HPV : face à la faible adhésion, la stratégie vaccinale sera révisée

Lancée le 12 octobre 2022 au Maroc, la vaccination contre le HPV visait une couverture de 50% de la population cible durant la première année. Plus de trois ans après son démarrage, cet objectif n’a toujours pas été atteint.

Une réunion nationale pour réviser la stratégie de vaccination

Contactée par Médias24, une source au sein du ministère de la Santé nous confirme que le taux de vaccination reste très faible à ce jour, illustrant l’échec de l’opération. 

Pour remédier à cette situation, le ministère prépare une réunion nationale prévue pour la première semaine de février, afin de discuter des raisons de cet échec, et d’en tirer les leçons pour revoir en profondeur la stratégie nationale de vaccination. 

Cette réunion connaîtra la participation de sociétés savantes, notamment en pédiatrie, en immunologie et en oncologie, des praticiens de terrain, des membres du comité technique de vaccination ainsi que des partenaires institutionnels. L’objectif est d’identifier clairement les facteurs de blocage et de proposer des ajustements concrets, qui devront d’abord être validés par le comité technique de vaccination, puis par le ministère de la Santé, avant leur lancement éventuel sur le terrain.

Le passage à une dose unique n’a pas amélioré l’adhésion à la vaccination contre le HPV

Le vaccin contre le HPV a été inclus dans le calendrier vaccinal national en octobre 2022, à la suite de plusieurs appels d’associations nationales et régionales et des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Au Maroc, plus de 2.200 femmes se voient diagnostiquer un cancer du col de l’utérus chaque année, et plus de 1.000 décès sont enregistrés. C’est d’ailleurs le deuxième cancer féminin dans le Royaume ; qui affiche l’un des taux les plus élevés du monde arabe. La vaccination contre le HPV permet de réduire ce risque de 92%. 

Notre source au ministère de la Santé revient pour Médias24 sur les étapes de cette inclusion. « La réflexion des autorités sanitaires pour l’introduction de ce vaccin a démarré en 2010. Le sujet avait été discuté au sein du comité technique de vaccination. Mais à l’époque, le principal obstacle résidait dans le schéma vaccinal recommandé par l’OMS, qui comprenait trois doses, rendant le coût élevé et l’opportunité de lancement peu favorable ».

Depuis, les données scientifiques ont évolué. « L’OMS a révisé ses recommandations, passant d’un schéma de trois doses à deux doses, ce qui a relancé les discussions à ce sujet au Maroc ».

« Un travail préparatoire avait même été engagé par le ministère de tutelle juste avant la pandémie de Covid-19, avec l’élaboration d’un plan stratégique national de vaccination, et d’une étude d’acceptabilité. Lorsqu’on parle de stratégie, cela fait référence à la cible, au vaccin lui-même et au schéma vaccinal adopté. Malheureusement, cet élan a été stoppé par l’avènement de la crise sanitaire. Le projet a donc été de nouveau gelé ». 

« Ce n’est qu’en octobre 2022 que la vaccination contre le HPV a finalement été lancée et intégrée au calendrier national de vaccination, après validation du comité technique et du ministère de la Santé ». 

Entre-temps, l’OMS avait de nouveau mis à jour les données scientifiques concernant ce vaccin, lesquelles ont montré qu’une seule dose pouvait offrir une protection suffisante contre le papillomavirus humain. Le Maroc a donc adopté un schéma simplifié, remplaçant le protocole initial de deux doses espacées de six mois, avec l’espoir d’améliorer l’adhésion et de réduire les coûts. 

Mais malgré tous ces ajustements, les résultats sur le terrain sont restés en deçà des objectifs fixés.

Pourquoi la vaccination contre le HPV peine à convaincre

D’après notre source, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce démarrage difficile. Le plus important est l’impact résiduel de la pandémie du Covid-19. « Cette crise a profondément affecté la perception des vaccins dans l’opinion publique », nous explique-t-on.

Ensuite, il s’agit d’un nouveau vaccin, introduit dans un contexte marqué par une forte hésitation vaccinale, malgré les efforts de sensibilisation, de formation et de supervision des professionnels de santé.

À tout ceci s’ajoute la particularité de ce vaccin. Il cible une tranche d’âge inhabituelle dans les programmes vaccinaux nationaux. « Au Maroc, ce sont les filles âgées de 11 ans qui sont ciblées par ce vaccin, scolarisées ou non. La vaccination se fait au niveau des structures de santé, mais l’école est utilisée comme espace de promotion et de contact avec les parents », explique notre interlocuteur au ministère.

« Le fait que la vaccination contre le HPV intervienne à un âge où l’on n’a généralement plus l’habitude de vacciner rend l’adhésion des parents difficile. La vaccination est souvent perçue comme étant une affaire de pédiatrie, qui relève exclusivement de la petite enfance », a-t-il souligné.

« D’autre part, le HPV est associé à une infection sexuellement transmissible, ce qui complique l’opération, surtout auprès des familles pour des raisons culturelles et religieuses. L’idée de vacciner une enfant contre un virus lié à un futur risque de cancer du col de l’utérus susceptible d’apparaître à 35 ou 40 ans est difficile à accepter par certains parents ».

« Certains estiment que leurs filles sont ‘bien éduquées’ et n’en ont donc pas besoin, tandis que d’autres ont peur que ce vaccin encourage des comportements précoces ». 

Communication, ciblage et timing : l’heure du bilan

Il faut dire que le Maroc n’est pas un cas isolé. La vaccination contre le HPV suscite les débats et les ajustements partout dans le monde, selon notre interlocuteur au ministère. « Aucun pays n’a atteint des taux de couverture élevés dès la première année ».

« À titre d’exemple, la France, qui avait d’abord limité la vaccination aux filles, l’a progressivement étendue aux garçons. Le dispositif a par ailleurs été déplacé des centres de santé vers les écoles ».

« De son côté, le Japon a été même contraint de suspendre temporairement la vaccination, après des rumeurs sur la sécurité des vaccins ».

Au Maroc, les autorités reconnaissent aujourd’hui la nécessité d’un exercice collectif pour comprendre les raisons qui ont mené à cet échec. La réunion prévue début février aura pour but de répondre à plusieurs questions ayant trait notamment à la communication initiale : était-elle insuffisante ou mal ciblée ? Son timing n’était-il pas bon ?…

« La question devra être débattue avec franchise pour pouvoir réviser la stratégie nationale de vaccination. Les conclusions de cette réunion devraient déboucher sur des propositions concrètes, soumises au Comité technique de vaccination et validées par le ministère ».

« C’est une vaccination tout à fait particulière qui nécessite beaucoup de mobilisation de la part de toutes les parties prenantes, notamment les médecins, les infirmiers, le médecin de la famille… », conclut notre interlocuteur.

Rougeole : dans les écoles marocaines, une campagne de vaccination sous autorisation parentale

Face à la recrudescence des cas de rougeole au Maroc, un plan national de veille et de riposte à l’épidémie a été mis en place. Il repose sur plusieurs axes d’action visant à renforcer le dispositif de surveillance, notamment une campagne de vérification et de rattrapage vaccinal destinée aux enfants de 5 à 18 ans.

L’objectif est d’assurer que toutes les doses de vaccins recommandées par le calendrier vaccinal national ont bien été administrées aux enfants et d’atteindre une couverture vaccinale d’au moins 95%.

La vérification du statut vaccinal des enfants âgés de 5 à 18 ans s’effectue au sein des établissements scolaires. Pour les enfants non scolarisés de cette tranche d’âge et ceux de moins de 5 ans, le suivi est réalisé dans les centres de santé. Les vaccins nécessaires sont administrés dans les écoles et les établissements de soins de santé primaire, après approbation des parents ou des tuteurs.

Des fiches d’approbation ont ainsi été envoyées aux parents et tuteurs, conformément à une circulaire conjointe des ministères de l’Éducation nationale et de la Santé. Celle-ci appelle à la vérification des carnets de vaccination des enfants et à la signature d’un formulaire autorisant l’administration du vaccin en milieu scolaire si nécessaire. La campagne de rattrapage a débuté le 3 février 2025 dans les établissements scolaires.

Un taux de rattrapage de 52,1%

Lancée le 28 octobre 2024, la campagne nationale de vérification du statut vaccinal et de rattrapage au profit des enfants de moins de 18 ans a permis d’atteindre un taux de rattrapage de 52,1% pour le vaccin combiné rougeole-rubéole (RR). La population cible est estimée à plus de 10,5 millions d’enfants.

Au 3 février 2025, plus de 8,88 millions d’enfants de moins de 18 ans ont vu leur statut vaccinal vérifié. L’objectif est de combler les lacunes immunitaires de la population ciblée contre les maladies évitables par la vaccination. À la même date, le taux de vérification du statut vaccinal atteignait 85,2%, soit 8.884.534 enfants, selon des données récemment communiquées par le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui.

Des mesures spécifiques seront appliquées dans les établissements scolaires pour limiter la propagation de la rougeole. En cas d’apparition de cas dans une école, les élèves non vaccinés ou dont les parents refusent la vaccination pourront être temporairement exclus afin d’éviter toute contamination et de les protéger de l’épidémie.

Les élèves infectés devront rester à domicile jusqu’à leur guérison complète. Si une école est identifiée comme un foyer épidémiologique, sa fermeture pourra être décidée sur recommandation des autorités sanitaires.

Par ailleurs, des solutions pédagogiques seront mises en place pour assurer la continuité des cours des élèves exclus temporairement ou concernés par la fermeture de leur établissement, notamment via un enseignement en ligne.

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Diphtérie, coqueluche, poliomyélite… Ces maladies qui pourraient refaire surface au Maroc

La récente augmentation des cas de rougeole au Maroc a mis en lumière une problématique bien plus large : la baisse généralisée de la couverture vaccinale dans le Royaume. Si la rougeole a été la première à alerter les autorités sanitaires, c’est en raison de sa forte contagiosité et de l’exigence d’une couverture vaccinale dépassant les 95% pour assurer une immunité collective efficace. Cependant, cette diminution concerne l’ensemble des maladies évitables par la vaccination, posant ainsi un risque sanitaire accru.

Une baisse généralisée de la vaccination

La diminution de la couverture vaccinale au Maroc n’a pas été sélective et n’a pas concerné uniquement la rougeole, apprend-on auprès du Dr Mohammed Benazzouz, responsable du programme national d’immunisation du ministère de la Santé.

« Elle touche de nombreuses maladies inscrites dans le calendrier vaccinal, notamment la coqueluche, la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite… », nous explique notre interlocuteur.

« Ces maladies, bien que maîtrisées grâce aux efforts de vaccination, pourraient réapparaître sous forme d’épidémies en cas de poursuite de cette tendance », alerte-t-il.

Parmi les principaux déterminants de cette baisse, « on observe un recul de la demande vaccinale au sein de la population ». Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs, notamment une hésitation vaccinale croissante ainsi qu’une baisse de la perception du risque associé aux maladies infectieuses.

La rougeole, un signal d’alerte

La rougeole a été la première à signaler les risques de cette baisse de la couverture vaccinale en raison de sa très forte transmissibilité. En effet, en une semaine, du 10 au 16 février dernier, le nombre de cas de rougeole enregistrés s’élève à 3.365, avec six décès liés aux complications. Depuis début février, 6.300 cas ont été confirmés et 12 décès ont été enregistrés.

Pour prévenir toute recrudescence épidémique, « une couverture homogène et continue est essentielle », souligne le Dr Benazzouz. « Cela signifie que la vaccination doit être assurée non seulement à l’échelle nationale, mais aussi de manière uniforme aux niveaux régional, provincial et local ».

L’apparition de nouveaux cas de rougeole a ainsi agi comme un signal d’alerte, poussant les autorités sanitaires à redoubler d’efforts pour sensibiliser la population et intensifier les campagnes de vaccination. Toutefois, les actions mises en place ne se limitent pas à la rougeole et concernent, selon notre interlocuteur, l’ensemble du calendrier vaccinal.

Ci-dessous un rappel du calendrier national d’immunisation, établi par le ministère de la Santé :

Des efforts renforcés pour inverser la tendance

Face à ce constat, les autorités sanitaires marocaines ont mis en place plusieurs initiatives pour renforcer la couverture vaccinale. Parmi elles, la campagne de vérification et de rattrapage vaccinal qui vise principalement les élèves et les jeunes enfants. Cette opération permet non seulement d’identifier les lacunes dans la vaccination contre la rougeole, mais aussi de rectifier les omissions pour les autres vaccins essentiels.

Outre ces mesures, des campagnes de sensibilisation sont menées pour encourager la vaccination et lutter contre l’hésitation vaccinale. L’objectif est de rappeler que la vaccination reste l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir des maladies potentiellement graves et éviter des flambées épidémiques.

L’expérience de la rougeole rappelle ainsi que la vigilance doit rester de mise. L’enjeu est d’assurer une couverture vaccinale suffisante pour éviter le retour d’épidémies que l’on pensait éradiquées et de protéger durablement la santé publique, notamment celle des enfants.

Vaccin contre la rougeole : un taux de rattrapage de 52,1% parmi les moins de 18 ans

Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, a présenté, le jeudi 6 février, un exposé devant le Conseil de gouvernement sur l’état des lieux de la rougeole au Maroc et la stratégie adoptée pour y faire face.

Un plan national de veille et de riposte à l’épidémie de rougeole a été mis en place. Il comprend plusieurs axes d’action pour renforcer le dispositif de surveillance et augmenter le niveau de vigilance sanitaire et d’alerte.

Plus de 8,88 millions de statuts vaccinaux vérifiés

Au 3 février 2025, plus de 8,88 millions d’enfants de moins de 18 ans ont vu leur statut vaccinal vérifié. L’objectif est de combler les lacunes immunitaires chez la population ciblée, concernant les maladies évitables par la vaccination, par la vérification du statut vaccinal d’au moins 95% de la population cible, avec un rattrapage vaccinal pour la rougeole dépassant 90%.

La population cible est estimée à plus de 10,5 millions d’enfants. À ce jour, le taux de vérification du statut vaccinal a ainsi atteint 85,2%, soit 8.884.534 enfants. Le taux de rattrapage par le vaccin combiné rougeole-rubéole (RR) est de 52,1%, avec 1.585.700 doses administrées.

Un plan multiaxial pour contrer l’épidémie

Le plan national de riposte à la rougeole prévoit la mise en place de protocoles et de mesures d’accompagnement pour la détection précoce et la confirmation des cas, ainsi que la préparation des structures hospitalières pour accueillir les cas compliqués.

Le ministère a également prévu la formation des professionnels de santé (établissements de soins de santé primaires (ESSP/hôpitaux) à la détection précoce de la rougeole et à la prise en charge des cas graves. Des mises à jour évolutives du plan sont réalisées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique. La dernière mise à jour date de janvier 2025.

Lors de son exposé, le ministre a rappelé que deux comités techniques et scientifiques de vaccination et d’infections respiratoires aiguës ont recommandé :

– l’intensification de la vaccination ;
– des schémas de riposte vaccinale adaptés à la situation épidémiologique de chaque zone ;
– la standardisation de la prise en charge des malades selon les évidences scientifiques ;
– une intensification de la communication, avec un focus particulier sur la communication de proximité ;
– une extension de la campagne nationale de vaccination.

En parallèle, des campagnes de sensibilisation ont été lancées au niveau national afin d’encourager la vaccination et de renforcer les partenariats avec les différents acteurs du secteur de la santé. L’objectif est de garantir une réponse globale et efficace face à cette épidémie.

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Lors d’un webinaire organisé le jeudi 30 janvier par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), dans un contexte de recrudescence alarmante de la rougeole et de déploiement de la campagne nationale de riposte menée par le ministère de la Santé et de la protection sociale, le Dr Mohamed Lyoubi, directeur de l’Épidémiologie et de la lutte contre les maladies (DELM), a présenté les derniers chiffres de la situation épidémiologique au Maroc. Il est également revenu sur l’historique des pics enregistrés dans le Royaume.

La dernière grande épidémie de rougeole au Maroc remontait à 1987, avec un nombre de cas quasi similaire à la situation actuelle, a rappelé le Dr Lyoubi. Depuis, des avancées majeures avaient permis de limiter la maladie à travers l’introduction progressive de la deuxième dose du vaccin en milieu scolaire, entre 2002 et 2008, et des campagnes de vaccination massives entraînant une diminution importante des cas.

Le Maroc avait alors été classé parmi les pays en phase de pré-élimination de la rougeole. En 2019, le Royaume enregistrait seulement 14 cas confirmés sur l’année. En 2022, année de référence, seuls 3 cas avaient été confirmés.

Cependant, la baisse progressive de la couverture vaccinale a entraîné l’accumulation de personnes vulnérables non immunisées, favorisant ainsi la résurgence du virus.

La dernière mise à jour fait état d’environ 25.000 cas suspects, dont 6.300 cas confirmés et 120 décès.

6.300 cas confirmés et 120 décès

La flambée actuelle a été signalée le 14 octobre 2023 par le CHU d’Agadir, avec la notification de plusieurs cas groupés dans une même localité.

L’enquête épidémiologique a permis d’établir que la transmission avait commencé à la mi-septembre 2023, notamment dans les communes d’Imouzzer Ida Outanane et de Taghazout.

En un mois, le nombre de cas confirmés a atteint 138, avec 7 cas en réanimation et un décès. La propagation s’est ensuite accélérée, touchant plusieurs villes et provinces.

La dernière mise à jour fait état d’environ 25.000 cas suspects, dont 6.300 cas confirmés et 120 décès.

Sur les décès recensés au début de cette vague, 42% concernaient des enfants de moins de 5 ansActuellement, Souss-Massa est la première région affectée avec une incidence très élevée, suivie de Drâa-Tafilalet, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Fès-Meknès, qui connaissent actuellement une propagation importante, a noté le Dr Lyoubi.

Les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi affichent actuellement des incidences comparables à celles de la région Souss-Massa.

Selon les données communiquées par le Dr Lyoubi, la maladie a touché toutes les tranches d’âge, y compris les nourrissons de moins de 6 mois, qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination.

L’incidence la plus élevée a été observée chez les enfants de moins de 9 mois, qui ne sont pas encore vaccinés, et chez les enfants de 9 à 17 mois, dont l’immunité peut être insuffisante après une seule dose.

Hautement contagieuse, la rougeole peut entraîner des complications allant jusqu’au décès.

Sur les 115 décès recensés au début de cette vague, 42% concernaient des enfants de moins de 5 ans, confirmant la vulnérabilité des jeunes enfants non vaccinés. Les adultes de plus de 37 ans représentent 24% des décès.

Les spécialistes sont unanimes : seule une couverture vaccinale suffisante peut aider à endiguer la rougeole.

Booster le taux de rattrapage

Étayant les mesures déployées par le ministère de tutelle dans le cadre de la campagne nationale de riposte à la rougeole, le Dr Mohamed Benazzouz, chef du Service de la protection de la santé infantile, a insisté sur l’importance de la vaccination.

« Nous disposons d’un vaccin sûr, efficace et disponible gratuitement dans les établissements de santé primaire », a-t-il souligné.

Une campagne nationale de vérification du statut vaccinal et de rattrapage au profit des enfants âgés de moins de 18 ans s’est déroulée du 28 octobre 2024 au 27 janvier 2025.

Selon le Dr Benazzouz, le taux de vérification a atteint 82,46%, tandis que le taux de rattrapage pour la vaccination contre la rougeole et la rubéole (vaccin RR) ne dépassait pas 47,07% de la population cible.

Atteindre une couverture vaccinale de 95%

Les spécialistes sont unanimes : seule une couverture vaccinale suffisante peut aider à endiguer la rougeole.

S’exprimant à l’occasion du webinaire, la vice-présidente de l’ONDE, Ghizlane Benjelloun, s’est félicitée de la dynamique en cours pour contrer la propagation rapide de la rougeole dans le pays. Elle a également relevé que le nombre de cas enregistrés au cours de ces derniers mois souligne l’impératif de la vaccination, rappelant que cette maladie est « grave et peut provoquer des complications chez les enfants et les adultes ».

« Seule une vaccination efficace peut protéger les enfants, mais aussi les adultes de cette maladie contagieuse », a fait remarquer Ghizlane Benjelloun, lançant un appel pressant aux familles pour veiller à l’administration du vaccin à leurs enfants.

L’épidémie actuelle aurait pu être évitée si la couverture vaccinale était restée stable au-dessus de 95%, un seuil nécessaire pour empêcher la transmission du virus, a déploré pour sa part le Dr Lyoubi. Cette situation met également en lumière le risque de résurgence d’autres maladies évitables par la vaccination, telles que la diphtérie, la coqueluche, la polio ou le tétanos.

Pour clore le webinaire, qui a couvert plusieurs aspects épidémiologiques, statistiques, etc., le Dr Moulay Said Afif, président du Congrès et de l’Association casablancaise des pédiatres privés et qui a animé cet échange, a décliné les recommandations des différentes sociétés savantes de pédiatrie comme suit :

– Poursuivre la campagne de rattrapage jusqu’à l’atteinte d’une couverture vaccinale de plus de 95% dans toutes les régions du Maroc afin de stopper l’épidémie.

– Lutter contre les fake news en poursuivant la sensibilisation et la communication auprès du grand public sur le vaccin contre la rougeole, un vaccin sûr, efficace et très bien toléré.

– Vacciner systématiquement autour d’un cas de rougeole, quel que soit l’âge (à partir de 6 mois), dans un délai de 72 heures pour éviter la propagation du virus.

– Poursuivre la campagne de sensibilisation menée par le ministère de l’Éducation nationale : les enseignants (écoles primaires, collèges, lycées) se sont impliqués en vérifiant les carnets de santé des élèves.

– Renforcer la campagne de sensibilisation auprès des familles, menée par le ministère de l’Intérieur.

– Faciliter la déclaration obligatoire de la rougeole par les professionnels de santé du secteur privé (médecins généralistes et pédiatres) en mettant en place un numéro WhatsApp dédié.

– Impliquer le secteur privé : les vaccins figurant dans le Programme national d’immunisation (PNI) doivent être remboursés à 100%. Cette mesure permettra un gain économique notable, car la prise en charge de la maladie et de ses complications est bien plus coûteuse que la prévention vaccinale.

– Impliquer le secteur privé : les vaccins figurant dans le Programme national d’immunisation (PNI) doivent être remboursés à 100% . Cette mesure permettra un gain économique notable, puisque la prise en charge de la maladie et de ses complications est plus coûteuse que la vaccination.

– Digitaliser le carnet de santé de l’enfant, y compris la vaccination.

L’objectif de la riposte est de réduire la morbidité en assurant une prise en charge appropriée des cas, d’arrêter la progression de l’épidémie et de rehausser la couverture vaccinale contre la rougeole et la rubéole au niveau requis. Il est donc recommandé d’insister sur la vaccination dès l’âge de 9 mois, avec deux doses de vaccin espacées d’au moins un mois, et ce quel que soit l’âge.

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Plus de 120 cas de rougeole dans les prisons

Selon un dernier bilan communiqué par la DGAPR, sur les 122 cas recensés au 30 janvier, 105 sont guéris alors que 17 patients se trouvent toujours en isolement sanitaire.

La rougeole n’a pas épargné, selon la même source, les fonctionnaires de la DGAPR avec 13 cas, dont 5 sont toujours en phase d’être soignés.

La campagne de vaccination dans les prisons, initiée en partenariat avec le ministère de la Santé, a permis la vaccination de 62.145 détenus, dont tous les mineurs (moins de 18 ans). 1.901 fonctionnaires ont par ailleurs été vaccinés de manière volontaire, y compris dans les établissements pénitentiaires où aucun cas n’a été recensé.

Rougeole. Les écoles imposent l’éviction scolaire pour limiter la propagation

Avec la recrudescence des cas de rougeole chez les enfants, les autorités renforcent les mesures de prévention en milieu scolaire. Dans le cadre de la campagne nationale de vaccination contre la rougeole, une circulaire conjointe des ministères de la Santé et de l’Éducation nationale impose l’éviction scolaire des élèves atteints.

Selon cette circulaire, l’éviction scolaire, qui consiste à exclure temporairement les élèves malades des établissements, vise à freiner la transmission des maladies contagieuses telles que la rougeole. Cette mesure est jugée indispensable pour protéger la santé des autres élèves et limiter les risques d’épidémies en milieu scolaire, un environnement particulièrement propice à la propagation des infections.

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La circulaire précise que l’éviction scolaire sera décidée sur la base d’un diagnostic médical établi par les professionnels de santé. Ces derniers devront fournir un certificat médical attestant la nécessité de l’exclusion temporaire de l’élève malade, conformément à un guide élaboré par le ministère de la Santé.

En parallèle, les écoles sont appelées à appliquer des mesures de prévention strictes, notamment :

La circulaire met également l’accent sur la nécessaire coordination entre les services de santé et les établissements scolaires. Les professionnels de santé sont invités à collaborer étroitement avec les écoles pour diagnostiquer rapidement les cas de maladies contagieuses et recommander les mesures adaptées.

Rougeole. Ce qu’il faut savoir pour s’en prémunir et pour contrer les rumeurs

Depuis quelques semaines, la rougeole refait surface au Maroc, suscitant de nombreuses interrogations parmi les citoyens. Peut-on parler d’épidémie ? La vaccination garantit-elle une protection totale ? Les rumeurs sur des mesures spéciales autour de l’alimentation ou de l’hygiène sont-elles fondées ?

Pour informer et rassurer, nous avons interrogé le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, qui explique comment se protéger et pourquoi la vaccination reste indispensable.

Peut-on parler d’épidémie ?

Selon le Dr Hamdi, la rougeole est bien qualifiée d’épidémie lorsqu’elle affecte simultanément plusieurs personnes dans une zone géographique donnée. Une couverture vaccinale adéquate est donc essentielle pour limiter les flambées.

Avec une couverture de 95% de la population, les cas isolés restent gérables et ne conduisent pas à une épidémie. En revanche, lorsque ce taux chute, comme actuellement au Maroc, où il est descendu à 77% dans certaines régions, les épidémies deviennent inévitables.

Dans un précédent article, Médias24 avait déjà mis en lumière l’origine de cette situation : la période du Covid-19 a entraîné une baisse significative de la vaccination, alors même que ce vaccin est gratuit et facilement accessible dans le secteur public.

La fermeture des écoles est-elle nécessaire ?

La fermeture des écoles peut être évitée grâce à une couverture vaccinale adéquate, affirme le Dr Hamdi. Les vaccins, disponibles gratuitement, protègent efficacement les enfants. Ainsi, les élèves vaccinés peuvent continuer à fréquenter l’école sans risque.

Pour les enfants non vaccinés, il est essentiel que leurs parents les fassent immuniser rapidement. Dans le cas exceptionnel où une école dont une majorité d’enfants ne sont pas vaccinés connaîtrait une éclosion, une fermeture temporaire de quelques jours pourra être envisagée, le temps de mettre en place les mesures nécessaires.

Le vaccin : deux doses pour une protection à vie

Le vaccin contre la rougeole est l’un des plus sûrs et des plus efficaces. Avec deux doses, il garantit une protection à vie à plus de 97% des personnes concernées. En revanche, une seule dose offre une protection d’environ 75%, ce qui est insuffisant.

Les parents doivent veiller à ce que leurs enfants reçoivent les deux doses selon le calendrier vaccinal (à 9 mois pour la première dose et à 18 mois pour le rappel). Si un enfant n’a pas été vacciné à temps, il est toujours possible de rattraper les doses manquantes.

Les symptômes post-vaccin : faut-il s’inquiéter ?

Des rougeurs ou une légère fièvre peuvent apparaître dans les deux semaines suivant la vaccination. Ces symptômes sont bénins et ne doivent pas inquiéter les parents. Ils traduisent la réponse normale de l’organisme au vaccin, qui reste sûr et efficace.

Certaines rumeurs circulent, affirmant qu’un enfant atteint de la rougeole ne doit pas prendre de douche ou consommer certains aliments. Ces croyances n’ont aucun fondement scientifique.

Un enfant malade doit rester à la maison, éviter les contacts avec d’autres personnes (école, parcs de jeux) et consulter un médecin. L’hygiène personnelle et une alimentation équilibrée sont importantes pour son rétablissement.

Les adultes vaccinés sont-ils toujours protégés ?

Les adultes ayant reçu les deux doses de vaccin dans leur enfance bénéficient d’une immunité à vie. Pour les personnes nées avant 1970, le vaccin contre la rougeole n’était pas encore disponible. Cependant, elles sont généralement protégées grâce à une immunité naturelle, car la maladie, qui était alors très répandue, n’épargnait pratiquement personne. Le fait d’avoir contracté la rougeole à cette époque confère une protection à vie contre une réinfection.

« Un enfant ayant reçu les deux doses de vaccin est protégé à vie. S’il n’est pas vacciné ou s’il est incomplètement vacciné, il court un risque toute sa vie. Le vaccin reste le seul et le meilleur rempart contre la rougeole », conclut le Dr Hamdi.

En renforçant la couverture vaccinale et en dissipant les rumeurs, il est possible de limiter la propagation de la maladie et de protéger efficacement la population.

La vaccination, un rempart indispensable

Lors d’un point de presse tenu après la réunion hebdomadaire du Conseil de gouvernement le 23 janvier, le porte-parole Mustapha Baitas a détaillé les mesures mises en place pour faire face à la recrudescence des cas de rougeole.

Un dispositif de vigilance et de suivi a été déployé via le Centre d’opérations d’urgence de santé publique (COUSP) et 12 centres provinciaux d’urgence sanitaire. En outre, une campagne nationale de rattrapage vaccinal a été prolongée pour cibler toutes les catégories concernées, notamment les élèves, les enseignants, les professionnels de la santé et les autorités publiques.

Le gouvernement coordonne ses efforts avec le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de l’Intérieur pour garantir la vaccination des enfants de moins de 18 ans et identifier les personnes ayant été en contact avec des patients atteints de rougeole.

Mustapha Baitas a également appelé les citoyens et les médias à intensifier leurs efforts pour lutter contre les rumeurs et promouvoir l’importance de la vaccination.

Une deuxième dose de vaccin injectable contre la poliomyélite ajoutée au calendrier national 2025

Au Maroc, aucun cas de poliomyélite n’a été enregistré depuis 1987. « Tous les enfants de moins de 9 mois ont reçu le vaccin contre la poliomyélite selon le calendrier national, comprenant des doses orales et une injection. Aujourd’hui, une deuxième injection a été introduite, et une troisième suivra à terme », nous explique le Dr Moulay Saïd Afif.

Ce dernier a également souligné que, conformément aux recommandations de l’OMS, la transition de la vaccination orale contre la poliomyélite (VPO) vers la vaccination injectable est essentielle. « Le vaccin injectable est plus facile à produire que le vaccin oral. Il est aussi utilisé dans le secteur privé depuis plusieurs années », précise-t-il.

Dans le secteur privé, le vaccin oral contre la poliomyélite a été remplacé par le vaccin hexavalent. Ce dernier protège contre six maladies : la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae et l’hépatite B. « Cela permet de réduire le nombre d’injections nécessaires pour les enfants », conclut le Dr Afif.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la poliomyélite comme une maladie virale extrêmement infectieuse touchant principalement les enfants de moins de 5 ans. Le virus se transmet principalement par voie féco-orale, mais peut également se propager via des supports contaminés, tels que l’eau ou les aliments. Il se multiplie dans l’intestin, d’où il peut envahir le système nerveux et entraîner une paralysie.

Lancement de la campagne nationale de prévention contre la grippe et les infections respiratoires aigües

Dans un communiqué, le ministère indique que cette campagne, avec pour thème « La grippe saisonnière : vaccinons-nous et respectons les mesures barrières », a pour objectif de sensibiliser la population sur le respect des mesures barrières pour limiter la propagation des virus.

Elle vise aussi à les sensibiliser sur l’importance de la vaccination pour atténuer les complications de la maladie chez les personnes vulnérables, à savoir les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans, les personnes âgées ainsi que celles atteintes de maladies chroniques.

Infection virale aiguë qui touche le système respiratoire, la grippe saisonnière survient sous forme d’épidémies saisonnières au cours de l’automne et de l’hiver, poursuit le ministère, notant que bien qu’il s’agisse généralement d’une maladie bénigne, elle peut entraîner des complications graves, voire le décès, notamment chez les populations vulnérables sus-citées.

Par ailleurs, le ministère rappelle l’importance du strict respect des mesures préventives telles que le lavage des mains, la couverture du nez et de la bouche lors des éternuements ou de la toux avec un mouchoir ou le pli du coude, l’utilisation de mouchoirs à usage unique, la distanciation physique et le port éventuel du masque en cas de maladie, ainsi que l’aération des espaces fermés.

Ces mesures permettent la prévention de la grippe saisonnière et de la majorité des infections respiratoires qui surviennent lors de la saison hivernale, conclut le communiqué.

Semaine nationale de vaccination du 22 au 26 avril

« Cette célébration souligne l’importance cruciale de la vaccination dans la protection de la santé publique », indique le ministère de la Santé et de la protection sociale dans un communiqué.

L’objectif principal de cette initiative est de sensibiliser la population marocaine et tous les intervenants sur l’importance vitale de la vaccination des enfants, précise le ministère, rappelant que la vaccination est reconnue comme une intervention essentielle pour prévenir des maladies mortelles, handicapantes, infectieuses et cancéreuses.

De plus, cette initiative vise à promouvoir le respect des échéances d’administration de toutes les doses nécessaires conformément au Calendrier national de vaccination, fait savoir la même source.

Cette année, la commémoration de la semaine de vaccination revêt une signification particulière car elle coïncide avec le 50e anniversaire du Programme élargi de lavaccination lancé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s’agit, en effet, d’une occasion pour célébrer les succès et les progrès réalisés en santé publique grâce à la vaccination, mettant l’accent ainsi sur son impact positif sur la préservation des vies et la prévention des maladies évitables.

Grâce à la sollicitude du Roi Mohammed VI et à l’implication effective de la Princesse Lalla Meryem, le Maroc s’engage à offrir à ses enfants un accès à douze vaccins sûrs, efficaces et de bonne qualité, gratuitement au niveau des centres de santé. Ces vaccins sont administrés selon un calendrier national qui suit les recommandations de l’OMS ainsi que celles du Comité national technique et scientifique consultatif de vaccination, explique le ministère.

Aussi, cet évènement représente une opportunité de mobilisation de toutes les parties prenantes, à savoir, les professionnels de santé, les partenaires et les relais institutionnels et communautaires. À cet effet, le ministère de la Santé, en partenariat avec l’UNICEF, a préparé un ensemble de supports de communication, qui seront lancés au niveau national et régional, afin que les messages de sensibilisation puissent toucher la population cible et atteindre les objectifs escomptés, précise-t-on de même source.

Après la forte baisse du taux de couverture vaccinale, vaste campagne de vaccination contre la rougeole

La Direction de la population, relevant du ministère de la Santé, a lancé une campagne de vaccination contre la rougeole, en novembre 2023, pour circonscrire la propagation de cette maladie infectieuse particulièrement contagieuse.

Selon une source du ministère de la Santé, des campagnes de vaccination de masse ont été lancées dans les écoles, les centres de santé et à travers des unités mobiles dans les zones difficiles d’accès, pour vacciner les enfants non ou incomplètement vaccinés. Et ce, jusqu’à atteindre un taux de couverture vaccinale satisfaisant.

Des séances de vaccination de rattrapage ont également été prévues pour intégrer ceux qui ont été omis par les campagnes régulières, avec l’objectif d’éradiquer les foyers d’infection.

À fin mars 2024, cette initiative a permis l’administration de plus de 71.500 doses :

– plus de 37.768 de doses de vaccins à des enfants de 18 à 60 mois ;

– plus de 13.500 doses à des enfants de moins de 18 mois ;

– plus de 6.400 doses à des enfants de plus de 60 mois ;

– plus de 14.700 doses à des enfants en première année scolaire.

« Cette campagne de vaccination a pour objectif de contrer le risque de baisse d »immunité collective à la suite du recul du niveau de vaccination constaté », nous explique le Dr Said Afif, pédiatre et président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM).

Un taux de couverture vaccinal de 75% en 2023

Effectivement, le taux de couverture vaccinale en 2023 n’est que de 75% (et 77% pour les premières doses), tandis qu’en 2016, il atteignait 97% (et 100% pour les premières doses).

La baisse du taux de couverture vaccinale a été constatée à partir de 2020. « La vaccination a été impactée et perturbée par la pandémie du Covid », explique le Dr Afif. Durant cette période, plusieurs parents n’ont pas pu vacciner leurs enfants en raison du confinement.

Un cas peut contaminer jusqu’à 18 personnes

Le Dr Afif rappelle que le taux de couverture exigé pour atteindre l’immunité collective est de 95%, avant d’insister sur l’importance de la vaccination en précisant qu’un cas de rougeole peut contaminer 12 à 18 personnes.

Les enfants de 9 à 18 mois peuvent être vaccinés dans les centres de santé et doivent recevoir deux doses pour être protégés. Le Dr Afif précise que l’âge ne doit pas freiner la vaccination, qui peut être réalisée après 18 mois… et même à l’âge adulte.

Par ailleurs, le ministère de la Santé nous explique que, pour les cas confirmés, « une prise en charge médicale est mise en place, visant à gérer les symptômes et à prévenir les complications ».

« L’isolement des cas confirmés joue un rôle essentiel dans la réduction de la propagation du virus. Une attention particulière est accordée à l’identification et au suivi des contacts des cas confirmés, avec une vaccination rapide lorsque cela est nécessaire », poursuit la même source.

Rappelons qu’une flambée de cas de rougeole a été constatée dans la région de Sous-Massa. Le Dr Afif assure que les autres régions n’ont pas été concernées.