« Poisson à prix raisonnable » : plus de 4.000 tonnes de produits congelés ont été écoulées sur le marché

Cette édition, lancée par des entreprises marocaines opérant dans le secteur de la pêche hauturière, en coordination avec le secrétariat d’État chargé de la pêche maritime et les autorités locales, a permis d’approvisionner 1.000 points de vente équipés dans plus de 40 villages et villes marocaines, ont précisé les organisateurs lors d’une conférence de presse dédiée à la présentation du bilan et des perspectives de ladite initiative.

Intervenant à cette occasion, Abdelaziz Obad, coordinateur de l’initiative, a indiqué que cette dernière vise à restaurer la confiance des consommateurs et à assurer un accès équitable aux produits de la mer, en proposant une variété de poissons à travers des points de vente directs répartis dans diverses régions du Royaume, garantissant la qualité, le respect des normes sanitaires requises et des prix raisonnables annoncés publiquement.

Il a également mis l’accent sur les défis futurs qui sont cruciaux, puisque la période de Ramadan coïncide avec la période de repos biologique des poissons de surface.

« Notre équipe travaille activement sur des solutions alternatives pour garantir l’approvisionnement du marché et maintenir des prix abordables pendant ces périodes », a assuré M. Obad.

Pour sa part, le fondateur de la Confédération marocaine de la pêche maritime, Abderrahim Bousri, a salué cette initiative qui se veut, d’après lui, « un honneur pour les professionnels du secteur », ajoutant qu’il s’agit d’un projet qui mérite une reconnaissance spéciale, en particulier dans un contexte économique difficile.

« Nous sommes fiers d’avoir rendu le poisson accessible même dans les régions les plus reculées. À titre d’exemple, la ville d’Assa, située dans le nord-est de Guelmim, peut désormais bénéficier de ce programme, ce qui était impensable auparavant », s’est-il réjoui.

Et de poursuivre : « L’année prochaine sera cruciale, avec la période de repos biologique des poissons de surface pendant le ramadan. Nous réfléchissons déjà à des solutions pour maintenir l’approvisionnement et garantir des prix raisonnables pour les citoyens marocains ».

De son côté, le directeur de l’Institut national de recherche halieutique (INRH), Mohamed Najih, est également revenu sur les défis que pose la prochaine période de repos biologique des poissons de surface.

« Nous développons des méthodes innovantes de suivi des stocks halieutiques, en prenant en compte les variations climatiques et les pressions écologiques. L’objectif est de concilier impératifs économiques et préservation des écosystèmes marins », a-t-il fait valoir.

L’initiative « Poisson à prix raisonnable » est de retour : plus de 4.000 tonnes et près de 1.000 points de vente

L’initiative, qui s’inscrit dans le cadre des efforts visant à approvisionner les marchés nationaux en quantités suffisantes de produits halieutiques durant le mois sacré du Ramadan, couvrira environ quarante villes à travers le territoire national, y compris les zones rurales et reculées, a indiqué Zakia Driouich dans une déclaration à la presse à l’occasion du lancement de la 7ᵉ édition de cette initiative au marché de gros de poisson à Tamesna.

L’initiative, lancée en partenariat avec des armateurs de la pêche hauturière, vise à soutenir le pouvoir d’achat des citoyens et à assurer un équilibre entre l’offre et la demande, a-t-elle ajouté.

Pour sa part, le coordinateur de cette initiative, Abdelaziz Abbad, a souligné que plusieurs marchés à travers le Royaume ont adhéré cette année à cette initiative, ce qui a permis d’augmenter le nombre de points de vente, soulignant que l’initiative a permis l’année écoulée de fournir plus de 3.500 tonnes de poissons.

Lors des précédentes éditions, cette initiative, lancée en partenariat avec des armateurs de la pêche hauturière, a permis de mettre sur le marché d’importantes quantités de poisson d’excellente qualité à des prix raisonnables dans nombre de villes du Royaume, notant qu’elle a été favorablement accueillie par les consommateurs.

Le Secrétariat d’État chargé de la pêche veille à assurer le succès de cette initiative grâce à une coordination étroite avec tous les secteurs et partenaires concernés, y compris le ministère de l’Intérieur, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), les armateurs de la pêche hauturière et certaines grandes surfaces qui ont rejoint l’initiative pour renforcer l’offre en poisson congelé dans différentes régions du Royaume.

Les poissons congelés mis sur le marché sont soumis à un contrôle rigoureux de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, qui veille au respect des normes de qualité et de sécurité.

Lancée en 2019 dans trois villes, l’initiative n’a cessé de se développer et de s’étendre pour englober, lors de l’édition écoulée, 22 villes, ce qui a permis d’écouler 3.800 tonnes de poissons congelés à travers 700 points de vente ayant bénéficié à 950.000 personnes.

Un nouveau catamaran pour renforcer les recherches aquacoles de l’INRH

L’Institut national de recherche halieutique (INRH) a inauguré, le jeudi 6 février, en marge de la 7e édition du Salon Halieutis, un nouveau catamaran aquacole destiné à la recherche et à l’innovation dans le domaine de l’aquaculture. La cérémonie a été présidée par Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime.

Conçu dans le cadre de la stratégie de recherche et d’innovation aquacole de l’INRH, ce catamaran AMAN, d’une longueur de 17,1 mètres, représente la septième unité de la flotte de recherche de l’Institut. Il sera principalement dédié aux activités aquacoles, en particulier aux interventions techniques et à la maintenance des installations aquacoles de l’institut, explique un communiqué du secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime.

Construit par la société espagnole Talleres Blanchadell pour un montant de 11 millions de DH, ce catamaran se distingue par sa grande manœuvrabilité, son pont de travail de 65 m², sa capacité de charge supérieure à 20 tonnes, ainsi qu’une grue télescopique de manutention d’une capacité de 200 kNm, précise le communiqué.

Il constitue un atout majeur pour renforcer les capacités d’intervention en mer de l’Institut et représente un outil essentiel pour la ferme aquacole expérimentale offshore de Sidi Ifni, qui constitue un projet innovant visant à faciliter, par la recherche et le développement (R&D), l’investissement dans la pisciculture offshore le long des côtes atlantiques marocaines.

Inauguration du navire de recherche « Al Hassan Al Marrakchi »

Le même jour, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, et l’ambassadeur du Japon au Maroc, Kuramitsu Hideaki, ont inauguré, au port d’Agadir, le navire de recherche « Al Hassan Al Marrakchi ».

Avec une longueur hors tout de 48,5 mètres, une largeur de 11,83 mètres et une puissance motrice de 1 500 kW (2 040 CV), le navire peut accueillir jusqu’à 33 personnes, indique un communiqué conjoint.

Le navire, avec sa vitesse de croisière de 12 nœuds et son tirant d’eau moyen de 4,2 mètres, renforce les capacités du Maroc en matière de préservation et de gestion durable des écosystèmes marins.

En marge de cette inauguration, Mme Driouich et le représentant résident de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) au Maroc, Kawabata Tomoyuki, ont signé un accord de don pour le financement du projet du Village de pêcheurs nouvelle génération à Souiria K’dima.

Doté d’un financement global d’environ 129 millions de DH, ce projet vise à moderniser les infrastructures de pêche, à promouvoir des activités économiques connexes telles que l’écotourisme et l’artisanat local et à renforcer l’attractivité touristique de la région.

Ce partenariat s’inscrit dans la continuité de l’Échange de notes signé à Safi le 22 janvier 2025 entre la secrétaire d’État et l’ambassadeur du Japon au Maroc, officialisant l’appui du Japon à ce projet de don.

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Modernisation du village de pêche de Souiria Kdima à 129 MDH

La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, et l’ambassadeur du Japon au Maroc, Kuramitsu Hideaki, ont signé, le mercredi 22 janvier à Safi, un échange de notes relatif au projet de développement du village de pêcheurs (VDP) de nouvelle génération à Souiria Kdima (36 km au sud de Safi).

S’exprimant à cette occasion, Zakia Driouich s’est félicitée de « l’excellente relation de partenariat liant le Maroc et le Japon dans le domaine de la pêche maritime, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI et de l’Empereur du Japon Naruhito, concrétisée par le soutien et l’accompagnement continus de ce secteur stratégique ».

Elle a, dans ce sens, mis l’accent sur l’importance de cette coopération pour le développement du secteur halieutique marocain, « pilier stratégique de l’économie nationale », précisant que ce projet pilote représente un modèle innovant destiné à être réalisé également dans d’autres régions du Royaume, et qu’il constituera un levier stratégique pour la transformation et la modernisation du secteur de la pêche artisanale et l’accompagnement des opérateurs de cet important segment de pêche.

« Le choix de Safi pour accueillir ce projet structurant n’est pas anodin. Cette région, dotée d’un riche patrimoine maritime et d’une forte vocation pour la pêche, joue un rôle clé dans l’économie nationale et se veut un pilier du secteur halieutique grâce à son potentiel exceptionnel et à l’engagement de ses acteurs locaux », a affirmé Zakia Driouich.

« Ce VDP nouvelle génération, rendu possible grâce à la confiance et au soutien du Japon, vise à améliorer les conditions de travail des marins-pêcheurs de la région, tout en intégrant des pratiques durables et respectueuses de l’environnement », a-t-elle expliqué dans une déclaration à la presse.

De son côté, Kuramitsu Hideaki s’est réjoui de « l’excellence des relations de collaboration fructueuse entre le Maroc et le Japon dans le secteur halieutique, qui datent de 1979 », notant que ce projet ambitionne de transformer le VDP de Souiria Kdima en un port de pêche alliant attrait touristique et sécurité, afin d’accueillir les visiteurs dans des conditions optimales.

« Le Maroc partage avec le Japon une reconnaissance commune en matière de développement durable des ressources halieutiques« , a relevé Kuramitsu Hideaki, faisant part de l’engagement de son pays à « poursuivre son soutien envers le Royaume dans ses efforts visant à moderniser le secteur halieutique ».

Le projet de développement du VDP à Souiria Kdima, construit initialement en 2001 grâce à la coopération financière du Japon, a pour principaux objectifs la séparation des flux de poisson entre professionnels et public, la création de nouvelles activités économiques autour de l’activité pêche, telles que l’écotourisme, l’artisanat local, ainsi que le développement d’une attractivité touristique renforcée.

Ce modèle novateur vise à faire de ce VDP un pôle économique, social et culturel dynamique, tout en promouvant une gestion durable des ressources halieutiques et une meilleure qualité de vie pour les communautés locales.

Selon les données du secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, la mise en œuvre de ce projet devrait permettre, d’ici 2029, le débarquement de poissons dans des conditions sanitaires optimales, réduisant ainsi les risques de contamination.

Par ailleurs, le nombre de barques stationnées hors des zones désignées sera réduit, passant de 105 à moins de 5. En parallèle, plus de quatre unités commerciales seront mises en service pour dynamiser l’économie locale, tandis que la modernisation des infrastructures contribuera à accroître les revenus des pêcheurs artisanaux de Souiria Kdima.

Il est à noter qu’en 2024, ce projet a directement bénéficié à 1.200 marins-pêcheurs artisanaux, à 366 propriétaires de barques artisanales et à 82 mareyeurs. En outre, le volume de production a connu une progression significative, passant de 500 tonnes à environ 1.964 tonnes au titre de l’année 2024, pour une valeur estimée à 57 millions de DH ».

La signature de cet échange de notes représente ainsi une étape déterminante dans le processus de développement de ce projet devant permettre la modernisation des infrastructures et le renforcement de son impact socio-économique.

(Avec MAP)

Gouvernement Akhannouch II : des secrétaires d’État toujours sans attributions

Heureux qui comme Lahcen Essaadi, le benjamin du gouvernement et secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire. Nommé à ce poste le 23 octobre, Fatim-Zahra Ammor lui signe son arrêté d’attributions le 29, et cet arrêté est publié le 31 au Bulletin officiel.

Idem pour Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, sous la tutelle de son camarade de parti (RNI), Ahmed El Bouari, dont l’arrêté des attributions est signé.

Deux sur six donc… sachant qu’Adib Benbrahim et Hicham Sabiry du PAM ainsi que Omar Hjira et Abdeljabbar Rachidi de l’Istiqlal n’ont toujours pas de périmètre d’action clairement défini.

Le dossier du travail, dont hérite Hicham Sabiry, n’est-il pas aussi urgent que celui de la pêche maritime ? Le commerce extérieur affecté à Omar Hjira n’est-il pas aussi important que l’artisanat et l’économie solidaire ?

Fixer les attributions d’un membre du gouvernement n’est pas un luxe dont on peut se passer. Un secrétaire d’État a besoin d’une base légale, écrite noir sur blanc et promulguée au Bulletin officiel, pour avoir un droit de regard sur les établissements relevant de son département et pouvoir embaucher, muter, sanctionner, lancer des appels d’offres…

D’ailleurs, Aziz Akhannouch s’était lui-même empressé de signer les décrets d’attributions des huit nouveaux ministres qui ont rejoint son équipe. Ces décrets, datés du 28 octobre, ont été publiés au BO le jour même !

« Pendant ce temps-là, l’un des nouveaux secrétaires d’État avait une terrible équation à résoudre : trouver un bureau où s’installer au sein de son ministère de tutelle. Quant à s’entourer d’un groupe de cabinards, c’est une autre paire de manches », ironise un jeune leader d’une formation de la majorité gouvernementale.

Trois des quatre secrétaires d’État approchés par Médias24 ont préféré ne pas répondre à nos questions sur la (assez) longue attente de leurs arrêtés d’attributions.

C’est aux ministres dont relèvent les secrétaires d’Etat récemment nommés de s’atteler au plus vite à définir leur attributions. Nous parlons ici de Fatima Ezzahra El Mansouri et Younes Sekkouri pour le PAM, et de Ryad Mezzour et Naima Ben Yahya du côté de l’Istiqlal.

Des « moteurs en panne »

Cela aurait pu éviter à Omar Hjira le commentaire de l’opposition sur ce point.

Au Parlement, les six secrétaires d’État viennent en renfort à leurs collègues lors des débats autour du PLF 2025. Cinq d’entre eux ont changé de bord puisqu’ils étaient également, jusqu’à leur nomination, des députés (sauf Abdeljabbar Rachidi).

Omar Hjira aura alors cette réflexion en qualifiant les tout nouveaux secrétaires d’État de « moteurs » du gouvernement. Propos auquel Abderrahim Chahid, chef du groupe USFP (opposition) à la Chambre des représentants rétorque : « Vous êtes plutôt des moteurs en panne qui n’auront aucun à rôle à jouer ». Avant d’enfoncer le clou en ajoutant que les secrétaires d’État étaient tout simplement « de hauts fonctionnaires jusqu’à nouvel ordre ».

Le député ittihadi faisait allusion à l’absence du texte réglementaire des attributions de quatre nouveaux membres du gouvernement. Mais aussi au rôle qu’ils doivent jouer au sein de l’exécutif, avec cette question récurrente : à quoi servent alors les six secrétaires d’État ?

« C’est un vieux débat, et il est légitime de se poser la question pour savoir si on raisonne en termes de compétence et d’utilité ou alors selon une logique de rente », commente, pour Médias24, Ahmed El Bouz, professeur de droit constitutionnel et de sciences politiques à l’Université Mohammed V de Rabat.

Une affaire d’égo ?

Les quatre ministres de tutelle concernés refuseraient-ils alors de signer les fameux arrêtés ? « Possible, et ce n’est pas nouveau, et parfois le retard de la publication de ces textes va au-delà de deux années », explique Ahmed El Bouz qui rappelle un antécédent qui avait fait beaucoup de bruit à l’époque : Habib El Malki, ministre de l’Education nationale dans le gouvernement Abbas El Fassi, qui compliquait la tâche à Mohamed El Gahs, secrétaire d’État à la Jeunesse. Même si les deux étaient issus du même parti (USFP), cela n’avait pas arrangé les choses, et c’est El Fassi himself qui intervenait pour apaiser les esprits.

Bien avant, l’on se rappelle une situation similaire au sein du gouvernement Youssoufi I. Abdelkrim Benatiq était alors secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie sociale, des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat, qui n’était autre qu’Ahmed Lahlimi. Les deux hommes, pourtant issus tous les deux de l’USFP, ne pouvaient pas cohabiter. Abdelkrim Benatiq avait changé de poste lors du remaniement du 23 juillet 2001 en tant que secrétaire d’État au Commerce extérieur.

Pour Ahmed El Bouz, il s’agit là d’une polémique salutaire pour ouvrir un large débat sur l’architecture des gouvernements en général, et trancher cette histoire de secrétaires d’État une fois pour toutes.

« Il faut qu’on soit fixés de manière exacte sur le rôle des secrétaires d’État. Est-on en présence de simples auxiliaires de leurs ministres de tutelle ou de vrais décideurs responsables de véritables chantiers gouvernementaux ? », s’interroge encore le politologue.

Pour bientôt, inchallah !

« La polémique n’a pas lieu d’être, et il s’agit d’une question de temps », affirme une source au sein de la majorité gouvernementale, promettant les arrêtés d’attributions manquants dans les semaines, sinon les jours à venir.

« Les quatre responsables auxquels vous faites allusion ont fait et font l’objet d’une unanimité au sein de la majorité, et personne n’en conteste la compétence. Comme on ne saurait parler de divergences entre eux et leur ministre de tutelle », ajoute notre interlocuteur.

Pour rappel, et dans les derniers gouvernements, Saâd Dine El Otmani détient le record des secrétaires d’État avec 13 postes, contre 0 pour Benkirane, 7 pour El Fassi, 6 pour Jettou et 9 dans le gouvernement Youssoufi.

Zakia Driouich : « La durabilité de 95% des pêcheries à valeur commerciale est assurée »

Durabilité, performance et compétitivité sont les piliers de la Stratégie de développement et de compétitivité du secteur halieutique, dite “Halieutis”, mise en place en 2009 par le Maroc. Plus de dix ans après son lancement, cette stratégie a permis d’augmenter la production halieutique pour atteindre 1,56 million de tonnes en 2022.

S’agissant de la valeur des exportations des produits de la mer, elle s’élevait à 28 MMDH en 2022. En marge du Salon Halieutis, qui se tient du 1er au 5 février à Agadir, la secrétaire générale du département de la Pêche maritime, Zakia Driouich, fait le point sur les résultats du plan Halieutis.   

Médias24 : Plus de dix après son lancement, quel bilan faites-vous de la stratégie Halieutis aujourd’hui ? 

Zakia Driouich : Le bilan est positif. Les exportations ont connu un saut qualitatif, passant de 10 MMDH en 2009 à 28 MMDH en 2022. Ces résultats ont été atteints grâce aux outils mis en place dans le cadre de cette stratégie Halieutis, dont le renforcement des moyens de recherches scientifiques. 

Nous avons à ce titre récemment acquis un nouveau navire océanographique d’un montant de 500 MDH, afin de renforcer nos moyens de recherche qui nous ont permis d’instaurer une vingtaine de plans d’aménagement de pêcheries en vue d’assurer la durabilité de 95% des pêcheries à valeur commerciale du Maroc.

-Comment comptez-vous poursuivre sur cette lancée ? 

-Après avoir instauré les bases d’une pêche durable et productive via la stratégie Halieutis, il s’agit désormais de développer certaines activités comme l’aquaculture, qui a été identifiée comme un moteur de croissance. Ces dix dernières années, nous avons mis en place les fondements de ce secteur, en créant l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) et en instaurant un cadre législatif.  

Nous avons également mené une étude du littoral et classé les zones de pêcheries. Le processus de classement d’une zone de pêcherie dure un an. Celui de l’acceptabilité environnementale dure deux ans. Une fois ces processus terminés, nous avons lancé des appels à manifestation d’intérêt pour attirer des investissements dans le domaine aquacole.  

-Plusieurs opérateurs du secteur insistent sur la difficulté de trouver des zones protégées des tempêtes sur la façade Atlantique, un aspect pénalisant pour le développement de l’aquaculture…

-Il est vrai qu’au départ, beaucoup de personnes étaient sceptiques, car il fallait délimiter des zones protégées pour le développement de l’aquaculture. Mais nous avons misé sur des espèces conformes aux caractéristiques de nos littoraux (salinité, mouvements de la houle), à l’image de Dakhla où l’algoculture se développe de façon exponentielle. Au Nord également.

Nous développons actuellement des naissains essentiels au lancement d’une activité aquacole. Jusqu’à présent, ils étaient importés. Mais aujourd’hui, une écloserie de palourdes a vu le jour à Dakhla et une seconde installation pilote a été créée par l’Institut national de recherche halieutique. De nouvelles écloseries privées seront lancées prochainement dans le Nord.

 

Nous avons équipé tous les navires de pêche qui opèrent dans les eaux marocaines d’un système de surveillance des navires (VMS). -Les mauvaises pratiques de pêche pénalisent le secteur halieutique. Estimez-vous que les moyens de contrôles actuels sont efficaces ? 

-Nous avons équipé tous les navires de pêche qui opèrent dans les eaux marocaines d’un système de surveillance des navires (VMS). Le signal émis par le VMS est également envoyé par le département de la Pêche à la Marine royale, à la Gendarmerie royale et au Commandement de la Zone Sud.

Ce système nous permet de surveiller et de contrôler les bateaux, qu’ils soient marocains ou étrangers, via notre centre de surveillance à Rabat. Le SVM coûtait 80 MDH annuellement. Mais en comptant l’acquisition de logiciels, nous avons atteint 180 MDH. Nous sommes en passe d’installer un nouveau logiciel encore plus performant. 

En cas de violations des zones interdites à la pêche ou des dispositions du repos biologique, nous appliquons l’arsenal juridique y afférent, via des sanctions pécuniaires édictées par la loi et qui peuvent aller de 5.000 DH à 1 million de DH. Ces amendes ne sont pas fréquentes. Mais nous avons récemment sanctionné un bateau par deux fois à cause d’un filet non conforme (2 MDH). Ce système est dissuasif pour le moment. 

-La faible maîtrise de la chaîne de froid est-elle toujours un facteur limitant la performance ? 

-Nous avons éliminé la vente en vrac et les caisses en bois. Car l’utilisation des caisses en plastique impose l’utilisation de la glace. Plusieurs fabriques de glaces ont été installées, dont une quinzaine au niveau des villages de pêcheurs (VDP).

La construction de nouveaux marchés de gros de poisson a également contribué à l’amélioration de la chaîne de froid. Nous sommes passés de deux à dix marchés de gros depuis le lancement de la stratégie Halieutis.  

-Quid de l’insuffisance d’approvisionnement des unités industrielles ?

-La problématique d’approvisionnement réside dans le manque de régularité des quantités débarquées. Elle peut être résolue par l’investissement des opérateurs privés dans des unités tampons permettant de constituer un stock, afin de poursuivre la production les jours de mauvais temps par exemple. 

-La création de la valeur ajoutée localement est-elle défavorisée par le débarquement dans les ports étrangers des captures des flottes étrangères, qui pêchent sous pavillon marocain ? 

-Les accords de pêche avec l’Union européenne sont très clairs sur le sujet. Il faut qu’il y ait un pourcentage de débarquement obligatoire dans les ports marocains. Il est en moyenne de 25% selon les espèces de poissons et leurs valeurs. D’ailleurs, certains bateaux qui pêchent en frais au lieu de pêcher en congelé, destinent 100% de leurs prises aux conserveries marocaines. 

Pour le mois de Ramadan, nous allons mettre à disposition du consommateur du poisson congelé à des prix intéressants.

-La faible consommation nationale des produits de la mer (près de 13 kg/hab/an contre une moyenne mondiale de 22 kg/hab/an) est-elle un inconvénient ou un avantage ? 

-C’est plutôt un avantage, car les côtes marocaines recèlent beaucoup de poissons sauvages qui ont une grande valeur à l’export. C’est pour cela que le prix de ces poissons est élevé au niveau national. Cela dit, nous essayons d’encourager la consommation nationale.

Pour le mois de Ramadan, nous allons mettre à disposition du consommateur du poisson congelé à des prix intéressants. Des merlans à 25 ou 30 DH le kilo par exemple. Un poisson de très bonne qualité, pêché et congelé instantanément à bord. 

-La problématique des rejets de pêche est-elle insoluble ?  

-Les rejets de pêche sont dus à un manque de prise de conscience des armateurs. Mais ces dernières années, nous avons observé une mutation chez les professionnels du secteur. Afin d’accélérer cette mutation, nous travaillons sur la mise en place d’un cadre législatif pour réduire cette mauvaise pratique.  

-La Norvège a instauré une politique zéro rejet en demandant aux pêcheurs de débarquer l’ensemble de leurs prises. Est-ce un modèle adaptable au Maroc ? 

-Il faudra étudier les risques inhérents à une telle politique. Car dans ce cas, on prend le risque de ne plus pouvoir contrôler le respect des plans d’aménagement de pêcheries. Il faut que l’on soit sûrs que les prises supplémentaires ne représentent que 0,5 ou 1% du total des apports.