Après la suspension de son projet au Maroc, Xlinks se relance dans un projet énergétique en mer Noire

Affaiblie par la décision du gouvernement britannique de ne pas conclure de contrat pour différence pour son projet marocain, la compagnie Xlinks évite l’iceberg en se joignant à un projet de corridor énergétique vert reliant l’Asie et l’Europe à travers quatre pays : l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Roumanie et la Hongrie.

Un mémorandum d’entente a été signé ce 8 décembre en présence du ministre azerbaïdjanais de l’Énergie, Parviz Shahbazov, et des directeurs des compagnies Xlinks et Green Energy Corridor Power. Par cet accord, Xlinks se positionne comme un développeur potentiel du projet de cette interconnexion électrique verte.

Créée à Bucarest en 2025, la compagnie Green Energy Corridor Power est une coentreprise quadripartite réunissant les opérateurs énergétiques de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie, de la Roumanie et de la Hongrie.

Prévu pour être opérationnel en 2032, le corridor énergétique doit exporter 4 gigawatts (GW) d’énergie verte par an depuis l’Azerbaïdjan vers les trois autres pays. Il s’appuiera sur une ligne à courant continu haute tension (CCHT) et un câble sous-marin traversant la mer Noire à partir des côtes géorgiennes.

Xlinks et Green Energy Corridor Power ont évoqué un élargissement à long terme, axé sur le développement des énergies vertes vers l’Europe.

Le modèle de financement de ce projet devrait être finalisé prochainement. Selon les premières estimations, le coût des travaux s’élèverait à environ 3,5 milliards d’euros, pour une durée de réalisation de trois à quatre ans. Le principal financement proviendrait de la Commission européenne, qui prévoit d’allouer 2,3 milliards d’euros à ce projet.

Pour rappel, le projet Xlinks est suspendu faute d’avoir obtenu du gouvernement britannique le contrat pour différence nécessaire à la viabilité du projet. Dans le cadre d’une révision stratégique, la possibilité de le relocaliser hors du Royaume-Uni est encore à l’étude.

Impactée par la suspension du projet de Xlinks reliant le Maroc au Royaume-Uni, la compagnie XLCC a également décidé de suspendre son usine de câbles sous-marins dans le North Ayrshire, en Écosse. XLCC a, par conséquent, annoncé qu’elle allait entamer le même processus de révision stratégique que Xlinks.

XLCC met en pause son projet après la suspension de la liaison électrique Maroc-Royaume-Uni

La compagnie XLCC, partenaire de Xlinks, a récemment annoncé la suspension temporaire de son projet d’usine de câbles sous-marins, initialement prévue sur un ancien dépôt de charbon dans le port de Hunterston au North Ayrshire en Écosse.

Contrairement au projet Xlinks qui rencontrait des difficultés à obtenir ses autorisations environnementales, l’usine XLCC avait bénéficié d’une autorisation dès 2023, grâce à un soutien politique continu ayant accéléré le processus.

Au-delà du projet d’interconnexion Maroc-Royaume-Uni, cette usine devait également accompagner le développement de l’éolien offshore au Royaume-Uni et en Europe.

Bien que distinctes, les sociétés Xlinks et XLCC sont partenaires dans un projet stratégique pour le déploiement de quatre câbles sous-marins de 4 000 km reliant par énergies renouvelables le sud du Maroc au sud-ouest de l’Angleterre. 

Fortement tributaire de cette commande majeure, XLCC a décidé, après examen de son conseil d’administration, une « révision stratégique » de son projet suite aux récents développements. La société envisage notamment de réduire les dimensions de l’usine, alors que le calendrier initial prévoyait un dépôt de permis de construire en décembre 2025, un début des travaux en avril 2026 et une production de câbles dès 2029.

Selon XLCC, cette révision s’explique également par des évolutions majeures du marché ayant entraîné des retards dans plusieurs commandes essentielles au projet.

À court terme, les mesures de réduction des coûts incluent la suspension des démarches de modification du permis de construire à Hunterston alors que les résultats de cette révision devront être annoncés au début de l’année prochaine.

Plusieurs députés locaux du North Ayrshire ont exprimé leur mécontentement de cette suspension et espèrent que XLCC résoudra les problèmes actuels et ira de l’avant avec un projet qui apporte plusieurs avantages socio-économiques.

De son côté, le projet Xlinks a déjà entamé le même processus de révision stratégique, bien que de nouvelles opportunités soient en cours d’étude, notamment une possible liaison électrique entre le Maroc et l’Allemagne.

Xlinks : un mois de juillet décisif pour le projet de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni

L’Inspection britannique de l’urbanisme (Planning Inspectorate) a décidé de remettre en ordre l’avancement de procédure de l’ordonnance de consentement de développement (DCO), l’autorisation requise pour le projet Xlinks de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, en fixant un délai à ne pas dépasser pour la tenue de la réunion préliminaire.

Dans une lettre datée du 20 juin 2025, l’Inspection de l’urbanisme a précisé que, malgré la demande de Xlinks de suspendre temporairement le processus d’examen, un délai ne dépassant pas la fin du mois de juillet 2025 est prévu pour la tenue de cette réunion, qui constitue la première étape de la phase d’examen.

L’Inspection britannique a justifié sa décision en expliquant que cela représenterait une phase de préexamen de sept mois. De même, l’autorité d’examen du projet estime qu’il ne serait pas raisonnable de prolonger cette période davantage, alors que le paragraphe 5 du Planning Act 2008 stipule que la période maximale de préexamen ne peut dépasser cinq mois.

À cet effet, l’autorité d’examen a l’intention de procéder à l’examen sur cette base. En cas de refus, Xlinks pourra retirer sa demande à ce stade pour la soumettre à nouveau, une fois que les incertitudes soulevées auront été levées.

Dans une mise à jour récente, Xlinks a précédé la lettre de l’Inspection de l’urbanisme en envoyant, le 12 juin 2025, une lettre à cette agence relevant du ministère de l’Habitat britannique pour indiquer que les mêmes causes sont toujours d’actualité, empêchant Xlinks de poursuivre la procédure.

Pour Xlinks, il s’agit d’une pause stratégique, le temps d’obtenir une réponse à sa demande d’un contrat à long terme indexé sur l’inflation. qui garantirait à l’entreprise de pouvoir vendre son électricité à un prix fixe, autour de 70 livres sterling par mégawattheure (MWh). Une fois l’accord obtenu, Xlinks pense que la phase d’examen pourra être menée de manière plus rapide et constructive.

Le projet est désormais forcé vers la phase d’examen, qui dure en moyenne 9 mois, alors que l’autorité d’examen a déjà demandé des informations complémentaires concernant d’éventuelles modifications de la documentation de la demande telle que soumise par Xlinks.

Rappelons que malgré son intérêt stratégique, le projet de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, via quatre câbles sous-marins à haute tension d’une capacité de 1,8 GW chacun, rencontre des défis majeurs. Le processus d’obtention de l’ordonnance de consentement de développement (DCO), équivalent britannique d’une étude d’impact environnemental (EIE), compte parmi les plus complexes au monde en raison de procédures particulièrement longues.

La phase d’examen est donc la plus décisive, car, à son issue, un rapport détaillé est établi et soumis au secrétaire d’État, qui dispose alors de trois mois pour prendre une décision.

Si Xlinks accepte de programmer la réunion préliminaire et sous réserve d’obtention du feu vert du secrétaire d’État, les travaux pourraient commencer en 2026, à défaut d’une autorisation accordée, pour une durée de cinq ans, ce qui permettrait la mise en service du projet à l’horizon 2031.

Cependant, si elle refuse, en attendant la décision quant au contrat de vente d’électricité à long terme, ce projet pourrait prendre plus de temps ou même être délocalisé, comme Xlinks l’a déjà évoqué.

Les prochains jours seront décisifs pour ce projet afin de déterminer si Xlinks acceptera les exigences du gouvernement britannique ou agira différemment.

À suivre…

Xlinks. Mise en pause du processus d’obtention de l’autorisation britannique

La compagnie Xlinks a mis en pause le processus d’obtention de l’ordonnance de consentement de développement (DCO), l’autorisation britannique requise pour son projet de liaison énergétique entre le Maroc et le Royaume-Uni.

Dans une lettre adressée au Département de planification, Xlinks a expliqué que cette mise en pause était motivée par l’attente d’une réponse du département britannique de la sécurité énergétique et de la neutralité carbone relative à sa demande d’un contrat pour différence (CfD).

Xlinks attend la conclusion d’un contrat à long terme indexé sur l’inflation avec le secrétariat d’État britannique à l’Énergie. Ce contrat garantirait à l’entreprise de pouvoir vendre son électricité à un prix fixe, autour de 70 livres sterling par mégawattheure (MWh), un tarif compétitif inférieur à ceux du nucléaire, de la biomasse et de l’énergie marémotrice.

À ce jour, le projet est autorisé du côté marocain, alors que les autorisations britanniques devront prendre plus de temps et également celles des pays que le câble traversera, à savoir la France, l’Espagne et le Portugal.

Du côté britannique, le processus est stagnant en phase de préexamen, étape généralement d’une durée moyenne de trois mois au cours de laquelle l’autorité d’examen est désignée et les parties intéressées peuvent s’inscrire pour participer à la consultation. Suit alors la phase d’examen approfondi, pouvant s’étendre sur une période allant jusqu’à neuf mois.

Le projet de Xlinks, qui requiert cinq ans de construction, fait face à un processus d’autorisation complexe qui, même dans le scénario le plus favorable, ne devrait pas aboutir avant 2026. Alors que l’entreprise vise un démarrage de la liaison à l’horizon 2030, sa mise en service effective ne pourrait intervenir avant 2031 dans le meilleur des cas. Ce délai particulièrement long suscite l’inquiétude des investisseurs, déjà fortement engagés dans ce projet depuis plusieurs années.

Par cette pause, Xlinks estime que le processus d’examen se déroulera de manière plus efficace et robuste une fois la réponse du secrétariat à l’Énergie britannique obtenue, tout en permettant au projet d’avancer rapidement par la suite dans le processus d’ordonnance de consentement de développement (DCO).

En plus du projet Xlinks, un projet titanesque porté par l’australien Fortescue pourrait s’approvisionner au Maroc. Par ce projet, Fortescue vise à fournir 500 TWh d’électricité aux pays européens provenant de l’énergie solaire, de batteries de stockage et de centrales à hydrogène.

Xlinks dans l’impasse : les lenteurs britanniques menacent le mégaprojet

« Cela fait quatre ans. Nous avons tout fait comme demandé, mais ce processus prend énormément de temps ». Pour la première fois depuis le lancement du projet, Dave Lewis, président de Xlinks, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au Telegraph, il a exprimé ouvertement sa frustration face aux retards accumulés en raison des lenteurs administratives pour l’obtention de l’autorisation au Royaume Uni.

Après des années d’attente, la direction de Xlinks craint désormais la défection de ses bailleurs internationaux, excédés par les interminables délais administratifs. Face à cette situation, l’entreprise étudie déjà des plans B, avec l’Allemagne et un autre pays non annoncé en tête de liste, au cas où les démarches administratives n’aboutiraient pas dans les prochains mois.

Carte synthétisant le projet Xlinks.

Cette menace de délocalisation ne concerne pas à l’heure actuelle le Maroc, mais plutôt l’Écosse, où l’usine de fabrication des câbles sous-marins sera délocalisée vers un autre pays si le projet n’aboutit pas au Royaume-Uni.

Rappelons que Xlinks affiche déjà un carnet d’investisseurs impressionnant : 100 millions de livres sterling levés précédemment auprès de majors énergétiques (TotalEnergies, TAQA) et d’institutions financières internationales. Ce soutien des grandes entreprises énergétiques confère au projet une crédibilité importante et facilite la finalisation du financement requis. D’ailleurs, la société a récemment testé l’appétit des marchés de la dette pour lever les fonds restants, et l’opération a été largement sursouscrite, selon les dirigeants de xlinks.

Sans notice de consentement de développement, le projet reste dans l’impasse

Classé en septembre 2023 comme projet d’infrastructure d’importance nationale, Xlinks doit obtenir une notice de consentement de développement (DCO) pour être approuvé. Ce dispositif, qui équivaut à une étude d’impact environnemental, permet aux projets considérés comme stratégiques par le gouvernement britannique de bénéficier d’une procédure d’autorisation centralisée au niveau ministériel.

Le projet est actuellement dans la phase de préexamen, qui dure généralement trois mois. Durant cette période, l’autorité en charge de l’examen est nommée, et les parties intéressées peuvent s’inscrire pour participer à la consultation.

Représentation 3D de la plateforme de conversion qui sera située à Devon si le projet se concrétise.

S’ensuivra la phase d’examen proprement dite, pouvant s’étendre jusqu’à neuf mois, au cours de laquelle l’autorité examinatrice posera des questions sur le projet. Xlinks, ainsi que toutes les parties prenantes inscrites, auront alors l’opportunité de soumettre leurs observations dans le respect des délais impartis.

À l’issue de cette phase, l’autorité d’examen rédigera un rapport de recommandation qui sera transmis au ministère concerné. Ce dernier disposera alors de trois mois pour rendre sa décision finale. Compte tenu de ce calendrier réglementaire qui dure, dans l’optimum, 18 mois, l’obtention de l’autorisation ne pourrait intervenir, dans le meilleur des cas, avant l’année 2026.

Nécessitant un délai de cinq années pour sa construction, même en cas d’approbation en 2026, Xlinks ne pourrait être opérationnel avant 2031 (scénario le plus optimiste). Un délai particulièrement long qui inquiète les investisseurs, déjà mobilisés sur ce projet depuis plusieurs années.

Récemment, le ministère britannique du Logement a publié un document de travail mettant en lumière la dégradation progressive de ce système d’autorisation. Les chiffres révèlent une nette augmentation des délais d’approbation. Alors qu’en 2012, un projet obtenait son consentement de développement en moyenne en 2,6 ans, ce délai s’est allongé à 4,2 ans en 2021, soit une augmentation du délai de 61%.

D’autres complications se font jour

Dans une lettre datée du 25 mars 2025, les autorités françaises ont exprimé de vives critiques quant à l’acceptabilité environnementale du projet de câble sous-marin reliant le Maroc au Royaume-Uni, qui doit traverser les eaux territoriales françaises.

Premièrement, le tracé proposé, qui longe les côtes françaises au niveau des départements de la Gironde et des Landes, est jugé insatisfaisant sur le plan environnemental. Le prétexte avancé par Xlinks concernant les difficultés techniques liées à la pose du câble au-delà de 1.000 mètres de profondeur n’a pas été suffisamment étayé par des justifications techniques convaincantes.

Deuxièmement, le franchissement du Gouf de Capbreton, une zone classée en protection forte par la France, constitue un problème environnemental majeur. Cette zone écologiquement sensible abrite des habitats marins uniques et des espèces protégées, ce qui la rend incompatible avec le projet. Par ailleurs, les opérations de maintenance répétées risquent d’y causer des impacts environnementaux cumulatifs difficiles à évaluer.

Troisièmement, le passage du câble à travers deux sites Natura 2000 en Bretagne, habitats d’espèces protégées comme le grand dauphin et le marsouin commun, nécessitera une stricte conformité aux prescriptions des gestionnaires de ces sites protégés.

En somme, les autorités françaises estiment que Xlinks n’a pas fourni suffisamment d’éléments pour démontrer la compatibilité environnementale du projet avec la préservation de l’environnement marin.

Pour la suite du processus, elles exigent une analyse comparative des scénarios de tracé possibles, détaillant les mesures d’évitement des zones sensibles, et évaluant précisément les impacts cumulatifs du projet. Les méthodes de pose et de maintenance des câbles devront être optimisées pour limiter les nuisances, notamment sonores, et des compensations environnementales crédibles devront être proposées.

À l’instar de la France, d’autres échanges devront être menés avec les pays que traversera le câble sous-marin, notamment l’Espagne et le Portugal, pour lesquels une autorisation de conformité environnementale devra être consentie.

2025, l’année du dernier espoir  

Outre la conformité environnementale, Xlinks sollicite un engagement contractuel à long terme du gouvernement britannique, indexé sur l’inflation, afin de garantir un prix de vente fixe pour son électricité. Le tarif proposé par Xlinks, d’environ 70 £/MWh, se révèle compétitif et inférieur aux coûts de production de l’énergie nucléaire, de la biomasse et de l’énergie hydroélectrique.

Le contexte géopolitique actuel, marqué par l’incertitude (guerre en Ukraine et crise au Moyen-Orient), plaide pour la production locale d’énergies renouvelables au Royaume-Uni au lieu de dépendre d’un autre pays, notamment via des parcs éoliens offshore dont les coûts s’avèrent compétitifs. Malgré un prix de l’électricité parmi les plus élevés du continent, le gouvernement britannique semble privilégier les sources d’énergie produites localement (nucléaire, hydroélectrique, éolienne…).

Bien que le Maroc offre un potentiel considérable en énergies renouvelables, grâce à un ensoleillement plus long et des vents plus constants, les dirigeants de Xlinks craignent que leur projet ne soit compromis par cette priorité donnée à la production nationale ; c’est la raison pour laquelle Xlinks envisage activement des alternatives en dehors du Royaume-Uni.

Pour rappel, Xlinks vise à relier le Maroc au Royaume-Uni par quatre câbles sous-marins à haute tension, chacun transportant 1,8 GW. Ce mégaprojet, couvrant une superficie de 1.500 km² et combinant énergie solaire et éolienne (7 GW solaire, 4,5 GW éolien et 5 GW de batteries), pourrait fournir 8% de l’électricité du Royaume-Uni dans les cinq ans suivant le début de sa construction.

Autorisation du projet Xlinks au Royaume-Uni, un processus long et complexe

Le Royaume-Uni a mené une transition énergétique remarquable ces dernières années, réduisant considérablement ses émissions de CO2 liées à la production d’électricité. Selon les données du National Energy System Operator (NESO), le pays a atteint un nouveau record en matière de production d’électricité bas carbone en 2024, grâce à une diminution significative de la part des combustibles fossiles, qui est passée de 76,33% en 2010 à 25,7%, au profit des énergies renouvelables, dont la contribution est passée de 2,04% à environ 41,85% en 2024.

Sur la même période 2010-2024, non seulement la part des énergies renouvelables a progressé, mais également celle des importations qui a atteint 16,38% du mix énergétique, dépassant ainsi la part de l’énergie nucléaire, estimée à environ 14,29%.

Cependant, face à une demande accrue cet hiver, le réseau électrique britannique a lancé à trois reprises des alertes au marché de la capacité, exhortant les producteurs à augmenter leur production, signalant un risque imminent de pénurie.

Une annonce qui a été saisie par la compagnie Xlinks pour plaider l’importance de son projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, surtout l’hiver où le vent ne souffle pas trop pour faire tourner les éoliennes britanniques.

Selon le journal The Guardian, la dernière note de marché de capacité a conduit à des dépenses records d’environ 12 millions de livres sterling, atteignant jusqu’à 5.000 livres sterling le mégawattheure, plus de 50 fois le prix habituel du marché pour fournir seulement 3 heures d’électricité supplémentaires. Par contre, le projet Xlinks promet un coût de production bien plus compétitif, à hauteur de 100 livres sterling le mégawattheure une fois la connexion établie.

Rappelons que d’ici 2030, ce projet vise à connecter le Maroc au Royaume-Uni par quatre câbles sous-marins à haute tension, transportant une puissance de 1,8 GW chacun. Un projet qui sera bâti sur une superficie de 1.500 km2 d’énergie solaire et éolienne combinée (7 gigawatts d’énergie solaire, 4,5 gigawatts d’énergie éolienne et 5 gigawatts de batteries) représenterait 8 % de l’énergie du Royaume-Uni, livrée dans les cinq premières années suivant le début de sa construction.

Autorisation de planification du projet, une procédure longue et très stricte au Royaume-Uni

Au Maroc, toutes les autorisations préalables ont été obtenues et les études de terrain ont été menées à bien dans la partie marocaine, le tronçon le plus long du projet. Du côté britannique, le projet est considéré comme une infrastructure d’importance nationale nécessitant une notice de consentement au développement (DCO), l’équivalent d’une étude d’impact environnementale (EIE), pour être approuvé.

Au Royaume-Uni, le projet soumis à l’examen de conformité environnementale comprend environ 371 km de câbles sous-marins de courant continu haute tension (CCHT), regroupés en deux paires qui viendraient à terre à Cornborough Range, dans le Devon, et se poursuivraient sur environ 14 km sur terre jusqu’à deux stations de conversion situées à l’ouest de la sous-station 400 kV d’Alverdiscott. Les stations de conversion seraient connectées à la sous-station 400 kV d’Alverdiscott par des câbles de CCHT.

 

Représentation 3D de la plateforme de conversion qui sera située à Devon, au Royaume-Uni.

La phase la plus longue et la plus complexe du processus d’autorisation, à savoir la phase de pré-candidature, a été menée à bien. Durant cette phase, qui dure en moyenne deux ans, le porteur du projet doit consulter les parties prenantes et élaborer un document de programme détaillant les modalités de cette consultation.

Suite à la soumission des documents requis et après les premières consultations avec les parties prenantes, le projet a reçu un avis favorable le 20 décembre 2024 et sera désormais soumis à une enquête publique. Une enquête qui permettra au public et aux autres parties prenantes de donner leur avis sur le projet.

La phase de pré-examen, d’une durée d’environ trois mois, est en cours. Durant cette période, l’autorité compétente est désignée et toute personne souhaitant s’exprimer sur le projet est invitée à s’inscrire. Vient ensuite la phase d’examen proprement dite, qui peut durer jusqu’à neuf mois.

À l’issue de cette phase, un rapport détaillé est établi et soumis au secrétaire d’État, qui dispose alors de trois mois pour prendre une décision. Compte tenu de ces délais réglementaires, le démarrage des travaux est envisagé pour début 2026 au plus tôt.

En attendant, Xlinks poursuit activement le développement de son projet

Fort de son classement en tant que projet d’intérêt national, Xlinks a déjà sécurisé environ 100 millions de livres sterling auprès d’investisseurs de renommée mondiale tels que Taqa d’Abou Dhabi, TotalEnergies, Octopus, Gie, Enova et Africa Finance Corporation, tous acteurs majeurs du secteur énergétique.

Tout en recherchant activement davantage d’investisseurs, l’entreprise dispose également de propositions intéressantes de la part d’agences de crédit à l’exportation et de banques commerciales pour des financements complémentaires.

Un autre aspect important de ce projet concerne l’approvisionnement. À ce jour, plus de 95 % des appels d’offres liés à la première phase de construction ont été lancés et ont reçu des réponses satisfaisantes, y compris dans le domaine de la production. Xlinks négocie actuellement avec le gouvernement britannique un contrat de différence, une option qui devrait être source de plus d’attractivité pour le projet.

Pour sa part, la société belge GeoXYZ, choisie par Xlinks, a mené à bien les premières études préalables du tracé du câble sous-marin, long de 4.000 kilomètres. Ces études ont notamment porté sur la reconnaissance des fonds marins, incluant l’identification de quatre canyons sous-marins et ont été finalisées en 2023.

Les campagnes d’études en cours ont pour objectif de lever les dernières incertitudes et de permettre à Xlinks de solliciter les autorisations nécessaires pour la pose du câble qui devra traverser également les eaux territoriales de l’Espagne, de la France et du Portugal. Elles porteront principalement sur des aspects plus spécifiques tels que la géotechnique et l’environnement afin de garantir la durabilité du projet et de minimiser son impact sur les écosystèmes marins.

Actuellement, le navire Geo Ocean III, mandaté pour réaliser les études géotechniques et environnementales, effectue des études dans la baie de Gascogne, en France.

À Londres, la secrétaire d’État britannique confirme l’importance du projet Xlinks

Intervenant à cette occasion, la secrétaire d’État britannique en charge de la Sécurité énergétique, Claire Coutinho, a salué le partenariat solide qui unit le Maroc et le Royaume-Uni.

« Nous disposons de tous les ingrédients nécessaires pour réaliser notre aspiration commune à une énergie sûre. Nous avons les talents, les investissements, les infrastructures et les innovateurs », a-t-elle énuméré, soulignant que c’est la raison pour laquelle « l’alliance entre nos pays est si importante ».

« Prenons l’exemple de Xlinks, un câble sous-marin reliant le Maroc au sud-ouest de l’Angleterre. Une de mes premières actions en tant que secrétaire d’État a été de le désigner comme un projet d’infrastructure d’importance nationale », a-t-elle ajouté.

« Xlinks pourrait fournir 8% de nos besoins en électricité, alimentant plus de 7 millions de foyers britanniques, avec de l’électricité générée à 4.000 km par des fermes solaires et des éoliennes au Maroc. Si cela réussit, cela pourrait être la base de notre grand avenir énergétique commun », a conclu la secrétaire d’Etat britannique.

L’événement, organisé par l’ambassade du Maroc au Royaume-Uni en marge de la 10e édition du « The Africa Debate », a permis de présenter le large éventail d’opportunités offertes par le Royaume dans divers secteurs, des énergies renouvelables aux télécommunications, en passant par l’automobile et l’industrie manufacturière.

GE Vernova investit 10,2 millions de dollars dans le projet Xlinks

Après Africa Finance Corporation, c’est au tour de GE Vernova d’investir dans le projet. Cette dernière possède une vaste expérience dans la fourniture de solutions de financement pour aider à réaliser des projets énergétiques tout au long du cycle de vie des infrastructures, indique un communiqué de Xlinks. L’entreprise rejoint ainsi d’autres investisseurs importants du secteur de l’énergie, notamment Taqa, TotalEnergies, Octopus Energy et Africa Finance Corporation.

« Le projet devrait contribuer à répondre à la demande d’électricité au Royaume-Uni, qui devrait doubler, passant d’environ 300 à 600 térawattheures d’ici 2050, sur la base des scénarios publiés par le Comité sur le changement climatique, en partie grâce à l’électrification des systèmes de chauffage du transport et de l’industrie du pays », rappelle le communiqué de Xlinks.

Le gouvernement britannique a reconnu le potentiel du projet, tandis qu’une analyse de rentabilisation (Outline Business Case) est en cours d’élaboration par le ministère de la Sécurité énergétique et du Net Zero.

James Humfrey, PDG de Xlinks First, a déclaré : « L’entrée d’un investisseur du calibre de GE Vernova représente une nouvelle étape stratégique dans le développement du projet de liaison électrique Maroc-Royaume-Uni, alors que nous faisons progresser le projet sur plusieurs fronts. Xlinks s’engage à répondre aux besoins du Royaume-Uni en matière d’énergie fiable, abordable et sans carbone tout en maximisant les avantages socio-économiques du projet au Maroc. »

Africa Finance Corporation investit 14,1 millions de dollars dans le projet électrique Xlinks

Annoncé il y a quelques jours par l’agence Bloomberg, le soutien de l’AFC marque une « étape importante pour le projet, affirmant le rôle du Maroc en tant que leader continental en matière d’énergie renouvelable, et démontrant comment l’énorme potentiel de l’Afrique en matière d’énergie renouvelable peut fournir des solutions favorisant la transition énergétique mondiale », indique un communiqué conjoint.

Une fois achevée, la production éolienne et solaire du projet, combinée à un système flexible de stockage par batterie, fournira 3,6 GW d’énergie propre, fiable et abordable, soit 8% des besoins actuels en électricité de la Grande-Bretagne, suffisants à alimenter plus de 7 millions de foyers, rappelle la même source. Les nouvelles installations de production d’électricité et de stockage en batterie, situées dans le sud du Maroc, seront exclusivement reliées à la Grande-Bretagne par des câbles sous-marins CCHT de 4.000 km.

« L’Afrique, avec son immense potentiel en matière d’énergie renouvelable et ses vastes ressources naturelles, est à l’avant-garde des aspirations mondiales en matière d’énergie nette zéro. Le projet de liaison électrique Maroc-Royaume-Uni de Xlinks illustre ce rôle central, en montrant la capacité de l’Afrique à alimenter le passage de l’Europe à l’énergie durable tout en répondant aux défis climatiques urgents.

« En utilisant l’abondante énergie éolienne et solaire du Sahara et en l’acheminant directement vers l’un des plus grands marchés énergétiques d’Europe, ce projet stimule non seulement la croissance de l’économie marocaine grâce à d’importantes recettes d’exportation, mais il catalyse également le développement d’industries locales d’énergie propre. Au fur et à mesure que ce projet transformateur progresse, il ne profitera pas seulement au Maroc et à l’Afrique, mais il contribuera également de manière significative à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, sachant que la majorité des investissements destinés à conduire cette transition se font dans les pays du Sud global », a déclaré Samaila Zubairu, président-directeur général de l’AFC, citée dans le communiqué.

« L’arrivée de l’AFC en tant qu’investisseur est une étape importante dans le développement du projet. Nous sommes ravis de nous associer à l’AFC, une institution financière de premier plan créée par des États souverains africains, dont le Royaume du Maroc. Elle apporte une compréhension et une expérience inégalées des infrastructures africaines. Sa mission, qui consiste à favoriser la croissance économique et le développement industriel sur le continent, est en parfaite adéquation avec les résultats escomptés du projet de liaison électrique Maroc-Royaume-Uni », a déclaré, pour sa part, James Humfrey, PDG de Xlinks First.

AFC est le dernier investisseur majeur dans Xlinks First Ltd, après Abu Dhabi National Energy Company (Taqa), TotalEnergies et Octopus Energy.

Africa Finance Corporation rejoint le projet Xlinks

Selon Bloomberg, Africa Finance Corporation (AFC) rejoindra le projet à 20 milliards de dollars, Xlinks, a annoncé le PDG d’AFC, Samaila Zubairu.

Ce projet aura une capacité de production de 10,5 gigawatts, dont 7 GW proviendraient de l’énergie solaire et 3,5 GW de l’énergie éolienne. Il impliquera également la pose de 3.800 kilomètres de câbles sous l’océan.

Xlinks Ltd. dirige le projet d’exportation d’énergie du Maroc vers le Royaume-Uni. Le groupe comprend également TotalEnergies SE, General Electric, Taqa (Abu Dhabi) et Octopus Energy. Xlinks a déclaré en décembre 2022 que le projet sera capable de fournir 8% des besoins annuels en électricité de la Grande-Bretagne à l’horizon 2030, soit 7 millions de foyers britanniques.

Le projet Xlinks sera l’un des plus grands investissements énergétiques jamais réalisés en Afrique.

Africa Finance Corporation est une institution financière multilatérale de développement, créée en 2007 dans le cadre d’un accord entre des États africains souverains. Sa principale mission est de favoriser la croissance économique et le développement industriel des pays africains, tout en offrant un retour sur investissement compétitif à ses actionnaires.

 

 

Xlinks revoit à la hausse les coûts du câble sous-marin Maroc-Royaume-Uni

Xlinks First, la société britannique chargée du projet électrique Maroc-Royaume-Uni, annonce une hausse des coûts de construction et du prix d’achat de l’électricité du projet.

Dans une mise à jour publiée le mardi 16 avril 2024, le coût de la construction est estimé entre 22 et 24 milliards de livres sterling, soit entre 278 MMDH et 303 MMDH. De son côté, la fourchette de prix d’achat est estimée entre 70 et 80 livres sterling/MWh, soit entre 880 DH et 1.010 DH/MWh.

Cette hausse des coûts est liée à la « pression à la hausse sur le coût de tous les projets énergétiques », explique Xlinks.

La même source ajoute que cette situation est tirée par des effets macroéconomiques. L’impact des événements mondiaux sur la chaîne d’approvisionnement représente environ 60% du changement, « entraîné par une myriade de facteurs, notamment la hausse des coûts des matières premières et de l’énergie à l’échelle du marché, ainsi qu’une évolution mondiale de la demande d’énergies renouvelables ». Les 40% de la variation sont liés aux effets macroéconomiques directs en lien avec les taux d’intérêt.

« Le prix d’exercice final sera déterminé par le ministère britannique de la Sécurité énergétique et du Net Zero », précise la même source.

https://medias24.com/2024/03/12/xlinks-le-cable-sous-marin-maroc-uk-pourrait-etre-duplique-vers-lallemagne/

Xlinks : le câble sous-marin Maroc-UK pourrait être dupliqué vers l’Allemagne

Selon le site Bloomberg, Xlinks dispose d’une option allemande similaire qui viendrait concurrencer l’option britannique.

Xlinks a rapidement réagi à travers un communiqué, où elle indique rester totalement engagée à réaliser le projet d’alimentation Maroc-Royaume-Uni.

« Alors que notre entreprise Xlinks First est concentrée à 100% sur le marché britannique, qui progresse vers la clôture financière, notre société de portefeuille de groupe Xlinks Ltd évalue la faisabilité d’autres liaisons avec des marchés incluant l’Allemagne. Il ne s’agit pas de l’une ou l’autre, mais de manière additionnelle », poursuit le communiqué.

« Il a toujours été dans notre vision que ce projet servirait de modèle pour d’autres liaisons qui soutiennent la transition vers une énergie propre et durable, c’est dans ce contexte que nous explorons la faisabilité d’autres marchés », conclut Xlinks.

Le trio Octopus Energy, Abu Dhabi National Energy Company (TAQA) et TotalEnergies prévoit de développer au Maroc un projet renouvelable géant combinant solaire et éolien, couplé à de grandes batteries de stockage, pour fournir de l’électricité verte au Royaume-Uni grâce à des câbles sous-marins. Une fois achevé, le projet pourrait fournir suffisamment d’électricité renouvelable, fiable et abordable, pour alimenter plus de 7 millions de foyers britanniques.