détaille la société de recherche.

Cette perte de vitesse a cependant été partiellement compensée par les activités des filiales africaines du groupe, en croissance de 2% à 17,2 MMDH, tirés principalement par la forte croissance de la Data Mobile (+28% à taux de change constant).

La rentabilité pénalisée par des éléments non courants

Malgré le fait que la concurrence soit de plus en plus accrue sur le marché national, l’opérateur parvient à maintenir des indicateurs opérationnels satisfaisants. La société de recherche note que « l’opérateur historique parvient à stabiliser son EBITDA ajusté à 18,5 MMDH (-0,5%). Par conséquent, la marge d’EBITDA ajusté se fixe à 51,8% (-0,2 pt d’une année à l’autre) ».

Cette dernière intègre une marge d’EBITDA de l’activité internationale en légère amélioration de 0,1 pt à 43,6%, et une marge d’EBITDA au Maroc en légère baisse de 0,3 pt à 56,1%.

BKGR note que « l’EBITA ajusté ressort en léger recul de -1% à 11,4 MMDH, tandis que l’EBITA publié se contracte de -22,3% à près de 9 MMDH, compte tenu de l’astreinte de 2,45 MMDH imposée par l’ANRT suite au non-respect de certaines injonctions du régulateur liées à l’abus de position dominante en matière de dégroupage ».

De plus, le RNPG, déjà fortement impacté par l’amende de l’ANRT a encore été rogné du fait d’un contrôle fiscal pour un montant de 618 MDH. In fine, non ajusté, il ressort en baisse de 54,2% à 2,75 MMDH.

Ces incidents ont naturellement affecté la politique de distribution du groupe. Depuis 2020, le groupe n’affiche plus de ratio de payout historique aux alentours des 95% ou 100%. Comme le note BKGR, « après une baisse exceptionnelle du payout en 2020 à 63%, compte tenu du contexte sanitaire et en 2021 à 75% (vs 95% historiquement), l’opérateur télécom maintient une politique de distribution prudente avec un payout de 70% en 2022 eu égard à l’impact significatif sur le résultat net de l’astreinte imposée par le régulateur des télécommunications marocain ».

Le conseil de surveillance de Maroc Telecom proposera, lors de la prochaine assemblée générale, la distribution d’un dividende de 2,19 dirhams par action contre 4,78 dirhams au titre de l’année 2021. Cette distribution représente un montant global de 1,9 MMDH. « Cette réduction de la masse de dividende aurait pour objectif le renforcement des fonds propres de la société en vue de les rétablir à des niveaux normatifs, et ce, vraisemblablement pour financer notamment son important programme d’investissements à venir », souligne BKGR.

Des prévisions 2023 revues à la baisse

Cette année, le groupe devrait moins bien performer que prévu selon BKGR. La société de recherche anticipe « un chiffre d’affaires consolidé en repli de 3,4% à 34,5 MMDH sous l’effet de la poursuite attendue de la baisse de la part de marché Mobile attribuable principalement à l’impact du recul du pouvoir d’achat conjugué à la réduction des tarifs d’interconnexion mobile et à la pression concurrentielle, notamment avec l’offre data illimitée non disponible chez Maroc Telecom ». Au préalable, BKGR tablait sur des revenus globaux de 34,9 MMDH.

La profitabilité devrait, quant à elle, fortement progresser cette année de 96,4% pour atteindre 5,4 MMDH, contre 5,5 MMDH dans les anciennes projections. Cette hausse provient de la non-récurrence de l’amende de 2,45 MMDH de l’ANRT.

La société de recherche anticipe également « un retour du DPA prévisionnel à un niveau plus proche du normatif avec 4,35 dirhams vs 2,19 dirhams en 2022 pour un payout de 70% et un D/Y de 4,7% sur la base du cours du 24/02/2023 ».

En 2024, « nous escomptons une quasi-stagnation du chiffre d’affaires consolidé, avec une légère baisse de 0,4% à 34,4 MMDH intégrant une décélération escomptée du revenu moyen par utilisateur au Maroc, compte tenu du recours accru aux over-the-top (service permettant le transport de la voix et vidéo, ndlr), qui devrait être compensée par une bonne tenue de l’activité des filiales Moov », conclut la société de recherche.

 

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