L’Union africaine face à la résolution de l’ONU : la présence du polisario en question

Depuis l’adoption par le Conseil de sécurité d’une nouvelle résolution confirmant la prééminence du plan marocain d’autonomie, la question qui se pose est de savoir si la prochaine étape se joue sur le plan régional : l’Union africaine (UA) doit-elle, et/ou peut-elle expulser la pseudo-rasd de ses rangs ?

Pour l’ancien ambassadeur et expert en relations internationales, Ahmed Faouzi, les résolutions du Conseil de sécurité changent la donne. Selon lui, elles “ont force de loi et une valeur obligatoire et contraignante équivalente à une loi. L’adoption du plan d’autonomie comme l’issue au conflit régional qui nous oppose à l’Algérie devrait, par conséquent, pousser toutes les organisations internationales et régionales, à commencer par l’UA, à revoir leur politique vis-à-vis d’un État imposé au moment où le Maroc n’y était pas membre”.

Il rappelle que “les résolutions du Conseil de sécurité ont force de droit contraignant pour les États membres de l’ONU conformément à l’article 25 de la Charte, qui dispose que les membres conviennent d’accepter et d’appliquer les décisions du Conseil de sécurité. Cette obligation s’applique particulièrement quand une question est traitée en vertu du chapitre VII de la Charte, qui autorise des mesures de contrainte pour le maintien de la paix”.

Partant de ce principe, Ahmed Faouzi estime que “toutes les institutions internationales, continentales ou régionales ont le devoir de prendre en compte la portée des résolutions onusiennes et de les appliquer”.

“La pseudo-rasd est entrée par effraction au sein de l’UA”

Pour l’ancien diplomate, la présence du polisario au sein de l’organisation panafricaine repose sur une base juridique fragile. “La pseudo-rasd est entrée par effraction au sein de l’UA alors qu’elle n’a pas les attributs d’un État juridiquement constitué. Toutes les organisations, à commencer par l’UA, devraient soit la radier, soit geler son statut en attendant la résolution de ce différend qui nous oppose à l’Algérie, et cela conformément à l’évolution des résolutions du Conseil de sécurité”.

Il ajoute que “les pays qui tiennent des sommets avec l’Union africaine, comme le Japon dans le cadre du TICAD par exemple, doivent prendre les mesures nécessaires pour ne plus inviter cette entité qui siège illégalement à Addis-Abeba”.

L’ancien ambassadeur souligne également l’enjeu immédiat posé par la tenue du prochain sommet UE-UA. “Il y aura le sommet UE-UA en Angola les 24 et 25 novembre, c’est-à-dire dans quelques jours. Comment Bruxelles pourrait-elle accepter une république créée par Alger en 1975 et que le Conseil de sécurité vient d’invalider en parlant de souveraineté marocaine sur le Sahara ? C’est à cette question capitale que l’UA et l’UE doivent répondre”.

L’hypothèse d’une expulsion : un débat juridique

Sur le plan juridique, le débat reste ouvert. Ahmed Faouzi rappelle que “pour qu’une expulsion ait lieu, il faudrait avoir la certitude d’obtenir une majorité qualifiée des deux tiers des pays membres, c’est-à-dire au moins 37 États membres”.

“À mon sens, il faudrait continuer sur le même élan pour convaincre ceux qui reconnaissent encore le polisario, dont la dernière résolution du Conseil de sécurité est venue signer le décret de mort… C’est-à-dire les pays africains qui le reconnaissent encore et qui appréhendent la réaction algérienne”, ajoute-t-il.

Toutefois, il reconnaît une limite dans les textes actuels de l’Union africaine. “Il est vrai que l’Acte constitutif de l’UA ne prévoit pas le retrait ou l’expulsion d’un membre. La suspension est la seule qui est prévue quand un gouvernement accède au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels. Tout acte constitutif peut être amendé en cas de majorité. Il n’en demeure pas moins que, légalement, la présence du polisario au sein de l’UA ou lors des rencontres internationales constitue un défi pour tous”.

Ce que disent les textes de l’Union africaine

L’Acte constitutif de l’Union africaine, dans son article 30, ne prévoit en effet que la suspension “des gouvernements qui accèdent au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels”.

Quant à la cessation de la qualité de membre, elle est régie par l’article 31, qui permet à un État de se retirer volontairement de l’Union après notification écrite au président de la Commission et un délai d’un an. Aucune procédure d’expulsion n’y est mentionnée.

Reste alors la question d’une éventuelle révision des textes (pour créer un mécanisme d’exclusion), qui est prévue à l’article 32 de l’Acte constitutif. Celui-ci stipule que :

– Tout État membre peut soumettre des propositions d’amendement ou de révision de l’Acte constitutif.

– Les propositions sont soumises au président de la Commission, qui en communique copie aux États membres dans les trente jours suivant la réception.

– La Conférence de l’Union, sur avis du Conseil exécutif, examine les propositions.

– Les amendements ou révisions sont adoptés par la Conférence de l’Union par consensus ou, à défaut, à la majorité des deux tiers, et entrent en vigueur trente jours après le dépôt des instruments de ratification par les deux tiers des États membres.

Autrement dit, une réforme de l’Acte constitutif peut ouvrir la voie à une expulsion de la pseudo-rasd. Cette réforme doit obtenir une majorité qualifiée des deux tiers des 55 États membres de l’Union africaine, soit 37 pays, et être ratifiée selon les procédures constitutionnelles internes de chacun. Un processus obligatoirement très lent.

MISE A JOUR:

Après publication de cet article, nous avons reçu un complément d’information et de commentaire de la part d’un fin connaisseur des arcanes de l’Union africaine. Nous les partageons ci-dessous avec nos lecteurs:

« Au sujet de la présence de la « rasd » à l’UA, il faut rappeler les faits suivants: au Sommet africain tenu à Freetown en juin 1980, quand la demande d’admission a été déposée, le Maroc a soulevé une question préjudicielle (le candidat ne remplit pas les conditions des articles 4 et 28: État indépendant et souverain) en présentant une motion.

« Les Algériens et leurs amis ont fait du tapage pour empêcher le vote de la motion. Le Président a finalement décidé de suspendre l’admission et la motion. Il a en fait violé le règlement intérieur parce qu’une motion doit immédiatement être soumise au vote.

« En février 1981, le même groupe qui nous est hostile a demandé par lettre la présence de la «rasd», Edem Kodjo le secrétaire général de l’organisation, a répondu par lettre pour rappeler la décision de suspendre l’admission et la motion.

« Au mois de juin suivant, sommet de Nairobi où le Roi Hassan II propose le référendum. En février 1982, à la réunion ministérielle, les délégations découvrent une pancarte de la « rasd ». 19 membres quittent la salle de réunion en guise de protestation et rompent le quorum. Crise de l’OUA, le sommet qui devait se tenir à Tripoli a été reporté sine die. En 1983, le sommet a pu se tenir, les Algériens ont demandé à leurs affidés de ne pas participer !

« Aujourd’hui, le Maroc doit avoir de l’audace et présenter une motion avec quelques pays amis pour que les chefs d’État africains répondent à la question de savoir si cette entité remplit les conditions d’un État indépendant et souverain pour être maintenue comme membre de l’UA ».

CPS de l’UA : ce qu’il faut retenir du mandat du Maroc à la présidence pour le mois de mars

Ainsi, des thématiques importantes, telles que l’intelligence artificielle (IA) et son impact sur la paix et la sécurité, ou encore le changement climatique, ont été au cœur des débats lors de cette présidence. Par ailleurs, le CPS a convoqué, sous présidence marocaine, des consultations informelles avec les pays en transition politique (Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée, Soudan, Gabon), et s’est saisi de la situation sécuritaire qui prévaut au Soudan et au Soudan du Sud.

Dans le prolongement de la vision éclairée du Roi Mohammed VI qui a toujours appelé de ses vœux à une Afrique qui croit en sa capacité à prendre son destin en main, la présidence marocaine a été marquée par l’organisation d’une réunion ministérielle sur l’IA et son impact sur la paix et la sécurité, au cours de laquelle le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a plaidé en faveur de l’émergence d’un leadership africain fort et uni, capable de faire de l’IA un vrai levier de développement, de paix et de sécurité au profit des Africains et des Africaines.

Un des moments forts de la présidence marocaine du CPS était la convocation de consultations informelles avec les six pays africains en transition politique, à savoir le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Gabon, le Soudan et la Guinée.

L’initiative de tenir ces consultations informelles a été hautement appréciée par les six pays concernés, car elle leur a non seulement permis de faire le point sur les progrès réalisés dans le cadre de leurs processus de transition respectifs, mais surtout de réaffirmer leur aspiration à une réintégration pleine et entière au sein de l’UA.

Durant sa présidence du CPS, le Maroc est resté attentif aux évolutions observées au sein de plusieurs pays africains. À cet égard, un focus particulier a été mis sur la situation au Soudan. De plus, le CPS a été saisi, deux fois au cours de ce mois de mars, de la situation qui prévaut au Soudan du Sud.

Paix et défis sécuritaires

D’autre part et face aux nombreux défis sécuritaires que l’Afrique rencontre, la présidence marocaine du CPS a organisé plusieurs sessions thématiques mettant en lumière des enjeux cruciaux pour la paix et la sécurité en Afrique. Parmi ces thématiques figurent « Le changement climatique : défis liés à la paix et à la sécurité en Afrique« , « La déradicalisation comme levier de lutte contre l’extrémisme violent » ou encore « Débat sur l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité (FPS) en Afrique« .

L’organisation du programme d’initiation et d’orientation destiné aux nouveaux membres du CPS a constitué un autre fait marquant de la présidence marocaine du Conseil. Tenu du 22 au 28 mars 2025 à Arusha, ce programme d’initiation a permis de tracer les contours d’une feuille de route pour améliorer l’efficacité du CPS-UA.

En tant que président du CPS pour le mois de mars, le Royaume du Maroc a joué un rôle clé dans l’adoption de la position africaine commune sur l’examen 2025 de l’architecture des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

Le bilan de la présidence marocaine du CPS de l’UA pour le mois de mars 2025 reflète ainsi l’engagement constant du Royaume en faveur d’une approche africaine concertée et pragmatique face aux défis sécuritaires en Afrique.

CPS de l’UA : le Maroc plaide pour une IA africaine éthique et souveraine

« L’avenir de l’IA en Afrique ne peut éluder le besoin de construire une IA africaine, par l’Afrique et pour l’Afrique. L’IA que nous voulons doit être éthique, responsable et adaptée à nos réalités », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger dans un discours prononcé par visioconférence devant la réunion ministérielle du CPS-UA, ce jeudi 20 mars 2025.

Dans ce sens, Nasser Bourita, qui a présidé cette réunion ministérielle, a appelé à une mobilisation et à une action collective en vue de faire de l’IA un véritable levier de développement, de paix et de sécurité au profit des Africains et des Africaines.

L’IA que nous voulons doit être éthique, responsable et adaptée à nos réalités

Conscient de cette réalité, le Maroc, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, est résolu à contribuer à l’essor de l’Afrique dans le domaine de l’IA, a-t-il soutenu, réaffirmant l’engagement fort et dynamique du Royaume pour l’émergence d’un leadership africain uni en matière d’IA.

 

Mettant en lumière les défis et les opportunités que représente l’IA pour le continent africain, le ministre a précisé que si l’IA est un outil de développement et de progrès pour l’Humanité, elle est aussi une arme à double tranchant car, mal exploitée, elle peut accentuer les fractures, alimenter l’instabilité et servir d’outil aux acteurs non étatiques les plus destructeurs.

L’Afrique face aux défis des deepfakes, du terrorisme et des cyberattaques

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une augmentation de 900% des vidéos truquées (deepfakes) depuis 2019, une hausse de 300% des cyberattaques utilisant l’IA entre 2019 et 2022, et 40% des groupes terroristes ont déjà eu recours à des drones autonomes dans leurs attaques. Par ailleurs, 47 pays ont été touchés par des campagnes de désinformation en 2023, affectant directement leurs processus démocratiques.

Face à ces enjeux, Nasser Bourita a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de se positionner comme un acteur clé dans la gouvernance mondiale de l’IA.

Le ministre a, en outre, rappelé que l’IA ne recèle pas seulement un enjeu de sécurité et de stabilité, mais qu’elle constitue aussi un formidable vecteur de croissance économique. D’ici 2030, l’IA devrait injecter 15.700 milliards de dollars dans l’économie mondiale, augmenter la production agricole de 10% à 15% et accélérer le taux de croissance de certains pays de 40%, a-t-il expliqué.

Cependant, il a indiqué que l’Afrique devait surmonter des lacunes structurelles pour exploiter pleinement ce potentiel de l’IA. Actuellement, 60% de la population africaine n’a toujours pas accès à internet, moins de 2% des données utilisées dans l’IA sont localisées sur le continent, et seulement 1% des talents mondiaux en IA sont basés en Afrique.

Rattraper le temps perdu

Pour y remédier, le Maroc a proposé une série de mesures concrètes, notamment la création d’un fonds africain pour l’IA, la mise en place d’une stratégie panafricaine de collecte et de valorisation des données, et le lancement d’un programme massif de formation pour structurer une élite africaine en IA.

Le Royaume, pionnier en matière d’IA sur le continent, a poursuivi Nasser Bourita, a déjà pris des initiatives significatives : la stratégie « Maroc Digital 2030 » qui vise à former 100.000 talents par an, le lancement, il y a deux semaines, d’un programme national d’initiation des enfants à l’IA, sans oublier que le Royaume abrite également le premier centre africain de l’UNESCO sur l’IA, « Ai Movement« , opérationnel à Rabat.

Le choix est simple : soit nous nous unissons pour maîtriser cette transformation, soit nous en subirons les conséquences

Sur le plan international, le Maroc a également joué un rôle clé dans l’adoption des premières résolutions de l’ONU sur l’IA et a cofondé le Groupe des Amis de l’IA pour le développement durable, qui réunit plus de 70 pays, a-t-il indiqué.

Dans son discours, Nasser Bourita a, par ailleurs, appelé à une action africaine coordonnée et concrète, soulignant que « l’inaction est notre ennemi commun ».

À cet égard, le Royaume a proposé l’institutionnalisation d’un réseau africain des centres nationaux de l’IA et la mise en place d’un panel d’experts africains pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie continentale.

Enfin, le ministre a réaffirmé la volonté du Maroc de travailler main dans la main avec ses partenaires africains pour faire de l’IA un outil de développement et de stabilité.

« L’Afrique doit croire en sa capacité à prendre son destin en main », a déclaré Nasser Bourita, citant le Roi Mohammed VI.

Et le ministre de conclure que « l’IA n’attendra pas que nous soyons prêts. Elle est déjà là, redessinant les rapports de force. Le choix est simple : soit nous nous unissons pour maîtriser cette transformation, soit nous en subirons les conséquences ».

CPS : le Maroc souligne l’impératif d’accompagner les pays en transition politique pour leur réintégration à l’Union africaine

Lors des consultations informelles avec le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée, le Mali, le Niger et le Soudan, convoquées par le Royaume qui préside le CPS de l’UA pour le mois de mars, la délégation marocaine a mis l’accent sur l’importance du dialogue et des consultations régulières avec les pays en transition.

La réussite de ces processus repose sur des échanges ouverts et constructifs, indispensables pour répondre aux attentes des populations, renforcer la confiance et promouvoir des solutions durables, a ajouté la délégation marocaine, appelant à institutionnaliser ces consultations informelles en tant que mécanisme stratégique d’accompagnement des transitions politiques.

Cet échange constant permettra d’identifier les défis persistants, d’encourager des solutions inclusives et d’appuyer les efforts des autorités nationales en matière de gouvernance, de réconciliation et de développement, de même qu’il garantira une meilleure coordination des initiatives régionales et internationales, afin d’optimiser l’impact des actions entreprises au bénéfice des populations, a relevé la délégation marocaine.

Elle a en outre salué les progrès réalisés par les autorités nationales respectives et appelé toutes les parties à privilégier l’intérêt national suprême et le bien-être des populations. « Maintenir un dialogue régulier avec ces pays est essentiel pour comprendre leurs attentes et assurer un accompagnement adapté, en tenant compte de leurs spécificités politiques, économiques et sociales », a insisté la délégation.

Elle a aussi souligné que, fidèle à son engagement panafricain et aux principes fondateurs de l’UA, le Maroc réitère son attachement indéfectible à l’unité et à la souveraineté des États africains, ainsi qu’aux aspirations légitimes de leurs peuples à la paix, à la stabilité et au développement.

Face aux défis multiples et aux limites des approches purement sécuritaires, le Maroc insiste sur l’importance du Nexus paix, sécurité et développement, tel que recommandé dans la Déclaration de Tanger, adoptée par la Conférence de l’UA, a affirmé la délégation, précisant que cette approche vise à s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité à travers des projets de développement concrets et adaptés aux réalités de chaque pays.

Elle a par ailleurs fait savoir que le Maroc demeure fermement attaché au principe de solidarité agissante envers les pays en transition, insistant sur l’impératif qu’ils ne se sentent pas abandonnés en cette période, mais qu’ils bénéficient d’un accompagnement multidimensionnel.

Cet accompagnement doit être fondé sur un appui sécuritaire, pour faire face aux défis de stabilité et lutter contre les menaces transnationales, un soutien socio-économique, afin de renforcer la résilience des populations et créer des opportunités, notamment pour la jeunesse, et une assistance humanitaire, pour protéger les populations vulnérables et garantir l’accès aux services essentiels, a-t-elle expliqué.

La délégation a en outre indiqué que le Maroc réaffirme sa confiance dans la capacité des autorités nationales et des forces vives de ces pays à consolider la cohésion nationale, à surmonter les défis actuels et à s’engager résolument sur une trajectoire durable de paix, de stabilité et de développement inclusif.

Le Royaume reste résolument engagé aux côtés des pays en transition politique et continuera à soutenir leurs efforts pour consolider la paix et le développement, a assuré la délégation.

« Nous sommes convaincus que, grâce à une approche collective, inclusive et solidaire, nous pourrons accompagner ces pays frères vers un avenir meilleur, marqué par la stabilité, la prospérité et leur pleine réintégration au sein de notre Union africaine », a-t-elle dit, réaffirmant l’engagement du Maroc à soutenir ces pays frères et à œuvrer pour une Afrique unie, stable et prospère.

CPS de l’UA : le Maroc lance un appel en faveur de la stabilité et de la paix au Soudan du Sud

L’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’UA et de la CEA-ONU, Mohamed Arrouchi, qui présidait une réunion par visioconférence du CPS sur la situation au Soudan du Sud, a réaffirmé que le soutien au peuple de ce pays doit rester ferme.

« La situation dans ce pays africain demeure fragile malgré les avancées réalisées. C’est pourquoi notre soutien au peuple du Soudan du Sud doit rester ferme. Nous devons continuer à accompagner les autorités sud-soudanaises dans la mise en œuvre complète de l’Accord revitalisé et à soutenir les efforts de consolidation de la paix, de réconciliation et de développement », a insisté le diplomate marocain.

Le Soudan du Sud se trouve à un moment critique où des décisions doivent être prises sur la voie d’une transition pacifique et d’une démocratie pérenne, a mis en avant le diplomate.

M. Arrouchi a réitéré qu' »ensemble, nous devons œuvrer pour que le Soudan du Sud retrouve la stabilité, la paix et la prospérité qu’il mérite ».

Le contexte actuel de tensions croissantes est particulièrement préoccupant, car il menace la pérennité de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud (R-ARCSS) et pourrait compromettre l’accord du cessez-le-feu en vigueur dans le pays depuis 2018, a mis en garde l’ambassadeur.

À l’heure où des observateurs redoutent que ces tensions dégénèrent au risque de replonger le pays dans une nouvelle guerre civile, le Conseil de paix et de sécurité doit veiller, en concert avec les autres acteurs régionaux et les parties prenantes concernées, à ce que tous les signataires de l’Accord continuent à faire preuve de responsabilité en privilégiant le dialogue pour résoudre leurs différends, a-t-il insisté.

Lors de la mission de terrain du CPS à Juba, en juin 2024, « nous avons pu constater les avancées significatives dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé (R-ARCSS), notamment dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité et du redressement économique. Mais nous avons aussi constaté des lacunes dans les préparatifs du processus électoral et l’unification des forces pour former une armée nationale unifiée », a fait observer le diplomate marocain.

Dans ce sillage, la décision de repousser la date des élections pour une période de deux ans visait à donner au Soudan du Sud la possibilité d’achever les tâches pendantes pour faciliter l’organisation des élections en décembre 2026 et parachever la transition en février 2027, a ajouté M. Arrouchi.

Le Maroc sera l’hôte, en mars 2026, de la 58ᵉ session de la CEA et de la Conférence des ministres africains des Finances

Cette annonce a été faite vendredi matin lors de la session des experts de la 57 session de la CEA et de la Conférence des ministres africains des Finances, de la planification et du développement économique qui se tient à Addis-Abeba du 12 au 18 mars courant.

À cette occasion, le choix du Royaume pour abriter cette importante conférence a été adopté à l’unanimité et sans aucune objection, témoignant ainsi de la confiance renouvelée en l’expertise et l’engagement du Maroc dans l’organisation d’événements d’envergure continentale.

Cette décision reflète l’engagement constant et indéfectible du Maroc en faveur du renforcement de la coopération africaine et du développement économique et social du continent.

La 58ᵉ session de la Conférence, prévue pour mars 2026 au Maroc, est placée sous le thème : « La croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique« .

Le Maroc réitère ainsi sa volonté de contribuer activement aux efforts collectifs visant à promouvoir une croissance inclusive et durable en Afrique, en mettant à profit son expérience et ses capacités organisationnelles au service du développement du continent.

Le Maroc, rappelle-t-on, a été élu, mercredi à Addis-Abeba, à l’unanimité à la présidence de la 57 session de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies et de la Conférence des ministres africains des Finances, de la planification et du développement économique.

Le choix du Maroc témoigne de la confiance des États membres dans le leadership du Royaume et dans son engagement en faveur d’une gouvernance économique africaine dynamique et inclusive.

Après le sommet de l’UA, des questions et des leçons à tirer

Lorsqu’on trébuche, il faut en tirer les leçons. L’adversité est formatrice. Si l’on ne nomme pas les choses avec clarté et qu’on n’en tire pas les vrais enseignements, on risque de revivre les mêmes déconvenues, à Dieu ne plaise.

1. Le contexte

Le 11 octobre 2024, à l’ouverture du Parlement, discours royal entièrement consacré au Sahara. Extraits :

« Nonobstant tout ce qui a été réalisé, la prochaine étape exige de tous un surcroît de mobilisation et de vigilance pour conforter durablement la position de notre pays, et il importe de continuer à plaider la justesse de notre Cause et à contrecarrer les manœuvres des adversaires.

« À cet égard, les fondamentaux de la position du Maroc doivent être expliqués au petit nombre de pays qui continuent de prendre à contre-pied la logique du droit et de dénier les faits de l’Histoire. Corrélativement, il faut s’employer à les convaincre de la légitimité de la marocanité du Sahara à grand renfort de preuves et d’arguments juridiques, politiques, historiques et spirituels.

« Cette démarche exige de mutualiser les efforts de toutes les institutions et les instances nationales officielles, partisanes et civiles et de renforcer leur coordination, de manière à conférer l’efficacité nécessaire à leur action et à leurs mobilisations.

« Vous êtes au fait, honorables parlementaires, du rôle agissant qui revient à la diplomatie partisane et parlementaire pour recueillir davantage de reconnaissances en faveur de la marocanité du Sahara et pour élargir l’appui à l’Initiative d’autonomie, en tant que seule solution à ce conflit régional.

« Aussi, nous appelons à plus de coordination entre les deux chambres du Parlement à ce sujet, en mettant en place des structures internes adaptées, dotées de profils qualifiés et en appliquant les critères de compétence et de spécialisation dans le choix des délégations, aussi bien à l’occasion des rencontres bilatérales que lors de la participation à des forums régionaux et internationaux ».

Il serait intéressant de vérifier si le Parlement avec ses deux chambres a fait le nécessaire. Même question pour les partis.

2. Le rendez-vous annuel d’Addis-Abeba:

Le Maroc avait trois objectifs électifs au cours des derniers mois sur le continent africain :

-être élu en tant que vice-président d’Interpol pour l’Afrique. Cette case a été cochée au mois de novembre dernier à travers l’élection de Mohammed Dkhissi.

-un maintien du Maroc au Conseil Paix et Sécurité (CPS), le Conseil de sécurité africain, dont il aspire à devenir président.

-l’élection d’une Marocaine, Latifa Akherbach, au poste de vice-présidente de la commission de l’UA.

3. Le bilan.

Sur le premier point donc (Interpol), le Maroc a réalisé son objectif.

Sur le deuxième point, le Maroc a déjà accompli deux mandats au CPS: 2018-2020 et 2022-2025, au cours desquels le Royaume a assuré la présidence à trois reprises.

Pour des raisons dont on ne connaît pas les coulisses, le candidat algérien est arrivé en tête lors du renouvellement des mandats du CPS. Écartée du CPS qu’elle avait dirigé pendant dix ans, l’Algérie a mis en avant le principe de rotation puisque les sièges émanent des 5 régions. Elle a obtenu 30 voix alors qu’il en fallait 33. Le Maroc a clairement bloqué l’obtention du nombre nécessaire de voix et le vote sera de nouveau programmé dans un mois. En attendant, le Maroc garde son siège.

Cette élection du CPS et des six commissaires a eu lieu les 12 et 13 février.

Sur le troisième point, c’est la candidate algérienne qui a remporté le scrutin à l’issue de 7 tours. C’est cette défaite qui a suscité au Maroc le plus de commentaires, car le siège de vice-présidente était prenable.

4. Vice-présidence: un échec de peu.

Pour des raisons statutaires, l’UA a gelé la participation de 6 pays membres dont le Gabon, le Niger, le Mali, la Guinée et le Burkina, tous alliés du Maroc. Cela représente 5 voix perdues.

Malgré cela, ainsi qu’un intense travail en coulisses algérien, le rapport de forces semblait équilibré au démarrage du scrutin. Égalité des voix d’abord (21 chacun). Puis 2 à 4 voix d’avance pour l’Algérie. Mais le Maroc, restant classé deuxième dès le deuxième tour, a fini par être éliminé et l’Algérie est restée seule en lice, où elle obtint les 33 voix fatidiques (sur 49 votants).

Ce que l’on peut en dire :

-la candidate marocaine, soutenue fortement par une équipe des affaires étrangères présente sur place depuis novembre, avait sur le papier le meilleur profil : une dizaine d’années d’expérience en tant que secrétaire d’État aux AE ; une présidence de la Haca avec rang de ministre où elle a sillonné l’Afrique et rencontré plusieurs chefs d’État ; des présentations et des rencontres avec les représentants des pays membres dont les échos ont été excellents.

-les voix des cinq pays empêchés de participer ont manqué au Maroc. Le scénario aurait été complètement différent. Puisque le Maroc aurait été d’emblée en tête et fini par éliminer ses trois concurrents l’un après l’autre.

-différentes sources présentes sur place nous parlent du vote d’un pays ami contre le Maroc, doublé d’un activisme au profit de la candidate algérienne.

-l’explosion de joie de la délégation algérienne montre à quel point ce pays avait besoin d’une victoire, accumulant les échecs dans sa confrontation avec le Maroc depuis plusieurs années.

5. Le retour à l’UA: 8 ans déjà.

Beaucoup de choses ont été accomplies pendant ces 8 années. La plus importante est probablement celle-ci: la nuisance permanente, obsessionnelle, de l’Algérie à travers l’UA contre la marocanité du Sahara a été neutralisée. Désormais, et c’est la décision d’un sommet de Chefs d’État, la question du Sahara ne relève que d’un triumvirat de Chefs d’État : le président en exercice, son prédécesseur et son successeur.

C’est cela qui a permis de bloquer l’axe Pretoria-Alger.

6. Les questions qui restent posées:

-Dans quelle mesure les orientations royales du 11 octobre ont-elles été appliquées ? Il s’agit d’anticipation ; de coordination entre gouvernement, parlement, partis et société civile ; et de vigilance.

-Depuis le retour à l’UA, des sources marocaines attirent l’attention sur « le manque de moyens humains et de présence forte et permanente au siège de l’UA ». Nous ne pouvons pas savoir si cela est vrai et si cela a joué dans le scrutin de la vice-présidence. Une question qui mérite donc explication.

-Le ministre Bourita n’a-t-il pas besoin de plusieurs secrétaires d’État et, en tous les cas, d’un secrétariat d’État dédié à l’Afrique ?

7. En conclusion…

Le Maroc aurait pu mieux faire à Addis-Abeba au cours du mois de janvier 2025. Mais d’un autre côté, n’oublions pas les victoires remportées à l’ONU, au Conseil de sécurité où deux membres permanents soutiennent désormais la marocanité du Sahara ; les positions nouvelles de plusieurs pays européens et à leur tête l’Espagne ; les victoires en Amérique latine ; le nombre de pays qui retirent leur reconnaissance du polisario…

La cause nationale est un marathon, pas une confrontation diplomatique unique. Il faut tirer les conclusions et continuer à avancer.

Union africaine : au CPS, l’Algérie échoue à remplacer le Maroc

La 46e session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA (au niveau des ministres des Affaires étrangères) démarre sur les chapeaux de roues. Ouverte mercredi 12 février, cette session a été notamment marquée par le démarrage du processus électoral pour renouveler les postes de commissaires de l’organisation panafricaine ainsi que la composition du CPS. 4 des 6 postes de commissaires ont été pourvus. Pour les deux restants, une nouvelle élection est prévue dans un mois.

Depuis plusieurs mois, le régime du pays voisin a mené des campagnes de lobbying auprès des pays africains pour faire d’une pierre deux coups : refaire son entrée au CPS, où l’Algérie faisait la pluie et le beau temps depuis le début des années 2000, et évincer le Maroc qui y siège depuis le mois de février 2022.

Les urnes n’ont pas été clémentes avec l’Algérie. Son candidat n’a pas réussi à réunir les voix nécessaires pour se faire élire, soit les deux tiers lors de ce vote à bulletin secret.

Un nouveau scrutin aura lieu dans un mois, comme le stipulent les règlements de l’UA.

Le CPS est composé de 15 membres : 10 élus pour un mandat de 2 ans et 5 pour un mandat de 3 ans. La présence des pays africains dans cet organe décisionnel se fait selon un système de rotation régional.

« La participation à cette compétition salutaire n’émane pas d’une volonté hégémonique comme certains le laisseraient entendre. Elle est, par contre, le reflet d’un attachement viscéral au panafricanisme et aux causes nobles du continent et de ses citoyens », avait annoncé Nasser Bourita à l’ouverture des travaux de cette 46ᵉ session. Le chef de la diplomatie marocaine répond, sans le citer, au régime algérien qui accuse le Maroc « d’hégémonisme ».

Sauf que, pour le Maroc, il est surtout question de participer activement à la réforme de l’UA et de ses instances de décision.

« Nous avons besoin, plus que jamais, de leaders capables d’alléger le poids de la bureaucratie qui pèse sur notre Organisation, de rendre son mode de gestion plus transparent, plus connecté aux réalités africaines et ses actions sur le terrain plus efficientes, et capables de mettre fin au cloisonnement qui empêche la bonne coordination entre ses différents organes », explique Nasser Bourita.

Ouverture de la 46e session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA, Bourita préside la délégation marocaine

Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, préside la délégation marocaine à cette session qui se tient en prélude au sommet ordinaire des chefs d’Etat, prévu les 15 et 16 février.

La réunion du Conseil exécutif sera notamment marquée par l’élection de cinq membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA.

Elle élira aussi six commissaires de l’UA et se penchera sur l’examen du rapport annuel sur les activités de l’Union et de ses organes.

Cette réunion examinera, d’autre part, les projets d’ordre du jour et des décisions qui seront soumis au 38ème sommet de l’UA.

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Le Maroc candidat à la vice-présidence de la Commission de l’UA : voici tout ce qu’il faut savoir

Le 15 février prochain, l’Union africaine élira un nouveau président et un vice-président de la Commission. Le Maroc se porte candidat à la vice-présidence avec Latifa Akharbach, dont le profil apparaît comme le plus solide sur le papier, en comparaison avec les candidatures présentées par l’Algérie, l’Égypte et la Libye.

Si le Maroc n’a encore jamais occupé de poste de premier plan au sein de la Commission de l’UA (deuxième organe de l’organisation après le Sommet des chefs d’Etat), son poids économique et diplomatique en fait un acteur clé de l’UA.

Latifa Akharbach, la candidate marocaine à la vice-présidence de la Commission africaine.

L’élection espérée de Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), constituerait donc une première historique et marquerait une avancée majeure dans l’ancrage du Maroc au sein de l’Union africaine. Mais qui est-elle ? Quels sont ses projets pour ce mandat ? Et comment se dessinent les rapports de force à l’approche du scrutin ?

Vice-présidence féminine et nord-africaine

Bien que le vote semble incertain et disputé, deux facteurs constituent des certitudes.

Il convient de préciser que cette élection s’inscrit dans le cadre des réformes de gouvernance initiées en 2016 sous l’impulsion de Paul Kagame, qui instaurent deux principes majeurs : la rotation régionale et la parité.

En effet, cinq régions africaines se relaient à ces deux postes. Cette année, le président sera issu de l’Afrique de l’Est, tandis que la vice-présidence reviendra à une personnalité de l’Afrique du Nord.

Autre certitude : conformément à cette réforme de gouvernance, lorsqu’un homme est élu à la présidence, le poste de vice-président ne peut être destiné qu’à une femme. Et vice versa. Aujourd’hui, seules des candidatures masculines restent en lice à la présidence, ce qui garantit que la vice-présidence sera occupée par une femme.

Anticipant ce scénario, le Maroc a fait le choix stratégique de ne présenter qu’une candidate à la vice-présidence. Une approche différente de l’Algérie, de l’Égypte qui ont chacune soumis une candidature masculine et une féminine. Mais au final, c’est bien le profil qui fera la différence, et celui de la candidate marocaine la place en position de favorite.

Un profil taillé sur mesure

Le vice-président de la Commission de l’Union africaine joue un rôle clé en assurant l’efficacité de l’organisation et en renforçant son influence sur la scène internationale. Ce poste requiert donc un profil de haut niveau, capable de conjuguer leadership, expérience et vision stratégique.

Le Maroc a choisi de présenter Latifa Akharbach, une candidate au parcours riche et varié. Ancienne secrétaire d’État aux Affaires étrangères (2007-2012), elle a occupé des postes de responsabilité à la tête d’institutions nationales et continentales, lui conférant une expertise solide en matière de coopération africaine et de diplomatie multilatérale.

Elle a obtenu une licence en journalisme en 1983, un DEA (équivalent d’un master) en sciences de l’information et de la communication en 1985, et un doctorat avec mention très honorable en 1988. Tout cela avant de se lancer dans un parcours professionnel allant de l’enseignement (de 1988 à 2007 à l’ISIC qu’elle avait dirigé par ailleurs) à la direction d’institutions nationales (avec le rang de ministre à la HACA), en passant par des missions diplomatiques (ambassadrice du Maroc en Bulgarie, puis en Tunisie). Actuellement, Latifa Akharbach dirige la HACA, où elle a été nommée le 3 décembre 2018.

Son expérience l’a dotée d’une grande capacité à collaborer et à s’engager avec les différents dirigeants africains en vue de promouvoir l’Afrique en tant qu’acteur fort, résilient et influent sur la scène internationale.

Avec vingt ans d’expérience dans des fonctions de direction, dont treize à un niveau ministériel, Latifa Akharbach s’est imposée comme une voix engagée pour les grandes causes africaines. Son parcours, qui l’a menée à intervenir en tant qu’universitaire, directrice, ambassadrice et présidente d’institutions, témoigne de sa capacité à porter des projets ambitieux et à œuvrer pour l’intérêt collectif.

Elle est également co-auteure de deux ouvrages sur la condition de la femme au Maroc et a été décorée à plusieurs reprises, dont la plus récente date de mars 2023, lorsqu’elle a obtenu l’insigne de Commandeur de l’ordre du Mérite de la communication de la Côte d’Ivoire au nom du président Alassane Ouattara.

Sa vision pour l’Union africaine repose sur quatre priorités majeures : accélérer la finalisation de la réforme institutionnelle ; renforcer l’autonomie financière de l’organisation ; améliorer l’efficacité décisionnelle et exécutive de la Commission ; et rapprocher l’UA des jeunes et des femmes sur l’ensemble du continent.

Il convient de souligner que la collaboration étroite entre le vice-président et le président est essentielle, notamment pour relever les défis internes liés à la gestion des ressources humaines et à l’efficacité structurelle. À ce titre, le constat d’observateurs, selon lequel la majorité écrasante des décisions ne sont pas mises en œuvre, souligne l’urgence d’une réforme en profondeur.

À travers la candidature de Latifa Akharbach, le Maroc entend contribuer activement à l’amélioration du fonctionnement de l’Union africaine en proposant une vice-présidente engagée, déterminée à faire évoluer l’organisation vers plus de performance et d’impact. Et ayant les épaules suffisamment larges pour ce faire.

Des rapports de force en balance

D’après les informations recueillies par Médias24, la campagne de proximité menée par la candidate marocaine se déroule positivement. Toutefois, l’issue du vote reste incertaine et s’annonce disputée.

Conformément aux statuts de l’Union africaine, l’élection du vice-président de la Commission requiert une majorité des deux tiers. L’organisation compte officiellement 54 États membres (55 avec la pseudo-rasd). Cependant, six pays – dont le Niger, le Mali et le Gabon – sont privés de leur droit de vote en raison de changements inconstitutionnels à la tête de l’État. Cela ramène le nombre d’électeurs à 49 et impose à la candidate victorieuse de recueillir au moins 33 voix.

Face à cela, il semble que l’Algérie mise sur une stratégie d’obstruction en cherchant à réunir un bloc de 17 voix, suffisant pour empêcher l’élection d’un candidat adverse. Le scrutin s’annonce donc serré, avec des rapports de force encore en mouvement.

Il est important de rappeler que le Maroc n’a jamais été élu au sein de la Commission de l’Union africaine, ni à la présidence ni à la vice-présidence. Il apparaît donc légitime que le Royaume estime que son tour est venu, d’autant plus que l’Algérie et l’Égypte ont occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’organisation, parfois pendant des décennies.

L’Algérie a ainsi dirigé la Commission de l’éducation (Mohamed Belhocine), ainsi que celle de la paix et de la sécurité pendant près de dix ans (Smaïl Chergui). L’Égypte, quant à elle, a pris la tête de huit commissions, dont celle des infrastructures en 2017.

Pourtant, c’est le Maroc qui est souvent accusé d’ambitions hégémoniques, alors qu’il n’a, jusqu’à présent, vu qu’un seul de ses ressortissants désigné et aucun élu à un poste clé. Il s’agit de Fathallah Sijilmassi, directeur général de la Commission de l’UA, qui a été sélectionné par l’UA parmi un large panel de candidats.

Par ailleurs, en plus de la vice-présidence, le Maroc se porte également candidat à la présidence de la Commission de la paix et de la sécurité, dont l’élection se tiendra les 12 et 13 février, en même temps que celles des cinq autres commissaires.

Ces scrutins s’inscrivent dans une dynamique plus large pour le Royaume, qui joue cette année un rôle actif sur la scène africaine à travers trois élections majeures. En plus de sa candidature à la vice-présidence à la Commission de l’Union africaine, le Maroc cherche à renouveler son mandat au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, sachant qu’il a récemment été élu à la vice-présidence d’Interpol pour l’Afrique.

Le Maroc abritera le siège national de l’Agence de développement de l’Union africaine

À cette occasion, les deux parties ont signé deux accords visant le renforcement de la coopération entre le Royaume du Maroc et l’Agence de développement de l’UA.

Il s’agit d’un accord de siège relatif à l’établissement du bureau national ADUA-NEPAD au Maroc et d’un accord-cadre pour la promotion des projets de développement d’intérêt commun.

 

Dans une déclaration à la presse à l’issue de cette cérémonie de signature, Mme Bekele-Thomas a salué l’engagement du Maroc, guidé par la vision du Roi Mohammed VI, en faveur de l’intégration africaine et le soutien constant du Royaume aux actions de l’Agence.

À cet égard, elle a souligné que la signature de ces deux accords vient concrétiser la vision royale pour l’Afrique et l’engagement du Maroc envers l’Union africaine et l’Agence de développement de l’UA.

En effet, l’accord-cadre de coopération illustre l’appui du Maroc au développement du continent africain, a-t-elle fait observer, ajoutant que l’ADUA-NEPAD œuvrera en coordination avec le Royaume pour la mise en œuvre de l’agenda 2063 de l’UA.

La République du Ghana suspend ses relations diplomatiques avec la pseudo « rasd »

Cette décision a été communiquée dans un document officiel du ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale de la République du Ghana, adressé au ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger du Royaume du Maroc.

La République du Ghana « a décidé d’informer immédiatement, à travers les canaux diplomatiques, le gouvernement du Royaume du Maroc, l’Union Africaine et l’Organisation des Nations Unies, de cette position ».

Dans le même document officiel, la République du Ghana a exprimé son appui aux « efforts de bonne foi déployés par le Royaume du Maroc afin de parvenir à une solution acceptée par toutes les parties ».

Il convient de rappeler que la République du Ghana avait reconnu la pseudo « rasd » en 1979.

Grâce à l’impulsion donnée à la question du Sahara marocain par le Roi Mohammed VI, 46 pays, dont 13 africains, ont rompu ou suspendu leurs relations avec la pseudo « rasd » depuis 2000.