Changer les esprits, pas seulement les programmes : Al Akhawayn prépare sa mue pour 2030

Ce mercredi 11 juin 2025, au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat, l’université a donné le coup d’envoi de la réflexion autour de son futur Plan stratégique 2025-2030. L’occasion aussi de marquer une étape symbolique : ses 30 ans d’existence.

Dans une intervention empreinte de recul et de clarté, Abdellatif Jouahri, président du conseil d’administration, a retracé les grandes étapes de l’histoire de l’université, rappelant sa mission fondatrice qui est d’offrir au Maroc un modèle académique d’excellence, inspiré des standards internationaux.

Il a insisté sur la capacité d’Al Akhawayn à évoluer avec son temps, en phase avec les priorités du pays. « Nous sommes une université qui s’adapte aux besoins du pays, du gouvernement, de la société ».

Amine Bensaïd, président de l’université depuis 2019, est quant à lui venu présenter un projet qui ne s’inscrit pas dans une simple logique de planification. Ce qu’il défend, c’est une transformation profonde. Pas une rupture brutale, mais un glissement résolu vers une nouvelle culture éducative, fondée sur l’adaptabilité, l’esprit critique et la responsabilisation des étudiants. Une transformation des contenus, oui, mais surtout des mentalités.

Changer le mindset des étudiants, un enjeu de fond

Former à des savoirs ne suffit plus. Pour Amine Bensaïd, c’est la manière de penser, de réagir à l’échec, de s’accrocher face à l’incertitude qui devient aujourd’hui centrale. « Nous ne cherchons pas seulement à transmettre des connaissances, mais à transformer la manière dont les étudiants abordent les défis ».

Il s’appuie sur une étude menée avec l’UM6P et le MIT. Résultat marquant : lorsqu’un étudiant marocain est confronté à un obstacle, il change souvent d’idée. À l’inverse, un étudiant du MIT persiste jusqu’à la concrétisation. Ce décalage, explique-t-il, renvoie à une dimension essentielle : les habitudes de l’esprit. Et c’est précisément ce que le modèle Liberal Arts d’Al Akhawayn cherche à développer : un modèle éducatif, inspiré des universités américaines, qui ne cloisonne pas les savoirs. Il vise à former des esprits ouverts, capables de relier les idées, de poser des questions complexes, de raisonner de manière critique et de communiquer efficacement.

C’est dans cette logique que s’inscrit ce qu’Amine Bensaïd appelle le mindset entrepreneurial, une posture qui s’appuie sur des qualités comme la résilience, la curiosité, l’initiative et la constance. Et si ce changement de posture prend du temps, les signaux sont encourageants.

Les étudiants d’Al Akhawayn s’engagent de plus en plus dans des dynamiques entrepreneuriales concrètes, soutenues notamment par les incubateurs de l’université. Ces structures offrent un cadre pour expérimenter, innover, tester des idées et collaborer avec des chercheurs, des experts et des mentors.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, plus de 920 étudiants ont participé à des programmes d’entrepreneuriat et d’innovation, sans y être contraints, preuve qu’un changement de culture est bel et bien en cours.

Former à l’intelligence artificielle, sans perdre l’humain

Mais l’université ne s’arrête pas là. Elle investit massivement un autre terrain : celui de l’intelligence artificielle. Et pas de manière opportuniste. « Nous avons un master en IA depuis 1995 », rappelle Amine Bensaïd. Dès l’année prochaine, seize nouveaux programmes viendront enrichir son offre, dont plusieurs axés sur l’IA appliquée à des secteurs stratégiques comme la fintech, la cybersécurité ou les systèmes intelligents.

Mais l’ambition de l’université ne s’arrête pas à la formation des étudiants. Elle s’étend aux enseignants qu’elle prépare activement à intégrer l’IA dans leurs pratiques pédagogiques. Grâce à des partenariats avec des universités américaines, les professeurs sont formés et certifiés pour utiliser ces outils de manière pertinente, avec un seul objectif : mieux accompagner les étudiants, en adaptant l’enseignement à leurs besoins et à leurs capacités.

L’IA devient ainsi un moyen de rendre la pédagogie plus fine, plus réactive, et véritablement centrée sur l’élève.

Mais ici encore, la prudence est de mise. « La génération Z est hyperconnectée. L’IA les fascine, mais elle peut aussi devenir une source de stress, voire d’isolement. Notre mission, c’est aussi de les protéger ».

C’est pourquoi Al Akhawayn développe une approche équilibrée : intégrer l’IA sans déshumaniser, renforcer les dispositifs de soutien psychologique et préparer les jeunes à évoluer dans un monde automatisé sans y perdre leur boussole intérieure.

Lancement officiel de l’Université Internationale Averroès à Casablanca

La région de Casablanca accueille un nouvel établissement d’enseignement supérieur de l’Université Internationale Averroès (UIA). Cette reconnaissance a été accordée lors de la réunion de la Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur (CNACES), tenue le 25 avril 2025, indique un communiqué de l’Université Internationale Averroès.

Portée par le Groupe d’enseignement supérieur atlantique (UNA), cette université privée regroupe trois établissements : une école d’ingénierie (Averroès Engineering School), une école de management (Averroès Business School), ainsi qu’une faculté de droit et de sciences politiques (Averroès School of Law and Politics).

Elle comprend également un centre de formation continue (Executive center) et un centre de recherche appliquée.

Situé à Sidi Maârouf, sur la route de Nouaceur, le campus peut accueillir jusqu’à 2.500 étudiants. Il est conçu pour offrir des espaces favorisant l’interaction et l’apprentissage, selon ses promoteurs.

L’établissement se fixe pour objectif de former des profils opérationnels avec une dimension internationale, en s’appuyant sur des partenariats avec le monde de l’entreprise, notamment à travers un modèle d’alternance. Un partenariat stratégique a été établi avec CDG Invest.

« Ce statut d’université va nous permettre de déployer notre projet pédagogique et d’offrir un environnement intégré avec les entreprises », explique Nabil Cherkaoui, directeur général de l’UIA.

L’université affirme également inscrire la responsabilité sociale dans sa stratégie. Sa fondation prévoit l’attribution de bourses à des étudiants méritants, afin de favoriser l’accès à l’enseignement supérieur, ajoute le communiqué.

La FM6SS lance à Dakhla l’Académie africaine des sciences de la santé

La cérémonie de lancement s’est déroulée le samedi 23 novembre à l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé à Dakhla, indique un communiqué de la Fondation.

Située à Dakhla, l’Académie africaine des sciences de la santé a pour mission de promouvoir une coopération Sud-Sud fédératrice, mobilisatrice pour une souveraineté sanitaire africaine. Elle a pour objectif de créer un espace d’échange et de partenariat pour promouvoir la recherche scientifique en santé, dans un contexte qui s’adapte aux spécificités de l’Afrique. Elle met également l’accent sur l’excellence dans l’enseignement des sciences de la santé, en proposant des formations qui répondent aux besoins du continent.

Le rôle de l’AAHS consiste également à fédérer des experts, à travers la création de réseaux africains, pour mettre en place des stratégies, mener des projets de recherche, diffuser les connaissances et les bonnes pratiques en santé, devenant ainsi une instance et une task force majeure pour la santé africaine.

L’AAHS entretient des partenariats stratégiques avec des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des acteurs de l’industrie pharmaceutique pour encourager la coopération en matière de santé.

Elle participe également à la collecte et à l’analyse des statistiques en matière de santé à travers l’initiative Big Data et agit à titre non-lucratif en tant qu’observatoire africain, répondant aux questions de santé publique des pouvoirs publics marocains et des instances africaines ou mondiales.

Les champs d’action de l’Académie regroupent la santé humaine (santé publique, urgences, cardiologie), la santé animale (vétérinaire et sécurité alimentaire), ainsi que la santé environnementale (réchauffement climatique, désertification, eau et stress hydrique).

À travers ses différentes initiatives, l’AAHS ambitionne de devenir un hub pour le développement de la santé en Afrique, favorisant l’innovation scientifique et l’organisation de colloques et congrès pour contribuer à l’amélioration durable des systèmes de santé africains.

La BAD approuve un financement de 1,32 MMDH pour le programme ‘Université marocaine 4.0’

Ce programme, qui cible les étudiants, les enseignants du supérieur, les entrepreneurs et les jeunes diplômés, vise à contribuer à la valorisation du capital humain et à l’autonomisation des jeunes, à travers un accès plus inclusif à un enseignement supérieur d’excellence, innovant et en synergie avec l’écosystème territorial, indique la Banque africaine de développement (BAD) dans un communiqué publié à l’occasion de ses Assemblées annuelles 2024 qui se tiennent jusqu’au 31 mai à Nairobi.

Concrètement, ce programme porte sur la construction et l’équipement de la Faculté de médecine et de pharmacie de Béni Mellal d’une capacité d’accueil de 4.500 places, la construction de 5 cités universitaires de 1.500 lits chacune à Larache, Oujda, Safi, Taroudant et Béni Mellal et la mise en place de 10 centres de coding agiles et ouverts sur le monde professionnel développant un apprentissage actif centré sur les projets, précise la même source.

Il s’agit également de mettre en place des centres de carrière dans les universités (services d’accompagnement sur sites et en ligne) qui bénéficieront à 130.000 étudiants, de mettre en place 12 unités d’insertion professionnelle au niveau universitaire, de créer 12 centres d’appui à l’entrepreneuriat en faveur de 15.000 étudiants et de certifier les compétences entrepreneuriales de 20.000 étudiants.

Ledit programme a aussi pour objectif de digitaliser les services de recherche pédagogique et scientifique pour les étudiants et les enseignants (plateforme d’orientation, de réorientation et de préinscription, plateforme nationale de renforcement des capacités, plateforme de gestion de la mobilité et des bourses, plateforme de gestion des carrières, plateformes d’e-learning, etc.) et de déployer une infrastructure informatique et un datacenter (centre de données numériques), de mettre en place de 167 « parcours d’excellence » dans les centres d’excellence universitaires établis dans les universités en libre accès.

En outre, il vise la formation des enseignants du supérieur, nouvellement recrutés et la préparation d’outils d’aide à la décision pour la gestion, le suivi et l’évaluation du système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation.

(Avec MAP)

CDG Invest veut acquérir 20% du capital de l’Université Atlantique

Le Conseil de la concurrence a été notifié d’une opération de concentration économique consistant en l’acquisition par la société CDG Invest, filiale de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), du contrôle conjoint de l’Université Atlantique, acteur de l’enseignement supérieur privé à Casablanca, à travers l’acquisition d’une participation minoritaire de 20% dans le capital de l’université.

« Cette prise de participation sera réalisée à travers la souscription par la société CDG Invest d’actions de la société de l’université Atlantique dans le cadre d’une augmentation de capital d’un montant total de 10.000.000 dirhams« , précise un communiqué du Conseil de la concurrence.

Rentrée 2023-2024 : de nouvelles cités universitaires à Taza, Kénitra et Agadir (Miraoui)

La rentrée 2023-2024 sera marquée par l’ouverture de nouvelles cités universitaires à Taza, Kénitra et Agadir et par l’extension d’autres à Rabat et Nador, a indiqué, mardi 17 octobre à Rabat, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui.

La capacité d’accueil atteindra 1.300 lits à Taza, 1.800 à Kénitra et 1.600 à Agadir, a précisé M. Miraoui dans une réponse lue en son nom lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des conseillers, par le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

L’extension de la cité universitaire de Nador portera le nombre de lits à 820 et celle de Souissi 1 à 1.200, a-t-il ajouté. De nouvelles résidences universitaires d’une capacité de 574 lits seront lancées à Agadir en partenariat avec le secteur privé.

De plus, le ministère travaille en étroite collaboration avec l’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles (ONOUSC) pour accélérer l’achèvement des projets de cités en cours à Fès (1.600 lits), Mohammedia (1.400 lits) et Al Hoceima (1.400 lits) et de 11 résidences universitaires en partenariat avec le privé, d’une capacité de 6.523 lits.

Enfin, M. Miraoui a confié que la capacité d’accueil des établissements de l’enseignement supérieur sera portée à 18.600 sièges supplémentaires, suite aux projets d’extension réalisés dans les universités marocaines, notamment Ibn Zohr (6.402 sièges supplémentaires), Sultan Moulay Slimane (2.460 sièges supplémentaires), Abdel Malek Saadi (1.876 sièges supplémentaires), Ibn Tofail (1.112 sièges pédagogiques supplémentaires). Il faut également ajouter la hausse du nombre de sièges dans les établissements à accès limité grâce à l’ouverture de trois facultés de médecine et de pharmacie à Errachidia, Béni Mellal et Guelmim.

Entretien (1/2). Lex Paulson : « Le Maroc deviendra un leader international de l’intelligence collective »

La School of Collective Intelligence de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) est la première école de son genre dans le monde. Elle vise à développer l’intelligence collective en tant que science et à la promouvoir dans les entreprises, les ONG et les administrations publiques en tant que pratique.

Son directeur exécutif, Lex Paulson, enseigne le plaidoyer à Sciences Po Paris. Formé aux techniques classiques et à l’organisation communautaire, il a été conseiller en stratégie de mobilisation pour les campagnes de Barack Obama en 2008 et d’Emmanuel Macron en 2017.

Il a également été conseiller législatif au 111e Congrès américain (2009-2011) et a organisé six campagnes présidentielles américaines. Il a contribué à faire progresser l’innovation démocratique au sein de la Commission européenne et dans de nombreux pays dans le monde.

Dans la première partie de cet entretien, il explique le concept de l’intelligence collective, son importance dans l’éducation, sa valeur ajoutée pour les organisations et dans la société en général, sa relation avec la gouvernance et le leadership et les raisons qui ont poussé l’UM6P à lui dédier une école au sein de l’université.

 

Médias24 : Comment présenteriez-vous l’intelligence collective à ceux qui ne sont pas familiers avec ce concept ?

Lex Paulson: L’intelligence collective est simplement la capacité des groupes à surpasser les performances même des meilleurs individus pour résoudre des problèmes complexes ou effectuer des tâches. Cette capacité est propre aux êtres humains, car nous avons la capacité de collaborer de manière plus sophistiquée que les autres êtres vivants sur cette planète.

En tant qu’espèce, nous ne sommes ni les plus forts ni les plus rapides, mais nous sommes les plus collaboratifs, ce qui nous permet d’habiter dans des villes prospères avec des technologies avancées. C’est grâce à la collaboration et du génie de milliers de personnes, bien organisés et structurés.

L’intelligence collective est donc à la fois quelque chose de profondément humain, que nous pratiquons tous les jours dans nos interactions et nos réflexions en groupe, mais c’est aussi une science qui nous permet de mieux comprendre comment favoriser cette capacité. En effet, l’intelligence collective n’est pas automatique – il y a de la stupidité collective aussi ! – et peut être entravée par des facteurs tels que la conformité ou encore des outils qui nous polarisent ou nous fragmentent.

C’est pourquoi il est important d’étudier les conditions nécessaires pour produire de l’intelligence collective et d’accompagner les acteurs, les organisations, les entreprises et les ministères qui cherchent à être plus efficaces ensemble.

– À qui est destinée l’intelligence collective ? Qui peut en bénéficier ?

 – L’intelligence collective peut bénéficier à chaque être humain, car nous y participons tous les jours. Dans n’importe quelle organisation, nous avons différents rôles, différentes ressources et différentes façons de collaborer, telles que des réunions ou des échanges de mails. Cependant, nous savons tous que notre façon de collaborer n’est pas toujours optimale.

Malheureusement, notre système éducatif ainsi que nos entreprises hiérarchisées peuvent parfois individualiser et séparer les personnes. Les notes individuelles, les primes individuelles et les salaires individuels peuvent rendre la collaboration difficile à construire.

Ainsi, la science de l’intelligence collective, que nous étudions à travers nos programmes de recherche, nos Masters, nos doctorats et nos programmes exécutifs, est destinée à ceux qui cherchent à rendre leurs équipes plus performantes, plus efficaces et plus agiles. Cela implique un leadership distribué plutôt que concentré sur une seule personne, en prenant en compte les différentes directions de l’organisation.

Au Maroc, il y a une ouverture d’esprit envers les nouvelles disciplines, les sciences de l’intelligence collective apparues dans les années 70

 – Pourquoi l’UM6P a-t-elle décidé de créer une école dédiée à l’intelligence collective ?

– Tout d’abord, je dirais que ce qui est possible ici au Maroc ne serait pas possible aux États-Unis ni en France. En France, où j’ai vécu pendant 11 ans, il y a des silos profonds et incassables. Aux États-Unis, tout est déterminé par la rapidité de gagner de l’argent. En revanche, au Maroc, il y a une ouverture d’esprit envers les nouvelles disciplines, les sciences de l’intelligence collective apparues dans les années 70. Il y a également une appétence pour les méthodes scientifiques de collaboration ainsi que pour les nouvelles méthodes de gouvernance.

De plus, il y a une patience de construire quelque chose sur le long terme, et avec la vision du Roi, du président de OCP et du président de l’UM6P, nous avons été invités à construire avec des collègues marocains, européens et américains, un nouveau centre de recherche et d’excellence dédié à cette science. Je suis convaincu que le Maroc est en train de devenir le leader mondial dans ce domaine et nous sommes honorés de contribuer à la création de cette école à l’UM6P.

 – On dit souvent que les étudiants marocains manquent de soft skills. Avez-vous ressenti cela et pensez-vous que la formation à l’intelligence collective peut y remédier ?

 – Tout d’abord, je n’aime pas le terme soft skills, car les compétences telles que la communication ou la collaboration en équipe ne sont pas simples. Ce sont les compétences les plus complexes et les plus sophistiquées parmi toutes les compétences humaines, car elles impliquent la compréhension de la psychologie humaine, des comportements et des valeurs.

Cependant, notre système éducatif ne valorise pas suffisamment ces compétences. Nous valorisons davantage les mathématiques et les sciences dures, mais cela ne devrait pas être le cas.

Je crois que les étudiants au Maroc, comme aux États-Unis ou en France, devraient apprendre dès leur plus jeune âge comment collaborer. Les systèmes éducatifs les plus performants, comme celui de la Finlande, ont moins de notes individuelles pour les étudiants et mettent l’accent sur la collaboration et les projets de groupe.

Je pense que la vision du ministre de l’éducation Chakib Benmoussa est dans ce sens. Le ministère collabore actuellement avec notre université pour mettre en place une révolution dans l’éducation publique marocaine, en favorisant des modèles plus agiles et plus collaboratifs, afin que les étudiants marocains apprennent dès leur plus jeune âge à collaborer.

Les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, tels que la pénurie d’eau, les changements démographiques ou la migration, ne peuvent être résolus par une personne seule, même avec plusieurs docteurs des meilleures universités du monde. Ces problèmes nécessitent des collaborations massives qui sont bien structurées, équipées et organisées. Nous devons donc commencer à transmettre ces compétences de collaboration dès l’école primaire.

L’intelligence collective ne peut être téléchargée comme un logiciel. Elle existe déjà, mais elle peut ne pas être libérée et optimisée.

– Comment l’intelligence collective peut-elle se manifester dans l’entreprise ? Et quels sont les avantages qu’elle peut apporter ?

 – Chaque entreprise a une intelligence qui lui est propre, mais la question est de savoir si cette intelligence est forte ou faible. Chaque organisation a ses points forts et ses points faibles, et la question est de savoir comment l’organisation peut prendre conscience de ceux-ci. Pour y parvenir, il faut sortir de nos habitudes quotidiennes.

Notre université offre aux leaders et aux managers l’opportunité de reconsidérer leurs structures et leurs façons de travailler, afin de faire des ajustements. Nous ne résolvons pas les problèmes d’organisation pour les autres, c’est aux leaders de le faire. Cependant, nous les aidons en leur fournissant des méthodes, des outils concrets pour réorganiser et restructurer leurs équipes, afin d’être plus intelligents. Nous aidons à libérer et déclencher cette intelligence, car l’intelligence collective ne peut être téléchargée comme un logiciel. Elle existe déjà, mais elle peut ne pas être libérée et optimisée.

Notre rôle consiste à accompagner la libération de l’intelligence qui existe déjà au sein de l’organisation, en équipant les leaders d’entreprises, d’ONG et d’entités publiques avec ces méthodes et ces outils pour réorganiser et restructurer leurs équipes. Cela peut aider l’organisation à prendre conscience de ses propres points forts et points faibles, et à devenir plus intelligente et plus performante.

 – Pouvez-vous expliquer la relation entre intelligence collective, gouvernance et leadership ?

– Il est important de faire la distinction entre leadership et autorité. L’autorité est le pouvoir de donner des ordres et de s’assurer qu’ils sont respectés, tandis que le leadership est la capacité d’aider les autres à réaliser leur potentiel et de résoudre collectivement les problèmes les plus importants.

Le leadership est une pratique, pas un statut. Ce n’est pas un titre dans un CV, c’est quelque chose que l’on peut pratiquer à tous les niveaux d’une entreprise, d’une école, d’un hôpital ou d’une administration. Il suffit de donner les outils, les compétences et la confiance aux membres de l’organisation pour pratiquer ce leadership.

Le Maroc est confronté à de grands défis en termes d’eau, de démographie, d’éducation publique et de création d’opportunités pour ses jeunes. Pour relever ces défis, nous avons besoin de leadership à tous les niveaux, et pas seulement de la part d’une seule personne.

Nous avons besoin d’un grand leadership au niveau de Rabat et le Roi s’inscrit dans ce sens. Mais nous avons besoin de millions de Marocains qui pratiquent le leadership. C’est la raison pour laquelle les systèmes de gouvernance sont en train d’être réinventés pour permettre une collaboration plus étroite avec les citoyens, qui peuvent également être des leaders.*

A SUIVRE

https://medias24.com/2023/03/28/entretien-2-2-lex-paulson-le-maroc-est-en-train-dinventer-son-propre-modele-de-gouvernance/

La construction de la faculté pluridisciplinaire d’Al Hoceima toujours en cours, le projet maintenu

Le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Université Abdelmalek Essaâdi [en sa qualité de maître d’ouvrage, ndlr] ont entamé les travaux de construction du complexe universitaire à Al Hoceima, annonce l’Université Abdelmalek Essaâdi dans un communiqué publié le jeudi 23 mars, dont Médias24 détient copie.

Authentifiée par nos soins, une fiche de présentation de ce même projet, publiée le 20 mars par l’Agence nationale des équipements publics du Nord (ANEP), confirme les dates de lancement et d’achèvement des travaux de construction. « Les travaux ont démarré le 1er février 2022. Leur achèvement est prévu pour le 1er août 2024 », indique l’ANEP.

Fausses rumeurs

Le ministre de l’Enseignement supérieur Abdellatif Miraoui a apporté, le 1er mars, une réponse à une question écrite soulevée par le groupe socialiste sur l’état d’avancement de la construction de la faculté pluridisciplinaire d’Al Hoceima ; l’une des parties prévues dans le cadre du projet du complexe universitaire.

Cette réponse a été interprétée comme une annulation tacite du projet de faculté pluridisciplinaire d’Al Hoceima.

« Le ministère travaille sur l’élaboration d’un schéma administratif de présentation des formations universitaires à l’horizon 2030, selon une approche participative et intégrée, basée sur la détection des besoins des secteurs productifs en termes de compétences et de ressources humaines. Ce schéma constitue le cadre de référence s’alignant avec la carte universitaire », avait vaguement précisé Abdellatif Miraoui.

Ci-dessous la réponse intégrale du ministre.

Le taux d’avancement des travaux a atteint 40%

« Une fois achevé, le complexe universitaire constituera un cadre référentiel important pour l’adaptation de la carte universitaire aux défis de la régionalisation avancée et du développement de l’offre pédagogique et de la recherche scientifique dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, à travers la création de branches innovantes visant à contribuer au développement socio-économique du Maroc », souligne le communiqué de l’Université Abdelmalek Essaâdi.

Ce projet est doté d’une enveloppe financière de 400 MDH, dont 100 MDH alloués à la cité et au restaurant universitaires. Le total des contrats engagés à ce jour a atteint 270 MDH, et le taux d’avancement des travaux est d’environ 40%.

Etalé sur une superficie de 56 hectares, d’une capacité estimée à environ 4.000 places, ce futur complexe universitaire comprend entre autres la faculté pluridisciplinaire d’Al Hoceima. Celle-ci sera érigée sur une superficie de 8 hectares, tandis que l’Ecole nationale de gestion et du commerce (ENCG) d’Al Hoceima sera construite sur une superficie de 4 hectares.

Incendie dans la cité universitaire d’Oujda, aucune perte humaine

Un incendie s’est déclaré durant la soirée du mardi 21 mars dans l’une des chambres de la cité universitaire relevant de l’Université Mohammed Ier à Oujda. L’incendie n’a fait aucune perte humaine, ont indiqué les autorités locales de la préfecture d’Oujda Angad, précisant que le feu a été totalement maîtrisé.

L’incendie, qui s’est déclaré vers 20h15, a causé des dégâts matériels dans la chambre et des cas d’évanouissement, de malaise et de difficultés respiratoires légères parmi les étudiants. Ces derniers ont été transférés à l’hôpital, où ils ont reçu les soins nécessaires, précisent les mêmes sources. Ils ont ensuite quitté l’établissement sanitaire, à l’exception de deux personnes qui ont été placées sous surveillance médicale, sans que leur état de santé ne suscite de l’inquiétude.

Les services de la protection civile sont parvenus à maîtriser totalement l’incendie vers 21h, après que l’un des gardiens de la cité universitaire et des étudiants ont circonscrit le feu à l’aide d’extincteurs.

Selon les données préliminaires, la cause de l’incendie est liée à un court-circuit d’un chargeur connecté à un haut-parleur qui a été retrouvé sur les lieux, ajoutent les autorités locales.

Une enquête a été ouverte par les autorités compétentes, sous la supervision du parquet pour élucider les circonstances de cet incident.

En septembre 2022, un incendie dans un pavillon de la même cité universitaire avait fait deux morts et plusieurs blessés parmi les étudiants.

Refus du bac ancien à l’université : “Rien n’interdit l’inscription, il suffit d’être patient” (Miraoui)

Peut-on s’inscrire à l’université avec un baccalauréat ancien ? La question est soulevée à chaque rentrée universitaire. Le sujet prend cette fois-ci une ampleur particulière, impulsé par le hashtag #الباكالوريا_لا_تموت (“le baccalauréat ne meurt pas”), lancé par le professeur universitaire Omar Cherkaoui.

Des députés se sont emparés du sujet en interpellant le ministre de l’Enseignement supérieur à travers des questions écrites. Joint par Médias24, Abdellatif Miraoui explique qu’il n’est pas question de rejeter les anciens baccalauréats, mais de prioriser les nouveaux titulaires du diplôme. “Il suffit d’être patient”, affirme le ministre, précisant que les inscriptions seront effectuées au cours des prochaines semaines.

De son côté, Omar Cherkaoui dénonce auprès de notre rédaction le “rejet”, par les universités, des demandes d’inscription des titulaires de baccalauréats dits “anciens”, et défend le droit d’accès à l’éducation pour tous. “Des dizaines de milliers de titulaires de baccalauréats datant d’années différentes sont privés d’un droit constitutionnel, qui est celui de l’accès facile à l’éducation”, déplore cet universitaire.

“Aucune interdiction légale, que des prétextes”

“Ce droit est prévu par la Constitution dans son article 31, selon lequel les autorités publiques sont contraintes de faciliter l’accès à l’éducation pour tous. Sur le plan légal, le baccalauréat n’a pas de date de péremption. Il s’agit d’un diplôme national, reconnu à l’international, et qui n’est pas soumis à expiration”, poursuit Omar Cherkaoui.

Selon lui, “sans interdiction sur le plan légal, il n’y a que des prétextes liés à la capacité d’accueil des universités. Et ces prétextes ne peuvent suffire à rayer un droit constitutionnel, d’autant que l’on peut recourir à d’autres formules qui garantissent ce droit, comme les cours et examens à distance. L’essentiel est de donner à nouveau une chance à ces jeunes et de les empêcher de tomber dans la délinquance ou le chômage”.

Abdellatif Miraoui juge effectivement envisageable l’alternative des cours à distance, “mais pas pour cette année”. Il faudra donc attendre la prochaine rentrée universitaire pour mettre en place cette option, nous explique le ministre, qui rappelle par ailleurs que le sujet n’est pas nouveau, la question étant soulevée “à chaque rentrée universitaire”.

Des députés (PI et PPS) s’emparent du sujet

Khadija Ezzoumi (PI) et Rachid Hammouni (PPS) ont, chacun de son côté, adressé une question écrite au ministre de l’Enseignement supérieur sur les mesures à prendre pour régler cette problématique et ouvrir la voie à “tous ceux qui désirent suivre leurs études universitaires sans la condition d’un baccalauréat récent”, comme le souligne la députée.

Du même avis, le chef du groupe parlementaire du PPS estime qu’il existe “d’autres solutions” à mettre en place pour pallier la problématique relative à la capacité d’accueil limitée. Il suggère notamment le recours à des “solutions innovantes” comme l’enseignement à distance.

Times Higher Education : l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, première université au Maroc

En sus d’être la première au Maroc, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès (USMBA) se positionne parmi les 300 meilleures universités internationales sur 790 universités que comprend le classement.

A l’échelle nationale, l’université de Fès est suivie par l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra, l’Université Hassan Ier de Settat, l’Université Hassan II de Casablanca et l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.

Depuis l’intégration de l’USMBA dans ce classement, ses publications scientifiques sont passées de 900 articles en 2018 à 1.420 articles en 2022, soit une augmentation de 40%, note un communiqué de l’Université.

Le classement international des jeunes universités (universités de moins de cinquante ans d’âge) est basé sur cinq indicateurs majeurs : la notoriété académique, la recherche scientifique, les citations, le rayonnement international et les revenus de l’industrie.

Harcèlement dans les universités : nouvelle condamnation à Tanger

Le tribunal de première instance de Tanger a condamné un professeur de l’Université Abdelmalek Essaâdi à un an de prison ferme et 5.000 dirhams d’amende, ainsi qu’à un traitement psychologique adéquat qu’il devra suivre durant sa détention.

Il a également été condamné à verser 50.000 dirhams de dommages-intérêts à la victime. Enfin, il lui est interdit de la contacter, de s’approcher du lieu où elle se trouve et de communiquer avec elle par tous moyens. Et ce, pendant une durée de trois ans à compter de la date de sa libération.

Le jugement a été prononcé le vendredi 11 février par le tribunal de première instance de Tanger, soit près d’un mois après l’ouverture du procès.

Il s’agit de la deuxième condamnation visant un professeur universitaire depuis l’avènement, au Maroc, du mouvement #MeToo à l’université. La chambre criminelle près la cour d’appel de Settat a en effet condamné, mercredi 12 janvier, l’un des professeurs universitaires impliqués dans l’affaire « sexe contre bonnes notes » à deux années de prison ferme.

Le procès de quatre autres professeurs de l’Université de Settat, accusés entre autres de harcèlement sexuel envers des étudiantes, est toujours en cours.

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