Cuivre et zinc : une onde de choc secoue l’industrie mondiale, dans l’attente d’un accord sino-américain

Des pénuries d’approvisionnement, signalées par la hausse des prix du cuivre et du zinc durant ce mois d’octobre, devraient impacter plusieurs segments industriels, au premier rang desquels le secteur énergétique.

C’est ainsi que le cours du cuivre à la Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange) a dépassé pour la première fois le seuil de 11.000 dollars la tonne. Simultanément, le prix du zinc a également augmenté, dépassant le seuil de 3.000 dollars la tonne sur la même bourse.

Alors que les fonderies chinoises ont réduit leur production, le marché mondial se trouve fortement vulnérable à la situation actuelle.

Les investisseurs observent attentivement l’évolution d’un possible accord commercial sino-américain. Cet accord, attendu d’être scellé avant la visite du président Trump en Chine au cours de cette semaine, pourrait soulager progressivement l’approvisionnement. Toutefois, l’incertitude prédomine, alors que le président américain a laissé entendre que la possibilité d’un échec des négociations n’était pas à écarter.

Qu’est-ce qui bouleverse les cours de ces deux métaux stratégiques ?

Durant 2025, le cuivre, minerai clé pour l’industrie, a progressé de plus de 20%. La banque Goldman Sachs a estimé que le prix du cuivre devrait à court terme poursuivre sa hausse depuis août 2025 d’après ses échanges avec les principaux acteurs lors de la récente conférence annuelle de la Bourse des métaux de Londres. Ces derniers s’attendent à augmenter leurs positions si les prix continuent d’augmenter.

Le cours du cuivre connaît une volatilité accentuée, porté par un marché extrêmement tendu. Cette situation critique résulte d’une série d’incidents majeurs qui ont frappé les plus grands sites miniers mondiaux :

Évolution du cours du cuivre à la Bourse des métaux de Londres.

De même, le cours du zinc est actuellement déséquilibré avec les stocks à la Bourse des métaux de Londres à des niveaux critiques ne permettant pas d’offrir une visibilité longue. Ces niveaux  nécessitent une augmentation des exportations de la Chine, principal fournisseur de ce métal, pour reconstituer une nouvelle fois ces réserves.

D’après une enquête menée par Reuters, l’excédent d’approvisionnement prévu pour cette année est relativement modeste, de 85.000 tonnes, et il se trouve entièrement en Chine. L’opacité sur ce métal est augmentée, alors que les fonderies hors de Chine, malgré leur faible capacité, ont été mises hors service ou ont complètement fermé.

Évolution du cours du zinc à la Bourse des métaux de Londres.

L’enquête a également démontré une récente augmentation des exportations de zinc raffiné vers des destinations inhabituelles telles que Djibouti en Afrique de l’Est et le Guatemala en Amérique centrale.

Quelle est la place de la production minière marocaine en cuivre et en zinc ?

En tant que troisième producteur africain de cuivre, la production minière marocaine de ce minerai est principalement portée par le groupe Managem, qui produit annuellement 100.000 tonnes de concentré de cuivre. En 2026, le groupe s’apprête à doubler cette capacité grâce à l’ouverture de la mine de Tizert prévue fin octobre 2025.

Parallèlement, Managem développe la construction de la première fonderie d’Afrique du Nord. Ce projet augmentera la valeur ajoutée en produisant, pour la première fois au Maroc, de la cathode de cuivre, un produit d’une pureté de 99,95% très demandé par les industries électrique et électronique, permettant de mieux valoriser le produit minier extrait.

Parmi les retombées directes de ce projet de fonderie, il y a le fait que l’ensemble des mines marocaines exportaient leur production sous forme de concentré, laissant d’autres pays bénéficier de la marge de valorisation.

De même, le Maroc produit environ 40.000 tonnes de zinc provenant des grandes mines, se positionnant comme le 4ᵉ producteur africain. Cependant, en l’absence de fonderie, la valorisation est limitée à sa transformation en oxyde de zinc dans le complexe minier de Guemassa.

L’augmentation actuelle des prix devrait améliorer les résultats d’exploitation de ces deux minerais au Maroc. Cependant, le Royaume ne profite pas pleinement de son secteur minier en raison du développement précoce de la valorisation minière. L’exploitation de ce segment pourrait pourtant ouvrir la voie à des marges financières plus importantes, d’autant plus que la course vers les métaux stratégiques ne fait que commencer.

Quels impacts sur l’industrie marocaine ?

Bien que le Maroc soit producteur de cuivre et de zinc, son industrie, en l’absence de valorisation, ne bénéficie pas directement de l’exploitation de ses mines et continue d’assurer ses besoins en matières premières par l’importation, ce qui l’expose directement à ce type de chocs sur les prix et de tensions d’approvisionnement.

En raison de ses multiples applications, notamment dans le secteur de l’énergie électrique, la transition vers les énergies propres stimulera fortement la demande de cuivre, ce qui accentuera les tensions sur l’offre et provoquera plus de situations de pénurie.

Les projets de fonderies sont stratégiques pour bâtir une souveraineté industrielle, car ils permettent de transformer le minerai brut, qui peut contenir des impuretés ou présenter des teneurs faibles et hétérogènes, en un produit pur adapté aux exigences de chaque industrie.

À première vue, ces projets peuvent sembler simples et se limiter à une acquisition d’équipements. Or, ils nécessitent également l’acquisition du savoir-faire, notamment par l’obtention de licences qui régissent les processus de valorisation.

Au Maroc, plusieurs projets de valorisation ont été récemment annoncés et sont en cours de développement (cuivre, lithium, graphite, manganèse, recyclage de certains métaux…). Ils permettront, à terme, de réduire la forte dépendance à l’importation de matières transformées. Cependant, leur mise en service devrait nécessiter plus de temps, ne pouvant se concrétiser qu’à l’horizon 2030 au mieux.

En plus de la valorisation, le développement de stocks stratégiques et commerciaux des minerais critiques est d’autant plus important pour épargner à l’industrie nationale les chocs sur les marchés internationaux et pour hisser la compétitivité de l’industrie nationale. Actuellement, plusieurs pays ont créé des stocks stratégiques, parmi lesquels figurent les États-Unis, la Chine, la Corée du Sud, le Japon

En attente d’adoption, la nouvelle réforme minière est destinée à introduire de nouveaux textes réglementaires. Ceux-ci définiront la liste des minerais stratégiques et critiques, en fonction de laquelle les sociétés minières pourront être tenues de réserver tout ou partie de leur production pour satisfaire les besoins industriels nationaux. Elle permettra également de libérer davantage la valorisation minière en supprimant l’obligation d’obtenir une licence minière pour faire de la valorisation.

Mines. Le zinc, un atout stratégique pour le Maroc à l’heure de la transition énergétique

Le prix du zinc continue d’augmenter depuis avril, aux côtés de celui du cuivre, lequel n’est pas loin de ses sommets historiques en raison des perturbations d’approvisionnement dans les grandes mines.

Selon une analyse récente de Bloomberg, la Chine, qui cumule les plus grandes capacités des fonderies, devra accroître davantage ses parts de marché.

Grâce à ses propriétés physiques, le zinc intègre plusieurs segments de l’industrie verte et se positionne comme un métal stratégique de plus en plus demandé par plusieurs industries (transport, énergie, chimie, alliages…). Dans les énergies renouvelables, sa dimension stratégique se manifeste avec force :

Ces chiffres illustrent l’évolution de la demande future et la criticité potentielle du zinc. Dans cette course, le Maroc, avec ses importantes réserves de zinc, dispose d’un atout minier stratégique. Ce potentiel demeure paradoxalement dans l’ombre, nécessitant d’être hissé au rang de pilier de sa souveraineté industrielle et énergétique.

Précédemment, nous avons exploré le potentiel de plusieurs minerais critiques pour renforcer la souveraineté industrielle du Maroc, parmi lesquels le lithium, le manganèse, le cobalt, le cuivre, le nickel et l’antimoine. Nous nous intéressons désormais au zinc, un minerai qui, malgré son abondance, est classé comme critique par les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le zinc marocain : une production minière qui ne reflète pas sa vraie valeur

Le Maroc abrite d’importants gisements de zinc et se classe au 4ᵉ rang des producteurs africains. Le groupe Managem est le principal producteur de zinc au Maroc, avec une production qui a totalisé 37.376 tonnes de zinc provenant de ses mines de Draa Sfar, de Koudiat Aicha et de Hajar.

De son côté, la Compagnie minière de Touissit (CMT) assure une production annuelle d’environ 3.110 tonnes de concentré de zinc à partir de sa mine de Tighza, située près de la ville de Mrirt.

La production marocaine de zinc ne se limite pas à ces grandes mines ; elle est également assurée par d’autres petites exploitations et par une activité minière artisanale dans les régions du Tafilalet et d’Errachidia. Cette activité est gérée par la Centrale d’Achat et de Développement de la Région minière du Tafilalet et de Figuig (CADETAF). Cependant, pour ces types d’exploitation, y compris dans le cas de la CADETAF, le problème de la commercialisation se pose en l’absence d’une valorisation chimique du produit.

Au-delà des exploitations ouvertes, le Maroc recèle un potentiel important non encore découvert, qui se manifeste par une centaine d’indices miniers dans le Centre et le Nord, et principalement dans le Sud-Est marocain.

Carte montrant la répartition des indices de zinc dans le sous-sol marocain (source : données MTEDD).

Situé aux environs de Tinejdad, le projet polymétallique de Boumadine, en cours de développement par Aya Gold & Silver, recèle, outre des ressources argentifères, une minéralisation plombo-zincifère estimée à 615.000 tonnes de zinc, associées à un potentiel de 76,8 millions d’onces d’argent.

Enfin, dans le cadre de sa stratégie de promotion minière, l’ONHYM promeut cinq projets miniers abritant des minéralisations zincifères, dont le gîte de Tiouli dans la région de l’Oriental, qui abrite des ressources estimées à 2.950.000 tonnes à une teneur de 2,4 % d’équivalent zinc.

La valorisation, le puzzle manquant de la chaine de valeur du Zinc

Le zinc est au cœur de plusieurs segments de l’industrie, allant de la construction à l’automobile, en passant par les engrais, l’électronique et les énergies renouvelables… 

La recherche scientifique estime également que ce métal, souvent dans l’ombre, pourrait être la clé d’une nouvelle technologie de batteries à base de manganèse et de zinc aussi efficiente que celles au lithium-ion.

Si ces utilisations multiples et la production nationale importante offrent de nombreuses opportunités de développement pour l’industrie nationale, l’absence d’une fonderie dédiée à ce métal empêche de saisir ces débouchés. En effet, l’industrie, notamment celle de haute technologie, nécessite des formes purifiées plutôt que des concentrés pouvant contenir des impuretés et dont la teneur est faible, obligeant ainsi à orienter l’ensemble de la production vers l’exportation.

De plus, la valorisation ouvre la voie à la récupération d’autres sous-produits mieux monétisés et très prisés mondialement, comme l’indium, le gallium, le germanium et d’autres sous-produits tels que le cuivre, l’argent et l’acide sulfurique

Actuellement, le prix du concentré est aux alentours de 450 dollars par tonne à la bourse de Shanghai. À l’image de plusieurs métaux, la valorisation du métal permet d’augmenter les marges de bénéfices, d’autant que le prix du produit raffiné stagne actuellement autour de 3. 150 dollars par tonne selon la Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange), soit sept fois le prix du concentré.

Courbe des prix du zinc raffiné négocié à la Bourse des métaux de Londres (LME).

En mars 2022, son prix a soudainement dépassé le seuil de 4.000 dollars la tonne en raison de perturbations dans la production. La suspension de la production des grandes mines et les réductions de production dans les fonderies, combinées à l’augmentation des coûts de traitement, ont créé des tensions sur le marché.

Un autre aspect de la valorisation réside dans le recyclage des déchets électroniques, qui s’avère avantageux dans le cas du zinc, car ce métal peut être recyclé à l’infini sans perdre ses propriétés chimiques ou physiques.

Dans le cadre de la mise en œuvre du 1ᵉʳ corridor africain OTC (Opérer, Transformer, Certifier), le ministère de la Transition énergétique a récemment annoncé la mise en place imminente d’une plateforme numérique qui permettra de rendre le secteur minier national plus intégré, en créant un espace pour relier les infrastructures, les institutions financières et les unités industrielles et de transformation.

Si le prix actuel du zinc ne permet pas de pleinement visualiser les opportunités offertes à l’industrie, la prochaine réforme de la loi minière permettra de créer un cadre plus propice à l’investissement dans les unités de valorisation, en exemptant ces projets de la nécessité d’avoir une licence minière.

De plus, la création d’une commission qui fixera périodiquement la liste des minerais critiques et stratégiques donnera droit à l’administration des mines d’imposer aux entreprises minières de consacrer tout ou partie de leur production de minéraux stratégiques et critiques à la satisfaction des besoins de l’industrie nationale.

Mines. Aya Gold & Silver révèle une nouvelle extension du corridor polymétallique de Boumadine (Errachidia)

La compagnie minière Aya Gold & Silver souhaite être décisive cette année sur le site de Boumadine situé au sud de Tinejdad. La compagnie canadienne compte étendre la superficie de la minéralisation polymétallique connue, tant latéralement qu’en profondeur, afin de préparer une évaluation économique préliminaire courant 2026.

Les récents sondages réalisés dans la zone de Tizi ont révélé des minéralisations à haute teneur, permettant d’étendre le corridor minéralisé de 200 mètres. Cette découverte porte désormais la longueur totale de l’empreinte minéralisée de Tizi à 2,2 kilomètres, rapporte un communiqué de l’entreprise publié ce 8 avril 2025.

Durant cette année, 117 sondages carottés ont été réalisés dans le prospect de Boumadine dans l’extension latérale du corridor principal (zone Nord), des zones Tizi et zone Nord-est, totalisant 46.207 mètres.

Les résultats obtenus attestent de l’extension potentielle des minéralisations à haute teneur, qui reste ouverte dans toutes les directions. Une découverte significative a été faite lors de cette campagne d’exploration : dans les veines orientées est-ouest où un sondage a révélé une minéralisation à très haute teneur, titrant 1.123 g/t d’argent et 5,32% de plomb sur une longueur de 1,7 m.

Au niveau du corridor principal de Boumadine, cette campagne de forage a permis de découvrir des intersections additionnelles. Le sondage le plus significatif a recoupé 334 g/t d’équivalent argent sur une étendue de 16,8 m (1,39 g/t d’or, 98 g/t d’argent, 3,2% de zinc, 1,8% de plomb), avec une intersection d’environ 4,1 m titrant 476 g/t d’équivalent argent (1,39 g/t Au, 98 g/t Ag, 3,2% Zn, 1,8 % Pb).

« Nous sommes très heureux des résultats de forage à haute teneur publiés aujourd’hui, particulièrement ceux des sondages BOU-DD24-440 et BOU-DD24-450, qui confirment la continuité de la zone principale à Boumadine. L’extension vers le nord de la zone Tizi met encore plus en évidence le fort potentiel de croissance des ressources », a déclaré Benoît La Salle, président et chef de la direction d’Aya.

En parallèle de cette campagne de forage, les travaux de cartographie et d’échantillonnage sélectif ont permis d’identifier plusieurs nouvelles cibles d’exploration, dont cinq cibles régionales présentant une extension latérale potentielle de 20 km. Ces cibles feront l’objet d’une vérification dans les prochains mois. Il est à noter que les analyses des échantillons sélectionnés ont révélé des teneurs particulièrement élevées, notamment des concentrations en cuivre atteignant 34,5% et des teneurs en argent allant jusqu’à 210 g/t.

« Les résultats positifs de la cartographie et des échantillons choisis ont permis d’identifier plusieurs cibles de forage prometteuses au sud et à l’est, renforçant le potentiel exceptionnel à l’échelle du district à Boumadine. Nous avons identifié un potentiel sur plus de 20 km d’étendue latérale, et nous avons hâte de faire avancer ces cibles au cours des prochains mois », a précisé Benoît La Salle.

Sur la base des campagnes des années précédentes, la dernière estimation des ressources de Boumadine, datée de mars 2025, évalue la présence d’une ressource minérale indiquée (estimation plus fiable que l’estimation des ressources, mais moins précise que celle des réserves) à 5,2 Mt, avec une teneur de 91 g/t d’argent, 2,78 g/t d’or, 2,8% de zinc et 0,85% de plomb, soit environ 15,1 millions d’onces d’argent, 449.000 onces d’or, 145.000 t de zinc et 44.000 t de plomb.

Au cours de l’année, Aya Gold & Silver prévoit d’investir environ 28 millions de dollars américains (forages, cartographie, prospection minière…) pour intensifier les travaux d’exploration sur le site de Boumadine. Près de 50% du budget sera consacré au corridor principal et à la zone de Tizi, dans le but d’étendre les minéralisations connues le long du corridor et en profondeur. L’objectif final est de faire progresser le projet vers une évaluation économique préliminaire, début 2026, qui permettra d’avoir une première idée sur la possibilité de construire une mine dans cette région.

Managem : baisse de 22% des revenus en 2023

Le groupe minier a vu son chiffre d’affaires reculer de 22% en 2023 à 7,5 MMDH.

Ce retrait s’explique par différents facteurs. Premièrement, la baisse des cours des métaux de base et du cobalt, à raison de 24% pour le zinc et 40% pour le cobalt. Il y a également la baisse du chiffre d’affaires de l’or au Soudan, suite à la suspension des activités opérationnelles depuis le 20 avril 2023 à cause des tensions politiques que connaît le pays. À signaler la reprise de la production à partir de la fin de l’année.

Le groupe a également accusé le repli des volumes vendus de l’or de la mine Tri-K en Guinée, suite à des perturbations opérationnelles conjoncturelles. « La mine devrait retrouver sa production nominale courant le premier semestre de 2024 », indique Managem.

On note la baisse de la production du cobalt provenant de la mine de Bou-Azzer en vue de sauvegarder la ressource dans un contexte marqué par l’effondrement des cours de cobalt.

Le Groupe poursuit sa stratégie de croissance basée sur le développement des grands projets miniers et l’acquisition des projets aurifères Bambouk en Afrique de l’Ouest. A fin décembre 2023, les investissements correspondants s’élèvent à 2 753 MDH, en hausse de 579 MDH par rapport à fin 2022, dont 47% ont été alloués au démarrage des travaux du projet cuprifère de Tizert, au projet aurifère de Boto et aux projets des métaux de la transition énergétique.

L’endettement net consolidé s’établit à 7 588 MDH, en hausse de 3 241 MDH par rapport à fin 2022, marqué essentiellement par le paiement du prix d’acquisition des actifs Bambouk.

Une baisse significative du RNPG est attendue pour les raisons évoquées ci-dessus.

Managem : à fin juin le chiffre d’affaires recule de 23%

Au terme du 2ème trimestre 2023, le groupe Managem a enregistré une baisse de 23% de son chiffre d’affaires par rapport à la même période de l’année écoulée à 1.962 MDH. Une réduction qui s’explique par la réduction des cours des métaux, notamment un retrait de 49% pour le cobalt, 25% pour le zinc et 12% pour le cuivre.

Le chiffre d’affaires a également pâti de la suspension des activités opérationnelles au Soudan depuis le 20 avril, à cause des tensions politiques que connaît le pays.

Aussi, le 2ème trimestre de 2023 s’est caractérisé par la baisse des volumes vendus de l’or de la mine TRIK, atténuée partiellement par la hausse des volumes vendus de l’argent et la consolidation des productions des activités cobalt et métaux de base au Maroc.

Le groupe a toutefois pu bénéficier de l’appréciation de la parité de change USD/MAD de 4% sur la période.

Les investissements réalisés au cours du premier semestre 2023 s’établissent à 1.162 MDH dont 40% ont été alloués aux projets de développement du Groupe, notamment le démarrage des travaux du projet cuprifère de Tizert.

Le 25 avril, le groupe a également finalisé l’acquisition des actifs miniers Bambouk au Sénégal, acquis auprès de IAMGOLD pour un montant global de 197 millions de dollars américains dont près de 30 millions seront payés en différé.

En ce qui concerne l’endettement net consolidé, celui-ci s’établit à 6.588 MDH, en hausse de 2.241 MDH par rapport à fin 2022, marqué par le maintien de l’effort d’investissement du groupe pour accompagner les projets de développement et le paiement du prix d’acquisition des actifs Bambouk au Sénégal pour un montant de 1.701 MDH.

Covid. Surconsommation et stockage provoquent des ruptures temporaires en médicaments

Prescrits dans le cadre du protocole thérapeutique pour la prise en charge des patients Covid, la vitamine C, le zinc et l’azithromycine se font de plus en plus rares dans certaines pharmacies du Royaume. Une situation qui rappelle les ruptures qu’a connues le pays au début de la pandémie, en conséquence de l’explosion du nombre de cas.

« Les citoyens cèdent à la panique »

Jointe par nos soins, une source de haut niveau dans le secteur pharmaceutique nous confirme qu’il « s’agit plutôt de perturbations au niveau de la disponibilité de ces produits, et non de ruptures, ce qui est compréhensible », vu l’explosion des chiffres de nouveaux cas ces derniers jours. Les gens cherchent à se protéger, d’autant plus que le zinc et la vitamine C stimulent l’immunité.

Différentes raisons expliquent cette situation, d’après notre source, dont la première est relative à « la pression exercée sur la matière première et le transport international, et qui se poursuit depuis le début de la pandémie ».

« Les perturbations dépendent également de la gestion faite par chaque pharmacie », ajoute notre interlocuteur, notant que parfois, « même si on commande des produits pour aujourd’hui par exemple, ils n’arrivent que le lendemain ».

« Par ailleurs, il y a une frustration chez les citoyens. Par peur de tomber malade, ces derniers achètent ces médicaments en grandes quantités pour les garder chez eux. »

La hausse du nombre de cas de Covid, due au variant Omicron, coïncide également avec la saison hivernale, connue pour la grande circulation du virus de la grippe, qui nécessite presque le même traitement.

Notre interlocuteur assure que « les unités de production font un grand effort pour répondre aux besoins des citoyens. Nous avons une chance inouïe d’avoir une production locale de médicaments, et ce grâce à la clairvoyance de Feu Hassan II et du Roi Mohammed VI. Nous avons une industrie pharmaceutique de pointe. Aujourd’hui, l’humain est entré dans un cycle de pandémie, et le système de santé doit être en mesure d’y faire face, notamment en matière de disponibilité du médicament ».

Enfin, notre source pointe du doigt l’ambiguïté autour des tests antigéniques, qui pourraient être vendus en pharmacie, et qui pourraient réduire le nombre de cas graves, nécessitant l’hospitalisation. « Il est vrai que les pharmaciens n’ont pas le droit de réaliser ces tests, mais ils peuvent les vendre comme partout dans le monde. Lorsqu’ils ont les premiers symptômes, les citoyens se dirigent vers la pharmacie, et non chez le médecin privé, par manque de moyens financiers, ni à l’hôpital public qui est saturé. Les gens doivent pouvoir se tester de manière très large, par anticipation, et pour éviter que leur cas ne s’aggrave. »

« La production a été multipliée par trois »

Rappelons que le Maroc dispose d’une production locale, assurée par les laboratoires Laprophan et Galenica pour la vitamine C et le zinc, et par Galenica notamment pour l’azithromycine.

Contactés par Médias24, les deux laboratoires nous confirment que la rareté de ces produits en pharmacie et chez les grossistes répartiteurs est due à quelques perturbations induites par la panique des citoyens et par la surconsommation, et non à des ruptures de stock. Ils assurent par ailleurs que la production a augmenté depuis le début de la pandémie et se poursuit de manière régulière.

« Ce qui se passe actuellement, c’est que les gens passent dans une première pharmacie, achètent tous les médicaments prescrits par le protocole thérapeutique de prise en charge du Covid, refont le même exercice dans la deuxième, puis dans la troisième pharmacie et stockent chez eux. On ne peut pas assurer un marché avec ces spécificités », nous fait savoir le laboratoire Galenica.

« On comprend que les gens aient peur, mais ils achètent plus qu’il n’en faut », perturbant tout le marché.

« La demande paraît donc énorme, alors que les stocks se trouvent dans les domiciles. Au lieu de prendre une seule boîte par exemple de vitamine C, ils en achètent quatre ou cinq, et personne ne peut gérer ce paramètre, à moins que les pharmaciens ne commencent à doser le nombre de boîtes » pour permettre à tout le monde d’être servi.

Quid du niveau de production ? Avant, le marché était régulier. Les deux laboratoires savaient combien ils vendaient par mois et par an. Mais la crise du Covid a désorganisé le marché.

« Avec Laprophan, nous sommes les seuls laboratoires au Maroc à produire de la vitamine C par exemple. Et pour répondre à la demande marocaine, nous travaillons 24h/24, à raison de trois shifts. On ne peut pas faire plus », nous confie une source de Galenica, notant que « la production a été multipliée par trois par rapport au début de la pandémie ».

Notre source souligne cependant un ensemble de problématiques auxquelles l’industrie pharmaceutique fait face actuellement. « La matière première devient de plus en plus difficile à trouver suite à la consommation mondiale, et les prix de ces matières ont triplé. »

« Par ailleurs, le délai de livraison a été allongé. Il n’y a plus de visibilité sur ce paramètre. Également, les prix du fret ont largement augmenté avec la crise du Covid. Ils ont triplé, si ce n’est davantage, et ce dans le monde entier et dans tous les secteurs. »

« C’est devenu des médicaments sur lesquels nous maintenons la production, mais que nous vendons pratiquement à perte. Malgré tous ces paramètres, leur prix, fixé par le ministère de la Santé, n’a pas bougé depuis des années. Heureusement que chez Galenica, nous avons anticipé, et on a surstocké la matière première. »

« Les gens doivent donc se discipliner et n’acheter en pharmacie que ce qu’il leur est nécessaire », conclut notre interlocuteur.

« Les autorités doivent inciter à la rationalisation des achats »

Même son de cloche auprès de Laprophan. « Il est vrai que lors de la première vague, nous avons été pris au dépourvu. Mais nous en avons tiré la leçon et, actuellement, on est dans la troisième vague. On a l’habitude de gérer ce genre de crise. On travaille à présent avec trois shifts, 24h/24 et 7j/7″, nous apprend une source du laboratoire jointe par Médias24.

« La production est donc là, contrairement à la première vague. Un état des stocks est d’ailleurs partagé chaque vendredi avec l’observatoire national relevant de la Direction des médicaments et de la pharmacie (DMP) au ministère de la Santé. Le ministère fait également des inspections à l’improviste pour s’assurer que la quantité que nous nous engageons à produire l’est réellement. »

« Notons aussi que dans l’industrie pharmaceutique, le délai d’approvisionnement varie entre trois et quatre mois, le temps d’effectuer la commande de matières premières et de la recevoir. Actuellement nous avons suffisamment de matières premières. » Tout comme Galenica, Laprophan a anticipé. « Ce qui nous pénalise, c’est plutôt la surconsommation au niveau des grossisteries et pharmacies. »

« La situation est compréhensible, d’autant plus que la vitamine C produite par Laprophan coûte à peine 15 DH, et 45 DH pour le zinaskin (zinc), contre environ 200 DH pour les autres compléments importés. Mais nous sommes étonnés de constater des perturbations tous les jours. Nous avons un quota journalier à livrer. À titre d’exemple, avant la crise du Covid, on produisait 50.000 boîtes de zinc par an. Actuellement, on peut produire jusqu’à 100.000 par mois, et tout s’évapore. Heureusement que nous avons assez de matières premières. »

Notre source estime enfin que les citoyens devraient rationaliser leurs achats, d’autant plus que l’on est à peine au début de la troisième vague. « En tant qu’industriels, on ne peut pas inciter les gens à n’acheter qu’une ou deux boîtes, mais je crois que les autorités compétentes doivent se concerter et prendre des mesures pour inciter les gens à la rationalisation », conclut-elle.

https://medias24.com/2022/01/11/covid-le-ministere-de-la-sante-rassure-sur-la-disponibilite-des-medicaments/