Opération Hadès : levée du secret sur les détails de l’affaire du « tunnel de la drogue » entre le Maroc et l’Espagne.
Il s’agit de l’une des plus vastes enquêtes de sécurité menées par la Garde civile espagnole ces dernières années contre les réseaux de trafic international de drogue.
Le journal espagnol El Faro de Ceuta a révélé que l’opération qui a permis d’élucider le mystère du tunnel a effectivement commencé en 2023, après la saisie d’une cargaison de haschich de 1.977 kilogrammes en possession d’un chauffeur de camion de Sebta. Cela a amené les enquêteurs à suivre la piste d’un réseau qui s’est avéré inclure des responsables sécuritaires et civils occupant des postes sensibles.
En janvier 2025, une série d’arrestations a été effectuée, impliquant neuf personnes, dont un député au Parlement de Sebta d’origine marocaine nommé Mohamed Ali Duas. Ce dernier, selon le journal, fait face à de graves accusations liées à la coordination d’opérations de financement pour acheter la loyauté de gardes civils en échange de la facilitation du passage de la drogue.
Le journal a précisé, citant des sources sécuritaires, que le réseau ciblait le marché européen et faisait passer ses cargaisons en utilisant des camions méticuleusement modifiés, équipés de doubles fonds pour dissimuler la drogue. Des membres de la Garde civile facilitaient l’opération de transit dans les ports de Sebta et d’Algésiras, tandis que des éléments des douanes marocaines fournissaient une « fenêtre de passage » mensuelle unique, selon des conversations enregistrées, ajoute le journal.
Un autre élément « frappant » de l’affaire, selon El Faro de Ceuta, est la présence de trois agents de la Garde civile qui ont travaillé comme agents infiltrés sous de fausses identités au sein du réseau. Ils ont contribué à infiltrer les réunions, à enregistrer les conversations et à collecter des preuves qui ont ensuite conduit au démantèlement d’une grande partie du réseau. Ces preuves ont permis de lier le nom du député Duas à une réunion cruciale tenue le 8 décembre 2024, au cours de laquelle il a été question d’une somme de 10.000 euros pour acheter la loyauté d’agents de sécurité.
Alors que des mandats d’arrêt continuent d’être émis, les enquêtes espagnoles se poursuivent sur ce dossier en coordination avec les autorités sécuritaires marocaines, la Gendarmerie royale et les autorités judiciaires.