Tomates fraîches : le Maroc 2ᵉ fournisseur de l’UE et 3ᵉ exportateur mondial

Le Maroc est le troisième exportateur mondial de tomates fraîches, avec 11% de part de marché et un taux de croissance annuel moyen de 11%, supérieur à la moyenne mondiale (3%). Il figure derrière le Mexique et les Pays-Bas. L’Union européenne (les 27 pays + Royaume-Uni) reste le premier marché importateur mondial, représentant 42% des volumes et 54% de la valeur.

Ces chiffres, annoncés par l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (Morocco Foodex) à l’occasion de la Morocco Tomato Conference, qui s’est tenue le mercredi 21 mai à Agadir, classent le Maroc comme deuxième fournisseur de l’UE avec 24% de part de marché, derrière les Pays-Bas.

Il est également le deuxième fournisseur du Royaume-Uni, qui a importé 396.000 tonnes en 2024, dont 27,1% en provenance du Maroc.

La tomate marocaine est également présente sur d’autres marchés :

– Afrique subsaharienne : 31.000 t exportées (+23%), 2e fournisseur ; 

– Pays du Golfe : 3.000 t exportées (+39%), 6ᵉ  fournisseur.

À fin avril 2025, les exportations marocaines de tomates fraîches affichent une dynamique croissante avec un volume total de 621.000 t, soit une hausse de 9% par rapport à la campagne 2023-2024 (570.000 t). L’Union européenne, incluant le Royaume-Uni, demeure le principal marché de destination, absorbant à elle seule 570.000 t, en progression de 8%. 

La région Souss-Massa, véritable pôle de production, continue de jouer un rôle central en assurant à elle seule 609.000 t des exportations nationales. Le Maroc se spécialise également dans les tomates de segmentation (cerise, allongées, etc.), avec 350.000 t exportées en 2024-2025 (+35%). L’UE en a absorbé 239.000 t. 

Un marché en croissance mais fortement concurrentiel

Le Maroc fait face à une concurrence internationale soutenue sur le marché de la tomate fraîche. Parmi ses principaux concurrents, la Turquie se distingue par une dynamique exportatrice forte, bien que largement dépendante du marché européen. L’Espagne, malgré un recul de sa production de 21% en 2024, demeure un acteur historique influent.

Les Pays-Bas, quant à eux, dominent la production sous serre haut de gamme, tandis que le Mexique règne en Amérique du Nord. Des pays comme l’Italie, la France et le Portugal enregistrent une croissance plus modérée, mais régulière.

Le Maroc doit également relever plusieurs défis de taille. Sur le plan phytosanitaire, le virus ToBRFV représente une menace persistante pour la production.

Les conditions climatiques extrêmes, à l’instar de la sécheresse, des vagues de chaleur et des pluies excessives, compliquent davantage la donne. À cela s’ajoutent les exigences environnementales croissantes, notamment celles imposées par le Green Deal européen, ainsi que la hausse des coûts logistiques liée à la réorganisation des alliances maritimes.

Enfin, la compétition s’intensifie, en particulier avec la Turquie, dans un contexte mondial marqué par des barrières non tarifaires et des tensions géopolitiques, comme celles liées à l’accord UE-Mercosur [traité de libre-échange critiqué pour ses impacts sur l’agriculture et l’environnement, ndlr].

La taille du marché mondial de la tomate fraîche en 2024 est estimée à 207 milliards de dollars et, à l’horizon 2029, elle atteindra une valeur de 261,41 milliards de dollars. Les facteurs de croissance reposent notamment sur l’utilisation accrue de la tomate dans différents secteurs et aussi sur les initiatives des différents gouvernements pour améliorer la productivité. D’ailleurs, la production mondiale s’élève actuellement à 197 millions de t, avec une progression attendue jusqu’à 205 millions de t en 2028, soit un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 1%.

Une autre tendance notable réside dans l’augmentation de la demande pour les petites variétés de tomates, particulièrement marquée sur le marché européen. En Europe, la production de tomates fraîches devrait reculer, passant de 17 millions de t en 2024 à 16,5 millions en 2028. Cette baisse s’explique notamment par la réduction des surfaces cultivées, qui passeraient de 86.615 hectares en 2024 à 76.000 hectares en 2028.

Ce contexte offre une véritable opportunité pour les pays exportateurs comme le Maroc, surtout en réponse à une demande européenne toujours soutenue, en particulier au Royaume-Uni, où les consommateurs montrent une nette préférence pour les tomates en vrac, biologiques et premium.

Tomates : « une campagne normale sur tous les plans, notamment des prix de gros » (APEFEL)

« La campagne actuelle de tomates est une campagne normale en matière de superficie, de niveau de production, de pertes dues aux maladies et de pertes dues au climat », nous confie d’emblée l’Association, jointe par Médias24.

« C’est une année normale, marquée par quelques difficultés d’ordre climatique notamment, qui ne dépendent pas de l’agriculteur. Ce qui est sûr, c’est qu’on est en train de quitter la plus mauvaise période de l’année avec l’avènement du printemps. La tomate, en bonnes quantité et qualité, sera ainsi disponible à partir des prochaines semaines », ajoute notre source à l’Association.

Les facteurs climatiques, principale cause des fluctuations des prix

Le Maroc maintient un équilibre relatif dans la production de tomates, avec une répartition égale entre l’export (50%) et le marché local (50%). Malgré les multiples bouleversements qu’a connus ce secteur, le marché local continue d’être approvisionné par les agriculteurs « à des coûts qui varient selon le mois, la saison et le niveau de production, mais qui ont rarement excédé le prix de revient, en particulier depuis la pandémie du Covid-19″, assure l’Association.

D’après notre source à l’APEFEL, la production de la tomate au Maroc est impactée par plusieurs facteurs, avec à leur tête les facteurs climatiques. « Le changement climatique constitue un problème structurel pour la production agricole », regrette-t-elle.

« Outre la faible disponibilité en eau, il y a également l’effet de la température. Ces deux ou trois dernières années ont été particulièrement éprouvantes sur le plan climatique, notamment en raison des variations des températures ».

La variation de la production de la tomate est due à des creux de production, causés par un excès de chaleur ou de froid

« Rien que l’année dernière, nous avons eu 52 °C à Agadir. C’est un record absolu qui a fortement impacté les fleurs de tomates. Trois jours consécutifs de chaleur extrême suffisent à détruire les fleurs, provoquant ainsi un creux de production et une augmentation subséquente des prix ».

« La variation de la production de la tomate, tout au long de l’année, est donc due à des creux de production, causés par un excès de chaleur ou de froid ».

« Au début de la campagne en cours, nous avons eu quatre mois de forte chaleur. Entre les mois de septembre et décembre, la chaleur à Agadir a été maintenue aux alentours de 30°C, ce qui a entrainé une surproduction. La plante a beaucoup donné et s’est affaiblie. Cette situation a provoqué une faiblesse des prix, atteignant parfois moins de 1 DH/kg, contraignant les agriculteurs à vendre à perte« .

Ensuite, ajoute l’Association, « il y a eu des chutes de température qui ont provoqué un ralentissement de la floraison, entraînant un creux que l’on ressent actuellement. Heureusement, les bonnes températures arrivent bientôt avec l’avènement du printemps. La production sera donc au rendez-vous, aussi bien en plein champs qu’à l’intérieur des serres ».

« De manière générale, nous ne sommes pas inquiets au sujet des quantités de tomates, puisqu’elles arrivent dès les semaines prochaines ».

Malgré ces difficultés, la campagne actuelle est jugée « normale » par les professionnels. « L’on peut confirmer que la campagne actuelle est une campagne normale, en matière de superficie, de niveau de production, de pertes dues aux maladies et au climat », déclare notre source.

« Les prix pratiqués au marché de gros d’Inzegane sont normaux »

En matière de prix, l’APEFEL nous assure que « les prix pratiqués aujourd’hui à Inzegane ne sont pas anormaux ».

« Comme expliqué, la surproduction en début de campagne a entrainé une chute des prix de la tomate, d’autant que c’est un aliment qu’on ne peut pas stocker », explique notre source.

« Pendant quatre mois, de septembre à décembre, nous avons vendu à perte. Le prix de la tomate ne dépassait même pas 1 DH/kg, alors que son coût de production en serre est d’au moins 3,50 DH/kg. Pour certains producteurs, ce coût atteint même 4 DH/kg ou plus« .

« Cette variation s’explique par plusieurs facteurs. Prenons l’exemple du virus qui affecte les plantes de tomates. L’hygiène et les bonnes pratiques culturales jouent un rôle clé dans cette différence entre producteurs. Dans un champ où le travail est négligé et les règles d’hygiène non respectées, un producteur peut perdre l’intégralité de sa récolte en seulement deux semaines. À l’inverse, dans un champ où toutes les mesures d’hygiène sont appliquées rigoureusement, les pertes se limitent à environ 10 à 15% de la production. Cet écart influence directement le prix de revient ».

« Une fois récoltées, ces tomates sont vendues au marché de gros, où le prix n’est pas fixé par les producteurs. On nous propose un prix que nous sommes contraints d’accepter, faute d’un autre système de commercialisation. Nous n’avons pas l’autorisation de vendre directement notre production », regrette notre source.

« Jusqu’en décembre, le prix de la tomate au marché de gros était bradé. Il n’atteignait même pas la moitié du prix de revient. Le prix a augmenté vers fin décembre et début janvier, atteignant entre 2 et 4 DH/kg. Ce n’est que dernièrement que les prix ont augmenté, suite à la chute des températures qui ont affecté la qualité ».

« Cette situation était d’ailleurs prévisible », souligne notre interlocuteur à l’APEFEL. « Avant le mois de ramadan, nous avons mené une étude avec un groupe de spécialistes du secteur, qui a révélé qu’une légère difficulté, considérée comme normale, surviendrait durant une semaine en raison des chutes de température. Nous en avions également informé le ministère de tutelle », conclut-il.

Le problème se situe donc entre la vente en gros et la vente au détail, où certaines pratiques contribuent malheureusement à une hausse artificielle des prix. Il est donc essentiel de mettre en place des mécanismes transparents permettant de réguler le prix de la tomate tout au long de la chaîne, jusqu’au consommateur final, afin de remédier à cette situation.

Envolée des prix de la tomate : entre production, intermédiaires et facteurs climatiques

Le marché de gros de Casablanca affiche ce mercredi des prix de la tomate oscillant entre 3,5 et 8 DH le kilogramme, contre 4 à 6,80 DH/kg la semaine passée. Le consommateur final, lui, se retrouve à payer un tarif bien plus élevé, dépassant les 10 DH/kg et atteignant parfois jusqu’à 15 DH/kg dans certains quartiers de Casablanca.

Contactés par Médias24, divers professionnels du secteur expliquent cette situation par plusieurs facteurs, notamment l’explosion de la demande face à une production en baisse en raison d’un virus dévastateur qui affecte les plants, de la présence d’un champignon, ainsi que des températures fraîches.

Tous nos interlocuteurs soulignent par ailleurs l’écart considérable entre les prix fixés par les producteurs et ceux payés par les consommateurs, appelant à l’ouverture d’une enquête et à la mise en place d’un mécanisme visant à assurer davantage de transparence dans le secteur.

Chez l’agriculteur, le prix de vente de la tomate varie entre 2,5 et 7 DH

Selon une source de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la production et de l’exportation des fruits et légumes (FIFEL) interrogée par nos soins, « le prix de vente de la tomate chez l’agriculteur tourne autour de 4 DH/kg pour les variétés standards, tandis que les tomates de meilleure qualité peuvent atteindre 6 DH/kg« . « Quand on parle de 4 DH, il s’agit d’un produit de masse », explique notre interlocuteur.

Des propos confirmés par Abdelaziz Maânaoui, président de l’Association des producteurs de Chtouka (ACPA), qui nous confie que « l’agriculteur vend entre 2,5 et 7 DH/kg selon la qualité, mais la majorité des transactions se situent entre 3 et 5 DH/kg. Seule une faible proportion, de qualité supérieure, se vend entre 6 et 7 DH/kg « , précise-t-il. « Celle-ci est destinée à une clientèle spécifique ».

Toutefois, pour le client final, le prix du kilogramme est au-delà de 10 DH, notamment dans la ville de Casablanca, où il atteint dans certaines zones jusqu’à 15 DH. 

L’éternelle problématique des intermédiaires

Plusieurs facteurs expliquent cette situation, dont la principale évoquée par l’ensemble de nos interlocuteurs a trait au rôle des intermédiaires dans l’escalade des prix. 

Pour Abdelaziz Maânaoui, la vraie problématique se situe entre la vente en gros et la vente au détail. « Il faudrait par exemple adopter la vente au kilo comme standard pour améliorer la transparence dans les souks ».

« Les intermédiaires ne se limitent pas à des individus prélevant une marge. Ils englobent également des coûts opérationnels, notamment le transport, le déchargement et l’entrée sur les marchés de gros. De plus, une part importante de la production, entre 20% et 30%, est perdue avant même d’atteindre les marchés, ce qui contribue à la tension sur les prix ».

Des problèmes sanitaires et climatiques aggravent la situation

Au-delà des intermédiaires, des problèmes sanitaires et climatiques ont aussi pesé sur l’offre. « Cette année, un souci au niveau des pépinières a entraîné un décalage significatif d’une grande partie de la production », nous confie un autre opérateur du secteur.

De plus, les cultures de tomate ont été touchées par plusieurs maladies, notamment un virus dévastateur, un champignon cryptogamique et la mineuse de la tomate (Tuta absoluta). « Ces problèmes ont forcé de nombreux agriculteurs à arracher les plants sur de vastes surfaces. Avant le mois sacré, environ 400 à 500 hectares attendaient d’être replantés, ce qui est anormal pour cette période de l’année », déplore-t-il.

Enfin, la baisse des températures a encore compliqué les choses, retardant la maturation des tomates et réduisant l’offre disponible sur le marché.

Par ailleurs, Ramadan est une période de forte consommation de tomates. L’explosion de la demande exerce ainsi une pression supplémentaire sur les prix.

Face à cette situation, les professionnels du secteur appellent à des mécanismes d’encadrement des prix. « Le gouvernement cherche souvent à réguler le marché en limitant les exportations, alors que c’est notre principal levier pour équilibrer notre activité. Il faudrait plutôt agir sur la chaîne de distribution et les coûts intermédiaires », plaident-ils.

Nos sources appellent également à la mise en place de mécanismes clairs, définissant le prix de la tomate sur toute la chaîne, depuis la production jusqu’au consommateur final.

La vague de froid provoque un retard de croissance des fruits rouges et impacte le cheptel

Le climat est particulièrement capricieux pour le secteur agricole. Après les chaleurs extrêmes estivales, actuellement, c’est le froid hivernal qui met à rude épreuve certaines plantes et incite les éleveurs à augmenter l’alimentation de leur cheptel. En revanche, les arbres de la famille des rosacées s’en tirent à bon compte.

Selon la Direction régionale de la météorologie, une vague de froid s’est abattue sur plusieurs régions du Royaume, du mardi 12 au vendredi 17 janvier. Des conditions climatiques qui persistent dans plusieurs provinces, notamment dans la partie nord, où l’agriculture occupe une place importante.

Pour commencer sur une bonne note, la filière des rosacées (abricotiers, pêchers, amandiers, pruniers…) s’accommode assez bien des températures hivernales. Selon la Direction provinciale de l’agriculture de Sefrou, où des chutes de neige étaient attendues, « les rosacées entrent en dormance et plus elles sont exposées au froid, meilleure sera leur floraison. Une floraison optimale conduit à un meilleur rendement pour l’année suivante ».

A contrario, les vergers d’avocats ne tirent pas de bénéfices du froid et encore moins de la gelée. « La vague de froid implique bien évidemment des dégâts sur les vergers », regrette Abdellah Elyamlahi, président de la Morocco Avocado Association (MAVA). En effet, la majorité des 7.500 hectares d’avocats productifs du pays s’étalent de Larache jusqu’à Kénitra, en passant par Moulay Bousselham.

Des zones agricoles où l’hiver est souvent rude. « On peut apercevoir l’effet sur le fruit lorsqu’il est touché par le gel. Il s’endurcit et ne mûrit pas, même si sa couleur qui vire au noir en donne l’impression. Il devient donc impropre à la consommation. C’est particulièrement vrai pour les exploitants qui ne possèdent pas de dispositifs anti-gel (couvertures ou toiles antigel, ndlr) », poursuit notre interlocuteur.

Le froid peut aussi avoir des impacts significatifs sur les cultures sous serre, même si ces structures sont conçues pour protéger les plantes des conditions extérieures. Dans la région du Gharb, le froid n’est pas aussi intense que dans les zones agricoles plus au nord, mais ce n’est pas pour autant que les cultures sont épargnées, à l’image des fruits rouges.

Cette filière occupe une superficie de 12.500 hectares. La répartition géographique de cette surface se décline comme suit :

– 7.290 ha dans le Gharb ;

– 4.960 ha, répartis entre Souss Massa et Dakhla.

 

Un décalage du cycle de production

Les fruits rouges nécessitent des températures chaudes (généralement entre 20 et 25 °C) pour une croissance optimale. Des températures plus basses, même dans une serre, peuvent ralentir la photosynthèse, retardant ainsi le développement des fruits. Contacté par Médias24, Amine Bennani, président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges, affirme avoir constaté « un retard dans la maturation de tous les fruits rouges à cause du froid, sans exception ».

Et d’ajouter : « Cette situation perturbe le cycle et retarde la production ». Des solutions sont-elles envisageables pour réduire l’effet du froid ? « Il existe des solutions pour chauffer les serres. Mais elles sont trop coûteuses », déplore-t-il.

Même si les températures ne sont pas glaciales dans le Souss, le froid à cette période de l’année y est également problématique, pour la tomate aussi. « Il présente des risques de ralentissement du cycle de production de la tomate et donc de décaler la récolte », prévient Abdelaziz Maânaoui, président de l’Association des producteurs de Chtouka (ACPA).

S’agissant du cheptel national, il possède des prédispositions génétiques qui lui octroient une certaine immunité contre la chute des températures. « Le cheptel national est constitué de races locales qui ont développé une certaine adaptation aux conditions climatiques, sauf s’il s’agit de conditions de froid extrême », estime Jaouad Zemamou, ingénieur pastoral.

« Néanmoins, des difficultés d’approvisionnement en alimentation régulière sont rencontrées à cause des neiges ou du froid extrême, notamment en raison des fermetures des routes à cause de la neige, dans les zones de montagnes ». En conséquence, le renforcement du régime alimentaire est nécessaire.

« Il faut augmenter les rations pour le cheptel durant la période d’hiver, surtout au vu de l’état actuel dégradé des parcours à cause des sécheresses récurrentes. Nous sommes dans une période de disette où l’éleveur est amené à supporter des charges d’alimentation supplémentaires », conclut notre interlocuteur.

Casablanca. Les prix de la tomate et de la viande ovine en hausse

Selon les données fournies par Casablanca Prestations, les prix de gros des produits agricoles et des viandes à Casablanca ont connu diverses fluctuations au cours de la semaine du 18 septembre 2024 par rapport à la semaine précédente.

Voici un aperçu des changements observés :

Légumes 

Médias24

Fruits 

Médias24

Viandes 

Médias24
Médias24
Source : Casablanca Prestations, traitement par Médias24

Baisse des prix des fruits et légumes au marché de gros de Casablanca

La fièvre de Aïd al-Adha étant derrière nous, les prix des fruits et légumes au marché de gros connaissent une baisse notable cette semaine par rapport à la semaine précédente.

Selon les données récentes de Casa Prestations, publiées ce mercredi 26 juin 2024, la majorité des produits frais affichent des réductions de prix.

Voici un récapitulatif des changements observés.

Légumes

Tomates : Le prix minimum des tomates a baissé de 1,5 DH passant de 2,5 DH/kg à 1 DH/kg. Le prix maximum a, quant à lui, baissé de 3,2 DH, de 6 DH/kg à 2,8 DH/kg.

Carottes : Le prix des carottes a diminué de 1,8 DH/kg au minimum et de 3,7 DH/kg au maximum, passant d’un prix variant de 3 DH/kg à 5,50 DH/kg  à une fourchette de 1,2 DH/kg à 1,8 DH/kg.

Choux blanc : Le prix du chou blanc a baissé de 0,4 DH/kg au minimum et de 0,5 DH/kg au maximum, passant de 1,2 DH/kg à 0,8 DH/kg et de 2 DH/kg à 1,5 DH/kg respectivement.

Courgettes : Le prix des courgettes a baissé de 1 DH/kg au minimum et de 2 DH/kg au maximum, passant de 3 DH/kg à 2,00 DH/kg et de 5,50 DH/kg à 3,50 DH/kg respectivement.

Concombres : Le prix des concombres a baissé de 1,2 DH/kg au minimum et de 2,7 DH/kg au maximum, passant de 3 DH/kg à 1,8 DH/kg et de 6 DH/kg à 3,3 DH/kg respectivement.

Aubergines : Le prix des aubergines a baissé de 0,8 DH/kg au minimum et de 1,7 DH/kg au maximum, passant de 2 DH/kg à 1,2 DH/kg et de 4 DH/kg à 2,3 DH/kg respectivement.

Courge : Le prix de la courge est resté stable à 3 DH/kg au minimum et 8,5 DH/kg au maximum.

Oignon frais : Le prix de l’oignon frais est resté stable à 1,5 DH/kg au minimum, mais a baissé de 0,5 DH/kg au maximum, passant de 4 DH/kg à 3,5 DH/kg.

Pommes de terre : Le prix des pommes de terre est resté stable à 2,5 DH/kg au minimum, mais a baissé de 0,5 DH/kg au maximum, passant de 4,5 DH/kg à 4 DH/kg.

Chou-fleur : Le prix du chou-fleur est resté stable à 1,5 DH/kg au minimum et 3,5 DH/kg au maximum.

Medias24
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Fruits

Bananes locales : Le prix des bananes locales est resté stable à 6 DH/kg au minimum et 12 DH/kg au maximum.

Bananes importées : Le prix des bananes importées a augmenté de 1 DH/kg au minimum, passant de 11 DH/kg à 12 DH/kg, tandis que le prix maximum est resté stable à 17 DH/kg.

Oranges : Le prix des oranges est resté stable à 2,5 DH/kg au minimum, mais a augmenté de 0,2 DH/kg au maximum, passant de 4 DH/kg à 4,2 DH/kg.

Avocats : Le prix des avocats est resté stable à 20 DH/kg au minimum et 37 DH/kg au maximum.

Pommes locales : Le prix des pommes locales est resté stable à 7 DH/kg au minimum et 13 DH/kg au maximum.

Pommes importées : Le prix des pommes importées est resté stable à 12 DH/kg au minimum et 23 DH/kg au maximum.

Pastèques : Le prix des pastèques a augmenté de 0,5 DH/kg au minimum, passant de 2 DH/kg à 2,5 DH/kg, mais a diminué de 3,5 DH/kg au maximum, passant de 7,5 DH/kg à 4 DH/kg.

Medias24
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Source : Casablanca Prestations, traitement par Médias24

Le groupe Azura obtient la certification « Alliance for Water Stewardship » pour ses sites horticoles

Cette étape est le fruit de plus de quatre années d’une collaboration et coordination entre les équipes du groupe Azura et les équipes AWS pour la conception et la mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion durable de l’eau dans les fermes de production de tomates cerises à Agadir et Dakhla, et de la station de conditionnement à Agadir, indique un communiqué du Groupe.

Dans le cadre du processus de certification AWS, des auditeurs indépendants examinent divers facteurs liés aux bassins versants où sont situés les sites, tels que la qualité de l’eau, la gestion de la quantité de l’eau et l’engagement avec les parties prenantes clés liées à l’eau.

« Le groupe Azura est fier d’obtenir la certification AWS, reconnue mondialement comme la norme la plus rigoureuse en matière de gestion durable de l’eau pour les entreprises. L’eau est essentielle à notre activité et aux communautés où nous opérons. Nous sommes effectivement engagés à assurer une gestion durable de cette ressource vitale en améliorant la gouvernance, la qualité, et en contribuant à assurer l’accès à l’eau pour tous. Notre engagement à relever les défis de demain est encore plus fort », a déclaré Hicham Harakat, CEO du groupe Azura, cité dans le communiqué.

La baisse de la production et la propagation du virus ToBRFV provoquent une hausse des prix de la tomate

Au marché de gros de Casablanca, les tomates ont vu leur prix minimum augmenter de 0,80 DH/kg et leur prix maximum augmenter de 2,80 DH/kg, selon le bulletin hebdomadaire des prix de gros des viandes, fruits et légumes de Casa Prestations établi le 8 mai 2024.

Au marché de gros d’Inezgane, le prix minimum d’une caisse de 31 kg de tomates rondes, gros calibre 2 et 3, a atteint ce 13 mai 140 DH contre 45 DH le 30 avril. Le prix maximum de la même caisse a atteint 160 DH (13 mai) contre 60 DH (30 avril).

Les tomates rondes, gros calibre 2 et 3, se sont vendues à 4,50 DH (prix minimum) et à 5,20 DH (prix maximum) ce 13 mai. Le 30 avril, les prix minimum et maximum de ce produit étaient respectivement de 1,45 DH et 1,95 DH.

Cette hausse est-elle provoquée par les exportations, entre autres à destination de la Mauritanie?

Une hausse généralisée à tout le Maroc 

Pour comprendre les raisons de cette hausse, qui intervient après une période de détente salutaire des prix de la tomate, nous avons interrogé Amine Amantoullah, producteur de tomates dans la région de Souss-Massa.

Cette hausse n’est pas corrélée aux exportations, mais plutôt à la faible disponibilité de la tomate actuellement, parallèlement à la fin de la campagne de production et au début de l’arrachage des cultures pour préparer la prochaine saison, explique-t-il.

« La hausse était prévue. Elle est généralisée sur tout le Maroc. Certes, les prix de vente des tomates s’étaient stabilisés pendant un certain temps, du fait que la vague de froid qui avait traversé le Maroc avait favorisé l’affaiblissement de la propagation du virus ToBRFV (virus dévastateur menaçant les plants de tomates), ce qui a garanti la disponibilité de la tomate sur le marché local. La baisse de la demande étrangère (export) avait également fait stagner les prix », souligne le producteur.

« L’offre en tomates est inférieure à la demande »

« Maintenant, les prix ont augmenté en raison de la maladie de la tomate qui a repris de l’ampleur, réduisant par conséquent le rendement des cultures de tomates. L’offre nationale de la tomate est aujourd’hui minime par rapport à la demande, ce qui explique donc l’augmentation des prix. Je tiens à souligner que cette hausse n’a rien à avoir avec l’export qui s’est au contraire affaibli. La plupart des sociétés exportatrices sont actuellement à l’arrêt », précise notre interlocuteur.

La superficie des plants de tomates arrachés a diminué de 40% par rapport à la période végétative normale, fait savoir notre source. « Nous attendons toujours la culture de tomate de plein champ, quoiqu’elle ait été lancée tardivement ».

« La culture de tomate de plein champ démarre en juin pour prendre fin en septembre. Elle permet d’approvisionner le marché local même en été. En cas de succession de vagues de chaleur, il y a néanmoins un risque que la culture de plein champ ne satisfasse pas non plus nos attentes », affirme le producteur de tomates dans la région de Souss-Massa.

La hausse des prix va-t-elle se maintenir ? « Tout dépendra des rendements des zones Nord du plein champ. Les prix devraient se stabiliser si leurs rendements sont élevés », estime Amine Amantoullah.

Tomates marocaines : les producteurs français se plaignent, la profession au Maroc nuance

Selon l’association française, la hausse des importations de tomates marocaines, favorisée par l’accord de libre-échange UE-Maroc et un étiquetage consommateur peu clair, met en péril la production locale.

Sur la saison 2022-2023, 424.690 tonnes de tomates marocaines ont été importées en France, pour 394.740 tonnes en 2021-2022, soit une augmentation de 7,6 %. En valeur, cette augmentation est de plus de 168 millions d’euros, soit 27, 5%, précise l’association.

Et d’ajouter que les importations de tomates marocaines sont très clairement tirées vers le haut par des enseignes de la grande distribution qui favorisent les offres « petits prix » au détriment de l’offre française, et par des circuits de restauration hors foyer non soumis aux obligations d’affichage de l’origine.

Les producteurs français déplorent une compétition « inégale », exacerbée par le « faible coût de la main-d’œuvre au Maroc et des pratiques environnementales douteuses, notamment l’exploitation intensive des ressources en eau dans un contexte de sécheresse persistante ».

Face à une « origine des produits souvent floue » pour les consommateurs, les producteurs français appellent à une réglementation plus stricte sur l’étiquetage, incluant la mention claire du pays d’origine et du lieu d’emballage, pour garantir une transparence totale et favoriser les choix éclairés des consommateurs.

La réponse marocaine

Contactée par Médias24, une source de l’Association marocaine des producteurs et producteurs exportateurs des fruits et légumes rappelle que l’accord entre l’Union européenne et le Maroc est régi par des réglementations. « Dans ce contexte, la balance commerciale penche largement du côté français », souligne notre source.

L’association explique que les exportateurs marocains bénéficient de contingents annuels et de prix d’entrée fixés pour leurs produits. Si les prix sont en dessous de ces seuils, des taxes sont appliquées à l’entrée.

Ces prix d’entrée augmentent durant la période de production européenne, dans le cadre d’une logique de protectionnisme. Ainsi, les exportateurs marocains ont peu de marge de manœuvre pour fixer les prix de leurs produits.

« Si le coût est relativement bas, et que l’exportateur peut se permettre de payer les tarifs douaniers, cela signifie que le marché est demandeur de ses produits », explique la source. Les exportations marocaines répondent donc à une demande réelle sur le marché européen.

L’association rejette les critiques populistes des producteurs français, affirmant qu’elles visent principalement à obtenir des subventions de l’Union européenne. « La réalité est que la France ne peut pas produire en contre-saison, comme le Maroc ne peut pas produire la tomate dans n’importe quelle région du pays. Plus de 96% des tomates destinées à l’export sont issues de la région de Souss-Massa », conclut notre source.

« On comprend la frustration des producteurs français, mais nous devons signaler que les tomates marocaines ne sont pas les seules à concurrencer les tomates françaises, il y a aussi celles espagnoles, turques et italiennes ; ce qui influe sur l’offre dans le marché français », déclare, pour sa part, Oussama Machi, producteur de tomates.

« Si le coût de production des tomates marocaines est bas en comparaison à celles françaises, c’est parce que le Maroc est spécialisé dans la tomate », ajoute-t-il.

Le producteur précise que les tomates marocaines ont connu une hausse de la production en raison d’une vague de chaleur favorable. « La production française se portait bien durant les dernières années, mais en ce moment ce sont les tomates marocaines qui ont le vent en poupe en raison de la vague de chaleur qui favorise la production locale. Il est normal que les prix des tomates marocaines soient aujourd’hui compétitifs en France ».

La station de dessalement d’Agadir joue elle aussi un rôle crucial dans la région Souss-Massa en termes d’approvisionnement en eau d’irrigation pour la production de tomates. Comme l’explique Oussama Machi, « l’accès à une source d’eau d’irrigation stable et de haute qualité est un facteur clé dans la réussite de la production de tomates à grande échelle ».

La disponibilité constante de cette ressource vitale a non seulement contribué à maintenir une production de tomates dans la région, mais elle a également permis de garantir la qualité et la régularité de l’approvisionnement sur les marchés nationaux et internationaux. Sans la station de dessalement d’Agadir, les agriculteurs de Souss-Massa seraient confrontés à des défis considérables pour maintenir les niveaux de production actuels et répondre à la demande croissante en tomates.

En ce qui concerne la question de l’étiquetage des tomates, Oussama Machi souligne que la responsabilité des exportateurs s’arrête aux frontières marocaines. « L’obligation d’indiquer l’origine des tomates revient aux revendeurs locaux sur place ».

Il tient cependant à préciser que les producteurs marocains ne réalisent pas nécessairement d’importants bénéfices, du fait des coûts annexes élevés. « Il ne faut pas non plus croire que les producteurs marocains empochent des gains conséquents actuellement, car les charges de logistique et de conditionnement coûtent cher ».

Tomates : une société néerlandaise va lancer un projet de serre canarienne à Agadir

À Agadir, cette société déjà présente au Maroc, compte transformer un terrain de 11 ha en une nouvelle serre pour la culture des tomates. Les producteurs de tomates néerlandais ont opté pour des serres de type canarien, comme on en trouve beaucoup dans la région d’Agadir. « Cependant, la serre sera plus haute et, surtout, à l’intérieur véritablement high-tech » peut on lire sur un communiqué partagé par la société.

L’installation mesurera 7 mètres de haut, 1 mètre de plus que les serres actuelles de l’entreprise au Maroc.  De plus, il y aura notamment des gouttières de culture en acier, avec une circulation des eaux de drainage, un système de rails tubulaires, avec des chariots sur rails tubulaires, un transport interne automatique et des capteurs liés à un ordinateur qui fournit des données pour les tableaux de bord, selon la même source.

L’entreprise souhaite s’étendre jusqu’à atteindre 100 ha en propre et 100 ha cultivés par des producteurs partenaires dans les années à venir. Pour la saison à venir, elle table sur 50 ha de cultures en propre et 50 ha de culture chez des producteurs partenaires.

Exportations agricoles. Comment les importateurs est-européens voient les produits marocains

Les échos des négociations et autres échanges s’échappent d’une salle certes close, mais qui a vocation à ouvrir de nouveaux horizons. Ce mardi 17 octobre, les coursives d’un hôtel huppé d’Agadir accueille la rencontre BtoB organisée par Morocco Foodex, terrain de rencontre entre des importateurs de fruits et légumes des pays de l’Est et des opérateurs marocains. 

Ce rendez-vous s’inscrit dans les missions de l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (Morocco Foodex). Le but est de trouver de nouveaux clients et donneurs d’ordres. Il s’agit également de leur présenter la qualité des produits marocains. 

La vingtaine d’importateurs concernés sont principalement originaires d’Europe de l’Est (Roumanie, Lituanie, Russie, Pologne, République tchèque). « Notre choix s’est porté sur cette région d’Europe, car l’offre marocaine est bien positionnée en Europe de l’Ouest mais peu connue dans les pays de l’Est », indique El Mehdi El Alami, directeur de la promotion et du développement à Morocco Foodex.  

Jurga Pociūtė et Roberta Voronice, respectivement chef de catégorie de produits et chef de projets commerciaux de la société lituanienne Maxima International Sourcing, ont accepté de répondre à nos questions.  

La qualité du produit avant tout

En termes de produits, les pays de l’Est sont demandeurs d’agrumes, de tomates, de concombre, de poivron et de fruits rouges. Principalement en hiver, à l’image de la société Maxima International Sourcing, spécialiste dans l’importation de fruits et légumes en provenance des quatre coins du monde. 

Jurga Pociūtė et Roberta Voronice, respectivement chef de catégorie de produits et chef des projets commerciaux de la société lituanienne Maxima International Sourcing.

L’entreprise lorgne les tomates rondes marocaines en particulier, mais aussi tous les autres fruits et légumes disponibles. « Jusqu’ici, nous importions des produits agricoles marocains, mais indirectement. Cette année, nous avons directement importé des tomates en nous adressant aux producteurs », indique à Médias24 Jurga Pociūtė. 

« Néanmoins, la production n’était pas très bonne, donc nous avons un gap à combler, d’où notre présence à cet évènement BtoB », poursuit-elle. Même si les représentantes de Maxima International Sourcing semblent enthousiastes à l’idée d’importer des fruits et légumes produits au Maroc, leurs critères de sélection sont avant tout dictés par la qualité du produit.

Divergence sur les modalités de paiement

« En premier lieu, nous cherchons des producteurs pour négocier directement avec eux et nous assurer d’une bonne qualité », indique Roberta Voronice. « Chaque produit a différentes spécifications », reprend-elle, « Mais de manière générale, on juge le produit selon des critères précis tels que la taille, la couleur, le taux de sucre, le calibre et bien sûr le packaging. » 

« Mais le plus important est la qualité premium », complète Jurga Pociūtė. Sur cet aspect, la société lituanienne ne risque pas d’être déçue. En revanche, outre l’utilisation de palettes européennes, sur laquelle insistent les importateurs, les modalités de paiement sont parfois un obstacle à la conclusion de deals commerciaux. 

« Les producteurs marocains préfèrent un paiement à l’avance, alors que nous avons l’habitude de payer à la réception », souligne notre interlocutrice. Dans le cas où un terrain d’entente est trouvé, encore faut-il que les producteurs marocains puissent répondre aux exigences des acheteurs des pays de l’Est en matière de transport. 

« Si la marchandise est envoyée par camion, nous souhaitons une réception en sept à huit jours. Et dix à douze jours à partir du moment où le bon de commande a été signé », avance Jurga Pociūtė.

« Nous essayons de trouver des solutions en termes de logistique et de transport, car ce sont les défis de demain », reprend le directeur de la promotion et du développement à Morocco Foodex.  

Actuellement, le timing est conditionné par le moyen de transport vers les pays de l’Est, lequel est choisi et assumé par l’exportateur ou l’importateur, selon les cas. Les bateaux passent par le port de Rotterdam avant d’être redirigés vers l’est du continent. Pour ce qui est des camions, leur destination finale est le client. Mais ces moyens de transport sont de plus en plus coûteux à cause de la hausse des prix du pétrole.  

Par ailleurs, certains opérateurs marocains ont des centres relais et des plateformes commerciales qui leur permettent de dispatcher leurs produits. Tandis que d’autres ont des partenaires commerciaux à qui ils envoient la marchandise. 

https://medias24.com/2023/10/17/reportage-comment-morocco-foodex-seduit-les-importateurs-europeens-de-fruits-et-legumes/

Reportage. Comment Morocco Foodex séduit les importateurs européens de fruits et légumes

Agadir. Tomates, agrumes, framboises… Dans le Souss, les récoltes de plusieurs cultures ont pris du retard à cause de l’été indien qui n’en finit pas. Une contrainte qui n’a pas empêché Morocco Foodex d’exposer à des importateurs étrangers le processus de production et de conditionnement qui doit assurer la qualité des fruits et légumes marocains qui leurs sont destinés. 

Du dimanche 15 au jeudi 19 octobre 2023, l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (Morocco Foodex) a en effet reçu une délégation composée d’une vingtaine d’importateurs de fruits et légumes, originaires notamment de Pologne, de Russie, de République Tchèque, de Lituanie et de Roumanie.

Objectif ? « Renforcer la confiance dans les produits frais marocains sur les marchés à forte valeur ajoutée et trouver des opportunités commerciales entre les opérateurs nationaux et les importateurs de la délégation », annonce Morocco Foodex. Un processus encadré par le projet « Amélioration des débouchés commerciaux à haute valeur ajoutée dans le secteur horticole au Maroc« . 

Soutenu par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et l’Union européenne, le projet a pour cadre le Programme européen pour le commerce et la compétitivité

« Cette mission BtoB offre une meilleure compréhension des consommateurs et donneurs d’ordres européens« , explique à Médias24 El Mehdi El Alami, directeur promotion et développement de Morocco Foodex. D’autant que la proximité du Maroc avec l’Europe fait du pays une source idéale de produits horticoles frais.

La tomate, lun des fleurons de la production agricole nationale

Les réunions et négociations commerciales entre exportateurs marocains et importateurs européens ont été précédées d’une visite de vergers et d’une station de conditionnement d’agrumes. Un second déplacement a eu lieu dans une des stations de conditionnement du groupe Lymouna-Matysha, l’un des principaux producteurs et exportateurs marocains d’agrumes et de primeurs.

La délégation d’investisseurs européens a eu droit à une démonstration du processus de conditionnement des fruits et légumes exportés. A commencer par les tomates, puisque la région d’Agadir totalise 87% des exportations et 64% de la production nationale de ce fruit légumier. 

Ce qui en dit long sur l’expertise des opérateurs du Souss en la matière. Malgré les conditions climatiques difficiles, les résultats des exportations marocaines de tomates relatives à la campagne 2022-2023 sont dans le vert, comptabilisant 700.000 tonnes exportées et des recettes de plus de 10 milliards de dirhams.

Si les exportations de tomates marocaines affichent des résultats satisfaisants, ce n’est pas en raison d’une hausse de la quantité exportée, « qui est quasiment équivalente à celle de la campagne précédente », assurait à Médias24 une source professionnelle, dans un précédent article.

L’explication se situe plutôt au niveau « d’une moyenne de prix supérieure à celle des précédentes campagnes (13,95 DH/kilo), tous segments de la tomate confondus », poursuit notre source. Le respect rigoureux des réglementations sanitaires en vigueur dans les pays exportateurs n’y est pas étranger non plus. 

« Nos équipes ciblent constamment une qualité premium à travers toutes les étapes de notre chaîne de valeur respectant des cahiers de charges très stricts« , assure Taquie-Dine Cherradi El Fadili, président-directeur général, du groupe Lymouna-Matysha, possédant « 400 ha de serres dont 150 hectares de fruits rouges, 780 ha d’agrumes et 1.600 hectares de terrains pour d’éventuelles extensions », précise-t-il en s’adressant aux investisseurs européens.   

Un cahier des charges strict

Le PDG de la société dont la stratégie est basée sur une synergie et une intégration du savoir-faire depuis les pépinières jusqu’aux plateformes internationales, en passant par les domaines de production agricole et les stations de conditionnement, insiste sur l’un des fondements de ce commerce international : le respect de règlementations sanitaires. 

Raison pour laquelle un protocole a été mis en place entre les opérateurs, Morocco Foodex (certificat de conformité) et l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (certificat phytosanitaire), pour que les producteurs et les conditionneurs soient en phase avec l’ensemble des exigences sanitaires pratiquées aux quatre coins du globe.

En outre, les opérateurs marocains multiplient les points de contrôles qualité pour se prémunir de toutes contaminations et virus sur l’ensemble de la chaîne de valeurs. Sans oublier l’ensemble des certifications demandées par les pays importateurs. A l’entrée de l’usine de conditionnement, deux voies s’offrent aux camions transportant les produits : 

– La route de l’export : dans le cas où le directeur de ferme possède les autorisations qui prouvent qu’il a du produit exportable; 

– La route du marché national : si le produit présente des coups de chaleur ou des anomalies dans le calibre. 

La réception de la marchandise est également strictement encadrée. Les nouveaux arrivages de tomates par exemple n’entrent pas en contact avec les produits destinée à l’export ou au marché local. Leur qualité est d’abord contrôlée avant qu’ils soient envoyés dans une calibreuse de tomate où la main-d’œuvre est quasiment proscrite dans l’optique d’éviter les impacts à destination. 

Après triage, les tomates non-exportables sont envoyées au marché local via un conduit mécanique. En parallèle, toutes les caisses qui ont été vidées repartent immédiatement et n’entrent pas en contact avec d’autres éléments.  Dans cette usine de conditionnement, 350 tonnes de tomates cerises et olivettes sont traitées par jour, entre autres produits.

« 30 à 35% est destiné au marché local. Soit 250 tonnes à l’export et 100 tonnes pour le marché local ou africain« , indique Taquie-Dine Cherradi El Fadili. Les produits réservés au marché local sont vendus aux enchères à plusieurs acheteurs nationaux. Les produits à l’export sont quant à eux conditionnés (barquette, du cinq, six ou quatre kilos…) et envoyés directement dans des frigos. 

Cap’export, un service qui assure l’accompagnement des primo-exportateurs 

Traité en produit fongique, le camion qui doit transporter la marchandise est mis en maintien de températures (8°C). Une demi-heure avant le chargement, un chien passe pour contrôler la présence d’un produit illicite à bord et se prémunir contre les mauvaises surprises. En vingt minutes chrono, les caristes chargent les marchandises. Toute l’étape est filmée par une caméra de vidéo-surveillance. 

Un processus long et coûteux qui laisse peu de place à l’approximation, maîtrisée par les producteurs expérimentés. Quid des petits producteurs qui ont de grandes ambitions à l’export ? « Morocco Foodex a mis en place « Cap’export », un service qui a pour vocation d’accompagner les primo exportateurs, tant dans l’identification du besoin et l’audit à l’export que dans l’accompagnement sur les marchés internationaux », affirme El Mehdi El Alami.  

De surcroît, le projet mené conjointement avec la FAO et la BERD assure la transmission d’une expertise internationale qui accompagne les opérateurs et Morocco Foodex dans l’élaboration et l’établissement d’une stratégie dédiée à ces opérateurs. Avec la qualité pour leitmotiv. 

« Aujourd’hui, l’origine Maroc est une origine crédible et qui n’est plus positionnée sur le prix mais sur la qualité, à l’instar de ses concurrents européens », conclut le directeur promotion et développement de Morocco Foodex.