USFP. Driss Lachguar déjà bien placé pour un 4ᵉ mandat

À une année des élections législatives, prévues en principe à l’automne 2026, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) tiendra son 12ᵉ congrès national du 17 au 19 octobre prochain.

Une manière pour l’actuelle direction des socialistes de se soustraire à toute reddition des comptes après des élections cruciales qui décideront qui dirigera et qui formera le « gouvernement du Mondial » ?

« Nous avons décidé de tenir notre 12ᵉ congrès national à cette date par respect de la loi organique relative aux partis politiques qui les oblige à tenir cette échéance tous les quatre ans. Le mandat de l’actuelle direction et des autres instances expire en décembre 2025, nous ne faisons qu’être en phase avec la loi », nous répond Mehdi Mezouari, membre du bureau politique.

Selon notre interlocuteur, les préparatifs avancent bien. La commission préparatoire, dont la présidence a été confiée au syndicaliste et membre de la Chambre des conseillers Youssef Aïdi, a été structurée en 11 sous-commissions thématiques. Ce sont ces structures qui doivent préparer, outre les aspects logistiques, les documents qui seront soumis à l’appréciation des congressistes. D’ailleurs, selon les règlements intérieurs de l’USFP, chaque membre du Conseil national est obligé de siéger au sein de l’une des sous-commissions.

Remettre l’USFP sur les rails

L’USFP s’attend à une étape cruciale dans son existence. « Pour nous, il est question d’aller plus loin dans le travail entrepris depuis le 11ᵉ congrès pour restaurer le parti, remobiliser nos bases et préparer l’avenir », affirme Mehdi Mezouari.

Sollicité par Médias24, Driss Lachguar, premier secrétaire de l’USFP, n’a pas donné suite à nos relances. D’après son entourage immédiat, il venait de rentrer d’une réunion de l’Internationale socialiste tenue en Turquie et était occupé depuis par les préparatifs d’une rencontre internationale de l’Union des jeunesses socialistes démocratiques arabes (session Palestine) qui se déroulera ce mardi à partir de 16 heures à Rabat. Ce rendez-vous, qui se tiendra jusqu’au 30 mai, est organisé à l’initiative de la Chabiba ittihadia, l’organisation des jeunes de l’USFP.

« Le 12ᵉ congrès national doit être l’occasion de demander des comptes à l’actuelle direction. Il est légitime de la questionner sur ce qui a été réalisé pendant son mandat et qu’elle nous dise ce que pèse le parti aujourd’hui sur la scène politique nationale et, sur un autre registre, d’ouvrir un vrai débat sur l’identité de l’USFP et sur son projet de société », nous confie un jeune cadre qui a pris ses distances avec la famille ittihadie.

« Ceux qui suivent les congrès nationaux de l’USFP savent que c’est le moment idéal pour débattre de tout. Nous ne craignons pas le débat, mais il faut que ce soit dans un sens constructif », répond Mehdi Mezouari.

Notre interlocuteur espère que la période post-12ᵉ congrès, d’une durée de onze mois, sera suffisante pour que l’USFP se prépare aux prochaines échéances électorales.

Pour rester dans l’opposition ? Intégrer le gouvernement issu de ce futur scrutin ? Dans la tradition des socialistes, c’est le Conseil national qui tranche ces questions en fin de compte.

Driss Lachguar, « l’homme de la situation »?

Interrogés par Médias24 sur les éventuels candidats au poste de premier secrétaire de l’USFP, des cadres ittihadis nous répondent qu’aucun candidat ne s’est déclaré pour le moment. Y compris Driss Lachguar lui-même.

« C’est prématuré et, dans l’absolu, l’USFP et son avenir sont plus importants que Driss Lachguar ou n’importe quel militant », explique un membre du Conseil national.

« Ma profonde conviction, et elle est partagée par une écrasante majorité de nos militants, est que Driss Lachguar est l’homme de la situation et que nous allons faire en sorte qu’il brigue un nouveau mandat », affirme d’un ton tranchant Mehdi Mezouari.

« Nous voulons rester dans la continuité et être à la mesure des grandes batailles qui nous attendent », poursuit notre interlocuteur.

Autrement dit, le chemin est balisé pour que rempile l’actuel chef de file de l’USFP, en poste depuis bientôt treize ans après avoir succédé à feu Abdelouahed Radi.

Driss Lachguar, 70 ans et avocat dans le civil, a tout fait au sein de l’USFP qu’il a rejoint au sortir de l’enfance. Militant de base et permanent au siège de la jeunesse du parti à Rabat, il finit par être porté à la direction de cette structure parallèle.

Plusieurs fois député au titre des circonscriptions de la capitale, il a également été ministre des Relations avec le Parlement entre 2010 et 2012 au sein du gouvernement de Abbès El Fassi.

« Par souci d’honnêteté, il faut admettre qu’il n’a d’autre priorité que celle de servir le parti. C’est dans son ADN », affirme un membre du Conseil national.

« Pour percer ou se faire une place au soleil de l’USFP, il vaut mieux être dans ses petits papiers. Nous ne comptons plus les grandes compétences qui ont claqué la porte à cause de lui et de son entourage », glisse un ancien cadre ittihadi.

Pour l’avenir de l’USFP et l’avenir politique de Driss Lachguar, nous aurons une vue plus claire et globale après le 12ᵉ congrès. Et surtout après les élections législatives de 2026.

À Istanbul, l’organisation féminine de l’USFP interpelle sur la situation des femmes dans les camps de Tindouf

Engagées depuis plusieurs décennies dans la promotion de l’égalité et de la démocratie au Maroc, les femmes ittihadies ont saisi l’occasion pour rappeler leur attachement aux solutions pacifiques et politiques aux conflits, en particulier à celui du Sahara marocain. Elles ont surtout souhaité mettre en lumière la situation des femmes vivant dans les camps de Tindouf.

Dans un message adressé à la communauté internationale, les femmes ittihadies ont dénoncé les conditions de vie jugées « inhumaines » de ces femmes, privées, selon elles, de leurs droits fondamentaux et vivant sous le contrôle d’un groupe armé non reconnu. Elles ont exprimé leur solidarité avec ces femmes, tout en appelant les Nations unies à procéder à leur recensement, étape préalable à toute évaluation indépendante des violations rapportées.

Le silence international est devenu une forme de complicité

Des témoignages évoquent en effet des violences sexuelles, des grossesses forcées et des restrictions aux libertés de mouvement et d’éducation, dans un environnement où toute protection juridique serait absente.

« Le silence international est devenu une forme de complicité », ont-elles estimé, appelant à une enquête urgente et à une mobilisation féministe globale autour de cette question.

Dans un communiqué, elles ont rappelé que plusieurs femmes participant au congrès avaient déjà visité les provinces du Sud du Maroc, où elles ont pu constater, selon elles, l’implication des femmes sahraouies dans les institutions locales, les conseils élus et les initiatives de développement.

Pour les femmes ittihadies, la représentation légitime des Sahraouis s’exerce à travers les structures démocratiques du Royaume. Elles ont ainsi invité les acteurs internationaux à venir constater sur le terrain la réalité des avancées dans ces régions, loin des discours partisans.

Motion de censure : le PJD et l’USFP à couteaux tirés

Les tensions entre le Parti de la justice et du développement (PJD) et l’Union socialiste des forces populaires (USFP) ont atteint un niveau inédit depuis l’épisode du « blocage » de 2016-2017, quand Abdelilah Benkirane, chef de gouvernement désigné, avait échoué à former son équipe à l’issue de tractations qui avaient duré cinq mois.

Le 15 mars 2017, le Souverain, faisant recours à ses prérogatives constitutionnelles, avait décidé de nommer Saâd Dine El Otmani pour former le gouvernement. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, mais le secrétaire général du PJD n’a jamais pardonné aux socialistes, et à Driss Lachgar en particulier, leur imputant la responsabilité du fameux « blocage ». Parler de rancune dans ce cas est un euphémisme.

À l’issue des élections du 8 septembre 2021, l’USFP et le PJD se retrouvent dans l’opposition. Malgré leurs divergences idéologiques, les deux partis essaient de travailler avec les deux autres composantes de l’opposition, le MP et le PPS, pour faire contrepoids au gouvernement Akhannouch, adossé à une inédite supériorité numérique à la Chambre des représentants.

L’une des illustrations de cette coopération devait se concrétiser par la présentation d’une motion de censure encadrée par l’article 105 de la Constitution. Une première tentative du genre revient à l’USFP en avril 2024, mais n’avait pas abouti sans forcément accuser le PJD qui y était opposé.

Les camarades de Driss Lachgar reviennent à la charge il y a quelques mois et remportent l’adhésion de toutes les autres composantes de l’opposition (MP, PPS et PJD).

Échange d’accusations

Tout se déroulait comme prévu et la coordination était maximale pour présenter la motion de censure à la Chambre des représentants. « L’exercice ne consiste pas à renvoyer le gouvernement Akhannouch, mais à ouvrir le débat sur les graves problèmes que traverse notre pays, notamment en matière de gouvernance », déclare à Médias24 un membre de la direction du PPS.

Coup de tonnerre le vendredi 15 mai. L’USFP annonce son retrait de cette initiative et, sans cette formation politique, il est devenu impossible de réunir les signatures de 20% des députés, soit celles de 79 élus sur 395. Le MP, le PPS et le PJD n’en totalisent que 59. L’USFP 35.

Les socialistes ont jeté l’éponge quand, selon leur version, l’initiative, qui est la leur par ailleurs, a buté sur un détail : le parti qui donnera lecture de la motion de censure en séance plénière.

Le PPS a essayé de rapprocher les points de vue en jouant les intermédiaires, et la balle était restée dans le camp de l’USFP et du MP. L’un des scénarios proposés en fin de compte étant que l’USFP préside la conférence de presse pour annoncer la motion de censure, à charge pour Mohamed Ouzzine, secrétaire général du MP, d’en donner lecture en séance plénière de la Chambre des représentants. Les socialistes refusent et claquent la porte.

Moins d’une semaine plus tard, le jeudi 22 mai, Abdelilah Benkirane, entouré de ceux qui restent des « gros calibres » de son parti, préside une conférence de presse avec un seul point à l’ordre du jour : charger l’USFP et surtout son chef de file.

Abdelilah Benkirane, sans donner de détails, évoque l’existence d’un « deal électoral » entre Driss Lachgar et Aziz Akhannouch concernant le prochain scrutin législatif.

« Nous avons atteint un niveau inédit en matière de pratique politique (…) Le responsable du parti de la Rose a basé son comportement sur des promesses », accuse le secrétaire général du PJD tout en rappelant « la forte ambition [de Driss Lachgar, ndlr] de participer au gouvernement ».

Abdellah Bouanou, président du groupement parlementaire du PJD, prend le relais pour enfoncer davantage l’USFP et rappeler tout le processus de préparation de la motion de censure jusqu’au tomber de rideau, avec la fin que l’on sait.

« Un hold-up institutionnel »

La réponse de l’USFP ne s’est pas fait attendre. Dans la nuit du jeudi 22 mai, le site officiel de l’USFP publiait une réaction sous le titre « La lettre d’Al-Ittihad [USFP] en réponse aux crispations du secrétariat général du PJD« .

En un mot comme en mille, les socialistes affirment que leur décision ne leur a été dictée par personne et qu’il s’agit d’ »une décision souveraine ». L’USFP crie à son tour à ce qu’il qualifie de « hold-up institutionnel », tout en s’élevant contre « la diffamation et la stigmatisation » par les leaders du PJD. L’USFP rappelle son historique, avec les motions de censure en 1964 et en 1990.

Jaouad Chafik, membre de la direction et responsable régional de l’USFP pour Fès-Meknès, publie un long post sur les réseaux sociaux de son parti pour expliquer que les socialistes n’ont de leçons à recevoir de personne.

« Il ne reste plus de valeurs islamiques, plus de relations de camaraderie et plus de traditions libérales. Pourquoi ? Parce que nous avions dit : ‘Ne comptez pas sur nous pour être de simples comparses ou figurants’« , écrit Jaouad Chafik.

Il rappelle que l’USFP, pour mener à bien son initiative, n’avait pas besoin des 13 signatures des parlementaires du PJD, mais qu’il ne voulait exclure aucune composante de l’opposition.

« Nous sommes souverains dans nos décisions lors des années de plomb comme lors des années de coton », conclut le leader ittihadi après un rappel de la motion de censure de 1964 contre le gouvernement d’Ahmed Bahnini, et de celle de 1990 contre le gouvernement de Azeddine Laraki.

Motion de censure ou pas, la rupture est bien consommée entre les socialistes et les pjdistes.

L’USFP tiendra son 12ᵉ congrès national du 17 au 19 octobre 2025

Sur proposition du premier secrétaire, Driss Lachgar, le Conseil national de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition) a décidé de la tenue du 12ᵉ congrès national du parti du 17 au 19 octobre prochain à Bouznika.

Le Conseil national (parlement du parti) que préside Habib el Malki, et en prenant cette décision, se réfère aux statuts internes du parti au sujet des congrès nationaux et à la loi organique 29-11 relative aux partis politiques.

Cette instance de décision des socialistes a également pris la résolution de mettre en place un comité préparatoire qui veillera aux aspects matériel, moral et logistique de l’organisation du 12ᵉ congrès.

Driss Lachgar, selon un communiqué du Conseil national, aura la latitude de proposer la participation au comité préparatoire de toute personne susceptible d’apporter un plus à la préparation du prochain congrès national.

Un dialogue national autour des élections

Le communiqué final du Conseil national qui s’est réuni le 17 mai à Rabat a évoqué plusieurs points liés à la scène politique nationale. Sur un ton véhément, cette instance de décision de l’USFP a décrié « les déséquilibres entre les institutions et en leur sein ».

Les socialistes dénoncent « L’hégémonie totale de l’empiètement en violation de l’esprit de la Constitution et du vrai multipartisme pour lequel ont milité le peuple marocain et ses forces vives ». L’USFP critique aussi « la remise en question des droits constitutionnels de l’opposition pour favoriser la logique du parti unique tri-céphal ».

Pour ce qui concerne les prochaines échéances électorales, l’USFP exprime son inquiétude quant à la sourde oreille du gouvernement suite aux demandes d’ouvrir un dialogue national « sérieux et responsable » sur l’arsenal législatif des prochains scrutins.

« Dans ce sens, l’USFP appelle à réunir les conditions pour rassurer l’opinion publique et les partenaires démocratiques au sujet de l’honnêteté et de la crédibilité des prochaines opérations électorales ».

Les camarades de Driss Lachgar renouvellent aussi leur demande de revenir à la commission nationale et aux commissions provinciales des élections avec la représentativité au Parlement comme critère pour y siéger.

Entretien. À bâtons rompus avec Nabil Benabdallah en leader de l’opposition

Le Maroc est d’ores et déjà dans une situation pré-électorale. Même si les leaders des partis s’en défendent, tout le monde a les législatives en tête. Le dernier remaniement a été la dernière étape qui a libéré la parole et l’action. Les législatives auront lieu en 2026, probablement dans 18 mois, si le calendrier final maintient le mois de septembre pour la date du scrutin.

Nabil Benabdallah est considéré comme l’un des leaders les plus en vue de l’opposition, voire le plus en vue d’entre eux. Sa longue expérience de la politique, sa capacité de communication, ses prises de position parfois singulières et souvent fermes sur les principes : que l’on soit d’accord ou pas avec lui, tout le monde lui reconnaît plusieurs qualités.

Dans cet entretien avec Médias24, il estime qu’avant de parler d’élections législatives, il faut s’intéresser à la situation actuelle sur les plans économique, social et politique. Il ne ménage pas ses critiques à l’égard du gouvernement et du parti qui le conduit. Il est également l’un des rares dans le champ partisan à défendre ouvertement des réformes et un modèle de société progressistes. C’est le cas pour la réforme de la Moudawana par exemple. Dans le domaine économique, il se revendique du véritable Etat social et considère le Nouveau modèle de développement comme l’une de ses références principales.

À n’en pas douter, il jouera un rôle important pendant la campagne électorale.

Médias24 : 18 mois avant les élections, comment jugez-vous le bilan du gouvernement actuel ?

Nabil Benabdallah : Si j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet, je pense qu’au-delà de certaines réalisations, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Nous sommes en effet face à l’échec d’un gouvernement qui avait promis monts et merveilles et qui dans les faits nous rend une pâle copie faite d’augmentation historique du chômage, de hausse des prix, de baisse du niveau de vie des larges couches de la population sans compter de nombreuses carences au niveau de la couverture sociale avec 8,5 millions de personnes qui restent sur le carreau et qui ne sont pas couvertes, avec également le fait que l’essentiel de l’argent qui circule en matière de couverture sociale va aux cliniques privées : 95% dans le cas de la CNSS et 80% dans celui de la CNOPS.

Si on doit y ajouter les conflits d’intérêts, l’absence de vision politique ou de réforme démocratique, le manque de communication, la suffisance de ce gouvernement à l’égard de toute critique notamment contre les partis et les institutions constitutionnelles qui apportent des rectifications à ses chiffres officiels, nous avons affaire à un gouvernement qu’il nous plairait de voir partir au plus vite.

     -Un mandat pour rien ?

-Non, car il y a probablement quelques réalisations comme celle du secteur de l’eau dans lequel des moyens énormes ont été mis, mais même là, il faut faire attention aux conflits d’intérêts, comme c’est le cas pour l’usine de dessalement de Casablanca.

L’eau ne doit pas profiter encore une fois majoritairement aux grands exploitants agricoles mais aussi aux petits agriculteurs et son utilisation ne doit pas être réservée pour l’exportation car nous avons vu le résultat de cette politique qui fait que le plan Maroc vert a des carences qui doivent être corrigées.

 -Et si on vous demandait votre avis sur l’apport du PAM au gouvernement ?

-S’il est vrai que le PAM assume des responsabilités pour la première fois dans un certain nombre de départements ministériels, je préfère parler du bilan global dont la responsabilité première incombe, à mon sens, au RNI qui dirige ce gouvernement et en particulier à son chef.

Ainsi, il suffit de prendre le pouls de la population, toutes couches sociales confondues, des plus riches aux plus pauvres,  pour voir qu’il y a une insatisfaction à l’égard du bilan de ce gouvernement.

-Est-ce que pour vous la campagne électorale a commencé ?

-C’est malheureusement vrai du fait de ce gouvernement qui l’a lancée beaucoup trop tôt.

Il est déplorable de voir qu’au lieu de s’occuper des chantiers qui doivent être mis en œuvre, de rectifier les carences existantes à un certain nombre de niveaux, de régler les problèmes liés à la baisse du taux d’emploi et à l’explosion du chômage, des celles en matière de couverture sociale généralisée, de questions politiques majeures complètement délaissées, de s’occuper de la relance réelle et de l’économie et de l’investissement pour créer des richesses et de l’emploi, au moins sur l’année qui reste jusqu’à décembre prochain, nous voyons que ce gouvernement préfère donner le départ à une course folle à la première place comme si elle était garantie pour l’un des trois partis.

À ce propos, je me dois de dénoncer le retour à certaines pratiques scandaleuses de certains partis de la majorité notamment du RNI consistant à distribuer des paniers pendant le mois de Ramadan.

Il est par conséquent nécessaire que les autorités publiques arrêtent ce type de pratiques qui, sous couvert de charité, visent en réalité à servir un certain nombre d’intérêts politiques et électoralistes.

De plus, avec cette campagne qui a commencé en janvier dernier, soit plus d’un an et demi avant les élections, on constate qu’un certain nombre de frictions au sein de ce gouvernement ont déjà commencé et qui, je le crains, risquent d’augmenter en intensité dans les semaines et mois à venir.

-Est-ce qu’au final sa précocité n’arrange pas le PPS pour avoir le temps de ratisser large ?

-Tout en suivant l’action de ce gouvernement et nous élevant contre ses carences, nous jouons notre rôle d’opposition sans tenir compte des attaques viles et inacceptables qui nous sont régulièrement adressées par certains milieux proches du parti majoritaire, incapable de répondre à nos propositions.

S’il est évident que nous préparons ces élections, nous le faisons sur la base de nos convictions en cherchant de nouvelles personnes qui puissent remplir ce champ électoral car nous jugeons nécessaire de faire participer les jeunes pour que la participation au vote soit la plus large possible.

Cela fait plus de 80 ans que notre parti existe et il a le souffle long.

Tel est notre objectif mais lorsqu’on voit l’image politique que donne la majorité actuelle, il nous est réellement difficile de travailler dans ces conditions.

-Vu qu’elle commence plus tôt que prévu, n’y a-t-il pas un risque de vous essouffler finalement ?

-Absolument pas, car cela fait plus de 80 ans que notre parti existe et il a le souffle long.

Nous continuerons donc à nous battre mais, à la question de savoir si nous pourrons résister au cas où l’argent sera à nouveau utilisé de manière massive pendant cette campagne comme lors des élections de 2021, tout dépendra de l’élan qui sera donné pour avoir une large participation au vote.

C’est la raison pour laquelle nous espérons ramener des centaines de milliers de jeunes qui font partie des 18 millions d’abstentionnistes en leur disant qu’il faut voter pour un vrai changement. Cela sera d’ailleurs l’axe principal de notre campagne.

-Malgré les frictions que vous évoquez au sein de la majorité, elle paraît plutôt unie. Ce qui n’est pas le cas de l’opposition…

-En réalité, ce n’est pas la désunion totale au sein de l’opposition, comme ce n’est d’ailleurs pas l’union sacrée ou totale au sein du gouvernement.

Il faudra attendre quelques mois pour voir dans quel état sera la majorité, mais je crois que cela partira dans tous les sens dès que chacun des partis qui la composent souhaitera occuper la première place.

-C’est plutôt légitime dans une campagne électorale…

-Tout à fait, mais nous verrons le moment venu ce que cela donnera en termes d’unité.

Maintenant, force est de constater qu’au niveau de l’opposition, nous continuons d’essayer de réunir les trois autres composantes que sont le MP, l’UFP et le PJD pour maintenir une approche commune.

Je ne cache pas que c’est difficile parce qu’il y a des tentatives d’infiltration au sein de l’opposition avec des promesses qui sont faites par rapport à ce qui va se passer en 2026, et que cela contribue malheureusement à faire perdre la tête à certains.

-Vous voulez dire qu’on essaie de provoquer une hémorragie de transfuges dans vos rangs ?

-Non, mais on essaie de faire en sorte qu’il ne puisse pas y avoir une union de gauche et plus largement une union de toutes les forces démocratiques.

Tout comme dans le passé, des promesses ont été faites pour l’après-2021 qui n’ont d’ailleurs pas été respectées.

Mais ce qui nous importe est de continuer à travailler au Parlement et de prendre des initiatives sur la question des nominations inacceptables au ministère de la Santé qui est dirigé par deux hommes qui viennent du groupe privé appartenant au chef du gouvernement.

Etant en pôle-position sur les questions de la hausse des prix et des conflits d’intérêts, nous essayons de réunir l’opposition pour provoquer une vague au sein du mouvement social de gauche et de faire en sorte de transcender les murs des partis politiques actuels grâce à une mobilisation générale.

Sachant qu’il peut y avoir une alternative nationale, démocratique et progressiste au gouvernement, nous sommes encore une fois droits dans nos bottes et nous avons d’ailleurs préparé un document à cet effet qui fait un diagnostic précis de la situation et propose un certain nombre de pistes d’alternatives.

Malheureusement, il est dans les tiroirs parce qu’il semble que nos partenaires tournent le dos à cette perspective, probablement car ils sont attirée par des promesses que nous ne comprenons pas.

Certains franges de la gauche ont plus d’intérêts à rester dans des positions nostalgiques qui remontent à quelques dizaines d’années plutôt que de s’inscrire réellement dans l’instant présent et à contribuer à créer la vague souhaitée.

Cela ne nous arrêtera pas pour autant et nous continuerons à travailler pour assurer un rôle de leadership au sein de la gauche marocaine. Nous entendons d’ailleurs assumer cette position et la développer durant les 18 mois qui nous séparent des prochaines élections électorales de 2026.

-Pourquoi la gauche n’arrive-t-elle pas à s’unir ou au moins à se coordonner ?

-Dans le dernier communiqué du PPS, nous avons encore une fois lancé un appel pour travailler en commun sur certains sujets, comme par exemple la prévarication, les questions de corruption et de conflits d’intérêts, ainsi que sur certains aspects liés à la loi sur la grève…

Acquis par acquis, brique par brique, nous essayons de dépasser l’inertie actuelle, mais force est de reconnaître que c’est compliqué par le fait que certains franges de la gauche ont plus d’intérêts à rester dans des positions nostalgiques qui remontent à quelques dizaines d’années plutôt que de s’inscrire réellement dans l’instant présent et à contribuer à créer la vague souhaitée.

-Cette difficulté résulte-t-elle du fait que l’USFP est tentée par une nouvelle union avec le RNI en 2026 ?

-Cette éventualité ne nous gêne pas, mais ayant refusé en 2021 de participer à la coalition actuelle, le PPS n’est pas prêt à participer à une expérience similaire à celle que nous sommes en train de vivre.

Nous estimons en effet qu’une vraie alternative se base d’abord sur un programme progressiste et démocratique et notamment sur les mesures préconisées par le nouveau modèle de développement.

Ce dernier pourrait constituer un terrain d’entente consensuelle pour les différentes forces, mais avec une forte présence des partis de gauche qui auraient ainsi un rôle important dans l’exécution.

Nous n’entendons pas bénéficier de quelques strapontins pour crédibiliser un gouvernement d’essence libérale, mêlé à des conflits d’intérêts, qui servirait les intérêts de milieux financiers précis et qui sous couvert d’un slogan d’Etat social développerait une politique de droite inacceptable.

-Vous ne démentez pas que certains au sein de l’USFP ne seraient pas opposés à un rapprochement avec le RNI…

-Je pense avoir suffisamment répondu à cette question et le PPS n’a pas vocation à aggraver les aspects négatifs mais plutôt à faire prévaloir les approches positives et à rester toujours optimiste.

Tout en reconnaissant les difficultés, nous essayons malgré tout de faire entendre raison à tout le monde et de faire en sorte in fine de pouvoir dégager une perspective ambitieuse pour notre pays.

-Justement, comment le PPS se distingue-t-il des trois autres partis d’opposition ?

-Par tout ce que je viens de vous dire à savoir par un discours d’opposition clair et ferme par rapport à ce gouvernement avec des questions qui intéressent toutes les couches sociales.

Tout en mettant le doigt sur les carences et les échecs de ce gouvernement, nous préconisons dans le même temps une véritable alternative progressiste et démocratique sur plusieurs questions.

-Un exemple ?

-Lorsqu’aujourd’hui, ce gouvernement, qui se targue d’avoir une fibre sociale a une commande claire à la suite de l’arbitrage royal sur la question du Code de statut personnel, on constate qu’en réalité il ne fait absolument rien pour promouvoir les positions avancées dans le cadre de cet arbitrage.

Alors qu’il est confronté à plusieurs critiques, il fait preuve d’inertie et ne tient pas du tout compte des remarques souvent pertinentes du mouvement démocratique féminin en semblant d’ailleurs donner raison aux milieux qui ne veulent absolument pas d’une égalité entre l’homme et la femme.

À ce propos, où est ce gouvernement aujourd’hui pour apporter les clarifications nécessaires face à l’intox et à la désinformation qui ont longtemps circulé sur les réseaux juste après l’arbitrage royal ?

En tant que force politique progressiste associée à certaines composantes du mouvement démocratique féminin, nous avons été pratiquement les seuls à avoir mené ce combat.

Cette absence de mobilisation montre la vraie nature de ce gouvernement qui, face aux épreuves, fait preuve d’incapacité et de vide politique sidéral avec une orientation réelle qui s’avère être d’essence droitière, libérale et conservatrice sur un certain nombre de sujets de société majeurs et importants.

-Il craint certainement la frange conservatrice en particulier votre ancien alliÉ, le PJD qui est totalement opposé à une quelconque évolution sur la question des droits des femmes ?

-Alors, dans ce cas pourquoi le PPS ne craint-il pas ce parti, qui a en effet été notre allié conjoncturel, et continue de jouer pleinement son rôle en développant des positions courageuses et audacieuses ?

Tout simplement parce que notre parti est convaincu du bien-fondé de son projet de société qu’il n’hésite pas à défendre malgré la farouche opposition de certains milieux conservateurs.

-Comment comptez-vous affronter la majorité sortante ?

-Avec un programme clair permettant de constituer une alternative basée sur une vision politique qui pourrait reprendre un certain nombre de positions du Nouveau modèle de développement.

Mais aussi grâce à une volonté réelle de relancer notre économie en comptant en particulier sur l’entreprise privée marocaine pour y arriver mais, également de régler les problèmes sociaux majeurs qui laissent actuellement des millions de personnes sur le carreau.

Sur la base de ces alternatives, nous comptons tendre la main à tous ceux qui militent pour les droits des femmes et des hommes, mais aussi d’essayer de convaincre les jeunes de la nécessité de s’inscrire sur les listes et de voter massivement car les centaines de milliers de personnes qui pourraient venir voter au lieu d’aller à la pêche pourraient changer considérablement la donne.

-À quoi s’attend le PPS en matière de découpage, de loi électorale, de quotients, de nombre de sièges par circonscription ?

-Nous souhaitons que le ministère de l’Intérieur ouvre les discussions le plus vite possible dans les 3 prochains mois pour ne pas être dans la précipitation et se retrouver face à la difficulté du moment.

Le moment venu, nous ferons des propositions, mais la priorité est de combattre l’utilisation de l’argent dans le monde électoral et faire en sorte que les personnes soupçonnées de pratiques qui touchent à la prévarication et la corruption, ou qui s’enrichissent sur la base de pratiques illicites, soient éloignées car elles constituent un vrai danger pour notre démocratie et la stabilité du pays.

De plus, nous comptons faire venir dans le champ électoral des compétences politiques qui pourraient provenir des partis, mais également de la société civile.

-De quelle manière comptez-vous pratiquer cette ouverture ?

-Avec un système électoral mixte permettant de faire prévaloir la représentation avec des circonscriptions locales ainsi qu’avec une liste nationale femmes-hommes constituée de cadres ayant une profondeur politique pour réconcilier les Marocains avec la politique et l’action électorale.

Nous voulons développer toutes ces positions pour recréer la confiance et crédibiliser nos candidats.

-En parlant d’utilisation de l’argent à des fins électorales quasi-structurelle dans toutes les campagnes passées, qu’est-ce qui vous laisse penser que cette pratique pourrait disparaître ?

-Parce qu’il suffirait d’une forte volonté politique pour sortir de cette pratique en faisant en sorte qu’au moindre soupçon, il y ait une intervention directe de la justice pour couper ses racines et pour que ceux qui s’y adonnent réfléchissent désormais deux fois avant de continuer de le faire.

Cela permettra d’adhérer aux principes prônés par les valeurs portées par notre Constitution et de coller aux attentes de notre jeunesse, mais surtout de ne pas se retrouver au moment du Mondial de 2030 uniquement avec des stades, une nouvelle ligne de TGV, et un certain nombre d’infrastructures.

Le scrutin de 2021 s’est caractérisé par une utilisation massive jamais atteinte dans le passé avec des pratiques frauduleuses et une corruption inadmissible d’une partie de l’électorat.

En s’appropriant les pistes du modèle de développement et en mobilisant la jeunesse, nous pouvons y arriver, ce qui aura pour effet de donner la meilleure image possible aux millions de personnes qui viendront au Maroc, mais surtout aux milliards qui suivront le Maroc à travers leurs écrans.

Pour porter ses couleurs à cette occasion majeure, nous devons faire en sorte qu’il n’y ait plus d’inégalités sociales et d’inclure dans ce développement toutes les autres régions y compris celles de l’Oriental, de Guelmim-Oued Noun, Draâ Tafilalt et des provinces du sud qui ne sont pas directement concernées par le Mondial,.

-Comment analysez-vous les élections de 2021 ?

– Sous couvert de charité, ce scrutin s’est caractérisé par une utilisation massive jamais atteinte dans le passé avec des pratiques frauduleuses et une corruption inadmissible d’une partie de l’électorat.

L’occasion d’attirer l’attention sur le danger de rééditer cette situation durant le prochain scrutin car si c’est le cas, ce n’est pas un fossé que nous risquons d’avoir avec nos citoyens mais un vrai océan.

C’est pour cette raison qu’il faut absolument cesser ces pratiques avec un champ politique basé sur la confrontation des idées, des programmes, des positions, des perspectives, des alternatives, et aussi sur la nécessité impérieuse d’intéresser à ces questions les jeunes et les femmes issus de différents milieux, de manière à créer une véritable réconciliation entre l’action politique et les citoyens.

-Quels seront les thèmes essentiels de la campagne électorale ?

-Il est beaucoup trop tôt pour vous répondre car il nous reste encore un an et demi et que mon discours sera rejeté par les gens si je ne m’occupe de leur parler prématurément de ces élections.

Aujourd’hui, je préfère par conséquent faire des propositions d’ordre politique pour répondre à des questions d’actualité qui les touchent directement comme celles relatives à la cherté galopante de la vie, la baisse générale du niveau de vie, aux carences en matière de couverture sociale… L’objectif étant de faire pression sur ce gouvernement pour qu’il se bouge et sorte de son inertie.

C’est principalement pour cette raison que nous portons haut et fort un certain nombre de revendications et que nous ne parlons pas encore de ce qui va se passer entre 2026 et 2030 car il sera toujours temps de le faire durant l’année prochaine.

À l’occasion de la présentation de notre programme électoral, nous aurons l’occasion d’en reparler car ce qui m’importe aujourd’hui c’est de mobiliser notre peuple et de rectifier l’action du gouvernement.

-Votre objectif en nombre de sièges au Parlement sera donc dévoilé en temps voulu ?

-Ce n’est bien évidemment pas encore le moment car nous sommes seulement au début de l’année 2025 et qu’il y a d’autres priorités aujourd’hui dont il faut parler.

Il n’est pas question de donner l’impression aux Marocains que le PPS ne s’occupe que de strapontins électoraux car cela ne manquera pas de les éloigner davantage de la sphère politique alors que notre souhait est de les réconcilier en jouant pleinement notre rôle de leadership au sein de l’opposition.

En effet, sachant qu’aujourd’hui nous sommes dans le plaidoyer, il sera toujours temps d’exposer nos perspectives électorales au moment opportun.

-Avez-vous une idée des partis avec qui vous comptez construire une majorité ?

-Nous aspirons à développer une réelle perspective progressiste qui pourrait occuper le premier rang, mais nous savons très bien que si le même système électoral devait perdurer et que les mêmes pratiques que j’ai déjà signalées continuent d’exister, il sera très difficile que cela puisse se réaliser.

Malgré cela, nous allons essayer de faire en sorte que notre mouvement puisse être représenté dans le futur gouvernement, mais nous verrons à ce moment-là avec qui nous pouvons constituer des alliances qui pourraient développer des consensus sur des questions essentielles allant dans ce sens.

S’il convient d’actualiser certaines questions soulevées par le Nouveau modèle de développement dont les conclusions commencent à dater, nos convictions progressistes font que nous estimons possible de constituer une plateforme commune en travaillant sur cette base avec les autres forces politiques qui avaient adhéré à ses recommandations.

En effet, les alliances ne se font pas juste sur des considérations de proximité personnelle entre partis mais avant tout se faire sur des questions programmatiques.

     -La porte est-elle ouverte à tous ou bien y a-t-il des lignes rouges, expression d’actualité il y a quelques années ?

-Encore une fois, il faudra discuter de programmes et analyser la nature des rapports de force qui se dessineront lors des élections avant de pouvoir se décider mais s’il s’agit de reproduire la même expérience qu’aujourd’hui, on voit mal comment on pourrait faire partie d’une telle équipe.

Notre priorité est de changer la marche des choses et de créer un nouveau souffle démocratique.

     -Sans fermer la porte à personne pour l’instant ?

-Vous tenez absolument à faire tourner cette interview autour des questions électorales de 2026, mais je ne veux pas rentrer dans ce jeu car nos concitoyens ont d’autres préoccupations immédiates.

Au risque de me répéter, leur parler uniquement des futures élections les éloignera encore plus de la question politique alors que la vraie interrogation d’actualité concerne l’inaction du gouvernement.

Soyez cependant certains que nous serons au rendez-vous et que l’on ne s’essoufflera pas car notre parti qui a toujours été audacieux et ferme sur ses positions est connu pour sa capacité à créer des consensus positifs et constructifs pour faire avancer notre pays.

Devant votre insistance précoce, je répondrai que nous sommes prêts à composer avec ceux qui sont réellement intéressés par donner une impulsion nouvelle à notre pays, mais ce n’est qu’en 2026 que l’on verra sous quelle forme cela pourra se matérialiser après avoir actualisé les rapports de force.

Nous avons joué un rôle politique majeur qui dépasse de loin notre nombre de sièges  

 -Ayant fait partie de plusieurs coalitions gouvernementales jusqu’en 2017, est-ce qu’au final votre participation aux différents gouvernements a été plus symbolique que véritablement influente ?

-Ni symbolique ni complètement influente parce que le PPS a toujours marqué de son empreinte ses différentes participations aux gouvernements passés.

Notre présence n’était pas seulement liée à des portefeuilles de figuration car nous délibérions dans le cadre de ces gouvernements et avions notre mot à dire sur les questions démocratiques comme celles relatives au respect des libertés et à l’élargissement des espaces démocratiques au Maroc. Si certains ne s’en rendent pas suffisamment compte, aujourd’hui notre absence du gouvernement a certainement été à l’origine d’un certain nombre de recul sur le champ démocratique et des libertés.

Nul besoin d’occuper le poste de ministre des Finances pour être vraiment influents car nous avons toujours défendu les intérêts des couches les plus défavorisées notamment pour une école publique et un système de santé de qualité ainsi que de tous les services publics de manière générale.

Sachant que toutes les questions d’actualité ont été mises en avant par notre parti dans les années 1990 comme l’aide directe ou le revenu minimum de dignité que le PPS a été le premier à proposer, nous avons joué un rôle politique majeur qui dépasse de loin le nombre de sièges que nous avions.

-N’y a-t-il pas eu certains compromis que vous avez pu faire et que vous regretteriez aujourd’hui ?

-Je vois très bien où vous voulez en venir, mais nous n’avons jamais eu de compromis liberticide.

-Aucun au détriment de vos principes ?

-Absolument pas et encore moins qui soient contraires aux intérêts économiques de notre pays ou qui vont à l’encontre de la justice sociale ou spatiale à l’égard des couches les plus défavorisées.

-Même durant votre expérience avec le PJD ?

-Loin de là car nous avons toujours veillé à défendre notre projet démocratique et progressiste.

Malgré toutes les attaques et les critiques contre notre parti, personne ne pourra nous dire que nous nous sommes fourvoyés dans une quelconque décision allant à l’encontre des intérêts de notre pays.

Nous avons décidé de jouer notre rôle de leader de l’opposition

-Ayant passé près de 20 ans au gouvernement, votre base électorale ne s’est-elle pas émoussée ?

-C’est certain mais, entre temps, nous sommes rentrés dans l’opposition depuis plus de 7 ans.

-Est-ce que durant cette période, vous avez eu le temps de manger votre pain noir et de vous refaire une santé pour 2026 ?

-Nous n’avons mangé aucun pain noir pour la bonne raison que nous avons décidé nous-mêmes de sortir du gouvernement et de nous positionner dans l’opposition.

Ayant pris position dès les résultats des élections de 2021 pour ne pas figurer dans le nouveau gouvernement, il n’y avait par conséquent aucun pain noir, bien au contraire.

Nous avons décidé de jouer notre rôle de leader de l’opposition et nous continuerons à le faire mais notre vocation n’est pas de rester dans l’opposition mais de mettre en œuvre notre programme.

Comme tout parti qui se respecte, notre objectif est de retrouver sa capacité d’influence sur les décisions publiques à l’intérieur même d’un gouvernement mais, pour cela, j’espère que notre population se rendra compte de la nécessité d’une présence forte du PPS dans le gouvernement.

-Votre parti est indéniablement le plus actif par rapport aux trois autres partis d’ooposition, mais est-ce que vous croyez à l’éventualité que le PPS puisse diriger un gouvernement ?

-Bien sûr que nous portons cet espoir et en toute humilité, nous nous disons que c’est la meilleure chose qui pourrait arriver à notre pays.

-Dès 2026 ?

-Pourquoi pas sachant qu’il y a 18 millions de personnes sur 27 millions d’électeurs qui ne votent pas.

Pour cela, il suffit d’imaginer que sur ce réservoir de 18 millions, un seul million issu de notre jeunesse, de nos élites et des classes moyennes non corruptibles disent que cela ne peut plus continuer et se mobilisent réellement autour d’une vision nationale, démocratique et progressiste.

Sachant que cela pourrait apporter un changement majeur dans notre pays, le PPS entend être à l’origine de cette vague pour que les gens se rendent enfin compte du rôle que notre parti joue en posant un certain nombre de questions essentielles et en proposant des alternatives fortes.

-En cas de victoire du PPS, quelles seraient vos premières réformes socio-économiques ?

-On en reparlera l’année prochaine.

-La fin de votre mandat coïncide avec l’après scrutin de 2026, avez-vous préparé votre succession ?

-On m’a déjà reproché en 2021 de ne pas avoir préparé la relève, mais j’ai fait ce que j’ai pu et il est temps d’avoir une direction plus jeune au diapason des évolutions démographiques de notre pays.

Nous y travaillons en essayant de faire émerger un certain nombre de dirigeants et de dirigeantes qui seront en mesure d’assumer ma responsabilité actuelle à partir de 2026, ou en tout cas, à partir du moment où nous organiserons notre congrès, qui aura lieu certainement après les élections de 2026.

Tout cela pour dire que je suis confiant et que j’espère que, collectivement, nous arriverons à faire en sorte que la pérennité du PPS puisse se projeter encore plus dans l’avenir après 83 ans d’existence.

-Quel sera votre avenir après le PPS, allez-vous vous retirer de la vie politique ?

-De nature optimiste et comme quelqu’un qui aime son pays, je pense que je peux encore servir à titre purement privé à différents niveaux sur le champ public et que je trouverai toujours des choses à faire car, au PPS, nous avons été éduqués à travailler pour l’intérêt public et non pour servir des intérêts personnels,

D’autres générations continueront à le faire à ma place et partiront à leur tour le moment venu, mais comme c’est la loi de la vie pour tous, ce n’est pas quelque chose qui me perturbe particulièrement.

Parlement. Pour l’opposition, un mandat à oublier

Quel dénominateur commun pourrait-on trouver entre le Parti de la justice et du développement (PJD), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et le Mouvement populaire (MP) ? Pas vraiment d’affinités, si l’on excepte des visions partagées entre les ittihadis et les camarades de Nabil Benabdallah qui ont raté plusieurs occasions de se rapprocher pour une action commune.

Le dénominateur commun entre ces quatre partis est qu’ils se trouvent sous le même parapluie de l’opposition. Sauf que chacun regarde de son côté.

Petits calculs entre « amis »

« Cette opposition aurait gagné à coordonner ses efforts, mais ce n’est pas le cas pour des raisons objectives, et on ne parle pas seulement de divergences idéologiques. Elle aurait pu travailler main dans la main sur plusieurs sujets », relève ce jeune cadre d’un parti de l’opposition.

Le PJD n’arrive toujours pas à digérer la cuisante défaite du scrutin législatif du 8 septembre 2021 et son résultat catastrophique : 13 députés au lieu de 125 lors de la précédente législature. « En dehors de Abdellah Bouanou, chef du groupe du PJD et ancien député-maire de Meknès, qui pourrait nous citer quelques noms des douze autres députés ? », nous met au défi un ancien membre du parti de Abdelilah Benkirane, qui a fini par prendre ses distances avec cette formation politique. À l’instar d’autres anciennes figures de proue du même parti comme Lahcen Daoudi, Aziz Rabbah ou Abdelkader Amara.

Le PJD fait de l’opposition, mais non pas grâce à ses députés. C’est en grande partie par le biais de Abdelilah Benkirane depuis le salon de son domicile du quartier Les Orangers à Rabat, ou lors des meetings qu’il préside un peu partout au Maroc, avec la complicité de son chauffeur-caméraman qui assure les lives.

À l’USFP, les socialistes ont trouvé un honorable héritier aux anciens orateurs du parti à l’Hémicycle, mais Abderrahim Chahid, chef du groupe ittihadi, ne peut pas tout faire à lui seul.

« La direction du parti a toujours été conciliante avec la majorité, surtout avec le RNI. Elle ne veut surtout pas se mettre à dos Aziz Akhannouch, car elle a depuis l’automne 2021 caressé l’idée de faire partie du gouvernement, y compris lors du remaniement d’octobre 2024. Maintenant, c’est trop tard », avoue un membre du conseil national de l’USFP en froid avec le bureau politique et contestant ses choix.

Et la motion de censure que l’USFP a cherché à initier contre le gouvernement, début avril 2024 ? « C’était du cinéma. Une telle initiative était irréalisable. D’ailleurs, elle a été tuée dans l’œuf », répond notre interlocuteur. On se rappelle qu’à l’époque, Abdelilah Benkirane avait émis son véto, n’ayant jamais oublié, avait-il argumenté, que Driss Lachguar avait fait avorter la formation d’un gouvernement par Benkirane après les législatives de l’automne 2016 ; le fameux « blocage » dont l’issue avait été la désignation de Saâd Eddine El Otmani pour former une équipe. Ne parlions-nous pas de petits calculs ?

Les égarés et les indécis

Le Mouvement populaire (MP) a lui aussi choisi de faire cavalier seul ou alors de s’allier à des partis qui n’ont aucun poids et qui n’ont aucun siège au Parlement. Au lieu de trouver un terrain d’entente avec les trois autres partis de l’opposition (USFP, PPS et PJD), Mohamed Ouzzine, secrétaire général du MP, a préféré s’allier au Parti marocain libre (PML) d’Isaac Charia et au Parti démocratique national (PDN) de Khalid Bekkali. C’était le 9 janvier dernier pour annoncer la constitution d’un « bloc populaire », dont l’ambition est de se positionner en tant qu’alternative à ce que les chefs des trois partis ont appelé « la dictature numérique », en référence à la majorité de Aziz Akhannouch. Pour le moment, on n’entend plus parler de ce front.

« L’actuelle direction du MP aime les coups d’éclat et les grandes annonces, même sans lendemain. C’est tout simplement un parti qui n’a pas l’habitude de camper dans les rangs de l’opposition », affirme un cadre du parti de l’épi. Notons toutefois que les interventions de Mohamed Ouzzine, secrétaire général du MP, aussi bien au Parlement qu’à l’étranger, ne laissent pas indifférent. Au Parlement, il est passionné et parfois accusé de verser dans le populisme. Mais son verbe lui sert également, notamment à l’étranger, pour défendre la cause nationale, ce qu’il a fait à plusieurs reprises d’une manière brillante. Dans un entretien avec Médias24, il promettait que le MP a rompu avec l’ère des seconds rôles et qu’il aspire au leadership.

Dès la formation du gouvernement Akhannouch I, l’UC de Mohamed Joudar et le MDS de Abdessamad Archane avaient décidé de rallier la majorité. Avec le gouvernement Akhannouch II, ils sont passés du soutien critique au soutien sans réserve. Cela fait un apport de 22 sièges (17 UC et 5 MDS), à une majorité déjà plus que confortable (268 sièges pour le RNI, le PAM et le PI sur 395).

L’un des rares points lumineux au sein de l’opposition aura été la prestation des élus du PPS conduits par Rachid Hammouni, son chef de groupe. Fidèle à ses idéaux de formation de la gauche progressiste, le PPS ne rate aucune occasion pour rappeler le gouvernement à l’ordre, surtout quand il s’agit des grandes questions sociales et sociétales : pouvoir d’achat, thématiques liées aux femmes et aux enfants, multilinguisme, questions de santé publique, enrichissement illicite…

« Nos élus le sont à plein temps et coordonnent au jour le jour avec la direction. La discipline partisane est l’une des clés du succès », affirme un membre dirigeant du Parti du livre. Au-delà de l’Hémicycle, le parti ne chôme jamais, que ce soit au niveau central, au niveau des actions locales ou régionales, ou alors pour ce qui est des activités des organisations parallèles.

Et des électrons libres

En plus des groupes du MP et du PPS et du groupement du PJD, l’opposition compte aussi des « francs-tireurs » qui ne sont affiliés à aucun groupe ou groupement. C’est le cas de Nabila Mounib, (seule et unique) élue sous les couleurs du Parti socialiste unifié (PSU). Ses prises de parole sont très attendues et très médiatisées. Mais que retenir de son action après quasiment trois ans de députation ?

« Pas grand-chose. Les gens se souviennent davantage de ses sorties contre le vaccin anti-Covid que d’autre chose. Pour l’action de contrôle du gouvernement, comme le permettent les lois nationales, on est loin du compte », commente une source parlementaire. Le show ne paie pas, pas toujours. Et l’on peut dire la même chose de Rim Chabat, élue sous les couleurs du (presque) défunt Front des forces démocratiques (FFD).

« Elle vient surtout au Parlement le jour où Aziz Akhannouch est dans les parages, et qu’elle aime particulièrement chahuter quand les séances sont diffusées en direct sur la télévision publique. À part cela, elle n’a rien fait de remarquable », ironise un membre du conseil national du parti de l’Istiqlal, le parti d’origine de Rim Chabat et de son père, Hamid.

Mais, au sein aussi de ces « francs-tireurs », on retrouve celles et ceux qui se démarquent parmi les députés. C’est le cas de Fatima Tamni, (seule) élue du Congrès national ittihadi (CNI, né d’une scission au sein de l’USFP début 2001).

Faisant preuve d’une assiduité exemplaire, la députée de la région Casablanca-Settat (liste réservée aux femmes) ne rate aucune occasion de rappeler le gouvernement à ses obligations ou encore ses engagements. Le tout sans jamais perdre son calme ni manquer aux usages envers les institutions du pays.

∼oOo∼

Pour conclure, on peut dire que l’opposition parlementaire a raté sa mission en grande partie. Elle ne peut pas, pour se justifier, rejeter la faute sur « l’hégémonisme » de la majorité et sa « dictature numérique ». Car, fait assez rare dans la région, la Constitution marocaine a fixé les droits de l’opposition parlementaire. Et fini le temps où appartenir à ses rangs pouvait être lourd de conséquences.

Dans la Loi suprême, l’article 10 stipule que « La Constitution garantit à l’opposition parlementaire un statut lui conférant des droits à même de lui permettre de s’acquitter convenablement de ses missions afférentes au travail parlementaire et à la vie politique« . Des droits, mais aussi des devoirs, puisque le même article affirme que « les groupes de l’opposition sont tenus d’apporter une contribution active et constructive au travail parlementaire« .

Cette opposition jouit d’autres avantages législatifs comme la présidence (obligatoire et exclusive) de la commission permanente de contrôle des finances publiques au sein de la Chambre des représentants.

L’opposition dispose de près d’une année et demie pour se ressaisir et se donner plus de crédibilité. Sinon, d’autres se chargeront de porter la voix du peuple, de la veuve et de l’orphelin, comme le déjà très célèbre « Moul lhout« .

Législatives. Les partis entrent en pré-campagne électorale pour le scrutin 2026

Nous sommes à moins de deux années des élections législatives de 2026 qui devraient se tenir, en toute logique, en automne. Mais les partis politiques, pratiquement toutes tendances confondues, semblent engagés dans une pré-campagne électorale avec certaines thématiques comme chevaux de bataille et sujets de clivage, comme la réforme du Code de la famille.

Voici un tour d’horizon de l’ébullition que vit actuellement la scène politique marocaine.

Une alliance électorale à cinq partis ?

Interrogé sur cette pré-campagne engagée, une source au sein de la majorité composée du RNI, du PAM et du parti de l’Istiqlal (PI) laisse entendre qu’il est possible que « l’actuelle majorité élargisse son champ d’actions communes et, pourquoi pas, une alliance électorale en 2026 ? », arguant que « jusque-là, tout va bien au sein de cette majorité et que de nouvelles annonces vont être faites dans un avenir proche ».

Un scénario peu probable. Dans nos annales électorales, une seule expérience du genre. Une alliance à petite échelle entre le PI et l’USFP.

De son côté, un membre dirigeant du PAM apporte une précieuse nuance. « Les grandes annonces sont une chose. Dans la réalité, les alliances électorales sont difficiles à faire aboutir. Sinon, comment résoudre cette équation qui veut que chaque parti politique convoite la première place du podium pour pouvoir ainsi, selon la Constitution, diriger le gouvernement ? », explique notre interlocuteur.

« Il est prématuré de parler d’alliances électorales pour le moment, mais la Majorité se porte bien et renforce même ses rangs », affirme pour sa part un jeune dirigeant de l’Istiqlal. Explications : au début de l’année, l’Union constitutionnelle (UC, 18 députés) de Mohamed Joudar et le Mouvement démocratique et social (MDS, 5 députés) de Abdessamad Archane ont officiellement rejoint la majorité de Aziz Akhannouch et abandonné l’option du « soutien critique ».

Pour l’année législative en cours, Chaoui Belaâssal de l’UC préside les groupes des élus de la majorité à la Chambre des représentants.

« La campagne, c’est dès l’annonce des résultats »

« Bien sûr que nous sommes en campagne électorale. Nous n’attendons jamais l’approche des élections, et les préparatifs commencent dès l’annonce des résultats d’un scrutin », affirme un dirigeant de l’Istiqlal.

Sur le terrain, Nizar Baraka a donné publiquement le ton à l’occasion des célébrations du 81ᵉ anniversaire de la présentation du Manifeste de l’Indépendance. Le 11 janvier à Casablanca, le secrétaire général du plus ancien parti du pays présidait un imposant meeting lors duquel il s’était fait l’avocat des jeunes. Comme le plus dur à cuire des opposants, il a notamment critiqué la situation de la jeunesse marocaine prise dans l’étau du chômage, du manque de perspectives d’avenir et du faible pouvoir d’achat.

« Le SG fait d’une pierre deux coups : il s’adresse à l’opinion publique dans un langage de vérité et ménage en même temps les bases du parti qui ne partagent pas forcément, et tout le temps, les orientations de la direction et les choix de la Majorité », commente une source en interne.

Quant au PAM, autre parti de la majorité, il opte pour le travail en silence. « Nous ne faisons pas trop de bruit autour de notre action, mais, pour nous, les préparatifs des élections commencent dès l’année qui suit le dernier scrutin », affirme un dirigeant du parti. « Pour les alliances, nous aviserons en temps opportun », poursuit notre interlocuteur.

Le RNI n’est pas en reste. Le 11 janvier, Aziz Akhannouch a tronqué sa casquette de chef de l’exécutif contre celle de chef de parti pour lancer la machine électorale, lors de la session ordinaire du conseil national du RNI. Il compte initier dans les mois à venir une nouvelle tournée nationale de communication et de contact avec les citoyens et les élus.

Il a également ⁠annoncé la signature des contrats de performance avec les coordonateurs du parti dans tout le Maroc, et a appelé à l’accélération du processus d’accueil des nouveaux adhérents.

Des alliances et des fronts

Au sein de l’opposition, certains partis tentent des rapprochements. Le plus marquant de ce début d’année est la création, annoncée le 9 janvier, du « Bloc populaire ». Formée par le Mouvement populaire (MP), le Parti marocain libre (PML) et le Parti démocratique national (PDN), cette coalition se présente comme une alternative politique qui ambitionne de faire bouger les choses sur une scène politique incapable d’accompagner les ambitions du « nouveau Maroc ».

Ce bloc promet une série d’initiatives et de programmes, mais on attendra pour juger. À part le MP, qui a une présence au Parlement et dans les collectivités territoriales, les deux autres composantes sont une sorte de « vagues souvenirs » du Parti libéral marocain (PLM) fondé par Mohamed Ziane et du Parti national démocratique (PND) de feu Abdellah El Kadiri. Le PND avait fusionné avec d’autres formations politiques pour donner naissance au PAM, l’été 2008.

À gauche, l’USFP et le PPS avaient annoncé, le 15 décembre 2023, le lancement d’une initiative d’action et de coordination politique commune capable de faire face à « l’hégémonie numérique » de la majorité de Aziz Akhannouch. Plus d’une année plus tard, on n’entend presque plus parler de cette initiative.

« Le débat actuel autour de la Moudawana va être l’occasion de donner du concret à la collaboration entre les deux partis, sur le terrain comme au sein du Parlement. Les deux ont toujours été pour le progrès », affirme une source interne à l’USFP.

Moudawana, une aubaine pour le PJD

Justement, la réforme de la Moudawana est pain bénit, notamment pour le PJD. Les frères de Benkirane avaient été laminés lors du scrutin législatif du 8 septembre 2021, et ne doivent la plupart de leurs sièges à la Chambre des représentants qu’aux listes régionales féminines, aux côtés de quelques rares « rescapés » comme Abdellah Bouanou, député et ex-maire de Meknès.

Depuis qu’il a repris les rênes du PJD, Abdelilah Benkirane est en perpétuelle campagne électorale, faisant feu de tout bois pour critiquer le gouvernement avec des cibles de choix : Aziz Akhannouch et Abdellatif Ouahbi.

Comme un air de déjà vu, le chef du PJD a menacé de « descendre dans la rue » si jamais la future mouture du Code de la famille ne tenait pas compte du rite malékite et ne revenait pas sur certaines dispositions liées au mariage.

En somme, tous les ingrédients d’une pré-campagne électorale sont réunis en attendant 2026.

Naissance d’une coordination nationale des avocats des partis de la gauche

L’annonce de la création de cette nouvelle coordination a été officialisée par un communiqué dont Médias24 a reçu une copie. Elle regroupe les robes noires de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), du Parti du progrès et du socialisme (PPS), de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et du Parti socialiste unifié (PSU).

Selon la même source, cette coordination sera dédiée à contribuer à la défense des avocats et de la justice aux côtés des autres intervenants.

Pour sa première sortie médiatique, cette nouvelle coordination convie la presse à une rencontre de communication, le lundi 28 octobre à Rabat, sur le thème « Pour une défense forte dans ses dimensions professionnelle, humaine, politique et droits-de-l’hommiste ». Le rendez-vous est fixé au club du barreau de Rabat, à 17 h.

Élus face à la justice : entre nouveaux procès et nouvelles condamnations

Entre l’aggravation de la sanction de l’adjoint du maire de Fès, Abdelkader Boussairi (USFP) et l’allégement de la peine de l’adjoint du maire de Tétouan, Anas Yamalhi (USFP), de nouvelles poursuites ont été lancées contre des élus, notamment Mohamed Simou (RNI). D’autres sont en plein procès et attendent le verdict de la juridiction compétente.

Le seul à avoir été acquitté est le président du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des représentants, Ahmed Touizi. Il était accusé de dissipation de deniers publics. La cour d’appel de Marrakech l’a reconnu non coupable le vendredi 3 mai dernier.

Ce qui n’est plus le cas du maire de Fès, Abdeslam El Bekkali (RNI) qui a été condamné à six mois de prison ferme et 10.000 DH, à la suite de son procès en appel. Abdeslam El Bekkali a été reconnu coupable de “non-dénonciation de crime”. Un délit duquel il a été innocenté en premier ressort, avant que la cour d’appel de Fès ne tranche en sa défaveur.

Il était impliqué dans une affaire qui concernait principalement son adjoint, Abdelkader Boussairi qui, lui, a été condamné à huit ans de prison ferme et 20.000 DH d’amende au lieu de cinq ans et 100.000 DH prononcés en première instance. Les deux hommes font partie des treize accusés d’une affaire de dissipation de deniers publics.

Tout aussi nombreux, les treize accusés d’une nouvelle affaire qui démarre à peine, cette fois-ci à Rabat, comparaîtront lors de la première audience publique du procès, le 9 septembre prochain. Parmi eux, le député (RNI), Mohamed Simou, accusé de “dissipation de deniers publics” et de “participation à la réception d’intérêts dans une institution dont il est en charge”.

De son côté, l’adjoint du maire de Tétouan a vu sa peine allégée en appel. Anas Yamlahi (USFP), a été condamné en premier ressort à dix mois de prison ferme pour “escroquerie” et “abus de pouvoir”, avant de voir sa peine réduite à trois mois de prison ferme, le 13 juin dernier.

D’autres affaires, très attendues, avancent lentement mais sûrement. Il s’agit de l’affaire de Mohamed Moubdii (MP), dont le procès a démarré le 27 juin dernier avec une première audience expéditive. L’ancien ministre et maire de Fkih Bensalah est poursuivi pour “dissipation de deniers publics”.

Son procès se déroule à la cour d’appel de Casablanca où il comparaît devant la formation judiciaire présidée par le juge Torchi, tout comme Saïd Naciri (PAM) et Abdenbi Bioui (PAM), dont le procès a récemment démarré dans le cadre d’une importante affaire de trafic internationale de drogue.

Babour Sghir (UC) comparaît, lui aussi, devant la formation collégiale présidée par le juge Torchi, dans le cadre d’un de ses procès en cours. Il s’agit de celui l’opposant à Bank of Africa.

Mais c’est au tribunal de première instance de Aïn Sebaâ qu’une autre de ses affaires se déroule pour “escroquerie”. Il y est opposé à Najib El Jirari, dirigeant de Dimagaz, qui l’accuse d’avoir soutiré des sommes importantes en contrepartie de promesses fallacieuses. La prochaine audience est prévue ce mardi 16 juillet.

L’ancien député UC est aussi concerné par deux autres affaires en cours de procès en appel. Il a été condamné en premier ressort à cinq ans de prison ferme et 5.000 DH d’amende, dans le cadre de la première affaire qui l’oppose à Maroc Leasing ; et à quatre mois de prison ferme et 5.000 DH, outre le versement de dommages-intérêts dont la valeur dépasse les 105 MDH à une société d’hydrocarbures qui l’accuse d’escroquerie, de participation à la falsification de documents et de leur utilisation. Ces deux procès se déroulent à la cour d’appel de Casablanca.

LIRE AUSSI 

https://medias24.com/2024/05/05/elus-face-a-la-justice-de-recentes-poursuites-et-condamnations-sajoutent-a-la-liste/

Peine allégée en appel pour l’adjoint du maire de Tétouan, Anas Yamlahi (USFP)

Trois mois de prison ferme pour l’adjoint du maire de Tétouan, Anas Yamlahi. C’est la décision rendue par la Cour d’appel de Tétouan, le 13 juin dernier.

Cette juridiction a donc décidé d’alléger la peine prononcée contre Anas Yamlahi en premier ressort. Celui-ci a été condamné, le 20 mai dernier, à dix mois de prison ferme, par le tribunal de première instance de Tétouan.

Il a été reconnu coupable d’escroquerie et d’abus de pouvoir.

LIRE AUSSI : 

https://medias24.com/2024/05/22/anas-yamlahi-usfp-condamne-a-dix-mois-de-prison-ferme/

Driss Lachgar condamné pour injures publiques

L’affaire a démarré en juin 2022 et a été mise en délibéré le 21 mai 2024. Après deux ans d’audiences, le verdict tombe en faveur des plaignants, les deux journalistes Abdelhak Belachgar et Safi Naciri.

Le premier est directeur du site d’information AlYaoum24, qui a précisé, le 30 avril dernier, que « le patron de l’USFP les avait accusés de corruption au cours d’une émission radio diffusée par la SNRT ».

Ils ont donc saisi la justice qui a rendu un jugement favorable en condamnant Driss Lachgar à verser une amende de 10.000 DH et un dédommagement de 25.000 DH.

Anas Yamlahi (USFP), condamné à dix mois de prison ferme

Poursuivi pour « escroquerie » et « abus de pouvoir », Anas Yamlahi (USFP) a été condamné à dix mois de prison ferme et au versement d’une amende de 5.000 DH.

C’est ce qu’a décidé le tribunal de première instance de Tétouan, ce lundi 20 mai.

Pour rappel, l’affaire a éclaté le 3 mai dernier, lorsque l’adjoint du maire de Tétouan a été placé en détention préventive.

Son procès a rapidement démarré, le 6 mai, et n’aura duré que trois audiences, durant lesquelles les demandes de liberté provisoire ont été rejetées.

LIRE AUSSI : 

https://medias24.com/2024/05/05/elus-face-a-la-justice-de-recentes-poursuites-et-condamnations-sajoutent-a-la-liste/