Tomates fraîches : le Maroc 2ᵉ fournisseur de l’UE et 3ᵉ exportateur mondial

Le Maroc est le troisième exportateur mondial de tomates fraîches, avec 11% de part de marché et un taux de croissance annuel moyen de 11%, supérieur à la moyenne mondiale (3%). Il figure derrière le Mexique et les Pays-Bas. L’Union européenne (les 27 pays + Royaume-Uni) reste le premier marché importateur mondial, représentant 42% des volumes et 54% de la valeur.

Ces chiffres, annoncés par l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (Morocco Foodex) à l’occasion de la Morocco Tomato Conference, qui s’est tenue le mercredi 21 mai à Agadir, classent le Maroc comme deuxième fournisseur de l’UE avec 24% de part de marché, derrière les Pays-Bas.

Il est également le deuxième fournisseur du Royaume-Uni, qui a importé 396.000 tonnes en 2024, dont 27,1% en provenance du Maroc.

La tomate marocaine est également présente sur d’autres marchés :

– Afrique subsaharienne : 31.000 t exportées (+23%), 2e fournisseur ; 

– Pays du Golfe : 3.000 t exportées (+39%), 6ᵉ  fournisseur.

À fin avril 2025, les exportations marocaines de tomates fraîches affichent une dynamique croissante avec un volume total de 621.000 t, soit une hausse de 9% par rapport à la campagne 2023-2024 (570.000 t). L’Union européenne, incluant le Royaume-Uni, demeure le principal marché de destination, absorbant à elle seule 570.000 t, en progression de 8%. 

La région Souss-Massa, véritable pôle de production, continue de jouer un rôle central en assurant à elle seule 609.000 t des exportations nationales. Le Maroc se spécialise également dans les tomates de segmentation (cerise, allongées, etc.), avec 350.000 t exportées en 2024-2025 (+35%). L’UE en a absorbé 239.000 t. 

Un marché en croissance mais fortement concurrentiel

Le Maroc fait face à une concurrence internationale soutenue sur le marché de la tomate fraîche. Parmi ses principaux concurrents, la Turquie se distingue par une dynamique exportatrice forte, bien que largement dépendante du marché européen. L’Espagne, malgré un recul de sa production de 21% en 2024, demeure un acteur historique influent.

Les Pays-Bas, quant à eux, dominent la production sous serre haut de gamme, tandis que le Mexique règne en Amérique du Nord. Des pays comme l’Italie, la France et le Portugal enregistrent une croissance plus modérée, mais régulière.

Le Maroc doit également relever plusieurs défis de taille. Sur le plan phytosanitaire, le virus ToBRFV représente une menace persistante pour la production.

Les conditions climatiques extrêmes, à l’instar de la sécheresse, des vagues de chaleur et des pluies excessives, compliquent davantage la donne. À cela s’ajoutent les exigences environnementales croissantes, notamment celles imposées par le Green Deal européen, ainsi que la hausse des coûts logistiques liée à la réorganisation des alliances maritimes.

Enfin, la compétition s’intensifie, en particulier avec la Turquie, dans un contexte mondial marqué par des barrières non tarifaires et des tensions géopolitiques, comme celles liées à l’accord UE-Mercosur [traité de libre-échange critiqué pour ses impacts sur l’agriculture et l’environnement, ndlr].

La taille du marché mondial de la tomate fraîche en 2024 est estimée à 207 milliards de dollars et, à l’horizon 2029, elle atteindra une valeur de 261,41 milliards de dollars. Les facteurs de croissance reposent notamment sur l’utilisation accrue de la tomate dans différents secteurs et aussi sur les initiatives des différents gouvernements pour améliorer la productivité. D’ailleurs, la production mondiale s’élève actuellement à 197 millions de t, avec une progression attendue jusqu’à 205 millions de t en 2028, soit un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 1%.

Une autre tendance notable réside dans l’augmentation de la demande pour les petites variétés de tomates, particulièrement marquée sur le marché européen. En Europe, la production de tomates fraîches devrait reculer, passant de 17 millions de t en 2024 à 16,5 millions en 2028. Cette baisse s’explique notamment par la réduction des surfaces cultivées, qui passeraient de 86.615 hectares en 2024 à 76.000 hectares en 2028.

Ce contexte offre une véritable opportunité pour les pays exportateurs comme le Maroc, surtout en réponse à une demande européenne toujours soutenue, en particulier au Royaume-Uni, où les consommateurs montrent une nette préférence pour les tomates en vrac, biologiques et premium.

Textile. « Le Maroc a une opportunité historique sur le marché américain » (Abderrahmane Atfi)

Les exportations marocaines du secteur textile et cuir ont de nouveau reculé au premier trimestre 2025, confirmant la tendance au tassement amorcée un an plus tôt.

D’après les données relatives aux échanges commerciaux du premier trimestre, les exportations se sont établies à 11.514 millions de DH, enregistrant une contraction de 1,4% par rapport au premier trimestre 2024.

Ce recul, bien que modéré, intervient après une première baisse de 3,9% enregistrée au premier trimestre 2024, soulignant une dynamique d’essoufflement que le secteur peine à enrayer.

Source : Office des changes

Entre le premier trimestre 2019 et celui de 2024, les exportations du textile marocain ont suivi une trajectoire en dents de scie. Après un niveau de 9.396 MDH au premier trimestre 2019, la crise du Covid-19 provoque un net repli à 8.360 MDH au premier trimestre 2020, puis à 7.845 MDH en 2021, sur fond de fermetures globales, de perturbations logistiques et de concurrence asiatique renforcée.

En 2022, le secteur connaît un fort rebond à 10.365 MDH grâce à la reprise de la demande européenne et au repositionnement du Maroc dans les chaînes d’approvisionnement. Cette dynamique se poursuit au premier trimestre 2023, avec un pic à 12.148 MDH, avant de s’infléchir en 2024 à 11.672 MDH, marquant ainsi le début d’un ralentissement. L’année 2025, enfin, vient confirmer cette inflexion.

Une stagnation prévisible, une opportunité à saisir

Contacté par Médias24 au sujet du repli des exportations textiles au premier trimestre 2025, Abderrahmane Atfi, industriel du secteur et ancien président régional de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) à Casablanca, estime que cette stagnation était prévisible.

« Cette baisse était attendue, au vu de la conjoncture économique en Europe et de la dégradation du pouvoir d’achat. Il était clair que la demande allait reculer en ce début d’année. Et c’est exactement ce qui s’est produit ».

Selon lui, les incertitudes liées aux relations commerciales sino-américaines renforcent cette prudence des marchés européens. « Les rumeurs autour d’une rencontre entre les États-Unis et la Chine alimentent cette incertitude. Les Européens sont dans l’expectative, en attente des résultats de ces discussions, mais aussi de leurs propres négociations avec Washington, notamment sur les taux finaux des droits de douane américains sur leurs produits. Cela crée plus de temporisation, donc plus d’attentisme ».Les relations commerciales sino-américaines ne redeviendront jamais ce qu’elles étaientConcernant les discussions prévues entre la Chine et les États-Unis, Atfi tempère les espoirs d’un retour au statu quo commercial. « Même en cas d’accord, rien ne sera comme avant. L’ère d’avant Trump et celle d’après Trump sont totalement différentes. Beaucoup de choses ont changé. Les relations économiques sino-américaines ne reviendront jamais à leur état antérieur. Et au-delà, c’est tout le commerce international qui entre dans une phase de recomposition profonde », précise notre interlocuteur.

Dans ce contexte, Abderrahmane Atfi estime que le Maroc a une carte majeure à jouer. « C’est là notre véritable opportunité : capter une part du marché américain. Cela doit devenir une priorité stratégique, aussi bien pour les professionnels que pour l’État. Il faut absolument la saisir ».

À ses yeux, la balle est aujourd’hui dans le camp des industriels. « Il revient aux professionnels de faire pression sur les autorités pour relancer les discussions autour de l’accord de libre-échange avec les États-Unis, notamment pour le secteur textile. Vu l’évolution actuelle du commerce mondial, c’est maintenant ou jamais qu’il faut négocier des conditions plus favorables, ouvrir de nouveaux marchés et diversifier nos débouchés ».

Abderrahmane Atfi va plus loin. Selon lui, le Maroc pourrait doubler ses exportations textiles si un accès compétitif à la matière première était garanti. « La confection marocaine est performante et résiliente. Mais si nous pouvions disposer de la matière première comme le font les pays asiatiques, nous pourrions très facilement doubler nos volumes à l’export« .

Par ailleurs, concernant les perspectives, Abderrahmane Atfi évoque avec prudence l’installation de Sunrise au Maroc. « C’est un projet structurant, mais il faudra compter en moyenne deux ans avant d’en ressentir les effets. Il sera sans doute bénéfique et contribuera à la modernisation de la filière, mais l’impact ne sera pas immédiat. Aujourd’hui, l’urgence, c’est de ne pas rater l’opportunité américaine. Elle est là, devant nous. Il faut la saisir », conclut-il.

Jouahri alerte : les banques marocaines en Europe sous pression réglementaire

Lors de la réunion du conseil de Bank Al-Maghrib au titre du premier trimestre 2025, Abdellatif Jouahri a révélé que la Banque centrale suit de près le changement des règles bancaires européennes concernant les succursales de banques étrangères, dont les Marocaines, et engage un dialogue avec la direction FISMA de la Commission européenne, chargée du dossier. Une réforme technique, en apparence, mais dont les implications pourraient chambouler l’activité des banques marocaines en Europe. L’objectif est de clarifier certains aspects de la directive et de défendre les intérêts des banques marocaines ainsi que ceux des MRE.

Le 30 mai 2024, le Conseil de l’Union européenne avait en effet adopté de nouvelles règles transposant les réformes de Bâle III dans la réglementation bancaire européenne.

L’objectif affiché est clair : renforcer la résilience des banques opérant dans l’UE face aux chocs économiques. Une nécessité après la crise des subprimes en 2008, qui avait ébranlé les systèmes financiers européens et dont les séquelles restent encore visibles dans certains pays, notamment la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal.

Mais derrière ces nouvelles exigences se cache une réalité plus complexe pour les banques marocaines, qui pourraient voir leur marge de manœuvre considérablement réduite.  L’analyse de la directive sur les pouvoirs de surveillance, les sanctions, les succursales de pays tiers et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance laisse apparaître qu’elle introduit plusieurs concepts techniques ayant un impact direct sur les banques étrangères opérant en Europe, y compris les banques marocaines.

Le plancher de fonds propres : un changement clé

L’un des points les plus sensibles de cette réforme est l’application d’un « plancher de fonds propres », qui fixe un niveau minimum de capitalisation pour les banques utilisant des modèles internes afin d’évaluer leurs risques. En clair, les banques qui évaluaient leur propre niveau de risques devront désormais maintenir un capital égal à au moins 72,5% du niveau exigé par les approches standards européennes.

→ Pourquoi est-ce un problème pour les banques marocaines ?

Ce qui ressemble à une simple modification technique cache en réalité une véritable onde de choc pour les banques marocaines. Contrairement aux grandes banques européennes, les banques marocaines opérant en Europe ont un modèle d’évaluation des risques plus adapté à leurs spécificités et à leur clientèle.

Jusqu’à présent, elles pouvaient, grâce à ces modèles internes, ajuster leurs exigences en capital en fonction de leurs propres évaluations de risque. Problème : cette flexibilité avait conduit certaines institutions (non marocaines) à sous-estimer leurs risques et à disposer de niveaux de fonds propres insuffisants, augmentant leur vulnérabilité en cas de crise financière.

Avec cette réforme, les banques ne pourront plus réduire leurs exigences en capital en dessous de 72,5% du niveau qui leur serait imposé si elles appliquaient l’approche standard définie par les régulateurs.

Conséquence immédiate : elles devront immobiliser davantage de capital, ce qui signifie moins de ressources disponibles pour financer l’économie et moins de crédits pour les particuliers et entreprises.

Cette mesure pourrait peser sur la rentabilité des succursales européennes des banques marocaines, et certaines pourraient être amenées à revoir leur stratégie en Europe.

« Cette décision était fondée sur une analyse réalisée dans le sillage de la crise financière mondiale de 2008-2009, qui a révélé que les modèles internes avaient tendance à sous-estimer les risques auxquels les établissements sont exposés, en particulier pour certains types d’expositions et de risques, et aboutissaient donc souvent à des exigences de fonds propres insuffisantes », lit-on dans la directive.

Illustration concrète :

Une banque qui, selon son modèle interne, estime devoir immobiliser 100 millions d’euros de fonds propres pour couvrir ses risques devra désormais respecter un minimum de 72,5% des exigences standards. Si l’approche standard préconise 150 millions d’euros, alors même si le modèle interne de la banque suggère un montant plus bas, elle devra conserver au moins 108,75 millions d’euros en fonds propres (72,5% des 150 millions d’euros). Ce qui, sans doute, limitera la capacité de financement de la banque.

Il est à noter que le plancher de fonds propres sera mis en œuvre progressivement avant d’atteindre le seuil final de 72,5% en 2030.

Voici le calendrier d’application détaillé tel qu’indiqué dans l’article 465 de la directive :

Pour les banques marocaines disposant de filiales ou de succursales en Europe, cette réforme représente un défi majeur. En imposant des exigences en capital plus élevées et un cadre plus rigoureux pour les établissements étrangers, l’UE pourrait rendre plus coûteuse et plus complexe leur activité sur le continent.

Ainsi, les banques marocaines, notamment Attijariwafa Bank, la Banque populaire et Bank of Africa, qui jouent un rôle essentiel pour la diaspora marocaine en Europe, devront s’adapter à ces nouvelles contraintes sous peine de réduire leur offre de services ou de réévaluer leur présence sur certains marchés.

→ Quelles implications potentielles pour les MRE ?

Si ces nouvelles exigences venaient à être appliquées sans ajustement, elles pourraient alourdir les coûts opérationnels des banques marocaines en Europe, entraînant ainsi un effet domino sur plusieurs aspects des transferts financiers des Marocains résidant à l’étranger (MRE).

Lorsque les nouvelles exigences prudentielles entreront en vigueur, les banques marocaines en Europe devront mobiliser davantage de fonds propres pour maintenir leurs activités. Ce renforcement des obligations pourrait se traduire par une hausse des coûts de gestion des transactions financières.

Les banques marocaines en Europe jouent un rôle essentiel en proposant aux MRE des services bancaires adaptés à leurs besoins spécifiques, notamment des comptes en dirhams convertibles, des solutions de financement immobilier au Maroc et des facilités de crédit pour les entrepreneurs MRE.

Avec la future mise en application de la nouvelle réglementation, plusieurs risques pourraient émerger :

Autant d’éléments qui pourraient redessiner le paysage bancaire des MRE en Europe et, par ricochet, influencer les transferts financiers vers le Maroc.

→ Comment réagit le Maroc . 

Abdellatif Jouahri a souligné que la Banque centrale suit de près cette affaire. Un dialogue a été ouvert avec la direction de la Commission européenne en charge du dossier. Le but est simple : faire entendre la voix du Maroc et préserver les intérêts de ses banques et de sa diaspora.

Les nouvelles directives européennes vont gêner l’activité des banques marocaines.« Les directives européennes qui encadrent la présence des banques non européennes sur le sol de l’Union ont été adoptées par le Parlement européen et publiées au bulletin du Parlement européen en juin 2024. Ils ont demandé que leur application se fasse au niveau des pays de l’Union européenne à partir du 1er janvier 2026. Nous avons estimé que les directives vont gêner beaucoup la fonction relais effectuée par les banques marocaines auprès des résidents marocains à l’étranger », indique le wali.

Task force

Face à ce risque potentiel, Jouahri a souligné la forte mobilisation des institutions marocaines et le rôle d’une task force nationale spécialement dédiée au suivi du dossier.

« Il y a une task force permanente avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Finances, les régulateurs, les banques marocaines, qui s’est déplacée en Belgique à plusieurs reprises, qui a eu des discussions avec la direction FISMA, et où nous avons indiqué que, telles qu’elles sont rédigées et approuvées [les directives] par le Parlement européen, c’est très équivoque. Et que l’application qui va être faite par les pays eux-mêmes peut compliquer davantage les choses en ce qui concerne les résidents marocains à l’étranger ».

Les MRE, c’est 20% des dépôts bancaires au Maroc

Jouahri a également expliqué en quoi cette problématique était cruciale non seulement pour le secteur bancaire marocain, mais aussi pour la stabilité financière nationale, mettant en évidence le poids majeur des dépôts des Marocains résidant à l’étranger (MRE)

« Croyez-moi, c’est un sujet que nous prenons très à cœur, parce qu’il pèse à la fois sur la balance des paiements, mais aussi sur les dépôts bancaires. Les dépôts des MRE, c’est 20% des dépôts bancaires. Donc ce n’est pas négligeable. Et donc, ce sont des choses qui méritent d’être suivies de très très près ».

Face aux potentielles restrictions européennes, Abdellatif Jouahri a exprimé son inquiétude, tout en soulignant la volonté ferme du Maroc d’explorer des solutions alternatives pour maintenir les flux financiers vers le Royaume.

« Ce qu’on peut dire, c’est qu’on n’est pas contents ; la manière dont ça a été rédigé, c’est pratiquement comme si on voulait que les flux financiers restent en Europe. Et donc, par conséquent, nous examinons toutes les solutions, y compris les solutions technologiques et les solutions numériques, pour contourner les difficultés que l’Europe peut apporter à cette fonction des banques marocaines », conclut-il.

« Si les portes se ferment, nous trouverons des fenêtres », une formule qui semble résumer la stratégie du Maroc.

Inauguration à Melilia d’un système de contrôle intelligent des frontières

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a visité le 5 février les nouvelles installations du poste frontalier de Beni Ensar à Melilia, qui a récemment fait l’objet d’un projet de modernisation grâce à un investissement de près de 11 millions d’euros. Cette réhabilitation vise à adapter ce point de passage aux normes européennes relatives aux frontières intelligentes, un système qui sera opérationnel dans les prochains mois.

Lors de sa visite, le ministre a été accompagné de Sabrina Moh, la déléguée du gouvernement à Melilia. Avant de se rendre sur le site, Grande-Marlaska a eu une réunion de coordination avec les responsables de la police espagnole, de la Guardia Civil et des services de l’immigration, afin de discuter de la mise en œuvre du nouveau système et de renforcer la coopération entre les autorités espagnoles et marocaines.

Le ministre a souligné que ce projet visait à offrir une gestion plus fluide, sécurisée et efficace des frontières, ce qui profitera directement aux habitants de Melilia. Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur espagnol, le nouveau poste frontalier sera totalement conforme aux exigences européennes et permettra l’enregistrement électronique des entrées et sorties des ressortissants de pays tiers autorisés à séjourner de manière temporaire dans l’espace Schengen. Ce système devrait être en vigueur d’ici octobre, comme prévu par la Commission européenne.

Lors de sa visite, le ministre a réaffirmé l’importance du partenariat stratégique entre l’Espagne et le Maroc, soulignant leur collaboration dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et les flux migratoires. Il a également qualifié le Maroc de « pays ami et frère », insistant sur la nécessité de renforcer les liens bilatéraux pour garantir une gestion optimale des frontières.

L’adaptation de ce poste frontalier inclut de nombreuses améliorations, telles que la construction de nouvelles bornes pour les piétons et les véhicules, la révision des voies d’accès et des systèmes de vidéosurveillance, ainsi que la modernisation des infrastructures destinées aux forces de l’ordre. Une partie des travaux a également concerné l’extension du périmètre de sécurité de la ville, avec un investissement total de plus de 38 millions d’euros.

L’UE peut « compter sur le Maroc pour renforcer nos relations de longue date et relever les défis ensemble » (Haute représentante de l’UE)

« Je sais que nous pouvons compter sur le Maroc pour renforcer nos relations de longue date et relever les défis ensemble », a déclaré Kaja Kallas à la suite de l’entretien téléphonique qu’elle a eu, le lundi 9 décembre, avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et qui a porté sur les questions bilatérales et régionales d’intérêt commun.

Dans un post sur le réseau social X, publié à l’issue de l’entretien téléphonique, Kaja Kallas a notamment qualifié d’ »utile » ses échanges avec Nasser Bourita sur la situation au Moyen-Orient, reflétant le rôle important que joue le Maroc, sous le leadership éclairé de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, sur la question du Moyen-Orient.

Cet entretien téléphonique est le premier de Kaja Kallas avec un responsable de la région du Maghreb et d’Afrique, depuis son installation dans ses nouvelles fonctions début décembre.

En octobre dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et l’ancien haut représentant de l’UE, Josep Borell avaient réaffirmé, dans une Déclaration conjointe, l’engagement de l’UE en faveur de la préservation et du renforcement de ses relations étroites avec le Maroc dans tous les domaines.

« En étroite coopération avec le Maroc, l’UE entend fermement préserver et continuer à renforcer ses relations étroites avec le Royaume dans tous les domaines du partenariat Maroc-UE », a affirmé cette Déclaration conjointe, qui représente l’acte politique le plus élevé de l’UE et un fait rare qui souligne l’importance du Maroc et matérialise l’importance du partenariat de l’UE avec le Royaume.

De même, en novembre dernier à l’issue de ses entretiens à Rabat avec Nasser Bourita, le Commissaire européen à la politique de voisinage et à l’élargissement, Oliver Varhelyi, a qualifié le Maroc de “partenaire toujours fiable, disponible et sérieux, qui est considéré en Europe comme un pilier de stabilité et de prospérité sur le plan de la sécurité régionale”.

Bourita : le Maroc souhaite un partenariat avec l’UE basé sur des actes et non sur des paroles

Lors d’une conférence de presse conjointe à Rabat, ce lundi 25 novembre, avec le commissaire européen chargé de la politique de voisinage et de l’élargissement, Olivér Várhelyi, Nasser Bourita a souligné qu’il fallait, à l’avenir, confirmer toutes les déclarations faites à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes sur l’importance du partenariat entre le Maroc et l’Europe par des actes, des signes concrets, et défendre ce partenariat contre toutes les formes de chantage et de harcèlement juridique et économique.

Le ministre des Affaires étrangères a estimé qu’il revient aujourd’hui à l’Union européenne (UE) de fournir des réponses, d’envoyer des signaux et de trouver des solutions.

Nasser Bourita a également affirmé que la vision du Maroc pour ce partenariat a été exprimée par le Roi Mohammed VI dans son discours du 6 novembre, où il a souligné qu’il n’y aurait pas de partenariat qui se fasse au détriment de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du Royaume du Maroc.

Le responsable gouvernemental a conclu en précisant que le Maroc reste engagé dans ses relations et son partenariat avec l’UE, tout en réaffirmant que ce partenariat ne sera jamais accepté à n’importe quel prix, ni au détriment de ses lignes rouges.

Olivér Várhelyi a quant à lui précisé que les problèmes soulevés par le côté marocain ne concernent pas seulement le partenariat entre le Maroc et l’Union européenne, mais touchent l’UE elle-même.

Le commissaire européen a estimé qu’il fallait trouver une solution commune à ces problèmes, insistant sur sa volonté de collaborer avec le Maroc à cet égard.

Il a ajouté que l’UE ne se contente pas de vouloir préserver les réalisations obtenues dans le cadre du partenariat avec le Maroc, mais cherche également à les élargir.

En outre, Olivér Várhelyi a confirmé que l’UE considère le Maroc comme un pilier essentiel de la stabilité et de la prospérité, et comme un pays clé dans la garantie de la sécurité et de la stabilité dans la région.

Enfin, le responsable européen a indiqué que le partenariat entre l’UE et le Maroc n’est pas seulement positif, mais aussi nécessaire, appelant à un renforcement des efforts des deux parties pour trouver des solutions concrètes aux problèmes rencontrés dans ce partenariat.

Exportations d’agrumes. Face à une rude concurrence, le gouvernement va verser une prime de 1 DH/kg

Le jeudi 10 octobre 2024, le gouvernement a annoncé une série de mesures visant à soutenir le secteur agricole particulièrement affecté par la sécheresse persistante. Parmi les mesures phares figure l’instauration d’une prime d’exportation pour les agrumes destinés à l’Union européenne, fixée à 1 dirham par kilo exporté. 

Cette aide sera appliquée au cours de la campagne d’exportation 2024-2025, avec pour objectif de renforcer la compétitivité des agrumes marocains sur le marché européen face à une concurrence internationale accrue. Une décision qui intervient en application du contrat-programme de la filière, signé en 2023 entre l’Etat et la Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes (Maroc-Citrus). 

La prime d’exportation pour les agrumes était très attendue par les exportateurs marocains. Ces derniers ont vu leurs ventes vers l’Europe reculer, non seulement en raison d’une baisse de la production, mais aussi d’une concurrence de plus en plus féroce. En effet, le Maroc a perdu d’importantes parts de marché en Russie, un marché crucial qui absorbait plus de 50% des exportations marocaines d’agrumes. 

La situation n’en est pas moins préoccupante en Europe, où des pays comme l’Égypte gagnent du terrain, non seulement sur le marché des oranges, mais aussi sur le segment des clémentines et des mandarines, où le Maroc occupe historiquement une position importante.  

L’Égypte réduit le gap sur les mandarines et les clémentines 

Selon les données de la Commission européenne, les exportations marocaines d’agrumes frais et transformés vers l’Europe ont diminué significativement au cours des dix dernières années, passant de 135.200 tonnes en 2013-2014 à 91.360 t en 2023-2024. La dynamique autrefois positive s’est inversée à partir de la saison 2016-2017, lorsqu’un pic de 230.560 t avait été atteint.

Les importations européennes d’agrumes frais et transformés provenant du Maroc.

Pendant cette période, d’autres pays ont consolidé leur présence sur le marché européen des agrumes, notamment l’Égypte. En 2023-2024, les importations européennes en provenance de ce pays ont atteint 635.350 t, contre seulement 124.910 t dix ans auparavant. L’Égypte se distingue surtout par ses exportations d’oranges fraîches qui représentent 78% de ses ventes d’agrumes en Europe.

Les importations européennes d’agrumes frais et transformés provenant d’Égypte.

En dix ans, les importations d’oranges fraîches des pays européens en provenance d’Égypte ont fortement augmenté, passant de 120.460 t à 492.220 t.

Les importations européennes d’oranges fraîches provenant d’Égypte.

En revanche, les exportations marocaines d’oranges vers l’Europe se sont effondrées, atteignant à peine 8.470 t en 2023-2024, contre 59.380 t durant la campagne 2013-2014.

Les importations européennes d’oranges fraîches provenant du Maroc.

Le Maroc reste, pour l’instant, un partenaire privilégié de l’Union européenne pour les clémentines et les mandarines. Lors de la dernière campagne, il a exporté 73.800 t vers l’Europe, un volume proche de celui d’il y a dix ans. Des exportations qui ont connu un pic notable de 127.430 t en 2021-2022.

Les importations européennes de clémentines et de mandarines provenant du Maroc.

Cependant, l’Égypte commence à concurrencer sérieusement le Maroc sur le marché des clémentines et des mandarines, réduisant progressivement l’écart entre les deux pays, surtout au cours des trois dernières années. Alors qu’en 2013-2014, les exportations égyptiennes de mandarines et de clémentines vers l’Europe étaient de 1.400 t seulement, elles ont atteint 33.110 t en 2023-2024, marquant une progression rapide dans ce segment, en particulier lors des trois dernières campagnes d’exportation. 

Les importations européennes de clémentines et de mandarines provenant d’Égypte.

Le Maroc place ses espoirs dans le contrat-programme

Plusieurs facteurs ont permis à l’Égypte de développer sa filière agrumicole de manière significative, notamment en termes d’investissement au niveau des infrastructures de production et de distribution. En outre, les terres fertiles dans la vallée et le delta du Nil offrent des conditions de sol et de climat idéales pour la culture des agrumes. La chaleur permet également d’allonger la saison de culture, assurant une production tout au long de l’année. 

Pour sa part, le Maroc mise sur le contrat-programme afin d’améliorer les indicateurs de la filière. Il s’agira notamment d’atteindre les objectifs suivants à l’horizon 2030 :

la stabilisation de la superficie agrumicole actuelle avec une limite de 130.000 ha ;

le renouvellement et/ou la reconversion de 22.500 ha ;

– l’amélioration de la production pour atteindre 3.340.000 t, notamment à travers l’augmentation des rendements ;

l’amélioration du taux de conditionnement pour atteindre 66% contre 33% en 2020 ;

l’amélioration du taux de transformation pour atteindre 10% contre 2% en 2020 ;

la promotion des exportations pour atteindre 1.000.000 t contre 630.000 t en 2020.

Toutefois, ces visées se heurtent à une problématique majeure, à savoir la pénurie d’eau, en particulier dans la région de Souss-Massa où les vergers d’agrumes occupent un peu plus de 39.000 ha dans le Souss, soit près de la moitié de la superficie nationale dédiée à cette filière. Cela dit, la production prévisionnelle augure d’une campagne d’exportation en amélioration par rapport à la saison précédente. 

Accord agricole Maroc-UE : malgré l’annulation, l’accord reste valable pendant 12 mois

Actée vendredi 4 octobre par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), l’annulation des accords agricole et de pêche entre l’UE et le Maroc soulèvent plusieurs interrogations d’ordre juridique.

La CJUE a statué de manière définitive, plaçant les institutions européennes et les États membres dans une position d’obligation de conformité au droit de l’Union.

« Les arrêts rendus par la Cour de justice et le Tribunal ont force obligatoire à l’égard de tous, les administrations et les juges nationaux (des pays de l’UE) sont tenus d’appliquer pleinement le droit de l’Union à l’intérieur de leur sphère de compétence », précise de Bruxelles un fin connaisseur du droit européen.

La décision de la CJUE est définitive. Affecté par l’annulation, le Conseil européen ne peut plus la contester. « Les arrêts rendus par la CJUE ne sont susceptibles d’aucun recours. La Cour s’est prononcée définitivement sur ces affaires », ajoute notre interlocuteur. Le Maroc, qui n’a jamais pris part et d’aucune manière à la procédure, n’est pas non plus en mesure de formuler un recours.

Cette annulation, bien que formelle, ne s’appliquera pas immédiatement : la CJUE a choisi de maintenir une période de transition de 12 mois pour l’accord agricole, afin de préserver la sécurité juridique et d’atténuer les impacts potentiellement dévastateurs pour les acteurs économiques concernés (producteurs et importateurs, par exemple).

« Il s’agit tout simplement d’éviter que les effets immédiats de l’annulation entraînent des conséquences négatives graves pour les parties concernées. La Cour a considéré que ce serait le cas si jamais l’annulation de l’accord sous forme d’échange de lettres entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc sur la modification des protocoles n° 1 et n° 4 de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et le Royaume du Maroc, d’autre part, était immédiate », conclut l’expert.

Traduction : l’accord agricole continuera de s’appliquer jusqu’au 3 octobre 2025, donnant à l’UE le temps nécessaire pour formuler des propositions à son partenaire marocain, en conformité avec la décision de la CJUE.

En revanche, l’accord de pêche n’est réellement pas concerné bien qu’ayant été couvert par la demande d’annulation. Dans les faits, cet accord a expiré en 2023, soit avant la décision de la CJUE.

Annulation des accords Maroc-UE : le round up

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé, ce vendredi 4 octobre, l’annulation des accords commerciaux en matière de pêche et de produits agricoles entre le Maroc et l’Union européenne (UE). Cette décision conforte un arrêt rendu en 2021 par le Tribunal de l’UE.

Les accords annulés comprennent l’accord agricole conclu en juillet 2019, modifiant les protocoles de l’accord euroméditerranéen, ainsi que l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche, entré en vigueur à la même date.

Le premier accord étendait les préférences tarifaires aux produits originaires du Sahara, tandis que le second incluait les eaux adjacentes à ce territoire dans son champ d’application. Dans les faits, l’accord de pêche a expiré depuis juillet 2023. La décision de ce vendredi 4 octobre ne touche donc que l’accord agricole.

Aux origines du litige

Le Maroc n’a pas été partie prenante dans la procédure judiciaire. Le litige oppose le polisario – qui conteste les accords – au Conseil de l’Union européenne, signataire desdits accords avec le Royaume.

La procédure a été engagée en 2019 lorsque le polisario a déposé des recours en annulation contre les décisions du Conseil européen approuvant les accords.

En 2021, le Tribunal de l’UE a annulé ces décisions, entraînant un pourvoi de la Commission européenne et du Conseil devant la CJUE. Cette dernière a finalement rejeté les pourvois, rendant définitive l’annulation des accords. C’est l’objet de la décision annoncée ce vendredi 4 octobre 2024.

Pourquoi l’UE a introduit un pourvoi contre l’annulation ?

La Commission européenne et le Conseil de l’UE avaient contesté à prtir de 2021, l’annulation des accords avec le Maroc, affirmant avoir respecté les procédures de consultation nécessaires et que l’extension des préférences tarifaires aux produits du « Sahara occidental » ne compromettait pas la validité des accords. Ils soutiennent également que le Font polisario, en tant qu’entité non reconnue comme représentant exclusif du peuple sahraoui, n’a pas la légitimité d’intervenir.

Les requérants estiment que les accords ne créent pas d’obligations pour le « peuple sahraoui », car ils ne lient pas directement « ce peuple » aux décisions marocaines. Ils plaident pour le maintien des accords en raison des enjeux de sécurité juridique et des conséquences négatives d’une annulation.

Cela étant, la Cour a rejeté ces arguments, soulignant « l’absence de consentement explicite du peuple sahraoui ».

Motifs de l’annulation

Le polisario a soutenu que les accords avaient été conclus « sans le consentement du peuple sahraoui ». La CJUE a jugé que le Conseil de l’UE n’avait pas respecté cette exigence, ce qui compromet la validité des accords. Les actes des institutions de l’UE sont annulés lorsqu’ils enfreignent le droit communautaire.

Or, « lorsqu’une règle de droit international exige le consentement d’une partie ou d’un tiers, l’expression de ce consentement conditionne la validité de l’acte », selon la décision du tribunal en 2021, aujourd’hui confirmée par la CJUE. Le tribunal a invoqué le « principe de l’effet relatif des traités », que le Conseil de l’UE aurait enfreint.

Cela dit, il n’a pas écarté l’hypothèse d’un accord applicable à ce territoire, à condition de recueillir au préalable « le consentement de la population sahraouie », que la juridiction considère comme un « tiers aux accords litigieux ».

En somme, le tribunal a surtout remis en question les conditions de consultation des populations des régions du Sud, sans toutefois exclure l’application des accords dans ces zones.

Maintien temporaire des effets de l’accord agricole

Bien que l’annulation ait été confirmée, la Cour a décidé de maintenir temporairement les effets de l’accord relatif aux mesures de libéralisation en matière de produits agricoles.

La CJUE a justifié cette décision « compte tenu des conséquences négatives graves sur l’action extérieure de l’Union qu’entraînerait son annulation immédiate et pour des raisons de sécurité juridique ».

La réaction officielle du Maroc

En réaction à l’annulation des accords, le ministère des Affaires étrangères marocain a affirmé que le Royaume « ne se considère aucunement concerné » par cette décision. Il a précisé que le « Maroc n’est pas partie à cette affaire », qui oppose l’Union au « polisario », soutenu par l’Algérie, et a souligné que le pays n’avait pas participé aux phases de la procédure.

Sur le fond, le ministère a critiqué une décision qu’il juge entachée d’erreurs juridiques et de faits « suspects », dénonçant un « parti pris politique flagrant » de la part de la Cour.

La diplomatie marocaine a également exprimé sa préoccupation quant à la substitution de la Cour aux organes onusiens compétents, remettant en cause des positions établies. En comparaison, il a été noté que « la Haute Cour britannique avait, sur une affaire en tout point similaire, fait preuve de plus de discernement ».

Dans son communiqué, le Maroc a exigé que les institutions européennes respectent leurs engagements internationaux et garantissent la sécurité juridique nécessaire au Royaume. Enfin, il a été rappelé que « le Maroc réitère sa position constante de ne souscrire à aucun accord ou instrument juridique qui ne respecte pas son intégrité territoriale et son unité nationale« .

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L’Union européenne attachée à « renforcer son partenariat stratégique avec le Maroc » malgré la décision de la CJUE

Cette déclaration fait suite à la confirmation de l’annulation de la Cour de justice de l’UE des accords agricole et de pêche entre le Maroc et l’UE.

L’UE, à travers la Commission européenne, « a pris acte de ces jugements et est en cours d’analyse détaillée de ses implications juridiques ».

Le partenariat qui lie les deux parties est qualifié, dans la déclaration, de « profond, vaste et de longue date », et les deux parties entendent le renforcer davantage dans les semaines et mois à venir.

Tout en rappelant que la CJUE a maintenu la validité de l’accord sur les produits agricoles entre l’UE et le Maroc pour une période supplémentaire de 12 mois, l’Union européenne a affirmé son intention de « préserver et renforcer » ses relations étroites avec le Maroc dans le cadre de cet accord.

La déclaration conjointe a rappelé le principe fondamental de droit international pacta sunt servanda [les engagements doivent être respectés].

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Le Maroc ne se considère aucunement concerné par la décision de la CJUE relative aux accords agricole et de pêche (MAEC)

« Le Green Deal » européen, une opportunité pour moderniser l’agriculture marocaine et renforcer sa compétitivité (Sadiki)

Mohammed Sadiki a présidé, le vendredi 20 septembre 2024 à Agadir, l’ouverture d’une conférence internationale sur « Le Green Deal et les nouveaux enjeux de durabilité pour les exportations agroalimentaires marocaines vers l’Union européenne ».

Organisée par Morocco Foodex, l’établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations, cette conférence s’inscrit dans une mission d’accompagnement et de sensibilisation des exportateurs marocains opérant dans les secteurs agroalimentaire et halieutique. L’objectif est d’assurer la consolidation du positionnement de l’offre exportable marocaine dans un contexte marqué par l’accélération du calendrier de déclinaison réglementaire du Green Deal sur les marchés de l’Union européenne.

Ont pris part à cet événement, Lahbib Bentaleb, président de la Fédération des chambres d’agriculture au Maroc, Luis Dias Pereira, économiste au Centre d’investissement de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et Ghita El Ghorfi, directrice générale de Morocco Foodex.

Dans son mot d’ouverture, le ministre de l’Agriculture a souligné que le Green Deal ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais plutôt comme une opportunité pour continuer à moderniser nos pratiques agricoles, à renforcer notre agriculture et à consolider notre compétitivité sur les marchés internationaux. Il a ajouté que le Green Deal est « un tournant » dans les relations commerciales entre le Maroc et l’Union européenne, et qu’il s’agit aujourd’hui d’anticiper, de s’adapter et d’innover pour réussir le défi du Green Deal et de la durabilité des exportations marocaines vers l’Union européenne.

La rencontre a permis de discuter des implications du Green Deal et d’examiner ses impacts sur l’export des produits agricoles, alimentaires et maritimes vers l’Union européenne. Elle a permis de partager les expériences et les bonnes pratiques en matière de durabilité pour répondre aux nouvelles exigences des marchés européens.

Pour débattre du sujet, plusieurs panels ont été organisés, animés par des experts internationaux, autour des thèmes de la transition vers un système agroalimentaire durable, le rôle des fruits et légumes dans la lutte contre le changement climatique ou encore les nouveaux enjeux du Green Deal pour la pêche et l’aquaculture.

En complément des panels, des workshops sectoriels ont abordé des thématiques spécifiques, telles que l’usage durable des pesticides, la décarbonation des fruits et légumes, et la revalorisation des produits de la mer par le biais de la transformation bleue.

À noter que le Green Deal est un ensemble de mesures destinées à orienter les pays de l’Union européenne et de la Méditerranée vers un modèle durable et respectueux des ressources naturelles. Il vise à faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone d’ici 2050, en transformant profondément les modes de production et de consommation.

Parmi les nouvelles exigences du Green Deal, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’usage responsable des ressources naturelles et l’adoption de pratiques agricoles plus durables.

Ursula von der Leyen réélue à la tête de la Commission européenne

Ursula von der Leyen a obtenu 401 votes de confiance alors que 284 eurodéputés ont voté contre son élection, sur un total de 719 eurodéputés actuellement en fonction. La candidate issue du Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne) avait besoin de 360 voix pour assurer sa réélection pour un nouveau mandat de 5 ans.

Quinze élus se sont abstenus et 7 ont voté blanc, selon les résultats du vote annoncés par la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.

La démocrate-chrétienne allemande (65 ans), qui s’était déjà assurée du soutien en juin du Conseil européen (chefs d’État et de gouvernement), a pu compter notamment sur la majorité formée par le PPE, les socialistes (S&D) et les centristes de Renew. Selon les médias, elle a aussi été soutenue par une majorité de Verts et par une minorité d’élus du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR).

La présidente de la Commission peut maintenant s’atteler à la composition de son nouveau collège de commissaires, sur base des propositions des gouvernements nationaux.

Dans une déclaration prononcée devant les eurodéputés avant la séance de vote, Mme von der Leyen a affirmé que la prospérité et la compétitivité de l’Union européenne seront sa « première priorité » pour ce nouveau mandat, faisant part de son intention de simplifier et rendre plus réactif l’environnement des entreprises et d’approfondir le marché unique à tous les niveaux.

Le PPE est arrivé premier lors des élections européennes de juin dernier en remportant 188 sièges, suivi des S&D (136 sièges). Leurs alliés de Renew Europe ont obtenu 77 sièges, arrivant derrière les formations d’extrême droite regroupées notamment dans les groupes “Patriots for Europe” (84 sièges) et ECR (78 sièges).