Inondations de Safi : voici ce que révèle la carte d’aptitude à l’urbanisation

Le drame survenu à Safi, bien qu’il soit d’origine naturelle, interpelle la responsabilité de chaque partie, surtout au vu du lourd bilan humain enregistré.

Dans une analyse antérieure, nous avions exposé les facteurs aggravants, qui se sont ajoutés à l’événement météorologique exceptionnel qui a touché spécifiquement la ville de Safi. L’ancienne médina, zone la plus impactée par cette inondation, est édifiée sur la partie aval de l’oued Chaâba, un cours d’eau resté asséché pendant des années et qui s’est brutalement remis en crue après cet épisode pluviométrique.

La survenue de tels événements est la preuve que le réchauffement climatique n’est plus à prouver. La situation du Maroc impose que le pays soit de plus en plus préparé et résilient face à la manifestation soudaine et violente de ces catastrophes.

C’est dans ce cadre que le Maroc a initié la mise en œuvre de la Stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes naturelles (2021-2030). Cette stratégie vise non seulement à identifier les sites les plus vulnérables, mais aussi à élaborer une nouvelle génération de documents, notamment les cartes d’aptitude à l’urbanisation (CAU), dont la couverture nationale est en cours de progression et dépasse un taux de couverture nationale de 60%.

La ville de Safi est déjà dotée de ce document d’aptitude à l’urbanisation depuis plusieurs années, qui recense et quantifie l’ensemble des aléas selon leur niveau de risque.

Carte d’aptitude d’urbanisation de Safi.

Consultée par nos soins, la lecture de la carte d’aptitude à l’urbanisation montre clairement que les zones à haut risque d’aléas sont situées sur les bordures de l’oued Chaâba et de l’oued El Bacha au nord.

À cela s’ajoute un risque d’origine marine au niveau de la côte, impliquant des menaces d’invasion marine qui pourraient éroder les falaises de Safi, dont la nature karstique les rend particulièrement vulnérables à l’action des vagues.

Aux alentours de Bab Chaâba, l’aléa hydrologique, bien que considéré comme faible, est existant et doit être pris en considération sérieusement. La solution la plus urgente semble être l’installation d’un système d’alerte de crue, à l’image d’Ourika ou Tata. Cette mesure est essentielle étant donné que la médina, avec toute son importance historique, se trouve dans cette zone à risque.

Malgré la sécheresse qui prend de plus en plus d’ampleur, le risque d’inondation ne doit pas être ignoré au Maroc. Les phénomènes climatiques extrêmes (tels que les canicules, les inondations et les glissements de terrain) induits par le réchauffement climatique se caractérisent désormais par leur caractère violent, périodique et soudain, comme c’était le cas de Tata en 2024.

Si l’on reproche souvent aux autorités leur inaction, la responsabilité des citoyens est également engagée. Les citoyens y contribuent aussi lorsqu’ils occupent illégalement des zones à risque, comme le domaine public maritime, pourtant interdites à toute construction pour des motifs de sécurité plutôt que juridiques.

À la suite des intempéries récentes, la mer a totalement envahi des maisons dans le village de Stehat, situé dans la province de Tétouan.

Vidéo montrant l’invasion marine à Stehat (source : réseaux sociaux).

Que ce soit à Safi ou ailleurs, le risque naturel doit être pris au sérieux par les pouvoirs publics, qui doivent améliorer leurs dispositifs de suivi, d’alerte et de prévision, et faire preuve de fermeté. Le citoyen doit également y veiller, en pensant à sa propre sécurité en s’éloignant de tout risque potentiel (glissement de terrain, lit d’oued, domaine maritime…).

Pour une gouvernance adaptée des risques, tous les acteurs doivent aujourd’hui revoir leurs méthodes. Cela implique d’intégrer la communauté scientifique, source de solutions adaptées, et la société civile, dont le rôle doit dépasser la simple sensibilisation pour inclure un accompagnement concret des collectivités territoriales dans l’élaboration de leurs plans d’adaptation.

L’agence urbaine de Marrakech relance l’étude de son schéma directeur d’aménagement urbain

C’est la troisième fois en l’espace d’un an que l’Agence urbaine de Marrakech relance l’appel d’offres pour l’achèvement de l’étude du schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de l’aire métropolitaine du Grand Marrakech.

Le dernier appel d’offres a été lancé en août 2025, alors que l’ouverture des plis était prévue le 1ᵉʳ octobre 2025. Cet appel s’est révélé infructueux en raison de la non-conformité du dossier technique du seul soumissionnaire.

Par rapport à l’appel d’offres précédent, l’agence urbaine a décidé de réduire la durée de l’étude de 19 à 15 mois, ce qui permettra théoriquement de ne pas avoir un impact dans les délais de réalisations précédents. 

L’importance stratégique du SDAU pour la ville de Marrakech et ses environs

La ville de Marrakech s’est récemment dotée de plusieurs plans d’aménagement, dont le dernier en date est celui de Marrakech Ouest, qui ont mis fin à une longue période d’absence de documents d’urbanisme.

Si le plan d’aménagement a une durée de vie de 10 ans, le SDAU, quant à lui, fixe les orientations de l’urbanisme sur un horizon bien plus long, pouvant aller jusqu’à 25 ans, et sert de cadre pour la planification des projets et des infrastructures.

Ce document détermine les choix et les options d’aménagement, il ouvre de nouvelles zones d’urbanisation, permet de créer de grands équipements publics, précise les actions prioritaires à mener, identifie les secteurs à restructurer ou à rénover… (cf. article 4 de la loi 12.90 d’urbanisme).

Le SDAU du Grand Marrakech, qui couvrira une superficie de 2.332 km², est destiné à remplacer l’ancien SDAU adopté en 1995. Il établira le cadre réglementaire de l’aménagement pour onze communes de la préfecture de Marrakech et huit communes de la province d’Al Haouz.

Ce que le nouveau SDAU doit corriger dans le Grand Marrakech

Le cahier des prescriptions spéciales dresse un état des lieux des principaux défis de la région. L’étude du futur SDAU devra proposer des réponses concrètes : comment gérer la croissance démographique et la pression immobilière, tout en protégeant les espaces naturels, agricoles et environnementaux ?

Elle devra répondre à un nombre considérable de questions, parmi lesquelles :

La réponse à ces problématiques et exigences devra être développée au travers de plans d’action sectoriels, d’un schéma d’orientation et de stratégies d’aménagement pour les espaces urbains, périurbains et ruraux.

Également, le nouveau SDAU du Grand Marrakech devrait saisir l’opportunité de la Coupe du monde 2030 pour moderniser les infrastructures, lancer de nouveaux pôles urbains et renouveler et requalifier certaines zones sur le plan environnemental.

Les bonnes pratiques prévues pour l’élaboration du SDAU du Grand Marrakech

Dans ce contexte, le SDAU devra innover en intégrant les objectifs de développement durable (ODD), les principes du nouveau modèle de développement (NMD), le schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) et la charte d’investissement.

Le SDAU doit aussi mettre en lumière les liens entre les différentes communes et proposer des modèles d’intercommunalité. Il s’agit de définir des programmes de développement communs pour améliorer la qualité des territoires et des projets qui s’inscrivent dans cette approche.

Afin de faciliter la compréhension du SDAU, l’examen par les comités de suivi (CCS et CLS) et les délibérations communales devraient être simplifiés grâce à l’élaboration de fiches-projets et de fiches-communes :

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Un nouveau schéma directeur pour repenser l’aménagement urbain de l’axe littoral Fnideq-Tétouan

Après le lancement du SDAU du Grand Tanger, c’est au tour de la bande littorale méditerranéenne, entre la province de Tétouan et la préfecture de M’diq-Fnideq, de faire l’objet d’un nouveau projet de schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU).

Ce projet d’aménagement s’étend sur une superficie de 1.080 km² et concernera une population de 799.543 habitants de 17 communes (5 communes de la préfecture de M’diq-Fnideq et 12 communes de la province de Tétouan). Il devrait particulièrement décider d’ouvrir de nouvelles zones à l’urbanisation et déterminer de nouveaux choix pour catalyser un développement socio-économique de ce territoire stratégique avoisinant la ville de Sebta.

Avec un coût global de 4,8 millions de dirhams, la mise en œuvre de ce SDAU devra intervenir dans un délai total de 20 mois suivant l’attribution du projet.

Carte des communes concernées par ce projet de schéma directeur

En effet, le territoire concerné fait face à plusieurs dysfonctionnements actuels qui se résument notamment dans les disparités socio-économiques et l’enclavement de l’arrière-pays, le faible impact des grands projets structurants et la pression urbaine ainsi que les déséquilibres spatiaux, les habitats inadaptés et plusieurs problématiques foncières

Afin de répondre à ces problématiques, le projet conçu devrait présenter des solutions concrètes et durables en tenant compte de l’équilibre naturel à préserver, et ce à travers un nouveau dessin territorial fonctionnel qui facilitera la convergence des approches sectorielles et la prise de décisions stratégiques.

En sa qualité d’outil réglementaire de planification urbaine, ce nouveau projet doit s’orienter autour des recommandations du Nouveau Modèle de développement (NMD), des principes de la bonne gouvernance territoriale, et s’atteler à déchiffrer les obstacles et les opportunités en exploitant les nouvelles approches des NTIC qu’offrent la Data Science et l’intelligence collective

La préparation du projet de ce plan se basera sur une analyse territoriale du périmètre du SDAU qui doit nécessairement faire ressortir de nouvelles solutions d’aménagement urbain d’intérêt économique, catalyseur de projets d’investissements.

Elle devrait intégrer une analyse spatiale et socioéconomique approfondie incluant l’impact d’événements majeurs passés et futurs, dont l’impact de la pandémie de COVID-19, les nouvelles tendances démographiques relevées par le dernier recensement de la population de 2024 et les retombées de l’organisation de la Coupe du monde 2030

Parmi les options stratégiques pour catalyser le développement de cette zone, l’organisation de la Coupe du monde 2030, avec Tanger comme l’une des villes hôtes, constitue une opportunité majeure pour l’ensemble de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

La bande littorale entre Oued Laou et Ras Leona (Belyounech) présente une complémentarité fonctionnelle avec Tanger. Elle se distingue par la diversité de ses milieux naturels et offre de fortes potentialités de développement qui n’ont pas encore été pleinement exploitées. Il s’agit donc, à travers cette organisation, de renforcer les infrastructures, d’améliorer la qualité et la capacité des services de transport, et de stimuler l’attractivité économique et touristique de cet axe stratégique.

Tout au long de l’élaboration de ce SDAU, l’agence urbaine de Tétouan a fait le choix judicieux et innovant de privilégier la participation citoyenne, et ce, avant même la phase juridique de l’enquête publique. Pour cela, une page web destinée à recueillir les avis, attentes et besoins des différentes catégories de la population sera déployée dès le lancement des études.

Urbanisme. Tanger prépare un nouveau schéma directeur d’aménagement urbain

L’Agence urbaine de Tanger a lancé, ce vendredi 17 octobre 2025, un appel d’offres international pour l’élaboration du schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de Tanger couvrant la préfecture de Tanger-Assilah et la province de Fahs Anjra.

Ce projet d’aménagement s’étendra sur une superficie de 171.000 hectares et concernera une population de 1.595.000 habitants. Son importance réside dans la définition des grandes règles d’urbanisme pour les vingt-cinq prochaines années (cf. article 4 de la loi 12.90 relative à l’urbanisme).

Il se distingue notamment par la décision des nouvelles zones ouvertes à l’urbanisation, la vocation générale des sols (zones agricoles, zones industrielles, zones de grands équipements…) et le système de transports et de mobilité pour l’ensemble du territoire.

délimitation en vert du périmètre du projet d’aménagement urbain.

Avec un coût global de 5 millions de dirhams, la préparation du SDAU devra intervenir dans un délai total de 14 mois suivant l’attribution du projet. Ce délai comprendra une analyse territoriale du périmètre du SDAU précédent la préparation du projet du plan, qui sera ensuite examiné par la commission centrale de suivi et la commission locale de suivi, avant que la version finale ne soit statuée et soumise à la consultation des conseils communaux concernés.

Le territoire du SDAU fait face à plusieurs dysfonctionnements actuels interdépendants qui nécessitent une intervention efficace. Parmi eux, le cahier de prescription spéciale a identifié un ensemble de points tels que la métropolisation déséquilibrée qui exerce une pression croissante sur les ressources et les infrastructures, tandis qu’une crise du logement persistante, alimentée par la spéculation foncière et la hausse des prix, conduit au développement de quartiers informels en périphérie de Tanger.

Parallèlement, les villes nouvelles de Chrafate et Ibn Battouta, bien que représentant des opportunités de désengorgement, souffrent d’un isolement fonctionnel et d’une intégration incomplète dans le tissu urbain. Ces défis sont accentués par des systèmes de mobilité urbaine et interurbaine insuffisants pour répondre aux besoins d’une population croissante et d’une économie en expansion.

Par conséquent, le projet du nouveau SDAU de la préfecture de Tanger-Assilah et de la province de Fahs-Anjra doit définir une stratégie d’intervention claire pour apporter des réponses précises à ces problématiques territoriales, incluant les principales actions nécessaires pour permettre à ce territoire d’atteindre le niveau de développement attendu.

De son côté, le diagnostic territorial devra intégrer une analyse approfondie du volet socioéconomique, incluant l’impact d’événements majeurs passés et futurs tels que la pandémie de COVID-19 et l’organisation de la Coupe du monde 2030, les résultats du dernier recensement de la population de 2024, les nouvelles tendances démographiques, les dynamiques du marché du travail et les disparités territoriales…

Sur le plan spatial, il devra prendre en compte les tendances d’urbanisation, les usages du sol et les contraintes physiques, ainsi que la dynamique foncière et immobilière, en portant une attention particulière à la disponibilité des réserves foncières, aux coûts de mobilisation des terrains et à leurs implications en milieu urbain et rural.

Afin d’apporter les meilleures solutions, le nouveau projet doit privilégier des approches novatrices fortement axées sur les nouvelles technologies, notamment la data science pour l’analyse des données, l’intelligence territoriale pour une meilleure compréhension des dynamiques locales, ainsi que l’intelligence collective afin d’intégrer les contributions de l’ensemble des acteurs.

Sur le plan régional, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima est encadrée par un schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) valable jusqu’en 2046, dont les plans d’action sont révisés tous les cinq ans. Ce nouveau projet de SDAU du Grand Tanger devrait renforcer l’action urbaine de la région, faisant suite aux deux autres SDAU homologués en 2004, celui d’Assilah et sa côte touristique ainsi que celui du littoral méditerranéen.

Tanger prépare l’ouverture à l’urbanisation de deux nouveaux secteurs

L’Agence urbaine de Tanger a lancé, ce vendredi 17 octobre, un appel d’offres national pour l’élaboration de deux nouveaux plans d’aménagement sectoriels, visant à encadrer l’aménagement urbain de deux zones stratégiques situées à l’est de Tanger.

Précédemment, le plan d’aménagement de Mghogha-Souani, homologué le 16 janvier 2023, a classé ces deux secteurs comme zones rurales en mutation et subordonne leur ouverture à l’urbanisation à l’élaboration d’un plan de masse.

La première zone est d’une superficie de 236 hectares. Elle se situe au nord-est de l’arrondissement de Mghogha, dans une zone connue sous le nom de Chejirat.

Elle présente un caractère stratégique du fait de sa proximité avec la rocade méditerranéenne, le centre-ville et la gare LGV de Tanger-Médina.

Délimitation de la zone du premier plan d’aménagement par rapport au centre de la ville de Tanger.

La seconde zone, d’une superficie de 211 hectares, est située au sud-est de l’arrondissement de Mghogha.

Elle se trouve dans une zone connue sous le nom de Lakhreb, à l’entrée de la ville via la route nationale N2, qui mène vers la ville de Tétouan.

Périmètre du deuxième projet de plan d’aménagement sectoriel, situé à l’entrée de la ville, du côté de la RN2 menant vers Tétouan.

La préparation de ces deux plans d’aménagement devra être réalisée dans un délai total d’environ neuf mois. Cette démarche comprendra un diagnostic territorial avant que le projet ne soit soumis à la commission technique locale, présidée par le gouverneur, constituant ainsi la première étape de son circuit d’adoption légale.

Cohérents avec les dispositions du plan d’aménagement Mghogha-Souani de 2023, ces deux projets de plans d’aménagement devront être souples, incitatifs, porteurs de projets, et devront accompagner et anticiper la dynamique urbaine dans la perspective des principes d’intervention.

Ils devront répondre à plusieurs problématiques actuelles dans ces deux secteurs, notamment : la pression foncière croissante, les risques naturels (inondations, glissements de terrain…), la préservation des zones naturelles et le manque d’équipements nécessaires à la vie sociale.

ici carte montrant la couverture de la ville de tanger en plan d'aménagement en fonction de la population le nouveau projet permettra de controler davantage l'étalement urbain de la ville
Carte montrant la couverture de la ville de Tanger en documents d’urbanisme.

À cet effet, le mandataire du projet doit concevoir un cadrage rigoureux pour l’urbanisation, couvrant les conditions d’organisation, d’aménagement et de développement. Il doit veiller à structurer l’utilisation de l’espace pour satisfaire les besoins actuels et futurs (habitat, activités, équipements collectifs et services urbains) et inscrire le territoire dans une démarche de développement durable.

En attendant le plan d’aménagement de Tanger-Médina, en cours d’adoption, la couverture urbanistique de la ville de Tanger se concentre actuellement sur sa partie orientale, qui présente la plus forte densité urbaine. Celle-ci inclut les plans d’aménagement de Mghogha-Souani et de Beni Makada, homologués en 2023, ainsi que le plan d’aménagement du littoral de Fahs Anjra, qui définit la vision spatiale stratégique pour le littoral entre Tanger et le port de Tanger Med-Ksar Sghir, homologué en 2024.

Ces projets optent pour un étalement urbain progressif, qui a donné naissance à trois nouveaux pôles urbains en plein essor, Guezenaya-Ibn Battouta, Al-Aouama-Aïn Dalia-Tanger Tech et Cherafat-Melloussa, qui redessinent progressivement l’agglomération urbaine de la perle du détroit ».

De la carte au terrain : que cache un plan d’aménagement urbain ?

Depuis quelques semaines, un projet refait surface et anime les conversations. Il s’agit du projet de l’avenue Royale à Casablanca. Ce projet, vieux de près de 40 ans, a été ressuscité et va transformer le visage de la capitale économique.

Par ailleurs, des grandes villes connaissent des actualisations de leur plan d’aménagement, comme c’est le cas au Maârif à Casablanca, à Marrakech Ouest au niveau de la ville ocre ou encore à Rabat.

C’est l’occasion d’expliquer ce que sont les plans d’aménagement ainsi que les étapes nécessaires à leur mise en place. Médias24 avec son partenaire Yakeey vous donnent tous les éléments pour devenir incollable sur le sujet.

L’urbanisme des villes est défini par la vision stratégique suivie par l’aménagement des territoires. Le tout est concrétisé par les plans d’aménagement qui sont de véritables instruments de planification stratégique qui traduisent la vision d’urbanisme à l’échelle locale.

Dans les communes urbaines, les plans d’aménagement permettent de définir les règles d’urbanisme d’un territoire donné afin d’aménager un espace avec cohérence et vision.

Parmi les spécificités du plan d’aménagement, il permet de projeter le développement d’un territoire sur une durée moyenne (10 ans en général) et de fixer les grandes orientations d’occupation du sol (zones d’habitat, activités économiques, zones vertes, infrastructures, patrimoine à protéger, etc.).

Leur principale force : ces plans sont garants de la cohérence territoriale en assurant la coordination entre les besoins en logements, services publics, voirie, transport, environnement et attractivité économique.

Un plan d’aménagement, pourquoi faire ?

Le plan d’aménagement définit les zoning, les usages permis et interdits, les règles de constructibilité et d’équipements.

Chaque zone est assortie d’un règlement (hauteur des bâtiments, densité, alignement, retraits, usages permis ou interdits). Ces règles garantissent un développement ordonné, évitent l’anarchie et favorisent l’harmonie architecturale et fonctionnelle.

Ce plan est un outil de gouvernance qui sert de référence obligatoire pour la délivrance des autorisations (construire, lotir, aménager). Il devient alors un outil de régulation entre les acteurs publics et privés.

Le plan d’aménagement est souvent publié par arrondissement pour les grandes villes et suit un processus qui alterne études techniques, concertation institutionnelle, participation citoyenne (enquête publique), puis validation officielle.

Comment se prépare un plan d’aménagement ?

Le plan d’aménagement est élaboré à l’initiative de l’autorité gouvernementale chargée de l’urbanisme (actuellement le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville), en concertation avec les collectivités territoriales (communes).

Par la suite, des études sont lancées pour le diagnostic du territoire, l’analyse de la situation actuelle et des besoins d’équipements, la coordination avec les services concernés (eau, énergie, environnement, agriculture, patrimoine, etc.).

À ce stade, il faut élaborer un projet de plan qui comprend un rapport explicatif (orientations, justifications, choix techniques), des pièces graphiques (zonage, voirie, réserves pour équipements, zones constructibles, espaces verts, etc.) et un règlement fixant les règles de constructibilité et d’usage du sol par zone.

Ce projet est ensuite étudié par la commission locale d’urbanisme regroupant les services concernés pour l’examiner, formuler des observations et demander des ajustements.

L’étape d’après consiste à soumettre le projet à l’enquête publique pendant 1 mois. Lors de cette étape, les citoyens, les entreprises et les administrations peuvent formuler des réclamations et des observations.

Un rapport d’enquête est ensuite établi et examiné par la commission compétente qui peut parfois faire des modifications sur certaines zones afin de tenir compte de réclamations qui seraient justifiées.

Prenons comme exemple un terrain grevé par un équipement et qui serait reconduit avec la même classification pour le nouveau plan d’aménagement : il peut faire l’objet d’une réclamation du propriétaire.

Quand les remarques retenues ont été intégrées, le plan d’aménagement est transmis au Conseil communal pour adoption. Ensuite, il est approuvé par arrêté du Gouverneur (pour les communes rurales) ou par décision du ministre de l’Urbanisme (pour les grandes villes ou zones stratégiques).

L’approbation confère au plan son statut officiel : il s’impose aux particuliers, aux collectivités et à l’administration.

Enfin, le plan est publié au Bulletin officiel et devient opposable : toute demande d’autorisation de construire, lotir, ou aménager doit s’y conformer et la déclaration d’utilité publique est déclarée pour 10 ans.

Comment obtenir l’information urbanistique de votre propriété ?

Les particuliers ont deux choix possibles. Opter pour la note de renseignements, si vous avez un terrain ou une villa. Ce document peut être demandé auprès de l’agence urbaine. Il s’agit d’un papier officiel qui peut vous donner tous les renseignements sur l’urbanisme en vigueur sur votre bien immobilier.

Il faut toujours vérifier que le document que vous avez en votre possession soit récent (moins de 6 mois) et tienne compte du plan d’aménagement en vigueur.

Les plans d’aménagement sont généralement actualisé tous les dix ans.

La note de renseignement va inclure un extrait du plan d’aménagement et vous donner toutes les règles d’urbanisme applicables à votre bien : hauteur des constructions, recul à respecter, usage admis et interdit, coefficient d’occupation du sol, etc.

Dans le cas où vous avez acheté un lot de terrain dans un lotissement, vous êtes contraint de respecter le cahier des charges du lotissement qui vous détaillera tous les éléments urbanistiques nécessaires.

Quelques termes à connaître

Le COS est le coefficient d’occupation du sol qui va définir le nombre de m² que vous pouvez construire sur votre terrain.

Le CUS est le coefficient d’utilisation du sol qui va définir l’emprise du bâtiment sur votre terrain, un peu comme une empreinte.

Le COS tient compte de la hauteur des constructions et permet d’avoir le nombre de m² constructibles.

Urbanisme. Ce que change le nouveau plan d’aménagement de Marrakech-Ouest

À Marrakech, le nouveau plan d’aménagement permettra la mise en place d’un zonage urbain pour les dix prochaines années, permettant une meilleure utilisation du sol capable de favoriser l’investissement et de mieux contrôler l’étalement urbain au niveau de l’ouest de la ville. Cette nouvelle couverture urbanistique arrive à point nommé pour coordonner les futurs projets, en parallèle des préparatifs de la ville pour la Coupe du monde 2030.

En plus d’un ensemble de projets urbains, ce plan d’aménagement a fixé un ensemble de dispositions au niveau de l’arrondissement Ménara et de la partie ouest de Guéliz, à savoir : les zonages adoptés, les équipements de base prévus, et notamment les voiries à créer.

Carte des quartiers de Marrakech établie en 2020 par Delpha

En cours d’enquête publique, les citoyens ont jusqu’au 11 juin 2025 pour prendre connaissance des implications du nouveau plan d’aménagement sur leurs propriétés et émettre leurs avis sur un registre ouvert à l’hôtel de ville.

La répartition des zonations de l’arrondissement Ménara et de l’ouest de Guéliz

Le nouveau plan d’aménagement de Marrakech-Ouest vise à contrôler l’étalement urbain et à saisir les opportunités de développement en adoptant une zonation précise.

Il propose quatre principales zonations d’habitation, ainsi qu’une zone industrielle et une autre dédiée aux loisirs.

Zoning de la zone industriel de Sidi ghanem prévus apr le plan d'aménagement de Marrakech-Ouest
Zonage de la zone industrielle de Sidi Ghanem. Elle réunira deux zones : la première (en bleu) correspond aux activités industrielles de deuxième degré, et la seconde (en orange) abrite les zones d’activité artisanales et de commerce.

 

ici la nouvelle zone de loisirs prévue par le plan d'aménagement de Marrakech Ouest et qui est située près de l'aéroport de Marrakech Menara
Carte montrant la situation d’une nouvelle zone de loisirs qui sera créée à proximité de l’aéroport de Marrakech-Ménara.

Premièrement, la zonation consacrée aux habitations traditionnelles est la plus étendue dans le plan et se situe principalement dans les quartiers de M’hamid, Massira et Azli.

En second lieu, une zonation d’immeubles collectifs alignés est prévue pour l’habitat, les bureaux, les commerces, l’artisanat, les services, les équipements, les établissements touristiques et d’animation ou hôteliers. Elle se décline en trois zones selon les élévations : R+5 (très rares, principalement dans le quartier Charaf), R+4 (par exemple, avenue Guemassa et avenue Charaf) et R+3 (principalement en arrière des zones R+4).

Une troisième zone est spécifiquement dédiée à l’habitat mixte (immeuble, villas, commerce, bureaux…). Dans cette zone, les ensembles de logements collectifs doivent prendre la forme d’immeubles orientés de manière discontinue, s’ouvrant sur des espaces communs aménagés en espaces verts, de loisir et de sport en plein air, avec des places de parking en surface ou en sous-sol.

En ce qui concerne les zones d’habitation de type villa, le plan d’aménagement a prévu deux types de zones, situées principalement à Targa. La première abrite des habitations individuelles et peut accueillir des projets d’hôtels-clubs, de clubs de vacances et de centres d’estivage en R+2, sur des assiettes foncières supérieures à 1,5 hectare. La seconde comprend des zones villas et des zones intermédiaires, autorisées uniquement pour des superficies égales ou supérieures à 1 hectare sur des parcelles individuelles, sous réserve de posséder un accès individuel et un espace extérieur privatif. À ces deux zones villas s’ajoute une zone destinée à l’habitat individuel ou aux résidences sous forme d’opérations intégrées en villégiature, située principalement au niveau de Riad Assalam et de Targa.

Un traitement normatif des bidonvilles et habitats insalubres

Le plan d’aménagement prévoit le relogement des habitants des bidonvilles situés dans son périmètre. Dans le cadre de cette politique de requalification urbaine, plusieurs mesures spécifiques ont été arrêtées.

En premier lieu, les douars Bouchareb, Azib Goundafi et Aït Ssi, situés dans l’arrondissement Ménara, bénéficieront d’un programme de requalification piloté par les pouvoirs publics. Par ailleurs, les douars localisés au sein de grandes opérations urbaines feront l’objet d’une prise en charge conforme aux engagements contractuels des opérateurs privés, tels qu’établis lors de l’autorisation de leurs projets.

Pour les douars implantés sur du foncier privé encore non urbanisé, le plan a précisé qu’aucune urbanisation ne pourra y être autorisée sans qu’une convention préalable n’ait été conclue et validée par l’ensemble des parties prenantes, garantissant le relogement des habitants concernés.

Le douar Koumi, situé en bordure sud de Marrakech, sera relogé par un opérateur privé dans le cadre d’un engagement avec l’État.

 

Les habitants du douar Sraghna, situé au nord de Marrakech, seront relogés dans le cadre d’une intervention de l’État.

 

ici une image aerienne montrant les limites d'une zone à restructurer au niveau de Douar Koudia à Marrakech
Le plan d’aménagement de Marrakech-Ouest prévoit de restructurer le douar Koudia à Marrakech abritant des habitations insalubres.

Concernant les habitats insalubres, deux approches distinctes sont prévues : soit leur restructuration selon un plan spécifique, soit, en l’absence d’un tel document, leur soumission aux dispositions du zonage des habitations traditionnelles du présent règlement, sous réserve de la réalisation effective des travaux de restructuration, dûment constatée par une commission interservices.

Le plan intègre également des dispositions particulières pour certains douars situés au niveau des projets urbains prévus par le plan d’aménagement. Notamment, la délocalisation et réintégration des quatre douars Ghali, Bloc Tidili, Lamrikhi et Chossari (couvrant environ 4 hectares) pour optimiser l’utilisation du sol et régénérer le tissu urbain local. De même, la zone de projet urbain n° 8 prévoit la résorption des douars existants par le relogement de ses habitants sur la même assiette foncière.

Les équipements publics prévus par ce nouveau document

Le plan d’aménagement de Marrakech-Ouest vise également à renforcer la couverture en équipements publics de première nécessité. Pour l’enseignement, le plan prévoit la création de 45 écoles primaires, de 16 collèges, de 11 lycées et de deux lycées-collèges, ainsi qu’une école nationale d’architecture. Il inclut également l’extension du lycée M’hamid 9, et 18 autres équipements d’enseignement supplémentaires dont la vocation n’a pas encore été précisée.

En ce qui concerne les équipements de santé, 27 centres de santé sont prévus, complétés par quatre autres équipements de santé, deux hôpitaux, sept centres de santé urbains et un dispensaire.

De plus, afin de conforter la vocation verte de Marrakech, le plan d’aménagement prévoit la création de 466 espaces verts, représentant environ une centaine d’hectares. Parmi ceux-ci, le plus grand s’étendra sur 131.408 m² aux environs du douar Koudia, et une dizaine d’autres espaces verts dépasseront les 20.000 m².

Le plan inclut également la création de 241 équipements privés d’intérêt général. Cela comprend notamment huit écoles privées, un pôle de loisirs, six crèches, six centres commerciaux, une clinique et un parc urbain.

Le plan n’oublie pas les infrastructures sportives, avec la création de 46 terrains de sport de proximité, une piscine municipale à Azli et une salle couverte à M’hamid.

En plus des équipements publics nécessaires, le plan d’aménagement prévoit huit projets urbains pour redynamiser la ville. Ces projets incluent la nouvelle gare routière Al Azzouzia, qui nécessitera des initiatives en matière de mobilité urbaine et de logements pour accroître son attractivité.

À Guéliz, la relocalisation des casernes militaires permettra l’implantation de nouveaux équipements structurants qui renforceront la centralité du quartier. La réorganisation des activités informelles sera entreprise pour favoriser leur intégration au tissu économique et améliorer l’ordre urbain.

En parallèle, des prescriptions d’ordre public prévoient l’interdiction de toute installation visible d’équipements techniques tels que les antennes paraboliques, les climatiseurs ou les boîtiers de fibres optiques sur les façades des bâtiments.

Métiers de l’immobilier. Devenir architecte au Maroc, mode d’emploi

« La construction, c’est fait pour tenir, l’architecture, c’est fait pour émouvoir », disait l’architecte et urbaniste Le Corbusier. Cette citation résume la complexité du métier, car l’architecte est avant tout un artiste et un créatif qui dessine les lieux de vie.

Médias24, avec son partenaire Yakeey, spécialiste de l’immobilier, vous propose une sorte de guide autour du métier d’architecte pour comprendre son quotidien et le parcours à accomplir pour le devenir au Maroc.

Dans sa définition, le métier d’architecte consiste à concevoir les plans, à obtenir les autorisations et à réaliser le suivi de la réalisation des bâtiments en respectant les besoins de ses clients et la réglementation en vigueur. L’architecture, dans sa globalité, se distingue des autres formes d’expression artistique par sa capacité à s’imposer dans l’espace public tout en restant visible à travers les siècles, composant le patrimoine et l’héritage culturel d’une zone géographique.

Comment devient-on architecte au Maroc ?

Après le baccalauréat, il faut réussir le concours pour intégrer une école d’architecture. S’ensuivent 6 ans d’études et un stage professionnel obligatoire avec la soutenance d’un projet de fin d’études (PFE). Les diplômés sont architectes d’État et, pour exercer, ils doivent s’inscrire au Conseil national de l’ordre des architectes. Au Maroc, il y a environ 3.000 architectes qui y sont inscrits.

La célèbre architecte Zaha Hadid, qui est à l’origine du Grand Théâtre de Rabat – une de ses dernières œuvres avant de décéder en 2016 – confiait dans son livre 101 petits secrets d’architecture que « la plupart des architectes n’atteignent pas leur vitesse de croisière professionnelle avant l’âge de cinquante ans ! Un architecte doit être compétent en histoire, en art, en sociologie, en physique, en psychologie, en science des matériaux, en symbolisme, en processus politique et dans bien d’autres domaines. Il doit également réaliser des bâtiments qui respectent les réglementations, résistent aux intempéries et aux tremblements de terre, soient pourvus d’ascenseurs et de systèmes techniques en état de marche, et répondent aux besoins fonctionnels et affectifs complexes de leurs usagers ».

Et de souligner : « Il n’y a peut-être aucune autre profession qui exige d’intégrer un si vaste champ de connaissances. Apprendre à intégrer cette multiplicité d’aspects en un tout cohérent demande du temps, et suppose beaucoup d’essais et d’erreurs ».

Être architecte, en quoi cela consiste exactement ?

En plus du volet esthétique et artistique, l’architecte doit disposer de compétences techniques pour comprendre les enjeux du chantier, mais aussi de qualités relationnelles pour gérer le volet administratif des autorisations auprès des autorités. Ces missions sont diverses. Il doit concevoir des projets où il prend en compte les besoins de ses clients pour élaborer les plans, tout en intégrant l’esthétique, l’ergonomie et la meilleure fonctionnalité possible des espaces. Il doit aussi prendre en compte les besoins d’exploitation future et l’usage prévu des lieux.

L’architecte gère les études urbanistiques, techniques et réglementaires. Il part de la réglementation en vigueur et des caractéristiques du terrain pour intégrer toutes ces contraintes dans le projet et optimiser sa constructibilité. Il doit coordonner le projet avec des intervenants techniques (bureaux d’études, entrepreneurs, etc.) et gérer les autorisations (telles que le permis de construire, le permis d’habiter). C’est à l’architecte de préparer les plans à déposer pour obtenir les papiers nécessaires après consultation des administrations concernées.

Il se rend régulièrement sur le chantier pour vérifier que la construction est conforme aux autorisations délivrées et aux normes. Il est parfois possible de recourir à un décorateur d’intérieur en complément de l’architecte, qui va se concentrer sur les espaces intérieurs du bâtiment, travailler sur les lots architecturaux et proposer un design et un aménagement intérieur des espaces.

Premiers détails sur le nouveau plan de sécurité parasismique du Grand Agadir

L’élaboration d’un nouveau plan de sécurité parasismique du Grand Agadir est en cours. 

Ce plan, issu d’une étude menée par un bureau international, vise à anticiper les risques, améliorer les connaissances et garantir la sécurité des populations face aux aléas sismiques dans cette région vulnérable.

Il y a 65 ans a eu lieu le violent séisme d’Agadir, c’était le 29 février 1960. Malgré le temps écoulé, la mémoire de ce drame et la nécessité de protéger la ville demeurent présentes dans les esprits.

Le Wali de la région Souss Massa, Gouverneur de la préfecture d’Agadir Ida Ou Tanane, Said Amzazi, a présidé en janvier dernier une réunion consacrée à ce projet, co-financé par le Fonds de Lutte contre les effets des Catastrophes Naturelles (FLCN) et la Région Souss-Massa.

Où en est le projet de sécurité sismique du Grand Agadir?

Ce projet de sécurité sismique comporte cinq phases :

Le projet, retardé en raison de la pandémie de Covid, est passé, depuis 2022, à la vitesse supérieure pour compenser les retards accumulés. Les rapports de Phase 1 et de Phase 2 ont été élaborés et validés par le Comité de Pilotage en dates du 2 décembre 2019 et du 20 juin 2024 respectivement.

Il permettra de promouvoir une planification urbaine efficace et durable, qui utilise le foncier de manière intégrée, en actualisant les données disponibles avec les dernières avancées scientifiques et en fournissant de nouvelles données auparavant indisponibles.

La région du Grand Agadir concernée par l’étude est celle couverte par le Schéma Directeur de l’agglomération du Grand Agadir. Ce schéma s’étend sur une superficie de 2 200 km² et englobe, en plus d’Agadir, les agglomérations environnantes dont Taghazout, Drarga, Inezgane, Ait Melloul, Lqliaa, Sidi Bibi, Biougra…

Carte du périmètre du Grand Agadir – Source « Note de synthèse- Grand Agadir pour la Mobilité et les Déplacements Urbains (GAMDU) – Agadir / Septembre 2024 »

Le choix d’une zone étendue se justifie par la diversité et la complexité des phénomènes à étudier, afin de mener efficacement une étude pour la prévention et la gestion intégrée des risques multiples au Maroc.

Au terme de cette étude, un document d’aide à la décision permettra à l’action publique d’assurer la sécurité des populations et des biens face aux risques naturels, tout en favorisant un aménagement du territoire harmonieux et respectueux de l’environnement.

En conséquence, l’administrateur public, en charge de la gestion du territoire, doit mettre en place des mesures de sauvegarde, en tenant compte des risques identifiés.

Le rapport de la première phase a recensé en détail les données disponibles, utilisées pour l’établissement des zonages des aléas considérés afin d’élaborer une délimitation préliminaire.

L’approbation de la phase II, clé de l’étude

Les travaux réalisés pour le projet de sécurité sismique afin de caractériser et de limiter l’ensemble des risques dans le Grand Agadir ont consisté en une étude par télédétection utilisant des images satellites et aériennes, une étude géologique détaillée de 900 sites, le recensement de l’ensemble des failles actives dans le secteur avec 100 sites analysés, ainsi que le recours à la géophysique avec la réalisation de 35 profils en sismique réfraction des ondes P, 85 profils en inversion des ondes de surface, 550 mesures du bruit de fond selon la méthode H/V, et 379 sondages pour des études géotechniques.

À ces études s’ajoute un diagnostic individuel de 392 bâtiments importants pour évaluer la stabilité des structures en cas des tremblements de terre, dont 63 évalués en termes de fréquence de résonnance.

Ces études ont permis la production de 14 nouvelles cartes thématiques couvrant la région d’Agadir. Ces cartes incluent la carte tectonique et microtectonique, la carte géotechnique, la carte de microzonage sismique, ainsi que les cartes d’aléas d’inondation, de glissements de terrain, de submersion marine et d’érosion côtière.

Il ressort également de cette phase II des cartes prévisionnelles de scénarios pour chaque aléa identifié, y compris ceux liés aux changements climatiques.

Etape prochaine, une carte d’aptitude à l’urbanisation

La carte d’aptitude à l’urbanisation est un document introduit par le ministère de l’intérieur en 2008 et qui accompagne les différents documents d’urbanisme afin d’atténuer les effets des catastrophes naturelles.

La prochaine étape consistera, en moins de 6 mois, à la livraison d’une carte d’aptitude à l’urbanisation du Grand Agadir à haute résolution, compte tenu des dernières technologies d’évaluation et de prévision des risques naturels mobilisées.

Cette carte permettra d’actualiser les connaissances déjà établies de risque sismique ainsi que des autres risques naturels possibles. Elle devrait permettre de distinguer quatre catégories distinctes au sein du Grand Agadir :

La carte sera accompagnée d’un rapport explicatif et d’un règlement. Ce dernier explicitera les modalités d’utilisation de la carte et, surtout, les choix méthodologiques qui sous-tendent sa conception, offrant ainsi une transparence essentielle à sa bonne interprétation.

En plus d’être un outil d’aide à la décision, cette carte constituera, par la suite, la base pour la réalisation des plans d’intervention en cas de crise (modes d’intervention et d’évacuation, besoins en matériel et en effectifs…) ainsi que d’un schéma de gouvernance (dispositifs organisationnels et répartition des actions à prendre en charge par les acteurs identifiés de chaque secteur).

Cette étape constituera la quatrième phase de l’étude de sécurité sismique d’Agadir.

Agadir, une ville historiquement exposée aux aléas naturels

La ville d’Agadir et ses environs ont été frappés par plusieurs catastrophes naturelles mais c’est le risque sismique qui reste le plus subi. Le séisme d’Agadir, survenu le 29 février 1960 à 23h40, a causé la mort de 12.000 personnes et détruit la majeure partie de la ville (75% des bâtiments).

Cette catastrophe reste gravée, à ce jour, non seulement dans la mémoire des Gadiris, mais aussi dans celle de tous les Marocains. Un séisme dévastateur, qui a nécessité une mobilisation nationale exceptionnelle.

Face à l’ampleur des dégâts, le Sultan Mohammed V ordonna la reconstruction complète de la ville.

Le 17 janvier 1961, Feu Hassan II, prince héritier en cette date, approuvait le Plan directeur et d’aménagement de la Nouvelle Agadir, qui réglementent la construction et l’urbanisation d’une nouvelle ville au sud de l’ancienne, détruite par le séisme.

Ce plan était le fruit d’une consultation d’architectes et d’urbanistes de renom, tant nationaux qu’internationaux. Également, des études géologiques ont permis, pour la première fois au Maroc, de déterminer les zones dangereuses, principalement la zone de Founty et celle d’Al Kasbah, qui ont été déclarées inconstructibles.

Des images de la ville d’Agadir aujourd’hui, filmées avec le drone de Médias24:

La sismicité dans la région Agadir est due à la présence d’un système de Faille dont la Faille de Tizi N’Test. Ce système ne correspond pas seulement en une grande faille mais d’un système de faille en relais, semblable à ceux dans le rift la Corne de l’Afrique (Mustaphi et al., 2017). Outre la faille principale, la ville d’Agadir est également traversée par des failles d’ordre locale, telles que la faille de la Kasbah, Tildi et Lahouar.

Depuis le séisme dévastateur de 1960 et la reconstruction, la ville a connu plusieurs autres secousses sismiques, souvent de magnitude faible à moyenne mais sans subir de dommages.

Les tremblements de terre les plus importants ont eu lieu au large, dans l’océan Atlantique, et n’ont causé que des frayeurs. Récemment, le séisme d’Al Haouz, bien que la région soit située à proximité de la faille de Tizi n’Test, a eu un bilan moins lourd que d’autres région, témoignant d’une résilience sismique initié depuis les années soixante.

Carte de l’historique des foyers des séismes près d’Agadir ( Ennassiri et al., 2021)

Outre le risque sismique, d’autres phénomènes sont fréquents dans la région d’Agadir. Les inondations, qui, en raison du réchauffement climatique, deviennent soudaines et violentes, en font partie. En 2022, des pluies torrentielles ont causé de graves inondations qui ont submergé plusieurs maisons dans le quartier d’Anza, situé dans le nord de la ville.

La ville d’Agadir est également fortement exposée à l’érosion côtière, due principalement à l’accentuation des phénomènes de réchauffement climatique. Une récente étude a estimé que le trait de côte d’Agadir-Taghazout reculera de 12 mètres d’ici 2050 et de 51 mètres à l’horizon 2100.

Vers un développement économique et social renforcé par de nouveaux documents d’urbanisme

La carte d’aptitude à l’urbanisation, ainsi que l’ensemble des recommandations formulées dans le cadre des actions de gouvernance, de sensibilisation et de formation, devront être prises en compte et intégrées dans les futurs documents d’urbanisme d’Agadir pour une meilleure résilience contre les catastrophes naturelles et les effets imminents du réchauffement climatique.

En pleine rénovation urbaine, le plan d’aménagement d’Agadir en cours d’élaboration devrait s’orienter dans le respect des directives de cette étude. Il devrait prendre le relais du programme de développement Urbain d’Agadir 2020-2024 présenté devant le roi Mohammed VI, le 04 février 2020.

Le plan d’aménagement prévu complétera le plan d’aménagement sectoriel du nouveau pôle urbain, de santé et de sport d’Agadir, homologué en 2022. Ce dernier bénéficie d’une situation stratégique au cœur de la ville, à la limite des piémonts d’Agadir et des montagnes qui l’entourent, au nord-est de la ville. Le développement de cette zone prévoit la construction d’équipements structurants qui bénéficieront à l’ensemble du Grand Agadir.

Le nouveau pôle urbain, actuellement en aménagement différé (en attente de la concrétisation des projets structurants), est conçu selon des principes de mixité et de connectivité fonctionnelle. Ce secteur est destiné à devenir un véritable centre de centralité, notamment grâce à la future gare multimodale et au développement du grand stade d’Adrar. Une attention particulière est également portée à l’intégration paysagère, en mettant en exergue la topographie et les composantes naturelles du site.

À Rabat, retrait des climatiseurs installés sur les façades pour préserver l’esthétique urbaine

L’objectif principal de cette opération est d’harmoniser l’apparence des bâtiments et de préserver l’esthétique architecturale de la ville, nous explique une source informée.

La campagne a débuté dans plusieurs quartiers stratégiques, notamment Hay Riad, a constaté notre source. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent des opérations de démontage des climatiseurs des façades.

 

Dans une note adressée au syndicat de copropriété d’une résidence de Hay Riad, datée du 22 janvier 2025, les autorités locales de l’arrondissement ont demandé aux habitants de retirer les climatiseurs et les paraboles, ainsi que de repeindre les façades en blanc dans un délai de 15 jours. L’objectif, selon le document consulté par nos soins, est d' »harmoniser l’apparence des bâtiments et de préserver l’esthétique de la ville ».

Si certains citoyens saluent cette initiative pour son impact esthétique, d’autres émettent des réserves. Pour de nombreux habitants, déplacer les unités de climatisation représente un coût supplémentaire et un défi logistique. Certains appellent la municipalité à accompagner cette transition avec des solutions techniques adaptées. Parmi les alternatives proposées figure l’installation des unités de climatisation sur des murs latéraux moins visibles ou sur les toits.

Préserver l’esthétique urbaine

Entré en vigueur en 2018, le décret n° 2-17-354, définissant le règlement de copropriété (dont la mise en œuvre relève du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Ndlr), interdit l’installation des antennes paraboliques sur les façades et les balcons des bâtiments. Son article 13 interdit également l’installation de divers appareils altérant l’esthétique des façades.

Au niveau local, le Plan d’aménagement de Rabat stipule que « les éléments du système de climatisation doivent être intégrés de manière discrète dans la composition architecturale extérieure, aussi bien pour les façades principales que pour les façades intérieures ».

Outre les climatiseurs, le plan interdit l’installation des antennes paraboliques en façade. Lorsqu’elles sont installées sur les toits, elles doivent être positionnées de manière à ne pas être visibles depuis la rue ou depuis les sites patrimoniaux.

Tout logement collectif est limité à un seul dispositif d’antenne, installé discrètement sur le toit. Toute installation d’antenne individuelle est interdite.

Intelligence artificielle : l’urbanisme et la construction, ces secteurs marocains en retard

Dans le cadre de notre série d’articles consacrés à l’intelligence artificielle et son impact sur les secteurs, nous nous focaliserons dans cet article sur l’intégration de l’IA dans la construction et l’urbanisme. Au Maroc, l’intelligence artificielle n’a toujours pas fait son entrée dans ces secteurs, explique à Médias24, Khalil Morad El Ghilali, architecte et enseignant à l’Université euro-méditerranéenne de Fès.

« Nous sommes encore au stade du Building Information Modeling (BIM), un procédé collaboratif d’organisation du domaine de la construction qui permet de voir, en temps réel, comment la construction avance sur des logiciels dédiés. Mais ce n’est pas de l’intelligence artificielle », précise-t-il.

Une mauvaise structure organisationnelle et des procédés d’application défaillants

Pourquoi l’IA n’a-t-elle toujours pas fait son entrée au Maroc dans ces secteurs-là ? « Tout simplement parce que les procédés d’application réels sur terrain font défaut. Nous avons encore beaucoup de retard quand il s’agit d’organisation, que ce soit l’organisation du chantier, l’organisation des entreprises ou l’organisation même des architectes et des bureaux d’études. Il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour atteindre le degré de structure que certaines entreprises internationales arrivent à asseoir. À cela s’ajoute également la très faible culture numérique au Maroc », nous répond Khalil Morad El Ghilali.

Pourtant, à l’échelle internationale, l’IA est très exploitée dans le domaine de la construction. « L’IA est utilisée pour développer des images de synthèse pour permettre d’avoir les rendus les plus réalistes. L’IA, à l’échelle internationale, est également développée de façon un peu plus académique, notamment en ce qui concerne la partie conception et conceptualisation des espaces. Il existe ainsi tout un volet consacré à la phase d’idéation du projet qui utilise l’intelligence artificielle, que ce soit au niveau de la préconception des esquisses ou de la proposition rapide des perceptions du projet », précise notre interlocuteur.

Quel impact sur les métiers ?

Comment l’intelligence artificielle finira-t-elle par impacter les métiers liés à ces secteurs ? « Il y a souvent cette fascination face à un nouvel outil. Quand il émerge, nous avons tendance à croire que celui-ci va complètement modifier, voire effacer des pratiques. Certes, certains métiers seront complètement impactés par l’intelligence artificielle. Et comme pour tous les outils, cela dépend du degré de maîtrise et de comment nous pourrons réellement les utiliser en notre faveur. Mais avec des métiers comme l’architecture, le rapport à la main, à l’esquisse et à la matière reste irremplaçable », souligne Khalil Morad El Ghilali.

« Peut-être que dans un avenir lointain, une nouvelle ère d’architecture pourra émerger. L’intelligence artificielle pourrait potentiellement prendre son essor dans la partie architecture spatiale. L’IA peut servir d’outil intéressant pour faire des recoupements de sujets très complexes sur proposition. Mais cela dépend encore une fois de la fiabilité de ces outils et du degré de développement qu’ils pourront atteindre », conclut notre interlocuteur.

Canicule en novembre : les hotspots climatiques de la capitale économique

Au Maroc, le réchauffement climatique est une réalité qui prend de l’ampleur et qui se manifeste notamment par une augmentation incompréhensible des températures, la rareté des précipitations, la diminution des ressources en eau de surface et un impact direct sur l’activité agricole.

Alors que nous sommes en plein automne, une nouvelle vague de chaleur sévit sur l’ensemble de la plaine atlantique, avec des maximales de 33 degrés enregistrées à Casablanca, El Jadida et Agadir, et ce, à quelques semaines de l’arrivée de l’hiver.

Les températures hivernales au Maroc, habituellement inférieures à 20°C, ont été bouleversées en 2024 par des épisodes successifs de chaleur.

Casablanca, tout comme d’autres villes du pays, a connu des températures dépassant à plusieurs reprises le seuil des 30 degrés, un phénomène climatique tout à fait anormal en cette saison.

Les moyennes de températures mensuelles par rapport à la moyenne entre les années 1991 et 2020 (source: infoclimat).

 

Les hotspots climatiques de la capitale économique

En milieu urbain, la hausse des températures est plus fortement ressentie dans certaines zones que d’autres. Ce phénomène physique, caractérisé par la formation d’un dôme thermique, entraîne une augmentation locale de la température (une augmentation de plus de 6 degrés par rapport aux zones normales).

Plusieurs facteurs contribuent à l’intensification de ces îlots de chaleur, notamment la concentration de bâtiments, la pollution, le déficit de la végétation, l’absence de ventilation aérienne, et la dominance de surfaces imperméables comme l’asphalte ou le béton. Couplé à l’effet de l’humidité, le phénomène des îlots de chaleur urbains rend les épisodes caniculaires particulièrement difficiles à vivre pour les Casablancais.

En revanche, les îlots de fraîcheur (une diminution jusqu’à 6 degrés par rapport aux zones normales), caractérisés par une végétation abondante, une bonne circulation de l’air, une faible densité urbaine et une moindre circulation de véhicules, peuvent atténuer les effets du réchauffement climatique en milieu urbain. Ces espaces, en créant de l’ombre, en rafraîchissant l’air par évapotranspiration et en absorbant le CO2, constituent de véritables boucliers contre le réchauffement climatique, dont la fréquence et l’intensité devraient augmenter dans les prochaines années.

Les îlots de chaleur urbains représentent un risque de santé publique de premier ordre, car en plus de causer des maladies courantes liées à la chaleur (déshydratation, fièvre, problèmes respiratoires…), ils peuvent amplifier le risque de maladies chroniques comme les maladies rénales, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Ci-dessous, une carte montrant la répartition des températures au sol, ainsi que la localisation des îlots de chaleur et de fraîcheur dans la ville de Casablanca, reconstituée par Médias24 à partir des données satellitaires prises le 23 novembre 2024 à 11 h (GMT+1) [carte interactive].

L’analyse de la Heatmap du 23 novembre 2024, journée où Casablanca a atteint 30°C, révèle la présence de plusieurs îlots de chaleur, avec des températures culminant à 38°C, principalement concentrés dans le nord de la ville, au niveau des zones industrielles, des quartiers denses et des terrains nus.

À l’inverse, les îlots de fraîcheur sont localisés dans le quartier d’Anfa, caractérisé par une végétation abondante, un trafic réduit et une densité bâtie moins élevée.

2024, une année qui défie toutes les statistiques

Durant cette année exceptionnelle, le Maroc a connu un record de vagues de chaleur, faisant de ce phénomène la norme.

Le 5 avril, Casablanca, habituellement rafraîchie par les alizés, a enregistré un record historique de chaleur de 37°C, soit une température bien supérieure aux moyennes saisonnières, et plus proche des températures estivales typiques des régions intérieures et désertiques.

Trois principales vagues de chaleur, les 6-7, 23-24 et 27-28 novembre, viennent s’ajouter à la série d’épisodes chauds que nous avons connus cette année.

Avec 33,3°C le 24 novembre, Casablanca a approché le record de 34,7°C enregistré il y a quarante ans, en 1984.

Comme Casablanca, d’autres villes côtières de l’Atlantique ont battu leurs propres records de température en novembre, notamment Agadir (37,4°C), Rabat (34°C), Mohammédia (33,4°C), Essaouira (31,3°C) et Kénitra (32,5°C).

Normes journalières (1991-2020) et extrêmes (1980-2024) avec, en vert, les records d’extrêmes enregistrés entre 2021 et 2024 (source : Infoclimat).

Selon la Direction générale de la météorologie nationale (DGM), les régions de la plaine atlantique, telles que Casablanca, Rabat et Mohammédia, ont connu des écarts notables allant de +8 à +10 degrés, par rapport aux moyennes décennales. Bien que ces augmentations de température puissent survenir à cette période de l’année, l’ampleur et la récurrence de cette hausse sont assez inhabituelles, comme ce fut le cas le 16 novembre 2009 où une température de 31,3°C avait été enregistrée.

La DGM explique que cette vague de chaleur exceptionnelle est due à un anticyclone sur le nord de l’Afrique qui a poussé des masses d’air chaud vers le Maroc. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de dérèglements climatiques mondiaux, qui multiplient les événements météorologiques extrêmes tels que des vagues de chaleur inhabituelles, même pendant les périodes où les températures sont normalement plus basses.

Une interprétation antérieure de Climameter, un observatoire spécialisé dans l’analyse des événements climatiques extrêmes, à la suite de la vague de chaleur de février 2024, rejoint les conclusions de la DGM concernant les causes de la récurrence de ces vagues de chaleur.

Selon ces scientifiques, le changement climatique d’origine anthropique est un facteur déterminant. Ils soulignent également que les modifications des systèmes de pression atmosphérique, avec une baisse sur le sud de l’Espagne et du Portugal et une hausse sur l’Atlantique, ont favorisé cet événement. Par ailleurs, ils constatent que des épisodes similaires ont tendance à se produire de février à mars.

Les changements climatiques détectés dans les milieux urbains (source : Climameter).

D’après les évaluations de ces scientifiques, les températures sur une grande partie du Maroc ont connu une hausse de 1°C à 2°C par rapport aux moyennes saisonnières. Cette tendance est particulièrement marquée dans les grandes zones urbaines comme Agadir, Casablanca et Rabat, où les températures ont augmenté d’environ 1,5°C.

Les villes marocaines devraient connaître une augmentation du nombre de jours avec des températures maximales supérieures à 35°C, atteignant potentiellement 50 à 100 jours d’ici 2050 d’après les dernières modélisations du GIEC.

Des territoires résilients face au changement climatique

Pour faire face aux défis du réchauffement climatique, il est indispensable de repenser nos villes. En passant d’une logique d’actions isolées à une approche systémique, nous pouvons générer des îlots de fraîcheur qui permettront d’atténuer les effets du réchauffement climatique. En premier, la végétalisation urbaine, à travers la plantation d’arbres, les toitures végétalisées et la création d’espaces verts, est une solution clé pour rafraîchir les environnements tout en améliorant la qualité de l’air.

Parallèlement, la construction de bâtiments écoénergétiques, l’encouragement des transports durables et l’adoption de solutions énergétiques renouvelables permettent de réduire significativement la consommation énergétique, les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique et sonore, améliorant ainsi la qualité de vie des habitants.

En agissant sur ces différents leviers, il est possible de créer des villes plus résilientes face au changement climatique et de favoriser un développement urbain durable, tel que visé par le Nouveau Modèle de développement (Axe stratégique 4 : des territoires résilients, lieux d’ancrage du développement).