Un manuscrit de médecine conservé au Maroc inscrit au registre de la Mémoire du monde de l’Unesco

Selon un communiqué de l’Unesco, avec ces nouvelles collections, le registre de la Mémoire du monde compte désormais 570 documents.

« Al Orjoza fi teb » (الارجوزة في الطب), document conservé à la bibliothèque Al-Quaraouiyine de Fès, est un poème médical didactique qui condense les connaissances médicales de son époque sous forme de vers, facilitant ainsi leur mémorisation et leur transmission.

Ce manuscrit, qui date du XIIᵉ siècle, est l’œuvre du médecin et philosophe andalou Ibn Tofail. Sur 148 pages, il comprend 7.700 vers. Il s’agit, selon l’Unesco, d’une véritable encyclopédie, classant les maladies affectant le corps humain.

Shabab Labs : un programme pour créer des laboratoires d’innovation dans les Maisons de jeunes

Conçu par les jeunes pour les jeunes, Shabab Labs vise à renforcer leur engagement via la recherche participative, en instaurant des laboratoires d’innovation dans les Maisons de jeunes à travers le Royaume, indique un communiqué conjoint du ministère et du Bureau de l’Unesco pour le Maghreb.

Pionnier à l’échelle mondiale, le Maroc devient le premier où cette initiative, issue du programme « Jeunes en tant que chercheurs » de l’Unesco, est portée par une institution nationale, affirmant ainsi son engagement fort en faveur de la jeunesse et de son avenir, ajoute la même source.

Dans cette première phase, 20 doctorants-chercheurs seront sélectionnés et formés afin d’encadrer des jeunes dans des Maisons de jeunes réparties dans différentes régions du pays. Cette initiative ambitionne de renforcer la proximité avec les jeunes en leur offrant des espaces dédiés où ils pourront expérimenter, collaborer et proposer des solutions aux défis de leur communauté.

Les « Shabab Labs » offriront aux jeunes un espace d’expérimentation et de mise en application concrète des méthodes de recherche. En collaborant avec les acteurs locaux, les participants seront amenés à identifier et explorer des problématiques sociétales pertinentes tout en renforçant leur engagement civique.

Les doctorants-chercheurs sélectionnés bénéficieront d’une formation approfondie assurée par l’Unesco et auront pour mission d’encadrer les jeunes dans l’acquisition de techniques de recherche participative, d’accompagner la mise en œuvre et la publication de leurs travaux de recherche et de sensibiliser aux thématiques locales tout en promouvant l’engagement citoyen.

Les doctorants sélectionnés recevront une attestation et verront leurs travaux publiés dans le cadre du programme.

Selon le même communiqué, les doctorants intéressés peuvent soumettre leur candidature jusqu’au 8 avril à 23h59 à l’adresse shabablab@jeunesse.mjcc.gov.ma

Le henné marocain : un riche potentiel économique, mais sous-exploité

Le henné, emblématique de l’artisanat marocain et des traditions populaires, a récemment été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cette reconnaissance met en lumière un savoir-faire ancestral et une plante au cœur des rituels sociaux dans de nombreux pays arabes, dont le Maroc. Cette distinction, obtenue grâce à une candidature défendue par seize pays arabes, salue également son rôle dans le cycle de vie des individus, des naissances aux mariages, jusqu’à la mort.

Une plante au cœur des traditions et du patrimoine marocain

Au Maroc, le henné est profondément ancré dans la culture et les traditions. La plante, souvent considérée comme magique, joue un rôle clé lors des célébrations et des événements marquants. De ses feuilles séchées et broyées naît une pâte aux propriétés esthétiques et symboliques, appliquée pour embellir, mais aussi pour porter chance ou éloigner le malheur.

Des dictons populaires comme « Mets-toi du henné, et Allah aura pitié de toi (حني باش ربي يحن عليك) » témoignent de son importance dans l’imaginaire collectif. Selon les régions et les traditions, les motifs et techniques varient, offrant des nuances de rouge, d’orange ou de jaune, qui subliment les mains et les pieds lors des mariages ou autres festivités.

L’art du henné, qu’il s’agisse de sa culture ou de sa préparation, repose sur un savoir-faire minutieux, transmis de génération en génération. Une naqacha expérimentée explique : « Le henné demande patience et amour. Si vous le respectez, il vous le rend en bénédictions et en beauté. Nous broyons les feuilles en priant sur le Prophète, car le henné est un don sacré ».

Ce lien profond entre la nature et les traditions fait également de la culture du henné un marqueur identitaire fort, particulièrement dans les régions oasiennes du Sud marocain.

Un potentiel économique encore sous-exploité

Au-delà de sa valeur culturelle, le henné représente une filière agricole prometteuse. Avec une production nationale concentrée dans les zones arides comme Drâa-Tafilalet et Souss-Massa, cette culture bénéficie de conditions climatiques idéales. Les provinces d’Errachidia, Zagora et Tata, se distinguent comme les principaux centres de production. Cependant, les données montrent que cette richesse reste en grande partie sous-valorisée.

Avec une superficie totale cultivée de 1.750 hectares en 2023, ces régions produisent environ 5.560 tonnes de henné par an, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture.

Le rendement moyen, qui varie entre 1 et 1,8 tonne par hectare, permet jusqu’à quatre récoltes par an, principalement entre mai et novembre. Outre la poudre de henné utilisée pour les tatouages, les produits dérivés comme les teintures, les shampoings et les masques connaissent une demande croissante sur les marchés nationaux et internationaux.

Selon l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) du Tafilalet, le henné constitue un véritable gisement d’emplois pour les artisans, agriculteurs et commerçants de la région. Cependant, le manque de valorisation freine encore le développement de cette filière.

Pour pallier ces défis, un projet pilote a été lancé en 2019 dans les communes d’Alnif, Mscisi, Hsya et Sidi Ali, avec un budget de 24,7 millions de DH. Ce programme, porté par le Groupement d’intérêt économique (GIE) Alnif-Tafraout-Maidar, vise notamment à :

Des perspectives d’exportation prometteuses

Du côté du Conseil régional du tourisme de Drâa-Tafilalet, l’on souligne que les produits « Made in Morocco » à base de henné attirent une demande mondiale croissante. Cette dynamique offre une opportunité de renforcer le positionnement du Maroc comme leader de la filière à l’échelle internationale.

Aux côtés du palmier dattier, de l’amandier et du safran, le henné constitue l’une des filières stratégiques soutenues par l’ORMVA dans le cadre de projets de développement durable. Sa capacité à prospérer dans des sols pauvres tout en offrant des opportunités économiques fait de cette culture un levier de résilience face aux défis climatiques et sociaux des zones oasiennes.

L’inscription du henné au patrimoine immatériel de l’UNESCO représente une reconnaissance internationale qui pourrait booster son attractivité économique. Pour maximiser cet impact, il est crucial de développer des infrastructures adaptées, comme les unités de transformation et de valorisation, et de renforcer les circuits de commercialisation, notamment à l’export.

Le henné, symbole de la culture marocaine, pourrait ainsi devenir une véritable locomotive économique pour les régions oasiennes, tout en préservant un savoir-faire ancestral.

La protection du patrimoine culturel au centre d’entretiens entre Mehdi Bensaid et Rachida Dati

Ces entretiens, qui interviennent à la suite de la rencontre bilatérale de samedi dernier à Cannes, ont été l’occasion de faire un tour d’horizon des différents sujets de la coopération maroco-française notamment dans le domaine de l’artisanat et des industries culturelles et créatives, ainsi que des moyens à même de renforcer la protection du patrimoine notamment face aux tentatives d’appropriation de certains pays.

Dans une déclaration à la presse au terme de cette entrevue qui s’est déroulée notamment en présence de Samira Sitaïl, ambassadrice du Roi à Paris, Rachida Dati est revenue sur l’importance de l’accord relatif à la coproduction et aux échanges cinématographiques signé samedi dernier à Cannes avec Mehdi Bensaid, relevant que le Maroc et la France sont engagés à développer cette dynamique qui sera renforcée et amplifiée dans les semaines à venir.

La ministre française, qui a souligné que le Maroc démontre par sa culture, ses valeurs que sont l’accueil, la tolérance, le respect mais aussi la créativité, “qu’il a des choses à nous apprendre”, a fait savoir qu’il a été acté lors de cette rencontre que les artisans marocains et les métiers de l’artisanat puissent venir en France en immersion, en résidence, notamment au sein de l’opérateur public Le Mobilier national”.

“Nous allons poursuivre cette coopération et nous avons décidé de pouvoir nous rencontrer très prochainement au Maroc, parce qu’on a assez de matière pour pouvoir amplifier cette dynamique”, a affirmé Rachida Dati, pour qui “le partenariat, la coopération avec le Maroc, c’est à l’infini sur la culture”.

Outre le cinéma, les discussions ont aussi porté sur le domaine muséal et l’archéologie préventive, dans lequel le Maroc a adopté récemment un cadre légal pour la protection du patrimoine, a indiqué la ministre française de la Culture.

De son côté, Mehdi Bensaid a indiqué que son déplacement à Paris, qui s’inscrit dans le cadre de sa participation à la Semaine culturelle africaine de l’Unesco, mais également dans le cadre de l’amitié unissant le Maroc et la France, constitue aussi une opportunité de continuer “de renforcer ce partenariat et cette amitié”, à travers différents conventions, accords, l’organisation conjointe de conférences ou à travers la présence du patrimoine marocain en France.

Le ministre s’est félicité, en outre, de l’invitation de Rachida Dati pour accueillir des mâalems marocains en France, dans le cadre de voyages d’immersion, en vue de faire connaître davantage leur savoir-faire, estimant que la protection et la préservation du patrimoine passe par les volets législatif et juridique, mais aussi par la communication.

L’entretien a permis également de discuter de la promotion de l’industrie marocaine du gaming, dans la perspective de profiter de l’expertise française et d’essayer de la développer conjointement, a-t-il dit, précisant que ce marché de 300 milliards de dollars de chiffre d’affaires au niveau mondial, avec une croissance annuelle de 10%, constitue une opportunité pour le Maroc en matière de création d’emplois, de développement et de croissance pour les jeunes.

(Avec MAP)

Contre les manœuvres d’appropriation algériennes du caftan marocain, Bensaïd écrit à Audrey Azoulay

Le ministre Mehdi Bensaïd a adressé le 18 avril dernier une lettre à Audrey Azoulay, dans laquelle il attire l’attention de la directrice générale de l’Unesco sur « certaines manœuvres d’appropriation semant la confusion quant à l’authenticité et l’origine de certains biens du patrimoine culturel immatériel marocain », apprend-on de source sûre.

Le Royaume du Maroc, poursuit la lettre, « ne pourra ainsi admettre toute instrumentalisation de la Convention de 2003 visant l’ancrage historique du savoir-faire marocain et, partant, remettant en cause la notoriété et la crédibilité de notre prestigieuse Organisation ».

Et d’ajouter : « Il est en ainsi malheureusement le cas avec l’inclusion de l’image et de séquences vidéo du caftan ‘Ntaâ’ marocain, présentées dans le dossier algérien ‘Costume féminin de cérémonies dans le Grand Est de l’Algérie : savoirs et savoir-faire associés à la confection et à la parure de la gandoura et de la melehfa proposé pour inscription au titre du cycle 2024’. »

Dans un esprit de compromis, le Royaume du Maroc propose « le retrait simple de cette image et de ces séquences vidéos au regard de l’histoire et des multiples réclamations insistantes mais légitimes de l’opinion publique marocaine, dont celles des communautés marocaines dépositaires d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération dans les différents corps de métier liés au caftan ; incarnant par excellence les valeurs de paix et de tolérance de l’identité marocaine ».

« Cette démarche se trouve d’autant plus justifiée par l’incohérence flagrante constatée dans le dossier algérien se référant au style d’habillement « gandoura » et la « melehfa » ne reflétant aucunement l’histoire et la quintessence du caftan, dont l’image de sa variante marocaine « Ntaâ » y a été présentée comme élément constitutif », fait observer le ministre de la Culture dans sa correspondance envoyée à l’Unesco.

Au regard de la sensibilité suscitée par cette question, le Royaume du Maroc appelle « à la préservation de l’esprit et de la neutralité de notre Convention qui ne devrait pas faire l’objet d’instrumentalisation à des fins politiques, tel que le reflète la volonté manifeste de la part de la partie algérienne de maintenir une photo ne correspondant absolument pas à l’élément introduit pour inscription ».

Au vu des dangers liés aux tentatives d’appropriation des éléments du patrimoine culturel immatériel marocain, le Royaume du Maroc appelle « à la vigilance nécessaire dans le traitement des candidatures d’inscription, de manière qu’elles reflètent fidèlement et respectueusement l’histoire, les spécificités et la richesse du patrimoine culturel de chaque pays », conclut la lettre.

Ouverture du Salon international de l’édition et du livre à Rabat

Organisée jusqu’au 19 mai par le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication en partenariat avec la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra, la région de Rabat-Salé-Kénitra et la Commune de Rabat, cette édition connaît la participation de 743 exposants représentant 48 pays, avec comme invitée d’honneur l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

« Le Salon international de l’édition et du livre joue un rôle essentiel dans l’industrie culturelle et de l’édition, mais aussi dans la sphère économique et sociétale », a déclaré le ministre de la Culture, Mehdi Bensaïd. Les participants à cette manifestation culturelle enregistrent, chaque édition, des ventes considérables de livres et gagnent en visibilité, a-t-il souligné.

Après avoir souligné le soutien constant et direct apporté par son département en faveur de la lecture et du livre, le ministre a rappelé que plusieurs autres salons régionaux, nationaux et internationaux culturels se tiennent à travers les différentes villes du Royaume.

Pour sa part, le directeur du Bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb, Eric Falt, s’est félicité du choix de l’organisation onusienne en tant qu’invitée d’honneur de cette nouvelle édition du SIEL : « Ce choix est une reconnaissance de notre travail et des liens qui nous unissent avec le Maroc. »

L’espace de l’UNESCO abritera plus de 20 conférences durant ces dix jours du SIEL. L’accent sera mis sur deux sujets très importants, à savoir l’intelligence artificielle et la jeunesse, a indiqué Eric Falt.

A l’instar des éditions précédentes, quelque 241 activités culturelles rythmeront les journées du salon, à travers un programme riche et diversifié comprenant des conférences sur des thèmes comme l’Afrique multiple, les profils et les images, l’écriture du genre féminin et masculin, ainsi que les médias et la technologie, avec la participation d’une pléiade d’écrivains, d’intellectuels et de poètes marocains et étrangers.

(Avec MAP)

Huawei et l’Unesco lancent une initiative pour faire progresser l’apprentissage de la littératie

Bien que les compétences numériques soient essentielles à l’enseignement de l’alphabétisation au XXIe siècle, de nombreux éducateurs en alphabétisation ont une capacité limitée à utiliser la technologie pour avoir un impact dans leur enseignement. C’est ce que vise à résoudre le nouveau programme, qui combine les efforts de l’Institut de l’Unesco pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL), du Bureau régional de l’Unesco pour le Maghreb et de l’Agence nationale marocaine de lutte contre l’analphabétisme (ANLCA), avec le soutien de Huawei.

« À la lumière de la transformation numérique, il est essentiel que l’enseignement de l’alphabétisation exploite pleinement le potentiel de la technologie. Nous sommes fiers de soutenir le Royaume du Maroc, en tant que membre de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation de l’Unesco, dans l’amélioration des compétences numériques de 10.000 enseignants en alphabétisation d’ici 2025 », a déclaré Isabell Kempf, directrice de l’UIL, lors du lancement.

L’événement de lancement a été immédiatement suivi d’un atelier de quatre jours, où des experts en alphabétisation et des éducateurs se sont joints à des représentants du monde universitaire et de la société civile pour adapter les modules de formation au contexte marocain.

« En renforçant les compétences numériques des formateurs en alphabétisation, nous contribuons à autonomiser les individus et à favoriser le développement communautaire durable. Nous nous engageons à travailler ensemble pour garantir que chaque individu, quel que soit son contexte, ait accès à une éducation de qualité qui réponde aux défis de l’ère numérique actuelle », a déclaré Eric Falt, directeur du Bureau régional de l’Unesco pour le Maghreb.

« L’ANLCA, consciente que la numérisation des programmes et formations en alphabétisation offre de nouvelles opportunités d’apprentissage et d’inclusion socioprofessionnelle des individus, promeut depuis 2017 l’apprentissage à distance. La participation du Maroc à cette initiative GEC-GAL renforcera ces efforts et accélérera la production d’un ensemble de modules de formation en compétences numériques pour les formateurs en alphabétisation, en synergie avec le contexte marocain et les normes de l’IFMA », a souligné Abdelouadoud Kharbouch, directeur de l’ANCLA.

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une initiative visant à améliorer les compétences numériques des éducateurs en alphabétisation dans le monde, qui a été développée par l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation (GAL), en partenariat avec la Coalition mondiale pour l’éducation (GEC) multisectorielle.

Bensaid reçoit le directeur du Patrimoine mondial de l’Unesco

Au cours de cette rencontre, le ministre a passé en revue les développements du nouveau projet de loi qui devrait être soumis au Conseil du gouvernement et qui comprend un certain nombre de nouvelles dispositions visant à préserver, à conserver et à valoriser le patrimoine culturel du pays, indique le ministère de la Jeunesse dans un communiqué.

Les principaux aspects du renforcement de la coopération entre le Maroc et l’Unesco dans le domaine de la préservation du patrimoine mondial ont été examinés lors de cette rencontre. Les deux parties ont discuté du bilan de cette coopération, notamment dans le domaine du patrimoine matériel, et de la nécessité pour le Maroc d’enregistrer d’autres éléments auprès de l’Unesco.

Les deux responsables ont également convenu de poursuivre leur coopération et d’établir un programme de travail conjoint, souligne le communiqué.

Au programme de la visite de travail de Eloundou Assomo au Maroc figurent des rencontres avec plusieurs responsables marocains et des visites aux villes de Rabat, Marrakech, Essaouira et à la mosquée historique de Tinmel (province d’Al Haouz), qui a été endommagée par le tremblement de terre de septembre dernier, conclut le communiqué.

Tanger désignée ville-hôte de la Journée internationale du jazz 2024

« La directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, et l’ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, Herbie Hancock, ont le plaisir d’annoncer que Tanger (Maroc) accueillera le concert mondial organisé à cette occasion et sera la ville cheffe de file des festivités », indique un communiqué de l’organisation onusienne.

Les festivités, organisées à l’initiative du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication et de la municipalité de Tanger, se dérouleront du 27 au 30 avril. Elles mettront en lumière « l’héritage jazzistique de la ville ainsi que les liens culturels et artistiques unissant le Maroc, l’Europe et l’Afrique. Au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, la ville de Tanger est réputée pour être un creuset des expressions culturelles. L’histoire du jazz y est ancienne et riche », précise le communiqué.

« Par cette désignation, Tanger devient la toute première ville du continent africain à être la figure de proue de la Journée internationale du jazz, la plus vaste et la plus prestigieuse manifestation mondiale dédiée au jazz », a indiqué Audrey Azoulay, citée dans le communiqué.

Outre le grand concert mondial organisé au Palais des arts et de la culture, des activités éducatives seront proposées aux élèves de tous âges. Elles mettront notamment en lumière la musique Gnaoua du Maroc et son lien avec le jazz. Des conférences seront également organisées sur l’histoire du jazz et son influence à Tanger.

Créée par la conférence générale de l’UNESCO en 2011 et reconnue par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale du jazz touche plus de 2 milliards de personnes. Elle rassemble chaque année, le 30 avril, des pays et des communautés du monde entier. Elle met en lumière le pouvoir du jazz et son rôle dans la promotion de la paix, du dialogue entre les cultures, de la diversité et du respect de la dignité humaine.

Le Herbie Hancock Institute of Jazz est la principale organisation à but non lucratif assurant la planification, la promotion et l’organisation de cette journée.

L’Unesco lance un appel à manifestation pour les femmes scientifiques du Maghreb

Intitulée « Who’s Who des femmes scientifiques au Maghreb« , cette démarche vise à offrir une base de données publique présentant des femmes scientifiques reconnues dans leur domaine, favorisant ainsi leur représentation dans les publications et les événements scientifiques et renforçant leur rôle en tant que modèles pour les futures générations, précise un communiqué de l’Unesco.

« Bien que notre 21e siècle soit déjà très largement entamé, qui d’entre nous ne s’est pas senti un peu désespéré d’assister ou de participer à des événements ne rassemblant que des hommes parmi les orateurs et intervenants principaux, alors que nous nous étions jurés il y a déjà trente ans et plus que les choses devaient changer ? », déclare Eric Falt, directeur du Bureau de l’Unesco pour le Maghreb, cité dans le communiqué.

Malgré les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes, les femmes demeurent largement sous-représentées dans de nombreux domaines professionnels, notamment celui des sciences. Cette disparité compromet non seulement la diversité des perspectives, mais aussi l’efficacité et la pertinence de la recherche scientifique.

En se référant au Rapport de 2018 de l’Unesco sur la participation des femmes aux études et aux carrières scientifiques, les données spécifiques au Maghreb révèlent une sous-représentation significative des femmes dans le domaine scientifique. À titre d’exemple, au Maroc, bien que les femmes constituent 46% des étudiants en sciences, leur présence dans le domaine de la recherche scientifique ne dépasse pas 29%. Cette tendance est particulièrement notable dans des domaines clés tels que la physique, l’ingénierie et les technologies de l’information et de la communication.

Pour progresser vers une science plus inclusive et innovante, il est donc impératif de créer des espaces où les femmes sont représentées équitablement et où leurs contributions exceptionnelles sont valorisées et peuvent favoriser le développement de la science pour le bien de l’humanité, ajoute la même source.

Toutes les conditions d’éligibilité et les informations sur le processus de soumission à cet appel à manifestations sont disponibles sur le site de l’Unesco pour le Maghreb via le lien suivant :

https://www.unesco.org/fr/articles/whos-who-des-femmes-scientifiques-au-maghreb

Agadir, Fès et Essaouira rejoignent le réseau des villes apprenantes de l’UNESCO

Agadir, Fès et Essaouira rejoignent ainsi Marrakech, Ifrane, Chefchaouen et Benguérir au sein du réseau des villes apprenantes de l’UNESCO (GNLC).

Au total, 64 villes de 35 pays ont intégré ce réseau, fait savoir l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture dans un communiqué, relevant que les noms de ces nouvelles villes ont été dévoilés lors d’un événement virtuel intitulé « Autonomiser les apprenants de tous âges : les villes apprenantes de l’UNESCO transforment des vies« .

« Les villes sont essentielles pour transformer le droit à l’éducation en une réalité tangible pour les individus de tous âges. Avec ces nouvelles admissions, le réseau compte désormais 356 villes du monde entier, qui partagent leur savoir-faire et ouvrent la voie à des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour 390 millions de citoyens« , a souligné la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, citée dans le communiqué.

Ce réseau mondial regroupe des villes qui se distinguent par la promotion de l’apprentissage tout au long de la vie auprès de leurs habitants, note la même source. Les nouvelles villes qui intègrent le réseau ont été choisies sur recommandation d’un jury d’experts.

« Un véritable engagement du maire et de l’administration municipale en faveur de l’apprentissage, ainsi qu’un ensemble de bonnes pratiques et d’initiatives en matière de politiques publiques, constituent des conditions préalables essentielles pour devenir une ville apprenante », ajoute-t-on.

Les nouveaux membres du réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO codirigeront la campagne #JApprendsToutAuLongDeLaVie dans leurs villes. Cette campagne mobilise des apprenants du monde entier qui témoignent de leur passion pour l’apprentissage tout au long de la vie. Elle souligne que le #DroitÀL’Éducation doit s’appliquer à tous les âges.

Une connexion entre les institutions éducatives, de formation et culturelles, ainsi que l’engagement d’un large éventail de partenaires tels que des représentants du secteur public, des organisations de la société civile et des employeurs, constituent les caractéristiques clés des villes apprenantes de l’UNESCO.

Elles mobilisent efficacement des ressources dans tous les secteurs pour promouvoir un apprentissage inclusif et de qualité, de l’éducation de base à l’enseignement supérieur, et revitalisent l’apprentissage au sein des familles et des communautés, facilitent l’apprentissage sur le lieu de travail, tout en élargissant l’utilisation des technologies modernes de l’apprentissage, conclut le communiqué.

Complexe muséal de Rabat : le début des travaux suspendu à plusieurs autorisations imminentes

« Nous sommes toujours suspendus à l’accord de l’Unesco, qui doit être communiqué à la Direction du patrimoine avant de pouvoir démarrer le chantier du complexe muséal », nous déclare Mehdi Qotbi.

Avant d’être en mesure de se prononcer, l’Unesco doit en effet étudier la nature des changements architecturaux souhaités, par la fondation des musées, qui lui ont été soumis dans le cadre d’un dossier déposé depuis plusieurs mois.

Lesquels travaux concerneront l’ancien bâtiment du siège de la Marine royale à Rabat, qui devra être connecté par un tunnel au Musée d’art contemporain Mohammed VI afin de créer un ensemble muséal, nous explique-t-il.

Le président de la fondation nationale des musées attend également l’autorisation « imminente » de la mairie de la capitale pour que les bétonnières puissent emprunter les rues adjacentes qui sont normalement interdites à la circulation pour ce genre de camions.

Malgré le manque de visibilité, notre interlocuteur estime cependant que le début des travaux, qui doivent durer deux ans, ne serait « plus qu’une question de semaines au plus tard ».