Concurrence : le discret dossier du carburant d’aviation
Près d’un an après leur notification (décembre 2024 et janvier 2025), les projets de création d’entreprises communes dans le carburant d’aviation ont finalement obtenu le feu vert du Conseil de la concurrence, apprend Médias24.
Selon nos informations, ces autorisations ont été délivrées à l’issue d’un examen approfondi mené par le régulateur, qui a exigé des engagements comportementaux et structurels de la part des cinq opérateurs concernés.
Ces opérations visent à réorganiser le marché marocain de l’avitaillement aérien à la suite de l’appel d’offres lancé en 2024 par l’Office national des aéroports (ONDA).
Elles donnent naissance à deux coentreprises distinctes :
- la première, Morocco Aviation Fuel Services SA, réunit Afriquia SMDC, Ola Energy Maroc et Winxo pour la gestion des dépôts et activités d’avitaillement dans les aéroports du Nord et du Centre (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Oujda, Nador…) ;
- la seconde associe TotalEnergies Marketing Maroc et Vivo Energy Maroc, pour la zone Sud (Marrakech, Agadir, Dakhla, Laâyoune, Essaouira…).
Les deux sociétés seront chargées d’exploiter, sous forme de concession attribuée par l’ONDA, les infrastructures d’entreposage et d’approvisionnement en carburant d’aviation, dans le cadre du nouveau régime instauré par la loi 40-13 sur l’aviation civile.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de recomposition complète du marché, désormais structuré autour de deux pôles régionaux : Afriquia-Ola-Winxo au nord et TotalEnergies-Vivo au sud.
Le passage en phase 2 du contrôle des concentrations traduit les interrogations du Conseil quant à l’impact concurrentiel de ces regroupements, dans un secteur à fortes barrières d’entrée et déjà dominé par les grands distributeurs pétroliers nationaux.
Le régulateur n’a donné son visa qu’après avoir obtenu des engagements formels des opérateurs, destinés à lever les doutes identifiés lors de l’examen approfondi. Le contenu exact de ces engagements n’a pas été rendu public à ce stade.
Le Conseil de la concurrence n’a publié aucune communication officielle sur l’ouverture de la phase d’examen approfondi, ni sur la décision d’autorisation. Aucune référence n’apparaît pour l’heure sur son site institutionnel.
Toujours selon nos informations, le Conseil de la concurrence assurera le suivi du respect des engagements pris par les parties, tout en plaçant le marché du carburant d’aviation sous vigilance accrue.