La marque Smart spécialisée dans les véhicules électriques débarque au Maroc

La marque automobile chinoise Smart, spécialisée dans les véhicules électriques, a officialisé son arrivée sur le marché marocain à travers un partenariat stratégique avec le distributeur Auto Nejma, peut-on lire dans un communiqué.

Il s’agit du 38e marché mondial pour la marque chinoise et du deuxième en Afrique du Nord après l’Égypte.

Selon Smart, son arrivée s’inscrit parfaitement dans la philosophie de développement durable du pays. La marque, avec ses produits haut de gamme, répond avec précision à la demande locale croissante pour une mobilité respectueuse de l’environnement.

« Nous sommes très honorés d’introduire la marque Smart et d’apporter la philosophie de design et la technologie innovante de Smart aux consommateurs marocains. Ce qui est particulièrement enthousiasmant, c’est que d’ici à 2027, nous établirons un réseau de showrooms exclusifs dans six grandes villes : Casablanca, Rabat, Agadir, Marrakech, Tanger et Fès. Actuellement, les consommateurs marocains sont de plus en plus attirés par des modèles qui peuvent à la fois souligner un style de vie urbain et incarner une philosophie respectueuse de l’environnement, et c’est précisément là l’essence de la marque Smart », déclare Adil Bennani, directeur général d’Auto Nejma.

Hydrogène, batteries et véhicules électriques : le Maroc pose les jalons de sa mobilité verte

La 1re édition du Green Impact Expo & Summit (GIES 2025) s’est ouverte le mardi 11 février à Casablanca, réunissant acteurs publics et privés autour de solutions innovantes pour une mobilité durable. Lors de cet événement, le ministre de l’Industrie et du commerce a mis en avant la stratégie marocaine dans ce secteur, soulignant les opportunités économiques et les avancées industrielles du pays.

Selon Ryad Mezzour, le Maroc voit dans la mobilité durable une véritable opportunité économique. « C’est une opportunité où l’on est bons, on a des atouts, on a des choses à vendre ». Le pays bénéficie en effet d’une industrie automobile compétitive qui doit impérativement s’adapter aux exigences du marché international, notamment avec la transition vers le tout-électrique prévue en Europe à partir de 2035.

Le ministre a insisté sur la nécessité pour le Maroc d’intégrer la chaîne de valeur des batteries électriques afin de préserver les 250.000 à 260.000 emplois du secteur, et de maintenir sa position de premier exportateur national, avec un chiffre d’affaires de 150 MMDH.

« Si l’on ne bascule pas, si on n’intègre pas cette chaîne de valeur, on risque de perdre notre premier secteur exportateur », a-t-il averti.

Premiers succès dans la production de batteries

Ryad Mezzour a également annoncé une avancée significative : « Depuis trois semaines, le premier élément de la batterie électrique – la pré-cathode – a été produit au Maroc ». Ce développement marque une étape clé vers l’intégration complète de la production des batteries sur le territoire national.

Le Maroc ambitionne de devenir l’un des rares pays au monde à produire l’ensemble des composants d’une batterie électrique – cathode, anode, séparateur, électrolyte, cellule, module – ainsi que les véhicules électriques. « Ce ne sera pas pour dans dix ans ou vingt ans, c’est pour l’année prochaine, et cela a déjà commencé », a affirmé le ministre.

Le Maroc vise une transformation majeure de son industrie d’ici 2030-2032, avec une projection de triplement des exportations. « Si nous réussissons ce pari, nos exportations seront multipliées par trois, notre valeur ajoutée également, et nos emplois devront au moins doubler », a-il précisé.

Avec cette dynamique, le Maroc pourrait devenir le seul pays de la région euro-africaine capable de produire un véhicule électrique « de la mine à la voiture », exploitant ses ressources naturelles comme le phosphate et le cobalt pour alimenter son industrie automobile.

Ryad Mezzour a exhorté les chefs d’entreprises à s’engager dans cette transformation. « Ce que nous faisons est enthousiasmant et transformatif, mais nous avons besoin de vous ».

Avec cette vision, le Maroc entend consolider son rôle dans l’industrie mondiale de la mobilité durable et renforcer son attractivité pour les investisseurs internationaux.

 

L’intervention du président de la CGEM a également marqué cet événement. Il a souligné l’importance des initiatives visant à sensibiliser les acteurs économiques aux enjeux et aux opportunités de la mobilité durable. Selon lui, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc est devenu l’un des pays les plus avancés en matière de neutralité carbone. Il a rappelé que le pays figure régulièrement dans le top 10 mondial des indices de performance climatique et s’est doté d’une stratégie nationale bas carbone ambitieuse à l’horizon 2050.

Chakib Alj a mis en avant les investissements massifs du Maroc dans l’éolien et le solaire, permettant d’atteindre une part de 44% d’énergies renouvelables dans la capacité installée, avec un objectif de 52% bien avant 2030. Ces efforts ont conduit à une réduction d’environ 4,5 millions de tonnes de CO2 en 2022, soit l’équivalent des émissions annuelles de 1,5 million de voitures thermiques.

Il a également insisté sur la nécessité d’une transition vers une mobilité propre, rappelant que le transport représente 20% des émissions de gaz à effet de serre au Maroc. Il a salué le succès des tramways de Casablanca et de Rabat-Salé et évoqué les projets en cours, notamment le remplacement de 30% des véhicules de l’administration par des modèles électriques d’ici 2030 et l’expansion de la flotte de bus électriques.

Par ailleurs, le patron des patrons a souligné l’importance des incitations fiscales et du déploiement de bornes de recharge pour favoriser l’adoption des voitures électriques. Il a également soulevé le problème de la congestion du trafic, et l’importance de la digitalisation et des nouvelles technologies,comme l’intelligence artificielle appliquée à la gestion du trafic, pouvant réduire la congestion de 30%.

En matière de transport ferroviaire, Chakib Alj a salué la réussite de la ligne à grande vitesse Al Boraq et évoqué les projets d’extension vers Marrakech et Agadir, ainsi que le développement du réseau express régional entre Kénitra et le Grand Casablanca. Il a insisté sur le fait que ces infrastructures seront déterminantes pour la Coupe du monde 2030, qui générera des flux de déplacement exceptionnels.

Il a enfin mis en avant les opportunités économiques liées à la mobilité durable, notamment la position du Maroc parmi les six premiers pays promoteurs de l’hydrogène vert. Selon lui, le développement de l’hydrogène et des batteries pourrait transformer l’économie marocaine, renforcer ses exportations et accélérer la convertibilité du dirham. Il a conclu en appelant à une mobilisation collective pour faire du Maroc un leader mondial de la mobilité durable.

Les acquéreurs de voitures premium en 2025 : portrait d’une clientèle en mutation

Le rapport Affinityx pour l’année 2025 compile une série de conversations des clients sur les concessions de voitures de luxe. Le document présente les perceptions de l’expérience client, notamment sur l’expérience dans le showroom, la courtoisie, la qualité des produits, le professionnalisme et le service client. Une sorte de portrait d’une clientèle de voitures premium afin d’améliorer le parcours d’achat.

Les attentes de la clientèle premium

L’analyse des sentiments des acheteurs dans les avis révèle une prédominance des avis favorables “à hauteur de 59%”. Mais que recherchent les clients ? Le rapport révèle qu’ils sont à la recherche d’une expérience d’achat transparente et honnête, qu’ils ont besoin de conseils experts et personnalisés. L’acheteur s’attend à un service clientèle exceptionnel, à des processus simples et rapides, que ce soit pour le test de conduite, le financement ou la livraison du véhicule. Les services après-vente, tels que l’entretien, les réparations et le support technique, sont primordiaux dans l’expérience client globale.

Les points négatifs

Le document détaille certains points qui méritent d’être améliorés : un professionnalisme qui n’est pas optimal, la courtoisie qui présente des lacunes, le bilan du service client qui est mitigé et le service commercial qui aurait besoin d’être stimulé. D’après les consommateurs, le service après-vente est la bête noire du segment. Toutefois, l’expérience dans les showrooms est applaudie.

Et les tendances du marché ?

Le segment premium ou luxe représente seulement 6% des ventes automobiles au Maroc, et presque le double en valeur. Il s’agit là d’un segment des plus lucratifs du secteur. Les tendances clés de ce marché démontrent qu’il existe une transition vers l’électrique avec une forte demande pour les modèles hybrides et électriques. Les clients recherchent des véhicules équipés de systèmes avancés comme l’intelligence artificielle, la conduite semi-autonome, l’intégration smartphone, etc. Ils sont en demande d’une expérience utilisateur haut de gamme et sont plus sensibles à l’utilisation de matériaux recyclés et aux initiatives écologiques des constructions. Et qui dit premium dit attente d’une personnalisation poussée. Les clients ont besoin d’options uniques en matière de design, de motorisation et de finition intérieure.

Si les tendances actuelles montrent une montée en puissance de l’électrique, des technologies avancées et de l’expérience client, la quête d’un équilibre entre performance, luxe et responsabilité environnementale reste un défi majeur pour les constructeurs. Mais une chose est sûre : le luxe automobile n’a pas fini de se réinventer.

Barid Al-Maghrib déploie une flotte de 190 cyclomoteurs électriques pour une distribution « écoresponsable »

Cette initiative s’inscrit dans les efforts continus du groupe pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et promouvoir une modernisation durable du secteur postal marocain, explique un communiqué de Barid Al-Maghrib.

Un premier lot de 190 cyclomoteurs électriques a été déployé pour la distribution du courrier/colis dans sept grandes villes du Royaume : Laâyoune, Agadir, Marrakech, Fès, Casablanca, Tanger et Rabat. Selon Barid Al-Maghrib, un second lot, composé de 250 unités supplémentaires, est prévu d’ici fin décembre 2024. À l’horizon 2025, ce sont plus de 650 cyclomoteurs électriques qui sillonneront les différentes régions du Maroc.

Ces cyclomoteurs, offrant une autonomie de 80 à 100 km, répondent parfaitement aux exigences techniques de la distribution quotidienne. Ils représentent une avancée majeure pour une gestion plus écologique des livraisons du dernier kilomètre, ajoute la même source.

Cette initiative prolonge les actions déjà entreprises par Barid Al-Maghrib, notamment l’intégration de 225 véhicules électriques dans sa flotte dès 2022.

Automobile. La norme Euro 6b chamboule le marché du neuf

Hausse des prix des véhicules, migration vers le marché de l’occasion et petits arrangements entre les autorités de tutelle et les distributeurs automobiles sont les principales implications de l’entrée en vigueur de la norme Euro 6b sur le marché national.

Dépollution

Tout a commencé en 2021 quand les autorités nationales ont adopté cette norme afin de s’aligner sur les standards européens en termes d’émission de gaz d’échappements divers. La mise en place de la norme a ainsi fait l’objet d’un arrêté du ministère avec une mise en œuvre prévue le 1er janvier 2024.

Entre-temps, les importateurs devaient liquider leurs stocks de véhicules de particuliers et les utilitaires légers qui ne répondaient pas à la norme. Toutefois, arrivés à échéance, les stocks n’étaient pas encore résorbés.

Selon une source professionnelle, les importations de véhicules ne répondant pas à la norme n’ont, de fait, pas cessé durant la période de moratoires. Et ce pour plusieurs raisons, notamment le gap entre les délais de commandes et ceux de livraison. L’autre point évoqué est celui de la différence de prix entre les véhicules qui ne répondent pas à cette norme et ceux conformes à la nouvelle norme. Les professionnels contactés parlent d’une différence de 8% à 10% en moyenne, alors que les prix des véhicules ont crû de plus de 20% après le Covid. Cette différence a fait que la demande pour les véhicules Euro 4 s’est maintenue et que les stocks ne se sont que faiblement résorbés.

Un accord avait été trouvé entre les autorités et les distributeurs automobiles pour prolonger le moratoire jusqu’au 1er juillet 2024 afin de résorber les stocks. Une fois la date butoir dépassée, les véhicules ne répondant pas à la norme Euro 6b ne pourraient être immatriculés. Selon une de nos sources, les opérateurs n’ont pas liquidé leurs stocks à ce jour, mais ils ont eu l’autorisation d’immatriculer tous les véhicules concernés avant même la vente au client final.

Les prix flambent

Une accommodation qui a donc permis de respecter les délais tout en continuant à vendre des véhicules de norme antérieure à Euro 6b. Pour ce faire, les autorités ont préalablement demandé un recensement exhaustif de tous les véhicules en stock afin de les identifier et de permettre leur immatriculation. « Ils vont être considérés comme des voitures d’occasion et vendus en tant que tels ou utilisés dans les flottes des concessionnaires. Il s’agit toutefois d’un nombre assez limité de véhicules », insiste une de nos sources.

Une autre conséquence, selon une autre source, est que tous les concessionnaires ont dû abandonner un à deux modèles de leur catalogue, car les constructeurs ont tout simplement sacrifié certains modèles essentiellement destinés aux marchés émergents d’Afrique ou d’Amérique Latine. Ce qui fait que le marché du neuf s’est déplacé de plus en plus vers du premium. Une tendance de fond qui devrait s’accentuer avec la multiplication des modèles de véhicules à énergies alternatives (hybrides ou électriques).

La problématique du prix des nouveaux véhicules a aussi eu une autre répercussion : celle de l’orientation du marché vers les voitures d’occasion ces dernières années. Une dynamique qui devrait reprendre de plus belle avec la conjoncture actuelle. Ainsi, selon les statistiques de l’Aivam, reprises de la Narsa et des douanes, l’importation de véhicules d’occasion s’est située à 12.690 unités en 2023 contre 11.486 en 2022. Soit une hausse de 10% d’une année à l’autre.

Les ventes de véhicules d’occasion (particuliers et utilitaires légers) ont, elles, concerné 565.619 unités en 2023 contre 624.819 en 2022, soit en baisse de 9,5% sur l’année. En 2019, avant l’augmentation massive des prix des véhicules aussi bien neufs que d’occasion, le marché du second hand enregistrait des ventes annuelles de 540.597 unités, alors que le marché du neuf réussissait à écouler 183.956 véhicules pour la même année. À partir de ces chiffres, on peut déduire une reprise beaucoup plus importante du marché de l’occasion en comparaison avec le neuf.

L’occasion et l’électrique low cost pour redémarrer le marché

Une dynamique qui devrait se maintenir puisque quasiment tous les concessionnaires ont créé une offre dédiée à ce segment, avec des marques spécifiques et des points de vente consacrés. Toutefois tous les professionnels contactés ne sont pas unanimes. « Les goulots d’étranglement qui agissent sur l’offre du marché de première main sont les mêmes qui sont présents sur le marché de l’occasion. Les importations sont assez faibles comparées à la demande, et ceux qui achètent des voitures neuves au Maroc devront bien les vendre à un prix qui reflète la valeur de l’achat du neuf », affirme l’un d’eux.

Pour beaucoup de professionnels, il faut s’attendre à un rush de voiture électriques ou hybrides de constructeurs non européens, beaucoup plus compétitifs. En effet, la plupart de l’offre existante aujourd’hui se positionne sur le premium avec des modèles qui se situent entre 350.000 DH et 800.000 DH pour des citadines ou des berlines milieu de gamme, les plaçant de fait dans le segment premium. Des montants très importants qui pourraient être bousculés par des modèles beaucoup plus accessibles, notamment de certains constructeurs chinois.

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Véhicules électriques : 3 MMDH pour le lancement d’un projet pionnier de production de cathodes à Tanger

La cérémonie de signature de la convention d’investissement du projet stratégique de la société BTR New Material Group s’est tenue à Rabat ce vendredi 29 mars, présidée par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch. Le projet porte sur la construction d’une unité de production de cathodes, un composant essentiel de la batterie des véhicules électriques, pour un montant d’investissement de 3 milliards de dirhams et la création de plus de 2.500 emplois.

Ce projet d’envergure, premier dans l’écosystème des batteries électriques au Maroc pour lequel une convention est signée, prévoit l’implantation d’une usine d’une capacité de 50.000 tonnes par an au sein de la Cité Mohammed VI Tanger Tech.

Développée en deux phases sur une superficie de 15 hectares, la mise en exploitation de la première phase d’une capacité de 25.000 tonnes est prévue dès septembre 2026.

Le projet, dont les travaux ont d’ores et déjà démarré, est porté par le groupe chinois BTR, un des leaders mondiaux de la fabrication de composants pour batteries électriques. Il compte parmi ses clients les principaux fabricants de batteries électriques tels que BYD, CATL, Volkswagen ou encore Tesla.

« Sous le Leadership de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, le Maroc est devenu un leader régional incontournable de l’industrie automobile. Le choix du Royaume pour la réalisation de ce projet traduit la confiance renouvelée des investisseurs internationaux pour la destination Maroc et particulièrement pour l’automobile, à un moment charnière où le secteur connaît une profonde transformation au niveau mondial avec la transition vers le véhicule électrique », souligne le communiqué officiel.

Ce projet marque également « une avancée majeure dans la stratégie de développement du Groupe BTR à l’international et témoigne de la qualité des relations de coopération et d’amitié entre le Royaume du Maroc et la République Populaire de Chine », note la même source.

« Plusieurs projets d’envergure dans la mobilité électrique »

M. Jazouli, ministre de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, a souligné à cette occasion : « Cet investissement dans le secteur de la mobilité électrique n’est pas isolé, il est le premier de plusieurs projets d’envergure à venir, positionnant ainsi le Royaume comme un pôle attractif pour l’industrie des batteries pour véhicules électriques et un acteur incontournable dans la production de composants vitaux pour l’avenir du secteur. Le Maroc est résolu, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à consolider sa place de hub continental et régional dans l’industrie automobile, en jouant un rôle central dans cette révolution de la mobilité verte », ajoute le ministre Jazouli.

La convention d’investissement a été signée par le président de BTR Raw Materials, YouYan Huang ; par la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah ; par le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri ; par le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour ; et par le ministre-délégué auprès du chef du gouvernement, chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Mohcine Jazouli ; en présence de l’ambassadeur de la République Populaire de Chine au Maroc, Changlin Li ; du président de BTR Group, Xueqin He ; et du directeur général de l’AMDIE, Ali Seddiki.

Écosystème de batteries de véhicules électriques : la structuration de la chaîne de valeur fait défaut

Les organisateurs du Forum international de la chimie, qui se déroule les 17 et 18 mai à Rabat, ont programmé plusieurs panels, dont un relatif à un sujet capital pour l’économie nationale : la construction d’un écosystème idoine, dédié aux batteries à haute performance au Maroc.

Alors que le Royaume joue pleinement sa partition sur l’échiquier mondial de l’industrie automobile, il compte également faire sa place dans la filière d’avenir de la production de véhicules électriques, et celle des voitures à hydrogène vert. La programmation du panel précité, lors du forum international, est d’autant plus pertinente que la batterie représente, à elle seule, entre 30% et 40% du coût des véhicules électriques.

Un chantier prioritaire mais exigeant

Intissar Benzakour, directrice scientifique du groupe Managem, est formelle : la construction de l’écosystème de production de batteries à haute performance passe par la structuration de l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’approvisionnement en matières premières jusqu’au recyclage.

La responsable au sein de l’entreprise cotée, qui a alerté sur les barrières technologiques élevées dans le domaine de la production de batteries, a mentionné la centralité de la recherche et développement pour les différents niveaux de la chaîne de valeur écosystémique. « L’édification de l’écosystème de batteries à haute performance nécessitera des efforts considérables en termes d’innovation, de recherche et développement et d’investissement », a expliqué la lauréate de l’Ecole nationale de l’industrie minérale de Rabat.

A ce niveau, il importe de préciser que le dernier rapport de l’AIEA a révélé que pour que 100% des véhicules dans le monde puissent rouler à l’électricité ou à l’hydrogène, il faudrait que la capacité actuelle de fabrication des batteries soit multipliée par 88. C’est dire si la marge de croissance et de progression de cette filière, dominée par la Chine, est considérable. Le géant asiatique assure 65% de la production mondiale de batteries en lithium, utilisatrices de cobalt et dont le Royaume est un producteur de référence, en plus de détenir d’autres matières premières utiles pour la production de batteries (phosphates, fluore, graphite, etc.). De l’avis des spécialistes, le cobalt marocain est le plus pur au monde. D’ailleurs, BMW et Renault ont signé des accords avec Managem afin d’assurer leur approvisionnement en la matière.

« Avec les réserves connues de lithium, il est possible de construire plus de 2 milliards de véhicules électriques de plus. En revanche, le même niveau d’abondance de réserves des autres métaux entrant dans la fabrication des batteries est moins certain », a indiqué Rachid Yazami, expert réputé mondialement dans le domaine des batteries en lithium, et président du Conseil scientifique de l’Université privée de Fès (UPF).

Pour des raisons d’efficacité, de cohérence et de mutualisation des ressources, Rachid Yazami et Intissar Benzakour estiment que l’Etat a un rôle fédérateur crucial à jouer – en fixant le cap et les objectifs – dans l’émergence de l’écosystème susmentionné. L’inventeur marocain a lancé un appel urgent. « Il faut y aller maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, le Maroc dispose d’une technologie permettant de recharger les batteries en moins de dix minutes. Notre pays a la capacité d’exporter des véhicules électriques, accompagnés de leur système de recharge », a alerté le scientifique.

Une taille critique avérée

« Le Maroc produit autour de 700.000 véhicules par an, avec une part de 90% dédiée à l’export, notamment le marché européen d’où seront bannies, dès 2035, les voitures à moteur thermique. Donc le sujet de la batterie est un enjeu de taille pour le Maroc. Et ce, eu égard au chiffre d’affaires généré par les exportations de véhicules (plus de 10 MM d’euros en 2022 et 12 MM d’euros projetés en 2023) », a assuré Mohamed Bachiri, président de la Commission Innovation et développement industriel de la CGEM et directeur de Renault Maroc.

Le membre influent du patronat marocain recommande de lancer progressivement l’écosystème de la batterie, tout en suggérant un inventaire national des ressources minières dites « critiques », plus particulièrement celles entrant dans la production de batteries dédiées aux voitures propres. Selon le patron de Renault Maroc, cette mesure permettrait à l’industrie de la chimie (située en amont de la production de batteries) de se positionner sur ces matières premières.

« En 2030, entre 4 et 5 millions de véhicules électriques seront vendus en Europe ; ce qui suppose un essor conséquent de l’écosystème de la batterie, en l’occurrence la production d’énergie verte, les bornes de recharge, les panneaux solaires, etc. », a souligné l’industriel.

Bachiri a évoqué plusieurs leviers de nature à faciliter la construction de l’écosystème de la batterie haute performance au Maroc. Il s’agit, entre autres, du développement du savoir-faire local via des alliances avec des partenaires étrangers, de la souveraineté au niveau des matières premières, de l’essor des énergies renouvelables, du développement des capacités de stockage d’énergies vertes et de recyclage des matières premières dangereuses (cobalt). En guise de conclusion, l’ancien directeur général de la Somaca a indiqué que le Maroc avait la taille critique pour disposer d’une gigafactory spécialisée dans la production – en très gros volume – de batteries pour voitures électriques et autres dispositifs.