Comment l’UM6SS mise sur l’intelligence artificielle et la simulation pour réinventer la pédagogie médicale

Médias24 : Quel regard portez-vous sur la manière dont la digitalisation redéfinit aujourd’hui les pratiques et les méthodes pédagogiques en médecine ?

Pr Mohamed Adnaoui : La digitalisation représente aujourd’hui la quatrième révolution industrielle. Elle s’impose à tous les secteurs, y compris celui de l’enseignement, en offrant des opportunités d’innovation et d’adaptation aux besoins des générations futures.

Dans le domaine de la santé, l’intelligence artificielle est appelée à transformer en profondeur plusieurs aspects : la pratique quotidienne, le diagnostic, la décision clinique, l’analyse prédictive, la médecine de précision, les objets connectés, la télémédecine ou encore l’exploitation des big data.

Un autre volet important de la digitalisation réside dans sa capacité à servir à la fois les étudiants, les enseignants et, plus largement, la société. Elle ne se limite pas à la pédagogie, mais s’étend également aux aspects pratiques de la formation.

Aujourd’hui, les chirurgiens se forment à l’aide de robots, ce qui représente un tournant significatif. Cela implique une intégration de la digitalisation dans toutes les sphères, aussi bien pédagogiques que décisionnelles, au sein des établissements.

– Quelle place l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé (UM6SS) accorde-t-elle à la transformation numérique dans sa stratégie de développement ?

– L’engagement est clair. Depuis que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a lancé l’initiative « Université 4.0 », avec le plan Pact ESRI 2030, toutes les universités ont été invitées à suivre cette dynamique. L’UM6SS a répondu présent, avec la volonté affirmée d’être à la pointe de cette transition.

Nous avons commencé par digitaliser nos plateformes d’enseignement. Les étudiants ne viennent plus en cours pour recevoir passivement un enseignement ; les supports sont accessibles en ligne, en amont, et les séances sont désormais consacrées à l’interaction.

Nous avons également supprimé l’usage du papier pour les examens, désormais réalisés sur tablette. Cette démarche favorise l’équité, renforce la sécurité des évaluations et améliore leur efficacité.

Sur le plan hospitalier, nous avons intégré un système d’information hospitalier permettant de fluidifier les services aux patients : consultation sans ordonnance papier, transmission directe à la pharmacie et déclaration automatique à la CNSS, par exemple.

Cette approche hospitalo-universitaire vise à faire converger la pédagogie et la pratique médicale dans un même écosystème digitalisé. Former, c’est aussi anticiper les compétences de demain.

– Comment anticipez-vous, justement, l’évolution des besoins en compétences dans les métiers de la santé face à l’émergence des nouvelles technologies ?

– Dès le départ, nous avons fait le choix de digitaliser les examens, en les organisant sur tablette. Cette décision a été précédée par une phase pilote : nous avons commencé par la quatrième année, formé les enseignants, les techniciens et les étudiants, et réalisé des examens blancs pour assurer une transition progressive.

Ensuite, le processus a été généralisé. Aujourd’hui, qu’ils soient à Rabat, à Casablanca, à Dakhla ou ailleurs, tous nos étudiants passent leurs examens le même jour, à la même heure, selon les mêmes modalités.

– La digitalisation va-t-elle jusqu’à réinventer les méthodes d’évaluation ? Peut-on imaginer, à terme, des examens en réalité virtuelle ou basés sur la simulation ?

– C’est déjà une réalité. Les évaluations virtuelles et intelligentes sont en place. Nous sommes entrés pleinement dans l’ère de la robotisation et de l’apprentissage assisté, qui s’inscrit dans une logique d’accompagnement individualisé.

Un exemple significatif est celui de l’apprentissage par simulation, crucial dans la formation médicale. L’étudiant est mis en situation sur une machine programmée pour reproduire un ensemble d’actes cliniques, qui sont ensuite enregistrés et comptabilisés. Une fois ce niveau atteint, il passe à des pratiques sur modèles animaux, avant d’être accompagné par un senior en salle d’opération.

Cependant, cette transformation doit être encadrée juridiquement et éthiquement. Ce sont des dimensions fondamentales à intégrer pour garantir une mise en œuvre responsable.

– L’ouverture prochaine de deux campus à Marrakech et Agadir marque une nouvelle étape pour l’UM6SS. Quelle est la philosophie qui sous-tend cette extension géographique ?

– Les fondations, à but non lucratif et d’utilité publique, ont vocation à accompagner l’action de l’État. La Fondation Mohammed VI œuvre ainsi à développer un écosystème complet —hospitalier, éducatif, de recherche — en élargissant l’offre de formation.

Le Maroc est en pleine transformation. Dans la perspective de grands événements comme la Coupe d’Afrique ou la Coupe du monde, il est essentiel de renforcer les capacités des régions, notamment sur le plan socio-économique et éducatif.

L’ouverture de campus à Marrakech et Agadir vise donc à rapprocher l’enseignement des étudiants, en leur offrant la même qualité d’accompagnement qu’à Rabat ou à Casablanca. Cela incarne pleinement l’esprit du nouveau Maroc.

L’UM6SS ouvrira deux nouveaux campus à Marrakech et Agadir

Cette extension offrira aux étudiants de ces régions l’opportunité de bénéficier d’un enseignement de qualité dans les domaines de la médecine, de l’ingénierie des sciences de la santé et des sciences infirmières et professions de la santé, indique un communiqué de l’UM6SS.

Dotés d’équipements de dernière technologie et d’infrastructures modernes, les nouveaux campus de Marrakech et Agadir seront des lieux propices au développement et à l’innovation pédagogique, a précisé le communiqué, ajoutant que ces nouvelles implantations ont pour objectif d’offrir à un plus grand nombre d’étudiants des opportunités de formation dans des domaines indispensables pour l’avenir de la santé. Elles contribuent également au développement du secteur de la santé dans ces régions, en formant des professionnels de santé de haut niveau.

Pour la rentrée 2025-2026, l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé comptera cinq campus déployés dans les villes de Casablanca, Rabat, Dakhla, Marrakech et Agadir.

(Avec MAP)

Premier Congrès africain de pédiatrie du 10 au 12 janvier à Casablanca

Jumelé au XXVIe Congrès annuel Dr Haj Driss Benjelloun, cet événement est organisé en partenariat avec de nombreux acteurs, comme la Haute Autorité de santé (HAS), l’Initiative nationale du développement humain (INDH), la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), la Société marocaine de pédiatrie (SMP) et l’Association internationale de pédiatrie (IAP).

Ateliers, tables rondes et conférences sont au programme. Plusieurs thématiques seront abordées lors de ce premier Congrès africain de pédiatrie, notamment :

L’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé célèbre une décennie d’excellence

Cérémonie « 10 années d’excellence »

“10 années d’excellence”. C’est le credo choisi pour célébrer une décennie d’existence de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé (UM6SS). La cérémonie s’est déroulée à Casablanca, sur le campus Anfa City, aujourd’hui, mardi 17 décembre 2024.

S’exprimant à l’occasion de cet anniversaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a qualifié le mode de gouvernance de la fondation de “locomotive pouvant tirer tout le système de l’enseignement supérieur vers l’excellence”.

Séance inaugurale

L’histoire de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé est avant tout une histoire d’intelligence collective, de confiance, d’engagement et de solidarité. Cette réussite, nous la devons à l’ensemble des acteurs

Pour Azzedine El Midaoui, l’UM6SS a, depuis ses débuts, su incarner une vision fructueuse et se doter d’une détermination sans faille pour atteindre un objectif ambitieux : offrir une formation d’excellence en sciences de la santé et se positionner comme un acteur majeur dans le domaine.

D’ailleurs, l’une des forces qu’il mentionne réside dans la capacité à établir des partenariats internationaux stratégiques.

 

Fruit d’une vision partagée et d’un effort collectif

Cet anniversaire représente un moment de reconnaissance, mais aussi un engagement renouvelé envers la mission de l’Université. Le directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, le Pr Youns Bjijou considère que “l’histoire de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé est avant tout une histoire d’intelligence collective, de confiance, d’engagement et de solidarité. Cette réussite, nous la devons à l’ensemble des acteurs”.

L’UM6SS a pour ambition de moderniser et renforcer le système de santé marocain tout en promouvant une formation et une recherche de haut niveau. Un constat qui est partagé par le secrétaire général du ministère de la Santé et de la protection sociale. Abdelkrim Meziane Belfkih affirme, lors de la session inaugurale, que l’Université “a su s’imposer comme une force motrice de l’écosystème national de la santé grâce à son caractère d’utilité publique, au dynamisme de son management et de ses équipes et à la sophistication de son écosystème”. Il poursuit en déclarant que l’UM6SS n’est « pas seulement une institution académique, elle est le reflet des ambitions de notre nation, une ambition de progrès, d’équité et d’excellence”.

 

L’UM6SS n’est pas seulement une institution académique, elle est le reflet des ambitions de notre nation, une ambition de progrès, d’équité et d’excellence

Durant la cérémonie, de nombreux trophées ont été décernés, notamment aux majorants des différentes écoles de la FM6SS (médecine, dentaire, pharmacie, école d’ingénierie, sciences infirmières et professions de la santé, voir aussi la vidéo du LIVE de la cérémonie, ci-haut). Des trophées d’honneur ont été remis au ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Azzedine El Midaoui, et au ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, représenté par le secrétaire général Abdelkrim Meziane Belfkih, ainsi qu’à tous les doyens de l’écosystème de la Fondation.

Une évolution spectaculaire

Rappelons que la première pierre de l’UM6SS a été posée par Sa Majesté, le Roi Mohammed VI, en 2014. Depuis, l’Université s’est développée à une vitesse extraordinaire, donnant naissance à plusieurs entités. La dernière en date est l’Académie africaine des sciences et de la santé à Dakhla. Le secrétaire général du ministère de la Santé souligne que cette nouvelle implantation confère “une dimension territoriale à cette dynamique, traduisant l’ambition nationale de l’éducation médicale accessible à toutes les régions du Sahara marocain”.

L’Université Mohammed VI des sciences et de la santé présente ses réalisations au cours des dix dernières années. Ph. DR

 

L’Université a élargi progressivement son offre, en intégrant des facultés et écoles telles que celles de médecine, pharmacie, médecine dentaire, ingénierie des sciences de la santé, sciences infirmières, ainsi que l’Institut supérieur Mohammed VI de bio-sciences et biotechnologies. Le dernier-né, en 2024, est l’Ecole supérieure de médecine vétérinaire.

L’UM6SS a ouvert un campus à Rabat, en 2023, puis un autre à Dakhla, en septembre de cette année. En tout, l’établissement offre 45 filières en formation initiale et 96 en formation continue. L’Université dispose de 587 enseignants pour 7.932 étudiants. Il faut noter la présence de 349 étudiants de 37 nationalités, qui viennent renforcer le rayonnement international de l’UM6SS.

La FM6SS lance à Dakhla l’Académie africaine des sciences de la santé

La cérémonie de lancement s’est déroulée le samedi 23 novembre à l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé à Dakhla, indique un communiqué de la Fondation.

Située à Dakhla, l’Académie africaine des sciences de la santé a pour mission de promouvoir une coopération Sud-Sud fédératrice, mobilisatrice pour une souveraineté sanitaire africaine. Elle a pour objectif de créer un espace d’échange et de partenariat pour promouvoir la recherche scientifique en santé, dans un contexte qui s’adapte aux spécificités de l’Afrique. Elle met également l’accent sur l’excellence dans l’enseignement des sciences de la santé, en proposant des formations qui répondent aux besoins du continent.

Le rôle de l’AAHS consiste également à fédérer des experts, à travers la création de réseaux africains, pour mettre en place des stratégies, mener des projets de recherche, diffuser les connaissances et les bonnes pratiques en santé, devenant ainsi une instance et une task force majeure pour la santé africaine.

L’AAHS entretient des partenariats stratégiques avec des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des acteurs de l’industrie pharmaceutique pour encourager la coopération en matière de santé.

Elle participe également à la collecte et à l’analyse des statistiques en matière de santé à travers l’initiative Big Data et agit à titre non-lucratif en tant qu’observatoire africain, répondant aux questions de santé publique des pouvoirs publics marocains et des instances africaines ou mondiales.

Les champs d’action de l’Académie regroupent la santé humaine (santé publique, urgences, cardiologie), la santé animale (vétérinaire et sécurité alimentaire), ainsi que la santé environnementale (réchauffement climatique, désertification, eau et stress hydrique).

À travers ses différentes initiatives, l’AAHS ambitionne de devenir un hub pour le développement de la santé en Afrique, favorisant l’innovation scientifique et l’organisation de colloques et congrès pour contribuer à l’amélioration durable des systèmes de santé africains.

Pr Khalid Sair : “L’objectif est d’atteindre en robotique entre 300 et 600 interventions par an” (eHealth forum)

Le directeur général de l’hôpital universitaire Cheikh Khalifa, Pr Khalid Sair, s’est livré à Médias24 sur la robotique au Maroc, les défis et son intégration dans le système hospitalier dans le cadre de la deuxième édition du « International eHealth Forum » organisé par la FM6SS et le centre d’innovation e-santé, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.

Médias24: Vous nous avez expliqué tout à l’heure qu’il y a une différence entre robotique générale et robotique chirurgicale ? Pouvez-vous nous en dire plus ?

Pr Khalid Sair: Il faut savoir que les applications de la robotique dans le milieu hospitalier sont très larges. Concernant le robot chirurgical, on peut l’utiliser notamment dans la logistique hospitalière, comme pour le stockage du dispensaire en pharmacie, on peut en user pour la stérilisation. Le robot est d’ores et déjà utilisé pour la réhabilitation ou la rééducation.

Récemment, il y a eu l’introduction dans l’arsenal thérapeutique chirurgical du robot chirurgical au Maroc. C’est une première. Alors, la question qui se pose : Est-ce que l’humain reste toujours nécessaire avec l’émergence de ces nouvelles technologies ? En fait, lorsque nous parlons de robot chirurgical, c’est une télé chirurgie. L’homme garde sa technicité et agit à distance. Il lui en faut même plus parce qu’il faut être formé à l’activité robotique chirurgicale. Il faut que les médecins gardent leur place dans la décision.

-Comment la robotique a-t-elle été intégrée dans votre quotidien à l’hôpital ?

-Nous sommes actuellement sur un projet d’acquisition. Nous allons bientôt installer un robot chirurgical très performant dans notre structure, dans quelques mois, peut-être même dans un mois. On s’y prépare.

Pour ce faire, il faut des locaux spéciaux, avec une haute connexion. Il faut préparer un ensemble d’installations et le personnel (chirurgical, paramédical…). Le robot travaille pour plusieurs spécialités. Il peut y avoir des interventions d’urologie, de chirurgie thoracique, de chirurgie gynécologique. Par la suite, il y aura probablement l’arrivée de l’ORL et de la chirurgie cardiaque.

4 spécialités chirurgicales vont essentiellement bénéficier des nouvelles technologies

-Parmi ces spécialités que vous venez de citer, quelles sont les spécialités médicales qui vont le plus profiter de ces technologies ?

-Ce sont principalement quatre spécialités chirurgicales : l’urologie, la chirurgie digestive, la gynécologie et la chirurgie thoracique. Il va falloir former les chirurgiens qui vont accéder au bloc opératoire, chose que nous avons déjà entamée.

-Comment se passe cette formation ?

-D’abord, il faut commencer par la formation théorique, acquérir le diplôme qui donne le droit d’accéder au robot chirurgical. Dans cette formation, il y a beaucoup de stimulations. On fait appel à des proctors, c’est-à-dire des experts qui exercent sur le robot depuis longtemps. Ils viennent nous accompagner.

-Est-ce que vous avez des résistances du corps médical face à ces nouvelles technologies, à la robotique ?

-Je ne pense pas, surtout que nous sommes dans un hôpital digitalisé. Tout le monde travaille avec des machines connectées, avec un système d’information hospitalier. Tout le monde attend le robot. La plupart du personnel, qu’il soit médical ou paramédical, adhère à ce projet de robotisation. C’est une très bonne nouvelle.

-Est-ce qu’on peut dire aussi que les opérateurs privés marocains participent au développement ou à l’utilisation de la robotique médicale au Maroc ?

-Nous sommes sur l’introduction d’une machine connectée, donc nous allons impliquer nos ingénieurs biomédicaux. Nous allons enregistrer tout ce qu’on fait avec le robot et constituer une data. À partir de là, nous pourrons faire des recherches impliquant médecin et ingénieur.

-Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face en termes d’intégration de la robotique médicale dans vos services ?

-On parle de défis, en termes de coût, d’infrastructure et de formation, surtout quand on fait rentrer le robot le plus performant, le plus coûteux. Si nous prenons les interventions à part, cela risque de générer un surcoût. Qui va le supporter ? Certes, nous sommes une institution à but non lucratif, mais il faut essayer de rentabiliser le robot. L’installation coûte très très cher. Là, nous avons pris le robot le plus performant, donc le plus cher. C’est énormément coûteux pour notre structure. Donc il faut des règles pour rentabiliser ce robot.

Il faut donc choisir les interventions à faire par ce robot. Il faut de la performance, un personnel bien formé. Le volume des interventions doit être étudié. Il faut qu’on atteigne un certain niveau dès la première année. Si on atteint 200 à 300 interventions, c’est une très bonne chose. L’objectif est d’atteindre une activité de robotique entre 300 et 600 interventions par an. Il faut préserver le matériel et essayer de prolonger la vie du robot au-delà de 15 ans, même s’il y en a actuellement qui travaillent pendant 20 ans et qui continuent, à condition qu’il y ait une maintenance.

-Est-ce qu’ils sont informés avant l’utilisation de ces robots ?

-Pas tous, mais une grande partie de la population est au courant. L’activité de la robotique a commencé 25 ans auparavant dans les hôpitaux occidentaux. Il y a même des patients ici, au Maroc, qui demandent à se faire soigner à l’étranger pour faire des interventions en robotique.

Le patient est mis au courant, il doit adhérer

-Ma question est par rapport à l’acte médical en soi, est-ce que le patient est au courant ?

-Nous avons une procédure obligatoire. Nous devons bien sûr tout expliquer au patient, et il doit adhérer, donc c’est dans la transparence totale. Ces actes chirurgicaux rentrent dans le cadre du consentement avant d’accéder à une intervention qu’elle soit robotique ou non. Nous sommes tenus d’expliquer le fonctionnement, l’apport par rapport à une intervention sous laparoscopie.

-A-t-on une idée sur la manière dont les patients au Maroc perçoivent l’utilisation de la robotique dans les soins médicaux ? Sont-ils ouverts à l’idée ou plutôt réticents ?

-Ceux qui demandent à aller à l’étranger pour se faire soigner par robotique connaissent très bien. Là, c’est notre rôle et celui des médias d’informer la patientèle des bienfaits de la robotique.

Pr. Saber Boutayeb : “L’ADN du CM6RI est de répondre à de grandes problématiques nationales” (eHealth forum)

Les travaux de la deuxième édition de l’International eHealth Forum ont eu lieu les 30 et 31 octobre, dans les locaux de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la santé. Le thème de cette édition est “L’ère de la santé numérique vers des soins de qualité”. L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la santé et le centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.

Le directeur du Centre Mohammed VI pour la recherche et l’innovation, Pr. Saber Boutayeb, s’est livré à Médias24, sur la genèse, les projets du CM6RI, le domaine de la recherche au Maroc, et les projets à l’international.

Médias24 : Il est rare de voir dans un pays africain la création d’un centre de recherche et d’innovation. Cela témoigne-t-il d’une réelle volonté de progrès ? Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce centre ? Pourquoi a-t-il été créé et dans quel objectif ?

Pr. Saber Boutayeb : Le Maroc est un pays en mouvement et nos autorités veulent qu’on soit absolument performants en recherche. La Covid-19 a accéléré la recherche un peu partout dans le monde. De là est née l’idée, au sein de la Fondation Mohamed VI des sciences et de la santé, d’avoir un centre de pointe, de recherche appliquée, c’est-à-dire dont le produit final doit être utilisé au Maroc, ou ailleurs, avec un bienfait sur la santé des concitoyens.

De façon générale, sur notre continent, la culture des centres de recherche est relativement absente, assez embryonnaire. Au Maroc, nous sommes conscients que nous devons avoir de grands centres de recherche pour permettre l’accélération de la production scientifique.

De quoi votre centre de recherche est-il constitué ?

Le centre de recherche est constitué de l’humain avant tout. Nous avons toutes les compétences nécessaires à l’épanouissement des chercheurs. Nous avons des biostaticiens, des rédacteurs de protocoles, une plateforme avec la technologie des appareils de séquençage, un laboratoire de cryométrie en flux, un laboratoire de chimie analytique, des spécialistes de laboratoires – qui sont capables d’utiliser ces machines de la meilleure manière, des projects managers et des ingénieurs – qui vont pouvoir faire le lien avec l’hôpital. Ils feront en sorte que le cycle de la recherche ne se termine pas avec une publication scientifique, mais que le produit soit valorisé, et que le cycle de recherche soit court.

Quand un chercheur travaille, isolé, il ne peut pas maîtriser toute la chaîne de valeurs. À un moment, il doit trouver des financements. L’idée est de mettre tout ce beau monde au même endroit. Actuellement, nous avons 27 chercheurs confirmés sur site et un certain nombre de chercheurs associés. Nous priorisons la cohérence d’équipe, donc nous choisissons des CV pointus et qui ont la culture du travail ensemble.

L’intelligence artificielle est l’un des outils qui permettent de réduire le cycle de recherche et de valider le plus rapidement les hypothèses. Qu’en pensez-vous ?

L’intelligence artificielle, et le digital de manière générale, se trouvent aujourd’hui dans tout le circuit de recherche. Quand nous avons une belle idée, nous allons explorer ce qui a été fait ailleurs, et nous nous faisons aider par des outils d’intelligence artificielle. Ces derniers permettent de faire un benchmark de la situation. Ces outils vont être beaucoup plus rapides et efficients. Le digital, nous le trouvons dans des machines. Les chercheurs doivent être très tech friendly. Une fois que nous avons les données, elles doivent être interprétées. À ce moment-là, nous avons besoin d’un Data scientist, d’un bioinformaticien. Le pain quotidien de ces spécialités ce sont ces outils. Les logiciels vont permettre d’interpréter cette data de façon très rapide, pointue et précise et de permettre de valoriser ce qui est produit par les appareils de recherche. C’est valable aussi pour la data qui vient de l’hôpital, nous pouvons nous faire aider par l’IA pour la structurer, mieux l’interpréter et l’utiliser en pratique pour faire bénéficier les patients de ce genre de progrès.

Peut-on avoir un ordre d’idée sur la durée du cycle de recherche ? A-t-il été réduit ?

Le cycle de la recherche est passé à peu près à trois ou quatre ans pour un bon cycle avec une production valorisable intéressante. 20 ans auparavant, le cycle de recherche était de 8 à 10 ans. Les progrès sont liés autant à l’IA qu’à d’autres intrants qui ont permis de raccourcir le cycle. La qualité des chercheurs, les appareillages, les financements, peuvent permettre d’accélérer la recherche, mais dans tous les cas, le digital est un acteur dans ce progrès majeur d’accélération du cycle de recherche.

Vos recherches sont-elles centrées principalement sur des problématiques marocaines, régionales, universelles ou bien les trois à la fois ?

Au niveau du centre, nous faisons un tri entre les travaux qui peuvent avoir une pertinence locale, ce qui n’enlève rien à la valeur de ce genre d’études. On a comme ADN de répondre à de grandes problématiques nationales, par exemple, nous avons une étude en cours sur l’impact de la pollution. Au niveau africain, nous avons travaillé aussi sur un séquençage du virus Mpox pour savoir exactement d’où viennent les cas qui ont été détectés au Maroc. Nous avons des projets d’envergure internationale où nous collaborons avec des collègues de l’Université de Montréal sur la génomique.

Justement, êtes-vous connectés à ces centres internationaux ?

Certaines collaborations peuvent être ponctuelles, principalement comme pour soumissionner à une bourse de recherche internationale sur une thématique internationale. Il y a également les collaborations institutionnelles qui s’inscrivent dans le temps. Elles sont dirigées par les institutions. La Fondation Mohamed VI des sciences et de la santé a signé un mémorandum d’entente avec l’Université de Montréal. L’institution est en contact avec l’université du Michigan pour un mémorandum, en phase de signature, et des projets en cours.

À l’international, nous voyons grand. Nous collaborons également avec des universités marocaines. Nous sommes une plateforme à visée nationale. Nous travaillons avec toutes les bonnes volontés, toutes les équipes bossent sur des projets impactant pour la santé de nos concitoyens mais on s’inscrit aussi dans le cadre de la recherche mondiale.

Est-ce que avez donné des exemples de projets en cours notamment pour le virus Mpox et est-ce que vous avez d’autres projets qu’on pourrait éventuellement feuilleter ou des résultats de recherche ?

La décision du top management de la Fondation est de favoriser l’initiation de la recherche. Un chercheur, pour démarrer, a besoin d’un coup de main financier sur certains sujets. Au niveau de la Fondation, on a mis en place un mécanisme où le chercheur obtient un fonds d’amorçage, qui peut même atteindre le million de dirhams. Ce dernier va lui permettre de se concentrer sur la rédaction de son protocole et la mise en place de la recherche. Les premiers financements sont garantis, en attendant de travailler sur les bourses internationales, puisqu’il faut que nous soyons compétitifs au niveau international.

Le CMRI positionne-t-il le Maroc sur la chaîne internationale de la recherche et de l’innovation ?

Notre centre est relativement jeune, mais nous commençons à avoir de la production scientifique, en l’occurrence des articles de brevets en cours, des brevets déjà obtenus. Nous essayons de travailler, à l’international, sur des thématiques émergentes comme la médecine de précision. Nous avons besoin d’une data nationale, d’études de la génomique des Marocains, afin d’adapter ces grands projets, certes internationaux, mais qui ont des particularités locales. Nous travaillons avec les collègues hospitaliers, universitaires et chercheurs de niveau top mondial dans le cadre d’un consortium de recherche.

Pr. Ahmed Bennana : “La télémédecine permettra de diminuer la pression des hospitalisations”

Le directeur de l’Hôpital universitaire Mohammed VI de Bouskoura, Pr. Ahmed Bennana s’exprime sur les enjeux de la digitalisation du secteur de la santé, les multiples avancées technologiques dans le secteur et la télémédecine sur le plateau de Médias24 dans le cadre de la deuxième édition de l’International eHealth Forum qui a eu lieu les 30 et 31 octobre.

Médias24. Vous venez de participer à un panel qui porte sur la souveraineté sanitaire. Peut-on réellement parler de souveraineté dans le secteur de la santé ?

Pr. Ahmed Bennana. Peut-on parler de souveraineté nationale, aujourd’hui ? La réponse est non, parce que l’objectif de la souveraineté sanitaire nationale est un processus assez long et complexe avec de multiples facettes. Nous devons être autonomes et souverains sur le plan de la santé à l’horizon 2030.
Nous devons être capables de produire tout ce dont on a besoin et être strictement indépendants par rapport aux ressources étrangères et aux produits qui sont fabriqués à l’étranger. Les producteurs ont un positionnement tel qu’ils peuvent développer des partenariats stratégiques et choisir les produits et les solutions qu’ils vont réaliser. Nous sommes dans cette logique, mais il est important de comprendre les limites de cette souveraineté.

– Vous avez évoqué l’exemple de l’industrie pharmaceutique et la production des médicaments mais qu’en est-il de la production des dispositifs médicaux et tout ce qui est consommable ?

– L’industrie pharmaceutique marocaine est une industrie forte, mais il y a encore un besoin par rapport à des molécules et des médicaments innovants qui concernent des maladies rares ou des maladies complexes que nous n’avons pas encore la possibilité de produire et pour lesquels nous dépendons de l’étranger.

La plus grande problématique tourne autour des équipements relatifs à la technologie de pointe, par exemple on ne produit pas d’IRM, ni de scanner. En termes de technologies développées, nous dépendons également de l’étranger.

Par contre, nous avons une dynamique déjà lancée et un potentiel humain qualifié et prisé à l’étranger. Le Maroc aujourd’hui produit et exporte. Nous avons justement les moyens de notre stratégie et de la vision que veut sa Majesté le roi Mohammed VI que Dieu l’assiste. Donc ceci prouve que nous sommes vraiment dans un réel progrès. C’est un signal fort pour nous pour l’avenir.

– Que représente la eSanté pour l’hôpital universitaire Mohammed VI ?

– La eSanté c’est le tout, le socle, l’essence même de tous les processus de prise en charge au niveau de l’hôpital Mohammed VI. La e-santé c’e sont les solutions numériques, de l’accès en passant par le diagnostic, jusqu’au traitement. Dans le bloc opératoire, nous avons la neuro-navigation et l’intelligence artificielle pour les diagnostics rapides et instantanés.

La Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé a lancé une digitalisation poussée. Toutes les structures de la Fondation et de l’hôpital ont connu un développement extraordinaire concernant les solutions numériques, que ce soit au niveau administratif ou reporting.

– Où en est la télémédecine ? Est-ce un sujet important ?

– C’est une question qui n’est pas inhérente uniquement à ce qui est technologique mais à un modèle de conception qui est un réel besoin. C’est ce risque de rupture entre la continuité de prise en charge entre l’hôpital et la ville. Par exemple, un patient non éligible au titre d’une hospitalisation à 100 %, mais nécessite encore de temps en temps des soins ou de la rééducation, peut très bien le faire chez lui. D’autres patients ne peuvent pas forcément se déplacer, donc nous faisons des consultations, diagnostics à distance, parce que nous avons des moyens très performants. Le patient peut bénéficier de l’expertise médicale de l’hôpital en étant chez lui. C’est un projet, en cours, de transition hôpital-ville.

La télémédecine sera opérationnelle en fin d’année. L’hôpital Mohammed VI de Bouskoura est le site pilote pour une généralisation. Concernant la prise en charge de la transition hôpital-ville, le sujet est encore en discussion concernant les soins à domicile. Il y a des volets réglementaires qui sont en train d’être affinés au Maroc. La télémédecine trouve sa place dans le secteur et apportera des bénéfices aux patients.

– Une personne malade dans un douar peut avoir accès aux mêmes soins qu’une personne au sein de l’hôpital ? Est-ce qu’il y a une prise de conscience de la part de ces patients que la solution existe déjà au Maroc ?

– Dans les zones rurales reculées, c’est quelque chose qui se fait. Pourquoi on déplacerait, par exemple, un sujet âgé et grabataire pour une consultation ORL alors que nous pouvons le faire à distance par un grand spécialiste au niveau de l’hôpital? Les outils sont nombreux, notamment une valise où vous avez tous les gadgets de consultation et d’auscultation, etc. L’application de la télémédecine n’est pas seulement dans les zones enclavées, mais même en ville. Cela permettra de diminuer la pression des hospitalisations et les risques, parce que quand vous êtes hospitalisé longtemps, le risque d’infections nosocomiales, par exemple, est important. Il faut éviter d’immobiliser une place qui pourrait être bénéfique à quelqu’un d’autre. C’est beaucoup de bienfaits en ville, et pas seulement dans les zones éloignées et enclavées. Ces projets portent un signal fort pour un avenir meilleur pour la santé au niveau national.

Clôture eHealth Forum : Une convention signée et plusieurs prix décernés

Les travaux de la deuxième édition du International eHealth Forum se sont terminés, ce jeudi 31 octobre. L’événement, organisé par la FM6SS et le centre d’innovation e-santé, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale, a attiré plus de “300 experts en santé et en numérique”, comme le mentionne Pr. Younes Bjijou, directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS).

Pour le président du centre d’innovation e-santé de l’Université Mohammed V de Rabat, Pr. Anass Doukkali, ce forum “réussi” a connu “un foisonnement d’échanges, d’exposition de solutions, de présentations de travaux de recherches, et la liste est longue”. Les avancées les plus récentes ont été discutées lors de panels riches et variés. “Ce forum est l’occasion de rendre nos systèmes plus inclusifs et plus humains”, précise le co-organisateur. La date de la prochaine édition est annoncée, ça sera pour novembre 2025.

Au cours de la cérémonie, un memorandum d’entente a été signé entre le Centre d’innovation e-santé et le Moroccan British competency network dans le cadre d’une collaboration pour le progrès de projets de santé digitaux.

Signature d’une convention entre le Centre d’innovation e-santé et le Moroccan British competency network. Ph. DR

Plusieurs distinctions

Concernant, “Call for startup” où des startupeurs ont pitché leur projet devant un jury d’experts, le 1er prix a été décerné à Clinika, le 2ème à Apotec et le 3ème à Doctoria.

Dr. Mohammed Taouil a remporté le prix de la meilleure thèse, tendis que la meilleure communication orale revient à Dr Soufiane Touiti.

Enfin, concernant le hackathon, 4 grands gagnants se sont distingués, et remportent un prix de 10.000 dirhams. Il s’agit de : Arc Health, de l’UM6SS, Blood Care, de l’Emsi, Voice Pathology de l’université Mohammed V de Rabat et enfin Octopus de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès.

eHealth Forum. Quels défis rencontrent les start-up de la healthtech ?

Les travaux de la 2e édition de l’International eHealth Forum se poursuivent ce jeudi 31 octobre, dans les locaux de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé. Le panel « Construire des start-up healthtech réussies » a mis en lumière les défis et les forces des start-up du domaine de la santé.

Le milieu est très prometteur, même s’il rencontre une « réglementation stricte, des enjeux de financement et des obstacles technologiques », a commenté Imane Bara, modératrice et directrice Entrepreneuriat au Centre Mohammed VI pour la recherche et l’innovation.

Pour Abdelmoughite Abdelmoumen, directeur du département stratégie Tamwilcom, les défis se concentrent sur l’accès au marché. « Ce sont des marchés spécifiques, et il est très difficile d’accéder aux marchés publics ». Le responsable a mentionné en outre le défi du développement international et la réglementation, deux aspects primordiaux pour les startupers.

Abdelmoughite Abdelmoumen a souligné que, du fait de leur développement rapide, les start-up nécessitent des conseils juridiques et financiers, mais également l’accès aux ressources humaines. Sans oublier, l’aspect protection de la propriété intellectuelle, où au niveau international, « c’est compliqué pour les petites start-up », a-t-il précisé.

« On ne peut être que fiers de la place qu’occupe le Maroc sur le continent », a déclaré Zineb Benhamou, program manager chez 212 founders de CDG Invest. L’heure est à l’optimisme. Elle liste les points positifs dans le domaine de la santé digitale. « Depuis 2019, il y a une prise de conscience des institutions pour faire émerger les start-up, et de la nécessité de structurer chaque étape », a indiqué Zineb Benhamou.

Sur la question du financement, elle a affirmé que « plusieurs fonds peuvent accompagner la croissance des start-up », et a souligné « la maturité de l’écosystème et des business angels ». Zineb Benhamou a cité en exemple le collectif de business angels, M Founders, qui vient apporter de la complémentarité aux entrepreneurs.

Le thème de la 2e édition de l’International eHealth Forum est « L’ère de la santé numérique vers des soins de qualité ». L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé et le Centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.

Top départ pour la 2e édition de l’International eHealth Forum

La 2e édition du Forum international pour la santé digitale s’est ouverte ce mercredi dans un amphithéâtre comble du campus Anfa-City, à l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé.

L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la santé et le Centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.

Lors de la cérémonie inaugurale, le directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), le Pr Youns Bjijou, a lu le mot du Pr Lahcen Belyamani, président de la fondation. Le responsable a indiqué que cet événement s’inscrit dans la vision éclairée de Sa Majesté le roi Mohammed VI.

« Notre engagement est plus fort que jamais. Le numérique redéfinit notre approche de la médecine en transformant radicalement le diagnostic et le traitement », a déclaré le directeur délégué de la FM6SS. Ce forum nécessite « une réflexion approfondie face aux défis, une ouverture aux solutions novatrices », a-t-il précisé. L’objectif est de disposer d’une plateforme riche et stimulante avec des échanges sur les sujets d’actualité tels que la couverture sociale généralisée, la sécurité des données en santé, la révolution de la médecine d’urgence, l’écosystème des start-up health-tech. Ensemble, nous explorons comment nous pouvons l’intégrer dans notre réalité marocaine », a-t-il conclu.

Une approche proactive

Le nouveau ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, s’est à son tour exprimé sur cet événement d’envergure. Il qualifie ce forum de « moment charnière dans notre système de santé ».

« Le Maroc a eu des avancées significatives, nous avons vu l’émergence de plateformes en lignes, d’un écosystème de start-up. Ce mouvement global contribue au changement de la santé numérique. Il est essentiel d’accélérer notre réforme numérique. Il faut une intégration plus profonde des produits e-santé, et intégrer l’intelligence artificielle », a souligné le ministre de la Santé. « La transformation numérique de la santé est une nécessité pour optimiser les ressources et garder une meilleure qualité de vie ».

L’essentiel est d’avoir une approche « proactive », où nous « pouvons améliorer notre système de santé et garantir un accès équitable aux soins ».

Selon le Pr Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition digitale et de la réforme de l’administration, le « forum guide notre démarche dans notre transformation digitale au niveau africain et international ». Il s’agit d’une « dynamique cruciale » où la santé devient plus accessible et inclusive. Le numérique devient « un facteur d’équité et d’égalité garantissant à chaque Marocain l’accès à des soins de qualité où qu’il soit”, a expliqué la ministre. Son cheval de bataille, c’est le « anywhere, anytime, to anybody » [partout, tout le temps, pour tout le monde, ndlr].

L’intelligence artificielle permet une détection plus précoce des maladies. “Sur le plan administratif, l’IA va simplifier la tâche aux praticiens, en libérant les médecins pour qu’ils aient plus de temps à accorder aux patients, davantage de fluidité dans les hôpitaux et, en définitive, une meilleure qualité de soins », a précisé le Pr Amal El Fellah Seghrouchni. « Nous disposons d’un écosystème solide où les start-up vont œuvrer pour le secteur et le renforcer avec des formations et des financements. Toutefois, cette transformation numérique doit être suivie par la protection des données personnelles, a-t-elle alerté.

Quant au directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, Hassan Boubrik, il a commenté que ce forum d’eHealth « s’impose comme un rendez-vous de référence ».

Au Gitex 2024, la FM6SS conclut un partenariat avec Kaoun International

Cette collaboration positionne la Fondation en tant que partenaire clé de l’événement World Future Health du Gitex, soulignant son engagement à favoriser des échanges significatifs dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la recherche à l’échelle mondiale, indique la Fondation dans un communiqué.

Les entités de la Fondation qui prennent part au Gitex Africa incluent notamment l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé, l’Hôpital Universitaire International Mohammed VI de Bouskoura, le Centre International Mohammed VI de la Recherche et de l’Innovation, le Centre Mohammed VI de Formation Continue, le Laboratoire National Mohammed VI d’Analyses Médicales, le Laboratoire National Mohammed VI d’Anatomopathologie et le Centre International Mohammed VI de Simulation en Sciences et Santé.

Dans le cadre de leur participation au Gitex Africa 2024, les directeurs de ces entités ont pris part à un panel, sur le thème « Construire un écosystème numérique de santé pour l’excellence dans la formation et les soins : la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, un modèle ».

Les sujets abordés ont porté, entre autres, sur la stratégie pour un écosystème santé et sciences intégré, les nouvelles compétences et emplois dans la santé numérique, l’éducation médicale innovante avec la simulation et l’intelligence artificielle, la télémédecine, et l’importance de l’harmonisation des systèmes d’information hospitaliers.