Nouveau terminal de l’aéroport de Casablanca : les travaux de terrassement confiés à STAM pour 294 MDH

La commission d’ouverture des plis au niveau de l’Office national des aéroports (ONDA) a rendu son verdict en date du 30 avril. Elle a jugé que l’offre de STAM (Société des travaux agricoles marocains) était « la plus avantageuse ».

STAM a de ce fait remporté ce marché au final face à la SGTM qui avait fait une offre frôlant les 335 MDH.

Comme nous l’écrivions dans un précédent article, les travaux des terrassements généraux incluront :

https://medias24.com/2025/04/21/architecture-calendrier-budget-et-installations-ce-quil-faut-savoir-sur-le-nouveau-terminal-de-laeroport-de-casablanca/

RAM lance une nouvelle ligne directe Casablanca-Catane à partir du 28 juin 2025

« Cette nouvelle desserte sera opérée à raison de deux fréquences par semaine (lundi et samedi) par des appareils de type Boeing 737. Les vols seront programmés au départ de Casablanca à 15 h 20 (heure locale) pour une arrivée à Catane à 19 h 40 (heure locale). Les vols retour quitteront Catane à 20 h 40 (heure locale) pour un atterrissage à Casablanca à 23 h 35 (heure locale) », fait savoir RAM dans un communiqué.

Avec l’ouverture de la ligne Casablanca-Catane, Royal Air Maroc élargit son réseau en Italie, portant à sept le nombre de villes desservies dans ce pays (au départ de Casablanca), aux côtés de Milan, de Rome, de Bologne, de Turin, de Venise et de Naples.

Cette nouvelle liaison vise à répondre aux besoins croissants d’une clientèle diversifiée, incluant les Marocains et les diasporas africaines résidant en Italie, les touristes italiens souhaitant découvrir les richesses culturelles et balnéaires du Maroc, ainsi que les passagers en correspondance via le hub de Royal Air Maroc à Casablanca vers d’autres destinations internationales.

« Le lancement de la ligne Casablanca-Catane marque une étape clé dans notre stratégie de développement et notre volonté de renforcer notre présence en Italie, notamment dans le sud du pays. Cette nouvelle desserte répond aux attentes de nos concitoyens résidant en Sicile et offre des opportunités inédites aux voyageurs africains et italiens », a dit le président-directeur général de Royal Air Maroc, Hamid Addou, cité dans le communiqué.

Et de poursuivre : « Outre le renforcement des flux touristiques entre l’Italie et le Maroc, cette nouvelle ligne répondra aux attentes croissantes des voyageurs en termes de connectivité, tout en offrant une expérience à bord toujours plus qualitative, en ligne avec nos objectifs d’amélioration continue de l’expérience client. Enfin, la ligne Casablanca-Catane fait partie d’un ensemble de nouvelles routes qui seront lancées à court terme, afin de faciliter les déplacements des Marocains du monde, principalement vers Casablanca et vers divers aéroports du Nord du Royaume ».

Avec 45 fréquences par semaine programmées vers l’Italie, Royal Air Maroc réaffirme son engagement à offrir des solutions de voyage flexibles, optimales et adaptées aux besoins de ses passagers, en particulier les diasporas marocaines et africaines installées en Italie.

Cette nouvelle desserte témoigne également de l’engagement de la compagnie à consolider sa présence sur le marché italien et à renforcer le rôle de Casablanca en tant que hub stratégique entre l’Europe et l’Afrique.

Flotte de RAM : 20 nouveaux avions seront livrés d’ici fin 2026 (source autorisée)

« Après la récente livraison de 2 Boeing Dreamliner 787-8, la flotte de RAM, actuellement composée de 53 avions, passera l’année prochaine à 73 aéronefs moyen et long-courriers », nous révèle une source autorisée en précisant que le rythme annuel de livraison sera d’une quinzaine d’unités à partir de 2027.

10 avions livrés chaque année en 2025 et 2026…

Tout en affirmant que l’échéance de 2037 pour quadrupler la flotte est toujours d’actualité, notre source tient à rappeler que des consultations avaient été menées auprès du constructeur américain Boeing en 2023, juste avant le lancement de l’appel d’offres pour acquérir une vingtaine de moyen-courriers.

« Grâce aux négociations entreprises à l’avance, RAM recevra 10 Boeing 737-Max 9 avant la fin de l’année, et 10 autres en cours de finalisation qui seront livrés au terme de 2026, ce qui fera passer sa flotte de 53 à 73 aéronefs », explique notre interlocuteur en ajoutant que cette démarche a été rendue nécessaire pour anticiper la lenteur des délais de livraison qui peuvent atteindre deux à trois ans.

Sachant que ce constructeur est confronté à une importante demande mondiale d’aéronefs après la très forte reprise du trafic aérien, mais aussi à d’importantes difficultés internes de restructuration qui l’empêchent de contenter tous ses clients, il semble probable que la compagnie nationale a dû négocier des options de livraison plus rapides ou alors bénéficier de désistements de commandes d’autres transporteurs.

… puis une quinzaine d’avions par an  

Et d’ajouter que l’appel d’offres adressé en avril 2024 aux constructeurs Boeing, Airbus, Embraer et ATR devrait bientôt aboutir, après la sélection des propositions financières et des modalités de livraison.

À la question de savoir si la flotte de RAM devrait atteindre 107 avions d’ici 2030, comme annoncé récemment par le directeur général de l’ONDA, notre interlocuteur estime que ce chiffre n’est pas définitif. Il faudra attendre les résultats de l’adjudication de l’appel d’offres pour connaître le nombre d’aéronefs dont disposera la compagnie publique à cet horizon.

Quels que soient les résultats de l’appel d’offres, notre interlocuteur avance qu’à partir de 2027, le rythme annuel de livraison devrait s’amplifier, avec une quinzaine d’avions livrables chaque année jusqu’à 2037.

Boeing ou Airbus, RAM n’a pas encore tranché

Malgré notre insistance pour savoir si le constructeur européen Airbus avait des chances de renforcer la flotte de RAM, notre interlocuteur a préféré temporiser en nous invitant à attendre les résultats de l’adjudication qui seront révélés au public dans les prochains mois.

Si notre source n’exclut pas l’éventualité d’une recomposition à partir de 2027 du parc aérien de RAM, qui sera partagé entre les aéronefs des deux plus grands constructeurs internationaux, il faut préciser que ce choix imposera de former un personnel adapté pour piloter ou entretenir les moyen-courriers de type A320 et A321 ou les long-courriers A350 qui diffèrent des appareils de Boeing.

Tourisme. Le nombre d’arrivées devrait exploser à Essaouira dans les prochaines années (Redwane Khanne)

« Durant l’année écoulée, la cité d’Essaouira a réalisé des résultats remarquables en recevant plus d’un million de touristes, qui ont généré plus de trois millions de nuitées grâce à une durée moyenne de séjour de trois nuits », se félicite Redwane Khanne qui préside le conseil provincial du tourisme (CPT) de cette ville amenée, selon lui, à multiplier le nombre de ses arrivées et nuitées d’ici le Mondial 2030.

Le secteur informel de l’hébergement est deux fois plus important que celui des ETHC

Sur l’écart important avec les résultats officiels publiés récemment par l’Observatoire du tourisme qui font état d’environ 300.000 visiteurs et 720.000 nuitées seulement, notre interlocuteur explique que ces derniers ne comptabilisent que les arrivées et les séjours dans des établissements touristiques hôteliers classés (ETHC), alors que ceux du CPT reflètent l’ensemble des catégories d’hébergement, y compris les locations informelles chez l’habitant et à travers des plateformes comme Airbnb.

En d’autres termes, l’offre d’hébergement informelle qui n’est pas recensée par les autorités chargées du classement des établissements touristiques est au moins deux fois plus importante que celle du secteur formel constitué des hôtels, des maisons d’hôtes et des résidences hôtelières répertoriés.

« La régularisation du secteur informel permettra de doubler la capacité litière classée »

Afin de mettre fin à cette tendance paradoxale qui nuit au secteur touristique, où l’économie informelle a pris le dessus sur les ETHC en termes de volume de l’offre d’hébergement, le président du conseil provincial du tourisme d’Essaouira révèle qu’une campagne de classement a été récemment initiée pour convaincre les acteurs non déclarés de régulariser leur situation en rejoignant le circuit formel.

Sachant que la capacité classée est actuellement estimée à 12.000 lits, notre interlocuteur avance qu’à la fin des campagnes de classement des établissements concernés, la ville devrait atteindre un minimum de 24.000 lits, soit le double des hébergements officiels recensés par les autorités de tutelle qui délivrent une certification en termes de qualité ou d’étoiles.

La relance de la station Mogador va créer 4.000 lits supplémentaires

De plus, la relance de la station Mogador par des investisseurs étrangers qui vont injecter 4 milliards de dirhams pour son développement permettra d’augmenter la capacité litière de la ville, après la rénovation de l’hôtel Sofitel et la construction de trois nouveaux hôtels situés en front de mer, la création d’un Club Med, d’un Beach Club, d’un village de loisirs ainsi que d’un parcours de golf.

« Les travaux programmés ne manqueront pas de renforcer la vocation touristique de cette destination balnéaire, en faisant gagner à sa capacité litière actuelle près de 4.000 nouveaux lits », précise notre interlocuteur qui estime qu’Essaouira va complètement se transformer en termes d’infrastructures d’hébergement d’ici la fin des travaux à l’horizon 2028.

Et d’ajouter que l’attractivité de la destination sera renforcée par le projet royal de Cité des Arts, de la culture et du patrimoine, complexe dédié à l’organisation de manifestations culturelles qui confirmeront sa vocation touristique, et par l’extension de sa connectivité aérienne domestique et internationale.

« Développer l’aérien pour générer une croissance annuelle comprise entre 20% et 30% »

L’ouverture de nouvelles lignes desservant Essaouira en 2024 (Madrid et Tanger) et en 2025 (Nantes et Beauvais) permettra d’augmenter le nombre actuel de 25 rotations hebdomadaires.

Redwane Khanne révèle que l’objectif des autorités et du secteur privé pour l’année en cours est de continuer sur la même lancée en renforçant la promotion, ainsi que la connectivité aérienne, afin de générer une croissance annuelle de 20% à 30%.

Et de conclure que cette dynamique, qui se poursuivra jusqu’à (au moins) l’horizon 2030, devrait permettre de doubler, voire tripler le nombre d’arrivées, qui était de 1 million en 2024.

La stratégie d’Air Arabia Maroc pour 2025 expliquée par sa DG Leila Mechbal

La compagnie aérienne low cost Air Arabia a inauguré, le dimanche 12 janvier, le vol direct reliant l’aéroport de Nador Laroui à celui de Rabat-Salé. La nouvelle route aérienne, lancée avec le soutien de la région de l’Oriental, permettra de relier plus rapidement Rabat à Nador, tout en renforçant les connexions régionales.

Quelques jours plus tôt, le jeudi 9 janvier, la compagnie inaugurait la ligne directe reliant l’aéroport d’Oujda Angad à celui de Rabat.

À cette occasion, Médias24 a pu échanger, durant le vol inaugural Nador-Rabat, avec la directrice générale Leila Mechbal autour des ambitions du groupe et de la stratégie adoptée pour l’année 2025.

Médias24 : que pouvez-vous nous dire sur cette nouvelle route aérienne reliant Nador à Rabat ?

Leila Mechbal : Nous sommes très contents aujourd’hui du lancement de cette route aérienne. La ligne directe aura une fréquence de deux vols par semaine pendant l’hiver. Et, à partir du mois d’avril, nous aurons trois fréquences hebdomadaires. La durée du vol est de 45 minutes. Ils seront opérés par des Airbus A320 avec 174 sièges. Le prix de vente est fixé à 350 dirhams pour 80 sièges. Au-delà, les prix augmentent en fonction de l’offre et de la demande.

Cette route, qui va participer au développement du tourisme de la région de l’Oriental, sera complémentaire à celle d’Oujda en vue de proposer un service adéquat, avec plusieurs fréquences durant la semaine.

 

Air Arabia inaugure une ligne aérienne directe entre Nador et Rabat. Ph : DR

– Quels sont vos projets pour 2025 ?

– Nous souhaitons continuer à grandir, à améliorer la qualité du service, à faire davantage de liens de point à point pour nos citoyens et pour nos touristes, et à faciliter le travail. C’est tout l’objectif d’une compagnie aérienne : c’est de créer des passerelles qui vont simplifier la vie des passagers et raccorder des points impossibles à relier.

– Combien de lignes sont opérationnelles aujourd’hui ?

– Nous avons à peu près 70 routes entre les bases et les destinations marocaines. Nous opérons à peu près 47 destinations liées aux 7 bases marocaines, ce qui donne 70 routes au total.

– Comment les choses se déroulent-elles pour le hub Rabat ?

– Il se développe plutôt bien, nous sommes contents des premiers résultats du premier appareil basé. Nous espérons pouvoir ajouter d’autres avions dès que l’aéroport aura la capacité pour les recevoir. Nous attendons la livraison du nouveau terminal pour pouvoir rajouter d’autres appareils sur la route.

– Air Arabia Maroc a récemment décidé de ne pas renouveler la convention avec la région Souss-Massa qui subventionnait les connexions vers la région. 

– Nous nous sommes retirés de toutes les conventions des lignes domestiques, que ce soit avec Tanger, Fès ou Agadir. Donc ces trois régions sont concernées, puisque ces lignes ont atteint une durée de maturité. Après six ans de service, nous estimons que nous pouvons les gérer tout seuls, sans pour autant demander de l’argent public.

Nous avons d’autres nouvelles conventions qui auront besoin de temps pour être commercialisées et connues du public. Il faudra du temps pour atteindre ce niveau. Nous commercialisons les places à 350 dirhams pour 85 sièges. La région subventionne ce gap de prix entre ce qu’il faut pour atteindre la rentabilité normale et le prix que nous offrons aujourd’hui pour ces sièges.

Nous n’avons gardé de conventions que pour les nouvelles routes d’Oujda-Rabat et de Nador-Rabat.

– Est-ce que cela pourrait se traduire par une hausse du prix des vols pour les destinations avec lesquelles vous n’avez plus de conventions ?

– Ce que nous allons faire, c’est remodeler le yield management [comprendre et anticiper le comportement des clients afin de maximiser les revenus ou les profits, ndlr].

Il n’y aura pas 80 sièges à 350 dirhams, il y en aura moins, mais ces prix vont se développer suivant la saison.

Tourisme : l’ONMT fait le bilan de 2024 et dévoile sa feuille de route pour 2025

Le Conseil d’administration de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) s’est réuni, lundi à Rabat, sous la présidence de la ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, et en présence des administrateurs de l’Office.

Dans sa présentation, Achraf Fayda, Directeur général de l’ONMT est tout d’abord revenu sur une année 2024 exceptionnelle, marquée par des performances records sur tous les segments et marchés, indique un communiqué de l’Office.

Le Maroc a surperformé en 2024, avec un taux de croissance de 19%, comparé à une moyenne mondiale de 12%. A fin novembre 2024, le Maroc a ainsi accueilli 15.9 millions de touristes, en augmentation de 20%, un record pour la destination, précise la même source, ajoutant que les nuitées ont progressé de 10% à fin octobre, soit 24,1 millions de nuitées, et les recettes se sont améliorées de 9% à près de 97 milliards de dirhams (MMDH) durant la même période, confirmant la place du secteur du tourisme parmi les grands pourvoyeurs de devises du pays.

« Nous réalisons des chiffres record grâce à la mobilisation et l’engagement de toutes les parties prenantes, que ce soit le secteur public, le secteur privé, ou nos partenaires internationaux. Notre feuille de route du tourisme porte ses fruits, et nous entamons l’année 2025 avec confiance et détermination », a déclaré Mme Ammor.

Durant l’année 2024, l’ONMT a poursuivi son plan d’action « Light in Action« , misant sur quatre axes majeurs à savoir le marketing, le digital, l’aérien et la conquête de nouveaux marchés. Sur le volet digital, l’Office a produit de nombreux contenus destinés à la promotion des territoires et des marques du tourisme marocain via les canaux digitaux.

Par rapport à la connectivité, une capacité contractuelle exceptionnelle de plus de 11 millions de sièges a été sécurisée, en progression de 25% par rapport à 2023.Plus de 120 nouvelles routes ont été déployées, atteignant un total de 705 routes et connectant 25 marchés, soit 6 marchés de plus qu’en 2023.

Concernant la distribution, l’ONMT a sécurisé plus de 5 millions de touristes via les Tour-Opérateurs (TO) et les agences de voyages en ligne (OTA), soit une hausse de 63% du flux des touristes.

L’ONMT mise sur la CAN 2025 pour attirer davantage de touristes 

L’année 2025 aura pour objectif la consolidation des acquis, avec le lancement de 2 nouvelles vagues de la campagne Terre de Lumière et le lancement de la nouvelle campagne Ntla9awfbladna, qui sera accompagnée d’une étude de marché sur le tourisme interne.

En matière de digital, il est prévu une refonte du portail VisitMorocco suivant les nouvelles tendances du secteur ainsi qu’une synchronisation des actions de l’influence marketing avec les actions RP des marchés.

Par rapport au volet de l’aérien, l’objectif sera de 13,3 millions de sièges soit une progression annuelle de 20%, à travers l’établissement de nouvelles routes et l’expansion dans les marchés nouvellement connectés comme les USA, le Canada et l’Europe de l’Est.

En matière de distribution, l’objectif fixé est de 2,5 millions de clients soit une évolution de 25 % par rapport à 2024, ainsi que 9,23 millions de nuitées de plus, soit une progression annuelle de 20%.

Pour la CAN 2025, l’ONMT prévoit de faire de cet évènement majeur une vitrine pour la promotion du Maroc comme destination africaine d’excellence. Un plan promotionnel ambitieux autour de la CAN 2025 sera déployé, exploitant le pouvoir fédérateur du sport pour positionner la destination Maroc comme Terre de football et destination africaine d’excellence.

Bien au-delà d’une compétition sportive, la CAN sera pour l’ONMT, une opportunité unique et exceptionnelle de faire briller la nation et la destination.

(Avec MAP)

Tourisme : que faut-il attendre de la reprise des vols de RAM vers la Chine ?

Lors de l’annonce en août dernier de la réouverture du vol direct entre Casablanca et Pékin, Hamid Addou, PDG de RAM, a déclaré que cette ligne sera dédiée essentiellement au développement du tourisme au Maroc avec 80% du trafic de cette route qui seront constitués de touristes chinois.

Très attendue par les opérateurs, le retour en janvier 2025 de cette route directe permettra en effet de renouer avec un cycle de croissance pour capter une part significative d’un marché émergent tombé de 140.000 arrivées en 2019 à moins de 60.000 visiteurs à la fin de 2023.

« 100.000 arrivées prévues pour 2024 contre 60.000 en 2023 »

« La réouverture de cette ligne va booster ce marché émetteur émergent qui est plus que stratégique pour l’avenir du tourisme marocain », déclare Zoubir Bouhoute en précisant que le Maroc ne capte encore qu’une part infime des 250 millions de Chinois qui voyagent à l’international.

Rappelons en effet que la forte dynamique de croissance des arrivées qui avait suivi la levée des visas en juin 2016, à savoir 10.000 visiteurs chinois en 2015, 42.844 en 2016, 107.434 en 2017, 132.081 en 2018 et 141.050 en 2019, avait fini par s’essouffler en retombant à 20.529 en 2020 et à 4.762 en 2021.

S’il a fallu attendre la reprise du trafic aérien chinois à partir de 2022 pour arriver à un chiffre de 27.979 arrivées puis à 59.719 en 2023, le consultant table sur 100.000 visiteurs à la fin de 2024.

Les vols RAM devraient générer 50.000 arrivées chinoises supplémentaires dès 2025

« Opérés à partir de janvier prochain à raison de trois fréquences hebdomadaires, par des Boeing 787-9 Dreamliner d’une capacité de près de 400 sièges, cette route devrait transporter environ 50.000 passagers supplémentaires dont une grande majorité de touristes qui s’ajouteront aux 100.000 chinois prévus à la fin de 2025 via les lignes indirectes », avance le consultant qui estime cependant nécessaire de multiplier le nombre de rotations hebdomadaires de cette ligne avant de commencer à capitaliser sur le potentiel largement sous-exploité du marché des visiteurs chinois.

De plus, la reprise des vols de RAM devra être accompagnée par une grande campagne de communication du transporteur public mais aussi de l’ONMT sur le territoire chinois.

Sachant que de nombreux voyageurs chinois n’hésitent pas à prendre plusieurs vols long-courriers pour visiter le Maroc, notre interlocuteur estime que la promotion du Maroc par RAM aura pour effet d’attirer d’autres compagnies chinoises pour desservir directement la destination marocaine.

Le renforcement des relations bilatérales ouvre la voie à l’arrivée de compagnies chinoises

Et d’ajouter que le Maroc doit être desservi par au moins 3 ou 4 transporteurs réguliers avant de commencer à exploiter l’énorme potentiel du marché chinois avec de vrais résultats significatifs.

Un scénario rendu possible par la multiplication des signatures de contrats d’équipements avec des opérateurs chinois (LGV, entre autres) ainsi que par la récente escale au Maroc du président Xi Jinping qui ont contribué à faire de la publicité pour la destination marocaine et à rassurer les touristes de ce marché.

Tout en se félicitant du rapprochement actuel qui augure une hausse des arrivées chinoises, Bouhoute espère que l’ONMT saura rééditer avec un opérateur chinois « son coup de maître » avec United Airlines qui avait abouti à l’ouverture d’une ligne directe Marrakech-New York.

300.000 à 500.000 arrivées à l’horizon 2030

Après la reprise du vol Casablanca-Pékin, le prochain défi consistera donc à signer un accord avec une compagnie régulière chinoise pour ouvrir un vol long-courrier vers le Maroc.

« Entre la dynamique actuelle de croissance des visiteurs indirects et les 3 rotations par semaine de RAM, le Maroc pourrait être en mesure d’accueillir 300.000 touristes au moment du Mondial de 2030 mais ce chiffre pourrait passer à 500.000 si l’ONMT arrivait à convaincre une compagnie chinoise de desservir le Maroc à raison de 6 fréquences hebdomadaires », conclut, optimiste, Zoubir Bouhoute en insistant sur l’importance de ce marché pour l’avenir du tourisme marocain.

Aéroport Mohammed V : fin des études de faisabilité du nouveau terminal

Selon plusieurs sources sûres, le bureau d’études chargé par l’Office national des aéroports (ONDA) d’examiner la faisabilité vient de remettre ses conclusions. Ce nouveau terminal, qui permettra de traiter 20 millions de passagers supplémentaires par an, fera passer d’ici 2030 la capacité d’accueil totale du premier aéroport du Maroc de 14 à 34 millions de visiteurs.

S’il faudra attendre le lancement de l’appel d’offres et son résultat pour connaître la date du début des travaux du nouveau terminal de l’aéroport de Casablanca, nos sources estiment que sa livraison aura lieu avant le Mondial 2030. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on saura s’il sera réservé à RAM ou s’il accueillera également des compagnies étrangères.

« Notre plan de développement au Maroc et en Afrique ne menacera pas les intérêts de RAM » (vice-président d’Emirates)

Au cours d’une rencontre avec la presse marocaine dans un grand hôtel de la capitale économique, les dirigeants d’Emirates ont répondu, ce vendredi 29 novembre, à plusieurs questions sur leur plan de développement au Maroc. La compagnie compte ainsi profiter de la perspective de l’organisation du Mondial 2030 qui devrait faire exploser son trafic vers tout le continent africain.

« Le Maroc est notre principal marché d’avenir en Afrique du Nord »

En marge de cette présentation, Adel Al Ghaith, vice-président chargé des opérations commerciales à Emirates, a accordé un entretien en aparté à Médias24 où il a déclaré que ses équipes commerciales travaillaient pour identifier les destinations à développer au Maroc et dans toute l’Afrique.

« Actuellement, nous nous concentrons plus particulièrement sur le Maroc qui constitue notre plus important marché en Afrique du Nord, avec près de 4 millions de passagers marocains transportés depuis notre installation à Casablanca en 2002 », révèle Adil Al Ghaith, en ajoutant que sa compagnie travaille activement avec le gouvernement marocain pour développer les arrivées touristiques.

Malgré notre insistance pour savoir si des annonces étaient prévues en 2024 ou en 2025, le vice-président s’est contenté de rappeler que le plan de développement était en cours d’analyse et qu’il faudra être patient pour en savoir plus sur les ambitions de la compagnie au Maroc et en Afrique.

 « Le Mondial de 2030 va générer une demande accrue dont nous espérons tirer profit »

Et de préciser que le Maroc, qui va co-organiser le Mondial de 2030, fait partie des marchés d’avenir pour Emirates pour qui cette échéance sera à l’origine d’un « énorme changement », avec des millions de supporters du monde entier qui ne manqueront pas de revenir ensuite en touristes.

Si l’heure est à l’étude des meilleurs scénarios pour adapter sa capacité aérienne vers le Maroc, il faudra attendre ses conclusions avant de faire des annonces d’ouverture ou de renforcement des lignes existantes, mais tout laisse à penser que l’offre en sièges devrait fortement croître d’ici 2030.

Préférant rester discret sur les futures routes aériennes avant que ses équipes n’identifient celles qui présentent le meilleur potentiel, Adel Al Ghaith a cependant précisé qu’il faudra environ deux ans pour connaître les détails du plan de développement de sa compagnie, consacré au marché marocain.

« Emirates ne compte pas créer un nouveau hub à Casablanca vers l’Asie ou l’Afrique « 

Sachant que Royal Air Maroc ne dessert pas l’Asie, hormis la route Casablanca-Pékin qui sera bientôt rouverte, nous avons interrogé notre interlocuteur sur l’éventualité qu’Emirates exploite ce créneau prometteur avec des vols directs vers des villes comme Bangkok ou Kuala Lumpur, des destinations de plus en plus prisées par les touristes marocains.

« Partant du constat que l’ouverture de ces vols directs à partir du Maroc requièrent de nombreuses autorisations et que nous les desservons déjà à partir de notre hub de Dubaï, nous n’avons nullement l’intention de créer un nouveau hub à Casablanca », insiste notre interlocuteur pour qui Dubaï restera le hub principal de la compagnie vers les pays du continent asiatique.

Concernant l’ouverture de lignes de sa compagnie vers l’Afrique, qui pourrait impacter négativement l’implantation privilégiée de RAM, le vice-président réitère qu’Emirates n’envisage pas de créer un hub à Casablanca vers le continent.

« Les intérêts de RAM ne seront pas menacés par notre développement »

Ecartant cette éventualité, le vice-président explique qu’Emirates ne juge pas approprié de remettre en cause « le partenariat d’exception de code-share avec RAM », qui a renforcé la connectivité aérienne du Royaume avec 18 destinations marocaines, dont Marrakech et Tanger.

À la question de savoir si son plan de développement au Maroc, en cours de préparation, n’aura pas pour conséquence de concurrencer l’activité internationale de RAM, Adel Al Ghaith tient à préciser que la compagnie nationale n’a jamais été un concurrent direct, mais un partenaire essentiel dont la compétitivité ne saurait être menacée par Emirates.

Tout en assurant que sa compagnie n’a nullement l’intention de changer de modèle, le dirigeant conclut son propos en déclarant que RAM n’a aucune inquiétude à se faire.

RAM : voici pourquoi le bénéfice de la compagnie nationale a baissé depuis 2023

En attendant la consolidation des comptes qui aura lieu en mars 2025, les résultats provisoires du bilan financier entre fin octobre 2023 et novembre 2024 montrent que la compagnie nationale a terminé l’exercice comptable à l’équilibre, voire avec un léger bénéfice.

« Un exercice comptable beaucoup moins lucratif que le précédent »

« Après avoir généré le plus important résultat financier de son histoire entre 2022 et 2023, l’année comptable achevée le 31 octobre dernier a été correcte, mais beaucoup moins bonne que la précédente », nous révèle une source autorisée qui exclut cependant l’éventualité d’un déficit.

En effet, malgré la hausse sensible du trafic aérien mondial, plusieurs facteurs ont impacté les dépenses de fonctionnement de RAM qui a non seulement dû faire face à l’augmentation constante du prix du kérosène, mais aussi aux revendications salariales de plusieurs sous-traitants.

Explosion des frais de kérosène, de manutention et de restauration

Et d’expliquer qu’entre le prix du kérosène, dont la tendance haussière ne s’est pas démentie depuis le début de la guerre en Ukraine, les revendications salariales des employés du handling (traitement des bagages, enregistrement des passagers, hôtesses d’accueil, nettoyage des avions…) qu’il a fallu satisfaire après les nombreuses grèves en 2024 dans les aéroports marocains et étrangers desservis par RAM et, enfin, l’augmentation du coût des frais de catering (restauration), les dépenses ont littéralement explosé durant le dernier exercice comptable.

La RAM avait également vendu des avions au cours de la période Covid pour faire face à la situation financière imposée par la pandémie. Elle est donc arrivée à préserver son équilibre financier avec moins d’avions qu’en 2019.

Sans compter l’environnement concurrentiel croissant auquel est confronté le pavillon national, dénoncé par le président Abdelhamid Addou qui avait plaidé, lors d’une conférence internationale intitulée « Neutralité, concurrence et accès au marché », organisée à Marrakech par le Conseil de la concurrence, pour la révision de l’accord de l’Open Sky (ciel ouvert) en vigueur depuis 2005.

RAM cernée par la concurrence étrangère des low cost

Sans aller jusqu’à préconiser d’interdire l’installation de nouveaux opérateurs aériens étrangers qui est, selon lui, nécessaire pour développer le tourisme au Maroc, un expert en transport aérien confirme que RAM est de plus en plus pénalisée par les ouvertures constantes de lignes low cost qui impactent directement son activité et sa rentabilité.

Tout en rappelant qu’elle est confrontée à 40 entreprises concurrentes bénéficiant d’un accès privilégié au ciel marocain, dont la plupart des nouveaux arrivants bénéficient de subventions de l’ONMT, notre interlocuteur conclut en suggérant d’en faire bénéficier RAM quand celle-ci ouvre de nouvelles lignes internationales dans son hub de Casablanca et dans d’autres aéroports du Royaume.

ONDA : deux nominations au pôle « Navigation aérienne »

L’ONDA a indiqué dans un communiqué s’engager dans le lancement de nouveaux projets structurants et programmes d’investissement qui lui permettront de répondre aux augmentations importantes du trafic aérien et aux défis futurs du secteur tout en garantissant une navigation aérienne « sûre, efficace et plus respectueuse de l’environnement ».

Pour accompagner cette nouvelle impulsion, poursuit la même source, deux nominations viennent d’avoir lieu :

– Hassan Fahmi, nommé directeur des opérations du pôle « Navigation aérienne ». Diplômé en contrôle de la circulation aérienne, il cumule près de 34 ans d’expérience au sein de l’ONDA, où il a occupé plusieurs postes de responsabilité en liaison avec le contrôle et la gestion de la circulation aérienne au sein du Centre de contrôle régional de Casablanca.

– Fouad Naji, nommé directeur technique du pôle Navigation aérienne. Titulaire d’un diplôme d’électronicien de la sécurité aérienne et d’un diplôme d’ingénieur en maintenance industrielle et fort d’une expérience de près de 25 ans au sein de l’ONDA, il a occupé plusieurs postes de responsabilité, notamment à la tête de structures en charge du développement des équipements de radionavigation.

Grâce à un travail constant, l’ONDA dit veiller à la modernisation des infrastructures, au déploiement des technologies de pointe et au renforcement des capacités de ses équipes. « Ce dévouement se traduit par une gestion efficace et sécurisée du trafic aérien, assurant une fluidité optimale pour les compagnies aériennes, tout en répondant aux exigences croissantes du secteur ».

L’ONDA participe également activement à des programmes internationaux de navigation aérienne et des projets de l’Agence européenne de la sécurité de navigation aérienne –Eurocontrol– pour harmoniser et améliorer les services de navigation aérienne fournis aux usagers, ajoute-t-on.

En investissant dans des projets innovants et en formant continuellement ses experts, l’ONDA positionne le Maroc comme un leader régional en matière de navigation aérienne et contribue également à promouvoir l’attractivité du Maroc en tant que hub aérien stratégique, conclut l’Office.

150 avions de RAM. En difficulté, Boeing perd-il du terrain face à Airbus ?

Les résultats de l’appel d’offres lancé en avril dernier par RAM sont attendus pour la fin de l’année. La compagnie nationale doit choisir son ou ses fournisseur(s) pour les 150 appareils qu’elle compte ajouter à sa flotte pour atteindre les 200 nécessaires à son plan de développement. 

Les objectifs portés pour 2037 sont ambitieux et visent à permettre à la compagnie nationale de changer de dimension, notamment au regard des importantes échéances qui arrivent, à leur tête la Coupe du monde et les ambitions pour le secteur touristique. Aussi, l’enjeu est de taille pour le Royaume.

Les regards se tournent désormais vers la compagnie nationale et le choix qu’elle fera. Dans ce contexte, le buzz autour d’une éventuelle commande auprès d’Airbus s’intensifie, d’autant que les relations Maroc-France sont au beau fixe et qu’une visite du président Emmanuel Macron est en préparation pour fin octobre.

Est-ce suffisant pour conclure que le marché ira à Airbus ? Certainement pas ! Néanmoins, les difficultés traversées par l’avionneur américain, elles, justifieraient largement que le Maroc regarde avec plus d’attention ce que pourrait apporter le constructeur français.

Outre la commande des 150 avions, RAM a déjà passé commande d’une dizaine d’appareils auprès de Boeing, dont deux sont attendus par la compagnie nationale avec impatience.

Ces deux avions permettront d’opérer deux nouvelles lignes que RAM entend lancer fin 2024 et début 2025. Des lignes déjà commercialisées, comme nous l’avait précisé une source sûre.

À ce jour, Boeing n’a toujours pas fixé de date précise de livraison, selon nos sources. Ce qui est fort embêtant pour RAM qui doit certainement chercher des solutions pour pallier ce problème, car une livraison en novembre ou en décembre serait trop tardive par rapport aux deux échéances de lancement de nouvelles lignes (Sao Paulo et Pékin). 

Au-delà du problème opérationnel que le retard de livraison pose à RAM, c’est la fiabilité de Boeing qui est aujourd’hui en question. Le constructeur américain est-il en capacité d’honorer ses engagements ? Le Maroc peut-il risquer l’avenir de son plan de développement aérien en misant tout sur ce partenaire historique ?

En l’état actuel des choses, cela semble difficile. Car Boeing traverse une zone de fortes turbulences. Les retards de livraison ne concernent pas seulement le Maroc, mais aussi d’autres partenaires.

Vendredi 11 octobre, l’opérateur américain a fait une sortie médiatique qui ne rassure pas sur le court terme. Il annonce le report supplémentaire des livraisons de son nouveau gros porteur 777X et l’arrêt de la production du 767 cargo en 2027. D’après un communiqué accompagnant le message de son directeur général, Robert Kelly Ortberg, la première livraison du 777-9 devrait intervenir en 2026 (au lieu de 2025) et celle du 777-8 en 2028. Ils devaient initialement entrer en service en 2020. 

Il annonce également la suppression de milliers d’emplois, environ 10% de l’effectif total estimé à 170.000 employés.

Entre les grèves, les retards dans les programmes de développement, les problèmes de qualité, etc. Boeing peut-il être un partenaire fiable ?

Selon nos sources, les difficultés que traverse Boeing et son incapacité à fixer une date de livraison pour des échéances proches ont fait mauvaise impression auprès des décideurs marocains.  

Aussi, le contexte ouvre particulièrement la porte à Airbus…