“Femmes-vitrines”, visage obscur du trafic de voitures neuves

Casablanca. Le 13 juin 2025, 14h30. La terrasse du Venezia Ice de Aïn Sebaâ ne connaît que son ballet habituel. Cafés tièdes, scroll interminable sur écran, serveurs qui slaloment entre les tables. À l’une d’elles, K.F. et R.M., deux jeunes femmes, discutent, un téléphone posé entre elles. Elles attendent quelqu’un.

L’homme arrive. R.B., quarante ans environ, de petite taille, lunettes noires, glisse un salut discret et prend place. Rien dans ce tableau banal ne laisse deviner que la rencontre n’est pas fortuite, ni que le café est devenu le théâtre d’une opération sous couverture.

Car quand R.B. s’installe, il est déjà encerclé. Plus loin, des policiers en civil se fondent dans le décor, jouant les consommateurs. Dehors, d’autres surveillent les accès.

L’intervention est brève. L’équipe s’avance, immobilise R.B., dont la résistance est rapidement contenue. Quelques chaises grincent, les conversations s’interrompent, puis tout reprend.

L’homme est interpellé, ses droits notifiés. Un iPhone noir est saisi, et l’intéressé en fournit de lui-même le code d’accès, permettant sa mise sous scellé immédiate.

Il est conduit au siège de la BNPJ. Dans la foulée, H.B., son frère, est lui aussi interpellé dans l’appartement familial de Sidi Bernoussi, où l’équipe l’avait précédé pour une première perquisition.

Une perquisition qui confirme les soupçons

Une deuxième visite est effectuée le même jour dans une résidence secondaire à Sidi Rahhal. Dans l’une des chambres, les policiers tombent sur un ensemble ordonné avec un soin qui tranche avec la situation : sept cartes grises liées à des véhicules fraîchement immatriculés – Hyundai Tucson, Peugeot Rifter, Citroën C3 Aircross, Opel Corsa, deux BMW, et un véhicule au nom d’Industrie Levrot Maroc.

À côté, deux carnets de chèques. Le premier contient une trentaine de formules signées à blanc, le second une série d’une trentaine de chèques vierges. Dans le même tiroir, des photos de cartes d’identité, un reçu bancaire, divers papiers épars. R.B. ne fournit aucune explication valable à leur présence. L’ensemble est saisi, mis sous scellés, et la perquisition s’achève.

Ces scènes, qui se sont déroulées à quelques heures d’intervalle, ne sont pas un simple coup de filet.

Elles marquent l’émergence au grand jour d’une enquête menée dans la discrétion pendant plus d’un an, sur instructions du parquet général de Casablanca. Des mois durant, les enquêteurs ont tissé leur toile, recoupant témoignages, flux financiers, cartes grises, dossiers bancaires et mouvements de véhicules franchissant les frontières.

Au centre du tableau, R.B. et H.B., deux frères que les enquêteurs soupçonnent d’alimenter un réseau international d’exfiltration de voitures neuves – crédits obtenus frauduleusement, sociétés-écrans montées pour l’occasion, véhicules exportés hors du Maroc avant même d’être amortis. Un circuit qui, à ce stade, semble avoir nécessité des relais bancaires, comptables et administratifs.

Quid des jeunes femmes attablées avec R.B. au Venezia Ice ce 13 juin ?

K.F. et R.M. n’appartiennent pas au réseau : elles en sont le carburant. C’est par elles – et d’autres profils vulnérables – que transitent les entreprises créées de toutes pièces, les comptes bancaires, les demandes de crédit automobile. On leur prête un rôle de façade, on les fait signer, se présenter en agence, solliciter des financements, puis les véhicules disparaissent à l’étranger.

D’abord la promesse : une aide pour obtenir une visa de voyage, un accompagnement administratif, « une opportunité ».

Puis la mécanique se met en place : création d’entreprises à leurs noms, ouverture de comptes, dépôts et retraits destinés à donner l’illusion d’une activité commerciale réelle. Les deux jeunes femmes servent alors d’interface administrative, tandis que les véhicules acquis en leasing au nom de ces sociétés sont récupérés rapidement puis exportés, parfois dans la foulée. Avant de s’évaporer dans la nature.

Chez les enquêteurs, le schéma est qualifié de traite d’êtres humains : captation de vulnérabilités, promesse migratoire en appât, usage abusif des papiers d’autrui, extraction financière, disparition des biens. L’autonomie des victimes se réduit à une signature, leur rôle s’arrête à leur nom, leur passeport, leur présence aux guichets.

À partir de là, l’histoire change d’échelle ; elle devient humaine, incarnée, tragiquement concrète. Car derrière les cartes grises, les sociétés-écrans et les véhicules évaporés, il y a des visages. Celui de K.F. d’abord, puis celui de R.M., et enfin celui de W.R., trois trajectoires parallèles, happées dans le même engrenage.

Comment tout a commencé pour K.F. et R.M.

Les deux jeunes femmes disent avoir croisé la route de R.B. à une période où elles cherchaient à « avancer », trouver du travail, peut-être voyager.

L’homme inspire confiance : costume soigné, discours fluide, relations affichées avec des avocats, des comptables, des directeurs d’agences bancaires. Il promet des opportunités, parle de visa, de « projet au Canada », d’un coup de pouce administratif. Rien d’illégal en apparence. Puis tout s’enchaîne.

Création d’une société au nom de K.F. et R.M., dénommée Dades Grues, affirment-elles. On leur explique que c’est une formalité, un passage administratif pour prouver une activité avant la demande de visa.

Elles signent. Photocopies de CIN, extraits de naissance, procurations, statuts… le dossier avance trop vite pour qu’elles mesurent ce qu’elles engagent.

Une banque, des formulaires, un bureau en fond de salle

Les deux femmes déposent leurs signatures ; R.B. s’occupe du reste. Selon leurs déclarations, il dirige, parle à leur place, récupère les dossiers, propose même les phrases à dire.

Un jour, dans une agence bancaire de Sidi Bernoussi, le directeur les accueille d’un sourire ironique. « Ah, les harraga », lance-t-il. Les jeunes femmes ne comprennent pas tout de suite. L’homme, lui, sourit, comme si la finalité était connue. La scène, rapportée dans la procédure, laisse penser que l’exploitation de la vulnérabilité était perçue, peut-être même normalisée.

Les crédits automobiles suivent. Une première voiture, puis deux. Hyundai Tucson, Peugeot Rifter. Le leasing est souscrit au nom des sociétés créées à leurs identités. Elles ne conduiront jamais les véhicules. Ceux-ci, selon l’enquête, prennent la route du Nord, direction Tanger-Med, puis l’étranger. Un aller-retour, parfois dans la journée. Des plaques changées. Plus de trace.

K.F. et R.M. se retrouvent ensuite face aux premiers appels des sociétés de crédit. Puis aux lettres recommandées. Puis aux visites à domicile.

Elles ne comprennent que trop tard qu’elles répondent, en droit, de véhicules qu’elles n’ont jamais vus, jamais utilisés.

W.R., troisième victime : même mécanique, autre porte d’entrée

La trajectoire de W.R. ne commence pas en terrasse, mais dans la durée. Elle rencontre R.B. par l’entremise d’une relation proche. L’homme parle affaires, projets, opportunités.

Il lui propose de reprendre une voiture « trop récente pour son ancien propriétaire », issue, dit-il, « d’un arrangement fiscal ». Elle verse 48.000 DH pour une Ford Fiesta qu’elle croit acquérir pour elle-même.

Elle repart en réalité avec une Ford Kuga, sans contrat clair, sans certificat de propriété, avec pour seul justificatif un dépôt bancaire effectué par elle en agence.

Elle roule quelques semaines puis, un jour, reçoit un appel : on lui demande de rapporter la carte grise. Elle s’exécute. La voiture disparaît.

Plus tard, elle apprendra que le véhicule était financé, que les échéances n’ont jamais été honorées, et qu’elle reste impliquée comme signataire.

L’histoire prend un tournant ubuesque en mai 2023. R.B. se rend chez Devred, au Mega Mall de Rabat, achète pour 76.668 DH de vêtements, règle avec sept chèques au nom de W.R.. Les paiements sont refusés à l’encaissement. La société porte plainte. Lorsque la victime découvre l’affaire, elle tombe des nues : elle n’a jamais signé ces achats, ni autorisé l’usage de son chéquier. Mais c’est elle qui fait l’objet d’un avis de recherche.

Et ce n’est pas tout. Dans les documents saisis, plusieurs signatures la concernant apparaissent fausses : dossiers de leasing, contrats d’assurance, garanties personnelles. Elle affirme ne pas avoir été présente lors de la signature.

Certains documents révèlent même des demandes de financement déposées pendant qu’elle se trouvait hors du Maroc.

Pression, consignes, tentatives d’aligner les versions

Lorsque l’enquête s’accélère, les victimes sont contactées. Devant les enquêteurs, le téléphone sonne. L’agent en charge demande à la victime de laisser la conversation sous haut parleur.

Au bout du fil, R.B., qui aurait selon les procès-verbaux demandé aux deux jeunes femmes de s’accorder sur un seul récit, leur conseillant même ce qu’elles doivent déclarer, et évoquant un certain « Aziz »  à présenter comme repreneur de la société.

Il insiste pour qu’elles répondent via WhatsApp, depuis un numéro étranger. Une tentative de garder la main, malgré l’arrestation imminente.

Un premier pan du dossier : celui des victimes-vitrines

K.F., R.M., W.R.T. Leur rôle, administratif, frontal, visible, servait de façade à une architecture plus vaste, qui impliquera dans un second volet les sociétés de crédit, les mouvements bancaires, les véhicules remontés vers Tanger-Med et exportés, les comptes liés, les flux entre entités familiales.

Ce sera l’objet du prochain article.

https://medias24.com/2025/12/03/filiere-des-voitures-fantomes-la-bnpj-remonte-un-reseau-dune-ampleur-inedite-1588585/

Filière des voitures fantômes : la BNPJ remonte un réseau d’une ampleur inédite

La police marocaine remonte le fil d’un réseau criminel d’une ampleur inhabituelle, mêlant exfiltration de voitures neuves, exploitation de personnes vulnérables, falsifications en cascade et fraudes aux sociétés de crédit. Le dossier est piloté depuis des mois par la section de criminalité économique et financière de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), avec des arrestations en août 2025 et des investigations en cours.

Les éléments examinés par nos soins suggèrent un système aux allures d’organisation transfrontalière parfaitement structurée, actif depuis plusieurs années entre le Maroc, l’Europe et l’Afrique du Nord. Et qui, surtout, laisse entrevoir l’existence de complicités au sein d’agences bancaires, de services de légalisation et de circuits comptables.

Les premiers suspects interpellés, dont deux frères considérés comme des maillons centraux, se trouvent aujourd’hui sous instruction judiciaire à la chambre criminelle de Casablanca.

En parallèle, les investigations se déploient pour identifier l’ensemble des ramifications du réseau et des acteurs impliqués.

Des voitures neuves financées à crédit, exfiltrées presque aussitôt

Au cœur du dispositif apparaissent des véhicules neufs obtenus via des crédits automobiles contractés auprès de sociétés spécialisées telles que Wafasalaf, Eqdom, Sofac et Vivalis…

Ces prêts, accordés pour l’acquisition de modèles récents, n’ont jamais vocation à être remboursés et permettent aux voitures d’être immédiatement détournées puis dirigées vers des circuits parallèles.

Les notes d’enquête mentionnent déjà une série de modèles concernés, Peugeot 308, Hyundai Tucson, BMW, Cobra, Renault Express, Ford Transit, Alfa Romeo ; toutes des voitures acquises à crédit au nom de sociétés-écrans créées ou reprises pour l’occasion.

Une fois sous contrôle du réseau, les véhicules sont convoyés vers l’Europe à travers Tanger Med ou Bab Sebta, déposés à Alicante ou Marseille, démontés ou revendus entiers parfois à un tiers de leur valeur réelle. Ils réapparaissent ensuite en Afrique du Nord, notamment en Algérie, où ils sont écoulés avec des cartes grises « prêtes à l’usage », bien qu’il s’agisse de véhicules neufs à peine sortis des concessions.

Des victimes ciblées, fragilisées, instrumentalisées

Les premiers éléments de la procédure dressent un tableau d’une dureté saisissante, avec l’usage explicite du terme « traite des êtres humains ».

Les victimes, souvent des femmes en situation de fragilité, sont identifiées, approchées, isolées, utilisées comme prête-noms. On leur fait créer des sociétés, reprendre des entreprises dormantes, signer des documents pré-remplis et suivre des parcours administratifs dont elles ne comprennent ni la logique ni les enjeux.

À chaque étape, quelqu’un les attend, les oriente, les encadre ; un déroulé que les enquêteurs décrivent comme « trop fluide pour être accidentel », un « mode opératoire répétitif » construit pour obtenir en un temps record des véhicules destinés à quitter le territoire, un engrenage dont la finalité apparaît clairement : déposer des demandes de crédits automobiles qui ne seront jamais remboursés, puis livrer les voitures au réseau.

Les procès-verbaux font état d’intermédiaires masculins qui gagnent la confiance des victimes, se présentent comme des sauveurs, des facilitateurs, voire des protecteurs, avant de se révéler comme des recruteurs opérant pour le compte d’une structure beaucoup plus vaste.

Un écosystème de complicités organisé autour de points névralgiques

Les notes d’enquête révèlent l’existence de relais internes, des maillons essentiels permettant au réseau de fonctionner avec une aisance troublante. Il s’agit d’un directeur d’agence bancaire facilitant les ouvertures de comptes et les mouvements financiers, d’agents de légalisation saisissant systématiquement les mêmes signatures, d’un comptable décrit comme une « pièce essentielle » dans la fabrication des sociétés-écrans, d’intervenants liés aux services de récupération de véhicules impayés à même de retarder des saisies, ainsi que de contacts présents aux frontières pour fluidifier les passages.

Les enquêteurs parlent d’une mécanique trop bien huilée pour relever du hasard, d’une organisation capable de coordonner en temps réel plusieurs opérations, de la création des sociétés au montage des dossiers jusqu’à l’exfiltration rapide des voitures.

Une enquête encore en expansion

Plusieurs personnes citées dans les procès-verbaux sont frappées d’interdiction de quitter le territoire, parmi elles des comptables, des transporteurs, des propriétaires de stations-service, des individus liés au stockage, à la circulation ou à la revente des véhicules.

Les trois téléphones saisis chez les deux frères arrêtés sont en cours d’analyse par la brigade spécialisée en traces numériques. Des échanges préliminaires évoquent déjà des menaces, des pressions, des injonctions aux victimes afin d’orienter ou de rétracter des déclarations.

D’autres volets s’ouvrent en parallèle : la collecte des enregistrements de passage aux frontières, la vérification des fausses autorisations de sortie, l’identification des sociétés-écrans réellement actives, la confirmation du rôle du comptable et des agents de légalisation, la liste complète des véhicules exfiltrés et leur destination finale.

Les enquêteurs notent que « l’intégralité du réseau n’a pas encore été identifiée », et que les ramifications pourraient s’étendre au-delà des premiers cercles visibles.

Médias24 reviendra avec un récit détaillé de l’affaire…

Jonathan Harroch jugé pour traite d’êtres humains

Visa Schengen et faux documents : 9 individus arrêtés à Nador et à Guercif

Selon les premiers éléments de l’enquête, les mis en cause sont en lien avec un réseau criminel s’activant dans la falsification de documents administratifs requis pour l’obtention de visas pour des pays européens, qui seraient utilisés dans l’organisation de l’immigration irrégulière, poursuit la même source, notant que les recherches et investigations entreprises ont permis d’appréhender huit individus à Nador et le neuvième à Guercif.

Les perquisitions effectuées dans les deux villes ont abouti à la découverte, en possession des suspects, de plusieurs documents falsifiés, d’ordinateurs et d’un véhicule léger qui serait utilisé pour faciliter ces actes criminels, précise-t-on.

Ces opérations ont également permis la saisie de photographies, de documents d’identité, de passeports au nom d’autrui, outre des reçus d’ordres de virement et de sommes d’argent d’environ 350.000 dirhams qui proviendraient de cette activité criminelle.

Les prévenus ont été placés en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire menée sous la supervision du parquet compétent afin d’élucider les éventuelles ramifications de cette activité criminelle et d’interpeller les autres complices.

(Avec MAP)

Un nouveau plan national de lutte et de prévention contre la traite des êtres humains

Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a présenté, au cours du Conseil de gouvernement du jeudi 23 mars, les contenus du Plan national 2023-2030 de lutte et de prévention contre la traite des êtres humains, du Plan d’action stratégique national de mise en œuvre pour 2023-2026 et du Mécanisme national de renvoi pour les victimes de la traite des êtres humains, après leur adoption à l’unanimité par la Commission nationale lors de sa réunion du 17 mars 2023.

Cela intervient dans le cadre des attributions de la Commission nationale chargée de la coordination des mesures de lutte et de la prévention de la traite des êtres humains, créée auprès du département du chef du gouvernement en vertu de la loi n° 27-14 relative à la lutte contre la traite des êtres humains, promulguée le 25 août 2016 et dont le ministère de la Justice assume la présidence et le secrétariat permanent.

Selon un communiqué de la Commission, cette démarche intervient aussi en réponse aux engagements du Maroc en matière de lutte et de prévention contre la traite des êtres humains, conformément aux instruments et normes internationaux ainsi qu’aux législations nationales y afférentes.

Le Plan national représente une feuille de route de référence pour une réponse nationale efficace à ce sujet, via l’identification des priorités stratégiques et des mesures et procédures de mise en œuvre de ces engagements, dans le cadre d’une approche humaniste et dans le respect total de la primauté de la loi et des droits humains universels.

Ce mécanisme, dont la coordination est assurée par la Commission nationale à travers son secrétariat permanent au ministère de la Justice, vise la réglementation et la définition des moyens de coordination des efforts en matière d’application des procédures et des mesures de protection et d’assistance des victimes de la traite des êtres humains.

Il permet aussi de définir les moyens réglementaires et procéduraux garantissant la détection précoce des victimes, leur identification et leur orientation vers les services en mesure de leur porter assistance et de les protéger, dans le cadre d’une approche intégrée associant l’ensemble des intervenants et des acteurs institutionnels, en partenariat avec les composantes de la société civile active dans le domaine, conclut le communiqué.

(Avec MAP)

Affaire Jacques Bouthier : des Marocaines parmi les victimes présumées

Les révélations se succèdent depuis que cette affaire a éclaté en France. L’ancien patron du groupe de courtage Assu 200 devenu Vilavi depuis janvier est poursuivi pour « traite d’êtres humains » et « viols sur mineurs ».

Selon une source proche du dossier citée par la radio française RTL, une jeune femme de 22 ans s’est présentée aux policiers parisiens en mars, expliquant que depuis cinq ans, elle était « captive » d’un homme richissime qui la violait.

Devenant, selon ses dires, « trop âgée pour lui », la jeune femme aurait été forcée de trouver une « remplaçante ». Une adolescente de 14 ans a alors pris sa place. La plaignante est parvenue à les filmer avant de confier la vidéo aux enquêteurs.

Selon RTL, Jacques Bouthier est soupçonné d’avoir voulu mettre sur pied une équipe pour enlever la jeune femme, saisir la vidéo et la forcer à quitter la France.

Au micro de la chaîne de télévision BFM TV, une ex-salariée d’Assu 2000 a confié « avoir été licenciée en novembre 2021, après avoir refusé les avances insistantes de l’ex-patron du groupe de courtage en assurances ».

La jeune femme indique avoir été embauchée chez Assu 2000 en 2017 pour travailler dans l’une de ses succursales à Tanger, au Maroc. « Dès le départ, elle affirme que des responsables de l’entreprise auraient joué les rabatteurs pour Jacques Bouthier. »

Après la mise en examen de l’ex-PDG, qui a démissionné de son mandat de président d’Assu 2000, la jeune femme a décidé de déposer plainte en France, notamment pour harcèlement.

Sur la même chaîne, un ancien manager d’Assu 2000 à Tanger explique comment Jacques Bouthier choisissait ses cibles présumées lors de ses visites au Maroc, demandant à ses employés de le mettre en contact avec elles.

« L’ex-patron du groupe faisait son marché parmi des jeunes femmes qu’il rencontrait au Maroc », raconte-t-il.

Traite des êtres humains: installation des membres de la Commission nationale

A l’occasion de cette cérémonie, le chef du gouvernement, Saâdeddine Elotmani s’est dit confiant que les compétences attribuées à cette Commission « lui permettraient de soumettre des propositions au gouvernement dans le but de préparer le plan d’action national et de proposer des mécanismes efficaces pour faire face au phénomène de la traite des êtres humains, qui allient les avantages de la prévention et de la sensibilisation et les impératifs de dissuasion et de protection. »

La Commission regroupe des représentants des départements ministériels et de la sécurité, les institutions nationales et les organisations de la société civile.

M. Elotmani a souligné que soumettre des propositions et des avis consultatifs exigeait une connaissance du phénomène de la traite des êtres humains sous divers aspects. Ainsi, « ses membres doivent mener, dans un premier temps, une étude interne sur le terrain et la préparation d’une base de données. »

Par ailleurs, le chef du gouvernement a appelé les membres de la Commission à:

– Proposer diverses possibilités de coopération et de coordination entre les différents départements gouvernementaux concernés et les institutions poursuivant le même objectif;

– Proposer des mécanismes de coopération entre différents ministères et organisations de la société civile afin de sensibiliser au phénomène de la traite des êtres humains et de protéger les victimes;

– S’ouvrir sur les expériences des principaux pays leaders dans ce domaine.

(Avec MAP)

«TOTAL Club», le nouveau programme de fidélité de Total

Dans le cadre du programme de développement des activités marketing et services de Total sur l’Afrique, le programme de fidélité «TOTAL Club» fonctionne grâce à une carte à puce qui permet aux clients de la firme de cumuler des points à chaque achat en station : carburants et lubrifiants mais aussi tout article proposé dans la «Boutique Bonjour» ou faisant partie de notre offre restauration.

En effet, ces points sont par la suite convertibles en cadeaux : bons cadeaux, articles ménagers, électroménager, électronique, places de cinéma, cours de français ou encore dons à l’association l’Heure Joyeuse.

«C’est un programme nouveau, fruit d’une longue phase d’étude et de développement avec nos partenaires Maximiles et Gilbarco», précise, dans un communiqué, Eric Gosse, directeur général de Total Maroc. «Au-delà d’une simple carte, c’est un système fiable, sûr et à la pointe de la technologie que nous proposons à nos clients qui ont ainsi la garantie de pouvoir accumuler des points puis de les convertir en cadeaux», ajoute-t-il.

«Conformément à nos objectifs de développement, elle a en effet vocation à être progressivement déployée dans les autres pays d’Afrique où nous sommes présents et à cet égard, le Maroc constitue un pilote», explique Mamadou Ngom, directeur commercial de Total Afrique/ Moyen-Orient.

Par ailleurs, les clients Total peuvent à tout moment connaître le nombre de points qu’ils ont accumulés et les convertir en cadeaux en consultant le site internet dédié (www.total-club.ma) ou en contactant directement le centre d’appels (0801 000 023).

La carte «TOTAL Club» est disponible dans les 115 stations-service participantes du réseau Total à travers tout le Maroc.