Maroc-Turquie : une réunion de haut niveau pour évaluer l’accord de libre-échange

La renégociation de l’accord de libre-échange (ALE) avec la Turquie n’est pas officiellement à l’ordre du jour de la prochaine réunion mixte entre le Maroc et la Turquie. « Une telle démarche n’est pas posée sur la table », nous assure une source sûre.

Notre source explique que la réunion entre les représentants marocains et turcs, prévue prochainement en Turquie, s’inscrit dans le cadre périodique de suivi de l’accord de libre-échange liant les deux pays.

« Ce cycle de concertation, organisé une fois au Maroc et une fois en Turquie en alternance, ne vise pas à rouvrir officiellement le dossier de la renégociation », nous précise une source informée.

Il s’agit d’un mécanisme de dialogue technique inscrit dans le fonctionnement normal de l’accord, visant à assurer un suivi régulier de sa mise en œuvre et à identifier les points susceptibles d’être optimisés à court et moyen terme.

La réunion sera présidée par Omar Hejira, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du commerce, chargé du Commerce extérieur, accompagné d’une délégation de hauts responsables et directeurs.

Cette réunion permet aux deux parties d’évaluer l’état des engagements réciproques, de passer en revue les éventuelles difficultés opérationnelles et d’échanger sur les possibilités d’amélioration de certains volets, sans que cela ne constitue une relance officielle de renégociation.

Cependant, rien n’empêcherait qu’une révision de l’accord de libre-échange avec la Turquie soit évoquée à l’avenir. Mais à ce stade, une renégociation de l’accord n’est pas officiellement à l’ordre du jour.

Maroc-Turquie : le déficit en hausse continue

En arrière-plan de cette rencontre, le Maroc continue d’enregistrer un déficit commercial structurel vis-à-vis de la Turquie. Ce déséquilibre s’explique par plusieurs facteurs combinés. D’une part, la dépréciation continue de la livre turque renforce significativement la compétitivité-prix des produits turcs sur le marché marocain.

D’autre part, la plateforme industrielle turque, particulièrement développée dans les secteurs du textile, de l’habillement, de l’ameublement ou encore de l’électroménager, dispose d’une densité productive et logistique qui facilite ses performances à l’export.Les importations ont presque triplé entre 2014 et 2024, frôlant désormais les 40 MMDHSur la décennie 2014-2024, les échanges commerciaux entre le Maroc et la Turquie ont connu une dynamique fortement déséquilibrée, marquée par une progression soutenue des importations en provenance de Turquie et une stagnation relative des exportations marocaines vers ce marché.

Les importations ont presque triplé en dix ans, passant de 14,4 MMDH en 2014 à 39,3 MMDH en 2024, soit une hausse de 173%. En parallèle, les exportations marocaines à destination de la Turquie ont progressé de manière modérée, passant de 4,6 MMDH à 11,6 MMDH sur la même période.

Les importations marocaines de Turquie augmentent. Une révision des accords n’est pas impossible.

Malgré cette progression apparente des exportations, l’écart entre les deux flux s’est creusé de façon structurelle. Le déficit commercial, qui s’élevait à 9,9 MMDH en 2014, a été multiplié par près de trois en dix ans pour atteindre un niveau de 27,6 MMDH en 2024.

Par ailleurs, il est à noter que les échanges commerciaux entre le Maroc et la Turquie sont dominés par des produits industriels. Le premier poste d’exportation marocain vers la Turquie concerne les véhicules automobiles, tracteurs, cycles et autres engins terrestres. Viennent ensuite les engrais, puis les machines, appareils électriques et équipements d’enregistrement.

Du côté des importations, le Maroc importe des réacteurs, chaudières, machines et appareils mécaniques, ainsi que des produits en fonte, fer et acier.

SeaLead lance une nouvelle ligne maritime reliant la Turquie, le Maroc et les États-Unis

Le service MEDUS offre une solution de transport rapide et efficace avec un calendrier de traversées bihebdomadaire et des temps de transit optimisés vers la côte Est des États-Unis, indique un communiqué de SeaLead.

Le premier départ est prévu le 29 mars depuis Mersin, avec une rotation incluant les ports d’Istanbul, Gebze, Aliaga, Casablanca, New York et Norfolk avant le retour à Mersin.
Selon SeaLead, cette nouvelle ligne répond à une demande croissante pour des solutions d’expédition plus rapides et plus flexibles entre l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Amérique du Nord.

« Notre nouveau service MEDUS élargit notre portée en offrant une couverture directe du commerce transatlantique. Cette initiative stratégique renforce nos connexions avec les États-Unis, en complément de notre service transpacifique existant, et consolide notre position dans la région », a déclaré Suleyman Avci, Global Chief Executive Officer de SeaLead.

Le service MEDUS inclut également des connexions par feeders à destination et en provenance de plusieurs pays, notamment la Libye, la Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, l’Espagne, la Grèce et la Roumanie, permettant ainsi d’élargir l’offre aux exportateurs et importateurs de ces régions.

Mark Lee, directeur régional Amérique du Nord chez SeaLead, cité dans le communiqué, souligne l’importance de cette expansion : « Le service MEDUS renforce notre couverture du marché nord-américain, nous permettant de mieux servir nos clients sur les deux côtes. En reliant la Méditerranée à la côte Est américaine et grâce à des connexions feeders dédiées, nous aidons nos clients à optimiser leurs chaînes d’approvisionnement plus efficacement ».

Application d’un droit antidumping définitif sur les fours électriques turcs

Selon la circulaire n° 6625/211 publiée par l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), cette décision s’appuie sur l’arrêté conjoint du ministre de l’Industrie et du commerce et de la ministre de l’Économie et des finances, stipulant l’application d’un droit antidumping pour une durée de cinq ans.

Le droit antidumping s’élève à 32,82% pour l’exportateur Itimat Makina Sanayi Ve Ticaret A.S. et à 62,07% pour les autres exportateurs turcs. Ce dispositif s’applique aux fours électriques mobiles et non encastrables, d’une capacité maximale de 70 litres, destinés à un usage domestique.

Toutefois, cette mesure ne concerne pas les fours de type « air fryers » ni les produits qui ne répondent pas à la définition établie par la circulaire.

Celle-ci précise que les montants consignés au titre du droit antidumping provisoire, mis en place depuis juin 2024, seront perçus définitivement. En outre, les importateurs bénéficieront d’un remboursement de la différence entre le droit provisoire et le droit définitif lorsque ce dernier est moins élevé.

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Cinq équipes marocaines en finale de l’Olympiade mondiale de robotique en Turquie

Les représentants du Royaume se distinguent dans différentes catégories :

Ces équipes ont décroché leur ticket pour la finale lors du tournoi national organisé en mai 2024 à Casablanca par l’Association Loop For Science & Technology, qui avait connu la participation de 65 équipes venues de toutes les régions du Maroc.

L’objectif principal des équipes marocaines est de porter haut les couleurs du Royaume et de renforcer sa place dans le paysage technologique international, indique un communiqué de l’association. Outre la compétition, cet événement constitue une opportunité précieuse pour échanger des idées avec des participants du monde entier et découvrir les dernières avancées en innovation et robotique.

Créée pour encourager la créativité, la résolution de problèmes et les compétences en robotique chez les jeunes de 8 à 19 ans, l’Olympiade mondiale de robotique est aujourd’hui l’une des compétitions les plus inspirantes au monde. Elle rassemble chaque année des milliers de participants, les incitant à explorer les sciences et les technologies de manière ludique et enrichissante.

Maroc-Turquie : deux accords de coopération dans les domaines de l’énergie et des mines

Signés le jeudi 27 juin à Rabat, ces deux accords concernent les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, l’efficacité énergétique, la production et la distribution d’électricité, l’intégration des marchés de l’énergie, les technologies propres, la décarbonation et l’exploration des hydrocarbures.

S’agissant des mines et des sciences de la Terre, la coopération entre les deux parties couvre la production de cartes géologiques, la télédétection, les bases de données et systèmes d’information géographique (SIG), l’intelligence artificielle pour l’évaluation minérale, la recherche géologique, la gestion post-mine, la surveillance sismique, la gestion des minéraux stratégiques et critiques et les projets conjoints d’exploration des produits énergétiques et miniers.

Ces deux accords établissent un cadre de collaboration pour renforcer les partenariats public-privé, la recherche et le développement, l’assistance technique, le renforcement des capacités, l’échange d’expertise et de technologies, le développement de projets communs, la coopération entre agences d’innovation et organisations de recherche, ainsi que des visites techniques, ateliers et séminaires.

Cette rencontre, s’est déroulée en présence de l’ambassadeur de Turquie au Maroc, ainsi que de hauts responsables du ministère de la Transition énergétique et du développement durable et des organismes sous tutelle, dont l’Onhym, l’ONEE, Masen, AMEE et Iresen.

La stratégie énergétique du Maroc au centre des discussions entre l’ANRE et une délégation turque

Lors de cette rencontre, la délégation turque a souligné l’importance cruciale de l’électricité et son impact profond sur divers secteurs économiques, notamment sur les initiatives de décarbonation, l’hydrogène vert et les projets de dessalement, qui sont au cœur de la stratégie énergétique des deux pays, indique un communiqué de l’ANRE.

Le président de l’ANRE, Abdellatif Bardach, a expliqué le rôle essentiel de l’Autorité dans l’accompagnement de la stratégie énergétique nationale, initiée sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, œuvrant à mettre en place un cadre réglementaire robuste et à créer un environnement attractif pour les investisseurs, ajoute le même source. En anticipant la régulation des technologies émergente du secteur, l’ANRE vise à établir un climat de confiance pour les investisseurs et à positionner le Maroc comme un leader de la transition énergétique mondiale.

La réunion a non seulement consolidé les bases d’une collaboration déjà fructueuse, mais a aussi tracé la voie pour des avancées significatives dans le domaine énergétique et du développement durable entre les deux pays, conclut le communiqué.

Textile. En 2023, les exportations marocaines vers l’UE ont baissé

Les exportations marocaines des vêtements confectionnés ont augmenté de 6,9% en 2023 à 29,5 MMDH. Mais à l’intérieur de cette hausse se cache une autre dynamique plutôt inquiétante. Les exportations vers l’Union européenne, principal marché marocain, sont, elles, en baisse.

Selon les chiffres de la base de données statistiques Comext (Eurostat) et traités par l’expert textile européen et président du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement, Jean-François Limantour, les exportations marocaines vers l’UE ont baissé de 14,2% entre 2023 et 2022.

« Elles ont, comme celles de la plupart des fournisseurs de l’UE, subi une sévère correction à la baisse. Elles ont reculé de 14,2% pour une valeur de 2,55 milliards d’euros (27,8 MMDH), mais je rappelle qu’elles avaient augmenté de 20,1% en 2022 par rapport à l’année 2021 », explique-t-il dans un échange avec Médias24.

Et d’ajouter : « Malgré les apparences, la chute des exportations marocaines de 2023 n’a rien de très préoccupant, car le Maroc conserve solidement son huitième rang de fournisseur d’habillement de l’Europe avec une part de 3,1%. Au-delà de cet aspect conjoncturel, j’estime que l’industrie marocaine de l’habillement a de bonnes performances et qu’elle relève avec énergie le défi compétitif de la concurrence asiatique. »

Une baisse considérable, selon les acteurs du secteur textile

Une baisse que nous confirment les opérateurs marocains du secteur. « L’année 2022 a été pour l’UE une année de rattrapage. Elle a été marquée par des importations massives. Et comme il y a une réduction de la consommation de textiles en Europe, beaucoup d’enseignes se sont retrouvées avec des stocks importants. L’UE a donc réduit ses importations en 2023. Cette réduction globale est de l’ordre de 16% par rapport à 2022. Le Maroc se trouve à peu près dans cette moyenne-là (-14 à -15%). Il s’agit d’une baisse considérable du fait que l’Europe (particulièrement l’Espagne) demeure notre principal client », explique un important acteur du secteur à Médias24.

Le président régional pour Casablanca de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) converge dans le même sens. « Il y a eu un recul de la consommation par rapport à 2022 ; recul qui a concerné un certain types de produits dont l’habillement. Les consommateurs ont en effet priorisé l’alimentation, l’énergie et le transport », explique Abderrahmane Atfi.

« La baisse de la consommation des habits, couplée à la guerre en Ukraine et à l’inflation, nous a infligé, à nous opérateurs, des pertes en chiffres », déplore-t-il.

« La chute des importations européennes d’habillement a eu un impact direct sur le Maroc, mais aussi pratiquement sur tous les pays exportateurs. Nous constatons par exemple une très grosse baisse en valeur des importations de Chine, située à plus de 20%, ce qui est inédit ! S’il est vrai que la Chine accapare toujours le commerce de l’habillement, elle n’a jamais connu une baisse aussi massive », souligne Abderrahmane Atfi.

« Un repositionnement des importations européennes vers les pays les plus proches »

Cette chute devrait annoncer un repositionnement des importations européennes vers les pays les plus proches, notamment ceux du bassin méditerranéen, prévoit notre source.

Car en vingt ans, comme le souligne Jean-François Limantour, « du fait de la concurrence asiatique, la part des pays méditerranéens (Turquie, Maroc, Tunisie, Egypte, etc.) dans les importations européennes d’habillement est tombée de 24,5% en 2003 à 19,9% en 2013 et à 18,6% en 2023. Celle du Maroc est passée de 4,7% en 2023 à 3,2% en 2013 et à 3,1 % maintenant ».

« Ce déclin doit bien sûr interpeller l’industrie et les pouvoirs publics marocains, et les inciter à la mobilisation pour mettre en œuvre une politique industrielle active de valeur ajoutée et de partenariat dynamique euro-marocain, afin de s’imposer comme un acteur majeur sur un marché européen de l’habillement en profonde mutation ! »

Car tout le monde s’accorde sur un point : la transformation du marché européen ne peut que bénéficier aux pays maghrébins… les plus compétitifs.

« La Tunisie est actuellement favorite. C’est le seul pays exportateur vers l’UE qui connaît une croissance en 2023 par rapport à 2022. Elle se situe à environ +4%. Grâce à la dévaluation, le secteur textile tunisien a bénéficié d’une forte compétitivité qui devrait s’améliorer davantage en 2024, suite à l’assouplissement des règles d’origine obtenu par la Tunisie auprès de l’UE, et qui entrera en vigueur lors de ce premier trimestre 2024 », détaille un industriel marocain.

Un constat que confirme le président du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement. Pour lui, le contraste entre la Tunisie, qui augmente ses exportations, et le Maroc, qui enregistre une baisse, s’explique par le fait que « la Tunisie a un positionnement moyen/haut de gamme alors que l’offre marocaine est centrée sur le moyen de gamme, segment du marché européen tout particulièrement affecté en 2023 par l’inflation qui a rongé le budget des consommateurs ».

« Le ‘modèle’ tunisien doit donc servir de référence au moment où le marché européen semble s’orienter structurellement vers le bas de gamme alimenté par l’Asie et le moyen/haut de gamme fourni par les pays européens eux-mêmes, y compris la Suisse, et des pays comme la Tunisie. Tout ceci au détriment du milieu de gamme », poursuit Jean-François Limantour.

Et Abderrahmane Atfi de compléter en précisant qu’ »actuellement, la Tunisie surpasse le Maroc et la Turquie au niveau de la Méditerranée, en termes de valeur unitaire moyenne de ventes, qui est de 17 euros la pièce en Tunisie. Au Maroc, cette valeur est de 12 euros par pièce, contre 13 euros en Turquie ».

Une hausse des prix moyens à cause de l’inflation

Baisse des exportations certes, mais le Maroc a également enregistré une hausse des prix moyens en 2023 de +9,5% par rapport à 2022, selon le traitement statistique fourni par l’expert Jean-François Limantour.

Selon un industriel textile marocain, l’hypothèse selon laquelle l’amélioration de la valeur ajoutée marocaine serait à l’origine de la hausse des prix moyens est à écarter. Et pour cause, le Maroc demeure un simple confectionneur. Ainsi, il estime que cette hausse est due, essentiellement, à l’inflation, le coût des matières premières et des intrants ayant augmenté depuis la crise Covid.

Sur un ton optimiste, notre source considère que les pouvoirs publics et le secteur privé vont travailler main dans la main pour en limiter l’impact. « Des solutions, il y en a. Aujourd’hui, les consommateurs veulent savoir d’où proviennent leurs achats. Il y a une conscience écologique qui s’installe de plus en plus, ce qui pousse les distributeurs à acheter de plus près. Il y a en plus une réflexion dans l’UE sur des taxes contre la fast fashion, essentiellement les sites de e-commerce chinois. Tout cela devrait encourager le sourcing de proximité », propose-t-il.

2024, une année difficile en perspective

Comment s’annonce 2024 dans ce contexte ? « Elle s’annonce difficile pour le Maroc. En ce moment, les données demeurent les mêmes. Pis, elles se complexifient. Aujourd’hui, tout le business model de l’habillement est en voie de changement. La problématique de l’environnement et de la durabilité (la taxe carbone par exemple) se pose de plus en plus. En plus, l’e-commerce prend davantage le dessus. Autant d’éléments qui freineront en quelque sorte le business model actuel », souligne Abderrahmane Atfi, le président régional pour Casablanca de l’AMITH.

« Au Maroc, il y a une nouvelle réflexion qui émerge, avec les pouvoirs publics, pour renforcer le positionnement du pays dans l’habillement durable. Pour ce faire, il faut avoir accès à l’énergie renouvelable, qui est déjà un des points fort du Maroc. Notre compétitivité, qui connaît des lacunes, est l’autre levier de renforcement », poursuit-il.

« En gros, notre business model doit créer plus de valeur ajoutée et de durabilité, s’inscrire dans le recyclage et s’ouvrir davantage sur l’Afrique, en faisant émerger une synergie de sorte que les pays africains fournissent au Maroc les matières premières et que le Royaume en assure la transformation », conclut Abderrahmane Atfi.

Pourquoi l’AMITH poursuit en justice les organisateurs du Morocco Fashionstyle & Tex

Brouille dans le secteur du textile autour de l’organisation du Morocco Fashionstyle & Tex.

Ce salon, dont la 7e édition a eu lieu du 15 au 17 novembre, a provoqué l’ire de lAssociation marocaine des industries du textile et de l’habillement. Celle-ci a même tenté d’empêcher sa tenue en portant le sujet devant la justice.

L’argument principal avancé par l’AMITH, comme nous l’explique son président, est l’utilisation trompeuse du « made in Morocco » par un événement essentiellement porté par des parties turques qui font la promotion de leurs produits.

Le 18 octobre, l’AMITH a donc saisi le tribunal de commerce pour concurrence déloyale contre les organisateurs. Il s’agit plus précisément de trois entités, comme nous le constatons sur le document de la requête : la société Atelier Vita Maroc, l’Association des moyennes et petites entreprises de textile et d’habillement (AMPETH) et la société turque Pyramids Group représentée au Maroc par Atelier Vita.

Si l’AMITH n’a pas réussi à empêcher la tenue du salon, elle maintient son action en justice, car elle conteste l’identité visuelle et la communication utilisée par le Morocco Fashionstyle & Tex.

« Stratégies turques de concurrence déloyale »?

« Non seulement les organisateurs utilisent notre marque commerciale déposée à l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), mais ils exposent des produits finis turcs fabriqués en Turquie », s’insurge le président de l’AMITH, Anass El Ansari dans un échange avec Médias24.

L’association estime que la marque commerciale du salon contesté est semblable à celle de son propre salon, ce qui est de nature à créer la confusion dans l’esprit du public.

Ci-dessous le logo de l’événement de l’AMITH :

Ci-dessous le logo de l’événement contesté et objet de l’action en justice :

 

L’AMITH met en avant un autre argument, qu’elle présente comme un facteur aggravant, à savoir que le Morocco Fashionstyle & Tex est organisé par une entreprise turque, Pyramids Group, qui « cherche à inonder le marché national avec des produits turcs en les faisant passer pour des produits made in Morocco ».

Selon Anass El Ansari, l’organisation de cet événement, au-delà de « nuire à l’économie nationale et aux acteurs marocains actifs dans l’industrie du textile, met en évidence le danger imminent que représente la concurrence turque sur le marché national ».

« Nous sommes allés sur les lieux ; sur les 400 exposants présents au salon, 90% sont turcs, aux côtés de quelques exposants pakistanais, égyptiens et indiens. De plus, tous les produits exposés étaient des produits finis », dénonce le président de l’AMITH.

Ce dernier se dit surpris par la participation de l’AMPETH, d’autant que l’ex-directeur général de l’AMITH, Mohamed Tazi, fait partie de l’équipe d’organisation.

Anass El Ansari nous révèle qu’une deuxième plainte séparée a été déposée contre cet ancien collaborateur pour « avoir rompu la clause de confidentialité et servi l’intérêt des industriels turcs en partageant son carnet de contacts avec les organisateurs ».

Contacté par nos soins, Mohamed Tazi confirme qu’une plainte a été déposée contre lui et s’est refusé à tout commentaire.

Les contre-arguments

Nous avons également contacté les organisateurs du Morocco Fashionstyle & Tex. Un membre de l’équipe réplique aux accusations en expliquant que le salon en est à « sa 7e édition et qu’à aucun moment et dans aucune édition, des produits finis turcs n’y ont été exposés », assure-t-il. « Pourquoi l’AMITH ne s’est-elle jamais insurgée contre ce salon ? Pourquoi a-t-elle attendu cette année pour le faire ? », s’interroge-t-il. 

« Il s’agit tout simplement d’un problème d’ego », soutient notre interlocuteur. Ce dernier explique que la société turque co-organisatrice du salon, Pyramids, collaborait auparavant avec l’AMITH. 

« Dès que Pyramids a rompu son contrat avec l’AMITH, parce qu’elle n’était plus satisfaite du rendu, cette dernière a commencé à exprimer son indignation envers l’organisation de ce salon et à le contester vivement ».

Et ce n’est pas tout. « Le comble, c’est que l’AMITH a organisé un salon du textile en mai dernier, en partenariat avec des Turcs. La majorité des exposants étaient turcs, et ces derniers exposaient des produits finis, un élément qui, manifestement, n’a pas dérangé l’AMITH dans le cadre de son salon », rétorque notre source. 

« Nous nous sommes interdit de présenter à ce salon des produit finis, à l’exception de ceux marocains, tout simplement pour ne pas leur faire de la concurrence et protéger la valeur ajoutée marocaine, chose qui est sacrée pour nous », conclut notre interlocuteur.

Les accusations et contre-accusations ont trait donc à la promotion de produits textiles turcs sur le marché marocain. Mais il s’agit aussi, au final, de deux événements sectoriels majeurs ayant le même format et les mêmes cibles. La question de la concurrence et des enjeux financiers se pose.

Souveraineté industrielle et compétitivité

Cela dit, la querelle autour des salons n’est pas sans évoquer le problème structurel qui persiste : le manque de compétitivité de l’industrie textile nationale face à l’industrie turque. Et ce, malgré les multiples mesures mises en place pour aider et protéger les nationaux, notamment des mesures de sauvegarde et la révision de l’accord de libre-échange (ALE) avec la Turquie.

« Depuis les accords de libre-échange avec la Turquie, la balance est fortement déficitaire en faveur de la Turquie. Nous avons remarqué que le marché domestique est devenu la propriété des Turcs. Pour rééquilibrer la balance, il nous faut absolument passer par la case création et fabrication de tissu chez nous », explique Anass El Ansari. 

« L’industrie textile marocaine est une industrie stratégique, c’est l’un des principaux employeurs du Maroc avec 220.000 salariés déclarés à la CNSS, ce qui représente pas moins de 27% de l’emploi industriel au Maroc. C’est par ailleurs un secteur qui a généré en 2022 un chiffre d’affaires de 64 milliards de DH, dont 44 milliards à l’export, ce qui représente 15% du PIB industriel du Maroc ».

Le président de l’AMITH appelle donc à la protection du marché domestique, au développement de l’amont textile marocain et à l’amélioration de l’offre pour pérenniser le secteur et augmenter sa valeur ajoutée.

Fours électriques : voici où en est l’enquête antidumping

L’enquête est en phase de collecte et de réception des données et informations des différentes parties impliquées souhaitant y participer, à savoir les producteurs locaux, les importateurs et les exportateurs.

Si les conditions sont réunies et que le ministère de l’Industrie l’estime opportun, des mesures provisoires de mise en place de droits de douane, pour une durée maximum de 200 jours, pourraient être appliquées.

Ladite enquête a pris effet le 30 août, et devrait durer 12 mois. Elle portera sur la période allant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023.

La période d’enquête relative à l’analyse des tendances utiles à la détermination du dommage important, par rapport à la production nationale, portera sur la période allant du 1er janvier 2019 au 30 juin 2023.

Ouverture d’une enquête antidumping sur les importations des fours électriques originaires de Turquie

La requête a été déposée par les sociétés Deha Electroménager et Sultanagaz, qui constituent la branche de production nationale de fours électriques au Maroc, représentant ainsi 100% de la production nationale.

Cette requête a été préparée par Esy Trad, un cabinet marocain. C’est une première, apprend-on auprès de son directeur général, qui explique que généralement, ce sont les cabinets étrangers qui préparent de telles requêtes.

Les fours objets de cette enquête relèvent actuellement de la position tarifaire du système harmonisé national 8516.60.00.11, et présentent les caractéristiques suivantes :

– Minuterie servant au réglage du temps de chauffe et/ou cuisson ;

– Thermostat pour le réglage de la température ;

– Isolation thermique et électrique ;

– Corps extérieur peint électro statiquement ;

– Interrupteur marche/arrêt illuminé ;

– Verre résistant à la chaleur et aux chocs ;

– Equipé en plateaux émaillés et grille ;

– Plusieurs couleurs ;

– Mobiles et généralement placés sur le tablier de la cuisine.

Les fours turcs à l’origine de la dégradation de la production nationale ?

L’allégation de l’existence du dumping dans la requête des producteurs nationaux repose sur une comparaison entre la valeur normale moyenne au stade « sortie usine » et le prix à l’exportation moyen ajusté au stade « sortie usine » du produit concerné, lit-on sur un avis de la Direction générale de commerce.

Le prix à l’exportation a été estimé par les deux requérants sur la base d’une facture émise par un producteur turc pour des fours électriques exportés vers le Maroc au cours de l’année 2023. Le prix à l’exportation et la valeur normale ont été comparés au même stade commercial, à savoir « sortie usine ». La valeur normale a été estimée à partir de la liste des prix de vente 2023 aux grossistes turcs, d’une société chargée de la commercialisation des produits en Turquie.

Suite à l’examen des éléments contenus dans la requête et des documents les appuyant, le ministère a donc considéré que les estimations du prix à l’exportation et de la valeur normale sont objectives et suffisamment documentées. Les données montrent que la marge de dumping calculée est élevée et dépasse largement le niveau de minimis (2%).

Les éléments de preuve fournis par les deux requérants attestent ainsi que les importations des fours électriques originaires de Turquie ont connu une augmentation en absolu et par rapport à la production et à la consommation nationale durant la période 2019-2021, puis une baisse en 2022 par rapport à 2021.

Les renseignements présentés par les requérants ont également permis de retenir que les importations des fours électriques originaires de Turquie ont été la cause directe de la dégradation de la situation de la branche de production nationale, notamment pour les quantités vendues, la part de marché et les bénéfices de l’industrie nationale.

Le ministère de l’Industrie a donc conclu que la requête et les éléments présentés sont objectifs et suffisants pour justifier l’ouverture d’une enquête antidumping, laquelle a été ouverte après avis de la commission de surveillance des importations réunie le 25 août 2023.

Ouverture de l’enquête ce 30 août

Rappelons-le, l’enquête est le processus par lequel le ministère de l’Industrie collecte et vérifie auprès des producteurs-exportateurs des fours électriques dans les pays visés par l’enquête, des importateurs marocains des fours électriques, des producteurs nationaux et d’autres parties concernées, les renseignements et les données nécessaires visant à déterminer l’existence, le degré et les effets du dumping sur la situation de la branche de production nationale des fours électriques.

Cette enquête déterminera alors si le produit objet de l’enquête fait réellement l’objet d’un dumping, et si les importations en dumping ont causé un dommage important à l’industrie nationale.

L’ouverte de l’enquête prend effet à compter de ce 30 août 2023 et durera 12 mois. L’enquête relative aux pratiques de dumping portera sur la période allant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023. La période d’enquête relative à l’analyse des tendances utiles à la détermination du dommage important portera sur la période allant du 1er janvier 2019 au 30 juin 2023.

Différentes enquêtes seront ainsi menées, notamment auprès des producteurs-exportateurs en Turquie, des importateurs marocains et des producteurs nationaux. Un questionnaire, dans ce sens, sera ainsi adressé à Deha Electroménager et Sultanagaz le 4 septembre prochain, qu’ils doivent remplir et renvoyer dans les 30 jours suivants la réception.

Des mesures provisoires peuvent être imposées si les conditions de la mesure provisoire sont réunies, et ce, sur la base d’un rapport préliminaire de l’enquête ayant déterminé, à titre préliminaire, l’existence du dumping, du dommage important et du lien de causalité, lit-on sur l’avis.

A terme, le ministère procèdera à une évaluation définitive de tous les renseignements collectés, en tenant compte des résultats des vérifications effectuées. Sur la base de cette évaluation et préalablement à titre définitif de l’existence d’un dumping, d’un dommage important et d’un lien de causalité, le ministère informera par écrit les parties intéressées des résultats de l’enquête, qui constitueront le fondement de sa décision d’application ou non un droit antidumping définitif.

Les industriels marocains face à la menace du dumping monétaire turc et égyptien

C’est une des conséquences du retour de l’inflation dans le monde, notamment en Egypte et en Turquie. Face à la montée stratosphérique des prix, ces deux pays ont connu une forte dépréciation de leur monnaie, effet des politiques monétaires menées pour contrer l’inflation à deux chiffres subie en 2022, et depuis plus de trois ans dans le cas de la Turquie.

Depuis le 18 mars 2022, la livre égyptienne a connu une chute libre face au dollar. Sa valeur a été divisée par deux en un an, passant de 0,064 dollar à 0,032 dollars actuellement. Quelle est la part de volonté gouvernementale de dumping monétaire et celle d’une dépréciation mécanique à cause de la mauvaise tenue de la balance des paiements égyptienne et des négociations avec le FMI? On ne saurait le dire abec précision. Mais pour les opérateurs marocains, cela ne change rien, l’effet est le même.

Pour la Turquie, la dépréciation est encore plus forte et date de bien avant l’année 2022. Dès 2020, la monnaie turque est entrée dans une spirale baissière, passant de 0,17 dollar début 2020 à 0,053 dollar actuellement. En deux ans, sa valeur a été divisée par trois.

Résultat : les produits de ces deux pays deviennent, pour tout importateur, plus compétitifs, effet monétaire oblige.

Les industriels marocains incapables de suivre…

L’industrie locale souffre de cette situation, d’autant plus que le Maroc est lié avec les deux pays par des accords de libre-échange. Avec une monnaie stable (le dirham tourne depuis un an dans une fourchette de 0,09 et 0,10 dollar) et une politique monétaire qui ne fait pas encore du taux de change une variable d’ajustement, les industriels marocains se retrouvent lésés par rapport aux prix pratiqués par leurs concurrents égyptiens et turcs. Les secteurs les plus touchés, selon nos sources, sont l’agroalimentaire et l’habillement, deux niches où les Turcs et les Egyptiens sont très actifs, avec un tissu productif assez dense.

« Pour les importateurs marocains, cette dépréciation monétaire en Egypte et en Turquie représente une aubaine puisqu’ils peuvent se procurer des produits à des prix très bas et être plus agressifs sur le marché local. L’autre gagnant est le consommateur final qui a désormais accès à des produits agroalimentaires ou autres à des prix très bas. Mais le dommage collatéral, c’est l’affaiblissement de l’industrie locale, qui souffre depuis des années déjà de la concurrence étrangère », explique l’industriel Hakim Marrakchi.

Patron du groupe Mutandis, actif dans plusieurs secteurs, dont l’agroalimentaire, Adil Douiri nous avait également alertés sur cette situation, qui fait souffrir, selon lui, l’industrie locale. Il cite l’exemple de l’agroalimentaire, mais aussi de certains intrants, comme les bouchons en plastique d’origine turque, qui sont vendus au Maroc à un prix inférieur à leur coût de revient, voire à celui de la matière première. Ce qui représente pour lui un dumping pur et dur, destructeur pour l’industrie locale.

« On souffre cette année du dumping monétaire de pays comme l’Egypte et la Turquie. Le Maroc a une monnaie stable, une politique monétaire saine, mais la valeur de la monnaie de ces pays a été divisée par trois ou par quatre. Quoi que l’on fasse, on ne peut pas résister à ça. Sur certains produits, comme dans l’agroalimentaire ou dans la filière du plastique, des bouchons de bouteille par exemple, les Egyptiens et les Turcs vendent leurs produits à un prix inférieur à nos coûts de revient. Il y a même des produits qui sont vendus en-dessous du prix de la matière première », alerte le fondateur de Mutandis.

En 2022, des importations record depuis l’Egypte et la Turquie

Ces avis, qui proviennent du terrain, sont corroborés par les données du Commerce extérieur publiées par l’Office des changes, qui montrent une nette appréciation des importations marocaines depuis la Turquie et l’Egypte en 2022.

Les chiffres arrêtés à fin septembre pour l’année 2022 dépassent ce qui été réalisé sur l’ensemble de l’année 2021.

Les importations marocaines ont dépassé pour la première fois la barre des 8 milliards de dirhams sur les neuf premiers mois de 2022 dans le cas de l’Egypte, contre 7,3 MMDH sur toute l’année 2021.  Avant la crise du Covid et les dépréciations monétaires, le Maroc importait habituellement entre 5 et 6 MMDH au maximum de produits égyptiens.

Les volumes des importations depuis la Turquie sont encore plus impressionnants : en 2021, année où la livre a perdu la moitié de sa valeur, ils ont dépassé le plafond des 30 MMDH et sont restées pratiquement à ce niveau à fin septembre 2022. C’est 7 MMDH de plus que le flux habituel d’avant-pandémie.

Et ces chiffres ne disent pas tout, selon un industriel du secteur du textile et de l’habillement consulté par Médias24, car ils sont calculés en contrepartie de la valeur des importations en dollars. « Cela montre que malgré la dépréciation des monnaies turques et égyptiennes face au dollar, la valeur totale des importations est en hausse. Ce qui est encore plus grave », souligne notre source.

Pour Hakim Marrakchi, ce phénomène n’impacte pas uniquement les importations, mais aussi le flux des investissements, puisque plusieurs grandes entreprises internationales choisissent de s’installer en Egypte pour profiter de l’aubaine monétaire, ainsi que du coût du travail qui est plus bas. Il évoque même le fait que des multinationales installées historiquement au Maroc choisissent désormais de faire de l’Egypte leur base de production. Et selon lui, une grande partie du surplus actuel des importations égyptiennes vient de ces multinationales, qui produisaient et vendaient leurs produits au Maroc, et qui se sont transformées en exportateurs vers le Royaume depuis leur délocalisation en Egypte.

Intervenir ou pas, le gouvernement face à un grand dilemme

Ce phénomène de dumping monétaire est, selon Adil Douiri, un des grands facteurs de risque pour l’industrie locale en cette année 2023. Le patron de Mutandis appelle même le gouvernement à intervenir pour stopper cette hémorragie et protéger le tissu industriel marocain. Il cite toutes les mesures de sauvegarde qui peuvent être prises par le département du Commerce dans la légalité totale, et dans le respect des accords de libre-échange qui nous lient à ces deux pays.

Mais le gouvernement a-t-il vraiment envie d’intervenir ? Selon plusieurs sources consultées par Médias24, les choses sont plus compliquées qu’on ne l’imagine. Car cette situation bénéficie également aux pouvoirs publics, qui ne vont pas arrêter ce flux d’importation, notamment pour les produits agroalimentaires, dans un contexte de hausse des prix sur le marché local.

« Cette situation représente une aubaine pour le gouvernement, qui voit dans ces importations à bas prix une manière de soulager le panier des ménages. Si, économiquement, la situation est dure pour certains industriels, socialement et politiquement, elle arrange le gouvernement. Et je ne pense pas que ce sujet sera évoqué aujourd’hui… », estime une de nos sources.

Hakim Marrakchi pense également que la pression sur le pouvoir d’achat des ménages est un élément à prendre en compte dans ce dossier. Mais il tient à préciser qu’il ne faut pas résumer le sujet à une simple concurrence monétaire, conjoncturelle et passagère. « Le problème est davantage marocain. Nous avons une monnaie très forte par rapport à nos concurrents. Les salaires marocains sont également plus élevés qu’en Egypte, et même en Turquie où ils ont fortement baissé avec la crise monétaire que traverse le pays. La concurrence ne se joue pas que sur le facteur monétaire, mais il faut voir le tableau dans son ensemble, en prenant en considération le coût du travail, la productivité, la logistique, le coût de l’énergie… Tout cela joue en défaveur des producteurs marocains face à leurs concurrents égyptiens et turcs. »

Six morts dans les nouveaux séismes en Turquie

Six personnes sont mortes dans un nouveau séisme de forte puissance qui a secoué lundi soir le nord de la Syrie et la province turque de Hatay (sud), la plus éprouvée par le tremblement de terre du 6 février qui a fait plus de 45.000 morts dans les deux pays.

Près de 300 personnes ont également été hospitalisées, dont 18 dans un état grave dans cette province turque, selon le dernier bilan de l’agence publique de secours Afad.

Simultanément, au moins 150 personnes ont été blessées dans la région d’Alep, dans le nord-ouest de la Syrie, ont annoncé les Casques blancs, secouristes qui opèrent en zones rebelles en Syrie.

La violence de la secousse a également été ressentie au Liban et à Chypre, selon des correspondants de l’AFP.

L’Agence turque de gestion des catastrophes (Afad) a annoncé que deux séismes de magnitudes 6,4 et 5,8 sur l’échelle de Richter ont secoué, lundi soir, la province de Hatay.

De son côté, le Centre sismologique euro-méditerranéen a rapporté que 25 répliques ont été enregistrées en Turquie après le tremblement de terre de Hatay.

(Avec agences)