Fives vs Ynna Holding : pourquoi les juges ont rejeté définitivement l’extension de l’arbitrage

Le Wydad condamné dans un litige l’opposant au groupe Chaâbi

Le tribunal de commerce de Casablanca a condamné le Wydad Athletic Club à verser 1.391.161,89 dirhams à la Société d’investissements immobiliers et touristiques Zimania, filiale de Ynna Holding (groupe Chaâbi). Le jugement a été rendu le 2 juin 2025.

La somme est assortie des intérêts légaux à compter de la date de dépôt de la demande, soit d’avril 2025. Le club est également condamné aux dépens. Le tribunal a rejeté la demande relative aux créances non encore échues, la déclarant irrecevable.

Une dette liée à l’hôtel Grand Mogador

Le litige porte sur des impayés contractés par le Wydad auprès de l’hôtel Grand Mogador Casablanca, propriété de Zimania. Client historique de l’établissement, le club y organisait régulièrement ses assemblées générales, comme encore en mars 2024.

La dette concerne des prestations d’hébergement et des services logistiques fournis à l’occasion de divers événements organisés par le club.

Un protocole d’accord resté sans effet

Selon les informations de Médias24, les deux parties avaient tenté une résolution amiable. En 2024, elles avaient signé un protocole d’accord prévoyant le rééchelonnement de la dette par tranches. Mais le non-respect des échéances convenues a conduit Zimania à porter l’affaire en justice. La somme jugée correspond aux tranches arrivées à échéance.

Si la propriété de l’hôtel reste entre les mains de Zimania, sa gestion a récemment changé. Depuis décembre 2024, le Grand Mogador Casablanca est exploité par le groupe Hilton sous l’enseigne DoubleTree by Hilton Casablanca City Center. Cette transition s’inscrit dans un partenariat entre Hilton et Ynna Holding, qui prévoit également l’ouverture d’un second hôtel, Hilton Garden Inn Casablanca City Center, en 2026.

Ynna Holding vs Fives FCB : la Cour d’appel rejette l’extension l’exequatur contre la société mère

La cour d’appel de commerce de Casablanca a rendu, ce jeudi 15 mai 2025, son arrêt dans le litige opposant Fives FCB à Ynna Holding, tranchant en faveur de cette dernière.

Saisie en tant que juridiction de renvoi après un arrêt de la Cour de cassation, la Cour a refusé l’extension de la clause compromissoire contenue dans le contrat signé entre Fives FCB et la filiale Ynna Asment à la société mère Ynna Holding.

Conséquence directe : la sentence arbitrale internationale rendue en 2011 en Suisse ne pourra pas être exécutée à l’encontre d’Ynna Holding au Maroc.

A ce stade, nous n’avons pas eu accès au contenu exhaustif de l’arrêt. Cependant, la teneur du prononcé laisse suggérer que la Cour a estimé que la clause d’arbitrage ne peut lier une entité qui n’y a pas expressément adhéré, même en présence de liens capitalistiques ou fonctionnels étroits.

L’exequatur demeure donc cantonné à Ynna Asment, seule signataire du contrat à l’origine de la procédure d’arbitrage, et la société mère échappe à l’exécution forcée de la sentence.

Cet arrêt est perçu comme une victoire judiciaire majeure pour le groupe marocain dirigé par la famille Chaâbi. Il s’inscrit dans une ligne jurisprudentielle prudente en matière d’arbitrage international, limitant les extensions de clause compromissoire aux cas de participation manifeste et active à l’opération contractuelle.

Industrie céramique : Omar Chaabi prend la tête de l’APIC

Vice-président du groupe Ynna depuis 2009, Omar Chaabi est une figure reconnue du paysage industriel national. Il siège également dans les conseils d’administration de plusieurs entreprises de premier plan, dont SNEP et GPC Papier et carton Carton. Il représente au sein de l’APIC l’entreprise Supercerame, l’un des leaders nationaux dans le domaine de la céramique.

Sa nomination marque un tournant pour l’association, à un moment où l’industrie de la céramique est appelée à se transformer face aux enjeux de compétitivité, de durabilité et de souveraineté industrielle, peut-on lire dans un communiqué.

« Notre ambition est claire : bâtir une filière marocaine de la céramique forte, résiliente et tournée vers l’avenir. Nous mettrons en place, avec les industriels, un plan d’action pragmatique, capable d’accompagner le secteur vers plus d’innovation, d’intégration locale et de rayonnement international », a déclaré Omar Chaabi, président de l’APIC, cité dans le communiqué.

L’APIC a ainsi annoncé la préparation d’un plan de relance sectoriel ambitieux, fondé sur des consultations avec les opérateurs et adapté aux besoins concrets du marché. Les priorités : modernisation des outils de production, promotion du Made in Morocco, défense commerciale et montée en compétences des ressources humaines du secteur.

La présidence d’Omar Chaabi s’inscrit dans la continuité du travail amorcé par Mohammed Lacham, qui a su poser les bases d’une gouvernance renouvelée, avant de passer le flambeau à l’issue de son départ à la retraite, conclut le communiqué.

Ynna Holding vs Fives FCB : la décision finale prévue à la mi-mai

Vieux de plus de quinze ans, le conflit opposant Ynna Holding à Fives FCB connaîtra bientôt son épilogue final. À la cour d’appel de commerce de Casablanca, le dossier a été mis en délibéré pour une décision attendue dans deux semaines.

Les délibérés ont été prononcés après une ultime audience tenue ce 24 avril, séance marquée par des plaidoiries orales où les parties ont livré leurs dernières observations.

La cour d’appel statuera en tant que juridiction de renvoi. Elle avait hérité de l’affaire après sa transmission par la Cour de cassation, laquelle avait rendu un verdict favorable à Yanna Holding. La société des Chaâbi souhaite empêcher l’exequatur d’une sentence arbitrale internationale rendue en 2009, qui la condamnait à verser une vingtaine de millions d’euros à son adversaire. Le français Fives FCB voudrait, en revanche, conforter la décision des arbitres en la rendant exécutoire sur le sol marocain.

Dans ce contentieux complexe, la Cour est appelée à trancher cette question juridique en particulier : peut-on étendre une clause compromissoire à une société mère alors qu’elle a été signée par une filiale ?

Fives FCB reproche à Ynna Asment, une filiale de Ynna Holding, « d’avoir résilié abusivement » un contrat signé en 2007 pour la construction d’une cimenterie au Maroc. Le contrat, qui contient une clause d’arbitrage, a été signé directement par la filiale Ynna Asment, mais Fives FCB souhaite engager la responsabilité solidaire de la société mère en lui étendant ladite clause.

Démarré par un arbitrage international en 2009, le dossier traîne depuis entre des décisions contradictoires, donnant tantôt raison à la partie française, tantôt à la partie marocaine.

Cette étape devant la cour d’appel de commerce est la dernière phase d’un conflit dont l’issue est attendue aussi bien au Maroc qu’à l’international.

Exclusif. Ynna Holding vs Fives FCB : les Chaabi débloquent leurs fonds saisis auprès de 11 banques

Confortée par un revirement à la Cour de cassation, Ynna Holding vient d’obtenir une série de mainlevées sur ses comptes bancaires, gelés par son adversaire Fives FCB.

La levée de ces saisies-arrêts a été actée par des décisions séparées mais simultanées. Elles ont été rendues le 9 mars 2023 par la cour d’appel de commerce de Casablanca. Et concernent des fonds placés auprès de dix établissements bancaires.

Selon nos recherches, les banques concernées sont Bank of Africa, Crédit Agricole du Maroc, BMCI, CFG Bank, Société Générale ou encore Banque Centrale Populaire, Barid Bank, Arab Bank, Crédit du Maroc, Attijariwafa bank et CIH.

Nous n’avons pas pu établir le montant des sommes en jeu. Les saisies remontent pour la plupart à 2021. Elles font suite à des jugements du tribunal de commerce qui s’est prononcé à la demande de Fives FCB. A l’époque, l’entreprise française bénéficiait encore des effets de l’exequatur d’une sentence arbitrale rendue en sa faveur, et qui avait condamné Ynna Holding et sa filiale Ynna Asment à près de 20 millions d’euros.

Un conflit vieux de douze ans

Prononcé par la cour d’appel de commerce en 2015, l’exequatur de cette sentence a été annulé en octobre 2022 par la Cour de cassation. Résultat : Ynna Holding est aujourd’hui en mesure de réclamer le déblocage de ses fonds, en attendant que le dossier soit de nouveau examiné par les juges.

Car bien que tranché par la Cour de cassation, le dossier Ynna Holding/Fives FCB n’est pas tout à fait clos. Il a été relancé devant la cour d’appel de commerce de Casablanca qui devra rendre son verdict en tant que juridiction de renvoi.

Devant la juridiction commerciale, l’affaire a déjà donné lieu à deux audiences. La troisième est programmée pour ce jeudi 30 mars. Le dossier est traité par une formation différente de celle qui avait statué en 2015.

La magistrate Khadija Azzouzi Idrissi préside l’équipe de magistrats qui devra livrer sa position définitive sur ce conflit vieux de douze ans.

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