Aides financières américaines : les bénéficiaires confortés par la Cour suprême US, mais toujours dans l’incertitude

La décision rendue par la Cour suprême des États-Unis en faveur des plaignants ne marque pas la fin du litige qui se poursuit toujours devant la justice. Après un vote serré (5-4), la Cour suprême a validé l’ordonnance temporaire d’urgence rendue par le juge de première instance du district de Columbia. Cette ordonnance impose à l’administration Trump de s’acquitter des frais engagés sur la base des contrats signés avant la suspension des financements. On parle d’un montant de 2 milliards de dollars, selon l’AFP.

Pour rappel, le juge fédéral Amir H. Ali avait déjà émis trois ordonnances temporaires, appelées Temporary Restraining Orders (TRO), au début de la procédure afin de préserver le statu quo de manière urgente. Il avait exigé que le gouvernement américain règle, dans un délai imparti, toutes les factures antérieures à la décision du 20 janvier 2025 relative au gel des aides financières. Cependant, l’administration Trump avait immédiatement contesté cette injonction, en sollicitant d’abord la Cour d’appel, puis en portant l’affaire devant la Cour suprême. Sur ce point précis, elle a finalement été déboutée.

L’affaire se poursuit devant le juge fédéral

Contactée par Médias24, Stéphanie Bordat, militante pour les droits de la femme au Maroc et ex-avocate aux États-Unis, indique que “depuis cette décision de la Cour suprême, de nouveaux développements ont eu lieu devant le tribunal de première instance, où le procès suit son cours”.

“Ce jeudi 6 mars, en conséquence du verdict de la plus haute juridiction du pays, le juge de première instance a accordé aux plaignants une injonction préliminaire. Cette mesure, bien que toujours temporaire, se distingue des TRO par sa durée plus longue et vise à maintenir la situation actuelle en attendant que le fond du dossier soit tranché”, poursuit-elle.

“Par cette injonction préliminaire, le juge fédéral confirme donc sa position initiale et oblige l’administration Trump à procéder aux paiements dus. Reste désormais à savoir si celle-ci va s’y conformer ou si elle cherchera encore à entraver l’exécution de cette décision”.

En effet, Stéphanie Bordat souligne que “l’administration peut en effet tenter de nouveaux recours judiciaires ou mettre en place des blocages administratifs, d’autant plus que de nombreux fonctionnaires chargés de valider ces paiements ont été remplacés. Désormais, ce sont des personnes nommées par Elon Musk qui occupent ces postes stratégiques, ce qui pourrait compliquer davantage la situation”.

En tout cas, si aucun nouvel obstacle n’est mis en travers de l’application de cette décision, Stéphanie Bordat estime que “les associations bénéficiaires, notamment au Maroc, pourront enfin recevoir les fonds qu’elles avaient avancés”. Ce qui constitue, selon elle, “une issue qui apparaît comme la seule véritablement équitable, puisqu’elles s’étaient endettées en toute bonne foi sur la base de contrats valides, sans s’attendre à une suspension brutale des financements décidée unilatéralement par l’administration Trump”.

Désormais, il reste à voir si l’administration Trump respectera cette décision ou si elle usera de nouvelles stratégies pour retarder les paiements, maintenant les associations concernées dans l’incertitude.

Pour rappel, en 2024, les États-Unis ont alloué 70 millions de dollars pour des projets au Maroc, mais avec une forte baisse par rapport aux années précédentes. Parmi les projets financés, certains sont prévus pour se terminer après 2026.

LIRE AUSSI : 

https://medias24.com/2025/02/26/gel-des-aides-americaines-un-proces-aux-etats-unis-pour-lever-limpact-y-compris-au-maroc/

La Cour suprême américaine autorise l’USAID à payer 2 milliards de dollars gelés

Le président Donald Trump avait signé un décret le 20 janvier, ordonnant un gel de l’aide étrangère américaine pour 90 jours. Mais un juge fédéral a suspendu cette décision de geler des dépenses approuvées et lui a ordonné de reprendre avant le 27 février ces paiements. Les activités de l’USAID au Maroc sont concernées.

(Avec AFP)

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2025/02/13/usaid-asphyxiees-par-le-gel-des-aides-des-ong-marocaines-sans-recours/

https://medias24.com/2025/02/26/gel-des-aides-americaines-un-proces-aux-etats-unis-pour-lever-limpact-y-compris-au-maroc/

 

Document. Aides américaines : les financements et les projets soutenus par les États-Unis au Maroc

Après les suspensions des aides américaines transitant par l’USAID, au Maroc et dans le monde, la question se pose concernant les aides US reçues par le Maroc. Médias24 a pu reconstituer les chiffres, de sources officielles américaines.

70 millions de dollars en 2024 pour des programmes de financement et d’assistance des États-Unis au Maroc. Parmi eux, 38 millions USD ont été concrètement payés. C’est ce que révèlent des données sur les initiatives en cours, les financements alloués et les projets soutenus par le gouvernement américain au Maroc.

Ces données officielles américaines portent sur différents programmes de financement et d’assistance et incluent divers secteurs d’intervention, tels que la gouvernance, la santé et le développement économique.

Bien que les aides aient diminué au cours des dernières années, la situation est devenue plus critique en 2025, avec un risque de suspension totale des financements.

Alors qu’un procès se tient aux États-Unis pour sauver ces programmes et leurs semblables dans le monde, l’administration Trump a annoncé, jeudi 27 février, la suppression de 90% des financements à l’étranger de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

Diminution des aides

Les aides américaines ont fortement diminué par rapport à 2023, année où les États-Unis s’étaient engagés à financer des programmes à hauteur de 235 millions de dollars, dont 190 millions ont été effectivement déboursé. 35 millions provenaient de l’USAID.

En 2022, un engagement de 274 millions de dollars avait conduit à des paiements de 205 millions de dollars.

On observe une baisse des aides depuis 2022, mais celles-ci étaient encore plus faibles en 2017, avec seulement 69 millions de dollars déboursés sur un engagement de 491 millions.

En 2025, la situation s’est aggravée avec la suspension des aides décidée par l’administration Trump et qui fait l’objet de contestations devant la justice américaine, affectant des projets déjà entamés et dont l’achèvement est prévu pour 2026, 2027, voire 2029. Médias24 en a détecté certains des plus importants parmi les plus récents.

38 millions de dollars dépensés en 2024

Le projet le plus coûteux financé par l’USAID en 2024 vise à renforcer la capacité du ministère de l’Éducation nationale à développer de nouveaux programmes d’études centrés sur l’élève, incluant l’arabe, les matières scientifiques et l’anglais. Ce projet ne devait se terminer qu’en septembre 2027. Son objectif est d’améliorer les résultats d’apprentissage de manière mesurable.

Le programme vise à améliorer la performance des structures éducatives au Maroc, en se concentrant sur les compétences en pensée critique et l’apprentissage continu. Il comprend des initiatives pour renforcer les capacités des directions centrales, des académies régionales et des écoles. Créé pour un montant supérieur à 4,3 millions de dollars, dont 3,4 millions ont été déboursés en 2024, ce projet éducatif devait contribuer à des améliorations significatives des résultats d’apprentissage.

Le projet de Développement socio-économique inclusif à Beni Mellal-Khenifra, d’un coût de plus de 3,3 millions de dollars financés par l’USAID, devait initialement se terminer fin 2025. Cependant, avec la suspension des financements, l’achèvement du projet est désormais incertain. Son avenir à lui aussi dépend des décisions relatives à la reprise ou non des fonds alloués.

D’autres projets ont des échéances encore plus éloignées, comme le Programme de développement socio-économique inclusif de Marrakech-Safi, prévu jusqu’en juillet 2027, avec un coût avoisinant 2,6 millions de dollars.

Un autre projet financé par l’USAID, d’une valeur d’environ 3 millions de dollars, vise à travailler avec les autorités locales pour fournir des services essentiels aux ménages touchés par le tremblement de terre et recevant une aide en espèces du gouvernement marocain. Ce projet, dont l’achèvement était prévu pour mai 2026, est également affecté par la suspension des financements américains.

Autre projet concerné : ForsatyPlus, soutenu par l’USAID, qui vise à renforcer la participation des jeunes dans des quartiers marginalisés du nord du Maroc en collaborant avec des institutions publiques et des organisations de la société civile. Il se concentre sur l’inclusion sociale et économique des jeunes à risque, la réduction des abandons scolaires et l’augmentation de l’employabilité. Prévu pour se terminer en juin 2029, ce programme est d’une valeur de plus de 1,3 million de dollars.

Toujours en 2024, et en plus des financements de l’USAID, d’autres fonds étaient prévus pour des programmes tels que la surveillance et l’évaluation du Millennium Challenge, avec un budget de 1,5 million de dollars. Ces initiatives sont également touchées par la suspension des aides, affectant ainsi une série de projets de coopération internationale en cours.

42 millions de dollars pour un projet de MCC en 2023

En 2023, la Millennium Challenge Corporation (MCC) a alloué près de 42 millions de dollars à un projet visant à améliorer la productivité foncière au Maroc, dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Ce projet se concentre sur le développement et la gestion de zones industrielles pour encourager la durabilité et attirer les investissements privés.

La même année, l’USAID a alloué une subvention de plus de 3,6 millions de dollars en collaboration avec l’Organisation internationale des migrations (OIM) pour soutenir des initiatives de résilience communautaire au Maroc. Le but étant de renforcer les capacités locales pour faire face aux défis sociaux et économiques dans les communautés vulnérables.

La diminution des aides américaines au Maroc en 2024, couplée à un risque de suspension totale, suscite des préoccupations concernant l’avenir des projets en cours. Cependant, pour les associations et organismes impliqués, la priorité reste le remboursement des fonds déjà avancés, en attendant le verdict de la bataille juridique en cours aux États-Unis pour déterminer l’issue de ces financements.

Gel des aides américaines : la Cour suprême tranche temporairement en faveur de Trump

« L’urgence fait que le procès avance vite », confie à Médias24 Stéphanie Bordat, cofondatrice de l’association MRA (Mobilising for Rights Associates), au sujet de l’affaire en cours devant le tribunal fédéral de première instance pour le District of Columbia.

Ce procès oppose plusieurs plaignants à l’administration Trump, qu’ils accusent d’avoir illégalement gelé des financements approuvés par le Congrès.

Le 26 février, en l’espace de vingt-quatre heures, plusieurs décisions cruciales ont été rendues, certaines favorables aux plaignants, d’autres à l’administration Trump. En dernière instance, la Cour suprême a suspendu temporairement une décision de justice qui contraignait l’administration Trump à débloquer les financements, le temps d’examiner le dossier plus en détail.

La demande de l’administration Trump rejetée en appel

Le 25 février, le juge fédéral Amir H. Ali avait ordonné au gouvernement américain de débloquer les paiements dus au titre de contrats et subventions conclus avant la décision présidentielle de gel des financements. L’administration Trump disposait alors d’un délai de vingt-quatre heures, soit jusqu’à minuit, le 26 février, pour s’exécuter.

Plutôt que de se conformer à cette injonction, le gouvernement a immédiatement contesté la décision en demandant sa suspension, le temps d’un recours en appel. Cette requête a été rejetée par le juge Amir H. Ali, le même 26 février. L’administration Trump a alors saisi la cour d’appel, qui a également refusé de suspendre l’ordonnance du juge. Face à ces refus, l’affaire a été portée devant la Cour suprême.

La Cour suprême temporairement favorable à Trump

Le président de la Cour suprême, seul habilité à examiner ce type de dossiers en urgence, a décidé de suspendre temporairement l’ordonnance du juge Amir H. Ali afin d’examiner davantage les éléments du dossier. Entre-temps, le délai fixé par le tribunal de première instance pour l’exécution du paiement s’est écoulé.

Cela ne signifie pas pour autant la fin de la procédure. Les plaignants ont jusqu’au 28 février pour soumettre des documents à la Cour suprême, qui n’a pas encore rendu de décision définitive.

Dans tous les cas, la décision de la Cour suprême ne concerne que l’ordonnance restrictive temporaire qui vise à débloquer en urgence la situation des bénéficiaires des financements.

En effet, l’affaire qui avait été initiée le 11 février 2025 par plusieurs plaignants, dont Global Health Council, Small Business Association for International Companies, Chemonics International et American Bar Association, etc., est toujours en cours.

Pour rappel, ces plaignants ont intenté une action en justice contre Donald Trump et diverses agences fédérales américaines pour contester leur autorité à suspendre la quasi-totalité des financements d’aide étrangère approuvés par le Congrès et à démanteler l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

En attendant un jugement sur le fond, les plaignants ont engagé cette procédure d’urgence pour obtenir le remboursement des dettes contractées par les associations et organismes bénéficiaires des aides américaines.

Dans ce cadre, une ordonnance restrictive temporaire bloquant la suspension des financements avait été obtenue le 13 février auprès du juge Amir H. Ali, mais elle a ensuite été contestée par l’administration Trump. Le 25 février, le juge a exigé son exécution sous vingt-quatre heures, ce qui a déclenché l’offensive judiciaire du gouvernement pour la faire suspendre.

Si la Cour suprême estime que l’ordonnance du juge Ali est légale, ce dernier pourra la faire appliquer avec l’aval de la plus haute juridiction du pays.

Gel des aides américaines : un procès aux États-Unis pour lever l’impact, y compris au Maroc

Le procès contre la suspension des aides américaines fait couler beaucoup d’encre. La décision prise sous l’administration Trump de geler ces financements a provoqué des implications profondes pour les organismes dépendants de ces aides. Certains ont même eu recours à la justice américaine.

S’ils obtiennent gain de cause, la situation des bénéficiaires de ces aides dans le monde entier, y compris au Maroc, sera rétablie. Mais la posture de l’administration Trump au cours de ce procès ne laisse pas place à l’optimisme selon Stéphanie Bordat, cofondatrice de l’association Mobilising for Rights Associates (MRA) qui suit de très près ce procès.

Contactée par Médias24, cette militante pour les droits de la femme au Maroc et ancienne avocate aux États-Unis insiste sur l’illégalité de la décision prise par Trump le 20 janvier 2025. Voici son éclairage quant au procès en cours.

“L’administration Trump résiste”

Selon notre interlocutrice et conformément aux documents consultés par nos soins, plusieurs plaignants, dont le Global Health Council, Small Business Association for International Companies, Chemonics International, American Bar Association etc., ont intenté une action en justice contre le président Donald J. Trump et diverses agences fédérales américaines, le 11 février 2025. Cette action vise à contester l’autorité de l’administration Trump de suspendre presque tous les financements d’aide étrangère approuvés par le Congrès et de démanteler l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

En effet, le 20 janvier 2025, le président Trump a émis un décret exécutif ordonnant une suspension immédiate de toute l’assistance au développement étranger des États-Unis. Cette suspension a entraîné l’arrêt de programmes médicaux vitaux, l’annulation de distributions prévues de médicaments essentiels et la fermeture de programmes de soutien aux réfugiés.

À travers leur plainte déposée devant le tribunal fédéral de première instance pour le district de Columbia, les plaignants cherchent à obtenir la levée de la suspension des financements d’aide étrangère imposée par l’administration Trump. Mais pas seulement.

“Il y a aussi un objectif à court terme : celui de faire rembourser les frais payés en avance par les associations bénéficiaires de ces aides. Plusieurs, dont MRA, ont avancé des frais dans le cadre de contrats ou de projets avec des organismes américains, pas seulement l’USAID, et se retrouvent aujourd’hui endettés et privés des remboursements demandés avant même la décision de gel prise par le président Trump”.

Dans ce sens, une ordonnance restrictive temporaire pour bloquer cette suspension de financement a été obtenue le 13 février 2025 auprès du juge fédéral Amir H. Ali. Le but est de permettre à certains programmes d’assistance étrangère de se poursuivre pour le moment. Mais cette ordonnance a été bloquée par la partie défenderesse.

“Le gouvernement américain résiste jusqu’au bout et s’obstine à ne pas respecter ses obligations contractuelles conclues avant le gel. Il essaye de gagner du temps et de faire traîner le litige pour retarder la décision relative à la légalité du gel”, indique notre interlocutrice.

Selon elle, le procès porte sur une demande d’annulation de la décision du président Trump. Mais avant d’arriver au débat au fond qui permettra au juge de trancher sur la légalité de cette décision, il est crucial de prendre une décision d’urgence pour aider les associations et organismes en crise depuis la prise de cette décision de gel des financements.

De ce fait, le tribunal fédéral concerné traite d’abord la question urgente qui vise à annuler temporairement la décision de Trump, en attendant de trancher sur sa légalité. Si le tribunal estime que cette décision est légale, elle sera alors appliquée. Mais si le jugement est défavorable à Trump, la situation des associations bénéficiaires, y compris au Maroc, sera rétablie.

Stéphanie Bordat estime que “plus cette procédure prend de temps, moins il y a de chances que la situation redevienne comme avant”.

“Les grands organismes qui ont porté plainte ont été obligés de licencier du personnel ou de le mettre en congé administratif, puisqu’ils sont même dans l’incapacité de payer leurs loyers. Un de ces organismes a des bureaux en Tunisie, où le personnel menace de porter plainte devant la justice tunisienne au cas où il ne perçoit pas son salaire à la fin du mois”, poursuit la militante.

Au niveau du procès en cours aux États-Unis, notre interlocutrice indique que, depuis que le juge chargé de trancher l’affaire a accordé “une interdiction provisoire d’urgence”, le 13 février dernier, rien n’a avancé.

“Le gouvernement américain a tenté, par plusieurs moyens, de gagner du temps en faisant croire qu’il mettait en place certaines mesures pour respecter cette décision, mais en réalité, rien n’a été fait. Les plaignants ont donc averti le juge qui a rappelé son ordonnance à la partie défenderesse le 20 février dernier, mais en vain. Il a dû, le 25 février, exiger que sa décision soit exécutée dans un délai de vingt-quatre heures. Cependant, l’administration Trump a déposé une notification d’appel au sujet de l’interdiction provisoire d’urgence. Autrement dit, la partie défenderesse a exprimé son intention de faire appel et demande que la décision du juge visant à lever provisoirement la décision de Trump soit elle-même suspendue”, explique-t-elle.

“S’agissant d’une affaire urgente, les procédures au sein du tribunal fédéral concerné avancent rapidement. Une nouvelle décision sur les mesures d’urgence sera prise ce 26 février”.

De nombreux financements en jeu

Stéphanie Bordat rappelle que cette décision de gel des financements ne concerne pas uniquement l’USAID. “C’est une agence du gouvernement américain parmi d’autres concernées par la décision de Trump. Par exemple, notre association MRA avait obtenu une subvention auprès du département d’État pour un projet qui vise à améliorer les services aux victimes de violences basées sur le genre. Dans ce cadre, nous avons avancé quatre mois de frais. Cette subvention fait partie des aides subitement suspendues par l’administration américaine”.

En effet, plusieurs programmes au Maroc ont été affectés par la suspension de l’aide américaine. Comme l’indique le programme onusien sur le VIH “UNAIDS”, dans une publication datée du 25 février, cette suspension a de graves effets sur plusieurs programmes. L’UNAID cite même les financements de la Millennium Challenge Corporation (MCC) qui est présente au Maroc depuis plus de quinze ans, parmi les initiatives concernées.

Selon un rapport du CRS (Congressional Research Service) publié en septembre 2021, le Maroc bénéficie d’un programme de financement de 450 millions de dollars sur cinq ans, dans le cadre de l’initiative de l’agence Millennium Challenge Corporation des États-Unis, qui soutient des projets de développement à long terme. Et ce, outre l’investissement significatif des États-Unis dans plusieurs secteurs au Maroc.

Ledit rapport cite en particulier “l’éducation”, “la gouvernance locale”, “les opportunités économiques”, ainsi que les “capacités militaires” à travers une “aide financière directe” qui, en 2021, était de 41 millions de dollars.

“Sous l’administration Trump [2016-2020, ndlr], il y a eu des propositions pour réduire cette aide, bien que ces propositions n’aient pas été adoptées par le Congrès. L’administration Biden a, quant à elle, proposé une réduction légère de l’aide pour 2022, portant celle-ci à 36 millions de dollars”.

Par ailleurs, un programme de relèvement post-séisme financé par USAID, en partenariat avec l’UNICEF, est menacé de suppression. Cette initiative visait à aider les victimes en favorisant l’intégration économique des femmes et des jeunes via la création de coopératives et d’entreprises locales.

En effet, les États-Unis, par l’intermédiaire de l’USAID, avaient décidé de soutenir les efforts de relèvement à long terme des communautés marocaines dévastées par le séisme d’Al Haouz du 8 septembre à travers des programmes d’une valeur d’environ 12,6 millions de dollars”.

Il convient de souligner que les aides fournies par des organismes tels que l’USAID existent depuis plusieurs années. En 2012 déjà, l’USAID indiquait qu’au cours du demi-siècle précédant cette année-là, “le gouvernement des États-Unis avait débloqué plus de 2 milliards de dollars au Maroc”.

LIRE AUSSI 

https://medias24.com/2025/02/13/usaid-asphyxiees-par-le-gel-des-aides-des-ong-marocaines-sans-recours/

Comment les ONG marocaines pâtissent déjà du gel du financement de l’USAID (Sondage)

Quel est l’impact immédiat du gel du financement de l’aide étrangère des États-Unis sur les associations marocaines ? L’ONG Mobilising for Rights Associates (MRA) apporte un début de réponse à travers un sondage qu’elle a réalisé auprès d’une quarantaine d’associations marocaines du 4 au 16 février 2025.

Selon MRA, ce sondage s’adressait uniquement aux groupes marocains locaux, pour la plupart liés par des accords de subvention et de partenariat avec de grandes entreprises ou organisations internationales, principaux bénéficiaires d’un contrat ou d’une subvention américains.

« Sur 37 répondants, 25 ont préféré garder l’anonymat. Certaines organisations ont refusé de répondre au sondage, invoquant des craintes de représailles ou des craintes que leur participation au sondage ne compromette leurs chances de garder leur financement américain », indique MRA dans un communiqué.

Voici, selon la même source, les principales répercussions du gel des aides de l’USAID sur le tissu associatif marocain :

• 19% ont indiqué qu’elles n’avaient pas encore été remboursées pour des dépenses antérieures engagées avant l’ordre d’arrêt des travaux du 24 janvier ;

• 17% ont signalé la suspension des paiements des dépenses engagées après le 24 janvier ;

• 53% ont déclaré avoir dû annuler des activités déjà prévues ;

• 25% ont déclaré être incapables de payer les salaires du personnel ;

• 22% ont déclaré être incapables de payer les coûts de fonctionnement de base comme le loyer et les services publics ;

• 11% ont déclaré avoir dû licencier du personnel ;

• 22% ont signalé des problèmes dans leurs relations avec d’autres organismes locaux ou bénéficiaires de programmes ;

• 25% ont signalé d’autres problèmes.

Selon MRA, il est fort probable que les conséquences néfastes continueront de s’aggraver si le gel du financement se prolongeait ou devenait définitif.

Pour le moment, les ONG marocaines restent dans le flou. « De nombreux répondants ne savaient pas si les paiements qui leur sont dus pour des dépenses antérieures ou en cours avaient été suspendus ou bloqués ; ceci car, à ce jour, ils n’avaient pas encore reçu d’informations ou de conseils de la part du bénéficiaire principal au sujet de l’ordre d’arrêt des travaux et de la façon dont il s’applique à eux », affirme l’ONG. Celle-ci ajoute que plusieurs associations ont indiqué qu’elles travaillent toujours sur des projets en attendant les instructions du bénéficiaire principal, au risque de ne pas respecter l’ordre d’arrêt des travaux et de ne pas être remboursées pour les frais engagés.

Le sondage de MRA suggère également plusieurs vices de procédure dans la mise en place du gel du financement, car de nombreux répondants n’ont pas été informés de l’ordre d’arrêt des travaux de manière officielle ou en temps opportun.

La majorité des répondants ont entendu parler de l’ordre d’arrêt des travaux pour la première fois de manière officieuse, soit par le bouche-à-oreille d’une personne qui n’est pas le responsable de contrat ou le principal bénéficiaire du financement (38%), soit à travers les médias (32%).

Pour rappel, le vendredi 24 janvier 2025, le département d’État américain a émis un « ordre d’arrêt des travaux », suspendant immédiatement tous les travaux et les paiements liés à tous les programmes financés par l’USAID.

Suspension de l’aide internationale américaine : le secrétaire d’État nommé à la tête de l’USAID pour mettre fin à « l’insubordination »

Le secrétaire d’État, Marco Rubio, vient d’être nommé administrateur par intérim de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), principal organisme américain gérant les programmes d’aide.

Cette nomination fait suite à la décision prise par Donald Trump de suspendre pendant 90 jours l’aide internationale américaine dont dépendent des centaines d’ONG à travers le monde, en attendant la réévaluation de la conformité des programmes d’aide avec la politique étrangère américaine.

« L’USAID s’est depuis longtemps éloignée de sa mission initiale, qui était de promouvoir de manière responsable les intérêts américains à l’étranger. Il est désormais tout à fait clair qu’une part importante du financement de l’USAID n’est pas alignée sur les intérêts nationaux fondamentaux des États-Unis », lit-on dans un communiqué de la Maison-Blanche.

L’examen des activités d’aide étrangère de l’USAID est en cours en vue d’une éventuelle réorganisation

« Dans le cadre d’une étape intermédiaire visant à obtenir un meilleur contrôle et une meilleure compréhension de l’activité de l’agence, le président Donald J. Trump a nommé, le lundi 3 février, le secrétaire Marco Rubio au poste d’administrateur par intérim. Le secrétaire Rubio a également informé le Congrès qu’un examen des activités d’aide étrangère de l’USAID est en cours en vue d’une éventuelle réorganisation ».

« Alors que nous évaluons l’USAID et veillons à ce qu’elle soit en accord avec une approche « America First » et les efforts du département d’État, nous continuerons à protéger les intérêts du peuple américain et à nous assurer que ses impôts ne sont pas gaspillés », conclut le communiqué.

La révision pourrait inclure « la suspension ou l’élimination » de programmes, projets, missions, bureaux, centres et offices de l’USAID

S’adressant aux journalistes au Salvador, Marco Rubio a souligné que de nombreux programmes de l’USAID étaient utiles et continueraient sous l’égide du département d’État, promettant de déléguer les opérations quotidiennes à Pete Marocco, le directeur de l’Aide étrangère du département.

Dans une lettre citée par The New York Times, adressée aux principaux républicains et démocrates des commissions de la Chambre des représentants et du Sénat sur les affaires étrangères et les crédits connexes, il a déclaré que Pete Marocco « commencerait l’examen et la réorganisation potentielle des activités de l’USAID pour maximiser l’efficacité et aligner les opérations sur l’intérêt national ».

Marco Rubio a ajouté que la révision pourrait inclure « la suspension ou l’élimination » de programmes, projets, missions, bureaux, centres et offices, et que l’USAID « pourrait être abolie » conformément à la loi applicable ».

Il a ajouté que le changement organisationnel a été motivé par ce qu’il a décrit comme des efforts des responsables de l’USAID pour obscurcir les détails de leur travail et leur refus de coopérer avec les questions raisonnables de l’administration Trump.

Le secrétaire d’État a accusé les employés de l’USAID de « se considérer comme une organisation caritative internationale, indépendante de l’intérêt national ou de l’argent des contribuables ». « Ce niveau d‘insubordination rend impossible la conduite d’un examen sérieux et approfondi ».

Les critiques de Rubio à l’encontre de l’USAID sont toutefois nettement plus modérées que celles d’Elon Musk, bras droit de Trump, qui a accusé l’agence d’être une « organisation criminelle« .  Le lundi 3 février, tôt dans la matinée, il a déclaré que lui et Trump avaient décidé qu’il était temps de la dissoudre.

Plusieurs programmes financés au Maroc sont dans le flou

Près de 30% de l’aide humanitaire mondiale est financée par les États-Unis à travers l’USAID. Assistance alimentaire, lutte contre le sida, aide aux victimes des catastrophes naturelles… Des centaines d’ONG se retrouvent aujourd’hui dans l’impasse à la suite de cette suspension qui paralyse nombre de programmes et de projets à travers le monde.

L’USAID est également présente au Maroc. Plusieurs programmes financés sur place par cette agence, bien que moins vitaux, sont aujourd’hui dans le flou, en attendant la fin du gel de l’aide internationale américaine.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2025/02/03/gel-de-laide-internationale-americaine-quid-des-programmes-finances-au-maroc/

Après le gel de l’aide internationale américaine, plusieurs programmes financés au Maroc sont dans le flou

Près de 30% de l’aide humanitaire mondiale est fiancée par les États-Unis à travers l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Une aide aujourd’hui suspendue pour une durée de 90 jours, en attendant la réévaluation de la conformité des programmes d’aide avec la politique étrangère américaine.

La suspension a été ordonnée par le président américain Donald Trump, le 20 janvier dernier, jour de son investiture. Le gel épargne néanmoins l’aide alimentaire d’urgence, ainsi que l’assistance militaire à Israël et à l’Égypte.

Une onde de choc mondiale

La décision n’a pas tardé à provoquer une onde de choc mondiale. Assistance alimentaire, lutte contre le sida, aide aux victimes des catastrophes naturelles… Des centaines d’ONG se retrouvent dans l’impasse à la suite de cette suspension qui paralyse nombre de programmes et de projets à travers le monde.

La plupart de ces initiatives sont financées par l’USAID, dotée d’un budget d’environ 40 milliards de dollars annuels. « Dans certaines crises, plus de 70% des fonds humanitaires proviennent de sources américaines. Quand un tel acteur suspend brutalement ses financements, les conséquences sont immédiates et parfois dramatiques », avertit sur LinkedIn Mamadou Diop, président du Forum des organisations non gouvernementales au Mali (FONGIM).

Au-delà de l’urgence humanitaire, la crise touche directement des milliers de travailleurs humanitaires, logisticiens, chauffeurs, employés d’ONG et fournisseurs, tient à préciser ce dernier. « Du jour au lendemain, sans préavis, ces professionnels se retrouvent sans emploi, plongeant autant de foyers dans l’incertitude ».

« C’est tout un écosystème foisonnant d’ONG et de projets que la décision de Washington menace… Même si l’aide alimentaire d’urgence est une exception – qui doit toujours être accompagnée d’autres services essentiels comme l’eau, l’assainissement et les soins de santé pour être efficace –, la suspension de 90 jours perturbe l’assistance humanitaire essentielle, avec des conséquences de grande ampleur pour les populations vulnérables et les communautés exposées à la violence et aux conflits dans le monde entier. L’USAID a été la pierre angulaire des initiatives visant à sauver des vies dans des régions frappées par la famine comme l’Éthiopie, la Somalie et le Soudan, mais le gel des financements laisse des millions de personnes sans accès à des services essentiels comme les soins de santé, l’eau potable et les abris », s’inquiète de son côté, Jamie Munn, directeur exécutif du Conseil international des agences bénévoles (CIAB).

Et le Maroc ?

Le Maroc bénéficie également de l’aide internationale américaine. Depuis plus de soixante-sept ans, l’USAID assiste le Royaume dans divers projets, certes moins vitaux. De l’éducation à l’accompagnement entrepreneurial en passant par les énergies renouvelables, les domaines d’assistance sont nombreux.

Depuis 2021, la mission de l’Agence américaine pour le développement international dans le Royaume a plus que doublé le pourcentage de financement destiné aux organisations locales, passant de 16% en 2021 à près de 40% en 2023, d’après l’administratrice de l’USAID, Samantha Power.

En mai 2024, USAID et OCP ont établi un partenariat stratégique pour surmonter les obstacles critiques freinant le potentiel agricole de l’Afrique, à travers deux initiatives : le projet « Space to Place » qui recueillera des données locales précises sur les sols et le climat, et le projet « Rock Phosphate Amendment » qui évaluera l’impact de l’application de roche phosphatée et de formules nutritionnelles innovantes. 40 millions de dollars ont été investis à ce titre par l’USAID.

L’USAID a par ailleurs soutenu le Maroc avec près de 126 MDH, après le séisme d’Al Haouz. Les États-Unis, par l’intermédiaire de l’USAID, avaient initialement contribué à hauteur de 1 million de dollars aux premiers efforts de secours, travaillant principalement avec le Croissant-Rouge marocain pour répondre aux besoins urgents, notamment la fourniture de batteries de cuisine, de sacs de couchage, de trousses d’hygiène, de couvertures, de matelas et d’autres articles aux communautés touchées.

Depuis, l’USAID au Maroc a travaillé avec ses partenaires gouvernementaux, la société civile et des secteurs privés pour identifier et entreprendre des interventions qui soutiennent l’avancement du plan de reconstruction des zones impactées et favorisent la résilience et la prospérité à long terme du Royaume. Certaines de ces initiatives comprennent :

– un nouveau programme de 30 mois avec l’UNICEF Maroc qui collabore avec les autorités centrales, régionales et locales, ainsi que les communautés, pour identifier et fournir les services nécessaires aux ménages impactés par le séisme et recevant une aide financière du gouvernement marocain ;

– un soutien financier direct à 180 coopératives dont les moyens de subsistance ont été compromis par le séisme, en partenariat avec GiveDirectly et en collaboration avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) ;

– le financement de projets pour au moins huit organisations locales, par l’intermédiaire de Deloitte Conseil, qui fournissent un soutien de récupération sur le terrain dans la région de Marrakech-Safi ;

– un soutien à la récupération socio-économique, y compris dans les domaines de l’abri, de l’agriculture et d’autres activités d’infrastructure dans la province d’Azilal, en partenariat avec FHI360, une organisation de développement humain à but non lucratif.

Des programmes dans le flou 

Un mémorandum d’entente a été récemment signé entre l’USAID, la Rabita Mohammadia des Oulémas et l’Organisation internationale de la migration (OIM) du Maroc. Cette initiative vise à promouvoir l’accompagnement des jeunes à travers le programme Forsaty Plus.

Le projet OU Citizenship a pour sa part renforcé la citoyenneté active, en particulier pour les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap, dans 30 villes réparties sur dix régions du Maroc au cours des trois dernières années.

Par ailleurs, plus de 1.600 coopératives marocaines ont bénéficié de subventions financières directes grâce au programme de financement des coopératives lancé en 2021 par l’USAID, en partenariat avec GiveDirectly et l’INDH.

L’USAID accompagne aussi le Maroc à travers le programme Bridge to Middle School destiné à l’accompagnement des enseignants et des élèves marocains. En partenariat avec le ministère de l’Éducation, le programme Bridge a distribué plus de 88.000 manuels d’anglais et guides pédagogiques aux écoles des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Marrakech-Safi et Béni Mellal-Khénifra.

Un nouveau programme de certification en éducation bilingue des sourds et en langue des signes marocaine a été par ailleurs développé avec le soutien de l’USAID, de DevTech Systems et du Center on Deafness de l’Université du Tennessee. Ce programme de certification cible les enseignants marocains afin de mieux accompagner la communauté sourde du Maroc.

Le Maroc a en outre rejoint l’USAID et l’UNICEF pour lancer l’initiative « Un avenir sans plomb », s’engageant à éliminer les sources d’exposition au plomb et à mobiliser des actions pour mettre fin à l’intoxication des enfants au plomb d’ici 2040.

L’USAID entend également collaborer avec le Maroc pour élaborer des stratégies de développement durable dans les domaines des énergies renouvelables, de la gestion des ressources en eau et de l’agriculture durable.

Quel est à présent le sort de ce large éventail de projets ? Médias24 a contacté l’USAID Maroc pour plus d’explications, mais au moment où nous publiions ces lignes, celle-ci n’était pas joignable. L’ambassade des États-Unis au Maroc a toutefois promis de nous répondre dès que possible. « Même au sein de l’USAID, les choses ne sont pas encore tout à fait claires« , nous dit-on.

Pendant ce temps, le compte X d’USAID a été suspendu, et son site internet est hors service.

Le dimanche 2 février, Donald Trump et Elon Musk ont vivement critiqué l’USAID.

Donald Trump a affirmé que cette agence d’aide publique au développement était « dirigée par des fous extrémistes » qu’il fallait « virer de là », avant de décider quelle suite donner à ses activités.

Plus tôt dans la journée, Elon Musk avait qualifié l’USAID d' »organisation criminelle » sur X. Il l’a accusée de « mener les basses œuvres de la CIA » et de « censure sur internet ».

Dépendance du continent africain à l’égard de l’aide américaine

« La suspension des financements de l’USAID dans plusieurs pays de l’Afrique met en lumière une réalité trop souvent sous-estimée : la dépendance massive de nos systèmes humanitaires et de développement aux financements américains », estime Mamadou Diop.

« Certes, certaines dérogations permettront la poursuite de programmes essentiels, mais cette crise expose une fragilité structurelle : les États-Unis dominent l’architecture financière de l’aide internationale ».

« Comment l’Afrique peut-elle mieux organiser sa solidarité pour sortir de cette dépendance structurelle ? », s’interroge-t-il.

OCP et l’USAID s’allient pour améliorer la productivité agricole en Afrique

Lors d’une visite à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), Samantha Power, administratrice de USAID, a signé un accord de collaboration visant à poursuivre deux initiatives conçues pour améliorer l’efficacité et la productivité agricoles à travers le continent :

– Le projet « Space to Place«  recueillera des données locales précises sur les sols et le climat, qui serviront de base à un outil d’aide à la décision destiné à guider les agriculteurs vers une utilisation optimale de solutions de nutrition des plantes. Celles-ci seront customisées pour répondre précisément aux besoins nutritionnels de leurs terres et cultures, afin d’améliorer simultanément la santé des sols et de renforcer durablement leurs rendements.

– Le projet « Rock Phosphate Amendment«  évaluera l’impact de l’application de roche phosphatée et de formules nutritionnelles innovantes basées sur celle-ci sur les rendements des cultures et la fertilité des sols. Ce projet développera un système d’aide à la décision pour la roche phosphatée afin d’aider les agriculteurs à identifier les sols et les cultures qui bénéficieront le plus de cette approche.

L’accord, qui s’étend sur au moins quatre ans, prévoit l’engagement d’autres parties prenantes et partenaires pour faire avancer ces initiatives révolutionnaires et encourager l’adoption de ces nouveaux outils par les agriculteurs à travers le continent, précise un communiqué conjoint.

À cet égard, le groupe OCP, à travers OCP Africa, investira 30 millions de dollars (300 millions de DH) pour soutenir l’utilisation efficace des engrais en Afrique subsaharienne, complétant ainsi l’investissement de 40 millions de dollars (400 MDH) de USAID pour l’expansion de l’initiative « Space to Place » annoncé lors du Sommet sur les engrais et la santé des sols en Afrique tenu à Nairobi le 7 mai dernier.

Cela porte l’enveloppe totale des investissements à 100 millions de dollars (1 MMDH) pour cette initiative, soutenant ainsi directement le Plan d’action continental adopté par le Sommet de Nairobi.

Bourita s’entretient avec l’administratrice de l’USAID

Lors d’un point de presse à l’issue de ces entretiens, Samantha Power a tenu à réitérer l’appui des Etats-Unis aux réformes menées, sous le leadership du Roi Mohammed VI, en matière de gouvernance, déducation et de développement.

Saluant les nombreuses réalisations accomplies par le Maroc en matière de réformes et de développement, elle a aussi souligné le rôle agissant joué par le Royaume à l’échelle continentale et régionale.

La responsable américaine a également salué les efforts considérables du Maroc en vue de favoriser l’autonomisation des jeunes et la lutte contre l’extrémisme.

Elle s’est, en outre, félicitée des percées réalisées par le Royaume dans le domaine des énergies renouvelables, ainsi que des acquis impressionnants du Maroc en matière de lutte contre les changements climatiques.

Enfin, M. Power n’a pas manqué de saluer hautement la gestion efficace par les autorités marocaines des effets du séisme dAl-Haouz.

(Avec MAP)

USAID : Samantha Power en visite au Maroc jusqu’au 22 mai

Au cours de son voyage, Samantha Power rencontrera des représentants du gouvernement, des organisations partenaires, des jeunes et des communautés locales.

L’Administratrice américaine soulignera comment l’USAID « s’associe à des organisations locales au Maroc pour faire progresser le développement mené localement, élément essentiel pour générer des gains durables et significatifs », précise un communiqué.

Elle se rendra également dans les communautés touchées par le séisme d’Al Haouz pour constater par elle-même comment les programmes de l’USAID soutiennent les efforts de redressement en cours au Maroc, conclut la même source.

Aide post-séisme : l’USAID soutient le Maroc avec près de 126 MDH

À la suite du séisme d’Al Haouz, les États-Unis, par l’intermédiaire de l’USAID, avaient initialement contribué à hauteur de 1 million de dollars aux premiers efforts de secours, travaillant principalement avec le Croissant-Rouge marocain pour répondre aux besoins urgents, notamment la fourniture de batteries de cuisine, de sacs de couchage, de trousses d’hygiène, de couvertures, de matelas et d’autres articles aux communautés touchées, rappelle un communiqué.

Depuis, l’USAID au Maroc a travaillé avec ses partenaires gouvernementaux, la société civile et des secteurs privés pour identifier et entreprendre des interventions qui soutiennent l’avancement du plan de reconstruction des zones impactées au Maroc et favorisent la résilience et la prospérité à long terme du Royaume. Certaines de ces initiatives comprennent :

– un nouveau programme de 30 mois avec l’UNICEF Maroc qui collabore avec les autorités centrales, régionales et locales ainsi que les communautés pour identifier et fournir les services nécessaires aux ménages impactés par le séisme et recevant une aide financière du gouvernement marocain ;

– un soutien financier direct à 180 coopératives dont les moyens de subsistance ont été compromis par le séisme, en partenariat avec GiveDirectly et en collaboration avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) ;

– le financement de projets pour au moins huit organisations locales, par l’intermédiaire de Deloitte Conseil, qui fournissent un soutien de récupération sur le terrain dans la région de Marrakech-Safi ;

– un soutien à la récupération socio-économique, y compris dans les domaines de l’abri, de l’agriculture et d’autres activités d’infrastructure dans la province d’Azilal, en partenariat avec FHI360, une organisation de développement humain à but non lucratif.