Mokwena quitte le Wydad de Casablanca après un accord à l’amiable avec Aït Menna

Arrivé en novembre 2024 avec l’ambition de « ramener le Wydad au sommet du football africain », Mokwena n’a pas su convaincre. Sous sa direction, le club a disputé 16 rencontres toutes compétitions confondues, avec un bilan de 6 victoires, 6 matchs nuls et 4 défaites. L’élimination précoce en Coupe du Trône et l’instabilité des performances en championnat ont pesé lourd dans la balance.

Selon nos sources, le président Hicham Aït Menna a opté pour une rupture à l’amiable afin d’éviter un litige contractuel coûteux.

Amine Benhachem aux commandes jusqu’à la fin de la saison

Amine Benhachem, ancien joueur et entraîneur expérimenté sur la scène nationale, a été désigné pour assurer l’intérim jusqu’à la fin de la saison. Sa mission : relancer la dynamique du club et préparer au mieux la participation du Wydad à la Coupe du Monde des clubs 2025, qui se tiendra du 14 juin au 13 juillet aux États-Unis.

Coupe du monde des clubs 2025. Le Wydad affrontera Manchester City, la Juventus et Al Ain

À l’occasion de la Coupe du monde des clubs 2025 de la FIFA, disputée à 32 équipes du 15 juin au 13 juillet 2025 aux États-Unis, le Wydad de Casablanca (WAC) se frottera à ce qu’il y a de mieux sur la scène européenne et asiatique. Placé dans le groupe G lors du tirage au sort qui a eu lieu le jeudi 5 décembre à Miami, le vainqueur de l’édition 2022 de la Champions League africaine devra se mesurer à Manchester City, six fois vainqueur de la Premier League (Angleterre) lors des sept dernières années et champion d’Europe en 2023.

« Je suis satisfait de ce tirage au sort. Je voulais qu’on soit dans la même poule que Manchester City, c’est chose faite. Affronter un entraîneur que j’admire beaucoup comme Pep Guardiola, ça me motive », a souligné Rulani Mokwena, l’entraîneur du Wydad AC, dans une déclaration à la FIFA.

« Nous avons désormais six mois pour être au top et montrer à la face du monde de quoi nous, le Wydad AC, sommes capables », a-t-il ajouté. En plus des hommes de Pep Guardiola, le Wydad croisera la Juventus de Turin. Malgré des résultats en dents de scie ces dernières saisons, la vieille dame a retrouvé de l’allant et une identité de jeu cette année, sous les ordres de Thiago Motta.

Enfin, le WAC défiera le club émirati d’Al Ain, récent vainqueur de la Ligue des champions asiatique et qui compte dans ses rangs l’ancien attaquant du Raja et international marocain, Soufiane Rahimi. Sur le papier, le club émirati semble être l’adversaire le plus abordable pour les protégés de Rulani Mokwena.

Mais il leur en faudra plus afin d’espérer se qualifier pour le second tour et faire mieux que les deux éliminations précoces lors des éditions 2017 et 2023. En effet, dans cette nouvelle formule de la Coupe du monde des clubs, dont les dates et les horaires des rencontres seront confirmés ultérieurement, seuls les deux premiers de chaque groupe iront en huitièmes de finale.

En cas d’échec, les Rouges se consoleront avec une importante dotation financière. Selon le journal sportif L’Équipe, elle sera comprise entre 30 (330 millions de dirhams) et 40 millions d’euros (440 millions de dirhams) pour chaque participant. Des montants que la FIFA n’a pas encore confirmés. 

En revanche, l’instance internationale a enfin trouvé un diffuseur, puisque DAZN a acquis les droits exclusifs de la compétition dans le monde entier. « Je suis ravi d’annoncer que DAZN va proposer le meilleur du football de clubs gratuitement partout dans le monde. Cela veut dire que n’importe quel amateur de football pourra regarder les meilleurs joueurs des 32 meilleurs clubs s’affronter à la Coupe du Monde des Clubs », s’est félicité Gianni Infantino, le président de la FIFA.

Pour les supporters souhaitant assister à la Coupe du Monde des Clubs, ils peuvent dès à présent s’inscrire sur le site officiel où la FIFA prévoit de fournir prochainement des détails sur les ventes de billets, ainsi que sur les packs d’hospitalité qui permettront de profiter de services exclusifs lors des matchs.

WAC vs DHJ. Une nouvelle étape dans la quête du style Mokwena

« Nous avons encore besoin de temps. Je vous l’ai déjà dit à plusieurs reprises, nous ne sommes pas encore prêts ». A chaque conférence de presse, quel que soit le résultat, Rhulani Mokwena demande aux supporters de faire preuve de patience. Un discours parfois lassant mais qui n’est pas dénué de sens.

En comptant les deux rencontres disputées lors de la Coupe de l’Excellence, la réception du Difaâ Hassani d’El Jadida, ce samedi 28 septembre (18h), sera le 6e match officiel du technicien Sudafricain aux commandes du Wydad de Casablanca (2v, 2n, 1d). De toute évidence, les joueurs sont impliqués dans le projet de jeu porté par leur entraîneur. 

Cependant, ils éprouvent parfois des difficultés à l’appliquer. Ils bénéficient néanmoins de circonstances atténuantes : certains manquent de rythme, d’autres n’ont pas encore atteint leur forme optimale, et aucun n’a encore l’habitude de jouer avec ses nouveaux coéquipiers. 

Outre les automatismes et le vécu collectif indispensables pour la progression du Wydad, le style de jeu prôné par Rhulani Mokwena exige de Hamza Sakhi et ses coéquipiers une constance dans l’effort physique et mental. Un style où la concentration est aussi nécessaire que la justesse technique.

Pour le moment, les performances des joueurs souffrent d’une certaine irrégularité dans ces domaines. Une impression visuelle qui trouve écho dans les chiffres de quatre catégories statistiques clés :

– Le nombre de ballons récupérés dans les 30 derniers mètres adverses ;

– Le nombre de ballons perdus dans leurs propres 30 mètres ;

– Le taux de passes réussies dans le dernier tiers adverse ;

– Le nombre de passes progressives réussies.

L’analyse des matchs du Wydad, à travers le prisme de ces critères, désigne la victoire à la dernière minute sur penalty face au Moghreb de Tétouan comme la performance la plus aboutie jusqu’à présent, en termes de contenu (2,19 xG). Les catégories statistiques mentionnées offrent également un premier aperçu de la vision tactique que Mokwena souhaite insuffler à son équipe, avec le jeu de position comme rouage essentiel.

Cette approche stratégique repose sur plusieurs mécanismes, notamment le concept d’homme libre, la construction des actions à partir du gardien de but, la possession du ballon, ainsi que la récupération rapide après la perte.

Jeu de position et homme libre 

Si le coach du Wydad de Casablanca avait pour seule intention de posséder le ballon, la mission est réussie : son équipe domine cette catégorie statistique (72,3 %). Mais, le natif de Johannesburg ne se contente pas de cela. Pour lui, avoir la possession et contrôler le rythme du match est crucial, mais le jeu de position qu’il cherche à instaurer a pour objectif principal de créer de l’espace où un homme libre pourra se proposer pour recevoir le ballon.

Grâce au mouvement des joueurs, le défenseur parviendra à réaliser une passe qui fracture les lignes à l’intérieur du jeu, où l’espace a été créé.

Cet espace résulte des mouvements coordonnés et constants des joueurs qui l’entourent. Dans l’idéal, l’homme libre doit être trouvé entre les lignes, son but étant de contrôler le ballon, de se retourner et de faire avancer le jeu. Un stratagème très efficace, dont les avantages se manifestent lors des matchs, notamment en termes de fluidité du jeu et de création d’occasions. Cependant, elle ne porte pas encore ses fruits pour le WAC.

La raison principale en est un déchet technique encore trop important, à commencer par le gardien de but. En tant que garant de la première relance, il est crucial que ce dernier excelle dans cette tâche. Or, contrairement à d’autres portiers comme Anas Zniti du Raja de Casablanca (96% de passes réussies), Ali Mhamdi n’a pas su faire preuve d’un jeu au pied irréprochable (85 %).

Sur certaines séquences de jeu, l’ancien gardien de la Renaissance sportive de Berkane n’a pas permis à son équipe d’avancer, mettant même en péril sa défense. Cela a été particulièrement visible lors du match nul (1-1) contre l’Union Touarga Sportif (UTS). Ses défenseurs, quant à eux, ne sont pas exempts de reproches.

Le gardien du WAC rate une passe facile, offrant ainsi à l’adversaire l’opportunité de contre-attaquer.

En réalité, tous les joueurs ont montré des lacunes techniques, affichant un taux de passes réussies loin d’être exceptionnel (85 %). Ces difficultés mettent aussi en lumière le courage et la personnalité des hommes de Rhulani Mokwena. Ils ont réalisé le plus grand nombre de passes progressives dans l’élite (264). 

Une passe progressive pour exploiter l’espace.

Un pressing à améliorer

Cette performance est notable, car passer le ballon vers des zones offensives est toujours plus complexe que de le faire circuler latéralement. Cela exige précision et application, notamment dans les 30 mètres adverses, où les espaces et le temps de prise de décision sont davantage réduits.

À l’occasion de la deuxième journée du championnat face au MAT (1-0), les Rouges et Blancs ont globalement fait preuve d’application et ont réussi à imposer leur supériorité technique. Mais, lorsque l’adversaire est plus agressif sur le porteur, comme l’a été le MAS, les protégés de Rhulani Mokwena ont parfois donné l’impression de perdre leurs moyens.

Idem face à l’Union Touarga Sportif. L’équipe dirigée par le Marocain Abdel Zamrat a manœuvré tactiquement avec brio en fermant l’intérieur du jeu, obligeant les Wydadi à faire preuve de davantage de précision. Malheureusement, ces derniers n’ont pas réussi à élever leur niveau . Le match nul contre l’UTS a témoigné des lacunes du WAC à imposer un pressing haut et efficace, ne récupérant que peu de ballons dans le camp adverse (11).

Pour reprendre rapidement possession du ballon, il est crucial non seulement d’être déterminé, mais aussi d’avoir une bonne coordination et une courte distance entre les joueurs. Après trois journées de championnat, le Wydad reste l’équipe la plus efficace dans cette catégorie statistique, ne permettant que 4 passes par possession adverse. Toutefois, le positionnement haut de son bloc l’expose aux contres adverses lorsque son premier rideau de pressing est percé. 

Malgré leur présence en nombre dans le camp adverse, aucun joueur du WAC (en rouge) n’était à portée d’intervention.

Football. Rulani Mokwena, un pari audacieux pour l’avenir du Wydad

Rulani Mokwena s’apprête à relever le plus grand défi de sa carrière. À seulement 37 ans, le technicien sud-africain a été nommé entraîneur principal du Wydad. Le club casablancais n’avait jamais confié les rênes à un entraîneur aussi jeune. Un choix audacieux mais logique au vu des accomplissements de Rulani Mokwena. À la tête du Mamelodi Sundowns FC, le natif de Johannesburg a remporté un titre de championnat et une Super Ligue de la CAF, notamment aux dépens du… WAC.

Le 35e entraîneur étranger du Wydad aura pour mission de faire oublier une saison 2023-2024 décevante, achevée à une inhabituelle 6e place, loin des strapontins continentaux. Il sera aidé par un staff élargi, composé de cinq étrangers et de quatre assistants marocains.

Il n’en faudra pas moins pour instaurer « une philosophie de jeu unifiée dans toutes les catégories du club dans les trois prochaines années », a expliqué le président par intérim du WAC, Hicham Aït Menna, lors de la conférence de presse de présentation du coach sud-africain. Réussira-t-il à relever le défi proposé par les dirigeants du WAC ?

Une chose est sûre, avec ses compétences tactiques et son style de management, le technicien apportera un vent de fraîcheur au football marocain. Très proche de ses joueurs, Rulani Mokwena est adepte d’une philosophie de jeu orientée vers l’offensive. Son approche participative sera également un atout dans sa quête de reconnaissance en dehors de son pays natal.

Une première expérience d’entraîneur à l’âge de 14 ans

Fils, petit-fils et neveu de joueurs professionnels, le destin de Rulani Mokwena semble avoir été tracé à l’avance. « Mon grand-père (Eric Bhamuza Sono) et mon père (Julias Sono Hloae) étaient des légendes du football sud-africain, » explique-t-il dans un entretien accordé au site de la Fédération internationale de football (FIFA).

« J’ai baigné dans ce milieu et ma famille m’a beaucoup influencé. J’ai choisi de faire une carrière dans le football non seulement par choix, mais aussi par sentiment d’appartenance, » ajoute le technicien, dont les premiers pas en tant qu’entraîneur remontent à ses 14 ans, grâce à un concours de circonstances.

« J’étais le capitaine des U15 (Silver Stars,). Un jour, le coach des U13 s’est absenté. Alors j’ai décidé de prendre le ballon et de commencer une session d’entraînement ». Bien lui en a pris, puisqu’il a réussi à convaincre les dirigeants sud-africains de lui faire confiance jusqu’à la fin de la saison. 

Un épisode révélateur de ses talents de manager et de sa précocité. Cependant, il n’aurait certainement pas pris place sur un banc de touche aussi tôt s’il n’avait pas dû mettre un terme à sa carrière de joueur à 19 ans. « Après ma blessure au genou, j’ai décidé de devenir entraîneur en commençant par passer mes diplômes », révèle-t-il dans le même entretien.

Des Orlando Pirates aux Mamelodi Sundowns, en passant par le Sporting de Lisbonne, Rulani Mokwena a eu la chance de côtoyer des techniciens aguerris qui lui ont inculqué l’importance de l’attention aux détails et des structures défensives, tout autant que les aspects didactiques et pédagogiques.

Une approche participative qui combine accompagnement et autonomie 

La flexibilité managériale et la capacité d’adaptation de Rulani Mokwena seront ses principaux atouts pour aborder cette nouvelle expérience. « Je suis curieux dans la vie comme dans le football. Je remets beaucoup en question mes convictions et je sais m’adapter quand il le faut ».

Autoritaire à ses débuts, le Sud-Africain a su faire évoluer son style de leadership pour adopter un management moins rigide. Que ce soit lors des séances d’entraînement ou dans l’utilisation des joueurs, son approche participative combine accompagnement et autonomie. C’est un coach dans l’air du temps, qui n’hésite pas à lancer des joueurs novices dans le grand bain.

D’ailleurs, même s’il est amené à évoluer au fil du mercato estival, l’effectif du Wydad de Casablanca reste l’un des plus jeunes du championnat, avec une moyenne d’âge de 25,3 ans (3e). Alors qu’un tiers des joueurs n’ont pas plus de 24 ans. Ce n’est pas un hasard si ses sources d’inspiration sont Pep Guardiola, José Mourinho, Arsène Wenger, Roger Schmidt ou encore De Zerbi.

« J’analyse méticuleusement leurs séances d’entraînement et leurs modèles de jeu. Ils ont une influence majeure sur la manière dont je conçois le football », affirme-t-il. La possession et l’attaque, oui, mais pas seulement. Sur le banc du Mamelodi Sundowns FC, il a façonné une équipe dont le style de jeu est principalement axé sur la possession du ballon, tout en étant capable de varier ses attaques.

Mobilité et positions sont interchangeables

Lors de la dernière édition de la Ligue des champions africaine, Mamelodi Sundowns affichait le plus haut pourcentage de possession, et de loin (65 %). C’est également l’une des équipes (4e) qui se sont créées le plus d’occasions dans le jeu (10 par match). Bien que sa formation préférentielle soit le 4-3-3, Rulani Mokwena n’hésite pas à s’adapter à ses adversaires, privilégiant parfois la verticalité à la largeur.

Le Mamelodi Sundowns version 2023-2024 pratiquait l’un des footballs les plus séduisants du continent. L’équipe pouvait aussi bien se structurer en 4-3-3, en 4-2-3-1 ou en 4-4-2 en losange. En phase de possession, l’objectif premier réside dans une bonne occupation du terrain. 

Les latéraux, placés très haut, étirent les défenses adverses pour créer des espaces où plongent les attaquants et les milieux de terrain relayeurs. Ces derniers font preuve de mobilité, et leurs positions sont interchangeables. Les nombreuses transmissions dans le dernier tiers du terrain (56 par match) et les multiples touches de balle dans la surface de réparation adverse (16 par match) témoignent d’une forte présence dans le camp d’en face et d’un bon quadrillage du terrain.

La position haute des latéraux (en bleu), avec des attaquants en nombre vers la surface de réparation (jaune).

Le positionnement haut pratiqué par Mokwena influence positivement les intentions défensives de ses équipes. À savoir, récupérer le ballon le plus rapidement possible. Mamelodi Sundowns ne permettait pas à l’adversaire d’effectuer plus de sept passes par possession. Ce chiffre révèle la capacité du technicien à instaurer un pressing et un contre-pressing efficaces, récupérant en moyenne une quinzaine de ballons dans les 30 mètres adverses toutes les 90 minutes.

En conséquence, les Sud-Africains avaient l’une des meilleures défenses de la compétition, ne concédant que cinq tirs cadrés par match. Toutefois, son plan de jeu a parfois montré ses limites. Comme toute équipe qui privilégie l’attaque à la défense, le maintien d’un équilibre défensif peut s’avérer difficile. L’adversaire capable de profiter des espaces dans le dos des centraux et des latéraux pourrait mettre à mal la stratégie défensive instaurée par Rulani Mokwena. Cependant, le potentiel du technicien est tel que le pari vaut la peine d’être tenté.

La gestion des espaces dans le dos de la défense s’avère parfois problématique.

Football. Quelle est la valeur des joueurs de la Botola Pro ?

En attendant que le nouveau modèle de développement du football national, engagé par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), porte ses fruits, la valorisation des joueurs de la Botola Pro, estimée au total à 1,5 milliards de dirhams (dont 73 joueurs étrangers sur 520), demeure en-deçà des objectifs.

Si certains ont vu leur valeur marchande exploser lors de la saison 2023-2024, cela reste encore anecdotique. Auteur d’une saison pleine sous les couleurs de l’AS FAR, Amine Zouhzouh a vu son prix tripler depuis son transfert en provenance de l’Union Touarga pour 4,8 MDH, lors du précédent mercato estival.

Formé à l’Académie Mohamed VI de football, le milieu de terrain offensif de 23 ans a réalisé des prestations remarquables, ponctuées de 12 buts et 10 passes décisives en 36 matchs. Sa valeur est désormais estimée à 16 millions de dirhams selon le site référence, Transfermarkt. Cependant, rares sont les joueurs du championnat national à tutoyer ces hauteurs en termes de valorisation.

Excepté Hamza Igamane (7 buts et 6 passes décisives), transféré pour la somme de 3 millions d’euros (32 millions de dirhams) aux Glasgow Rangers (Écosse) en provenance du club de la capitale, seulement quatre joueurs sont valorisés à au moins 16 millions de dirhams. Au-delà de l’attaquant algérien du Raja de Casablanca, Yousri Bouzok (21 millions de dirhams), les joueurs marocains en haut de ce classement sont le portier Mehdi Benabid (AS FAR) ainsi que ses coéquipiers Mohamed Rabie Hrimat et donc Amine Zouhzouh.

 

L’effectif du Wydad de Casablanca valorisé à 208 MDH (2023-2024)

En élargissant le spectre, douze footballeurs marocain de la Botola sont valorisés à hauteur d’au moins 10 MDH. A l’échelle régionale, le championnat marocain reste l’une des ligues professionnelles dont les joueurs ont la valeur marchande la plus élevée, juste derrière la Premier League égyptienne :  

– Premier League (Egypte ) : 1,8 MMDH (17,4% de joueurs étrangers) ; 

– Botola Pro : 1,5 MMDH (14% de joueurs étrangers) ; 

– Ligue 1 Pro (Algérie) : 1,03 MMDH (5,3% de joueurs étrangers) ;  

– Ligue Pro (Tunisie) : 932 MDH (16,1% de joueurs étrangers) ; 

A titre de comparaison, l’attaquant du Zamalek, Zizo, est valorisé à environ 48 MDH, alors que 19 de ses compatriotes évoluant dans le championnat local valent au moins 10 MDH. Cette disparité trouve également un prolongement en termes de valorisation des clubs. Avec un effectif de 45 joueurs dont 10 étrangers, estimé à 208 MDH, le Wydad de Casablanca se situe loin de la valorisation des 35 joueurs d’Al Ahly (347,6 MDH), qui compte 7 joueurs étrangers dans ses rangs.

Dans les faits, les clubs de la Premier League égyptienne ne sont pas totalement immunisés contre les crises financières. Mais globalement, ils ont davantage de latitude sur le marché des transferts pour concurrencer les clubs marocains sur le plan continental, n’hésitant pas à piocher dans le vivier national : 

– Reda Slim : cédé en 2023 par l’AS FAR à Al Ahly pour 2 millions d’euros (21,3 MDH) ; 

– Badr Benoun : vendu en 2020 par le Raja de Casablanca à Al Ahly pour 1,7 millions d’euros (18 MDH) ; 

– Walid El Karti : transféré aux Pyramids FC en 2021 par le Wydad de Casablanca pour 1,6 millions d’euros (17,3 MDH) ; 

– Walid Azaro : acheté par Al Ahly au Difaa El Jadida en 2017 pour 1,4 millions d’euros (14,9 MDH)

– Mohamed Ounajem : cédé par le Wydad de Casablanca au Zamalek en 2019 à hauteur de 1,3 millions d’euros (14,4 MDH) ;  

– Hamid Ahadad : vendu par le Difaa El Jadida au Zamalek pour 1,2 millions d’euros (12,8 MDH).  

Les montants de ces transactions sont largement inférieurs aux prix pratiqués notamment sur le marché européen ou sud-américain. Cela dit, le transfert le plus élevé enregistré par un club marocain est supérieur à celui effectué par Al Ahly, lors de la vente du défenseur Ahmed Hegazy vers West Bromwich Albion (Angleterre) pour 5 millions d’euros (53,4 MDH). En juillet 2018, Ayoub El Kaabi a rapporté à la Renaissance sportive de Berkane 6 millions d’euros (64,1 MDH) en signant au Hebei FC (Chine).  

Age du joueur, durée du contrat, position…

L’estimation de la valeur d’un joueur sur le marché des transferts découle de plusieurs critères rationnels. L’Observatoire du football du Centre international d’étude du sport (CIES) a établi plusieurs indicateurs, certains plus importants que d’autres, qui peuvent déterminer la valeur d’un joueur. 

-L’âge du joueur : plus il est jeune, plus le potentiel de progression d’un joueur est important ; 

-La durée restante du contrat : plus la durée du contrat est réduite (moins de deux ans), plus le pouvoir de négociation du club propriétaire est faible ;

-Le poste du joueur : les attaquants et joueurs réputés décisifs sont plus demandés que les défenseurs et les gardiens de but ; 

-Le statut en club et en sélection : dans ce cas, sont pris en compte le club et le championnat où évolue le joueur mais aussi son statut (titulaire ou remplaçant). Sans oublier ses performances, comme le nombre de buts inscrits.

D’autres éléments peuvent également influer sur la valeur marchande d’un joueur, en particulier la concurrence entre les clubs intéressés qui fait monter les enchères, mais aussi la situation économique des championnats d’accueil. D’après l’Observatoire du football du CIES, la France est la principale terre d’accueil des joueurs qui ont évolué dans le championnat marocain. 

L’Atlas des migrations, outil cartographiant les flux internationaux de footballeurs en se basant sur un échantillon qui se compose des joueurs présents dans 147 ligues à travers le monde ayant grandi dans une association différente que celle du club d’emploi et ayant migré à l’étranger dans le contexte de leur carrière, indique que 15 des 61 joueurs marocains expatriés évoluent en France. 

Or, le football hexagonal traverse une crise sans précédent en raison de la difficulté rencontrée par la Ligue de Football professionnel (LFP) à trouver un diffuseur télévisuel à un mois et demi de la reprise du championnat. Autrement dit, la surface financière des clubs français en matière de transfert est drastiquement réduite, voire inexistante pour certains. 

Une situation qui risque de répercuter sur les championnats pourvoyeur de jeunes talents, dont la Botola Pro. En témoigne l’intérêt qui tarde à se concrétiser de l’Olympique Lyonnais pour la révélation de la saison en Botola Pro, Amine Zouhzouh.

Le trading, une stratégie efficace 

La pérennité économique des clubs marocains passera nécessairement par des ventes et une meilleure valorisation de leur joueurs. Pour preuve, le FUS de Rabat, dont le modèle économique repose principalement sur le trading, en misant sur des prospects. Lancés très tôt dans le grand bain, ces joueurs en devenir génèrent d’importantes plus-values quelques années plus tard, à l’image de Nayef Aguerd. 

Acheté en 2013 à l’Académie de football Mohamed V pour un peu plus de 160.000 DH, le natif de Rabat a été revendu par le club de la capitale dix fois plus au FC Dijon quelques années plus tard. Même s’il n’a pas eu le même rayonnement sportif que son ex-coéquipier, Rachid Bouharoud, a lui aussi permis au FUS d’engranger 600.000 euros (6,4 MDH) au moment d’être transféré depuis son club formateur vers le club espagnol du FC Malaga la même année.   

Des bénéfices qui seront réinvestis dans d’autres joueurs prometteurs par la suite. S’il n’assure pas des titres à foison, ce cercle vertueux garantit une situation économique saine. Les clubs casablancais ont également fait de gros coups par le passé, après avoir transféré des pépites principalement vers les clubs asiatiques.

Sauf que la pression populaire et le dogme des résultats sont si prégnants dans l’environnement du Raja et du Wydad que les deniers gagnés sont immédiatement réinvestis dans l’achat de joueurs confirmés pour contenter la soif de titres de leurs supporters. Résultat, le ruissellement des manne financières vers le football amateur n’est pas toujours garanti.

D’où l’importance de la réforme stratégique engagée par la FRMF, dévoilée en exclusivité par Médias24. Un nouveau modèle du football marocain qui entend notamment améliorer la formation des joueurs pour une meilleure valorisation. 

MAS, RAJA, RSB, WAC, OCS… : qui détient les clubs de foot au Maroc ?

Sur le papier, les clubs marocains de football sont des SA qui doivent être gérées en tant que telles, mais dans la pratique, il reste encore à faire. Gestion financière hasardeuse dans bien des cas, séparation entre l’actionnariat et la gestion opérationnelle du club quasi absente, cumul des fonctions, … La transformation des associations sportives en sociétés anonymes a un goût d’inachevé.

Sans mettre tout le monde dans le même panier, certains dirigeants sont accusés de mauvaise gestion par les supporters, laissant les clubs dans des situations financières difficiles.

D’autres font face à des poursuites judiciaires, voire à des condamnations. Certes, ces dossiers ne sont pas en lien direct avec leur responsabilités sportives, mais il n’en demeure pas moins que cela a des incidences sur la bonne gestion des clubs, car ils continuent indirectement à être impliqués ou même à les diriger à travers la société anonyme.

Que dit la loi ?

Les clubs ne sont plus dirigés par un président élu seulement. Derrière, une société, des actionnaires et des dirigeants contribuent à la prise de décision, mais aussi au financement.

À la suite de cette période de transformations, il a été communément admis que les clubs de foot doivent détenir 90% des parts de ces sociétés. Cette perception est erronée. La loi prévoit un minimum de 30%. Le reste peut être détenu par des tiers, autres que le club. Généralement, ce sont des dirigeants ou anciens dirigeants des clubs qui figurent parmi les associés. Certains détiennent parfois plus de 60% des parts, même après avoir été “chassés” de la présidence du club par le public.

S’ils font partie des actionnaires, c’est en raison de la forme de la société qui exige la présence de 5 actionnaires, au moins, pour la constituer. Ainsi, au moment de la création, les dirigeants acquièrent des parts de la société, aux côtés de l’association sportive.

L’analyse des statuts de six clubs marocains (RCA, RSB, MAS, WAC, OCS et SCCM) permet de conclure que la tendance générale est d’accorder à l’association la part du lion (plus de 90%). Les quatre autres actionnaires ne détiennent qu’une part, sauf deux exceptions sur ces 6 clubs : le cas du MAS (30% seulement pour l’association sportive) et celui du RSB (l’un des associés qui détient une part, représente deux personnes morales qui détiennent elles aussi des parts).

Il convient de noter que le cas de l’Association sportive des Forces armées royales (AS. FAR) est particulier. Le club a donc été exempté de la transformation exigée par la loi 30.09.

Peut-on continuer à décider de l’avenir d’un club après en avoir quitté la direction ? Qu’adviendra-t-il des sociétés sportives quand son dirigeant/associé est placé en détention ? Faut-il céder les parts acquises à travers la fonction de président du club, après l’avoir quitté ?

Avant de revenir sur ces questions dans un prochain article, nous dédions celui-ci à une question prioritaire : à qui appartiennent les clubs de foot ?

Dans son article 15, la loi 30.09 dispose que la société sportive prend la forme d’une société anonyme “dont le capital est composé obligatoirement d’actions nominatives, et dont le tiers au moins des actions et le tiers au moins des droits de vote doivent être détenus par l’association sportive”.

Les éléments présentés ci-dessous sont issus de documents officiels et légaux disponibles ou de sources sûres.

Qui détient quoi dans les clubs

Si certaines sociétés sportives ont opté pour l’octroi de la majorité des parts à l’association sportive, d’autres ont choisi d’accaparer la part du lion, en ne laissant au club que 30% à 34% des parts.

Le cas le plus édifiant, et qui fait l’objet de polémiques actuellement, est celui du Maghreb Association sportive de Fès (MAS). Le club connaît aujourd’hui une situation financière difficile et pointe du doigt le président du conseil d’administration de la société sportive Maghreb Association sportive de Fès football, qui n’est autre qu’Ismail Jamaï, ancien président de l’association sportive.

Selon les statuts de la société sportive consultés par Médias24, l’association ne détient que 30% des parts de la société dont le capital social est de 10.000.000 DH. Les premiers administrateurs désignés dans lesdits statuts sont Ismail Jamaï, Khalid Jamaï et Mohamed Ameur.  Ismail Jamaï est, lui, président du conseil d’administration.

Sous la pression du public, Ismail Jamaï a déposé sa démission de la direction du club, en septembre 2023. Or, détenant, à lui seul, 67% de ses actions de la société anonyme, Ismail Jamaï reste de facto dans les instances du MAS. Les 3% restants sont détenus par des personnes physiques.

Contrairement au MAS, l’association sportive de la Renaissance sportive de Berkane football (RSB) détient la majorité des parts de la société, dont le capital social est de 300.000 DH. Aux côtés de l’association (avec ses 2.995 parts), l’on compte cinq autres associés dont le président du club Abdelhakim Bouazza Benabdellah et Abdelmajid Madrane avec deux personnes morales que ce dernier représente : les sociétés Bouchimad et Mabouch Café.

Autre club dont quelques associés sont des personnes morales : le Sporting Club Chabab Mohammédia (SCCM). Selon les statuts de la société sportive, consultés par nos soins, l’association sportive détient 99,96% des parts de la société, dont le capital est d’un million de DH divisé en 10.000 actions.

Ainsi, aux côtés de l’association sportive représentée par son président Hicham Ait Manna, l’on compte une personne physique (Med Amine Berrada) et deux personnes morales (la société Soprima, représentée par Karim Belmaachi, et la société Aylis participation représentée par Aïda Berrada).

Par ailleurs, il convient de rappeler, comme révélé par Médias24 dans un précédent article, que le président directeur général actuel de la société sportive du SCCM n’exclut pas de se présenter à la présidence du WAC, où la situation est tout autre.

De la direction à la détention

Au Wydad, la vacance de la présidence à la suite du placement en détention préventive de Saïd Naciri qui a présidé le club pendant près d’une décennie pose problème. Dans l’urgence, le club a confié au premier vice-président Abdelmajid Bernaki l’intérim de la gestion des affaires courantes du club, en attendant la tenue des assemblées générales.

Saïd Naciri est d’ailleurs le seul dirigeant de la société sportive, selon les informations consultées par nos soins. Nos recherches dans les documents officiels et publics, ne nous ont pas permis d’identifier les associés de la société sportive du WAC, dont le capital social est de 10.000.000 DH.

Les statuts de l’entreprise, établis en mars 2018 et signés par Saïd Naciri en sa qualité de “fondateur”, indiquent, à travers l’article 7 relatif au “capital social/actionnaire” que “le tiers au moins des actions et le tiers au moins des droits de vote doivent toujours être détenus par l’association sportive ‘Wydad Athletic Club’, par abréviation WAC”, cela étant le minimum prévu par les statuts, conformément à ce que prévoit la loi. La part que détient l’association peut être plus importante.

Contrairement aux statuts des cinq autres clubs objet de cet article, seul le WAC ne précise pas la part exacte de chacun de ses associés, ni leur identité.

Une source sûre  du club contactée par Médias24 nous assure que l’association détient 99,99% des parts de la société sportive du WAC. Les autres actionnaires, dont Said Naciri, ont une part chacun. Et ce, uniquement pour satisfaire la condition de création d’une société anonyme, qui est la présence de 5 associés, au moins.

Les associés du WAC, selon notre source sont donc l’association sportive du club, Said Naciri, Abderrahim Fikri, Salaheddine Chafiki et Anouar Zine.

Mohamed El Hidaoui de l’OCS

Le cas d’un dirigeant en détention est particulier, mais il n’est pas isolé. C’est le cas également de Mohamed El Hidaoui de l’OCS et de Aziz El Badraoui, ex-président du Raja Club Athletic.

Pour le cas du Raja, la société sportive est dotée d’un capital social de 300.000 DH divisé en 3.000 parts d’une valeur de 100 DH chacune, dont Aziz El Badraoui détient une part. Idem pour les quatre autres associés : Mohammed Marouane, Karim Youssoufi, Mehdi Eloufir et Ahmed Sahnoune.

L’association sportive, elle, en détient 2.995, soit 99,83%.

Cela dit, il convient de souligner que les statuts établis en août 2022 prévoient que “dans tous les cas, 34% au moins des actions et 34% au moins des droits de vote doivent être détenus par l’association sportive dénommée Raja Club Athletic”.

Par ailleurs, après le départ de Aziz El Badraoui, c’est Mohamed Boudrika qui a été élu président du club en mai 2023. Il est possible que des changements soient opérés au niveau des statuts pour revoir la distribution des parts de la société sportive.

Quant à Mohamed El Hidaoui, condamné en décembre dernier par la cour d’appel de Casablanca à purger une peine de huit mois d’emprisonnement pour des faits d’escroquerie, celui-ci fait partie, depuis mars 2023, des actionnaires de la société sportive de l’OCS (avec une part).

Outre le président et l’association, la société sportive compte quatre autres associés, dont Rachid Najib et Marouane Rachid, qui faisaient partie des premiers administrateurs désignés par les statuts de la société lors de sa création par Ahmed Bougotaya, lui aussi toujours actionnaire.

Les statuts de l’entreprise prévoient que 99,86% des parts vont à l’association OCS FC.

Foot. Pourquoi le WAC est en si mauvaise posture (data)

L’avenir de Adil Ramzi à la tête de la direction technique du Wydad de Casablanca ne tient plus qu’à un fil, tendu au moins jusqu’à ce mercredi 6 décembre au soir, à l’issue de la rencontre qui opposera le WAC au Mouloudia d’Oujda (18h), à Mohammédia. 

Un rendez-vous crucial pour le technicien marocain, qui n’a pas à rougir de son bilan depuis son intronisation en juillet dernier, mais qui semble plus que jamais fragilisé par la série de quatre défaites consécutives et la spirale négative dans laquelle est engluée son équipe, dernière de son groupe en Ligue des Champions africaine et 7e de la Botola Pro mais en comptant trois matchs en retard. 

Outre la fatigue liée à l’enchainement des matchs, afin d’expliquer la crise actuelle traversée par les Rouges et Blancs, il ne suffit pas de pointer du doigt leurs performances individuelles et collectives ; il faut également souligner l’instabilité structurelle qui définit le Wydad de Casablanca depuis quelques saisons. Explications. 

Adil Ramzi peine à mettre en place ses préceptes tactiques

Adjoint pendant plusieurs mois de l’illustre avant-centre néerlandais Ruud Van Nistelrooy, Adil Ramzi est par la force des choses adepte d’un style de jeu privilégiant les attaques positionnelles aux contre-attaques et les transitions rapides vers l’avant.

Sur le papier, le jeu court espéré est léché, fait de mouvements coordonnés et de renversements en vue de mettre dans de parfaites conditions l’ailier à l’opposé pour qu’il puisse alerter des attaquants dans la surface de réparation. Sur le terrain, le technicien a réussi à insuffler ses préceptes mais en partie seulement. 

Si le Wydad de Casablanca jouit d’une possession supérieure en comparaison à la saison dernière, il souffre d’un manque de maîtrise dans les petits espaces et de l’absence d’un avant-centre capable de régulièrement faire trembler les filets. En effet, ce n’est pas le cas de Charki El Bahri (4 buts en 7 matchs) et encore moins de Bouly Jr. Sambou (2 buts en 5 matchs). Il s’agit là des deux meilleurs buteurs du WAC. Une lacune se traduisant par un secteur offensif moins performant par rapport à la précédente saison. 

Le problème est que pour l’instant, le Onze wydadi peine à se créer des occasions nettes. Pour preuve, en plus d’être moins prolifique que la saison dernière, l’attaque du WAC est en surrégime puisqu’elle a inscrit 11 buts pour un score xG de 9. 

Une fébrilité défensive qui interroge 

Dans le football moderne, être efficace dans les deux surfaces de réparation est une condition sine qua non de la haute performance. Or, le Wydad est en surrégime offensivement mais aussi défensivement. Les hommes d’Adil Ramzi ont encaissé plus de buts qu’ils n’auraient dû. 

Si l’on se fie au score xG contre, c’est-à-dire au nombre de fois où le gardien aurait dû chercher le ballon au fond de ses filets, le Wydad devait encaisser 6 buts. Sauf que la défense du vice-champion du Maroc a été battue à huit reprises en Botola. La faute à des erreurs individuelles flagrantes plus qu’à des lacunes tactiques, car si Adil Ramzi fait la composition d’équipe, ce sont bien les joueurs qui sont sur le terrain.

 

Une instabilité chronique 

Une vue générale de la situation met en évidence des dysfonctionnements qui dépassent à la fois l’entraîneur et ses joueurs. C’est un secret de polichinelle, la stabilité n’est pas le point fort du board du Wydad. Pour vous donner un ordre de grandeur, Adil Ramzi est le 4e coach à diriger le WAC depuis janvier 2023.

Et si l’on remonte un peu plus loin, on se rend compte que le natif de Marrakech est le 13e entraîneur à qui l’on a confié les commandes du Wydad depuis janvier 2020. Dans ces conditions, il paraît illusoire de mener à bien un projet de jeu et encore moins une politique sportive sur le long terme. 

Et ceci, d’autant qu’en matière de mercato, le WAC bat tous les records. D’ailleurs, lors de la période de transfert estivale, le club casablancais a été concerné par 35 mouvements, dont 15 départs et 20 arrivées. Au vu des résultats actuels, difficile d’affirmer que le millésime 2023-2024 est meilleur que son prédécesseur. 

D’aucuns diront qu’il est encore trop tôt dans la saison pour porter un tel jugement. Nous ne sommes pas contre l’idée, mais encore faut-il que le coach soit toujours en place dans quelques mois. L’avenir nous le dira.

Qatar 2022. Du PSG au Barça, voici les montants que les mondialistes marocains ont rapporté à leurs clubs respectifs

La FIFA a publié la liste des clubs ayant bénéficié de reversements d’une partie des recettes du Mondial 2022 pour avoir mis des joueurs à la disposition des équipes nationales. On a ainsi appris que le Wydad et le Raja ont été les seuls bénéficiaires au Maroc. Mais l’institution du football mondial n’a pas fourni tous les détails sur ce qu’a rapporté chaque joueur ni à quel club. Médias24 a donc reconstitué:

-quels sont les joueurs à l’origine des versements au Raja et au Wydad.

-combien a rapporté chaque joueur de l’équipe du Maroc et à quel club.

On apprend ainsi qu’en plus du WAC et du Raja, plusieurs clubs prestigieux ont bénéficié des reversements au titre des joueurs marocains: PSG, Fiorentina, Chelsea, Ajax amsterdam, Bayern de Munich, Inter de Milan, Al Ahly, Barça et d’autres encore…

Reconstitution, calcul, répartition et infographies.

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Au total, les internationaux marocains ont permis à leurs clubs respectifs d’empocher la coquette somme de 92,74 millions de DH (9,63 millions de dollars). Sur les 37 clubs concernés, le Wydad de Casablanca a remporté la plus grosse part du gâteau, en récoltant environ 13 MDH (1,4 million de dollars).  

Le WAC est talonné de près par le FC Séville. Le pensionnaire du championnat espagnol, dont les finances sont exsangues actuellement, a bénéficié d’un peu plus de 7 millions de DH (741.200 $) grâce aux excellentes prestations de Yassine Bounou (3,5 MDH, 370.600 $) et Youssef En-Nesyri (3,5 MDH, 370.600 $) qui ont hissé l’équipe nationale dans le dernier carré du mondial. 

Comment est calculée la répartition ? 

Avant de détailler le programme de répartition des bénéfices, il s’agit d’abord d’expliquer la formule du calcul. D’après la circulaire de la FIFA n° 1844, datée du 4 mai 2023, le montant brut à distribuer (2,01 milliards de DH, 209 millions de dollars) a été divisé par le nombre total de jours cumulés, ce qui aboutit à un montant arrondi par joueur et par jour de 10.950 $ (105.400 DH), dont il convient de retrancher les taxes et autres déductions éventuelles. 

« Ce montant arrondi est multiplié par le nombre de jours de présence de chaque joueur dans la compétition, à partir de la date de mise à disposition des joueurs pour la Coupe du Monde Qatar 2022, jusqu’au jour suivant le dernier match de leur sélection respective », ajoute la même source. 

Sachant que la date de la mise à disposition des joueurs pour le Mondial a été fixée au 14 novembre 2022, et que le dernier match du Maroc date du samedi 17 décembre 2022 (défaite 2-1 contre la Croatie lors de la petite finale), les Marocains auront été engagés lors de la Coupe du monde pendant 34 jours. Une durée qu’il faut multiplier par 10.900 dollars (104.919 DH), soit 370.600 dollars (3,56 millions de dirhams) pour chaque joueur ayant été présent pendant les 34 jours.

Le total par joueur est divisé par trois, puis distribué au(x) club(s) dans le(s)quel(s) il a été enregistré lors des deux années précédant la phase finale de la compétition, comme suit : 

– un tiers est distribué au club dans lequel le joueur était enregistré durant la compétition (saison 2022-2023) ;

– un tiers est distribué au club dans lequel le joueur a été enregistré au cours de l’année précédant la compétition (saison 2021-2022) ;

– un tiers est distribué au club dans lequel le joueur a été enregistré entre une et deux années avant la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022 (saison 2020-2021). 

Trois clubs remportent la mise

En s’appuyant sur cette formule, plusieurs joueurs de l’équipe nationale ont permis à un seul club d’empocher la totalité (les trois tiers) de la dotation, dont : 

– Le Wydad de Casablanca a encaissé environ 13 MDH (1,4 millions de dollars), grâce à Reda Tagnaouti (3,56 MDH), Yahya Attiat Allah (3,56 MDH), Yahya Jabrane (3,56 MDH), mais aussi Achraf Dari (2.37 MDH), dont une partie de la dotation a toutefois été attribuée à son club actuel, le stade brestois.

– Le FC Séville a encaissé plus de 7 MDH, grâce à Yassine Bounou (3,5 MDH) et Youssef En-Nesyri (3,5 MDH).

– Le Real Valladolid a empoché 3,5 MDH, grâce à la participation de Jawad El Yamiq.

Dans le cas de certains joueurs, la répartition des bénéfices a concerné au moins deux clubs. Par exemple : 

– Achraf Dari : Stade brestois 29 (1,18 MDH) / WAC (2,37 MDH) ;

– Badr Benoun : Qatar SC (1,37 MDH) / Al Ahly (1,88 MDH) / Raja de Casablanca (307,422 DH) ; 

– Nayef Aguerd : West Ham United (1,18 MDH) / Stade Rennais (2.37 MDH) ; 

– Romain Saïss : Beşiktaş JK (1,18 MDH) / Wolverhampton (2,37 MDH) ; 

– Achraf Hakimi : Paris Saint-Germain (2,37 MDH) / Inter de Milan (1,18 MDH) ; 

– Noussair Mazraoui : Bayern Munich (1,18 MDH) / Ajax Amsterdam (2,37 MDH) ;

– Azzedine Ounahi : Angers SCO (2,37 MDH) / US Avranches (1,18 MDH).

Par ailleurs, le football marocain a empoché 1,49 million de dollars américain (13,4 MDH) sur les 4,5 millions de dollars (43,3 MDH) alloués aux clubs du continent africain. Soit le deuxième meilleur total, derrière la Tunisie (1,43 million de dollars, l’équivalent de 13,7 millions de DH). 

https://medias24.com/2023/07/13/la-fifa-verse-au-wydad-et-au-raja-une-part-des-fonds-du-mondial-qatari/

Le Wydad assuré de participer à l’édition 2025 du Mondialito

Le Wydad de Casablanca fait partie des clubs des six confédérations qui sont « assurés de participer à l’édition inaugurale de la Coupe du monde des clubs en 2025, après que les nouveaux principes de sélection des équipes participantes ont été approuvés à l’unanimité par le Conseil de la FIFA, ce mercredi 15 mars 2023 à Kigali, au Rwanda », précise un communiqué de la FIFA.

« La décision initiale de procéder à une refonte du format de la compétition, qui se déroulera désormais tous les quatre ans et réunira 32 formations (AFC : 4, CAF : 4, Concacaf : 4, OFC : 1, CONMEBOL : 6, UEFA : 12, pays hôte : 1) a été prise par ce même Conseil en décembre 2022″, ajoute la même source.

Si les vainqueurs de la principale compétition interclubs de cinq des six confédérations au cours des quatre saisons précédant la compétition ont validé automatiquement leur billet, ce n’est pas le cas de la Confédération océanienne de football (OFC).

« L’OFC constitue la seule exception, puisque son représentant sera déterminé par les résultats des vainqueurs de la compétition phare de clubs sur l’ensemble de la période de qualification de quatre ans », souligne la Fédération internationale.

Voici les clubs qui ont déjà assuré leur participation :

Le Raja, le Wydad et l’AS FAR représenteront le Maroc à la Coupe arabe des clubs

Tenant du titre (2019-2020), le Raja de Casablanca participera à la Coupe arabe des clubs champions 2023 « sur invitation de l’Union arabe de football », précise un communiqué de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Pour sa part, « le Wydad de Casablanca doit sa participation à son titre de Champion du Maroc », ajoute la même source.

Les clubs casablancais auraient tout aussi bien pu être invités en hommage à leur formidable empoignade (4-4), le 24 novembre 2019, à l’occasion du huitième de finale retour de la dernière édition (2019-2020).  De son coté, l’AS FAR est invité en raison de sa troisième place acquise lors de la dernière édition de la Botola Pro.

La participation de ces trois clubs dans cette compétition, suspendue jusqu’ici à cause de la crise sanitaire, intervient « sur la base du mérite sportif exigé par l’Union arabe et après accord de la FRMF, vu que la date de cette coupe n’interfère pas avec le programme général du championnat national », conclut le communiqué de la FRMF.

Le matériel vidéo du staff du Wydad Casablanca confisqué par les autorités algériennes

Le Wydad va lancer la défense de son titre en Ligue des champions de la CAF par un déplacement en Algérie où l’attend, ce vendredi 17 février, la JS Kabylie, sur la pelouse du stade du 5 juillet 1962, à Alger (20 h), à l’occasion du deuxième tour de la phase de poules de la Ligue des Champions de la CAF. 

Après avoir fait escale en Tunisie, la délégation du Wydad de Casablanca a atterri, le mercredi 15 février, à l’aéroport Houari Boumediene d’Alger. Une fois sur place, les autorités algériennes ont décidé de confisquer l’ensemble du matériel vidéo et photographique de la cellule de communication des Champions d’Afrique. 

Ce n’est pas la première fois qu’un tel acte est perpétré à l’égard d’une délégation sportive marocaine. Le Raja de Casablanca a également subi pareil traitement par le passé. Par ailleurs, le Wydad de Casablanca a demandé à ses supporters, qui seront présents dans les gradins, de « ne pas répondre aux provocations adverses qui pourraient intervenir pendant la rencontre », précise le communiqué du WAC.

Mondial des clubs: le Wydad éliminé par Al Hilal

Pourtant les rouges et blancs menaient au score jusqu’à la 90′, moment où l’arbitre désigna le point de penalty en raison d’une faute de main de Attyat Allah dont ce n’était clairement pas la soirée. L’équipe de la capitale saoudienne a converti l’offrande par l’intermédiare de Moussa Marega.

Après 120 minutes de jeu, finies à 10 contre 10 et sur le score d’un but partout, Al Hilal a décroché son billet pour les demies finales au bout de la séance des tirs au but (5-3). C’est le lion de l’Atlas Yahya Attiat Allah qui a raté son tir au but, précipitant l’élimination du Wydad de Casablanca.

Une première mi-temps très tactique qui finit par un score vierge

Après une entame de match où le Wydad a pressé pour surprendre l’adversaire, Al Hilal a fini par prendre le jeu à son compte. En place défensivement, les Champions d’Afrique ont mis en danger leurs opposants à plusieurs reprises, sur des situations de contre.

Lors du premier acte, c’est le WAC qui s’est montré le plus menaçant, notamment via des tentatives en dehors de la surface de réparation par l’intermédiaire de Farhane et Jalal Daoudi. Ce dernier était même proche de marquer à deux reprises dont une fois sur coup de pied arrêté.

Après un joli débordement côté droit, l’Algérien Bouhra a réussi à trouver Jalal Daoudi d’un centre millimétré au second poteau. Le milieu de terrain croyait avoir ouvert le score, autant que le public qui a sursauté de joie. Mais c’était sans compter sur l’arbitre de ligne qui a signalé un hors-jeu.

Le Wac a attaqué la surface d’Al Hilal à de multiples reprises. À l’image de cette tête d’Ayoub El Amloud (45′) qui a effleuré la cage adverse, suite à un centre de l’attaquant Lamkel Ze Didier. Finalement, les deux équipes ont rejoint les vestiaires sur un score de parité (0-0).

(C) Redouane Chelh

Un partout à la fin de la deuxième mi-temps

Dès l’entame de la seconde mi-temps, Al Hilal était tout proche d’ouvrir le score, après un cafouillage dans la surface de réparation consécutif à un corner. Le Wac a été sauvé de justesse par son attaquant Lamkel Ze, repoussant le ballon sur la ligne de but.

Al Hilal s’est également montré menaçant à travers une tête de son défenseur Ali Albulayhi qui s’est retrouvé étrangement seul face au portier Wydadi, Reda Tagnaouti. Ce dernier a détourné le ballon d’un bel arrêt réflexe.

Le Wac n’a pas tardé à réagir. Lancé en profondeur à la limite du hors-jeu, l’ailier Algérien Bouhra a offert un ballon de but à son coéquipier Lamkel Ze. Mais ce dernier, trop long, fut rattrapé par les défenseurs adverses.

L’avant-centre du Wac a tout de même réussi à obtenir un corner décisif, conclu d’une tête piquée par Ayoub El Amloud. Le public éclate de joie, délivrance, enfin !

A la 72′ les Saoudiens étaient proches d’égaliser. Le gardien wydadi était battu mais sa défense est arrivée à s’interposer de justesse. Les joueurs d’Al Hilal ont réclamé un penalty sur cette action confuse. En vain. L’arbitre central a communiqué avec ses collègues de la VAR. Pas de penalty. Le public peut souffler.

Pendant que le stade commençait à fêter la victoire du Wydad, l’arbitre désigna le point de pénalty en faveur d’Al Hilal. Yahya Jabrane reçoit par la même occasion un second avertissement, synonyme d’expulsion, à cause de ses protestations véhémentes. Mohamed Kano n’a laissé aucune chance à Tagnaouti. Douche froide pour le public wydadi.

La partie est relancée mais le Wac joue à 10, orphelin de son maestro et capitaine Yahya Jabrane. L’arbitre annonce 11 minutes de temps additionnel, mais il y en aura 13 finalement. Les joueurs wydadis, en infériorité numérique, ont subis la pression des Saoudiens, mais sans pour autant céder. L’arbitre finit par siffler la fin de la deuxième mi-temps sur le score d’un partout. Place aux prolongations.

(C) Redouane Chelh

les protégés de Mehdi Nafti ont trop subi

Dès le début de la première période des prolongations, l’arbitre a expulsé Mohamed Kano, le sauveur d’Al Hilal, remettant ainsi les pendules à l’heure. Néanmoins, les protégés de Mehdi Nafti ont trop subi les assauts adverses, sans réussir à reprendre le fil du match.

A part quelques occasions sur balles arrêtées, le WAC n’a pas réussi à se créer de réelles occasions, à part celle de Mohammed Ounajem qui pouvait plier le match à la 120′, et celle de l’attaquant Sambou, suite à un centre de Yahya Attiat Allah.

C’est Al Hilal qui a lancé la séance des tirs aux buts. Elle s’est terminée en faveur des Saoudiens (5-3). Yahya Attiat Allah a raté le premier pénalty wydadi. Le match finit sur ce triste résultat, le représentant du Maroc n’arrivera pas à réitérer l’exploit du Raja en 2013.

Il faut saluer le public Wydadi qui malgré ce résultat amer, est sorti dans le calme et sans incidents. Les supporters d’Al Hilal ont même été accompagnés par des supporters du Wac en quittant le stade.