Tomate, viandes, poissons, poulet… Le point sur les prix, l’offre et la demande pendant le Ramadan

À l’approche du mois de Ramadan, la disponibilité et les prix des produits alimentaires suscitent, comme chaque année, de vives préoccupations chez les consommateurs, d’autant plus dans un contexte de baisse significative du pouvoir d’achat.

Jointes par Médias24, différentes sources du marché nous ont livré les niveaux de prix actuels et quelques prévisions pour les semaines à venir. Voici un aperçu des principaux produits de base.

Viandes blanches : une offre en hausse et des prix en baisse

Le président de l’Association nationale des producteurs de viandes de volailles (APV) se montre rassurant quant aux prix et à la disponibilité. « Le poulet de chair ainsi que la dinde seront disponibles en grandes quantités durant le mois sacré », nous confie-t-il.

« L’offre va augmenter davantage », ajoute notre interlocuteur, « notamment pour la dinde, dont les mises en place augmenteront de 50%. Nous sommes passés, durant les mois d’octobre, de novembre et de décembre, à 1,8 million de dindonneaux par mois, contre 1,2 million auparavant. Cette production coïncidera avec le mois de Ramadan, ce qui rassure ainsi quant à la disponibilité ».

« En ce qui concerne le poulet de chair, la production a également augmenté, variant actuellement entre 10,5 et 11 millions par mois, contre 9 millions en septembre dernier », poursuit Mustapha Mountassir.

« La situation sanitaire s’est aussi améliorée, permettant de revenir à des poids normaux de 2,2 kg ou 2,3 kg par poulet. Il faudra toutefois contrôler l’engouement habituel des consommateurs avant ce mois sacré, qui donne lieu à des spéculations ».

Quid des prix ? « Ils ont enregistré une baisse significative en ce mois de janvier », selon une autre source de l’APV jointe par nos soins. « On est actuellement aux alentours de 16 DH/kg, contre 21 à 22 DH/kg en décembre dernier. Il y a donc eu une baisse, qui se poursuivra pendant les prochains jours« .

Par ailleurs, « il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour les viandes blanches », rassure notre source. « Le mois de Ramadan est une période de faible demande, en particulier pour le poulet, la consommation de ce produit essentiel étant principalement portée par les plats rapides et les évènements tels que les mariages et autres célébrations. La pression sur la demande, ayant poussé les prix à la hausse, devrait donc s’atténuer », conclut-elle.

Poisson : disponibilité suffisante et prix stables

Même constat pour les poissons. Contacté par Médias24, un professionnel du secteur nous confie que la disponibilité ne posera pas problème non plus, mais qu’il faudra mettre en place des mécanismes pour éviter que les prix n’explosent à cause de la multiplication des intermédiaires dans le secteur.

« La disponibilité dans ce secteur ne dépend pas uniquement des stocks en mer, mais aussi des plans d’aménagement. Les cultures de pêche peuvent donc être renforcées davantage pour répondre à la demande », nous explique notre interlocuteur.

« Pendant le mois de Ramadan, les consommateurs recherchent des sources de protéines, et la sardine, en particulier, est à la fois la plus abordable et la plus saine. Cela explique l’augmentation de sa consommation ».

« La demande risque d’augmenter davantage cette année par rapport aux années précédentes, notamment à cause de l’explosion des prix des viandes rouges. Pour y répondre, les services concernés par la pêche font un effort sur le plan de la gestion des ressources, afin d’alimenter toutes les villes du Royaume, côtières ou internes ».

« Il n’y aura donc pas de manque durant le mois sacré, d’autant qu’on dispose, au Maroc, de 3.500 km de côtes et d’une flotte de pêche efficace. Et en cas de besoin, les autorités concernées peuvent intervenir pour réduire l’exportation, afin de subvenir d’abord aux besoins internes du Royaume ».

En ce qui concerne les prix pratiqués, notre source nous explique que « des campagnes nationales pour contrôler les prix sont organisées chaque année, afin de les réguler sur le marché. Les prix diffèrent toutefois selon les villes, en fonction de leur proximité des villes côtières. Pour la sardine, par exemple, le prix peut atteindre jusqu’à 30 DH/ kg dans les villes éloignées ».

Cependant, les prix ne risquent pas d’augmenter davantage, « puisque le mois de Ramadan coïncide cette année avec l’hiver. Les faibles températures empêchent la dégradation rapide du poisson, qui est un produit rapidement périssable », conclut notre interlocuteur.

Les maladies et les basses températures impactent la production de la tomate

Concernant les fruits, seule la tomate pourrait poser problème. Interrogés, des opérateurs du secteur expliquent que sa production a été affectée par diverses maladies, des virus et une baisse des températures, entraînant à la fois une diminution de l’offre et une hausse des prix. Ils soulignent également l’écart important entre les prix pratiqués par les producteurs et ceux payés par les consommateurs, une problématique sur laquelle il conviendrait de se pencher.

« Cette année, un problème au niveau des pépinières a entraîné un décalage significatif d’une grande partie de la production », expliquent nos sources.

« Les cultures de la tomate souffrent par ailleurs d’un virus dévastateur qui touche les plantes, ayant entraîné une chute de la production, d’une maladie cryptogamique engendrée par la présence d’un champignon et de la présence de la mineuse de tomate, Tuta Absoluta ».

« Ces problèmes sanitaires ont contraint les agriculteurs à arracher les plantes sur une grande partie des surfaces cultivées. Les commandes de plants sont exceptionnellement élevées pour cette période de l’année, ce qui est anormal. Environ 400 à 500 hectares attendent d’être replantés, une étape qui devrait normalement intervenir en début de campagne », soulignent nos interlocuteurs, ajoutant que « les cultures de tomates font également face à la baisse des températures qui impacte les récoltes ».

En termes de prix, « la tomate nous revient actuellement à 4 DH/kg, et peut être plus pour d’autres agriculteurs. Malheureusement, les prix sur le marché d’Inezgane, principal centre de production de la tomate, sont multipliés par trois. Les consommateurs se retrouvent ainsi à la payer à des prix élevés, ce qui est anormal », déplorent les opérateurs.

« C’est une problématique qu’il faut résoudre par des mécanismes spéciaux à mettre en place. Il s’agit d’une chaîne de valeur, et c’est principalement le producteur qui crée cette valeur. Avec les consommateurs, nous sommes le maillon le plus faible. Les charges de transport et autres doivent donc être calculées par l’État qui devra mettre en place un mécanisme pour éviter aux consommateurs de les supporter ».

« Le gouvernement veut souvent agir sur les exportations pour réguler le marché intérieur, alors qu’il s’agit du principal moyen pour nous d’équilibrer notre activité. C’est plutôt sur cette problématique de prix qu’il faut agir », insistent-ils.

La disponibilité de la tomate, aliment essentiel durant le mois de Ramadan, pourrait donc être limitée, entraînant des prix élevés.

Les prix maintenus pour la viande bovine

Pour ce qui est des viandes rouges, comme expliqué par Médias24 dans un article précédent, les prix des viandes bovines sont à ce stade maintenus, grâce à de nombreuses mesures mises en place par le gouvernement, notamment l’importation de bêtes prêtes à l’abattage et de viandes fraîches prêtes à la consommation.

La situation est plus délicate pour la viande ovine en raison, d’une part, de la baisse du cheptel national et, d’autre part, des prix élevés pratiqués à l’étranger, la viande ovine étant considérée comme une viande de luxe, notamment en Europe.

Les niveaux de prix sont ainsi actuellement aux alentours de 100 DH/ kg pour la viande bovine, contre 120 DH/kg pour la viande ovine.

Rappelons que la situation dans ce secteur s’explique par les trois chocs qu’il subit : le choc de l’offre, celui de la demande et celui lié à Aïd al-Adha.

Le choc de l’offre se traduit par une baisse significative du cheptel national, surtout en ce qui concerne les ovins et les caprins, dont l’effectif abattu a chuté de moitié par rapport à une période normale. Cette situation est notamment due à l’explosion des coûts des aliments composés. Le cheptel subit aussi annuellement le choc de Aïd al-Adha, aggravant le déclin des effectifs reproducteurs. Enfin, le marché de la viande rouge fait face à un choc de la demande, en raison du ralentissement de la consommation. Ces trois facteurs combinés font que les prix des viandes rouges restent élevés.

À cela s’ajoutent la désorganisation du marché et la résistance de certains opérateurs, qui annihilent tous les efforts de l’État dans ce secteur.

Voici pourquoi le kilogramme de poulet dépassera les 20 DH en août

Le prix du poulet devrait augmenter dans une dizaine de jours, apprend Médias24 auprès d’un membre de l’Association nationale des producteurs des viandes de volaille (APV), relevant de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA).

Le poulet pourrait dépasser les 20 DH en août

« Le prix actuel du poulet chair, sortie ferme, varie entre 13 et 14 DH/ kg », explique notre source. « Si l’on rajoute la marge de transport et d’abattage par les riachats, le prix du kilogramme atteint jusqu’à 16 à 17 DH. Il s’agit du prix final payé par le consommateur ».

« Dans une dizaine de jours, ce prix devrait augmenter pour atteindre 20 DH ou plus par kilogramme en août« , prévoit par ailleurs notre interlocuteur.

Plusieurs facteurs sont responsables de cette hausse. D’abord la chaleur, qui impactera à la baisse la production, selon une autre source de l’APV jointe par nos soins. L’autre facteur cité a trait à la surconsommation durant l’été en raison du retour des Marocains résidant à l’étranger (MRE), de l’arrivée des touristes, mais aussi du démarrage de la période des fêtes et des mariages.

Par ailleurs, « lorsque les prix avaient baissé vers la fin du mois de Ramadan, les investissements dans le secteur ainsi que la mise en place avaient également baissé, ce qui impactera négativement l’activité durant le mois d’août« , ajoute notre première source.

La volaille impactée par la hausse des prix de la viande rouge

« La hausse des prix de la viande rouge cette année a également impacté l’activité dans le secteur de la volaille », poursuivent nos deux sources, « la volaille étant la seule alternative pour les consommateurs en termes de viande ».

« Si l’on compare le prix d’un kilogramme de poulet et d’un kilogramme de viande rouge prêts à être cuits, la différence de prix est énorme. Elle est d’environ 100 DH. Le kilogramme de poulet pourrait coûter jusqu’à 17 DH contre 120 à 130 DH pour la viande ovine notamment ».

En effet, comme annoncé dans des articles précédents par Médias24, les prix de la viande rouge atteignent des niveaux records cette année. Actuellement, au niveau des abattoirs de Casablanca, le prix de gros des bovins est de 95 DH/ kg contre 120 DH/kg pour la viande ovine. Selon les professionnels du secteur, cette tendance haussière devrait se poursuivre.

« Les consommateurs sont donc de plus en plus nombreux à consommer de la viande de volaille, ce qui impacte à la hausse la demande et les prix. Contrairement aux aliments composés par exemple, dont le prix dépend principalement du coût de production, le prix du poulet dépend de l’offre et de la demande ».

Aliments composés : la baisse des prix des matières premières pas encore complètement répercutée au Maroc

Le prix des aliments composés est également l’un des éléments qui affectent le prix du poulet. Si ce dernier accuse une baisse depuis début 2023, il demeure encore élevé par rapport au prix des matières premières à l’international et au prix des aliments pratiqué en 2021-2022 au Maroc, déplorent les professionnels sondés par Médias24.

Selon notre source à l’APV, « malgré les baisses enregistrées depuis début 2023, les prix des aliments composés restent encore relativement élevés ».

« Ces aliments sont composés de 65% de maïs et de 25% de soja. 90% des matières premières composant ces aliments sont ainsi importées, puisqu’elles ne sont pas produites au Maroc ».

« Le prix de ces matières suit la Bourse de Chicago, qui a enregistré en 2021-2022 une hausse vertigineuse après la crise du Covid-19. Si la dégringolade a commencé en 2023, les prix pratiqués au Maroc restent encore élevés », regrette-t-il.

« La hausse enregistrée en 2021-2022 est estimée à environ 78%. À l’international, les prix des matières premières ont baissé d’environ 40%, contre une baisse répercutée au Maroc d’à peine 22% depuis le début de l’an passé. Il reste ainsi encore une grande marge » pour les producteurs de ces aliments.

Et notre source de poursuivre : « En 2021-2022 le prix du kilogramme des aliments composés, qui était initialement de 3,25 DH, est passé à 5,65 DH. Actuellement il est de 4,20 DH/ kg. La baisse des matières premières à l’international n’a donc pas encore été totalement répercutée au Maroc, ce qui impacte l’activité du secteur », et plus précisément le prix de revient du poulet sortie ferme.

« Si ce prix s’élevait à 10 DH/kg par exemple, les éleveurs auraient pu vendre le poulet chair sortie ferme à environ 12 DH/kg, et avoir la possibilité d’investir pour augmenter la production. En revanche, lorsque que le coût de revient avoisine les 16 DH/kg, comme c’est le cas actuellement, contre un prix de vente plus faible, les éleveurs travaillent à peine pour garder leurs salariés et maintenir leur activité. Ils n’investissent pas », d’autant qu’avec l’inflation, le pouvoir d’achat a drastiquement baissé.

Selon une autre source de l’Association, « la baisse des prix de ces aliments devrait se poursuivre durant les prochains mois ».

« C’est ce qui est ressorti de la dernière assemblée générale de la FISA », assure le même interlocuteur. « La tendance baissière devrait ainsi se poursuivre jusqu’à la fin de l’année courante, puisque la récolte notamment aux Etats-Unis a augmenté. Les plus grands producteurs du pays ont obtenu de bons rendements en termes de production de matières premières ».

À une quinzaine de jours du Ramadan, stabilité de la volaille et des légumes, augmentation prévue pour la viande rouge

Plus qu’une quinzaine de jours nous séparent du début du mois sacré, prévu le 12 mars prochain selon les calculs astronomiques. La situation d’approvisionnement des marchés nationaux est normale et les stocks sont disponibles, selon les conclusions des recherches de terrain menées dans les différentes préfectures et provinces du Royaume par la commission interministérielle de veille et de suivi de l’état d’approvisionnement des marchés, réunie le 9 février dernier.

La production prévisionnelle et l’offre devraient également être disponibles lors des prochaines semaines. Mais qu’en est-il des prix ? Médias24 a sondé différents acteurs, qui nous ont confirmé la stabilité des prix des légumes et des viandes blanches. Les prix de la viande rouge pourraient toutefois augmenter, vu que l’offre actuelle est inférieure à la demande.

Les trois principaux légumes en dessous de 2 DH/kg sortie ferme

Les prix des légumes, en baisse depuis plusieurs semaines à cause de la hausse de la température, sont toujours stables, apprend Médias24 auprès de Lahoucine Aderdour, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes.

« Les trois principaux légumes consommés par les Marocains, à savoir les tomates, les oignons, et les pommes de terre sont en dessous de 2 DH/ kg, sortie ferme ».

En effet, comme le montrent les infographies ci-dessous, les prix des légumes continuent de baisser depuis le début de l’année courante.

Les prix affichés ci-dessous sont ceux du marché de gros de fruits et légumes de Casablanca, et remontent au 21 février dernier. Ils seront actualisés ce mercredi 28 février.

Le kilogramme de tomates varie ainsi entre 1,5 et 3,2 DH/ kg. Le prix des oignons se situe, lui, entre 3 et 5 DH/ kg, tandis que celui de la pomme de terre varie entre 1,8 à 3 DH/ kg . Le prix des carottes varie quant à lui entre 1,3 et 2,3 DH/kg  contre 2 et 7 DH/kg pour les courges.

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Selon notre interlocuteur, « il est prévu que les prix resteront bas durant le mois sacré, vu les fortes températures qui persistent ».

Outre la hausse de la température, d’autres facteurs impactent les prix des légumes à la baisse, notamment la hausse par la Mauritanie de ses taxes sur l’importation des produits marocains, ce qui a augmenté l’offre au niveau national.

Viande de volaille : stabilité des prix au début du Ramadan, et légère hausse prévue à la fin du mois

En ce qui concerne les viandes de volaille, les prix se maintiennent depuis quelques semaines. Le kilogramme de la volaille, sortie ferme, est actuellement à 16 DH, apprend-on auprès de l’Association nationale des producteurs des viandes de volailles (APV) relevant de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA). Rappelons-le, il s’agit du prix de revient dans le secteur.

« Le kilogramme est proposé à 20 DH au client final, si l’on ajoute tous les frais, de transport notamment, estimés à 4 DH/kg », ajoute notre source

Qu’en est-il pour le mois de Ramadan ? « Les prix devraient rester stables au début du mois. Généralement, ils augmentent durant la deuxième quinzaine du mois sacré, en particulier à l’approche de Laylat Al Qadr, mais la hausse devrait rester minime ».

« Toutefois, la question de la rareté de l’eau commence à se faire sentir au niveau des fermes. Certes, pour le mois de Ramadan, l’approvisionnement sera suffisant pour répondre à la demande. Mais si rien n’est fait pour pallier ce problème, il y aura un manque de volaille en terme de production durant l’été prochain ».

« Les autorisations de creusement ont été bloquées par les autorités locales, et des restrictions sont enregistrées pour les autorisations de transfert d’eau. Certaines fermes se sont alors arrangées pour réduire leur production, tandis que d’autres vont l’arrêter, puisqu’elles ne s’en sortent pas. Des dispositifs sont ainsi urgents pour compenser ce manque d’eau », conclut notre interlocuteur.

Qu’en est-il des viandes rouges ?

Pour ce qui est des viandes rouges, les prix restent relativement constantscomme prévu il y a quelques semaines par la profession. Le prix de la viande bovine varie entre 73 et 75 DH/kg, contre 92 et 94 DH/ kg pour la viande ovine au niveau du marché de gros de Casablanca.

Notons toutefois que ces prix peuvent varier selon les quartiers et la qualité. Le prix de la viande ovine peut ainsi atteindre jusqu’à 95 à 100 DH/ kg, contre environ 90 DH/ kg pour la viande bovine.

Selon des professionnels du secteur contactés par Médias24, les prix devraient augmenter durant le mois de Ramadan, mais l’augmentation ne sera pas spectaculaire. Celle-ci est principalement expliquée par un quasi arrêt des importations des viandes de l’étranger, malgré la reconduction des mesures mises en place par le gouvernement visant à dispenser les importateurs de la TVA de 20% et des droits de douane de 200%.

« Le protocole sanitaire exigé par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est assez strict pour prévenir les maladies », nous explique notre interlocuteur. « Dans ce dernier, il est prévu, en plus des contrôles habituels, des analyses qui peuvent durer jusqu’à 45 jours. Les exportateurs espagnols en particulier refusent alors de jouer le jeu et estiment qu’il est plus intéressant de partir sur d’autres marchés ».

Pour ce qui est de la viande ovine, « outre l’arrêt des exportations, le gouvernement a arrêté les subventions accordées aux importateurs sur ce segment, les agneaux à engraisser sont très chers, et il n’y a pas beaucoup de naissance cette année, ce qui impacte l’offre sur le marché, laquelle est plus faible que la demande ».

« Pour Ramadan, les prix pourraient augmenter au début du mois, pour ensuite baisser durant la seconde semaine. Ils devraient encore augmenter en fin du mois, à l’approche de l’Aid Al Fitr notamment », conclut notre source.

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Les principaux points du décret sur la protection sanitaire des élevages de volaille

Le projet de décret sur la protection sanitaire des élevages de volaille apporte trois nouvelles exigences sanitaires :

La demande d’autorisation pour l’exercice des activités d’élevage avicole et de couvaison doit désormais être déposée auprès du service vétérinaire compétent, relevant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Cette demande était auparavant déposée auprès des services vétérinaires locaux relevant du ministère chargé de l’Agriculture.

Dans le détail il s’agit de « l’exercice des activités d’élevage avicole, de couvaison d’œufs, de transport et de distribution de volailles vivantes, ainsi que pour la création de centres d’emballage ou de transformation d’œufs, d’abattoirs avicoles, d’établissements de découpe, de transformation, de conditionnement, de congélation des viandes de volaille et la commercialisation desdites
viandes et œufs de consommation ».

Après le dépôt de la demande, une visite d’évaluation des exigences sanitaires et hygiéniques est effectuée « par une commission désignée à cet effet par le chef du service vétérinaire local, et ce, dans les dix jours qui suivent le dépôt de la demande ».

Joint par nos soins, Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), nous explique que l’autorisation attribuée « autrefois, valable indéfiniment, est désormais limitée dans le temps, afin que l’ONSSA puisse revenir contrôler les exigences sanitaires établies au moment de l’évaluation de la demande d’autorisation ».

Par ailleurs, rappelons que l’accord de principe établi après délivrance de l’autorisation d’implémentation d’une nouvelle ferme est soumis au principe des « distances minima », qui doit être respecté pour des raisons sanitaires, entre une ferme d’élevage avicole et une autre, ou entre une ferme d’élevage avicole et un couvoir, ou entre deux couvoirs. Ces distances minima seront fixées par un arrêté du ministre chargé de l’Agriculture.

Désormais, si un projet d’implémentation d’une ferme, qui a obtenu cet accord de principe, ne voit pas le jour au-delà d’un certain délai qui sera par la suite fixé par décret, l’accord de principe sera retiré pour ne pas bloquer la potentielle implémentation d’une nouvelle ferme, nous fait savoir le président de la FISA.

De la production à la commercialisation, le circuit complet de la volaille expliqué par le directeur de la FISA

Une vidéo mettant en scène une personne qui tente de piéger un vendeur de volailles impropres à la consommation, proposant sa marchandise aux snacks de Casablanca, a fait le tour des réseaux sociaux fin janvier. Celle-ci, qui n’est en réalité qu’une vidéo de sensibilisation tronquée et sortie de son contexte, a soulevé de nombreuses questions sur le circuit de la volaille et le contrôle effectué pour garantir la sécurité sanitaire.

Joint par Médias24, Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), s’est montré catégorique quant à l’existence de telles pratiques. « Ce qui a été dit dans cette vidéo est grave. A ma connaissance, de telles pratiques n’existent pas. Le circuit de la volaille est contrôlé de bout en bout par l’Office nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) », nous a-t-il déclaré.

Celle-ci « dispose de l’autorité pour contrôler à tout moment, et sans les aviser, les restaurants et snacks. », a-t-il ajouté.

« Les cadavres de volaille enterrés dans des fosses »

Notre interlocuteur de poursuivre : « Le circuit de la volaille est simple. L’aliment, premier maillon de la chaîne, est régi par la loi n°28-07 » relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires.

Le transport et la commercialisation des volailles vivantes ainsi que l’élevage sont, eux, « régis par la loi 49-99« , relative à la protection sanitaire des élevages avicoles, au contrôle de la production et à la commercialisation des produits avicoles, et ses textes d’application.

Ce texte dispose que les fermes d’élevage avicole de reproducteurs et les couvoirs sont soumis à un contrôle sanitaire et hygiénique spécifique (…). Pour bénéficier des certificats sanitaires officiels attestant que leurs établissements sont protégés des maladies contagieuses, les propriétaires de ces structures doivent adhérer à ce contrôle.

L’autorisation d’exercer au niveau de ces fermes est subordonnée au respect des exigences sanitaires et hygiéniques d’installation des locaux et des équipements, et au respect des prescriptions hygiéniques et techniques relatives à la chaîne de production.

La réglementation en vigueur exige de ces fermes de respecter, entre autres, les dispositions techniques relatives à l’élimination des cadavres. Ces derniers doivent être éliminés par incinération ou par des moyens autorisés par l’administration, sans que cela ne nuise à la population, aux établissements et à l’environnement limitrophes.

Youssef Alaoui nous fait savoir que « les volailles mortes dans les fermes ou lors du transport représentent 3% des élevages au niveau national« . Il confirme que « pour obtenir l’autorisation d’exercer, la loi en vigueur exige aux fermes de disposer de fosses, dans lesquelles les cadavres de volailles sont enterrés ».

Pour ce qui est des volailles mortes en caisse (lors du transport) « elles sont incinérées« . Toutes ces informations sont portées sur des registres, tenus obligatoirement sous la responsabilité des propriétaires des fermes.

Les restaurants et snacks obligés de s’approvisionner auprès des abattoirs industriels

A la sortie de l’élevage, les volailles vivantes sont enregistrées sur un document d’accompagnement délivré par l’éleveur ou son représentant, dans le but de maîtriser leur traçabilité. Ces volailles doivent être destinées principalement à l’abattoir avicole agréé ou aux marchés de gros de volailles, alors que le transport doit être effectué avec des moyens autorisés par l’ONSSA.

Les cargos et caisses de transport doivent être composés de matériaux faciles à lever et à désinfecter. L’utilisation du bois est donc proscrite. Le commerce simultané, dans un même local, des volailles vivantes et des viandes de volailles, est pour sa part interdit.

Les volailles transportées sont, elles, enregistrées sur un document d’accompagnement délivré par le propriétaire de l’élevage, son représentant ou le vendeur grossiste, conforme aux modèles en vigueur de l’ONSSA.

Ce document permet de connaître, entre autres, l’élevage d’origine, le tonnage des volailles transportées et le moyen de transport (numéro d’autorisation, CIN, nom, matricule du véhicule…). Toute volaille transportée non accompagnée de ce document d’accompagnement doit être confisquée, saisie et détruite, et un procès-verbal dressé à l’encontre du transporteur.

« Les snacks et restaurants ont l’obligation de s’approvisionner auprès des abattoirs industriels, ou de distributeurs qui vendent du poulet abattu dans ces abattoirs« , précise le président de la FISA.

Les abattoirs industriels sont définis par la loi 49-99 comme étant tout atelier ou établissement où les volailles sont abattues, préparées, conditionnées, découpées et entreposées, répondant aux conditions sanitaires et hygiéniques et prescriptions techniques relatives à la chaîne de production, autorisés et soumis au contrôle des services vétérinaires compétents.

L’accès aux marchés de gros de volailles est pour sa part limité aux engins de transport de volailles vivantes autorisés par l’ONSSA et disposant d’un document d’accompagnement. A cet effet, les mesures nécessaires pour assurer le contrôle de ces engins sont mises en place par les gestionnaires de ces marchés, en coordination avec les services concernés de l’Office.

Ces marchés de gros sont par ailleurs équipés d’un dispositif de désinfection des engins de transport à l’entrée du marché, de dispositifs de nettoyage et de désinfection des engins de transport et des cargos avant de quitter le marché, en vue de maîtriser les risques sanitaires de dissémination des maladies animales et des zoonoses (cas de la grippe aviaire), et de dispositifs (incinérateurs) permettant la destruction totale de tous les déchets et sous-produits de volailles (plumes, cadavres, fientes…).

 

Ci-dessous, une unité d’abattage agréée par l’ONSA et la FISA pour un contrôle strict de la chaîne de production du poulet qui garantisse une sécurité sanitaire maximale.

80% des particuliers s’approvisionnent dans les « Riachats « 

Pour ce qui est des particuliers, « ils s’approvisionnent en majorité dans les ‘Riachats’, qui sont en train de se moderniser », d’après M. Alaoui. « Le poulet, acheté vivant est abattu en présence du client. Ce dernier n’achète pas un poulet mort ou déjà abattu. »

Notons toutefois que malgré les efforts de la FISA pour moderniser ces Riachats, celles-ci ne disposent pas des conditions minimales d’hygiène et ont tendance à se multiplier. Au Maroc, on compte plus de 15.000 Riachats, qui commercialisent plus de 80% de la production nationale des viandes de volailles. Cette situation, qui risque de causer des intoxications alimentaires, est préjudiciable à la santé du consommateur.

Pour remédier à cette situation, ces unités d’abattage de proximité doivent se convertir soit :

– en unités d’abattage de proximité pour l’approvisionnement exclusif des besoins des ménages en viandes de volailles. Elles ne doivent en aucun cas approvisionner les lieux de restauration collective, les boucheries ou le points de vente au détail ;

– en points de vente de viandes de volailles, qui ne s’approvisionnement qu’à partir d’établissements agréés/autorisés (abattoirs avicoles, ateliers de découpe des viandes de volailles, produits à base de viandes et centre de conditionnement des œufs).

Quant aux nouveaux points de vente de volaille et unités d’abattage, et dans l’objectif d’avoir des unités répondant aux normes exigées sur les plans technique et sanitaire, les nouvelles autorisations ne doivent être accordées par les présidents de communes qu’après avis favorable de la commission locale d’hygiène composée, notamment de représentants du service vétérinaire de l’ONSSA et de la délégation provinciale de la Santé.

L’extrême droite espagnole critique l’ouverture de l’UE aux produits marocains à base de volaille

Comme annoncé dans l’un de nos précédents articles, la Commission européenne a autorisé l’accès au marché européen des exportations marocaines de produits à base de viande de volaille. Le règlement d’exécution a été publié au Journal officiel de l’Union européenne le 30 juin 2022.

Cette décision a été  critiquée par le parti d’extrême droite espagnol Vox. Lors d’une conférence de presse ce mercredi 28 septembre au Parlement, Manuel Gavira, porte-parole de cette formation, a qualifié cette décision de “nouveau coup de poignard au secteur primaire andalou, en particulier aux éleveurs de volailles”, rapporte le journal espagnol La Razón.

Selon lui, l’Andalousie se classe au 3e rang des producteurs de viande de poulet en Espagne, à hauteur de 15,8%, derrière la Catalogne et la Communauté valencienne. Dans la région andalouse, “il existe près de 800 exploitations qui produisent environ 350.000 tonnes par an”, a précisé Manuel Gavira.

Le porte-parole de Vox met en cause notamment des critères en matière de contrôle des maladies” qui ne seraient pas respectés au Maroc. Or, toute exportation vers l’Union européenne doit se plier à certaines exigences sanitaires. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la démarche entreprise en 2017 par la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) et le ministère de l’Agriculture, en vue d’exporter des produits transformés à base de viande de volaille vers l’Union européenne, a mis cinq ans à aboutir.

Mais le parti n’en démord pas. “La législation européenne continue à défavoriser le secteur primaire andalou, en supprimant les limitations d’entrée en Europe du poulet marocain”, a déclaré Manuel Gavira.

Or ce constat ne prend pas en compte la situation sur le Vieux Continent, où l’offre ne parvient pas à combler la demande. Et pour cause, les 27 produisent annuellement près de 13,4 millions de tonnes de viande de volaille. Le Maroc en produit 11,6 millions de tonnes, soit presque autant à lui seul.

Aviculture : les raisons de la hausse des prix des aliments composés

La hausse continue des prix des aliments composés pour volailles est dénoncée par certains producteurs. Ces derniers estiment que la baisse des prix des matières premières, entrant dans la constitution de ces aliments, à l’international, devrait entraîner une réduction des prix des aliments au niveau national.

Jointes par nos soins, des sources au sein de deux associations relevant de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) nous expliquent qu’outre les matières premières, les prix des aliments dépendent de plusieurs autres facteurs. Et le prix de la volaille est davantage affecté par la demande des consommateurs que par les coûts des aliments composés.

Les prix des aliments composés ne dépendent pas que des matières premières

En effet, une baisse des cours de certaines céréales, notamment le maïs, a été constatée il y a quelques jours au niveau de la Bourse de Chicago. Mais elle n’est pas suffisante pour impacter les prix des aliments de volailles, nous explique Dafir Guennoun, ancien président de l’Association des fabricants d’aliments composés (AFAC), contacté par Médias24.

« Différents éléments sont pris en considération dans la fixation des prix des aliments composés. Il s’agit notamment des prix des matières premières, mais aussi du cours du dollar. »

« Pour qu’elle se répercute sur les prix des aliments pour volailles, la baisse des prix des matières premières doit être conjoncturelle, et non technique », nous confie notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « Tout d’abord, les prix des matières premières sont affichés à la Bourse de Chicago. Ils sont donc transparents. Par ailleurs, pour qu’on puisse la répercuter sur les prix des aliments composés, leur baisse doit s’opérer sur une longue durée, et non sur trois ou quatre jours, comme cela a été le cas récemment. »

« Lorsque les prix baissent sur une courte durée, rien ne nous garantit que les provendiers effectueront des achats au moment de la baisse. Il se peut qu’ils aient déjà du stock en plus du stock en mer. »

« Au Maroc, la majorité des usines d’aliments disposent d’un stock de 30 jours, en plus des commandes déjà faites, qui sont en mer. Les bateaux mettent environ 18 jours pour arriver avec la marchandise », poursuit-il.

« La baisse doit durer au moins 60 jours », souligne Dafir Guennoun, notant qu’une baisse qui dure trois ou quatre jours « est une baisse technique et non conjoncturelle, après laquelle les prix repartent à la hausse ».

A titre d’exemple, « le maïs, qui représente 60% de la formulation des aliments composés, se vend actuellement à 5,5 DH TTC/ kg, arrivée à l’usine. Il y a quelques années, notamment avant la crise du Covid, il était à 2,05 DH TTC/ kg. Il a donc plus que doublé. Il en est de même pour le soja et le tournesol ».

Le cours du dollar, autre élément impactant les prix des aliments composés

Pour ce qui est du dollar, « son cours a énormément augmenté ces dernières années. Actuellement, il est à 10,75 DH, contre moins de 9 DH avant la crise du Covid ».

« Lorsque le dollar augmente, nous payons très cher les matières premières. Donc la baisse des prix de ces dernières n’est pas la seule à impacter les prix des aliments. »

« Pour que ceux-ci soient revus à la baisse, il faut une combinaison des deux paramètres : un retour du dollar au cours d’avant la crise du Covid, ainsi qu’une baisse des coûts des matières premières à l’international sur une durée d’au moins 60 jours », résume le président de l’AFAC.

Une hausse qui ne couvre pas les prix à l’international

D’après Dafir Guennoun, « il existe différents aliments. Ils dépendent de chaque espèce ainsi que de l’âge de chacune d’entre elles ».

« Par exemple, pour le poulet, il y a trois ou quatre aliments selon son âge et ses besoins. Il y a des aliments pour la première semaine, d’autres pour les deux semaines qui suivent, puis un aliment pour la croissance, et un autre pour la finition. »

« Plus un poulet grandit, plus ses besoins changent. Quand il est petit, le poussin a besoin de plus de protéines que d’énergie. Quand il grandit, il a besoin davantage d’énergie et moins de protéines. Cela est valable pour toutes les espèces. »

« Si l’on prend l’exemple de la référence d’aliments la plus vendue pour le poulet, elle est actuellement à 5,25 DH TTC/kg. »

A en croire notre interlocuteur, malgré leur hausse, les prix actuels ne couvrent pas encore la hausse du cours du dollar et celle des matières premières à l’international. « Pour ce faire, il faudrait ajouter 0,35 DH/kg », mais compte tenu de la situation actuelle du produit fini – la volaille – que les producteurs vendent à perte, il est difficile d’ajouter les 35 centimes. Le marché risque d’être chamboulé.

« Les aliments devraient aujourd’hui être vendus plus cher encore. Mais si ce surcoût est ajouté, le prix de revient du poulet va augmenter davantage, ce qui conduira les éleveurs à mettre en place moins de cheptel pour pouvoir s’en sortir. La hausse du prix de revient implique une baisse du volume dans ce secteur. Et dans un pays où le pouvoir d’achat est très restreint, plus le prix augmente, plus les achats baissent », conclut Dafir Guennoun.

Le prix du poulet en baisse

Une autre source de la FISA nous a, pour sa part, expliqué que les prix des aliments composés ne représentent pas l’essentiel du prix de la volaille. Ce dernier est orienté par la demande. 

« Après la flambée qu’à connue le poulet en été, les prix commencent à baisser. Dimanche 11 septembre, le prix du kilogramme de poulet, sortie ferme, était de 15,5 DH », nous apprend notre interlocuteur. « Ce lundi 12 septembre, il a été vendu entre 15 et 15,5 DH/ kg au marché de gros de Casablanca ».

« Ce soir, nous prévoyons une autre baisse, sortie ferme, alors que le coût de revient se situe autour de 16 DH/kg. »

« Ainsi, malgré la hausse des prix des aliments, le prix du poulet continuera à baisser, suite à la baisse de la consommation, qui a conduit à l’effondrement de la production », conclut notre interlocuteur.

Viande de volaille : la Fisa s’explique sur la flambée des prix

« La chaleur est l’un des principaux facteurs impactant la production de viande de volaille » explique une source de la FISA « d’où la flambée des prix enregistrée ces derniers jours ».

Le prix de la viande de volaille dépasse 30 DH/Kg au niveau des abattoirs

Jointe par nos soins, la même source nous fait savoir « que le prix du poulet s’élève actuellement à plus de 30 DH/Kg au niveau des abattoirs, et peut atteindre jusqu’à 32 DH/Kg dans certaines régions du Royaume », tandis qu’au « niveau des Riachat, le prix du kilogramme de poulet varie entre 23 et 25 DH ».

« La flambée des prix de vente ne signifie pas une augmentation de la marge des producteurs », insiste notre interlocuteur, expliquant que « le prix du poulet, sortie de ferme, est de 17 DH/Kg, alors que le coût de revient a augmenté à 16 DH/Kg, voire 16,5DH/Kg, à cause de l’explosion des prix des aliments de volaille ».

La multiplication des intermédiaires est un autre facteur qui explique cette flambée des prix. « Pour arriver au consommateur final, la volaille passe par le marché de gros, arrivent chez les fournisseurs et enfin en magasins. C’est tout un circuit qui entraine des coûts supplémentaires, supportés par le consommateur », explique notre interlocuteur.

Baisse du niveau de la croissance, explosion de la demande

D’autres facteurs peuvent également expliquer cette flambée des prix, dont deux sont également liés à la chaleur, selon la même source.

Le premier est la mortalité : « il y a quelques années, la hausse des températures conduisait à l’augmentation du taux de mortalité des poulets. Actuellement, la majorité des fermes sont équipées d’outils de ventilation, permettant de baisser les températures. Ainsi, seules les fermes non équipées par lesdits outils souffrent encore de la hausse du taux de mortalité durant la saison d’été ».

Par ailleurs, « la hausse des températures impacte également le taux de croissance. Celui-ci a baissé à 1,7 Kg par poulet, contre 2 Kg et plus en temps normal ».

A titre d’exemple, « 10.000 poulets permettent, en temps normal, de produire 20 tonnes de viandes de volailles, alors qu’en été, ce chiffre baisse à 17 T« , ajoute notre interlocuteur.

« Qui dit baisse du taux de croissance, dit baisse de l’offre, alors que la demande, elle, explose en plein été, à cause des nombreuses fêtes qui y sont organisées », conclut-il.

Les produits marocains à base de volaille autorisés par l’UE

Toute exportation vers l’Union européenne doit se plier à certaines exigences sanitaires. C’est la raison pour laquelle la démarche entreprise en 2017 par la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) et le ministère de l’Agriculture, en vue d’exporter des produits transformés à base de viande de volaille vers l’UE, aura mis cinq ans à aboutir.

Il a effectivement fallu attendre le Journal officiel du 30 juin 2022 pour que la commission européenne donne son feu vert pour l’accès des produits marocains, tels que la charcuterie, à son marché. « Le Maroc a apporté les garanties nécessaires quant au respect des exigences relatives à la notification et au signalement des maladies répertoriées », avance le Journal officiel de l’UE.

Contacté par Médias24, Chaouki Jirari, directeur général de la FISA, indique qu’une « commission de l’Union européenne s’est déplacée au Maroc pour s’assurer que les conditions d’élevage, d’abattage et d’industrialisation répondent aux normes sanitaires et d’hygiène très exigeantes de l’UE ». Et d’ajouter : « L’autorisation prouve que les opérateurs marocains se sont mis au niveau des normes européennes. »

« Je me réjouis de cette décision favorable qui s’inscrit dans les ambitions communes et engagements mutuels du partenariat UE-Maroc de prospérité partagée », a déclaré Patricia Llombart Cussac, l’ambassadrice de l’Union européenne au Maroc, précisant que le Royaume « accède ainsi à un marché de près de 450 millions de consommateurs ».

« La décision vient à peine d’être prise », tempère Chaouki Jirari. « Les opérateurs doivent s’activer pour saisir les occasions offertes par ce marché. Il va cependant falloir du temps pour démarcher de nouveaux clients, notamment par le biais d’actions promotionnelles et en participant à des salons. »

Les résidents européens de confession musulmane seront sans aucun doute les plus séduits. « C’est un créneau important pour le Maroc, afin de se positionner sur le marché européen avec des produits halal », affirme M. Jirari.

Le Maroc pourrait se tailler une part de choix sur le marché de l’UE, où l’offre ne parvient pas à combler la demande. Et pour cause, les 27 pays européens produisent annuellement près de 13,4 millions de tonnes de viande de volaille. Le Maroc en produit presque autant, à hauteur de 11,6 millions de tonnes.

Les opérateurs marocains ont clairement une opportunité de marché à saisir, en s’appuyant notamment sur leurs expériences d’exportations, de l’ordre de 942 tonnes par an, « en direction de plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique, où nos produits se trouvent fréquemment sur les rayons », conclut Chaouki Jirari.

https://medias24.com/2022/03/02/prix-production-et-distribution-le-point-sur-le-secteur-avicole/