Maroc-Tunisie, la défense centrale des Lions au cœur des préoccupations

La fin de saison est plus que jamais chargée pour Walid Regragui. Le sélectionneur national et son staff ont du pain sur la planche, notamment pour tester de nouvelles associations en défense centrale en vue de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Dans ce contexte, le duel face à la Tunisie, ce vendredi 6 juin au complexe sportif de Fès (21 h), s’annonce comme un test intéressant.

Tout comme le Maroc, la Tunisie est en tête de son groupe (H) après six journées de qualifications pour le Mondial 2026. Certes, les Aigles de Carthage ne sont pas irrésistibles offensivement et le groupe convoqué par Sami Trabelsi (nommé en février dernier) est remanié, mais il ne manque pas de qualité.

C’est le cas de Khalil Ayari (Stade tunisien), qui honorera sans doute sa première sélection, mais aussi de Hamza Khadhraoui (Club africain) ou encore du prometteur Youssef Snana, prêté cette saison par le Club africain à l’Espérance sportive de Zarzis.

En face, le Maroc sera privé à coup sûr de Brahim Diaz et très probablement de Abdessamad Ezzalzouli.

Plus embêtant encore, Nayef Aguerd est également sur le flanc. En son absence, il sera difficile pour le staff de l’équipe nationale de poursuivre sa quête d’un complément idéal en charnière, entamée il y a quelques mois. Idéalement, le technicien marocain aurait souhaité partir au combat lors de la CAN 2025 avec une défense centrale composée de Nayef Aguerd et de Chadi Riad.

Mais ce dernier a été victime d’une grave blessure qui l’a tenu éloigné des terrains pendant plusieurs mois, et rien ne garantit qu’il sera prêt pour la joute continentale. Dès lors, Regragui doit dénicher un complément crédible à Nayef Aguerd. Reste à savoir quels sont les ingrédients d’une charnière centrale qui tient la route.

Passé sur le banc de plusieurs clubs français, Jean-Marc Nobilo est actuellement le directeur technique de l’académie du Raja Club Athletic. Il a également été sélectionneur du Bénin (2010). Sans intention de s’immiscer dans les décisions du sélectionneur, M. Nobilo évoque trois critères clés pour une défense centrale performante :

– La taille ;

– Le pied fort ;

– La complémentarité des profils.

Au regard de la majorité des défenses centrales de très haut niveau, que ce soit en club ou en sélection, le premier critère fait sens. « Une charnière centrale solide, c’est souvent deux joueurs d’au moins 1 m88, voire 1 m90 ou plus », affirme-t-il. Raison pour laquelle notre interlocuteur insiste sur la pertinence des choix du sélectionneur national, puisque le plus petit des joueurs convoqués par Walid Regragui pour occuper ce secteur de jeu culmine à 1,88 m, Abdel Abqar en l’occurrence.

Ensuite, le deuxième critère à prendre en considération concerne le pied fort des joueurs qui composent l’axe central. « L’idéal, c’est d’avoir un droitier et un gaucher pour avoir plus de facilités en termes de relance et d’orientation du corps. Mais avoir deux droitiers, c’est assez courant et pas du tout contraignant », précise-t-il. En revanche, les défenseurs centraux gauchers sont si rares que la question de leur complémentarité se pose rarement.

Bien sûr, il existe toujours des exceptions. Le duo Saïss-Aguerd en est une parfaite illustration. Très performants pendant la Coupe du monde, ils maîtrisaient tous deux la relance avec les deux pieds. De plus, ils se complétaient parfaitement sur d’autres aspects, notamment grâce à l’expérience et au vécu de Romain Saïss, qui ont permis à Aguerd de jouer plus libéré et sûr de lui.

Enfin, le dernier critère repose sur un savant équilibre entre puissance physique et sciences tactiques. « Il faut que l’un des deux soit un joueur d’impact, solide dans le duel, explosif et capable de bien gérer la profondeur, tandis que l’autre doit exceller dans le placement, la lecture du jeu, l’anticipation et la première relance. C’est cette répartition des rôles qui crée une charnière équilibrée », avance M. Nobilo.

En infographie, nous avons tenté d’évaluer la complémentarité de plusieurs charnières centrales, en prenant Abdel Abqar comme constante et six indices clés de performances (ICP) :

– Duels défensifs gagnés ;

– Duels aériens gagnés ;

– Tacles glissés réussis ;

– Récupérations par 90’ ;

– Passes réussies ;

– Passes longues réussies.

Comparaison entre diffèrentes charnières possibles en équipe nationale

En attendant le retour de Nayef Aguerd, seule la charnière composée de Abdel Abqar et de Abdelhak Assal ne semble pas répondre aux critères précités, leurs profils étant assez similaires, du moins sur le papier. Mais la complémentarité des profils ne fait pas tout : le vécu commun est tout aussi essentiel pour créer des automatismes.

Normalement, cela prend du temps. « Mais en sélection, il n’y a que des joueurs de très haut niveau. Il est possible d’avoir des automatismes en deux ou trois rassemblements. L’osmose peut se créer rapidement si les profils sont bien choisis. Ce qui semble être le cas », conclut Jean-Marc Nobilo.

À charge désormais aux joueurs sélectionnés par Walid Regragui de prouver qu’ils sont à la hauteur des attentes. À commencer par le derby maghrébin, où l’équipe nationale peut creuser un peu plus son avance historique : 16 victoires, 9 défaites et plus d’une vingtaine de matchs nuls.

https://medias24.com/2025/06/05/les-lions-de-latlas-sous-la-loupe-notre-tableau-de-bord-interactif-exclusif/

Les Lions de l’Atlas sous la loupe : notre tableau de bord interactif exclusif

Si les statistiques ne peuvent à elles seules résumer le profil complet d’un joueur, elles demeurent de précieux indicateurs pour mieux cerner ses points forts, ses axes d’amélioration ainsi que sa complémentarité avec ses coéquipiers évoluant dans le même secteur de jeu.

Médias24 met à votre disposition des dashboards interactifs regroupant des données pertinentes et approfondies sur les joueurs convoqués par Walid Regragui, dans la perspective des matchs amicaux contre la Tunisie et le Bénin, programmés les vendredi 6 et lundi 9 juin au complexe sportif de Fès.

Les données compilées couvrent l’ensemble de la dernière saison pour chaque poste et seront actualisées à chaque rassemblement de l’équipe nationale, jusqu’au coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2025, qui se tiendra au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Bien entendu, ces chiffres doivent être interprétés avec nuance.

De nombreux facteurs tels que le style de jeu de l’équipe, le niveau du championnat ou le rôle tactique du joueur peuvent influencer leur compréhension. Prenons un exemple : Achraf Hakimi affiche un nombre d’interceptions par match inférieur à celui de Omar El Hilali. Cela ne reflète pas une faiblesse défensive du récent champion d’Europe, mais s’explique plutôt par le jeu de possession (65%) du Paris Saint-Germain qui l’expose moins aux phases défensives.

À l’inverse, Omar El Hilali, avec l’Espanyol Barcelone, évolue dans un contexte différent, son équipe affichant une possession moyenne de seulement 42%. Il est donc naturellement davantage concerné par ces phases et amené à intervenir plus souvent sans le ballon.

En somme, toutes les données que nous avons compilées doivent être lues à la lumière du contexte tactique, du niveau d’adversité, du rôle spécifique confié à chaque joueur, mais aussi de la dynamique individuelle du moment. Autant de facteurs qui influencent considérablement les performances statistiques, mais aussi leur compréhension.

Medias24
Medias24

Commençons par les gardiens de but. El Mehdi Benabid (WAC), bien qu’un cran en retrait par rapport à ses aînés, dispose encore d’une belle marge de progression, notamment dans son jeu au pied. À 25 ans, le temps joue en sa faveur. De leur côté, Yassine Bounou (34 ans) et Munir El Kajoui (36 ans) font preuve d’une constance remarquable, que ce soit dans les airs ou sur leur ligne, indépendamment du poids des années.

Si Yassine Bounou et Munir El Kajoui parviennent à maintenir ce haut niveau de performance, le Maroc peut aborder les prochaines échéances avec sérénité. Certes, le portier d’Al Hilal (Arabie saoudite), récemment placé sous les ordres de Simone Inzaghi (ex-Inter Milan), encaisse actuellement plus de buts que prévu selon les données d’expected goals.

Mais cet écart reste minime et n’entame en rien sa valeur. D’autant qu’il compense avec un jeu au pied de très haut niveau, un taux élevé d’arrêts réflexes et une réelle autorité dans la gestion de sa ligne défensive. De son côté, Munir El Kajoui sort d’une saison remarquable sous les couleurs de la Renaissance sportive de Berkane (RSB).

Son choix de rejoindre le récent champion du Maroc n’a nullement affecté ses performances, bien au contraire. Décisif aussi bien en Botola Pro qu’en Coupe de la CAF, il se distingue par son leadership et sa technique sur sa ligne. Dans un contexte où des incertitudes demeurent au sein de la ligne défensive des Lions de l’Atlas, la forme étincelante de ses gardiens représente un gage de sécurité.

Medias24
Medias24

Justement, la défense demeure le principal chantier auquel doit s’attaquer le sélectionneur national. Et pas seulement pour ce rassemblement de juin. Trouver une charnière centrale fiable risque bien de hanter les nuits de Walid Regragui pendant encore de longs mois.

En réalité, l’enjeu est de trouver le partenaire idéal pour Nayef Aguerd, pilier défensif incontournable. Le sélectionneur est en quête d’un complément solide, régulier et tactiquement compatible, capable de former une paire centrale stable à l’horizon de la CAN 2025 et du Mondial 2026.

Toutefois, en l’absence d’Aguerd, il sera compliqué de tester toutes les associations possibles en défense. Néanmoins, cela n’empêchera pas le staff de l’équipe nationale d’évaluer le comportement du nouveau venu, Abdelhak Assal, qui s’est illustré cette saison par une domination dans les duels, aussi bien au sol que dans les airs.

Le natif de Casablanca renforce un secteur défensif déjà composé de deux autres défenseurs centraux de métier, Jawad El Yamiq et Abdel Abqar. En plus de Adam Masina, latéral reconverti en défenseur central axial gauche dans une défense à trois avec le Torino (Italie). Ce dernier peut également dépanner au poste d’arrière gauche en cas de besoin.

Medias24
Medias24

Ce besoin risque de se faire sentir, puisque le sélectionneur n’a convoqué que Youssef Belamri pour pallier le forfait de Noussair Mazraoui. Or, si Omar El Hilali ne constitue pas une option fiable sur le flanc gauche, Achraf Hakimi pourrait dépanner à ce poste, tout comme Zakaria El Ouahdi, même si tous deux sont droitiers.

Mais il serait surprenant que Walid Regragui choisisse de priver son capitaine de son poste de prédilection pour l’exiler à gauche. Une option qui a déjà été expérimentée par le passé, mais dans des contextes bien différents. Quoi qu’il en soit, le Maroc est armé sur la droite de sa défense.

Medias24
Medias24

C’est nettement moins évident au poste de milieu défensif, où les options disponibles semblent plus restreintes. Jusqu’à présent, Sofyan Amrabat s’est imposé comme une sentinelle indispensable, particulièrement face aux équipes qui misent sur des contres rapides à la récupération du ballon.

Grâce à sa vision du jeu, son positionnement précis et son sens tactique, Amrabat est le pilier de l’équilibre défensif marocain. Cependant, les alternatives à ce poste restent malheureusement peu nombreuses. Outre Oussama El Idrissi, qui peut être utilisé en défense centrale, Oussama Targhaline a également démontré de très bonnes dispositions dans ce rôle, notamment lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Mais son manque d’expérience des joutes continentales chez les A pourrait être un handicap.

Medias24
Medias24

Concernant Amir Richardson, qui a également le profil, il n’y est pas tout à fait à son aise, contrairement à un rôle de milieu central ou relayeur. Cependant, la concurrence sera rude, entre lui, Ismail Saibari, Bilal El Khannouss et Azzedine Ounahi dont les dernières prestations laissaient quand même à désirer. La profusion de talents est aussi perceptible sur les ailes, du moins au moment de l’annonce de la liste.

Medias24
Medias24

Car depuis, le médecin de l’équipe nationale, Christophe Boudoux, a acté le forfait de Brahim Diaz (remplacé par Amine Zouhzouh des FAR) et annoncé Abde Ezzalzouli comme “très incertain” en raison d’une blessure contractée en finale de la Conférence League européenne contre Chelsea (1-4). Il reste quand même du beau monde, avec Soufiane Rahimi, Eliesse Ben Seghir et Osame Sahraoui.

Medias24
Medias24

À la pointe de l’attaque, Maroan Sannadi sera incontestablement l’une des attractions de ce rassemblement. Avoir son rond de serviette en équipe nationale est déjà une victoire pour un joueur qui n’a disputé que six mois au très haut niveau. Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que, dans l’esprit du sélectionneur, il ne sera pas simple de supplanter Youssef En-Neysiri et Ayoub El Kaabi. Preuve en est, le temps de jeu famélique de Hamza Igamane (8’).

Mais “Maroan nous apportera un profil différent, qui nous permettra aussi de l’associer à un second attaquant de pointe”, a souligné Walid Regragui lors de l’annonce du groupe retenu pour les deux prochains matchs amicaux. À l’évidence, ces rencontres s’annoncent comme des rendez-vous d’importance capitale, même s’ils sont amicaux.

Équipe nationale. Premières convocations pour Maroan Sannadi et Abdelhak Assal

A moins de sept mois de la Coupe d’Afrique des nations 2025 qui sera organisée au Maroc à partir du 21 décembre, le sélectionneur national, Walid Regragui, a annoncé une liste de 26 joueurs en vue d’affronter la Tunisie et le Bénin, les vendredi 6 et lundi 9 juin au Complexe sportif de Fès (21h).

“Le stade vient d’ouvrir une nouvelle fois ses portes et le Maroc n’y a plus joué depuis 2009. Le public de Fès mérite de voir l’équipe nationale”, a indiqué Walid Regragui, le sélectionneur national, en conférence de presse, ce mardi 27 mai, afin de justifier la décision de disputer les deux prochains matchs amicaux dans la capitale spirituelle du pays.

Le choix des adversaires n’a quant à lui rien à voir avec un quelconque symbolisme. Il répond à une volonté claire de préparer la Coupe d’Afrique des nations dans des conditions proches de celles du tournoi. “On pouvait aller jouer contre la Suède, qui nous a sollicités”, a-t-il précisé. “Mais on a choisi de rester chez nous, dans notre climat, face à des adversaires comme la Tunisie, qui a une défense solide. C’est plus proche de ce qu’on vivra à la CAN”.

Justement, la compétition continentale occupe tous les esprits, y compris ceux animés de mauvaises intentions, qui propagent rumeurs et fausses informations dans le but de déstabiliser l’équipe nationale, notamment en relayant à intervalles réguliers le départ supposé du sélectionneur. Face à cela, Walid Regragui répond sans détours.

“Je respecte la critique tant que mon groupe est protégé. S’il existe un meilleur entraîneur que moi pour remporter la CAN, je suis prêt à lui céder ma place. Mais soyons clairs : vous ne trouverez pas meilleur que moi pour décrocher ce trophée. D’autant que je suis le premier supporter de l’équipe nationale”, a-t-il assuré.

Mais pour l’heure, l’esprit du sélectionneur est tourné vers ce rassemblement, qui est beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Plusieurs titulaires sont absents en raison de blessures, à l’image de Nayef Aguerd, Noussair Mazraoui, Romain Saïss, Chadi Riad et Chemseddine Talbi.

L’occasion pour de nouvelles têtes de découvrir le Complexe Mohammed VI de football à Salé, dont Abdelhak El Assal, qui vient de remporter la Coupe de la Confédération africaine avec la Renaissance sportive de Berkane. Le défenseur central a une véritable opportunité de se faire une place dans un secteur de jeu dépeuplé.

D’autant que Jamal Harkass a été écarté par choix, alors que 50% de la défense titulaire est absente. “Heureusement que cela n’arrive pas à la veille de la CAN. C’est l’occasion de tester de nouveaux profils et de faire des essais avec différentes paires de centraux. Il faut également observer l’intégration de joueurs comme El Assal. Sans oublier El Azzouzi, qui a occupé ce poste aux Jeux olympiques”, avance Walid Regragui.

Dans l’entrejeu, il y a beaucoup moins d’incertitudes. “J’ai plusieurs motifs de satisfaction, notamment avec Bilal El Khannouss et Ismael Saibari. Azzedine Ounahi traverse des hauts et des bas, mais j’ai la certitude qu’il se donne à 100% lorsqu’il porte le maillot de l’équipe nationale”, explique le sélectionneur national.

“Amir Richardson revient bien également”, reprend-il. “Quant au poste occupé habituellement par Sofyan Amrabat, il bénéficie de son expérience du football africain, un atout précieux pour la CAN”. En outre, avec quatre « avant-centre » parmi les neuf attaquants convoqués, Walid Regragui affiche son intention d’évaluer de nouveaux profils, à l’image de Maroan Sannadi.

“On a deux « avant-centre » que l’on connaît très bien : Youssef En-Nesyri et Ayoub El Kaabi. Il y a aussi Hamza Igamane, qui a réalisé une bonne saison. S’il mérite de jouer, il jouera. Mais son retour est avant tout un signe de confiance de notre part”, a souligné le sélectionneur.

Concernant Maroan Sannadi, décrit comme très athlétique et possédant une qualité technique intéressante pour sa taille, “Il a un profil qui peut nous être utile et je souhaite le voir à l’œuvre. C’est un joueur qui s’est rapidement imposé comme titulaire avec l’Athletic Bilbao, qui a déjà disputé l’Europa League et qui possède un fort potentiel. Certes, il n’a pas encore beaucoup marqué, mais s’il continue à travailler avec humilité, il peut créer la surprise”, insiste M. Regragui.

Enfin, le technicien marocain a tenu à préciser que si certains clubs ont tenté de retenir leurs joueurs en vue de préparer la Coupe du monde des clubs, le staff n’a cédé que pour Adam Aznou, qui a une chance de s’imposer avec le Bayern Munich pendant cette compétition. Pour les autres, le message est clair : “Quand un joueur est dans notre liste, c’est qu’il a choisi de jouer avec le Maroc par amour et avec conviction”, a conclu Walid Regragui.

Voici la liste des joueurs convoqués pour ce dernier rassemblement de la saison 2024-2025 : 

– Gardiens : Yassine Bounou, Munir El Kajoui, Mehdi Benabid ; 

– Défenseurs : Achraf Hakimi, Omar El Hilali, Abdellah Abqar, Abdelhak Assal, Jaouad El Yamiq, Oussama El Azzouzi, Massina, El Ouahdi, Youssef Belamri ;

– Milieux de terrain : Azzedine Ounahi, Bilal El Khannouss, Sofyan Amrabat, Oussama Targhaline, Amir Richardson, Ismael Saibari ;

– Attaquants : Brahim Diaz, Eliesse Ben Seghir, Soufiane Rahimi, Maroan Sannadi, Ayoub El Kaabi, Youssef En-Neysiri, Hamza Igamane, Osame Sahraoui, Abdessamad Ezzalzouli.

Hoalid Regragui. Maroc. CAN.

 

CAN U20. Le Maroc écarte la Tunisie et file en quarts de finale (3-1)

La tension était palpable ce mercredi à Ismaïlia, alors que le Maroc et la Tunisie s’affrontaient dans un match crucial pour la qualification. Sur fond de rivalité régionale et d’enjeu sportif, la rencontre a donné lieu à un combat disputé mais parfois brouillon, sur la pelouse du stade Canal de Suez.

Les Marocains ont ouvert la marque à la 34e minute grâce à une superbe tête de Ayman Arguigue, à la réception d’un centre millimétré de Fouad Zahouani. Dominée en début de seconde période, l’équipe de Mohamed Ouahbi a vu la Tunisie égaliser à la 54e minute sur un tir de Anis Dubal, dévié par la défense marocaine. 

Mais les Lionceaux ont eu le dernier mot : à la 86e minute, Smail Bakhty a profité d’un ballon mal renvoyé sur coup franc pour fusiller le gardien tunisien du pied gauche. Quelques minutes plus tard, Jones El Abdellaoui a scellé le sort du match sur une contre-attaque rondement menée, conclue du pied droit.

On attendait plus des Aigles de Carthage, repêchés à la dernière minute en remplacement de la Côte d’Ivoire. Mais ils semblaient sans véritable inspiration, comme s’ils avaient conscience de leurs limites face à un Maroc pourtant diminué. De leur côté, les Lionceaux de l’Atlas ont évolué avec une composition largement remaniée.

Trois titulaires manquaient à l’appel, dont le virevoltant Othmane Maamma, blessé lors du dernier match. Mohamed Ouahbi a ainsi misé sur la prudence et le turnover, sans grande cohésion, mais avec un pressing haut efficace.

Les Tunisiens ont tenté de prendre le jeu en passant par les ailes, notamment à la 9e minute lorsque Mohamed Anan a failli surprendre Benchaouch d’un tir en angle fermé. En réponse, les Marocains se sont montrés dangereux sur quelques situations, dont une frappe lourde de Houssem Essadek déviée en corner (32’). 

Avant de rentrer au vestiaire, Fouad Zahouani a servi un centre parfait que Aymen Arguigue a bonifié d’une tête puissante pour ouvrir le score. Après la pause, les Tunisiens sont revenus avec de meilleures intentions et ont été récompensés à la 54e. Lorsque Anis Dubal a égalisé sur un tir dévié, laissant Benchaouch sans réaction. 

Un but qui a brièvement relancé les espoirs tunisiens, mais la solidité des Marocains a fait la différence en fin de rencontre. C’est finalement Smail Bakhty qui a offert la victoire à son équipe (86’), en reprenant d’un tir du gauche un ballon traînant dans la surface, avant que Jones El Abdellaoui ne clôt la marque dans les arrêts de jeu. 

Le Maroc valide donc son billet pour les quarts en tant que premier du groupe B, avec un mélange d’abnégation, de rigueur tactique et d’efficacité dans les moments clés.

CAN U20. Maroc-Tunisie, un billet pour les quarts à la clé

Ce mercredi 7 mai à Ismailia, le stade de Suez (16 h) sera le théâtre d’un classique à fort enjeu, mettant aux prises le Maroc et la Tunisie, à l’occasion de la 3ᵉ et dernière journée du groupe B de la Coupe d’Afrique des nations U20. Un nul suffirait aux Lionceaux de l’Atlas pour se hisser en quarts de finale, tandis qu’une défaite les condamnerait à sortir leurs calculettes en espérant un scénario favorable dans l’autre match du groupe, opposant le Nigéria au Kénya.

Après un dernier match à zéro tir cadré face au Nigeria, l’animation offensive marocaine est attendue au tournant. Même si, idéalement, on aimerait voir les Lionceaux de l’Atlas attaquer comme lors de leur victoire face au Kenya (3-2) et défendre comme contre le Nigeria (0-0). Mais ce n’est pas aussi simple que cela.

D’abord parce que le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi, risque d’être privé de son atout offensif numéro un, Othmane Maamma. Le Montpelliérain n’a pas terminé le dernier match à cause d’une alerte musculaire. Le technicien marocain prendra-t-il le risque de l’envoyer au charbon au risque de le perdre pour le restant de la compétition ?

Ce sera l’un des dilemmes auxquels sera confronté le staff de l’EN. L’autre challenge qui attend les Marocains consistera à trouver les ressources nécessaires pour surprendre une équipe pour qui ils n’ont quasiment pas de secret. Et pour cause, avant d’être repêchée à la place de la Côte d’Ivoire qui a déclaré forfait, la Tunisie avait échoué à se qualifier à la phase finale de la CAN U20, en finissant troisième du tournoi de l’Union nord-africaine de football (UNAF), derrière l’Égypte et le… Maroc.

Un tournoi pendant lequel les Lionceaux de l’Atlas avaient affronté à deux reprises les Tunisiens, pour une victoire (2-1) et un nul vierge. On signerait pour une issue similaire cet après-midi aux environs de 18 h. D’autant que les Tunisiens n’ont pas encore trouvé une solidité défensive à toute épreuve (2 buts encaissés en autant de matchs).

Environ la moitié des ballons perdus par la Tunisie lors des cinq derniers matchs l’ont été dans des zones dangereuses.

La faute à une fragilité sur coups de pied arrêtés, mais aussi à des ballons perdus là où il ne le faut pas. En particulier dans leur propre moitié de terrain, et plus précisément dans l’axe de la défense. Une constante lors de leurs cinq dernières rencontres, qui doit donner des idées aux Marocains afin d’orienter leur pressing vers les défenseurs centraux à la relance, en particulier Rayan Boukadida, l’axial gauche qui éprouve des difficultés à jouer vers l’avant (69 % de passes réussies).

Si Mohamed Ouahbi décide de reconduire sa stratégie défensive avec un bloc haut à médian, dans un système en 4-4-2, il mettrait son équipe dans les meilleures dispositions en vue d’exploiter les lacunes adverses. Le positionnement hybride de Reda Laalaoui sera également important.

Contrairement au premier match face au Kenya, le milieu de terrain du Fath Union Sport s’est vu assigner un rôle à mi-chemin entre milieu axial et milieu excentré côté gauche, lors des phases de possession. Une stratégie qui permet d’accorder plus de liberté à son latéral, mais aussi de servir de relais pour faire avancer le jeu de son équipe.

Les ailiers tunisiens représentent une menace constante. C’est d’ailleurs sur les côtés que se concentre l’essentiel de leurs menaces offensives.

Même si la réussite de cette stratégie n’a pas sauté aux yeux face au Nigeria, il n’en reste pas moins que Reda Laalaoui a été précieux aussi bien en phase offensive qu’en phase défensive. Justement, à la perte du ballon, les mécanismes de compensation seront primordiaux côté marocain afin de ne pas donner l’occasion aux ailiers tunisiens de se retrouver en position de un contre un, au vu de la capacité d’élimination de leurs attaquants excentrés. Et plus particulièrement, Khalil Ayari, pensionnaire du Stade tunisien.

Football. Les Lions affronteront, en matchs amicaux, la Tunisie et le Bénin

Ces deux rencontres amicales s’inscrivent dans le cadre des préparatifs des Lions de l’Atlas aux prochaines échéances continentales et internationales, précise la FRMF dans un communiqué publié sur son site internet.

La tunisienne Nouvelair lance sa nouvelle ligne aérienne Casablanca-Tunis

Cette nouvelle desserte vient s’inscrire dans le plan de développement de la compagnie pour l’année 2024, indique Nouvelair dans un communiqué. Une initiative qui vise à renforcer son réseau couvrant déjà 12 pays, élargissant les opportunités de voyage pour ses clients et favorisant les liens entre la Tunisie et le Maroc.

À cette occasion, Nouvelair propose un tarif promotionnel à partir de 1.399 DH le billet aller-retour, rendant cette ligne accessible à un large éventail de passagers qui peuvent réserver leurs vols via le site web www.nouvelair.com.

Cité dans le communiqué, le directeur général de Nouvelair, Chokri Zarrad, a exprimé sa fierté pour l’ouverture de la ligne entre Casablanca et Tunis. « Après le lancement de 15 nouvelles lignes en 2023, la ligne Casablanca-Tunis est l’une des cinq lignes que la compagnie compte développer en 2024 », a-t-il déclaré.

« Nous sommes convaincus que cette nouvelle ligne contribuera à renforcer davantage les relations entre les deux pays et ouvrira de nouvelles perspectives de coopération économique, commerciale et touristique, rapprochant ainsi la Tunisie encore plus de nos chers frères au Maroc et facilitant les déplacements des Tunisiens résidant au Maroc vers la Tunisie et vice versa« .

Cette nouvelle ligne sera desservie par un Airbus A320, comptant parmi les 13 avions qui composent la flotte performante et moderne de Nouvelair.

En 2023, Nouvelair a lancé, dans le cadre de sa stratégie d’expansion, 15 nouvelles lignes et a programmé cinq lignes pour 2024, dont le Maroc. Inaugurée le 1er avril, la première ligne lancée cette année dessert Madrid et Hambourg depuis l’aéroport de Tunis-Carthage, et Bruxelles depuis l’aéroport international de Monastir.

Textile. En 2023, les exportations marocaines vers l’UE ont baissé

Les exportations marocaines des vêtements confectionnés ont augmenté de 6,9% en 2023 à 29,5 MMDH. Mais à l’intérieur de cette hausse se cache une autre dynamique plutôt inquiétante. Les exportations vers l’Union européenne, principal marché marocain, sont, elles, en baisse.

Selon les chiffres de la base de données statistiques Comext (Eurostat) et traités par l’expert textile européen et président du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement, Jean-François Limantour, les exportations marocaines vers l’UE ont baissé de 14,2% entre 2023 et 2022.

« Elles ont, comme celles de la plupart des fournisseurs de l’UE, subi une sévère correction à la baisse. Elles ont reculé de 14,2% pour une valeur de 2,55 milliards d’euros (27,8 MMDH), mais je rappelle qu’elles avaient augmenté de 20,1% en 2022 par rapport à l’année 2021 », explique-t-il dans un échange avec Médias24.

Et d’ajouter : « Malgré les apparences, la chute des exportations marocaines de 2023 n’a rien de très préoccupant, car le Maroc conserve solidement son huitième rang de fournisseur d’habillement de l’Europe avec une part de 3,1%. Au-delà de cet aspect conjoncturel, j’estime que l’industrie marocaine de l’habillement a de bonnes performances et qu’elle relève avec énergie le défi compétitif de la concurrence asiatique. »

Une baisse considérable, selon les acteurs du secteur textile

Une baisse que nous confirment les opérateurs marocains du secteur. « L’année 2022 a été pour l’UE une année de rattrapage. Elle a été marquée par des importations massives. Et comme il y a une réduction de la consommation de textiles en Europe, beaucoup d’enseignes se sont retrouvées avec des stocks importants. L’UE a donc réduit ses importations en 2023. Cette réduction globale est de l’ordre de 16% par rapport à 2022. Le Maroc se trouve à peu près dans cette moyenne-là (-14 à -15%). Il s’agit d’une baisse considérable du fait que l’Europe (particulièrement l’Espagne) demeure notre principal client », explique un important acteur du secteur à Médias24.

Le président régional pour Casablanca de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) converge dans le même sens. « Il y a eu un recul de la consommation par rapport à 2022 ; recul qui a concerné un certain types de produits dont l’habillement. Les consommateurs ont en effet priorisé l’alimentation, l’énergie et le transport », explique Abderrahmane Atfi.

« La baisse de la consommation des habits, couplée à la guerre en Ukraine et à l’inflation, nous a infligé, à nous opérateurs, des pertes en chiffres », déplore-t-il.

« La chute des importations européennes d’habillement a eu un impact direct sur le Maroc, mais aussi pratiquement sur tous les pays exportateurs. Nous constatons par exemple une très grosse baisse en valeur des importations de Chine, située à plus de 20%, ce qui est inédit ! S’il est vrai que la Chine accapare toujours le commerce de l’habillement, elle n’a jamais connu une baisse aussi massive », souligne Abderrahmane Atfi.

« Un repositionnement des importations européennes vers les pays les plus proches »

Cette chute devrait annoncer un repositionnement des importations européennes vers les pays les plus proches, notamment ceux du bassin méditerranéen, prévoit notre source.

Car en vingt ans, comme le souligne Jean-François Limantour, « du fait de la concurrence asiatique, la part des pays méditerranéens (Turquie, Maroc, Tunisie, Egypte, etc.) dans les importations européennes d’habillement est tombée de 24,5% en 2003 à 19,9% en 2013 et à 18,6% en 2023. Celle du Maroc est passée de 4,7% en 2023 à 3,2% en 2013 et à 3,1 % maintenant ».

« Ce déclin doit bien sûr interpeller l’industrie et les pouvoirs publics marocains, et les inciter à la mobilisation pour mettre en œuvre une politique industrielle active de valeur ajoutée et de partenariat dynamique euro-marocain, afin de s’imposer comme un acteur majeur sur un marché européen de l’habillement en profonde mutation ! »

Car tout le monde s’accorde sur un point : la transformation du marché européen ne peut que bénéficier aux pays maghrébins… les plus compétitifs.

« La Tunisie est actuellement favorite. C’est le seul pays exportateur vers l’UE qui connaît une croissance en 2023 par rapport à 2022. Elle se situe à environ +4%. Grâce à la dévaluation, le secteur textile tunisien a bénéficié d’une forte compétitivité qui devrait s’améliorer davantage en 2024, suite à l’assouplissement des règles d’origine obtenu par la Tunisie auprès de l’UE, et qui entrera en vigueur lors de ce premier trimestre 2024 », détaille un industriel marocain.

Un constat que confirme le président du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement. Pour lui, le contraste entre la Tunisie, qui augmente ses exportations, et le Maroc, qui enregistre une baisse, s’explique par le fait que « la Tunisie a un positionnement moyen/haut de gamme alors que l’offre marocaine est centrée sur le moyen de gamme, segment du marché européen tout particulièrement affecté en 2023 par l’inflation qui a rongé le budget des consommateurs ».

« Le ‘modèle’ tunisien doit donc servir de référence au moment où le marché européen semble s’orienter structurellement vers le bas de gamme alimenté par l’Asie et le moyen/haut de gamme fourni par les pays européens eux-mêmes, y compris la Suisse, et des pays comme la Tunisie. Tout ceci au détriment du milieu de gamme », poursuit Jean-François Limantour.

Et Abderrahmane Atfi de compléter en précisant qu’ »actuellement, la Tunisie surpasse le Maroc et la Turquie au niveau de la Méditerranée, en termes de valeur unitaire moyenne de ventes, qui est de 17 euros la pièce en Tunisie. Au Maroc, cette valeur est de 12 euros par pièce, contre 13 euros en Turquie ».

Une hausse des prix moyens à cause de l’inflation

Baisse des exportations certes, mais le Maroc a également enregistré une hausse des prix moyens en 2023 de +9,5% par rapport à 2022, selon le traitement statistique fourni par l’expert Jean-François Limantour.

Selon un industriel textile marocain, l’hypothèse selon laquelle l’amélioration de la valeur ajoutée marocaine serait à l’origine de la hausse des prix moyens est à écarter. Et pour cause, le Maroc demeure un simple confectionneur. Ainsi, il estime que cette hausse est due, essentiellement, à l’inflation, le coût des matières premières et des intrants ayant augmenté depuis la crise Covid.

Sur un ton optimiste, notre source considère que les pouvoirs publics et le secteur privé vont travailler main dans la main pour en limiter l’impact. « Des solutions, il y en a. Aujourd’hui, les consommateurs veulent savoir d’où proviennent leurs achats. Il y a une conscience écologique qui s’installe de plus en plus, ce qui pousse les distributeurs à acheter de plus près. Il y a en plus une réflexion dans l’UE sur des taxes contre la fast fashion, essentiellement les sites de e-commerce chinois. Tout cela devrait encourager le sourcing de proximité », propose-t-il.

2024, une année difficile en perspective

Comment s’annonce 2024 dans ce contexte ? « Elle s’annonce difficile pour le Maroc. En ce moment, les données demeurent les mêmes. Pis, elles se complexifient. Aujourd’hui, tout le business model de l’habillement est en voie de changement. La problématique de l’environnement et de la durabilité (la taxe carbone par exemple) se pose de plus en plus. En plus, l’e-commerce prend davantage le dessus. Autant d’éléments qui freineront en quelque sorte le business model actuel », souligne Abderrahmane Atfi, le président régional pour Casablanca de l’AMITH.

« Au Maroc, il y a une nouvelle réflexion qui émerge, avec les pouvoirs publics, pour renforcer le positionnement du pays dans l’habillement durable. Pour ce faire, il faut avoir accès à l’énergie renouvelable, qui est déjà un des points fort du Maroc. Notre compétitivité, qui connaît des lacunes, est l’autre levier de renforcement », poursuit-il.

« En gros, notre business model doit créer plus de valeur ajoutée et de durabilité, s’inscrire dans le recyclage et s’ouvrir davantage sur l’Afrique, en faisant émerger une synergie de sorte que les pays africains fournissent au Maroc les matières premières et que le Royaume en assure la transformation », conclut Abderrahmane Atfi.

Comment Impact Lab accompagne les start-up du programme Launchpad Agritech

Le Launchpad Agritech est un programme qui vise à soutenir la croissance des start-up Agritech africaines sélectionnées comme les plus innovantes. « C’est un programme d’accélération personnalisé qui comprend du mentorat, de la mise en réseau avec l’industrie agricole régionale et une connexion à l’écosystème de financement », explique Salma Kabbaj, cofondatrice de l’accélérateur Impact Lab, jointe par Médias24.

Le programme Launchpad Agritech est conçu par Impact Lab et financé par l’assistance technique du fonds Sanad pour soutenir la croissance des start-up Agritech en Afrique francophone.

Pour cette seconde édition, « l’approche stratégique s’est concentrée sur la sélection de start-up Agritech plus matures, animées par une forte ambition d’expansion régionale », explique d’emblée Salma Kabbaj. Les start-up sélectionnées pour cette seconde édition ont en commun la solidité de leur modèle d’affaires, leur engagement pour une agriculture performante et durable et la détermination de l’équipe fondatrice, assure Salma Kabbaj.

Du côté des start-up ayant présenté leur pitch lors du Demo Day virtuel organisé le 7 février, le programme les a aidées à « affiner leur modèle d’affaires pour une meilleure présentation aux investisseurs, à améliorer leur accès au marché, notamment auprès des grandes entreprises, et à mieux cerner la valeur créée pour le client ».

Un accompagnement adapté à la réalité du marché

Le programme a conclu des partenariats avec de grandes entreprises en amont du programme, comme Lesieur Cristal, Domseeds et Sipra, pour identifier des opportunités de marché concrètes pour les start-up, « ce qui garantit que les solutions proposées sont adaptées à la réalité du terrain, d’autant plus que l’adoption des Agritech se fait bien plus facilement si elles répondent à des enjeux réels du secteur ».

Pour assurer ce fil avec le marché, le programme mobilise, en plus des coachs seniors Impact Lab, spécialisés dans l’accompagnement de l’innovation, des experts tels que Jamyl Mamri, expert en digital, Amine Sebti, expert en stratégie d’entreprise, Léonard Canitrot, expert en personal branding et Maxime Bayen, expert en levée de fonds. « Ils ont également eu l’occasion d’échanger avec des acteurs clés de l’écosystème Agritech marocain, tels que Hamza Rkha, co-fondateur de Sowit, et Youssef Kassel, co-fondateur d’Agridata, qui ont partagé leurs apprentissages autour de la démarche commerciale et de la gestion des collaborations avec les grandes entreprises agro-alimentaires », souligne Salma Kabbaj.

Les sujets couverts par le programme reflètent les besoins clés qui ont émergé à la suite de l’évaluation initiale conduite par Impact Lab, en relation avec les problématiques réelles des start-up Agritech en phase de croissance. Dans ce cadre, l’accompagnement s’est focalisé sur le renforcement des modèles d’affaires des start-up en vue de leur passage à l’échelle, la réflexion autour de leur stratégie d’expansion et la préparation aux partenariats nécessaires pour soutenir leur croissance.

Des start-up marocaines, ivoiriennes et tunisiennes

Plus concrètement, le programme a permis aux start-up de développer 11 propositions de collaboration concrètes avec les trois partenaires du programme, en l’occurrence Domseeds, Lesieur Cristal et Sipra. « Deux pilotes sont d’ores et déjà en cours de déploiement, et plusieurs autres collaborations seront concrétisées dans les prochaines semaines », annonce Salma Kabbaj.

Ceci a été possible grâce à plus de 20 sessions de travail entre les entrepreneurs et les équipes opérationnelles des partenaires, permettant d’affiner leur compréhension des besoins du marché et de développer un plan d’action détaillé pour le déploiement de leurs solutions sur le terrain.

En somme, les start-up ont bénéficié de 11 sessions collectives sous forme de formations, workshops ou interventions d’experts. Elles ont également eu accès à des sessions individuelles de coaching hebdomadaires ou bimensuelles, pour un total de « plus de 110 heures de coaching déployé pour la cohorte ».

A titre de rappel, les start-up bénéficiaires sont marocaines, ivoiriennes et tunisiennes :

– AremTech (Maroc) : elle propose des solutions d’IA, de MLOps et de blockchain pour aider les entreprises à exploiter leurs données, automatiser les modèles d’IA et améliorer la gestion de la chaîne d’approvisionnement, tout en offrant des services de conseil pour une transformation numérique réussie, y compris des solutions spécifiques à l’industrie pour l’agriculture.

– Atlas Invention (Maroc) : elle développe et fabrique des machines de pulvérisation de produits phytosanitaires en arboriculture, machines qui allient flexibilité, autonomie, économie d’intrants phytosanitaires et optimisation des performances.

– Deepleaf (Maroc) : Morshida, développé par DeepLeaf, est un assistant agricole intelligent qui révolutionne les pratiques agricoles en utilisant des technologies avancées pour détecter et diagnostiquer les maladies des plantes, tout en fournissant des informations personnalisées aux agriculteurs via WhatsApp, le web et les plateformes mobiles. DeepLeaf a également développé Agrigo, un robot utilisant une caméra multi-spectrale pour détecter les maladies des plantes et appliquer des pesticides de manière ciblée grâce à l’intelligence artificielle, réduisant ainsi l’impact environnemental des pratiques agricoles.

– Korair (Maroc) : la start-up est spécialisée dans la conception de drones et de logiciels pour des applications diverses, notamment la pulvérisation de pesticides et la distribution d’engrais, ainsi que la stérilisation et la désinfection de différents espaces.

– PGPR Technologies (Maroc) : elle offre des produits biostimulants novateurs qui tirent parti des propriétés bénéfiques des micro-organismes et des composés naturels pour améliorer la productivité, la résistance et la durabilité des cultures.

– Traçagri (Maroc) : une plateforme agricole IoT qui utilise des capteurs pour collecter et transmettre en temps réel des données sur les activités et les machines agricoles. Les agriculteurs bénéficient ainsi de tableaux de bord, de rapports détaillés et de recommandations pour optimiser leur productivité et leur prise de décision.

– Adara (Côte d’Ivoire) : une plateforme complète pour la gestion de la traçabilité et de la transparence de la fourche à la fourchette.

– Capture Solutions (Côte d’Ivoire) : la solution Agricapture, développée par Capture Solutions, utilise une combinaison de smartphones, de balances numériques, de codes QR et de paiements numériques pour garantir la traçabilité et la précision du traitement des matières premières.

– Grainothèque (Côte d’Ivoire) : Pharmanimal est une plateforme HealthTech développée par la Grainothèque pour la gestion numérique des troupeaux et de téléconsultation vétérinaire adaptée aux systèmes d’élevages dans le Sahel.

– PouliCare (Côte d’Ivoire) : elle offre une solution naturelle pour la prévention et la lutte contre les maladies aviaires, en utilisant des méthodes telles que la gestion de l’environnement, l’alimentation équilibrée, l’immunisation naturelle par la mise en place de traitement médicamenteux naturel et la surveillance continue de la santé des volailles, tout en mettant en place un système de traçabilité basé sur la technologie de la blockchain, garantissant la transparence et la fiabilité des informations sur l’élevage et la distribution des volailles.

– Anfa Solutions (Tunisie) : elle offre un logiciel de gestion sur l’ensemble du processus de culture avec des découpages analytiques très fins incluant la gestion de la qualité, le conditionnement, la transformation, la gestion de stock, etc. La solution est aussi adaptée aux coopératives et permet la gestion des adhérents, des flux physiques et financiers d’achats et ventes et paiement. La solution offre un module financier complet et est interfaçable avec toute autre solution pour la collecte de données et la production de dashboards.

– InnoROV (Tunisie) : elle offre une solution basée sur l’intelligence artificielle pour aider les entreprises d’aquaculture marine à calculer précisément les besoins en nourriture par cage, tandis qu’un système IoT surveille en temps réel des paramètres tels que le pH et la température, réduisant la suralimentation de 10 à 15%. La plateforme mobile dédiée permet aux éleveurs d’optimiser la gestion de leurs bassins, d’accéder à une offre compétitive d’intrants et de fournir des prévisions de production aux détaillants de poissons.

– Smart Farm (Tunisie) : elle propose des capteurs de sol avancés qui surveillent en temps réel l’humidité, la température et la salinité du sol, transmettant ces données à une plateforme logicielle intelligente. Cette plateforme utilise l’intelligence artificielle pour fournir des recommandations personnalisées aux agriculteurs, permettant une irrigation précise et efficace, tout en favorisant la durabilité et la résilience de l’agriculture face aux défis climatiques.

Fact checking. Attijariwafa bank ne compte pas racheter une banque tunisienne

Des médias ont rapporté « l’intention d’Attijari bank, la filiale tunisienne du groupe Attijariwafa bank, de racheter l’Union internationale de banques (UIB), filiale de Société Générale en Tunisie ».

Contactée par Médias24, une source sûre dément catégoriquement qu’Attijariwafa bank cherche à racheter une banque tunisienne.

En juin dernier, Société Générale a annoncé « l’ouverture d’une réflexion stratégique sur sa participation de 52,34% au capital de l’UIB ». « Cette démarche vise à explorer les options possibles permettant à l’UIB de mieux mettre en œuvre son potentiel de développement dans les années qui viennent, au bénéfice de ses actionnaires, de ses clients et des collaborateurs. Dans ce cadre, un processus non exclusif est engagé », avait expliqué le groupe dans un communiqué. Il ne s’agit pas d’Attijariwafa bank.

Naufrage d’un bateau de migrants en Méditerranée, 41 disparus selon l’ONU

Les agences des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’enfance (Unicef) et les migrations (OIM) déplorent dans un communiqué commun diffusé ce mercredi 9 août ce « terrible naufrage survenu entre le jeudi 3 et le vendredi 4 août en Méditerranée ».

L’embarcation en fer se serait retournée « face à des conditions météo rendant très dangereuses les traversées sur ces petits bateaux en fer inadéquats pour naviguer », selon le communiqué.

« Cela démontre le manque absolu de scrupules des trafiquants qui, de cette façon, exposent les migrants et les réfugiés à des risques très élevés de mort en mer », dénoncent les trois agences onusiennes.

Selon des chiffres compilés par les Nations unies, plus de 1.800 personnes ont déjà péri depuis janvier dans des naufrages en Méditerranée centrale, la route migratoire la plus meurtrière au monde, soit plus du double de l’an dernier. Les quatre rescapés, dont un mineur non accompagné de 13 ans, une femme et deux hommes, ont été secourus par un navire marchand et débarqués mercredi sur la petite île italienne de Lampedusa, située entre la Tunisie et la Sicile.

Face à cette nouvelle tragédie, les trois agences de l’ONU « réaffirment la nécessité de mécanismes coordonnés de recherche et de secours et continuent à demander aux Etats d’augmenter les ressources et les capacités pour faire face efficacement à leurs responsabilités ».

Près de 94.000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes depuis le début de l’année, plus du double que sur la même période l’an dernier, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur.

Le matériel vidéo du staff du Wydad Casablanca confisqué par les autorités algériennes

Le Wydad va lancer la défense de son titre en Ligue des champions de la CAF par un déplacement en Algérie où l’attend, ce vendredi 17 février, la JS Kabylie, sur la pelouse du stade du 5 juillet 1962, à Alger (20 h), à l’occasion du deuxième tour de la phase de poules de la Ligue des Champions de la CAF. 

Après avoir fait escale en Tunisie, la délégation du Wydad de Casablanca a atterri, le mercredi 15 février, à l’aéroport Houari Boumediene d’Alger. Une fois sur place, les autorités algériennes ont décidé de confisquer l’ensemble du matériel vidéo et photographique de la cellule de communication des Champions d’Afrique. 

Ce n’est pas la première fois qu’un tel acte est perpétré à l’égard d’une délégation sportive marocaine. Le Raja de Casablanca a également subi pareil traitement par le passé. Par ailleurs, le Wydad de Casablanca a demandé à ses supporters, qui seront présents dans les gradins, de « ne pas répondre aux provocations adverses qui pourraient intervenir pendant la rencontre », précise le communiqué du WAC.