Une nouvelle ligne dédiée au transport de marchandises entre Tanger Med et le port de Huelva

Cette ligne, mise en place par la compagnie maritime Suardiaz Group en partenariat avec l’opérateur logistique GTO (Grupo Transonuba), assurera six rotations hebdomadaires entre l’Espagne et le Maroc, a indiqué l’Autorité Portuaire de Huelva (APH) dans un communiqué.

La nouvelle desserte sera la première ligne régulière à haute fréquence reliant un port de la façade atlantique du détroit de Gibraltar au Maroc, ce qui permettra un temps de transit de seulement six heures, facilitant ainsi le transport de marchandises sèches, frigorifiées et classées IMO, souligne l’APH.

Le président du Port de Huelva, Alberto Santana, a indiqué que cette liaison répond à un objectif stratégique du port andalou, en renforçant la connectivité avec le nord de l’Afrique et en favorisant l’intermodalité du transport.

Il a également fait état d’investissements majeurs réalisés au port, notamment la construction d’une double rampe d’embarquement visant à mieux accueillir les compagnies maritimes et à faciliter le transport des marchandises.

De son côté, le président de GTO, Esteban Sánchez, a affirmé que cette ligne vient renforcer les connexions maritimes entre l’Europe et le Maroc, en offrant une alternative fiable et efficace pour répondre à la croissance du trafic commercial, qui devrait doubler au cours des cinq prochaines années.

Pour sa part, le directeur de Suardiaz Shipping Lines, Marcos Duato, a fait savoir que cette nouvelle alliance entre Suardiaz et GTO, vise à répondre aux besoins croissants du marché, notant que cette collaboration permet d’offrir une solution efficace et fiable aux entreprises souhaitant acheminer leurs marchandises entre le Maroc et l’Europe.

(Avec MAP)

Transport de marchandises : Mohamed Mhidia répond aux revendications des camionneurs

La grève des transporteurs de marchandises, observée le 19 février à Casablanca, a été suspendue après une réunion d’urgence à la circonscription de Aïn Sebaâ. Comme prévu, une nouvelle rencontre s’est tenue le mercredi 26 février 2025 sous la présidence de Mohamed Mhidia, wali de la région Casablanca-Settat, afin d’examiner les revendications des professionnels du secteur.

Un échange positif 

Les représentants du secteur estiment que la réunion avec Mohamed Mhidia a été constructive, marquée par une écoute active et une volonté de trouver des solutions aux préoccupations des camionneurs. « Le wali a pris en compte nos difficultés et nous a expliqué que l’interdiction avait été décidée dans l’urgence en raison des travaux sur le pont de Sidi Maârouf. Il a admis que cette mesure était inadaptée et a confirmé qu’elle serait levée« , rapporte notre source au Syndicat démocratique des transports,

Parmi les décisions prises lors de cette réunion, il a été convenu de créer une commission de suivi regroupant les autorités compétentes et les représentants des professionnels du secteur. Cette commission aura pour mission d’étudier les alternatives de circulation pour les camions, en concertation avec toutes les parties prenantes. D’ici là, les panneaux de restriction de circulation pour les camions seront retirés.

Au port de Casablanca, des solutions en cours

Un autre sujet de préoccupation soulevé par les transporteurs concernait la tarification du parking de la porte 6 du port de Casablanca qui devait devenir payant à raison de 2 DH/h. Cette mesure, jugée contraignante par les professionnels, a finalement été annulée. Le wali a assuré que le stationnement resterait gratuit, posant ainsi un geste en faveur des camionneurs.

Outre les restrictions de circulation et le stationnement, la réunion a également abordé les problèmes rencontrés au niveau du port de Casablanca, notamment les longs délais d’attente liés aux contrôles aux scanners.

Une source à l’Organisation démocratique des transports et de la logistique nous indique que l’Agence nationale des ports (ANP) a présenté une mise à jour sur l’état des équipements. Deux nouveaux scanners seront mis en service pour fluidifier le passage des camions. Le premier scanner sera opérationnel dès le 15 mars, tandis que le second devrait être livré d’ici fin mars.

Ces annonces représentent une avancée significative pour les transporteurs, qui dénonçaient des retards chronophages affectant leur activité. Les professionnels du transport de marchandises se disent satisfaits des réponses apportées et espèrent que les solutions annoncées seront mises en œuvre rapidement.

Augmentation du quota des autorisations portugaises allouées aux transporteurs marocains de marchandises

Suite à la réunion de la commission sectorielle mixte maroco-portugaise, tenue les 20 et 21 janvier à Lisbonne, il a été convenu de revoir à la hausse le quota des autorisations bilatérales entre les deux pays de 10% à partir de 2025 et de 10% supplémentaires à partir de 2028. L’objectif est d’accompagner l’évolution future des échanges commerciaux entre les deux pays, notamment ceux qui résulteront de l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne.

Au cours de cette rencontre, les deux parties ont passé en revue les chiffres relatifs à l’évolution des échanges commerciaux entre les deux pays ainsi que l’échange des autorisations bilatérales au cours des dernières années, indique un communiqué du ministère du Transport et de la logistique.

Les deux parties ont abordé les contraintes auxquelles sont confrontés les conducteurs professionnels marocains en ce qui concerne la prise de rendez-vous et le traitement des demandes de visas.

À cet égard, la partie portugaise a confirmé qu’elle s’engagera à informer le ministère portugais en charge des affaires étrangères de cette question en vue de trouver des solutions possibles.

En marge de cette réunion, et à la demande de l’ambassade du Royaume du Maroc à Lisbonne, la question relative à l’échange des permis de conduire des professionnels a été discutée avec les autorités portugaises compétentes, où les deux parties ont convenu d’approfondir et d’étudier plus en avant les moyens d’activer ces procédures pour la communauté marocaine résidant au Portugal.

A l’issue des travaux de la commission, les deux parties ont salué la qualité de l’amitié maroco-portugaise et les relations de bon voisinage entre les deux pays, réitérant leur détermination à renforcer davantage leur coopération bilatérale dans le domaine du transport routier international de marchandises et de voyageurs.

La délégation marocaine à cette réunion, qui a été conduite par la directrice des Transports routiers au ministère du Transport et de la logistique, comprenait des responsables du ministère et de l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) aux côtés des présidents des représentations professionnelles du secteur du transport international routier de marchandises (FT-CGEM, AMTRI, FNTM).

(Avec MAP)

Augmentation du quota des autorisations allemandes allouées aux transporteurs marocains de marchandises

Un communiqué du ministère du Transport et de la logistique indique que les travaux de cette réunion étaient axée sur le renforcement de la coopération bilatérale en matière du transport international de marchandises et de voyageurs par route.

Ils ont porté sur l’évolution des échanges commerciaux entre les deux pays, notamment sur l’aspect relatif au transport routier de marchandises, au transport durable, ainsi qu’au développement des véhicules marocains destinés au transport international de marchandises et de voyageurs par route, relève le communiqué.

La Mauritanie annule la hausse des droits de douane sur les fruits et légumes marocains

Les droits de douane sur les produits agricoles marocains seront rétablis à leurs tarifs antérieurs à compter de ce jeudi 2 mai, nous confirme une source du secteur du transport.

À la suite de la décision de la Mauritanie d’augmenter les droits de douane sur les camions de transport de marchandises marocains, une vague de contestations avait émergé, appelant à l’annulation de cette hausse. Les producteurs et exportateurs marocains, de concert avec les importateurs mauritaniens, avaient pressé les autorités mauritaniennes de reconsidérer cette mesure. Ces dernières avaient justifié cette décision par leur volonté de « stimuler la production locale ».

L’augmentation des droits de douane avait entraîné une réduction significative des échanges commerciaux, et une hausse des prix des fruits et légumes marocains en Mauritanie.

Parallèlement, cette décision avait contribué à une augmentation de l’offre de certains légumes sur le marché marocain, et donc à une baisse de leurs prix. En effet, les exportateurs marocains avaient préféré orienter leurs marchandises vers le marché local plutôt que de faire face à des coûts supplémentaires à l’étranger.

Transport routier de marchandises : la révision des conditions d’accès rejetée par la profession qui juge le marché saturé

Dans un communiqué publié le dimanche 28 janvier (fac-similé ci-dessous), la Coordination des syndicats du secteur du transport routier de marchandises, qui regroupe les syndicats affiliés à la CDT, l’UGTM, l’UMT et l’UNTM, appelle le ministère du Transport et de la logistique à retirer un projet de décret modifiant le décret 2.03.169 régissant le secteur, publié sur le portail du Secrétariat général du gouvernement (SGG) pour avis.

« L’objet de ce projet de décret ne fait pas partie de nos revendications »

« La note de présentation de ce nouveau texte souligne que ce dernier a été élaboré à la demande des professionnels dans le cadre du dialogue sectoriel », explique la Coordination dans son document, soulignant que l’objet de ce projet de décret, qui concerne principalement l’accès à la profession et sa pratique, n’a jamais figuré parmi ses recommandations.

« La Coordination n’a jamais trouvé un terrain d’entente avec le ministère à ce sujet », ajoute le document. « Ce projet de décret a été un sujet de discorde entre les deux parties et continue de l’être. »

« Le contenu de la note de présentation de ce texte remet ainsi en question la crédibilité du dialogue sectoriel avec le ministère et le ramène à zéro », estime la même source.

Contacté par Médias24, Mustapha El Karkouri, secrétaire général du Syndicat du secteur du transport routier de marchandises, affirme que « ce qui a attiré [leur] attention, c’est la note de présentation de ce projet de décret, qui explique qu’il s’agit de l’une de nos revendications ».

« Par notre communiqué, nous informons ainsi l’opinion publique et les professionnels du secteur que ce n’est pas le cas. Au contraire, nous n’avons jamais trouvé d’accord sur ce point avec le ministère », ajoute-t-il.

« Lors de la dernière rencontre tenue par la Coordination avec le ministère le 8 décembre 2023, nous avions exprimé notre refus des nouvelles conditions d’accès à la profession. Le ministère nous avait alors expliqué que ce projet de décret ne verra le jour que lorsque l’on trouvera ensemble un point d’accord », poursuit notre interlocuteur, qui se dit surpris de sa publication sur le portail du SGG pour avis.

Il faut souligner que le secteur du transport routier de marchandises souffre d’une problématique de représentativité. Il existe de nombreux syndicats et coordinations qui ne partagent pas toujours le même avis sur plusieurs éléments relatifs à cette activité. L’amélioration des conditions d’accès à la profession est l’un des points essentiels de la réforme du secteur du transport. Le ministre en a toujours fait l’une de ses priorités. Ce texte n’est donc que la concrétisation de ses nombreux discours tenus à ce sujet.

« L’amélioration du secteur ne peut se faire sans la révision des conditions d’accès à la profession »

Consultée par nos soins, la note de présentation de ce texte rappelle que le secteur du transport routier, notamment de marchandises, participe grandement et de manière directe à la mobilité des marchandises, à l’approvisionnement des chaînes de production et au développement des échanges commerciaux aux niveaux national et international.

« De ce fait, et au vu de son importance dans le maintien d’un équilibre social et l’avancement socio-économique du pays, il est nécessaire de le revaloriser et d’améliorer son service en termes de qualité, de sécurité et de prix », lit-on dans le document.

C’est pour cette raison que le ministère du Transport a élaboré ce projet de décret, dont l’objectif est de modifier un ensemble d’articles (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 13, 14, 14 bis et 18) du décret 2.03.169 relatif au transport routier de marchandises pour compte d’autrui ou pour compte propre.

Ce projet de décret ajoutera d’autres articles visant à améliorer le secteur. « Ces améliorations, qui auront des effets positifs sur les entreprises de transport, mais aussi sur les acteurs concernés et la sécurité routière, ne pourront toutefois se faire que par la révision des conditions d’accès à la profession, qui n’a subi aucun changement depuis la libération du secteur en 2003″, ajoute la note.

Elle souligne également que ce chantier « connaît l’engagement de tous les acteurs du secteur du transport de marchandises, et a été ouvert à leur demande dans le cadre du dialogue sectoriel dirigé par le ministère ».

Les nouvelles conditions d’accès à la profession

Ce projet de décret fixe ainsi les nouvelles conditions d’accès à la profession, qui se présentent ainsi :

– la fixation des domaines d’activité des entreprises de transport routier de marchandises selon leur nature (national, international ou les deux en même temps) ;

– l’ajout d’une condition de local social, dans l’objectif de préserver les documents en relation avec l’activité de transport et de les présenter en cas de contrôle ;

– la création d’un registre des professionnels chargés de l’administration permanente et effective de l’activité, ainsi que la fixation de leurs fonctions et de leurs responsabilités au sein de l’entreprise de transport ;

– la nécessité d’organiser des formations continues au profit des responsables administratifs permanents et effectifs, couronnées par des attestations professionnelles ;

– l’adoption de la durée de validité pour l’attestation d’enregistrement au registre des professionnels du transport de marchandises, en garantie de la stabilité des entreprises et en respect des dispositions réglementaires en vigueur ;

– l’ajout de la condition de détention, par l’entreprise de transport, d’un nombre précis de véhicules durant l’année suivant son enregistrement au registre du transport de marchandises pour le compte d’autrui ;

– le remplacement du service régional ou provincial par le service territorial relevant du ministère du Transport ;

– l’élargissement de la représentativité de la profession dans la commission consultative.

Certaines de ces dispositions sont contestées par la coordination. D’après Mustapha El Karkouri, « le marché du transport de marchandises est déjà saturé en termes de véhicules roulants. Parmi les nouvelles conditions d’accès à la profession stipulées par ce projet de décret, on relève la nécessité de détenir un certain nombre de véhicules, alors que l’offre dépasse déjà la demande ».

Les priorités du secteur selon la Coordination

D’après le communiqué de la Coordination, les priorités de la profession sont les suivantes :

– régler la situation des véhicules dont le poids chargé dépasse 3,5 tonnes et 19 tonnes, l’objectif étant de faire face à la problématique de la surcharge ;

– fixer une charge réglementaire pour les transporteurs depuis la source, afin de garantir une compétitivité équitable, de préserver l’infrastructure et de prévenir les accidents de la route ;

– plafonner les prix des carburants, en particulier pour les professionnels.

Une nouvelle réunion, dans le cadre de la poursuite du dialogue social, est prévue le 14 février avec le ministère.

 

Communiqué de la Coordination des syndicats du secteur du transport routier de marchandises.

Bilan des subventions, révision du Code de la route et adaptation du régime fiscal : le point sur le transport routier

Bilan des subventions octroyées aux transporteurs routiers, principales problématiques rencontrées par les professionnels du secteur, feuille de route pour y remédier, état d’avancement des discussions avec les représentations professionnelles… Joint par nos soins, le ministère du Transport et de la logistique fait le point.

Plus de 5 milliards de DH de subventions et plus d’un million de demandes validées

« Depuis son lancement, en mars 2022, dix tranches de l’opération exceptionnelle dédiée aux professionnels du secteur du transport routier ont été versées. Au 3 juillet, un total de 5,365 milliards de DH ont été octroyés aux différentes catégories concernées pour un total de 1.088.798 demandes validées », apprend Médias24 auprès du ministère.

Selon notre source, « ces subventions ont été octroyées aux véhicules de dépannage, au transport du personnel pour le compte d’autrui, au transport public interurbain de voyageurs, au transport de marchandises pour le compte d’autrui, au transport scolaire pour le compte d’autrui, au transport mixte en milieu rural, au transport touristique, aux taxis et aux bus ».

La catégorie « taxis » est celle dont le plus grand nombre de demandes a été accepté. Le montant total des subventions octroyées à cette catégorie s’élève à 1,5 MMDH, comme le montre le tableau ci-dessous. Elle est suivie des transporteurs de marchandises pour le compte d’autrui, avec 317.431 demandes validées, correspondant à 3,22 MMDH de subventions.

Ces subventions sont cependant à l’arrêt depuis quelques mois. Seront-elles reconduites ? « Le gouvernement continue de suivre de près le marché du transport et l’évolution des prix des hydrocarbures et décidera en conséquence« , nous explique le ministère.

Malgré les problématiques autour de ces subventions relevées par les professionnels du secteur, relatives notamment à l’aspect technique de leur attribution, le ministère du Transport estime que « cette opération a permis de préserver la continuité des différentes chaînes d’approvisionnement et des services de transport public de personnes, dans le respect des prix réglementés de ces derniers ».

Les principaux maux du secteur

Cette opération de soutien exceptionnelle n’est toutefois qu’une solution provisoire mise en place conformément aux orientations royales, visant la préservation du pouvoir d’achat du citoyen face notamment à la conjoncture au début de l’année 2022, marquée à la fois par une relance économique post-Covid-19 et une hausse rapide et importante des prix du carburant au niveau national. Les maux dont souffre le secteur du transport routier de marchandises sont structurels et constituent une entrave à sa compétitivité.

« Le transport routier est un secteur vital pour l’économie nationale mais qui demeure fragile et vulnérable », souligne notre source. « En dépit des réformes engagées et initiatives mises en place, il demeure confronté à plusieurs dysfonctionnements qui entravent sa compétitivité et limitent sa performance et son efficacité« . Parmi eux, le ministère cite ce qui suit :

– une gouvernance du transport routier de personnes partagée et complexe ;

– l’atomisation du secteur ;

– la vulnérabilité des entreprises de transport ;

– la vétusté du parc pour certaines branches d’activité ;

– la subsistance de pratiques informelles engendrant une concurrence déloyale, entravant ainsi la restructuration du secteur (prix bas, surcharge technique, entrave à la sécurité routière, formes de transport illicites…) ;

– une large part du transport non couverte par la réglementation en vigueur du transport routier (les transporteurs de moins de 3,5 tonnes et de moins de 9 places).

« Par ailleurs, la digitalisation et la durabilité constituent des enjeux majeurs à relever pour accompagner le développement du secteur du transport routier et assurer sa pérennité à moyen et long termes », assure notre source au ministère.

Une feuille de route pour pallier les problèmes structurels

Pour faire face à toutes ces problématiques, le ministère œuvre en collaboration avec les professionnels du secteur. « Nous avons décidé d’établir un processus de dialogue sectoriel avec les différentes représentations professionnelles du secteur dès le mois de décembre 2021« , nous confie le ministère.

« Les sujets prioritaires sont identifiés et arrêtés d’un commun accord avec les professionnels de chaque branche du transport routier et font l’objet de programmes de travail annuels conjoints dans le cadre de commissions ad hoc instituées à cet effet ».

« A titre d’exemple, avec les professionnels du transport routier de marchandises, les projets en cours d’exécution concernent :

– la professionnalisation et la restructuration des acteurs du transport routier de marchandises pour le compte d’autrui, à travers la révision des conditions d’accès et de maintien dans la profession ;

– la lutte contre la surcharge technique des véhicules qui engendre une concurrence déloyale, pénalisant ainsi la compétitivité des entreprises de transport structurées, et qui constitue une entrave à la sécurité routière. Pour ce faire, une opération pour homogénéiser la situation des camions de même catégorie et dont le poids total en charge varie entre 3,5 tonnes et 19 tonnes a été lancée, ainsi que la révision et la digitalisation du manifeste de fret et sa mise en œuvre progressive ;

– la régulation économique du marché à travers la conduite d’une étude pour l’établissement et la publication périodique des coûts de référence du transport routier de marchandises et l’adoption d’un cadre réglementaire visant l’instauration d’un mécanisme d’indexation des prix du transport routier de marchandises avec les prix du carburant ».

En ce qui concerne la publication des coûts de référence du transport de marchandises, un marché a déjà été lancé par le ministère pour 1,26 million de DH. Il vise à mettre à la disposition des professionnels du secteur et du gouvernement une base de calcul des coûts de revient.

Pour ce qui est du mécanisme d’indexation des prix du transport routier, un projet de loi a également été élaboré par le ministère.

De la nécessité de moderniser le parc et réviser les conditions d’accès au métier

Et de poursuivre : « S’agissant du transport public de voyageurs par autocars, les thèmes traités portent sur l’amélioration de l’attractivité et de la sécurité de ce mode de transport à travers la préparation d’un programme de modernisation du parc. »

« Pour les autres branches du secteur, les sujets concernent principalement la révision des conditions d’accès et de maintien de la profession à travers l’amendement des cahiers des charges régissant ces activités, la révision et la simplification de certaines procédures liées à ces activités ainsi que la simplification et la digitalisation des services du MTL dédiés aux professionnels du transport. »

Bientôt un texte révisant le Code de la route

« Le projet de révision du Code de la route s’inscrit également dans le cadre du programme d’action du ministère convenu avec les représentations professionnelles du secteur du transport routier au titre de l’année 2023 », poursuit notre source. « Il vise à remédier à certaines difficultés rencontrées dans l’application du code actuel, mais aussi à l’adapter à l’évolution technologique du secteur depuis le dernier amendement du code en 2016. »

Dans ce cadre, « le ministère a invité, en mai dernier, les 79 représentations professionnelles actives dans le secteur à lui faire part de leurs propositions et suggestions concernant ce projet d’amendement. A date d’aujourd’hui, 14 réponses lui sont parvenues ».

« Le ministère étudie actuellement ces propositions et établira un projet de texte qu’il soumettra aux différents départements ministériels et corps de contrôle concernés pour avis, avant de l’introduire dans le circuit d’approbation. »

Un régime fiscal adapté au secteur

« En ce qui concerne la question d’un régime fiscal adapté au secteur, il a été décidé, dans le cadre du programme de travail pour l’année 2023, d’ouvrir le débat et d’approfondir la réflexion sur l’opportunité d’instaurer un régime fiscal forfaitaire pour les petites et moyennes entreprises exerçant dans le secteur. »

« A ce titre, le ministère a adressé en mai dernier un appel aux 37 représentations professionnelles du transport routier de marchandises afin de recueillir leurs avis et propositions à ce sujet. À ce jour, six réponses lui sont parvenues », conclut le ministère.

Indexation du prix du transport sur le carburant : le projet de loi dans le circuit législatif avant fin mars 2023

Le ministère du Transport et de la logistique a tenu, du 6 au 10 février, une série de réunions avec 36 représentations professionnelles des secteurs du transport de marchandises aux niveaux national, international et des ports.

Ces rencontres ont été l’occasion de faire le point sur le bilan des réalisations en 2022, mais aussi sur les dossiers prioritaires à régler courant 2023.

Indexation du prix du transport : le décret entame bientôt le circuit législatif

En 2022, cinq priorités ont été fixées par le ministre du Transport pour faire face à un certain nombre de problèmes rencontrés dans le secteur. En premier lieu, l’indexation du prix du transport sur le carburant et la fixation des coûts de référence.

Le projet de loi relatif à l’indexation du prix du transport sur le carburant entamera bientôt le circuit législatif, lit-on sur le procès-verbal de la série de réunions tenues en février, consulté par nos soins. Son adoption est prévue avant la fin du mois de mars 2023.

Rappelons que l’objectif de ce texte, qui est encore au stade d’avant-projet, est d’assurer davantage de transparence dans les relations entre les donneurs d’ordre et les transporteurs. Il permettra, à terme, d’assainir les relations entre les transporteurs de marchandises et leurs clients, devenus très conflictuelles à la suite des nombreuses hausses des coûts du transport, impactés par l’augmentation du prix du carburant.

Dans sa première mouture, ce projet de loi répondait à hauteur de 90% aux attentes des professionnels. Parmi ses principales mesures, la révision obligatoire, de plein droit, du prix du transport routier, initialement convenue entre les parties du contrat du transport, en appliquant aux charges de carburant la variation de l’indice du coût du carburant, entre la date de conclusion du contrat et la date de sa réalisation, lorsque cette variation dépasse en valeur absolue le seuil de 5%.

Concernant la tarification de référence, la Direction du transport routier, relevant du ministère du Transport, a lancé un second appel d’offres pour étudier les tarifs de référence de transport de marchandises, ajoute le PV.

Un premier marché dans ce sens a été lancé en novembre 2022. Il concerne les transporteurs pour le compte d’autrui. Cette tarification, qui n’a plus été révisée depuis 2016, servira au gouvernement et aux professionnels du secteur de base de calcul des coûts de revient.

Le tonnage peut être augmenté pour 15.000 camions

La troisième priorité est relative à la résolution de la situation des camions dont le poids total varie entre 3,5 et 19 tonnes. Suite à une réunion tenue à l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), il a été démontré que près de 15.000 véhicules peuvent augmenter leur tonnage. Pour faciliter la procédure aux professionnels, une plateforme digitale est en cours de création par la NARSA, qui leur permettra de changer leurs cartes grises.

Ce portail sera opérationnel en avril 2023, pour que l’opération de basculement s’achève avant la fin de l’année, et que le contrôle, selon les lois en vigueur, puisse démarrer début janvier 2024.

Autre priorité de l’année 2022 : la mise en place d’un manifeste de fret qui permettra de suivre le circuit du transporteur et son activité de manière digitalisée. Un modèle, élaboré par le ministère du Transport, a été validé par les professionnels. Le portail pour la digitalisation de ce manifeste sera créé dans les prochains mois.

Accès à la profession : un nouveau décret dans le pipe

La révision des conditions d’accès à la profession est également l’une des principales revendications des professionnels du transport de marchandises. Cette problématique a été soulevée par plusieurs sources professionnelles sollicitées par Médias24 dans des articles précédents, selon lesquelles l’informel représente près de 70% du secteur.

Pour le structurer, un projet de décret a été élaboré par le ministère du Transport. Ce texte modifiera le décret 2-03-169 relatif au transport routier de marchandises pour compte d’autrui ou pour compte propre. La révision de ce dernier est basée sur les propositions collectées lors des réunions techniques tenues entre le 28 et le 11 mars 2022, sous la présidence du directeur du transport routier, mais aussi des rencontres tenues durant les mois de janvier, février, août et décembre, sous la présidence du secrétaire général du ministre du Transport.

Les changements que comportera le nouveau décret s’articulent autour de neuf axes. En voici les principaux :

– L’accès à la profession et l’exercice du métier. Sur ce volet, il sera procédé à :

– la détermination de la capacité financière en fonction du type d’activité et du nombre de véhicules de l’entreprise ;

– la fixation des exigences d’éligibilité professionnelle pour éviter les dérives actuelles ;

– l’entreprise doit disposer d’un siège social.

– L’inscription au registre spécial de chaque profession. Au total, quatre registres seront créés, notamment des registres du transport de marchandises pour le compte d’autrui aux niveaux international et national, et un autre pour la location de véhicules de transport de marchandises avec ou sans conducteur. Une date limite d’inscription à ces registres sera fixée, et le renouvellement de cette inscription se fera de manière automatique, si l’entreprise respecte les conditions d’exercice du métier.

Par ailleurs, l’inscription définitive à ces registres n’est effectuée que si la condition d’immatriculation d’un véhicule automobile au cours de la première année est remplie.

– L’encadrement du responsable de la gestion permanente de l’activité de transport dans l’entreprise. Sur ce volet, il sera procédé à :

– la création d’un registre spécial pour les responsables de gestion, afin d’éviter les dépassements actuels ;

– la fixation des exigences et conditions d’exercice de la fonction de responsable de gestion du l’activité de transport dans l’entreprise ;

– la gestion de cette activité doit se faire par une personne résidante au Maroc. Il peut s’agir d’un responsable interne, ou externe par le biais d’un contrat de services pour les petites entreprises ;

– parmi les tâches qui lui sont assignées : s’assurer du contenu des contrats et des documents de transport, gérer le parc de camions, garantir le respect des horaires de conduite et de repos, s’assurer du respect des mesures spécifiques à la sécurité routière ;

– fixer les infractions à l’issue desquelles l’entreprise peut se voir retirer le droit d’exercer.

– La capacité financière. Les principaux changements qui seront apportés au décret actuel sur ce volet sont les suivants :

– la condition de la capacité financière est remplie lorsque l’entreprise dispose d’un capital social, dont le montant sera fixé selon le type du registre, dans le cadre de réunions avec la commission technique ;

– la société doit disposer de la capacité financière suffisante pour garantir l’activité normale des camions exploités. Le montant sera fixé selon le type de camion, dans le cadre de réunions de la commission technique ;

– si l’entreprise ne dispose pas du capital nécessaire, son dossier peut être appuyé par des garanties bancaires, à condition que le montant demandé auprès des banques ne dépasse pas la moitié du montant nécessaire ;

– la capacité financière de l’entreprise est déclarée chaque année, ou à la demande, sur la base de ses résultats et documents financiers.

– L’éligibilité professionnelle. Sur ce volet, le nouveau décret exigera des professionnels :

– de disposer de l’un des diplômes dont la liste sera fixée par décision de l’autorité gouvernementale chargée du transport ;

– ou de passer avec succès un examen d’éligibilité professionnelle, dont les modalités d’organisation et le contenu seront fixés par décision de l’autorité gouvernementale.

Le délai de validité du certificat d’éligibilité professionnelle et les conditions de son renouvellement sont conditionnés par une formation de courte durée, dont les modalités seront fixées en commun accord avec les professionnels.

Programme de travail pour 2023

Cette réunion a également été l’occasion de fixer le programme de travail pour l’année 2023. Six dossiers essentiels seront ainsi lancés. Il s’agit de :

– la mise en œuvre du décret relatif à l’accès à la profession ;

– le chantier relatif aux amendements du Code de la route ;

– mettre fin à la question de la représentativité du secteur ;

– la digitalisation des services de transport de marchandises ;

– étudier la possibilité de créer un système fiscal au profit des petites entreprises ;

– étudier la possibilité d’intégrer les véhicules dont le poids total est inférieur à 3,5 tonnes dans le système du transport routier.

L’avant-projet d’indexation du prix du transport sur le carburant vu par les professionnels

Le ministère du Transport a transmis, il y a quelques jours, un avant-projet de loi sur l’indexation du prix du transport routier sur celui du carburant.

Selon nos informations, ce dernier, qui a été partagé avec les professionnels de trois catégories du secteur pour commentaires, permettra concrètement d’assainir les relations entre les transporteurs de marchandises et leurs clients, devenues très conflictuelles à la suite des nombreuses hausses des coûts du transport, impactés par l’augmentation du prix du carburant.

« La variation du prix du carburant sera supportée par le donneur d’ordre »

Joints par Médias24, différents acteurs du secteur se disent satisfaits de la première mouture de ce texte. Toutefois, « il n’est encore qu’au stade d’avant-projet de loi« , rappelle l’un de nos interlocuteurs. « Il doit être discuté, afin d’y apporter les éclaircissements et les arbitrages nécessaires. »

« C’est un texte qui a le mérite d’exister. Sa principale nouveauté est que la variation des prix du carburant ne sera plus supportée par les transporteurs concernés, mais par le donneur d’ordre. Les contrats avec les entreprises seront ainsi fixés sur la base de l’indice du gasoil, qui évoluera à la hausse ou à la baisse, selon le prix du carburant. Cet exercice donnera lieu à des avoirs ou à des factures supplémentaires« , ajoute notre source.

Certes, ce projet répond à près de 90% des attentes des transporteurs et constitue une bonne base de travail, « mais il y a encore des arbitrages à faire, notamment en ce qui concerne la part du poids et du gasoil dans la facturation, qui sont des variables qui déterminent le pourcentage de variabilité à la hausse ou à la baisse du coût de transport », conclut notre interlocuteur.

Un autre professionnel du secteur estime pour sa part que ce texte doit également concerner les transporteurs routiers internationaux. « Il est vrai que la loi s’applique sur le territoire national, mais on doit innover afin d’intégrer cette catégorie auprès des véhicules du transport routier de marchandises pour le compte d’autrui, ceux du transport public de voyageurs ainsi que ceux mis à titre onéreux à la disposition exclusive, carburant compris, de la personne qui exécute l’opération de transport. »

Deuxième point important évoqué : « L’indépendance de l’autorité chargée de contrôler et de publier de façon mensuelle l’indice du prix du carburant, pour chaque type de véhicule (transport de matières dangereuses, de produits périssables, véhicules de déménagement, transport de détail, etc). »

« Dans ce sens, l’article 22 du dahir 1.63.260 du 12 novembre 1963 relatif au transport par véhicules automobiles sur route, tel qu’il a été modifié et complété notamment par la loi 16-99, indique que l’autorité gouvernementale chargée des transports est tenue d’établir et de publier régulièrement des coûts de référence pour chaque catégorie de transport » ; ce qui n’a plus été fait depuis 2019. Ces coûts prennent en considération l’ensemble des charges que supporte une entreprise citoyenne de transport routier de marchandises.

« Assainir les relations entre les donneurs d’ordres et les transporteurs »

A l’origine de la situation chaotique dans le secteur, « l’incapacité de répercuter à leurs rythme et niveau les variations des prix du gasoil, sur le coût du transport », nous explique une autre source du secteur.

« Ce texte de loi va donc permettre une certaine transparence dans nos relations avec les clients, qui sont actuellement conflictuelles. Il permettra également d’apporter de la sérénité et de l’harmonie dans ladite relation. C’est aussi une valeur pédagogique essentielle pour les relations futures. »

En effet, ce texte rend « obligatoire de réviser de plein droit le prix du transport routier initialement convenu entre les parties au contrat du transport, en appliquant aux charges de carburant la variation de l’indice du coût de carburant entre la date de conclusion du contrat et la date de sa réalisation, lorsque cette variation dépasse en valeur absolue le seuil de 5% ».

« A l’entrée en vigueur de cette loi, nous serons obligés de répercuter, dans la facture de chaque mois, les variations du coût du gasoil sur le coût du transport. »

Simulation d’une variation du prix du gasoil

Notre interlocuteur cite l’exemple d’un contrat conclu entre une entreprise de vente de peinture et une autre de transport de marchandises. Le prix est fixé à 100 DH par voyage. Le litre du diesel est pour sa part fixé à 15 DH à la même date, et le coût du gasoil représente 30% du coût de transport.

Après quinze jours, le prix du gasoil augmente à 20 DH/l. Sa part dans le coût global de transport va donc augmenter, ce qui impliquera une hausse légale par rapport au coût fixé dans le contrat. L’incidence de la hausse du prix du gasoil dépendra de l’indice de ce dernier, qui sera fixé ultérieurement par le ministère du Transport. Même exercice lorsque le prix du gasoil baissera à 10 DH/l par exemple après une quinzaine de jours. Le prix du transport devra alors baisser, selon l’indice du gasoil.

A ce jour, on ne peut toutefois pas procéder à une simulation détaillée, vu que plusieurs variables sont encore à définir, notamment l’indice du gasoil, ainsi que la part des frais de carburant, exprimée en pourcentage, dans le coût du transport. Ce dernier indice sera défini par les parties prenantes. Notre source ajoute par ailleurs que « cette hausse ou baisse va se répercuter sur l’entreprise de marchandises et sur le chargeur ».

« 89% des entreprises disposent de moins de deux véhicules »

Ce texte permettra donc de mettre fin à l’anarchie qui règne dans le secteur, de réduire l’informel et de réglementer l’accès à la profession.

Selon nos interlocuteurs, le secteur souffre actuellement de la raréfaction de l’outil de travail. A titre d’exemple, « certaines sociétés qui disposent de dix véhicules de transport, et qui perçoivent une aide de 8.400 DH par mois, par camion, ne travaillent plus depuis le début de l’octroi des aides par le ministère du Transport. Si l’on fait le calcul, elles touchent environ 84.000 DH à chaque tranche d’aide, ce qui est énorme, et personne ne dispose des moyens nécessaires pour contrôler leurs activités ».

Autre problématique, « 89% des entreprises ont moins de deux véhicules. L’accès à la profession n’est pas réglementé, et c’est le point le plus important à régler, et en priorité », indique l’une de nos sources. « Nous avons une pléthore d’accès, ce qui crée une atomicité, et par ricochet une méconnaissance des coûts. L’accès à la profession n’est pas automatique. Il faut respecter un minimum de conditions, notamment en termes de nombre de véhicules. Lorsque ce critère n’est pas respecté, les véhicules cherchent simplement à décrocher du travail, en augmentant le tonnage et en baissant les coûts de transport ».

« L’indexation est liée à quatre autres conditions »

Mustapha Chaoune, secrétaire général national de l’Organisation démocratique des transports et de la logistique (ODTL), nous a pour sa part expliqué que « l’indice du gasoil doit jouer le rôle d’amortisseur ou de stabilisateur dans les contrats conclus entre les entreprises de marchandises et les transporteurs ».

« L’indexation est cependant liée à cinq autres points importants, qui font partie des priorités du ministre du Transport. Il s’agit de :

– La mise en place d’un prix de référence pour assurer une concurrence loyale. Actuellement, il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande, ce qui crée une certaine concurrence déloyale. Un appel d’offre est lancé dans ce sens pour actualiser le coût de référence pour le transport de marchandises pour le compte d’autrui ;

La mise en place d’un manifeste de fret et la digitalisation des données de charge, ce qui permettra de suivre le circuit du transporteur, ainsi que son activité de manière digitalisée ;

– La mise en place d’une vision permettant de résoudre la problématique des véhicules du même type, mais dont le poids total en charge est différent ;

La révision des conditions d’accès et d’exercice des professions du transport routier de marchandises.

« Très peu d’impact sur le consommateur final »

« La hausse des prix du gasoil ne devrait plus impacter les consommateurs. Aujourd’hui, les prix sont augmentés sous prétexte de la hausse du prix du carburant, alors que si l’on compare cette hausse par rapport au tonnage transporté, l’impact sur le consommateur final devrait être minime », estime Mustapha Chaoune.

« Lorsqu’on aura un tarif de référence, tout sera réglementé et déclaré sur une plateforme digitale. On pourra donc mieux maîtriser le marché », conclut le secrétaire général national de l’ODTL. « Les entreprises de transport qui ne disposent même pas de véhicules, et dont les salariés jouent le rôle de courtiers, seront mieux contrôlées. »

Transport routier de marchandises : le ministère va actualiser les coûts de référence

Cette étude prendra en considération le contexte actuel, caractérisé par plusieurs changements dans les chaînes logistiques nationales et internationales à la suite de la crise sanitaire du Covid-19, mais aussi l’augmentation des tensions entre différents pays, induisant une flambée des prix du carburant à l’échelle internationale et nationale et une incertitude de leur évolution, indiquent les documents de ce marché consultés par nos soins.

« La connaissance des coûts de revient des transports routiers constitue un élément fondamental pour apprécier le niveau des tarifs à appliquer. Elle permet également de fournir des indices sur la compétitivité des entreprises nationales de transport et constitue un signal aux investisseurs potentiels dans le secteur« , lit-on sur lesdits documents.

« Dans un environnement de plus en plus compétitif, le Maroc a plus que jamais besoin d’un secteur de transport concurrentiel et dynamique, en phase avec les chantiers structurants engagés et les grandes réformes entamées dans la perspective d’améliorer la compétitivité et la productivité de son tissu économique. »

« Le secteur du transport routier, spécialement celui des marchandises, est essentiel au bon fonctionnement du tissu productif au Maroc. En effet, c’est un secteur d’appui et un levier pour la croissance nationale. Il s’agit également d’un moyen d’intégration de l’économie nationale et d’un outil de désenclavement des zones reculées et de réduction des disparités territoriales. »

La dernière étude sur les coûts de référence réalisée en 2016

Jointe par nos soins, une source au sein du ministère du Transport nous explique que « l’actualisation de ce coût de référence est prévue par les lois en vigueur. Celles-ci stipulent que ce coût doit être régulièrement publié, et ce depuis la libéralisation des prix dans le secteur. Ce coût n’a plus été actualisé depuis quelques années. Il s’agit d’une demande des professionnels du secteur ».

« Il ne s’agit pas des tarifs du transport, mais des coûts de référence, par type de véhicule et d’activité« , précise notre source.

En effet, sur les documents de cet appel d’offres, le ministère du Transport explique que « conformément aux dispositions de l’article 22 du Dahir 1.63.260 du 12 novembre 1963 relatif au transport par véhicules automobiles sur route, tel qu’il a été modifié et complété notamment par la loi 16-99, l’autorité gouvernementale chargée des transports est tenue d’établir et de publier régulièrement des coûts de référence.  A ce titre, le ministère du Transport a réalisé deux études en 2003 et 2007 visant la détermination des coûts moyens de référence du transport routier. Sur la base des résultats de ces études et d’une enquête, un bulletin d’information présentant l’évolution de ces coûts de référence a été établi et publié en mars 2011. »

« Une autre étude a été réalisée en 2014, visant le calcul, l’actualisation et le suivi de la structure des coûts de référence du transport routier. Celle-ci a abouti à une estimation des tarifs de référence moyens de l’année 2019 par catégorie de véhicules, en particulier ceux dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est supérieur ou égal à 5,5 tonnes (t), en se basant sur une enquête effectuée en 2016. Cette étude avait pour objet d’analyser l’évolution de la structure du coût de référence, suite à l’introduction du système d’indexation partiel des prix du carburant en 2013. »

« Ces coûts de référence établis par lesdites études prennent en considération l’ensemble des charges que supporte une entreprise citoyenne de transport routier de marchandises pour compte d’autrui, dans un but de mise en place d’un service de qualité et dans le respect des exigences de sécurité routière, de protection de l’environnement et du respect du cadre réglementaire et législatif, notamment celles se rapportant aux volets social et fiscal. »

Orienter et cibler les réformes dans le secteur

Ainsi l’objectif principal de ce marché est de réaliser une enquête permettant de calculer, d’actualiser et de suivre le coût de référence du transport routier de marchandises pour le compte d’autrui, ainsi que leur évolution par catégorie de véhicules (toutes les catégories dont le PTAC est supérieur à 3,5 t).

Cette enquête mettra à la disposition des opérateurs du secteur un outil leur permettant de connaître les coûts par typologie de véhicules et par région, afin de mieux déterminer leurs tarifs appliqués. Elle mettra également à la disposition des usagers routiers du transport routier de marchandises un outil informatif sur les coûts de revient de transport par catégorie de véhicules et par région, leur permettant de faire un choix optimal de leur opérateur de transport et d’améliorer leur compétitivité.

Elle mettra aussi à la disposition des autorités publiques un outil d’appréciation du coût de revient du service de transport routier, afin de mieux orienter et cibler les réformes visant le développement et la mise à niveau du secteur, et permettra d’attirer davantage les investisseurs dans ledit secteur.

« Un pas en avant »

Contacté par nos soins au sujet de cette enquête, Mustapha Chaoune, secrétaire général national de l’Organisation démocratique des transports et de la logistique (ODTL), nous confie que « cette étude a pour objectif d’indexer le prix du transport routier des marchandises au prix du carburant. Il s’agit de l’une de nos revendications ».

« Le ministère est donc en train de mettre en œuvre ce qu’on a convenu le 17 novembre dernier, lors d’une réunion avec le ministre du Transport et de la logistique. D’ailleurs, lors de cette rencontre, le ministre nous avait indiqué qu’un projet de loi dans ce sens (l’indexation, ndlr) est sur la table du Secrétariat général du gouvernement (SGG). Cette étude va donc alimenter ce projet de loi. »

« Par exemple, si pour qu’une remorque, dont le PTAC varie entre 40 et 44 tonnes au maximum, se déplace de Casablanca vers Marrakech, le coût de revient fixé s’élève à 1.000 DH, aucune société ne pourra proposer ce trajet à 900 DH. Par ailleurs, si le prix du carburant augmente, ce coût de référence prendra en considération cette hausse pour fixer le coût de ce voyage. Suite à la hausse du prix du gasoil, plusieurs sociétés n’arrivent plus à suivre. »

Selon notre source, « il s’agit d’un pas en avant, d’autant qu’avec la hausse des prix des carburants, le gasoil représente 75% à 80% du coût de transport, contre 40% à 50% auparavant. »

« Lors de notre dernière rencontre avec le ministre, cinq points essentiels ont été évoqués, notamment la mise en place d’une vision permettant de résoudre la problématique des véhicules du même type, mais dont le poids total en charge est différent, la mise en place d’un tarif référentiel, la révision des conditions d’accès et d’exercice des professions du transport routier des marchandises par région, et le contrôle du tonnage sur la route. »

« Des réunions techniques seront tenues dans les prochains jours pour discuter de ces points », conclut notre interlocuteur.

Trois phases de réalisation

La réalisation de cette étude, dont le délai est fixé à 4 mois, se déroulera en trois principales phases.

La première phase est constituée de deux étapes. Au cours de la première étape, le titulaire devra initier des réunions de lancement d’enquête avec les représentants administratifs, afin de décrire toutes les modalités pratiques et organisationnelles relatives à la conduite de cette enquête.

Dans la seconde étape, le titulaire sera tenu, entre autres, de recueillir les différents résultats des enquêtes effectuées pour le calcul, l’actualisation et le suivi des coûts de référence du transport routier de marchandise pour le compte d’autrui, et tenir des consultations auprès des parties prenantes (organismes publics, institutionnels, opérateurs privés et professionnels du secteur).

La seconde phase est relative à l’élaboration de l’enquête. Le titulaire de ce marché devra :

Dans la troisième phase, le titulaire devra, à la lumière des résultats de l’enquête et des retours des professionnels du secteur, élaborer un bulletin d’information présentant l’évolution depuis 2007 des coûts de référence du transport routier de marchandises pour le compte d’autrui et les variations enregistrées par les principaux paramètres entrant dans le calcul de ces coûts.

Il devra également mettre à jour l’application de suivi des coûts de référence par rapport aux nouvelles données issues de l’enquête de réalisation. Cette application doit permettre aux utilisateurs d’insérer leurs données de coûts relatifs aux différents postes de charge, d’obtenir une estimation de leurs coûts globaux de transport routier de marchandises et de constituer ainsi une base de données pour le calcul de ces coûts pour les prochaines années.

Visas Schengen : une procédure spéciale pour les professionnels du TIR

La décision des autorités françaises de réduire de 50% l’octroi de visas aux Marocains, entrée en vigueur en septembre dernier, a également concerné les chauffeurs du transport international de marchandises, portant atteinte aux échanges commerciaux entre les deux pays, notamment aux exportations et importations de fruits et légumes frais.

Ainsi à l’approche de la campagne d’exportation des agrumes et des primeurs, et au vu de la conjoncture actuelle marquée par la surchauffe du fret maritime, les exportateurs du secteur expriment leur inquiétude face à cette problématique et appellent à une solution urgente. C’est le cas des exportateurs de tomates qui font déjà face à des barrières indirectes à l’entrée du marché européen, en pleine saison d’export.

Baisse de 10% des réponses favorables aux demandes de visa

Interpellé sur ce sujet, lundi 6 novembre au Parlement, le ministre du Transport et de la logistique, Mohamed Abdeljalil, a indiqué que le ministère avait été saisi par de nombreux acteurs du secteur du transport international routier au sujet des difficultés d’obtention de visas Schengen.

« Les autorités marocaines ont eu des échanges de haut niveau dans ce sens avec les représentants diplomatiques de France au Maroc, dans le but de faire face à cette problématique. Ces derniers nous ont assuré que cette année (2021, NDLR) le nombre de demandes de visa déposées (auprès des services consulaires français, NDLR) a connu une très grande augmentation par rapport à l’année précédente, au vu de la croissance qu’a connu le secteur du transport international routier de marchandises en comparaison avec les années précédentes », a-t-il souligné en se gardant de dévoiler les chiffres.

« Le nombre de visas accordés est resté presque similaire à celui de l’an passé [2020, année du confinement]. C’est le nombre de réponses favorables qui a baissé d’environ 10%. »

Mohamed Abdeljalil s’est voulu rassurant après les rencontres tenues avec les représentants français au Maroc. « Nous avons reçu des signes positifs, qui vont dans le sens de l’élaboration de solutions concrètes pour mettre fin à cette problématique. Ils se sont ainsi engagés à faciliter la procédure de prise de rendez-vous, et à accélérer le délai de traitement des dossiers de demande de visa, pour accompagner au mieux les échanges commerciaux entre la France et le Maroc. »

Joint par nos soins ce mardi 7 novembre au matin, le ministre du Transport et de la logistique n’a toutefois pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

« Un nouveau cahier des charges pour minimiser le risque de refus »

Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport et de la logistique, affiliée à la Confédération générale des entreprises du Maroc (FTL-CGEM), nous a, pour sa part, livré les éclaircissements suivants.

« Le président de la CGEM, Chakib Alj, et le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur et de l’attractivité, Franck Riester, ont tenu une première réunion le 22 novembre dernier, durant laquelle ont été soulevées les difficultés rencontrées par les entreprises marocaines, notamment les transporteurs internationaux de marchandises, relatives aux visas Schengen. »

À la suite de cette première réunion, une délégation de la CGEM, constituée de Abdelilah Hifdi, Samia Terhzaz, directeur général délégué de la Confédération, Badr Aloui, président de la Commission internationale, Rachid Tahiri, vice-président de la Fédération de transport et de la logistique, et Driss Bernoussi, président de l’Association marocaine des transporteurs routiers inter-continentaux (AMTRI), a été reçue jeudi 2 décembre par l’ambassadrice de France au Maroc, Hélène Le Gal, accompagnée de deux consuls généraux de France à Rabat et à Casablanca, et de la conseillère économique de l’ambassade de France au Maroc.

« Au cours de cette réunion, marquée par la volonté de trouver une issue à cette problématique, chaque partie a présenté les difficultés rencontrées sur ce dossier », nous confie le président de la FTL.

« Les représentants français nous ont ainsi expliqué que le nombre de visas accordés aux transporteurs de marchandises marocains n’avait pas baissé. Il continue d’augmenter depuis 2018. C’est le nombre de refus qui a augmenté, suite à un manque de transparence dans de nombreux dossiers. Cet obstacle les a poussés à allonger le délai de traitement, afin d’étudier les documents déposés en profondeur. D’autres sont incomplets ou non conformes. »

« Pour réduire ce délai d’attente, qui porte préjudice au secteur, il a donc été décidé de mettre en place une procédure claire, sur la base d’un cahier des charges élaboré conjointement, dont l’objectif est de faciliter la procédure de dépôt des demandes, mais aussi de mettre fin au manque de transparence. Une première réunion est prévue ce mardi après-midi, pour discuter de ce projet. »

Concrètement, « nous avons convenu plus de transparence dans les dossiers de demande de visa, avec davantage d’implication de la part de la FLT, et à travers elle, toutes les entreprises du secteur », indique notre source.

« Le cahier des charges aura notamment pour objectif de réduire la marge d’appréciation » des représentations diplomatiques de France au Maroc. « Nous allons entrer dans les détails concernant le volet technique des dossiers, le but étant de minimiser le risque de refus. »

« D’un autre côté, il n’y aura plus de relation directe entre les transporteurs et les services consulaires. Avant, nous avions un Fast-Track de 48h, qui a atteint les trois semaines actuellement. Cela signifie que quand le visa d’un conducteur prend fin, ce dernier est immobilisé durant près d’un mois. Nous avons donc proposé de procéder de la même manière qu’avec la Grande-Bretagne. »

« À un mois de la fin du visa d’un conducteur, le patron de la société se chargera de déposer une demande de renouvellement au profit de ce dernier auprès des services consulaires, sans pour autant leur présenter son passeport. Ces services ont donc un mois pour traiter le dossier. Une fois le visa accordé, le patron de la société leur livrera le passeport du conducteur en question pour lui apposer son visa. »

« La raréfaction des visas a engendré une croissance des rémunérations, puisque les détenteurs de visas se font de plus en plus rares, mais aussi un grand turnover au niveau des entreprises. »

« En mettant en place cette procédure, les patrons des différentes sociétés se portent garants. Cela permet d’un côté de maintenir les emplois, et de mettre fin au manque de transparence », mais aussi d’éviter l’immobilisation des conducteurs pendant de longues périodes.

« Le secteur du transport de marchandises au Maroc connaît une croissance de 10% à 15% par an, ce qui implique une hausse du nombre de demandes de visa. Le transport est un outil de mobilité, et le flux entre les deux pays (Maroc-France, NDLR) nécessite des visas valides. De plus, nous avons un statut avancé dans les échanges avec la France et sommes en train de parachever un ALECA (accord de libre-échange complet et approfondi) ; la libéralisation des services est donc au premier plan. »

Abdelilah Hifdi a tenu à assurer que la réunion avec les représentants diplomatiques français s’était déroulée dans un climat particulièrement cordial. « Nous avons senti une volonté d’aller de l’avant et d’octroyer davantage de visas à cette catégorie de personnes. Ils ont ainsi accepté toutes nos propositions. »

Les exportateurs nationaux souffrent déjà d’un problème de rareté des bateaux et de disponibilité de conteneurs, ainsi que de la flambée des prix du fret. Si en plus les chauffeurs de TIR sont privés de visas, cela risque de porter atteinte à l’acheminement de leurs produits vers l’Europe.

La décision française de réduire de 50% l’octroi de visas aux Marocains a pour but d’obliger le Maroc à revenir au niveau de réadmission des ressortissants en situation irrégulière en France d’avant la crise du Covid.

PeeCoop, une nouvelle application mobile de transports urbains de marchandises

« PeeCoop propose ses services dans un premier temps aux Casablancais. Particuliers et entreprises peuvent désormais se faire livrer leurs marchandises à travers toute la ville immédiatement et sans délai », promet la société dans un communiqué.

L’application à télécharger sur son téléphone portable via Google play, permet aux clients de négocier directement avec les « peecooper » le tarif des courses en fonction des distances et des dimensions des colis à transporter.

Elle leur assure également un suivi géolocalisé du peecooper et donc de la livraison tout au long du trajet en temps et en heure.