Huawei renforce son engagement en faveur de la transition énergétique au World Power-to-X Summit

Cette participation a mis en lumière « l’engagement de l’entreprise à pousser les frontières de l’innovation énergétique, au service de la population et du développement économique du Maroc », précise un communiqué de Huawei.

L’entreprise a exposé dans son stand ses dernières avancées dans le domaine des solutions énergétiques intelligentes, portant un accent particulier sur les technologies numériques et leur rôle dans la décarbonisation, poursuit la même source.

Cité dans le communiqué, Ahmed Rouizem, directeur technique de l’activité Smart PV de Huawei Northern Africa (Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale), s’est félicité du succès de cette initiative d’envergure et a déclaré à cet effet : « Notre participation au World Power-to-X Summit reflète notre engagement à accompagner la transition vers une énergie propre et durable. Nous mettons notre expertise technologique au service de cette ambition, en intégrant des solutions numériques et électroniques qui répondent aux besoins croissants en énergie verte, notamment l’hydrogène, qui revêt une importance stratégique croissante pour le Royaume du Maroc ».

Pour sa part, Jad Zhao, directeur général du département digital power chez Huawei Maroc, a déclaré :  « En ligne avec la politique de transition énergétique ambitieuse et les investissements massifs engagés par le Maroc dans le domaine des énergies renouvelables, ce sommet d’envergure, né de la convergence de la vision de l’ensemble des partenaires, est une opportunité idoine de collaboration pour bâtir un avenir meilleur, en misant sur l’innovation et la réduction des émissions de carbone. Fort de son expertise et savoir-faire, Huawei est fier de présenter ses dernières technologies et solutions numériques vertes pour soutenir activement ses partenaires, œuvrant de concert pour le développement durable de l’industrie de l’énergie hydrogène au Maroc et en Afrique ».

 

Dans un contexte de course vers la neutralité carbone, Huawei entend jouer « un rôle central en développant des technologies qui allient efficacité et durabilité ».

Le World Power-to-X Summit s’inscrit ainsi dans la stratégie globale de Huawei visant « à promouvoir une transition énergétique inclusive et à accélérer le développement de solutions bas carbone à l’échelle nationale et continentale ». À travers sa participation, Huawei « réitère sa volonté de créer un impact solide et durable en tirant parti de l’innovation et de la collaboration », conclut-on.

World Power-to-X Summit : signature de 4 conventions dans le domaine de l’hydrogène vert

Quatre conventions relatives au domaine de l’hydrogène vert ont été signées ce mardi 8 octobre à Marrakech, en marge de la 4e édition du World Power-to-X Summit.

Ces conventions visent à renforcer la coopération entre les acteurs publics et privés, tant au niveau national qu’international, afin d’accélérer le développement de projets intégrés dans le secteur de l’hydrogène vert au Maroc.

Elles concernent également la mise en place de solutions innovantes pour la production, le transport et le stockage de cette énergie propre, ainsi que le renforcement des capacités industrielles et technologiques nécessaires à sa compétitivité.

Ainsi, la première convention a été conclue entre l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) et le Centro para el Desarrollo Tecnológico Industrial (CDTI), une entité publique d’affaires relevant du ministère espagnol de la Science, de l’innovation et des universités, qui promeut l’innovation et le développement technologique des entreprises.

Cette convention tend à promouvoir et à soutenir le développement de projets de coopération technologique conjointe entre des entités espagnoles et marocaines dans le domaine des technologies vertes.

Le deuxième mémorandum d’entente (MoU), signé entre l’Iresen et le Cluster Tweed, concerne l’innovation dans le stockage de l’énergie et la production d’hydrogène vert pour l’industrie marocaine.

S’agissant du troisième protocole d’accord, conclu entre l’Iresen et Mohring Energie Maroc, il porte sur la coopération technique, la démonstration de technologies et la Recherche et développement (R&D).

La dernière convention, signée entre le Cluster Green H2, Fidaroc Grant Thornton et UGGC Africa Lawfirm, a pour objectif de créer une plateforme d’expertise multidisciplinaire pour l’écosystème de l’hydrogène vert au Royaume.

Le World Power-to-X Summit (8-9 octobre), coorganisé par l’Iresen, le Cluster Green H2, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et l’Agence marocaine de l’énergie durable (MASEN), sous l’égide du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, vise à promouvoir l’hydrogène vert en tant que levier clé pour la transition énergétique au Maroc et à l’international.

Construire une économie verte résiliente

Dans son discours d’ouverture, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a affirmé que le Maroc se positionne comme un acteur clé dans le domaine de l’hydrogène vert, grâce à une stratégie nationale ambitieuse visant à transformer le Royaume en hub de production d’énergie propre pour l’Afrique et le monde.

« Cette offre bénéficie de mesures incitatives et d’un cadre réglementaire solide, garantissant la mobilisation des ressources nécessaires à la réussite de ces projets », a-t-elle expliqué.

Dans ce cadre, la ministre a souligné la mise à disposition d’une base foncière d’un million d’hectares, dont 300.000 ha seront accessibles dès la première phase aux porteurs de projets. Elle a noté que le Royaume vise à jouer un rôle majeur dans la production et l’exportation d’énergies renouvelables, tout en renforçant son attractivité pour les investissements dans le secteur des technologies propres.

 

De son coté, le directeur général de l’Iresen, Samir Rachidi, a souligné que cet événement constitue une plateforme régionale majeure pour aligner les visions et accélérer le développement à grande échelle de l’économie de l’hydrogène vert, mettant en avant le rôle central du Maroc dans cette transition sous la direction du Roi Mohammed VI, avec des initiatives concrètes telles que l’offre Maroc Hydrogène vert et le projet d’ammoniac vert.

Le directeur général de l’Iresen a également mentionné la création de la plateforme « Green H2A » à Jorf Lasfar, qui servira de centre de référence pour tester les technologies hydrogène à l’échelle préindustrielle.

Mohammed Yahya Zniber, président du Cluster Green H2, a, pour sa part, souligné que l’hydrogène vert représente une avancée technologique cruciale pour le développement socio-économique du Maroc, soulignant que cette transition énergétique offre d’importantes opportunités aux petites et moyennes entreprises marocaines, créant des emplois et renforçant le tissu économique. « Grace à quinze ans d’expérience dans la gestion des ressources renouvelables, le Royaume est bien placé pour établir une chaîne de valeur solide autour de l’hydrogène vert, englobant la production, le transport, le stockage et le développement d’une industrie verte dédiée ».

Il a expliqué que « pour garantir la compétitivité internationale du Maroc, il est essentiel de favoriser une collaboration étroite entre le secteur privé et l’État, soutenue par des infrastructures adaptées et un cadre réglementaire favorable ».

Hicham El Habti, président de l’UM6P, a, lui, souligné que l’hydrogène vert est une priorité pour l’Université, qui a lancé la Plateforme technologique pour l’hydrogène vert. Ce projet, avec une capacité d’électrolyse de 4 mégawatts, vise à tester et optimiser les technologies à une échelle préindustrielle, contribuant ainsi au renforcement du secteur de l’hydrogène au Maroc.

De son coté, Tarik Moufaddal, président directeur général de Masen, a mis en avant la stratégie ambitieuse du Maroc pour devenir un acteur majeur dans la transition énergétique mondiale, en capitalisant sur ses ressources naturelles, sa position géographique et ses infrastructures de pointe, précisant que cet engagement inclut également une recherche constante d’excellence opérationnelle, de la conception à l’exploitation des infrastructures de production d’électricité verte.

« Masen vise à positionner le Maroc comme un hub majeur pour l’hydrogène vert, une initiative cruciale pour favoriser la transition énergétique et assurer une croissance durable », a-t-il fait remarquer, insistant sur l’importance de la coopération internationale et du partage d’expertise pour construire une économie verte résiliente.

S’appuyant sur le succès des éditions antérieures, l’événement de cette année se présente avec des ambitions encore plus élevées, rassemblant plus de 1.000 participants et 170 intervenants de renommée internationale provenant de 35 pays.

Plus de 25 sessions détaillées seront organisées pour explorer les dernières avancées, les défis et les opportunités dans le domaine des technologies « Power-to-X ».

Hydrogène vert : Driss Benhima décortique les défis de « l’offre Maroc »

Présenté par les organisateurs de l’évènement international − qui a réuni 1.000 participants et 170 experts intervenants − comme un expert en énergie durable, Driss Benhima, qui est aussi ingénieur de formation et a occupé plusieurs postes de responsabilité dans les secteurs public et privé (ministre, directeur général de l’ONEE, wali, PDG de la RAM, etc.), désormais reconverti dans le domaine du conseil, a développé au micro de Médias24 une analyse originale, tout en indiquant des points de vigilance sur l’essor des énergies renouvelables (EnR), censées affranchir le Royaume de son niveau élevé de dépendance énergétique, supérieur à 90%.

La création d’emplois, une variable cruciale pour Benhima

Benhima est formel : les stations de production d’EnR-capitalistiques en termes d’investissement, notamment les champs de production d’éolien modernes, ne créent pas beaucoup d’emplois. Il en est de même pour les champs photovoltaïques qui ne génèrent pas suffisamment de postes de travail directs.

Dans le même ordre d’idées, notre interlocuteur indique également que l’offre du Maroc portant sur l’hydrogène vert, pour sa composante relative aux unités (dessalement, production d’hydrogène, électrolyse de l’eau), ne créera pas beaucoup d’emplois.

« Il faut veiller à ce que tout le dispositif d’à côté, générateur d’emplois, soit créé au Maroc. Notre pays ne doit pas être un endroit où l’on exporte les machines pour se servir du soleil et du vent afin de produire une énergie propre exportée à l’étranger », alerte en substance l’expert en énergie durable.

Cela dit, Driss Benhima salue la prise de conscience des autorités, notamment celle de la ministre de tutelle Leila Benali, consciente de l’impératif de développer localement toute la chaîne de valeur industrielle de l’hydrogène vert. Ce qui implique, entre autres, le prompt développement de la capacité du Maroc à fabriquer les composants nécessaires à la construction d’unités de production d’hydrogène vert. Autre priorité selon l’ancien ministre : le développement du capital humain par la formation en la matière.

En résumé, l’enjeu pour le Maroc n’est pas seulement de produire de l’EnR, de l’hydrogène et de l’ammoniac verts ou d’avoir des unités de dessalement, mais de se positionner sur l’ensemble de la chaîne de valeur de ces activités.

À ce titre, Benhima cite l’exemple du secteur automobile, un domaine dans lequel le Royaume compte porter son taux d’intégration à 80% (contre 64% actuellement).

Le défi de la création d’une « nouvelle économie »

Concernant l’offre du Maroc relative à l’hydrogène vert − offre que le Souverain a demandé au gouvernement de mettre en œuvre −, l’ancien directeur général de l’ONEE explique : il ne s’agira pas simplement pour le gouvernement de valider les projets et d’allouer le foncier, mais aussi d’avoir un mécanisme de validation qui mesure l’impact des projets en matière de chaîne de valeur créée au Maroc.

En d’autres termes, le véritable défi de l’offre du Maroc portant sur l’hydrogène vert a trait à la création d’une nouvelle économie, génératrice d’emplois et de valeur ajoutée, centrée sur les EnR et les technologies. Ce qui, selon lui, fera du Maroc un centre industriel international en la matière.

En ce qui concerne la mobilisation des investissements nécessaires pour le développement de la production d’hydrogène vert, notre interlocuteur se montre rassurant, soulignant que le financement ne sera pas problématique du fait du niveau de compétitivité du Royaume en termes de prix de production d’énergie solaire et éolienne.

Pour rappel, il est indiqué dans la feuille de route de l’hydrogène vert que le développement de l’industrie de l’hydrogène vert au Maroc nécessiterait un investissement total, dans le scénario optimiste, de 140 MMDH jusqu’à 1.000 MMDH entre 2020 et 2050. Et ce, pour répondre aux potentiels de la demande à l’horizon 2050.

En définitive, si plusieurs experts souscrivent à l’idée que le Maroc doit commencer par de petits projets en matière d’hydrogène vert dans une première phase, l’ancien ministre n’est pas convaincu que le Royaume ne puisse pas démarrer avec la réalisation de grands projets.

« La gestion du Covid-19 et du séisme du Haouz, ainsi que le projet de Tanger-Med, ont démontré que le Maroc a des capacités stratégiques sur les plans économique, administratif et sur le front de l’organisation de l’Etat. Ce qui laisse penser que les grands projets d’hydrogène vert peuvent réussir », conclut-il.