Viande rouge : malgré les conditions climatiques favorables, les prix restent au-dessus des 100 DH/kg

Après plusieurs années de sécheresse sévère, le retour des pluies et des pâturages constitue un soulagement majeur pour les éleveurs. Mais cette situation ne semble pas impacter les prix des viandes rouges, toujours au-delà de 100 DH chez le boucher.

« La situation des éleveurs est impeccable »

Invité de l’émission Le 12/13 de Médias24 le mercredi 21 janvier, Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), a résumé la situation des éleveurs comme suit : « il y a de l’eau, il y a du pâturage, les éleveurs vont très bien aujourd’hui, la situation est impeccable ».

Selon lui, la décision prise l’année dernière d’annuler le rituel de l’abattage à l’occasion de Aïd al-Adha a été déterminante. « C’était une excellente décision. Elle a permis de rompre avec sept années consécutives de sécheresse. On a arrêté de dépeupler et on a pu repartir sur de bonnes bases », nous a-t-il expliqué lors de l’émission.

Cette pause a également permis d’alléger la pression financière sur les éleveurs, lourdement affectés ces dernières années par l’achat massif d’aliments composés importés. « Aujourd’hui, grâce aux pâturages, ils sont sauvés pendant quelques mois », a-t-il ajouté.

Rachid Benali regrette toutefois que cette situation ne fasse pas baisser les prix de la viande rouge au niveau des bouchers, d’autant que la majorité des indicateurs sont au vert.

Des prix à la production bas… mais une viande chère pour le consommateur

En effet, cette amélioration de l’offre aurait dû, logiquement, se traduire par une détente des prix. Mais, sur le terrain, la réalité est tout autre. « Nous avons eu de la viande à moins de 100 DH, aussi bien ovine que bovine, pendant plusieurs années », a rappelé le président de la Comader. « Aujourd’hui, malgré le repeuplement et un cheptel de plus de 30 millions de têtes, les prix continuent d’augmenter ».

Selon lui, « le prix sortie ferme de la viande rouge est pourtant très bas. Le kilogramme de viande vive se situe entre 40 et 45 DH, ce qui devrait donner un prix de viande nette compris entre 75 et 80 DH/kg. Avant, cette viande était vendue à 85 ou 90 DH sur le marché. Aujourd’hui, on la trouve à 100 DH, voire plus. C’est un phénomène que même nous, agriculteurs, ne comprenons pas », reconnaît-il.

Contacté par nos soins, le secrétaire général des commerçants du marché de gros de Casablanca confirme que les prix sont globalement stables depuis un certain temps, notamment grâce à l’importation du Brésil et de l’Uruguay.

« Au niveau des abattoirs, les prix varient entre 70 et 92 DH/kg pour la viande bovine. Dans le détail, les prix sont autour de 70 DH pour les viandes importées du Brésil et d’Uruguay, tandis que les viandes locale et espagnole se positionnent dans les segments les plus élevés, et se vendent donc à des prix plus élevés ».

Mais « une fois arrivée chez le consommateur final, la viande est affichée entre 110 et 120 DH/kg. Des marges de plus de 15 DH/ kg sont donc appliquées par les bouchers ».

Le prix de la viande ovine avoisine pour sa part les 115 DH/ kg au niveau des abattoirs. En y ajoutant une marge minimale de 10 DH/kg chez les bouchers, elle revient à au moins 125 DH/kg pour le consommateur.

Spéculation, intermédiaires et désorganisation du marché

Ainsi, malgré les mesures mises en place et l’amélioration de la production, les niveaux élevés des prix perdurent depuis près de deux ans. Une situation jugée incompréhensible, y compris par les éleveurs eux-mêmes.

En effet, les résultats du recensement national du cheptel, dévoilés en août 2025, ont démontré que le cheptel national s’établissait à plus de 32,8 millions de têtes, traduisant une augmentation globale. La situation n’a cessé de s’améliorer depuis. Rachid Benali la juge même « excellente » pour ce qui est des ovins.

En revanche, en ce qui concerne les bovins et les camelins, une baisse a été enregistrée lors du recensement. Pour les bovins, le cheptel s’établissait à 2 millions de têtes, alors que la moyenne habituelle se situe entre 3 et 3,2 millions. Une situation qui s’explique par la durée plus longue du cycle de reproduction. « Le bovin, ce n’est pas comme l’ovin », a souligné notre interlocuteur. « La gestation est plus lente, ce qui fait que la reconstitution prendra beaucoup plus de temps ».

Pour les professionnels du secteur joints par nos soins, les causes de la persistance des prix élevés sont connues et récurrentes. « Cette situation est notamment due à la multiplication des intermédiaires, à la spéculation et à la désorganisation du circuit de commercialisation », nous explique-t-on. « Le bétail est souvent vendu plusieurs fois avant d’atteindre le marché de gros, ce qui gonfle artificiellement les prix. Les marges appliquées sont élevées, malgré des prix faibles à la ferme ».

À cela s’ajoute « le manque d’organisation structurelle des marchés de gros ». L’absence de certificats de naissance et de décès du bétail et le manque de réglementation claire encadrant l’ensemble du circuit sont autant de failles qui alimentent la spéculation.

Concernant les ovins, l’abondance est bien réelle, mais les éleveurs préfèrent actuellement conserver leur cheptel en prévision de Aïd al-Adha. « Les éleveurs gardent leurs bêtes pour bénéficier du soutien ministériel et des bonnes conditions climatiques qui ont réduit les coûts de l’élevage et anticipent ainsi de meilleurs profits », nous fait savoir l’un de nos interlocuteurs.

Une situation anormale qui appelle des mesures urgentes

En définitive, la persistance des prix élevés de la viande rouge, malgré un contexte agricole favorable et des mesures publiques ambitieuses, révèle un dysfonctionnement profond du marché.

Une situation jugée anormale, qui pénalise directement le consommateur final sans pour autant bénéficier pleinement aux éleveurs.

Pour les professionnels, une réforme structurelle du circuit de commercialisation, une meilleure organisation des marchés de gros et un encadrement strict des intermédiaires s’imposent désormais comme des priorités. À défaut, les efforts consentis pour la reconstitution du cheptel risquent de ne jamais se traduire par une véritable stabilisation des prix.

Près de 330.000 têtes d’ovins et de bovins importées en 2025 (El Bouari)

Afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement normal des marchés en viandes rouges et en lait, le ministère de l’Agriculture a mis en place plusieurs mesures. Parmi celles-ci figure l’importation du bétail et de la viande rouge, mais aussi des vaches laitières.

Lors d’une réunion de la commission des secteurs sociaux tenue ce mercredi 18 juin, Ahmed El Bouari a fait le point sur les principales réalisations dans ces deux secteurs.

Près de 2.000 tonnes de viandes rouges importées en 2025

En ce qui concerne celui de la viande rouge, Ahmed Bouari a fait savoir que 91.000 têtes de bovins ont été importées en 2025, ainsi que 238.000 têtes d’ovins et 1.976 tonnes de viande et d’abats.

Ces importations ont été réalisées grâce à la suspension des droits d’importation et de la TVA appliqués à l’importation des animaux, mais aussi à l’importation de la viande rouge ; des mesures visant à garantir un approvisionnement normal du marché local et à freiner la hausse des prix.

Afin de préserver le cheptel, le ministère a également interdit l’abattage des femelles bovines et ovines destinées à la reproduction, à travers une opération conjointe avec le ministère de l’Intérieur.

Plus de 22.800 vaches laitières importées au 12 mai 2025

S’agissant de la filière laitière, le ministre de l’Agriculture a annoncé que, depuis le début de l’année 2024 au 12 juin 2025, 22.818 vaches laitières ont été importées par le Royaume. 

Ces importations interviennent dans le cadre du contrat-programme signé entre la Fédération interprofessionnelle de la filière laitière (Maroc Lait) et l’État, visant à augmenter la production nationale à 3,5 milliards de litres de lait à l’horizon 2030.

Les importations de ces génisses font l’objet d’une subvention, fixée à 6.000 DH par tête, dans la limite de 60.000 têtes.

Outre ces subventions, d’autres mesures incitatives sont également mises en place par le ministère de tutelle pour intensifier la production animale et reconstituer le cheptel laitier durant la période 2024-2026. Elles consistent notamment en :

– Le soutien à la production de vaches laitières issues de races pures sélectionnées, avec une subvention fixée à 4.000 DH par tête, dans la limite de 80.000 têtes.

– La préparation du projet de décret fixant les conditions et modalités d’octroi de la subvention de l’État pour l’importation de jeunes génisses de races pures destinées à la production laitière, à hauteur de 4.000 DH par tête, valable jusqu’au 31 décembre 2027. Ce texte est en cours de publication au Bulletin officiel.

– La préparation du projet de décret fixant les conditions et modalités d’octroi de la subvention de l’État pour l’achat de génisses produites localement, avec réduction de l’âge des génisses à 16 mois. Ce texte est également en cours de publication au BO.

Viandes rouges et subventions : entre flou, surenchères politiques et soupçons de spéculation

« Dix-huit acteurs du secteur de la viande rouge ont engrangé jusqu’à 13 milliards de centimes (130 MDH), profitant des subventions pour réaliser des marges excessives ».  C’est, en substance, l’information relayée par les deux ministres, Nizar Baraka et Ryad Mezzour.

Lors de meetings politiques ou face aux médias, ils dénoncent « des spéculateurs » ayant tiré profit des mesures instaurées par l’État pour engranger « des marges excessives, jugées abusives et non éthiques ».

Ryad Mezzour explique ces sorties par la nécessité d’agir rapidement sur un secteur qui affecte directement le pouvoir d’achat des Marocains. Interrogé par nos confrères de The Voice, il a affirmé qu’il s’agissait d’une stratégie de dissuasion fondée sur le principe du name and shame.

Autrement dit, une mise en garde aux spéculateurs : « Nous avons révélé votre nombre. Si ces pratiques persistent, nous révélerons vos noms ». Faire pression par la voie politique en attendant que les voies administratives et législatives puissent être enclenchées, affirme le ministre de l’Industrie et du commerce.

La multiplication des déclarations à ce sujet fait enfler la polémique et suscite des questions. La confusion s’installe et les interrogations fusent.

Les dix-huit acteurs dont il est question sont-ils des importateurs ? Des distributeurs ? Des grossistes ? Et ces 130 MDH, s’agit-il du montant des aides publiques ? Des gains générés par les marges non éthiques ? Que représente exactement ce montant ?

Des déclarations politiques floues qui alimentent la confusion

Si l’on s’attelle à décrypter les propos publics, que faut-il retenir ? En résumé, de l’argent public investi pour soutenir le pouvoir d’achat des Marocains a été détourné de son objectif initial par des acteurs de la filière.

Soit les opérateurs en question n’ont pas respecté le cadre de l’opération. Il faudrait alors des enquêtes et des mesures strictes à leur encontre.

Soit le gouvernement a failli dans la conception de la mesure, laissant des failles dans le dispositif.

Dans les deux cas, l’opinion publique a le droit de savoir et d’avoir l’information en toute transparence. Cela commence par l’identité de ces 18 opérateurs accusés de « spéculation ».

Nous avons interpellé des responsables gouvernementaux et des départements ministériels et institutions concernés par le sujet, dont le département de Ryad Mezzour, par qui le sujet a éclaté, et celui de l’Agriculture qui a piloté le dispositif d’aides.

Certains nous répondent brièvement : « cherchez du côté des chevillards ». D’autres préfèrent garder le silence.

Ce que nous savons des mesures destinées au secteur et de leur impact

Médias24 a tenté de reconstituer les données relatives à ces opérations d’importations à partir de sources publiques.

Deux types de mesures ont été adoptées :

En 2024, le dispositif en place visait l’importation de 300.000 têtes pour Aid Al-Adha. Ainsi, pour cette année-là, l’enveloppe de l’aide consentie par le gouvernement pouvait atteindre jusqu’à 150 MDH.

Plusieurs acteurs ont été impliqués dans ce dispositif :

La liste des importateurs éligibles à la subvention

Selon nos recherches, ils étaient plus d’une centaine d’importateurs éligibles à la subvention forfaitaire en 2024.  Une première liste de 67 opérateurs a été publiée sur le site de l’ONICL. Elle a été complétée par une liste additive de 33 opérateurs.

Nous n’avons pas pu reconstituer les listes pour 2023.

Nous ne sommes pas en mesure d’attester que tous les opérateurs figurant dans la liste de 2024 ont effectivement participé à l’opération.

Ce qui est certain, c’est que le nombre des opérateurs éligibles au dispositif d’aide et probablement ayant participé à l’importation est supérieur à 18.

 

Les effectifs importés en 2023 et 2024 selon l’office des changes

Qu’en est-il alors des chiffres d’importations et des montants des aides ?

Pour ce volet et à défaut d’avoir des chiffres précis auprès des institutions concernées, nous nous sommes tournées vers les données publiques de l’office des changes.

Il nous donne une indication sur les effectifs importés en 2023 et 2024 :

*Les données de l’année 2024 sont provisoires et arrêtées à fin septembre 2024. 

Nous savons, sur la base des circulaires consultées, que l’opération d’aide à l’importation en 2024 était autorisée entre le 15 mars et le 15 juin.

Pendant cette période d’importation éligible à la subvention de 500 DH/tête, 519.930 têtes d’ovins ont été importées.

À supposer que toutes les importations faites entre mars et juin 2024 répondaient aux différentes conditions et exigences, on peut estimer la valeur de la subvention en 2024 à 259,9 MDH.

Pour l’année 2023, aucune période spécifique n’était mentionnée dans les documents relatifs à cette opération et consultés par Médias24. Il nous est donc impossible de procéder à une estimation crédible.

L’impact des mesures

L’un des points soulevés par Baraka et Mezzour, ce sont les marges « non éthiques ».

« 18 spéculateurs réalisent des marges excessives, atteignant le double des marges pratiquées sur le marché, soit 40 DH/kg au lieu de 20 DH/ kg, et ce n’est pas normal », a  déploré Ryad Mezzour.

À Nizar Baraka de renchérir : « Ce n’est pas normal parce que l’objectif de cette subvention était de réduire le prix pour le consommateur final, alors que ces importateurs ont préféré en profiter pour améliorer leurs bénéfices. L’ovin importé à 2.000 DH a été vendu à 4.000 DH ».

Quand on analyse les prix de la viande ovine, on remarque que l’impact des mesures est peu perceptible et que les prix restent volatils, oscillant entre hausse et baisse, sans logique apparente.

La vraie baisse des prix est survenue après la décision de l’annulation du rituel du sacrifice pour l’année 2025. Cela dit, une hausse a été remarquée récemment, après les fortes pluies qui ont amélioré les parcours.

Medias24
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En tous les cas, tout porte à croire que les déclarations des ministres concernent le circuit de distribution et de commercialisation. Un circuit complexe, désorganisé et même anarchique.

Ci-dessous, une reconstitution de la chaine de valeur de la filière des viandes rouges publiée par le ministère de l’Agriculture sur son site web.

Elle ne comprend pas l’importation, car le Maroc n’y recourt massivement que ces deux dernières années. Par ailleurs, on y voit que, sur le volet de la commercialisation, il y a environ 700 marchés à bestiaux. C’est à ce stade que se forment les prix. Un projet de mise en place de 12 marchés à bestiaux régionaux a été lancé, sans voir le jour.

Le commerce des animaux vivants au Maroc se fait dans des conditions déplorables dans les souks hebdomadaires ruraux qui ne sont pas équipés, souvent très tôt le matin. De nombreux intermédiaires informels interviennent dans la chaine de commercialisation et exercent une pression sur les prix.

L’étape d’après est celle de l’abattage, qui se déroule dans plus de 180 abattoirs municipaux et près de 700 tueries rurales.

L’État a un programme ambitieux pour moderniser les abattoirs qui est en cours de déploiement. Il a commencé par la région de Rabat qui a été dotée d’un abattoir régional nouvelle génération.

Un secteur en proie à l’anarchie

Il reste donc la grande question : cette subvention publique que le gouvernement a pensée pour soutenir le pouvoir d’achat des Marocains et détendre les prix des moutons et de la viande rouge a-t-elle été détournée par des spéculateurs ?

Si oui, qui sont-ils ? Que compte faire le gouvernement ? Une telle dérive ne peut avoir eu lieu sans une entente préalable entre les opérateurs, puisque les marchés sont censés être des lieux de « formation des prix ».

M. Ryad Mezzour laisse entendre qu’il connait l’identité des 18 « spéculateurs ».

S’il rechigne à la communiquer à l’opinion publique, l’a-t-il transmise aux autorités compétentes pour qu’elles engagent les procédures qui s’imposent et tiennent informée cette opinion publique ?

Viandes rouges : les prix restent élevés malgré l’amélioration de l’offre

Les prix pratiqués chez les bouchers restant relativement élevés, pouvant atteindre 100 à 120 DH/kg dans certains quartiers. Une situation qui interroge sur les marges pratiquées.

Les prix au marché de gros

Selon les chiffres publiés ce mercredi 19 mars par Casa Prestations, les prix de la viande ovine au marché de gros de Casablanca varient entre 60 et 97 DH/kg, contre 60-90 DH/kg la semaine précédente.

Le cheptel initialement destiné à l’abattage pour Aïd al-Adha continue donc d’être réorienté vers les abattoirs. C’est une offre supplémentaire qui vient renforcer le marché et compléter le cheptel importé.

La viande bovine, quant à elle, est restée stable avec un prix de gros oscillant entre 65 et 90 DH/kg. Un opérateur du secteur explique que la viande bovine locale est achetée à près de 80 DH/kg au marché de gros avant d’être revendue entre 90 et 100 DH/kg au consommateur final. « Cela dépend de plusieurs critères, notamment des quartiers et du chiffre d’affaires réalisé par le boucher », précise-t-il.

« En ce qui concerne la viande bovine importée, son prix au marché de gros se situe entre 65 et 70 DH/kg, ce qui en fait une option plus abordable pour les consommateurs », ajoute notre interlocuteur.

Du côté de la viande ovine locale, « les prix oscillent entre 85 et 95 DH/kg au marché de gros, ce qui peut porter le prix final au-delà de 100 DH/kg pour le consommateur », ajoute notre source, soulignant que « les ovins importés restent globalement plus abordables ». Bien que les prix soient élevés, ils restent en deçà de ceux pratiqués avant la décision royale, et qui atteignaient jusqu’à 120 DH/kg.

Des marges injustifiées sur le marché de détail

Malgré ces baisses, les prix affichés chez les bouchers restent élevés, pouvant atteindre 100 DH selon les quartiers. Une tendance qui suscite des interrogations sur les marges appliquées par les professionnels du secteur et les modalités de fixation des prix.

Certains bouchers justifient ces prix par les coûts de fonctionnement, les charges fixes et la variabilité de la demande. Toutefois, d’autres observateurs estiment que de telles marges sont excessives et qu’une meilleure régulation des prix s’impose pour garantir un accès équitable à la viande rouge.

Dans un contexte où le pouvoir d’achat des Marocains est sous pression, l’écart entre les prix du marché de gros et ceux du marché de détail pousse à se poser des questions. Selon nos informations, il s’explique en grande partie par une augmentation des marges pratiquée par les chevillards et les détaillants afin de compenser la baisse de leur clientèle.

Dans un article précédent, des sources bien informées avaient également pointé un système oligopolistique et résistant. « La distribution de la viande est dominée par un petit nombre d’opérateurs possédant les capacités financières et logistiques pour acheter localement ou importer et stocker en grandes quantités. Ces derniers visent donc principalement à rentabiliser leurs opérations », nous avaient-elles confié.

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Depuis le 1er janvier, le Maroc a importé 20.000 têtes de bovins et 106.000 ovins

Depuis quelques jours, des rumeurs circulent dans divers médias concernant la suspension de l’importation des viandes rouges, évoquant des « difficultés techniques » qui seraient liées, entre autres, à l’entreposage.

Interrogée par Médias24, une source autorisée a démenti cette information, précisant que « l’importation des animaux destinés à l’abattage ainsi que de la viande rouge fraîche se poursuit normalement« .

Les opérateurs intéressés par des opérations d’importation peuvent donc continuer leurs démarches comme prévu.

660 tonnes de viande rouge fraîche importées depuis le 1ᵉʳ janvier

Selon nos informations, depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 à ce jour (6 février 2025), 106.000 têtes d’ovins ont été importées, ainsi que 20.000 têtes de bovins. Pour ce qui est de la viande rouge fraîche, 660 tonnes ont été importées depuis le début de l’année en cours.

Rappelons que cette opération d’importation a été mise en place par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix des viandes rouges au niveau national. Celles-ci avaient atteint jusqu’à 120 DH/kg pour la viande bovine et jusqu’à 150 DH/kg pour la viande ovine.

Cette opération a permis de maintenir les prix de la viande bovine aux alentours de 100 DH/kg depuis sa mise en œuvre.

Tomate, viandes, poissons, poulet… Le point sur les prix, l’offre et la demande pendant le Ramadan

À l’approche du mois de Ramadan, la disponibilité et les prix des produits alimentaires suscitent, comme chaque année, de vives préoccupations chez les consommateurs, d’autant plus dans un contexte de baisse significative du pouvoir d’achat.

Jointes par Médias24, différentes sources du marché nous ont livré les niveaux de prix actuels et quelques prévisions pour les semaines à venir. Voici un aperçu des principaux produits de base.

Viandes blanches : une offre en hausse et des prix en baisse

Le président de l’Association nationale des producteurs de viandes de volailles (APV) se montre rassurant quant aux prix et à la disponibilité. « Le poulet de chair ainsi que la dinde seront disponibles en grandes quantités durant le mois sacré », nous confie-t-il.

« L’offre va augmenter davantage », ajoute notre interlocuteur, « notamment pour la dinde, dont les mises en place augmenteront de 50%. Nous sommes passés, durant les mois d’octobre, de novembre et de décembre, à 1,8 million de dindonneaux par mois, contre 1,2 million auparavant. Cette production coïncidera avec le mois de Ramadan, ce qui rassure ainsi quant à la disponibilité ».

« En ce qui concerne le poulet de chair, la production a également augmenté, variant actuellement entre 10,5 et 11 millions par mois, contre 9 millions en septembre dernier », poursuit Mustapha Mountassir.

« La situation sanitaire s’est aussi améliorée, permettant de revenir à des poids normaux de 2,2 kg ou 2,3 kg par poulet. Il faudra toutefois contrôler l’engouement habituel des consommateurs avant ce mois sacré, qui donne lieu à des spéculations ».

Quid des prix ? « Ils ont enregistré une baisse significative en ce mois de janvier », selon une autre source de l’APV jointe par nos soins. « On est actuellement aux alentours de 16 DH/kg, contre 21 à 22 DH/kg en décembre dernier. Il y a donc eu une baisse, qui se poursuivra pendant les prochains jours« .

Par ailleurs, « il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour les viandes blanches », rassure notre source. « Le mois de Ramadan est une période de faible demande, en particulier pour le poulet, la consommation de ce produit essentiel étant principalement portée par les plats rapides et les évènements tels que les mariages et autres célébrations. La pression sur la demande, ayant poussé les prix à la hausse, devrait donc s’atténuer », conclut-elle.

Poisson : disponibilité suffisante et prix stables

Même constat pour les poissons. Contacté par Médias24, un professionnel du secteur nous confie que la disponibilité ne posera pas problème non plus, mais qu’il faudra mettre en place des mécanismes pour éviter que les prix n’explosent à cause de la multiplication des intermédiaires dans le secteur.

« La disponibilité dans ce secteur ne dépend pas uniquement des stocks en mer, mais aussi des plans d’aménagement. Les cultures de pêche peuvent donc être renforcées davantage pour répondre à la demande », nous explique notre interlocuteur.

« Pendant le mois de Ramadan, les consommateurs recherchent des sources de protéines, et la sardine, en particulier, est à la fois la plus abordable et la plus saine. Cela explique l’augmentation de sa consommation ».

« La demande risque d’augmenter davantage cette année par rapport aux années précédentes, notamment à cause de l’explosion des prix des viandes rouges. Pour y répondre, les services concernés par la pêche font un effort sur le plan de la gestion des ressources, afin d’alimenter toutes les villes du Royaume, côtières ou internes ».

« Il n’y aura donc pas de manque durant le mois sacré, d’autant qu’on dispose, au Maroc, de 3.500 km de côtes et d’une flotte de pêche efficace. Et en cas de besoin, les autorités concernées peuvent intervenir pour réduire l’exportation, afin de subvenir d’abord aux besoins internes du Royaume ».

En ce qui concerne les prix pratiqués, notre source nous explique que « des campagnes nationales pour contrôler les prix sont organisées chaque année, afin de les réguler sur le marché. Les prix diffèrent toutefois selon les villes, en fonction de leur proximité des villes côtières. Pour la sardine, par exemple, le prix peut atteindre jusqu’à 30 DH/ kg dans les villes éloignées ».

Cependant, les prix ne risquent pas d’augmenter davantage, « puisque le mois de Ramadan coïncide cette année avec l’hiver. Les faibles températures empêchent la dégradation rapide du poisson, qui est un produit rapidement périssable », conclut notre interlocuteur.

Les maladies et les basses températures impactent la production de la tomate

Concernant les fruits, seule la tomate pourrait poser problème. Interrogés, des opérateurs du secteur expliquent que sa production a été affectée par diverses maladies, des virus et une baisse des températures, entraînant à la fois une diminution de l’offre et une hausse des prix. Ils soulignent également l’écart important entre les prix pratiqués par les producteurs et ceux payés par les consommateurs, une problématique sur laquelle il conviendrait de se pencher.

« Cette année, un problème au niveau des pépinières a entraîné un décalage significatif d’une grande partie de la production », expliquent nos sources.

« Les cultures de la tomate souffrent par ailleurs d’un virus dévastateur qui touche les plantes, ayant entraîné une chute de la production, d’une maladie cryptogamique engendrée par la présence d’un champignon et de la présence de la mineuse de tomate, Tuta Absoluta ».

« Ces problèmes sanitaires ont contraint les agriculteurs à arracher les plantes sur une grande partie des surfaces cultivées. Les commandes de plants sont exceptionnellement élevées pour cette période de l’année, ce qui est anormal. Environ 400 à 500 hectares attendent d’être replantés, une étape qui devrait normalement intervenir en début de campagne », soulignent nos interlocuteurs, ajoutant que « les cultures de tomates font également face à la baisse des températures qui impacte les récoltes ».

En termes de prix, « la tomate nous revient actuellement à 4 DH/kg, et peut être plus pour d’autres agriculteurs. Malheureusement, les prix sur le marché d’Inezgane, principal centre de production de la tomate, sont multipliés par trois. Les consommateurs se retrouvent ainsi à la payer à des prix élevés, ce qui est anormal », déplorent les opérateurs.

« C’est une problématique qu’il faut résoudre par des mécanismes spéciaux à mettre en place. Il s’agit d’une chaîne de valeur, et c’est principalement le producteur qui crée cette valeur. Avec les consommateurs, nous sommes le maillon le plus faible. Les charges de transport et autres doivent donc être calculées par l’État qui devra mettre en place un mécanisme pour éviter aux consommateurs de les supporter ».

« Le gouvernement veut souvent agir sur les exportations pour réguler le marché intérieur, alors qu’il s’agit du principal moyen pour nous d’équilibrer notre activité. C’est plutôt sur cette problématique de prix qu’il faut agir », insistent-ils.

La disponibilité de la tomate, aliment essentiel durant le mois de Ramadan, pourrait donc être limitée, entraînant des prix élevés.

Les prix maintenus pour la viande bovine

Pour ce qui est des viandes rouges, comme expliqué par Médias24 dans un article précédent, les prix des viandes bovines sont à ce stade maintenus, grâce à de nombreuses mesures mises en place par le gouvernement, notamment l’importation de bêtes prêtes à l’abattage et de viandes fraîches prêtes à la consommation.

La situation est plus délicate pour la viande ovine en raison, d’une part, de la baisse du cheptel national et, d’autre part, des prix élevés pratiqués à l’étranger, la viande ovine étant considérée comme une viande de luxe, notamment en Europe.

Les niveaux de prix sont ainsi actuellement aux alentours de 100 DH/ kg pour la viande bovine, contre 120 DH/kg pour la viande ovine.

Rappelons que la situation dans ce secteur s’explique par les trois chocs qu’il subit : le choc de l’offre, celui de la demande et celui lié à Aïd al-Adha.

Le choc de l’offre se traduit par une baisse significative du cheptel national, surtout en ce qui concerne les ovins et les caprins, dont l’effectif abattu a chuté de moitié par rapport à une période normale. Cette situation est notamment due à l’explosion des coûts des aliments composés. Le cheptel subit aussi annuellement le choc de Aïd al-Adha, aggravant le déclin des effectifs reproducteurs. Enfin, le marché de la viande rouge fait face à un choc de la demande, en raison du ralentissement de la consommation. Ces trois facteurs combinés font que les prix des viandes rouges restent élevés.

À cela s’ajoutent la désorganisation du marché et la résistance de certains opérateurs, qui annihilent tous les efforts de l’État dans ce secteur.

Entre sécheresse et résistance des opérateurs, le marché de la viande rouge est dans l’impasse

Malgré les multiples mesures adoptées par l’État, telles que l’importation de bétail vivant et de viande fraîche ainsi que l’exonération des droits de douane et de la TVA sur ces importations, les prix des viandes rouges restent élevés au Maroc.

Pour en comprendre les raisons, Médias24 a interrogé plusieurs acteurs du secteur. Il en ressort que le sujet est complexe et nécessite d’être abordé en plusieurs volets.

Dans le présent article, nous allons d’abord présenter une vue d’ensemble des principales raisons qui impactent le marché de la viande rouge. D’autres articles suivront pour aborder en profondeur chacune des problématiques évoquées.

Un marché face à trois chocs

D’après les différentes sources consultées par nos soins, le marché de la viande rouge fait face à trois principaux chocs, celui de l’offre, celui de la demande et celui lié à Aïd al-Adha. Ce dernier, bien que ponctuel, consomme une part importante du cheptel, l’empêchant ainsi de se reproduire.

Le choc de l’offre se traduit par une baisse significative du cheptel national, surtout en ce qui concerne les ovins et les caprins. Selon nos informations, l’effectif abattu a chuté de moitié par rapport à une période normale, soit avant les crises qu’a connues le secteur et la succession d’années de sécheresse.

Cette situation s’explique par plusieurs facteurs, à leur tête l’explosion des coûts des aliments composés. Malgré les subventions accordées par le ministère de l’Agriculture, ce volet reste problématique.

L’alimentation des animaux repose sur un équilibre entre les productions locales des éleveurs, les fourrages issus des champs et parcours, ainsi que les compléments alimentaires achetés sur le marché. Toutefois, cette dernière étape, qui se limitait autrefois à deux ou trois mois, s’étend désormais sur toute l’année en raison des sécheresses récurrentes. Les éleveurs se retrouvent ainsi contraints de supporter des coûts d’alimentation sur une période prolongée, ce qui alourdit leurs dépenses et les pousse souvent à vendre leur cheptel.

Déjà affaibli, le cheptel subit annuellement le choc de Aïd al-Adha, aggravant le déclin des effectifs reproducteurs. Cette célébration vient prélever une moyenne d’environ 5 millions de têtes chaque année, que le cheptel ne supporte plus. Cette situation se poursuit au moins depuis trois ans, durant lesquels une partie du noyau reproducteur a été retirée du cheptel, l’empêchant de se reconstituer, ce qui explique en partie son état actuel.

D’après nos informations, en 2024, seulement 900.000 têtes de bétail ont été importées de l’étranger, dont plus de la moitié ont été consommées durant l’Aïd. Il ne restait ainsi qu’environ 400.000 têtes après cette opération, un chiffre représentant une part modeste de la consommation nationale.

Par ailleurs, ces deux dernières années, la fête de l’Aïd a coïncidé avec la saison estivale, marquée par le retour des Marocains résidant à l’étranger (MRE) et l’organisation d’événements tels que les mariages, ce qui a encore accentué la pression sur la demande en viande rouge.

Les éleveurs se retrouvent donc dans un cercle vicieux. Le manque d’animaux reproducteurs, combiné aux effets de la sécheresse, retarde le repeuplement du cheptel. Même avec des années pluvieuses, il faudrait plusieurs cycles pour redresser la situation. En conséquence, la pression sur les éleveurs se maintient, limitant leur capacité à répondre à la demande.

D’un autre côté, le marché de la viande rouge fait face à un choc de la demande. Le ralentissement de la consommation s’explique principalement par un pouvoir d’achat en baisse. Depuis 2021, l’inflation cumulée a atteint environ 17%, alors que le salaire moyen du consommateur marocain tourne autour de 4.000 DH. Les produits comme la viande et le lait, élastiques au revenu, sont donc les premiers à être écartés du panier des ménages moyens et modestes.

Ces trois facteurs combinés font que les prix des viandes rouges restent élevés. Mais pourquoi les nombreuses mesures mises en place par l’État ne réussissent-elles pas à les faire baisser ?

Un marché désorganisé face à la résistance des opérateurs

Selon nos différentes sources, l’anarchie dont pâtit le secteur et la résistance de certains opérateurs annihilent tous les efforts de l’État dans ce secteur.

Nos interlocuteurs nous expliquent par ailleurs qu’il est important de faire la différence entre le marché des bovins et celui des ovins et des caprins. Si le gouvernement a réussi à maintenir les prix de la viande bovine au même niveau depuis le mois de novembre dernier, la viande ovine qui représente 20% à 25% de la consommation marocaine continue, elle, de fluctuer et d’augmenter, comme le montre le graphique suivant :

Cela s’explique par le fait que les petits ruminants restent très chers en Europe, où la viande ovine est qualifiée de viande de luxe. L’ouverture de l’importation de cette dernière n’est donc pas une solution.

En ce qui concerne la viande bovine, elle représente entre 77% et 80% de la consommation marocaine. Certes, les mesures mises en place par le gouvernement sont parvenues à maintenir le prix du kilogramme à environ 100 DH, mais les apports en viande fraîche et en bovins destinés à l’abattage restent limités.

En effet, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a déclaré récemment au Parlement qu’environ 167.000 têtes de bovins, 96.000 têtes d’ovins et 1.724 tonnes de viande avaient été importées. Pour la viande, environ 20.000 tonnes étaient ouvertes à l’importation entre novembre et décembre 2024.

Par ailleurs, « les prix pratiqués au niveau des abattoirs oscillent entre 85 et 90 DH/kg, mais ceux pour le consommateur final, notamment à Casablanca, atteignent en moyenne 100 DH/kg », déplorent nos sources, « puisque les chevillards et détaillants augmentent leurs marges pour compenser la perte de clients« .

Nos sources pointent également un système oligopolistique et résistant. « La distribution de la viande est dominée par un petit nombre d’opérateurs possédant les capacités financières et logistiques pour acheter localement ou importer et stocker en grande quantité », nous explique-t-on.

« Ces derniers visent donc principalement à rentabiliser leurs opérations. Lorsqu’ils importent de la viande fraîche, par exemple, une marge d’au moins 10 DH/kg est automatiquement ajoutée au prix initial, sans parler des frais de distribution, de transport et de congélation, ainsi que des pertes, de la casse et des rejets qu’ils prennent en considération dans la fixation de leurs marges ».

« Ces mêmes acteurs résistent également aux efforts de modernisation des circuits de distribution et à l’importation. De plus, les abattoirs municipaux, sous-utilisés, restent dominés par des pratiques traditionnelles, limitant la transparence et l’efficacité », soulignent nos interlocuteurs.

« Certains opérateurs redoutent même de se heurter à cette résistance. L’importation de nombreuses têtes de bétail ou de grandes quantités de viande rouge nécessite des investissements considérables qui pourraient être perdus si un importateur ne se conforme pas aux règles imposées, notamment par les chevillards ».

De plus, de nombreuses transactions dans le secteur échappent aux radars fiscaux et réglementaires. Cette opacité freine toute tentative de structuration et nuit à la stabilité du marché.

Enfin, nos sources déplorent le manque de logistique dédiée à la viande. La capacité frigorifique dont dispose le Royaume est certes grande, mais elle n’est pas détenue par les opérateurs intéressés par la viande.

« On n’a jamais pensé qu’un jour on consommerait, au Maroc, de la viande fraîche importée », nous confie l’une de nos sources. « Les conditions d’importation ne sont donc pas favorables », ajoute-t-elle, soulignant que « nous sommes partis pour une guerre sans armes. Les frigos et les installations dont on dispose sont à la hauteur, mais ils sont destinés à des usages précis, notamment aux fruits et aux légumes exportés partout dans le monde ».

L’on conclut alors que l’une des principales mesures à mettre en place pour réduire la pression sur les prix des viandes rouges est l’encadrement des marges. Fixer des plafonds temporaires sur les marges des différents intermédiaires pourrait contribuer à modérer les prix pour les consommateurs, mais une telle mesure s’avère difficile à mettre en œuvre sur le marché marocain, regrettent nos différentes sources. La crise de la viande rouge au Maroc met ainsi en évidence de profondes failles structurelles.

Viande rouge : entre baisse des prix de gros et stagnation

Au marché de gros de Casablanca, la viande bovine coûtait, le 2 janvier dernier, entre 80 et 89 DH. Contrairement à la viande ovine, le prix de la viande bovine a enregistré une légère baisse par rapport aux semaines précédentes.

Cependant, cette baisse ne se reflète pas sur le marché de détail, notamment chez les bouchers, dont la majorité continuent de vendre au prix élevé d’environ 100 DH le kilogramme pour la viande bovine, et jusqu’à 140 DH ou plus dans certaines boucheries supposées fines.

Les intermédiaires en cause ?

Contactée par nos soins, une source autorisée nous explique que « la situation dans le secteur des viandes rouges est similaire au reste des produits agricoles. C’est le détaillant au final qui décide du prix de vente ».

« La multiplication des intermédiaires contribue également à la hausse des prix, comme c’est le cas pour d’autres produits agricoles. Ce coût supplémentaire, combiné aux frais de transport, est supporté par le boucher qui les intègre dans ses prix de vente », ajoute notre source.

Les bouchers proposent généralement la viande locale et celle importée, à laquelle ils attribuent un prix presque identique. Autrement dit, la viande importée est vendue plus cher que ce qui est attendu alors qu’elle est censée avoir un prix plus bas pour faire baisser les prix.

Les lacunes logistiques compliquent l’opération

Des opérateurs du secteur, notamment des bouchers, pointent pour leur part les lacunes logistiques. Selon eux, le Maroc ne dispose pas de la logistique nécessaire à cette opération, confirmant ainsi les informations publiées par Médias24 dans un article précédent.

« Nous avons reçu, il y a quelques semaines, au début de cette opération d’importation de viande fraîche, une délégation de Catalogne composée de responsables d’environ 45 entreprises, qui nous avait annoncé que la viande arrivant d’Espagne sera vendue à tous les abattoirs agréés par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) ».

« Sauf qu’après sa publication, le cahier des charges relatif à cette opération a exigé une logistique spéciale pour respecter la chaîne de froid. On croyait que les frigos des abattoirs des collectivités territoriales allaient alors être ouverts aux petits opérateurs et aux bouchers qui sont également autorisés à importer de la viande fraîche, mais qui ne disposent pas d’endroit de stockage. Ce n’est malheureusement pas le cas ».

« Ces conditions ont fait que seules les unités de découpe agréées par l’ONSSA et équipées en entrepôts, ou sous-traitant l’activité d’entreposage auprès d’un entrepôt agréé par l’ONSSA, ainsi que les grandes entreprises privées avec les moyens logistiques nécessaires, peuvent importer de la viande fraîche ».

Des prix également élevés à l’étranger

L’autre facteur qui explique cette situation est celui du prix. « La viande rouge de bonne qualité est également chère en Europe », nous font savoir nos sources. « Si les opérateurs marocains l’achètent par exemple à 70 DH/kg en Europe, le prix final, combiné aux frais de transport et de stockage notamment, atteindra les 100 DH/kg ».

Les viandes importées disponibles au Maroc arrivent actuellement du sud de l’Europe, principalement d’Espagne, en grande partie en raison de la distance entre les deux pays

« La viande la moins chère actuellement est celle du Brésil« , selon l’un de nos interlocuteurs. « Son importation coûtera toutefois très cher en termes de transport. Il s’agit par ailleurs d’une viande fraîche. Son importation nécessitera toute une logistique qui s’avère difficile à mettre en place et à respecter ».

« Les viandes importées disponibles au Maroc arrivent actuellement du sud de l’Europe, principalement d’Espagne, en grande partie en raison de la distance entre les deux pays ».

« La viande locale est pour sa part toujours chère« , nous confie un autre opérateur. « La viande bovine coûte environ 100 DH/kg chez le boucher, tandis que la viande ovine coûte entre 120 et 125 DH/kg dans le marché de gros. Elle est donc vendue à au moins 140 DH/kg chez les bouchers ».

Ces prix s’expliquent par la sécheresse qui se poursuit, et donc le manque de pâturage qui est un phénomène insoluble en l’absence de pluies. Les éleveurs sont ainsi obligés de recourir aux aliments composés, ce qui augmente le coût de revient de la production de la viande locale.

Ce phénomène est moindre en Europe, où une partie de l’alimentation du bétail est assurée par le pâturage.

« Le consommateur préfère la viande locale »

La troisième raison avancée par nos interlocuteurs a trait au comportement du consommateur marocain. Ce dernier préfère la viande produite localement, même si son prix est plus élevé.

Lorsque les consommateurs arrivent chez le boucher, la première question qu’ils posent est en relation avec l’origine de la viande exposée. Arrive ensuite le prix de la viande

« La couleur de certaines viandes arrivant d’Espagne est différente de celle de la viande locale. Lorsque les consommateurs arrivent chez le boucher, la première question qu’ils posent est en relation avec l’origine de la viande exposée. Arrive ensuite le prix de la viande », soulignent nos sources.

C’est donc un frein à la consommation de la viande importée.

« Le maintien des prix est déjà un exploit »

Les opérateurs sondés par nos soins affirment par ailleurs que bien que les prix restent élevés, ils se stabilisent autour de 100 DH/kg, notamment pour la viande bovine, ce qui représente déjà un véritable exploit.

« Le prix de la viande rouge a continué d’augmenter depuis le Covid-19. Ainsi, si les mesures mises en place par le gouvernement ne sont pas parvenues, pour le moment, à baisser le prix sur le marché de détail, elles sont parvenues à le maintenir au même niveau, et ce, sur plusieurs semaines déjà. C’est important de le mentionner », déclare l’une de nos sources.

« Sans toutes ces mesures qui approvisionnent le marché en viande, le prix aurait continué de grimper« .

Nos interlocuteurs disent enfin préférer l’opération visant à importer le cheptel prêt à l’abattage, qui permet à plusieurs acteurs du secteur de travailler, notamment les vendeurs d’abats.

Jusqu’à 70 DH/kg dans les grandes surfaces

Par ailleurs, notant que si les prix se maintiennent à un niveau élevé sur le marché de détail, ils atteignent jusqu’à 70 DH/kg dans les grandes surfaces, notamment à Marjane, soit une différence de 30 DH/kg.

Selon nos informations, cela est possible grâce à la mutualisation de la logistique nécessaire et à la structuration de la chaîne d’approvisionnement.

Ces grandes surfaces disposent de salles de découpe internes, ce qui leur permet d’entreposer la viande importée notamment sans avoir à supporter de charges supplémentaires. Cela leur permet également de vendre à des prix très compétitifs.

Nouvelle baisse des prix des viandes rouges au marché de gros de Casablanca

Selon les données publiées par la SDL Casablanca Prestations, les marchés de gros des fruits, légumes et viandes de Casablanca ont connu des variations pour la semaine du 4 décembre 1024. Les viandes rouges se distinguent par une baisse marquée : le prix de la viande ovine a diminué de 5 DH pour atteindre un minimum de 115 DH, tandis que celui de la viande bovine a baissé de 2 DH, s’établissant à 88 DH pour le prix minimum.
Les prix de gros des fruits, légumes et viandes à la métropole ont connu les variations suivantes par rapport à la semaine précédente:

Légumes 

 

Médias24

Fruits 

Médias24

Viandes 

Médias24
Médias24
Source : Casablanca Prestations, traitement par Médias24

Importation de viandes rouges prêtes à la consommation : le cahier des charges publié

Pour faire face à la crise actuelle dans le secteur, le gouvernement a décidé en octobre dernier d‘autoriser les importations, pour une durée limitée, de viandes rouges fraîches prêtes à la consommation.

Pour encadrer cette opération, un cahier des charges a été récemment publié par le ministère de l’Agriculture. Un document qui fixe notamment les normes techniques à respecter et les procédures d’importation.

Race, sexe, identification et abattage

Ce texte explique que « dans le cadre de la conjoncture actuelle qui se caractérise par une sécheresse sévère ayant un impact direct sur le cheptel national, le Maroc a décidé d’ouvrir l’importation des viandes bovines, ovines, caprines et camelines, ainsi que les abats, pour assurer l’approvisionnement du marché national en viandes rouges et stabiliser leurs prix« .

Ces viandes et abats doivent, selon les dispositions dudit document, provenir de pays ouverts à l’importation, conformément à la réglementation en vigueur, et doivent répondre aux normes techniques suivantes :

– être issus de bovins, camelins, ovins, et caprins mixtes (lait et viande) ou de croisements entre les races à viande entre elles et entre les races à viande et les races mixtes ;

– mâles et femelles ;

– être issus d’animaux identifiés conformément à la réglementation en vigueur du pays d’origine ;

– provenir d’animaux ayant été abattus dans un abattoir agréé et selon le rituel islamique halal ;

– être présentés en carcasse entière, en demi-carcasse, en quart de carcasse, ou encore en unité de vente pour les viandes rouges. Les abats incluent le foie, le cœur, les rognons, la langue, le ris, la rate, la tête, les pieds, les tripes et la queue ;

– viandes et abats frais, réfrigérés ou congelés ;

– provenir d’abattoirs et/ou d’unités de découpe agréés sur le plan sanitaire au niveau du pays d’origine.

Quid des importateurs éligibles ?

Selon ledit cahier des charges, les importateurs éligibles sont les suivants :

– les abattoirs de viandes rouges agréés par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) ;

– les unités de découpe de viandes rouges agréées par l’ONSSA et équipées en entrepôts ou sous-traitant l’activité d’entreposage avec un entrepôt agréé par l’ONSSA ;

– les chevillards (disposant d’un ICE) exerçant dans les abattoirs agréés par l’ONSSA ;

– les personnes morales disposant d’un entrepôt agréé par l’ONSSA ou sous-traitant l’activité d’entreposage avec un entrepôt agréé ou abattoir agréé.

Ces derniers sont tenus de déposer leurs dossiers d’importation auprès de la Direction de développement des filières de production (DDFP) du ministère de l’Agriculture.

Les différentes procédures d’importation

Pour la première opération d’importation, les professionnels désirant importer les viandes et abats doivent déposer auprès de la DDFP une demande d’importation de viandes rouges, dont le dossier se constitue des pièces suivantes :

– une demande d’importation ;

– un engagement d’importation ;

– une copie du statut de la société ou du registre de commerce ou de l’ICE ;

– une copie de l’agrément de l’abattoir/unité frigorifique/entrepôt ;

– une attestation d’entreposage délivrée par le responsable de l’entrepôt sous-traitant l’activité d’entreposage ;

– une fiche technique relative à la capacité de stockage et la logistique d’entreposage, de transport frigorifique et de distribution des viandes rouges fraiches et congelées.

Après examen du dossier de la demande, la DDFP délivre une attestation d’éligibilité d’importation, qui fixe la quantité de viande à importer par acteur.

Pour la seconde demande d’importation, le dossier d’importation compte les pièces suivantes :

– une demande d’importation ;

– un engagement de l’importateur ;

– une copie des documents de l’opération d’importation précédente ;

– une copie du registre de suivi des viandes importées.

Les importateurs sont par ailleurs tenus de disposer d’un registre de traçabilité des viandes importées. En cas de non-respect par l’importateur des dispositions de ce cahier des charges, les approbations d’importation ne seront pas renouvelées. Le gouvernement, lui, appliquera en plus le plein tarif douanier à l’importation.

Notons que, selon nos informations, les viandes importées ont commencé à arriver au Maroc depuis le 11 novembre 2024. Cette opération « restera en vigueur aussi longtemps que possible, le temps de reconstituer le cheptel et à revenir à des niveaux d’approvisionnement normaux par la production nationale », d’après nos sources.

Importation de viandes rouges : des contrôles stricts prévus, la liste des pays exportateurs fixée

Le premier point sur lequel insistent nos sources est celui de la qualité des viandes rouges importées.

Des contrôles stricts seront effectués

« La viande importée sera d’une qualité supérieure », assurent d’emblée nos interlocuteurs. « Tous les contrôles et les mesures sanitaires pour garantir la qualité et la salubrité de ces aliments seront réalisés et respectés par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), ainsi que les organismes internationaux des pays exportateurs ».

« Les exigences en matière d’importation de viande rouge depuis l’Europe vers le Maroc seront élevées, de manière à ce que la sécurité sanitaire et alimentaire soit garantie », insistent nos sources. « Nous passons donc à un niveau supérieur en termes de contrôle ».

En effet, dans une décision publiée ce 15 octobre à ce sujet, et qui prend effet à compter de la même date, l’ONSSA précise que « toutes les viandes importées doivent être accompagnées d’un certificat sanitaire, délivré par les autorités compétentes du pays d’origine, ainsi qu’un certificat d’abattage halal, délivré par l’organisme islamique habilité du pays d’origine ».

Et d’ajouter : « Les viandes importées seront contrôlées au niveau des postes d’inspection frontaliers, conformément à la réglementation en vigueur ».

Les viandes seront importées en carcasses

Toujours d’après les opérateurs joints par nos soins, « ces viandes, qui seront importées en carcasses, seront stockées au Maroc dans des unités spécialisées qui disposent de tous les moyens et équipements nécessaires afin de garantir leur qualité et maintenir leur salubrité à un niveau très élevé ». C’est en effet l’une des exigences de l’ONSSA dans sa décision de ce 15 octobre.

L’Office précise que « l’importateur doit disposer d’un lieu d’entreposage des viandes agréé ».

« À leur arrivée, ces viandes vont subir un contrôle sanitaire et seront estampillées pour prouver qu’elles sont passées par les services sanitaires marocains avant d’être distribuées ».

L’importateur doit disposer d’un lieu d’entreposage des viandes agréé

« Elles seront également accompagnées d’un certificat ‘halal’ d’un organisme certifié. Ce n’est toutefois pas n’importe quel organisme ‘halal’ qui sera validé par le gouvernement. Il s’agira seulement des organismes de référence en termes de contrôle de la qualité ‘halal' », soulignent nos interlocuteurs.

« Pour baisser les prix, tous les intervenants de la chaîne doivent jouer le jeu »

« Ces viandes seront distribuées au niveau de tous les revendeurs, notamment les bouchers et les grandes surfaces ». Ces derniers pourront commander leur viande auprès des importateurs et seront livrés par la suite.

« À la livraison, la viande importée sera accompagnée d’un certificat sanitaire qui justifie qu’elle a passé tous les contrôles sanitaires, en plus d’une copie du certificat ‘halal’ qui pourra être affichée dans les magasins », entre autres, pour rassurer la clientèle.

Dans ces points de vente, la viande sera vendue normalement, sans aucune mention spéciale affichée, nous explique-t-on, mais « le prix fera la différence ». Le boucher est également tenu d’informer les clients si des questions se posent quant à l’origine des viandes.

À la livraison, la viande importée sera accompagnée d’un certificat sanitaire qui justifie qu’elle a passé tous les contrôles sanitaires, en plus d’une copie du certificat ‘halal’

Notre source souligne par ailleurs que « cette opération ne va bien fonctionner que si tous les opérateurs de la chaîne jouent le jeu. Le boucher ne doit pas acheter moins cher et vendre au même prix que la viande locale ».

Tous les intervenants doivent alors être « corrects », à savoir l’importateur, le boucher et les grandes surfaces, dans la détermination des prix des viandes importées, l’objectif principal de cette mesure étant de fournir de la viande rouge de bonne qualité à des prix plus bas. Et pour éviter les spéculations, le gouvernement est également en train d’étudier les mécanismes possibles : il peut s’agir du plafonnement des prix, ou encore de la fixation d’un prix de référence.

Quid du niveau de baisse prévu pour les prix de vente au consommateur final ? « Personne ne peut prédire de combien sera cette baisse pour le moment », expliquent nos sources. « Ce que nous pouvons confirmer, c’est que les prospections sont en cours, et que le marché international est actuellement moins cher par rapport au Royaume ».

Les pays exportateurs fixés

Pour ce qui est des pays d’importation, la liste a été fixée par l’ONSSA. L’importation des viandes rouges fraîches (congelées ou réfrigérées) au Maroc pourra être effectuée à partir des pays suivants :

– pour les viandes ovines et caprines : tous les pays de l’Union européenne, Andorre, Albanie, Argentine, Australie, Canada, Chili, Etats-Unis d’Amérique, Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande, Russie, Serbie, Singapour, Suisse, Uruguay.

– pour les viandes bovines : tous les pays sus-cités, en plus du Brésil, du Paraguay et de l’Ukraine.

Cette liste peut toutefois être modifiées en cas d’émergence d’un risque sanitaire pour la santé humaine ou animale lié à l’importation des viandes, souligne l’Office.

Une opération à durée déterminée

Cette opération ne sera en vigueur que pour une durée déterminée. « Les opérateurs du secteur disent qu’ils seront à même de baisser les prix des viandes locales dans les prochains mois. Pour leur permettre d’arriver à des prix compétitifs, le gouvernement a donc décidé de gérer ce gap, en assurant la disponibilité des viandes rouges sur le marché à des prix plus bas ».

« Lorsque les prix des viandes locales seront moins élevés, les importations s’arrêteront automatiquement », concluent nos interlocuteurs.

Les abats n’échappent pas à la flambée des prix de la viande rouge au Maroc

Tripes, pieds, foie, cervelle ou ris ont longtemps été prisés par les amateurs de plats typiques de la riche cuisine nationale entre « ker3ine » et « tkelia ». Prisés pour leur prix abordable, à une époque où la viande bovine se vendait encore à moins de 120 dirhams le kilogramme, les abats n’échappent pas à la tendance haussière observée aujourd’hui sur le marché des viandes rouges.

« La flambée des prix de revient de la viande rouge, notamment la viande bovine, s’est répercutée également sur les prix des abats. Beaucoup de professionnels se sont retirés de l’activité à cause de la montée en flèche des coûts », déplore Younes Gadiri, membre de l’Association nationale des producteurs de viandes rouges.

Beaucoup de professionnels se sont retirés de l’activité à cause de la montée en flèche des coûts

Les abats des bovins atteignent jusqu’à 160 DH le kilo dans les boucheries

Le prix du foie de bœuf a atteint aujourd’hui 160 DH/kg dans les boucheries, contre un prix de gros de 115 à 120 DH/kg, précise Younes Gadiri. Ce dernier d’ajouter : « Auparavant, le prix de gros du foie de bœuf ne dépassait pas 90 à 95 DH/kg ».

Les tripes de bœuf se vendent désormais à 35-40 DH/kg alors qu’elles se vendaient, il y a quatre ans de cela, à 20 DH/kg. Vendus à l’unité, les pieds de bœuf sont maintenant vendus au prix de 120 à 130 DH alors qu’ils se vendaient à 80-90 DH/l’unité, note le professionnel.

Pour stabiliser les prix, le gouvernement envisage d’importer de la viande rouge prête à la consommation

La tendance haussière qui s’est emparée du marché des viandes rouges trouve son explication dans la sécheresse, le coût élevé du fourrage, mais également le boycott du lait cru remplacé par le lait en poudre, selon des professionnels du secteur sondés par Médias24.

Nous rappelons que, pour stabiliser les prix, le gouvernement envisage d’importer de la viande rouge prête à la consommation.

Parmi les mesures discutées, le 10 octobre dernier, lors de la réunion tenue par le chef du gouvernement avec les filières agricoles, l’exécutif envisage d’importer de la viande rouge prête à la consommation pour stabiliser les prix sur le marché, apprend-on de sources informées.