La ZLECA en débat à la 3e édition des AfricaDev Sessions

Pour ce débat, la directrice du Club Afrique développement, Mouna Kadiri, a reçu mardi 19 juillet des invités de premier plan, lit-on dans un communiqué du club. Il s’agit de :

Cynthia Gnassingbe, conseillère pour l’engagement du secteur privé auprès du secrétaire de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).

Mossadeck Bally, fondateur et président du groupe Azalai Hôtels.

Daouda Coulibaly, directeur général d’Attijari West Africa, du groupe Attijariwafa bank.

Cet échange a permis aux invités, qui souhaitent se développer à l’intérieur du continent, de se tenir au courant de la mise en œuvre de la zone de libre-échange, mais aussi des différents dispositifs d’accompagnement au sein d’Attijariwafa bank et à l’échelle du continent.

La 3e AfricaDev Sessions a ainsi décortiqué l’un des projets phares de l’agenda 2063 de l’Union africaine (UA), celui de la création d’un marché continental unique en vue de stimuler le commerce intra-africain, conclut le communiqué.

Port de Dakhla Atlantique : les premiers terminaux en service dès 2029

Le port de Dakhla Atlantique suscite de grandes attentes aussi bien au niveau régional que continental. Il a vocation à animer l’économie des provinces du Sud et à améliorer la connectivité maritime du pays, tout en constituant un point d’entrée et de sortie stratégique, notamment avec le reste du continent africain.

Des objectifs envisageables « à partir de 2028 et l’achèvement des travaux de construction », a indiqué Sanaa El Amrani, la directrice des Ports et du domaine public maritime, lors d’un webinaire organisé ce jeudi 7 juillet par la Chambre africaine de commerce et de services (CACS)« Les premiers terminaux seront opérationnels dès 2029 », a-t-elle ajouté.

Situé dans la commune rurale d’El Argoub, à quelques encablures d’une zone industrielle de 1.500 ha et de la voie express qui doit relier à terme le Maroc à la Mauritanie, le port de Dakhla Atlantique est décrit comme un outil logistique moderne et évolutif, à même de nouer des synergies avec d’autres ports africains, à l’image du port de Lomé, capitale du Togo.

« Ces deux ports se situent sur la façade ouest de l’Afrique. Ils peuvent donc servir de relais avec le reste du monde », a affirmé Edem Koku Tengue, ministre de l’Economie maritime, de la pêche et de la protection côtière du Togo, ce pays aux huit millions d’habitants et dont le port est devenu un hub en Afrique de l’Ouest.

Au-delà d’un accès privilégié vers l’Afrique de l’Ouest, et plus encore vers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), le port de Dakhla Atlantique doit saisir l’opportunité offerte par son emplacement stratégique. « Faire face à plusieurs ports d’Amérique du Sud est une chance pour le port de Dakhla. Il peut être au cœur des échanges entre les pays africains et le continent américain », affirme Christophe de Figueiredo.

Le président de la Chambre de commerce suisse au Maroc n’a effectivement pas tari d’éloges sur le port de Dakhla, assurant que « des sociétés suisses comme LafargeHolcim ou Sika voient d’un très bon œil la création de cette infrastructure, au même titre que l’ensemble des entreprises helvétiques implantées en Afrique ».

La Suisse est d’ailleurs un acteur majeur des ports et de la logistique en Afrique. « C’est le 12e investisseur du continent et le 10e créateur d’emplois, à travers 521 filiales employant 150.000 personnes pour un chiffre d’affaires annuel de 120 MMDH », précise Christophe de Figueiredo.

Une forte présence en passe d’être renforcée via le rachat des activités logistiques de Bolloré en Afrique par l’armateur italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC).

La CEA et l’UMA examinent à Rabat l’impact de la Zleca sur le Maghreb

Organisée avec la participation du commissaire de l’Union africaine chargé du commerce et de l’industrie, Albert Muchanga, du secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe, Taïeb Baccouche, des officiels et hauts représentants des cinq pays de l’UMA, cette rencontre vise à  promouvoir l’intégration économique  africaine au niveau régional et continental par une meilleure implication des acteurs clés d’Afrique du nord, et à encourager les économies maghrébines à renforcer leur positionnement dans le processus de construction du marché unique africain.

A l’occasion de ce séminaire régional, les représentants des pays membres de l’UMA, les négociateurs en chef de la Zleca, les représentants du secteur financier et du secteur privé, les experts et les observateurs partageront leurs analyses sur la zone, leur compréhension des défis et des opportunités qu’elle renferme et ses implications pour le développement économique et la croissance.

Ils procéderont par ailleurs à un examen approfondi de leurs politiques d’intégration régionale et continentale en vue de faciliter la formulation de nouvelles stratégies plus intégrées et mieux coordonnées.

Entrée formellement en vigueur le 30 mai 2019, la Zleca vise à réduire les barrières tarifaires et non-tarifaires au commerce, à encourager l’ouverture des marchés et la facilitation du commerce, et à harmoniser les règles de commerce à travers le continent africain. Du point de vue du nombre de pays participants, la Zleca constitue la plus grande zone de libre-échange au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), couvrant un marché potentiel de 1,2 milliard de consommateurs pour un produit intérieur brut (PIB) cumulé de plus de 2.500 milliards de dollars.

Il est attendu que la mise en place de la Zleca entraîne une forte augmentation du commerce intra-africain avec une augmentation de plus de 60% des échanges intérieurs du continent (soit plus de 42 milliards de dollars en volume) qui toucherait particulièrement les produits transformés à grande valeur ajoutée.

Pour l’Afrique du nord, la CEA estime que la Zleca, associée à la mise en place de mesures de facilitation des échanges, pourrait susciter une augmentation du commerce industriel sous-régional d’environ 70%.

Zleca. Ce qui peut changer pour le Maroc: le point avec Abdou Diop

– Médias24 : Qu’est ce qui a été fait depuis la signature en mars 2018 de l’accord portant création de la ZLECA et que reste-t-il à faire ?

– Abdou Diop : Depuis la signature, il y a eu tous les processus de ratification de l’accord car une fois signé, il faut le ratifier pour qu’il entre en vigueur.

En parallèle, il y a toutes les négociations qui doivent permettre de déterminer les conditions de mise en œuvre de l’accord. Tout reste donc à faire car la signature et l’entrée en vigueur ne sont qu’une étape de manifestation de la volonté politique des Etats à concrétiser l’accord.

Il reste donc plusieurs négociations pour déterminer les produits qui profiteront de la ZLECA, ceux qui seront exclus ou alors ceux dont les tarifs douaniers seront démantelés progressivement.

Nous ne sommes donc qu’au début du processus.

– Combien de temps ce processus devrait-il durer avant d’aboutir ?

-Il est difficile de se prononcer car c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’on signe un accord qui implique autant de pays (54 en l’occurrence), en dehors des accords mondiaux.

Nous n’avons donc pas de recul historique pour évaluer la durée nécessaire à son démarrage effectif car cet accord de libre-échange n’a aucun précédent. Cela prendra le temps qu’il faudra mais ce n’est pas une question d’une année ou deux.

– Une décennie ?

-Je ne sais pas combien de temps vont durer les négociations mais ce qui est sûr, c’est que ça sera long car c’est un accord inédit et surtout qui ouvre de nombreuses interrogations complexes.

Par exemple, sachant que nous avons déjà des communautés économiques régionales, comment s’imbriqueront-elles dans ce dispositif? est-ce que les Etats vont négocier individuellement ou en tant que communautés? les discussions seront-elles bilatérales ou multilatérales?…

Il faut donc répondre à ces questions avant que la ZLECA prenne forme.

– Quels seraient les apports économiques pour le Maroc ?

-Qui dit accord de libre-échange continental, dit levée des barrières tarifaires sur les marchandises, même si il y a toujours des problèmes liés à la libre circulation des personnes qui est une des conditions préalables et indispensables à tout accord de ce type.

Aujourd’hui, le fait de lever ces barrières tarifaires permettrait au Maroc de mieux s’approvisionner en matières premières ou en produits de première transformation sachant qu’il importe des pays africains avec des droits de douane relativement élevés.

Son industrie agroalimentaire importe toujours hors d’Afrique des mangues, de l’ananas … avec des barrières douanières à n’en plus finir. Idem pour les industries textiles (coton…), pharmaceutiques, automobiles qui importent des intrants hors du continent alors que ça pourrait se faire d’Afrique.

Hormis les bénéfices en amont, cette zone de libre-échange offrira en aval de nouveaux marchés car certains pays comme la Chine ou la Turquie ont des avantages préférentiels sur un certain nombre de marchés africains dont le Maroc ne dispose pas.

Le fait de faire partie de la ZLECA va permettre d’accéder à des marchés sans droits de douane.  

Il pourra également construire des écosystèmes complémentaires à son industrie à travers des joint-ventures ou des industries complémentaires dans des pays africains qui ont de la matière première qu’ils pourront transformer pour devenir des fournisseurs aux industries automobiles, textiles, aéronautiques qu’ils rendront plus compétitifs.

En amont, c’est donc un enjeu réel de marché d’approvisionnement à des prix compétitifs pour rendre l’économie marocaine plus compétitive sur le marché mondial sans compter qu’en aval, c’est un enjeu de commercialisation de ses produits industriels ou agricoles.

Il y a donc moyen de construire des industries complémentaires pour augmenter, ensemble, le taux d’intégration et de valeur ajoutée africains.

-L’ALE que le Maroc a signé avec la Turquie n’a pas vraiment profité à sa balance commerciale…

– Ce n’est pas comparable car dans les ALE signés avec ce pays ou avec l’UE, le Maroc est en situation plus fragile face à des économies fortes. Il y a donc forcément des déséquilibres commerciaux.

Dans le cadre de la ZLECA, la donne est différente car le Maroc fait partie des pays moteurs en termes de force économique. De plus, il fait partie de cette zone géographique ; ce n’est pas comme ouvrir ses frontières avec la Turquie sans être à proximité.

Le Royaume a donc beaucoup à gagner avec un accord de libre-échange dans son propre continent.

-Qu’est-ce que la ZLECA va changer pour les opérateurs marocains ?

-Il y a eu tout un processus de concertation qui a été fait avec le ministère du commerce et de l’industrie pour impliquer tous les acteurs concernés (fédérations sectorielles) dans les négociations.

Concrètement, il y aura pour beaucoup de secteurs un accès à des matières premières ou produits semi-finis à des prix plus compétitifs qu’auparavant.

Il y aura aussi l’ouverture de marchés panafricains pour les produits marocains et la possibilité de faire des joint-ventures pour transformer localement des matières premières qui alimenteront les industries marocaines.

-N’y aura-t-il aucun risques pour certains secteurs ?

-Certaines industries seront peut-être fragilisées mais ça sera insignifiant.

-Quelques exemples ?

-Les produits pharmaceutiques venant d’Afrique du Sud ou du Nigéria. Certains produits agroalimentaires égyptiens ou le miel issu de Guinée qui pourrait fragiliser l’apiculture marocaine.

Ces secteurs pourront se sentir menacés mais tout dépendra de la manière dont sera construite la ZLECA.

-Quels sont les points problématiques qui restent avant de concrétiser la ZLECA ?

-Il faudra déterminer les produits à exclure de l’accord et ceux dont les tarifs seront démantelés progressivement pour chaque pays.

C’est un vrai débat car si on exclut certains produits qui peuvent faire l’objet de commerce entre les pays africains, on videra la ZLECA de son sens. D’un autre côté, en fonction de la décision qu’on prendra sur les règles d’origine, cela influera ou pas le développement des industries africaines.

Si demain, il n’y a pas de produits industriels à échanger entre pays africains, on ne va pas augmenter les échanges et les opérateurs continueront à importer en dehors du continent.

Il faut également régler la problématique de la connectivité en termes d’infrastructures pour favoriser le commerce entre les pays africains.

Les enjeux sont donc nombreux et il reste encore beaucoup à faire.

– Ce n’est donc pas pour demain ?

-En effet et il importe donc d’être modéré dans la célébration de ce qui vient de se passer ces dernières semaines. Une étape a été franchie mais les choses sont loin d’être finalisées.

Afrique: Zleca entre en vigueur ce jeudi 30 mai

Selon la Commission de l’Union africaine (CUA), le seuil minimum de ratification requis par l’article 23 de l’accord instituant la Zleca est atteint, soit 22 ratifications, ce qui signifie son entrée en vigueur, annonce l’Agence de presse africaine (APA news).

« Les parties signataires vont se pencher sur les modalités pratiques devant rendre cette zone de libre-échange, la plus importante du monde en terme de pays concernés, effective. »

Il s’agit, pour les pays signataires, de trouver des solutions concernant un certain nombre de facteurs notamment les concessions tarifaires sur le commerce des marchandises, les règles d’origines des produits et intrants, le mécanisme en ligne de surveillance ou encore l’élimination des obstacles non tarifaires, plateforme de paiement et de règlement numériques, indique APA news.

L’objectif est de créer un espace économique continental exempt de barrières douanières et tarifaires. « Il ne reste maintenant qu’à l’Union africaine et aux ministres africains du Commerce d’achever les travaux sur les instruments d’appui visant à faciliter le lancement de la phase opérationnelle de la Zleca lors du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tiendra le 7 juillet 2019 » à Niamey au Niger, avait souligné un communiqué de la Commission de l’Union africaine.

La création de cette zone permettra la libéralisation des échanges économiques inter-Etats et d’augmenter le niveau de commerce intra-africain de près de 25% à moyen terme pour atteindre 52% à long terme. Actuellement, seulement 16% du commerce des pays africains s’effectue avec d’autres pays du continent et ce dernier ne représente que 2% du commerce mondial.

Pour rappel, la zone de libre-échange continentale africaine va regrouper la zone tripartite de libre-échange, qui doit inclure le marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), la Communauté d’Afrique de l’est (CAE) et la communauté de développement d’Afrique australe (SADC), avec d’autre part la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), l’Union du Maghreb arabe et la communauté des Etats sahélo-sahariens.

Les défis de la Zleca sont nombreux notamment l’abaissement des droits de douane et la simplification des procédures aux frontières. Celles-ci sont destinées à augmenter en dix ans les échanges intra-africains de 15% à 25% du commerce total du continent, ajoute la même source.

La future zone de libre-échange permettra la création d’un marché commun de plus de un milliard de consommateurs avec un produit brut combiné de plus de 3.000 milliards de dollars.

Le festival Voix de femmes… célèbre la femme

Organisé par l’association Voix de femmes de Tétouan, le festival a pour objectif d’«Offrir au grand public tétouanais des instants magiques, des moments inoubliables, rehaussés par la participation de noms prestigieux de la scène internationale et nationale», indique les organisateurs dans un communiqué de presse.
 
Ainsi, chant, musique et animation culturelle seront au rendez-vous. Le spectaculaire marché «Au Fil du temps» à Bab Al Oqla réunira, du 19 au 25 août, plus d’une quarantaine de coopératives féminines venues des quatre coins du Maroc pour exposer les richesses du patrimoine culturel national.
 
Plus encore, des opérations de solidarité seront menées, durant les deux jours du festival, au profit de femmes âgées, une opération de soins médicaux, ou encore des actions sociales en faveur des pensionnaires de la prison de Tétouan.
 
Comme chaque année, la manifestation rendra hommage à des femmes de cœur qui ont contribué au façonnage de l’histoire, de la culture et du patrimoine de Tétouan.
 
Lancé en 2007, le festival est une célébration harmonieuse de voix féminines qui allient tradition et modernité. Cette manifestation unique en son genre, illustre le patrimoine culturel inégalé de la ville de Tétouan, tout en offrant aux spectateurs une ouverture sur un monde mêlé d’influences andalouse, arabe, africaine et européenne.
 
En octobre 2013, l’association Voix de femmes de Tétouan organisera une conférence internationale sur l’égalité des genres, en partenariat avec le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe.

(Avec communiqué)

Entretien: les vérités d’Abdelkader Amara

Les métiers mondiaux du Maroc et particulièrement l’Offshoring

L’offshoring est un secteur où il y a une très forte compétitivité, notamment dans les centres d’appel. Le Maroc doit donc repositionner son offre stratégique dans le secteur. L’ouverture du Global Delivery Center d’IBM dont les accords ont été signés vendredi après-midi est dans ce cadre un signal fort envoyé aux autres entreprises et aux clients d’IBM de la confiance qu’IBM accorde au Maroc. Le Maroc va ainsi devenir le Hub régional d’IBM pour l’Afrique.

Le meilleur marketing à l’international ce sont les témoins déjà installés. Comme le dit l’adage, il vaut mieux voir une fois qu’entendre 10 fois. Nous comptons beaucoup sur l’effet d’entraînement que l’ouverture de ce centre aura pour attirer d’autres grands noms de l’informatique, etc.

C’est tout un environnement qui justifie l’installation d’une entreprise dans un pays et les installations successives enregistrées récemment envoient aux entreprises du monde entier le message que le Maroc dispose de cet environnement.

Le pays s’est notamment doté d’une connectivité au reste du monde très importante avec le pot de Tanger qui sera bientôt l’un des plus grands ports du monde, 1.500 km d’autoroute (bientôt 1.800km), 2.000 km de lignes ferroviaires et bientôt la première ligne à grande vitesse d’Afrique.

Les Accords de libre échange et le déficit commercial

Le Maroc a signé beaucoup d’accords de libre-échanges avec un grand nombre de pays. Cela a entraîné une ouverture croissante du pays qui est sans doute le plus ouvert de la région. Cette ouverture a nécessairement un impact sur les importations et donc sur le déficit commercial. Mais il n’est pas exact de dire que ce sont les accords de libre-échange qui sont responsables du déficit. Nous n’avons aucun accord préférentiel avec la Chine et elle est pourtant à l’origine de 26 milliards d’importations dont la quasi-totalité est destinée à la consommation.

Quand on regarde les chiffres du déficit qui avoisine les 200 milliards, on se rend compte que la moitié de ce déficit est causé par la dépendance énergétique du pays et ces importations sont incompressibles pour l’instant. Le déficit s’est construit progressivement et on ne peut pas le résorber en un jour.

Pour réduire sa dépendance énergétique, le Maroc travaille sur des projets d’énergies renouvelables très ambitieux sur l’éolien et le solaire. Mais en attendant, il faut gérer le déficit énergétique. Concernant la seconde moitié du déficit, une fois enlevées les importations de biens d’équipement nécessaires aux investissements, le déficit est tout à fait correct.

Nous travaillons depuis plusieurs années sur des feuilles de route qui permettent de doter le Maroc d’une offre exportable qui soit diversifiée qui sache s’adapter aux différents marchés et qui augmente la chaîne des valeurs et d’identifier des niches d’exportation à forte valeur ajoutée. Mais ces feuilles de route ne sont pas encore arrivées à maturation. L’industrie a besoin de temps.

Certains secteurs comme l’automobile ou l’aéronautique ne sont pas encore arrivés au maximum de leur potentiel exportable et en sont encore loin. D’autres secteurs comme le textile et le cuir restent fragiles car ils n’ont pas encore fait leur mutation. Ce secteur doit être repositionné.

Trois gisements sont intéressants pour le repositionnement du secteur : le marché local qui représente un potentiel de 45 milliards de DH, le développement d’une branche textile technique (TUT) pour équiper l’automobile, l’aéronautique, etc. qui n’existe pas encore au Maroc et le développement d’un certain nombre d’industries qui sont des entrants pour l’industrie textile.

De nouveaux accords sont en cours de discussion notamment avec le Canada. Un accord préférentiel est envisagé avec le Chili. Un accord avec les pays de l’UEMOA a été signé et est en attente de ratification, etc.

Les contrats de croissance et le bilan d’Emergence

Concernant les contrats de croissance, une centaine d’entreprises ont déposé leurs demandes, ce qui est un bon chiffre pour une première expérience. Ces demandes vont maintenant faire l’objet d’un examen minutieux et d’ici peu nous annoncerons les entreprises qui ont été retenues.

Concernant Emergence, sur les métiers du pacte à fin 2012, le bilan est le suivant : 110.000 emplois créés soit 50% de l’objectif prévu, 21 milliards de DH d’exportations, sur les 95 prévus, et 24 milliards d’IDE. On aurait pu faire mieux sans la crise, mais une crise est imprévisible. Je considère que si on atteint 75% des objectifs, ce sera bien. L’important est de faire du Maroc une plateforme incontournable à l’international.

Le concept de Co-localisation et la question des IDE

Le concept a été lancé, maintenant nous allons voir quels sont les maillons qui peuvent intéresser les deux pays pour créer de l’emploi et de la valeur ajoutée aussi bien en France qu’au Maroc.

Dans le domaine de l’industrie, il est très important de mettre l’accent sur les IDE car qui dit IDE dit transfert de technologie et Recherche et développement.

Pour un pays, il est donc très important d’être attractif pour les IDE. L’année 2012 a été en cela remarquable pour le Maroc qui a su capter 32 milliards d’IDE (comparé à 26 milliards en 2011) bien que 2012 soit une année de crise sur le plan international. Cela positionne le Maroc au quatrième rang des pays d’Afrique, juste derrière le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Egypte alors que le Maroc n’est pas producteur de pétrole et représente un marché relativement petit au regard de ces trois autres pays.

Et pour la première fois, les IDE de l’industrie ont été supérieurs à ceux de l’immobilier et du tourisme. Ceci est remarquable car les investissements dans l’immobilier sont des investissements à forte rentabilité et qui sont plutôt de court terme. Alors que dans l’industrie, les investissements sont fait sur du moyen-long terme avec une rentabilité bien moindre. Cela montre donc la confiance accordée au pays sur la scène internationale.

Enfin, les IDE peuvent jouer un rôle d’entraînement de l’investissement pour les entreprises nationales. C’est une dynamique qui se crée.